RP des joueurs en Eran (?!) [sujet déplacé]

Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

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_ INIQUITÉ SOCIALE CRIANTE
_ MISÈRE DANS LES BIDONVILLES ET LES ZONES RURALES
_ DISCRIMINATIONS RELIGIEUSES ET SEXUELLES
_ APPAUVRISSEMENT CULTUREL
_ INDIVIDUALISME
_ ÉLITISME
_ POLLUTIONS DES SOLS, DES EAUX ET DE L’ATMOSPHÈRE
_ DÉFORESTATION MASSIVE
_ MORTALITÉ INFANTILE RECORD


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UNE PENSÉE PARTICULIÈRE POUR TOUS LES MARGINAUX OPPRIMES DU RAKSASA...
...POUR EUX, POUR LA JUSTICE, LA VERTU ET SON IDENTITÉ, LE PEUPLE ERANEEN PROMET DE SE DÉFENDRE CONTRE L'AGRESSIVITÉ DES "NOUVEAUX RICHES", ÉGOÏSTES-ZOMBIES, SERVITEURS DU NATIONAL-CAPITALISME RAKSAS !

A BAS LE NATIONALISME !
A BAS LE CAPITALISME !
A BAS L’IMPÉRIALISME !
VIVE L'INTERNATIONALE COMMUNISTE !
Johel3007

Message par Johel3007 »

[center]Dynastie et nostalgie

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Dans le vaste et peuplé Eran, la dynastie impériale fraichement rétablie règne depuis In-Tao. Un règne fragile que Sa Majesté Impériale Taï Han Shan, icone de la Dynastie Taï et seul réel symbole d'unité dans un pays encore en pleine tourmente politique et économique, a bien du mal à consolider. Sortie de son exil doré dans la vallée de Wa par les services secrets du Raksasa en vue de décapiter "en douceur" le monstre militaro-socialiste qu'était l'URCM, elle avait été propulsée sur le trône comme un pion politique, une impératrice fantoche au service d'un empereur ambitieux qui, après avoir unifier la péninsule du Raksasa, se voyait bien entrer dans l'Histoire comme l'unificateur du Makara.
Le trône sur lequel elle était assise ne tenait en place que par un miracle, son régime n'ayant été envisagé que comme une alternative à court terme à l'URCM, maintenu sous perfusion par les dollars de Jiyuan jusqu'au jour où Siman le Magnifique déciderait le temps venu de débrancher la machine. Face à la menace de la grogne populaire et à la soldatesque nostalgique de l'URCM, les politiciens d'In-Tao n'auraient pas eu d'autre choix que d'appeler à l'aide le Pacte de Kanton et d'accepter l'annexion de l'Eran comme nouveau joyaux de la couronne de l'Empereur du Raksasa.
Shan aurait sans doute été mariée à un des fils ou petit-fils de Siman, voir prise comme troisième femme par le machiavélique souverain grisonnant lui-même, comme sa religion l'y autorisait. Un mariage pour la forme, histoire de définitivement légitimer l'union des terres et des peuples sitôt une ou deux générations passées et les dynasties mêlées par le sang pour de bon dans les esprits. Elle s'était même résolue à ce sort : elle était née princesse et savait que, sous la férule de son père aussi, elle aurait été un pion politique. Mais c'était pour le bien de son peuple alors, pourquoi pas ? Ce serait même peut-être pour le meilleur, après tout.

Que de glorieux plans un missile sol-air malheureux avait fauché voici quelques mois déjà...

Avec la mort de Siman, les révélations contenues dans son testament, le refus du trône par son fils ainé et la révolution républicaine de palais qui avait suivie, le rêve d'un grand et glorieux Empire Makan était mort. Et si quelques politiciens des Provinces-Unies du Raksasa pouvaient bien avoir les mêmes ambitions, le projet final s'en trouvait altéré, offrant pour l'Île-Continent non pas un Empereur des Empereurs mais bien une vulgaire république fédérale, clône islamisé du Pelabssa qui jamais ne pourrait unifié les plus traditionnalistes des peuples. Ses deux meilleures armes étaient la prospérité économiques et la sécurité militaire mais l'une comme l'autre étaient des voiles facilement brisés par des yeux attentifs.

Côté prospérité, le Makara se modernisait vite. Dans l'Austrobeysin, les gens vivaient mieux chaque année, la maigre bande de terre côtière se transformant en une région aussi industrialisée que les grandes villes du Raksasa et donc tout aussi prospère. Depuis le Nord, l'Hokkaido offrait un modèle encore plus prospère, avec un niveau d'automatisation de l'industrie qui restait du domaine du simple rêve pour nombre de paysans de Roumalie et du Kaiyuan. Enfin l'Eran lui-même, s'il avait des difficultés économiques, n'était pas non plus complètement arriéré et ses centaines de milliers d'universitaires comprenaient bien que le Raksasa lui-même n'aurait pas assez de ressources pour radicalement changer l’existence d'un demi-milliards d'Eranéens dont le niveau de vie n'était en soit pas si éloigné de celui de leurs voisins musulmans. Le Raksasa ne pourrait pas gagner les âmes en arrosant de ses dollars une contrée aussi vaste, peuplée et développée.

Côté sécurité, si l'arsenal du Raksasa était impressionnant, il restait ridicule comparé à ce qu'avait jadis posséder les USP ou, pire encore, l'URKR. Son armée avait pris soin d'éviter de s'enliser dans un conflit de grande ampleur mais, quand il était question d'un continent de plusieurs milliards d'individu, tout devenait très vite grand. l'Eran à lui seul était peuplé, si on s'en tenait aux sondages, de plus de 200 millions de nostalgiques de l'URCM et de sa version du communisme. Le Front Prolétarien, branche particulièrement militante et extrémiste rassemblant une bonne partie de l'ancien establishment militaire pro-kiroviste au sein de l'URCM, avait obtenu 13% au dernière élection et pouvait donc compter si besoin sur des dizaines de millions de candidats pour une insurection armée dont l'ampleur rendrait les escarmouches du Barejbal à peine comparable à une dispute de cour de récréation. Quant à l'Austrobeysin, s'il était une poudrière gardée sous contrôle pour l'heure, il imploserait à la minute même où le Raksasa ferait preuve d'un instant de faiblesse dans sa politique étrangère. Hors, l'étendue du bras de Jiyuan commençait à montrer ses limites, notamment dans Nord du continent où l'Hokkaido avait obtenu ce qu'il voulait : une tête de pont sur le continent, marche-pied pour une colonisation en règle et un retour en force de l'Empire Hokkai dans l'échiquier du Makara.

Tout cela, Sa Majesté Impériale Taï Han Shan l'avait considéré mainte fois dans sa tête, restant à l’afflux de la moindre évolution des différents fronts diplomatiques du continent et des répercussions pour elle-même et son trône. Le soutien de Jiyuan, avec la mort de Siman, était une affaire toute théorique et elle constatait chaque jour avec un silence cynique les preuves du sabotage économique et de la sape politique organisés par son "allié". Elle garderait le silence, bien entendu : hors de question de perdre la face en révélant publiquement qu'elle n'était qu'un pantin politique dans les machinations d'une nation étrangère qui, après un changement de régime, avait promu l'Impératrice du rôle d'atout politique à celui de futur agneau sacrificiel.
Mais cela ne l'empêchait pas d'agir malgré pour sauver son empire ou au moins délayer l'inévitable chute du couperet. Déjà, elle avait reçu des visites de certaines diplomates de Wa qui lui offrait d'élargir sensiblement ses titres aristocratiques en y ajoutant des terres dans leur vallée... pour un prix, bien sûr. Un bon plan de repli pour finir ses jours en sécurité si tout le reste échouait mais pas la priorité de l'Impératrice.

Elle avait son regard sur une autre stratégie, plus risquée et complexe mais potentiellement plus viable aussi à long terme. Shaba du Bokchow, ex-Impératrice du Raksasa, veuve de Siman II et mère des héritiers à la défunte couronne de Jiyuan, logeait actuellement au cœur de la cité impériale d'In-Tao, officiellement en visite de courtoisie mais aussi pour rencontrer des membres de la classe entrepreneuriale renaissante d'Eran. Les projets de développement au Bokchow tenait à coeur la veuve, qui n'avait désormais plus de raisons pour cacher l'amour pour sa terre de naissance et ceux qui restaient encore ses sujets de cœur. Si les entreprises des Provinces-Unies ne manquaient pas d'expertise pour ces projets, les entreprises Eranéennes avaient l'avantage d'être moins politisées. Et si les rumeurs concernant les projets à long terme de la veuve étaient correct, s'allier à autre chose que des magnats siégeant au parlement de Jiyuan lui serait nécessaire.

D'autres rumeurs concernant une galante compagnie au côté de Shaba circulaient mais cela n'avait pas d'importance immédiate : Shaba sécurisait indirectement la prospérité économique de l'Eran, chose dont In-Tao avait désespérément besoin si elle désirait apaisé les foules.
Si sécuriser cette prospérité allait de paire avec la naissance d'une colossale nuisance politique pour Jiyuan, c'était un effet secondaire des plus appréciables : il y avait plus de 100 millions de Bokchowis, dont une majorité de bouddhistes monarchistes pas forcément heureux de se retrouver aujourd'hui à vivre dans une république à majorité musulmane. Entre les monarchistes Bokchowi à calmer pour éviter un fractionnement de la péninsule, les communistes Eranéens à tenir en respect pour éviter la résurgeance de l'URCM, les nationalistes panlevantins à mettre en échec pour éviter la prolifération de la tache d'huile Hokkai sur le continent et les islamistes pseudo-kirovistes à tuer au Barejbal, le gouvernement des Provinces-Unies aurait largement de quoi épuiser ses ressources et donc n'en aurait plus assez pour menacer l'indépendance de l'Empire d'Eran. Un pouvoir fort à In-Tao deviendrait même désirable pour Jiyuan afin de lui permettre justement à terme de recentrer ses énergies sur les autres fronts où il était actif.

Sa Majesté Impériale Taï Han Shan ne voulait voir l'Eran ni en république populaire militariste ni en province subordonnée à Jiyuan. Elle voulait un Empire dont elle porterait la couronne. Elle voulait d'un Empire fort, indépendant, traité en égal par ses alliés plutôt qu'utilisé comme un fantoche. Elle rêvait de l'Eran décrit par son père, d'un Eran neutre dans les conflits du grand monde, usant de son poids économique et démographique pour exiger qu'on l'écoute et qu'on respecte ses frontières, son peuple et ses dirigeants. Et tout cela, elle allait au moins essayer de l'obtenir.
Giorgios Kestandis

Message par Giorgios Kestandis »

[img]https://c1.staticflickr.com/5/4025/4587615972_fe23988ce0.jpg[/img]

21 Juin 2029

District de Funahashi, Eran. Ancienne coopérative rizicole étatique du nord est.

[url=https://www.youtube.com/watch?v=zRUcwElRnOo]Musique d'ambiance Hymne des rizières Laotiennes communistes[/url]

Cela fait maintenant quelques années que la ferme dans son ensemble à vu sa production baisser... En effet, bien que nous disposions d'assez de buffles et matériels nécessaire à la culture du riz paddy c'est depuis que des bons champs on été vendu par le nouvel Etat, de nouveaux à de grands propriétaires, que notre coopérative à vu sa production diminuer drastiquement. Heureusement nous avons pu "sauver les meubles" avec notre milice locale dont je fait partie. J'étais dans la garde nationale fidèle à l’ancien régime, le seul à tenir ses promesses et à savoir parler à nous, militaires. Toutefois j'ai pris mon équipement à la ferme avec quelques camardes où nous conservons les restes de la coopérative. Nous la défendrons au besoin. La vie n'est pas aussi facile qu'auparavant, notre surplus de production ne vaut plus le même prix et nous devons trouver la bonne personne à qui la vendre sans nous faire escroquer. L'ordre doit être rétablit dans les campagnes, où une petite couche de la population à acheté de grosses portions de terres pour très peu ... Ma famille vivait chichement déjà avant la chute du régime mais ne payait presque rien, tout était gratuit. Nos maigres économies nous servirons à nous procurer ce dont nous avons besoin.
Nous sommes loin d'In Tao... Mais je pense que nous pouvons faire changer la face de l'Eran actuelle, pour le bien de tous. Pour cela nous auront besoin de toutes les forces paysannes et les anciennes forces militaires démobilisées...
J'espère grandement que d'autres coopératives feront et font comme nous. Pour toute notre société notre mode de vie, nous devons les défendre et combattre ceux qui se mettent en travers de notre route et en péril la vie de notre famille et camarades.
Je sais que je peux compter sur mes camarades. Pour eux le maniement de la faux et charrue et égal à celui d'un Deji ou d'un SKS...

Je suis la révolution des campagne, je suis Jinsong Yao capitaine de la milice paysanne de Funahashi.
Alexei

Message par Alexei »

[justify][center][img]https://c1.staticflickr.com/3/2324/1812650005_bbe503fa55_z.jpg?zz=1[/img][/center]

Cheng Wei posa presque avec délice son pied droit sur le sol humide de la campagne éranéenne.
Comme s'il était hypnotisé, il restait là, en plein milieu de la route de terre là où le car l'avait laissé. Il avait gardé son uniforme d'étudiant durant tout le voyage depuis le Makiran Oriental, là où il étudiait. Wei avait faim, soif, envie d'aller aux toilettes, sentait la transpiration mais il s'en fichait, il avait retrouvé la petite ferme familiale, située dans le petit village de Meihou dans le Sud du pays, où toute sa famille habitait : ses grands-parents, ses parents, ses quatre frères et soeurs et même son neveu, Wang. Jugé comme étant le plus intelligent de la famille, Wei avait eu la chance d'étudier l'économie à l'Université Jiang Quing d'In Tao tout d'abord, puis à l'université Ai Jin de Kinyong où il avait obtenu son master, lui assurant probablement une vie confortable dans la nouvelle Eran capitaliste et "méritocratique". Pourtant, Wei n'avait pas oublié ses origines et avait tenu à retrouver sa famille quelques jours avant de chercher du travail à In Tao, ou ailleurs. Sorti de ses pensées par le klaxon d'un camion juste à sa droite, Wei tressaillit, s'excusa envers le conducteur et marcha jusqu'à la maison familiale. Celle-ci avait changé, le bois qui la composait semblait un peu plus vermoulu qu'avant. Un carreau était brisé, des vieux troués s'entassaient près de la porte. Wei frappa deux coups à la porte, ses deux valises chargées ne lui permettant pas d'en faire plus, heureusement, sa soeur Mei apparut instantanément sur le palier. Il l'avait vu pour la dernière fois en jeune fille capricieuse, il avait désormais devant lui une belle jeune femme, dont le visage s'illumina lorsqu'elle reconnut son grand-frère, au bout de quelques secondes.

Mei : Oh Wei, c'est toi, tu es revenu !

Dit-elle en se jetant dans ses bras, devant déjà supportés le poids de ses deux valises. Wei ne put qu'esquisser un sourire à son tour et rire de joie. Comprenant rapidement, Mei le débarrassa d'un bagage en criant dans la petite maison que Wei était revenu. Celui-ci eut la tête prise de souvenirs enfantins en passant le pas de la porte. Les parties interminables de cache-cache dans les champs avec ses frères et soeurs qui avaient tellement changé, les délicieuses odeurs de cuisine dans la bâtisse...

Xiahe : Mon fils adoré, tu m'as tellement manqué, tu nous as tellement manqué ! Oh si seulement ton père était là !

Wei écarquilla les yeux en entendant cette dernière phrase, alors que sa mère sanglotait dans ses bras et qu'il n'avait même pas eu le temps de poser ses affaires. "Papa n'est plus là ?", interrogea-t-il. "Non, mon fils, la maladie l'a emporté il y a quelques mois", répliqua sa mère. Abasourdi par tous ces changements impromptus. "Allez viens, nous allions juste passer à table !", prononça Xiahe d'une voix basse mais énergique, comme à son habitude. S'agenouillant par terre, face à la table, Wei avait froid. Le courant d'air passant par la fenêtre cassé étant salvateur en cette période de l'année. Revenant du champ, ses autres frères et soeurs, beaucoup plus jeunes, se jetèrent également dans ses bras. Les grands-parents, trop vieux et paralysés par la basse température, demeuraient alités. Xiahe revint dans la pièce avec un grand wok, Wei se remémora alors inconsciemment les festins de son adolescence, les bons produits naturels servis en telle quantité qu'il était rare de réussir à tout finir. Quand sa mère souleva le couvercle, Wei eut une nouvelle surprise : il y avait une portion minuscule de Chow mein (des nouilles sautées avec du porc et des légumes), un plat qu'il affectionnait tant dans sa jeunesse. Xiahe put lire la surprise sur le visage de son fils et s'excusa. Mei, la soeur, se chargea d'expliquer.

Mei : Tu sais... depuis que tu es parti, il y a eu énormément de changements ici... enfin, surtout quand l'URCM a été dissoute et que le communisme a été aboli. Nous qui nous entendions si bien avec les voisins, nous avons eu énormément de problèmes avec eux suite à ça... les Luo, plus nombreux et ayant des hommes robustes, ont récupéré la majeure partie de la coopérative agricole. Les Cai ont aussi tenté de prendre notre part, nous avons dû négocier... ça a été très dur, personne ne faisant plus rien pour nous aider. L'Etat, qui nous protégeait, jadis, n'arrête pas de nous ponctionner. Surtout l'administration locale qui envoie des mercenaires nous prendre la majorité de nos récoltes... nous n'avons plus rien...

Wei écouta en silence, n'osant à peine manger ni même détourner le regard. En revenant, il avait bien vu l'état de décrépitude dans lequel se trouvait son pays. En passant dans In Tao, il a découvert avec stupeur les magasins fermés, les mendiants s'entassant sur les trottoirs, les délinquants détroussant ceux qui avaient le malheur de s'engouffrer dans les ruelles sombres. Il n'y avait plus ces policiers et soldats arborant l'étoile rouge, plus ces affiches de propagande et ces banderoles rouges qui faisaient le charme de la ville. Empruntant des routes sinueuses et boueuses, le car dût s'arrêter deux fois, les passagers furent réduits à le pousser malgré le prix exorbitant qu'ils avaient payé pour le voyage.
Néanmoins, le jeune homme n'arrivait pas à croire que son pays avait changé autant, que la société était devenue aussi pourrie et malhonnête en peu de temps. Révolté par les pleurs que sa soeur n'arrivait pas à contenir et les sanglots de sa mère, Wei se leva pour les réconforter, leur offrant son assiette. "Mange, mange, ce n'est pas important", lui murmura sa mère. Il ne l'écouta pas et vida le contenu de son assiette dans la sienne. Soudain, l'on toqua à la porte.

Se dressant comme un animal apeuré, Mei chuchota : "ils viennent pour les récoltes..."

Wei en avait beaucoup trop entendu, pris par la rage, la nostalgie de sa vie passée et peut-être la fatigue, il ouvrit la porte comme un forcené, découvrant deux gorilles de l'administration locale. "On vient pour la récolte, et cette fois-ci j'espère que vous avez tou...", le mercenaire n'eut pas le temps de terminer sa phrase quand un direct du droit l'atteignit droit dans la mâchoire, le projetant en arrière. Eberlué, son compère ouvrit de grands yeux. Trop tard, Wei lui avait déjà envoyé son pied droit, le même qui avait foulé sa terre natale tout à l'heure, dans les parties génitales avec une force inouïe, le faisant poussé un cri terrible qui ameuta tout le village. L'autre homme s'était déjà relevé, Wei fut atteint d'un coup de poing à la joue. D'une constitution moins solide que les deux mercenaires, le jeune homme s'effondra au sol. Pourtant, il sourit et se releva, tandis que l'agresseur aidait son camarade à se relver.

Wei : C'est tout ce que vous avez ?! Hein ?!!

De toute ses forces, il envoya son poing dans la gorge de celui qui l'avait envoyé à terre. Ne bougeant même pas, il s'étala au sol de tout son long, inconscient. L'autre s'était déjà relevé, claudiquant, il partait en pressant ses bijoux de famille, sifflant d'une voix curieusement haut perchée : "T'in... t'inquiète pas Cheng Wei ! On... on va revenir ! T'es un homme mort ! Fils de p...*te !". La joue gonflée, Wei restait hagard, respirant fort. Sa soeur Mei lui tenant les épaules de manière inquiète. Les villageois s'étaient attroupés autour de la scène, d'abord choqués, certains esquissèrent ensuite un sourire, puis un ami d'enfance de Wei se mit à applaudir. Il fut rapidement rejoint par toutes les personnes autour.

Quelques personnes quittèrent la foule pour se rapprocher de Wei. C'étaient pour la plupart des voisins, des gens avec lesquels il avait grandi, en majorité des jeunes. Des hommes comme des femmes.
Wei arracha un morceau de tissu au mercenaire au sol, couvert de sang. Il le noua autour de son bras gauche après l'avoir exhibé à tous, toujours muet, ses compagnons en firent autant en signe de ralliement.

Wei regarda au loin, il n'irait pas se vendre à In Tao chez une multinationale raksasanne pour aider les riches à continuer à s'enrichir jusqu'à sa mort, d'ailleurs, Wei ne retournerait pas à In Tao.
Le visage dur, les manches retroussées, il comprit qu'un tout autre avenir lui était destiné.[/justify]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

L'ÂME RÉVOLUTIONNAIRE DE L'ERAN
[url=https://www.youtube.com/watch?v=bpxtuUQ28UM]Je la remet parce qu'elle est cool ![/url]

[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483094-550224membresdelaconfrrieduroyaumecleste.jpg[/img]
Des fidèles travailleuses de la Confrérie du Royaume céleste...

Lorsqu'il ouvrit sa boite aux lettres en bas de l'immeuble, il fut saisi d'angoisse : des résultats de ses examens d'école en dépendait sa vie.

Et pour la troisième fois consécutive, il avait échoué. Il était donc banni de l'institution, sans bourse d'étude, sans travail, sans argent, sans espoir de vie professionnelle. Pour cette raison, sa famille le renia, son père mécontent de devoir assister un "parasite de la société", fut-ce-t-il son propre fils, lui lança : "Tu fais honte à tes illustres ancêtres ! Ta mère aurait du t'avorter, vaurien ! Je jure devant Confucius que c'est la dernière que tu entends ma voix."
Ne connaissant personne d'autre, le jeune homme devait se résoudre à quitter son appartement le plus vite possible pour vivre en autonomie, dehors, avec le peu qui lui restait.
Mais il en était incapable. Physiquement frêle, petit, dénué d'expérience, peureux, il finit par se dire à lui-même qu'il ne méritait pas de vivre. La corde au cou, debout sur un tabouret, son pieds était déjà en mouvement. C'est ainsi que s'acheva la vie de Liang Xiuquan, 27 ans.

Mais qu'y-a-t-il après la mort ? Le "rien" ? Le "néant" ?
Tous les témoignages de ceux qui ont vécu une NDE (Near Death Experience) concordent : d'abord l'esprit quitte le corps. Un profond sentiment de quiétude, de calme, de sagesse... ensuite un long et sombre tunnel, une lueur au bout et... un homme. Grand, barbu, lumineux. Rayonnant de puissance et d'amour. Aveuglé par tant de lumière, il se sentait même agressé par cet Amour sans limite qu'il ne méritait pas. Puis une sage et terrifiante voix le tétanisa :

"Ta vie n'est pas terminée, mon fils. Tu dois montrer la voie à ton peuple pour qu'il Me suive. De la Rédemption de l'Eran, dépend le Salut de ton âme."

Soudain, le noir et le silence.
Une vive douleur au cou lui révéla qu'il était encore en vie. Allongé par terre, retrouvant la vue, il s'étonna de voir cette corde pourtant si solide, coupée en deux.
Lorsque péniblement, il se releva, Liang Xiuquan fut foudroyé par une autre vision : il vit son peuple uni et heureux. Il vit les éranéens tous ensembles, humbles mais frères égaux dans une société où tous les biens étaient mis en commun, le travail réparti équitablement dans des coopératives synchronisées sous le règne de la Justice divine. Puis... plus rien. Il n'aura plus aucune vision jusqu'à la veille de sa mort.

Encore marqué par ces évènements, Liang Xiuquan souffrit dans la solitude pendant trois jours, à méditer en posant des questions à Dieu, qui semblait refuser de lui répondre.
Le troisième jour, il sortit enfin de chez lui. Devant la porte, un vieillard lui tendit un papier. C'était un prédicateur catholique, une religion minoritaire mais dynamique et en progression dans certaines régions du Makara. Il conserva ce papier de prosélytisme chrétien dans sa veste, pour le lire et le relire. Après avoir quitté son appartement de manière définitive, il fut contraint de chercher d'abord à survivre. La force de sa vision lui permis de tenir, de garder la foi. Il gagna sa vie par l'aumône, dans la misère, l'humiliation et le froid. Heureusement, il avait ce papier. Et de ce fait, le mois suivant, il se converti au christianisme. Baptisé catholique par un piètre prêtre local riche et obèse, qui, harcelé par ses demandes insistantes, "voulu en finir avec ce vulgaire mendiant le plus vite possible", Liang Xiuquan accéda au bonheur : celle de l'espérance en Dieu par la vie après la mort, mais aussi celle de la soif de savoir et de travailler pour les autres, en vue de l'avènement de la Cité de Dieu sur Terre.
Il se cultiva d'abord, en lisant de vieux bouquins échangés contre certains objets qu'il réussit à obtenir par diverses combines dans la rue. Une débrouillardise qu'il ne croyait jamais pouvoir être capable.
Un soir pluvieux sous un petit pont, il vit un groupe de pauvres gamins lire l'ouvrage d'un certain Vladimir Kirov. Frappé par cette poignante image, ces jeunes ados victimes du capitalisme qui tiennent encore à l'espoir d'un monde meilleur -pas seulement pour eux (devenir footballeur pour collectionner des voitures), mais pour TOUS (!)-, il se décida, lorsqu'ils eurent terminés, d'échanger avec eux un livre du révolutionnaire fiémançais Buonarroti.
Ils ne se connaissaient pas, mais aucun d'eux ne regretteront ce bref contact.

Sans racine locale, sans "nationalisme" ne serait-ce que formellement parlant, une force politique aurait beaucoup de mal à émerger dans une région donnée. Il dévora alors les livres de Jiang Qing avant de se plonger dans la philosophie de Mozi et les évènements de la Révolte des Taiping.

Un autre jour sombre, il rencontra un vieillard, grand, mince, à la longue barbiche asiatique. Bien qu'encore capable de marcher, il était déjà mortellement malade. Celui-ci, voyant le sdf assit sous la pluie pour faire la manche, lui dit alors (comme s'il le connaissait déjà !) :
"Ce pays part à la dérive. Certains croient à tort que les éranéens ont besoin d'un roi, d'une impératrice, d'un général conservateur ou d'un "bon père" pour les commander et les administrer. Un gros bonhomme richement habillé et décoré, qui représenterait à lui seul la nation avec un peuple tout entier à son service. Mais moi, par mon expérience, je vous le dit : ce n'est pas un homme qu'il nous faut. C'est une idée. Un idéal, un espoir pour un monde meilleur.
Et pour cette idée, certes, un guide sera nécessaire, mais un guide qui non seulement sache se sacrifier mais se sacrifie réellement pour relever le peuple, pour lui redonner espoir. Un guide bien entouré, qui lui redonne confiance, qui sache lui montrer la voie à suivre pour lui permettre de prendre son destin en main. Il nous faut un guide impersonnel qui appelle la mort de ses vœux. Voilà de quoi l'Eran a besoin aujourd'hui. Une femme comme Jiang Qing, un homme comme Gak, un homme comme Kirov.
Mais vous savez... la philosophie confucéenne, dans ce qu'elle peut avoir de bon comme de pire, est encore très présente en Eran. Et l'athéïsme de ses trois personnages pourrait encore les repousser. Je vous conseille alors d'étudier les théories de Kirov, second du nom. Ses méditations sur l'Être Suprême sont intéressantes : la "Rédemption" ou quelque chose comme ça. Qui aurait cru qu'un communisme religieux était possible ? Qui aurait cru que le bouddhisme lui-même partageait, tout comme le christianisme des origines, des points communs essentiels avec l'idéal communiste ? Une vie sage et amoureuse dévouée toute entière au service d'autrui et de la Justice, puis couronnée de gloire par la mort, un pont reliant ce réel et... un autre monde, radieux : celui de Dieu."


Le millénarisme. Thomas Müntzer (1489-1525), Jan Matthijs (1500-1534), Jean de Leyde (1509-1536). Des "Lycurgue chrétiens". Et ce Kirov du XXIe siècle, approfondissant le communisme rostov, en dépassant les contradictions du vieux système stagnant de l'URSR. Voilà d'autres voies qui rejoignent celles de Mozi et des taiping.

-Mais comment les communistes peuvent-ils être athées ? que pensent-ils de la mort ? se demanda-t-il sans cesse.
-Pourquoi les communistes sont-ils athées ?
Puis, naturellement, une autre question qui répondait implicitement à la première.
-Pourquoi les croyants sont-ils capitalistes ?

Et c'est là qu'il comprit. En regard des allusions répétées de Kirov (second du nom) à cette idée d'Être Suprême, mais aussi en regard du passé historique de l'Eran elle-même, il était certain que la solution se trouvait dans ce qu'il appelait le "communisme chrétien".

Ces deux vieillards qu'il avait rencontré, le premier sous son appartement, prédicateur chrétien, et l'autre quelques mois plus tard, qui réclamait le retour du communisme en Eran... peut-être bien était-ce finalement le même vieillard, un signe de Dieu pour le guider !
C'est alors que, peu à peu, il commença son agit-prop. Des discours de rue les uns après les autres, son charisme naturel attira autour de lui toujours plus de monde.

Nous étions en janvier 2027.

Deux ans plus tard, il avait fondé sa secte : la « Confrérie du Royaume céleste » ou Confrérie Tiān-Guó.

Contrairement aux apparences, cette confrérie n'avait rien d'une organisation de superstitieux tenus en laisse par des profiteurs cupides. S'il on devait se placer du côté de ses détracteurs, alors le fanatique manipulé ici, c'était le bien le fondateur et dirigeant lui-même.
La Confrérie était effectivement dirigée par Liang Xiuquan. Il existait une hiérarchie militaire parce qu'elle s'était dotée d'un petit bras armé. Mais, matériellement parlant, c'est le règne de l'égalité absolue. A vrai dire, Liang Xiuquan lui-même vivait dans des conditions généralement inférieures à celle de ses propres fidèles.

Le nom de la Confrérie était réfléchi : il est destiné à susciter l'intérêt des partisans de la philosophie confucéenne, de certaines branches du taoïsme et surtout du bouddhisme "Grand Véhicule", extrêmement proche du christianisme par ses valeurs morales. Le christianisme appliqué par la Confrérie ressemble étrangement dans toutes ses formes aux rites et aux coutumes makaranes. Notamment par exemple, dans l'habillement traditionnel. La culture makarane, lorsqu'elle ne remet pas en cause les principes fondamentaux, est elle-même chérie par la Confrérie.

Voici les principes fondamentaux de la Confrérie qui servent également de projet politique pour l'Eran toute entière :
_ le "christianisme révolutionnaire" est la religion officielle : elle est obligatoire pour les dirigeants (donc pour les seuls chefs du bras armé) ;
_ promotion de la religion chrétienne avec prosélytisme, dans les limites d'un respect moral et physique des autres croyances et de leurs fidèles, autorisées à entrer dans la Confrérie ;
_ répartition égalitaire des terres (premier temps) ;
_ collectivisation progressive des terres (second temps) ;
_ abolition de la propriété privée (sous toutes ses formes, dans tous les domaines) ;
_ maintien universel par préservation contractuelle de la "propriété personnelle" sous un strict encadrement juridique (premier temps) ;
_ mis en commun de tous les biens matériels -nourritures, vêtements...- (projet sur long ou très long terme) ;
_ nationalisation de toutes les industries stratégiques pour la communauté nationale d'Eran ;
_ transformation de toutes les autres entreprises, grandes, moyennes ou petites, en coopératives ;
_ les directeurs de ces coopératives, s'ils s'avèrent nécessaires, seront soit élus, soit désignés à tour de rôle (qu'importent leurs religions) ;
_ gratuité universelle des soins ;
_ gratuité universelle de l'éducation ;
_ gratuité universelle de l'eau potable ;
_ gratuité universelle de l'électricité ;
_ gratuité universelle des logements ;
_ égalité absolue des sexes ;
_ promotion du féminisme pour lutter contre toute forme de retour à la tentation patriarcale ;
_ les femmes sont incitées à savoir se battre au même titre que les hommes, physiquement, moralement et militairement ;
_ encadrement de l'avortement (extirpé de la cause féministe pour des raisons biologiques évidentes) avant son abolition technique (exceptés cas exceptionnels) ;
_ impitoyable suppression de toute forme d'exhibitionnisme malsain, de sexualité publique ou d'encouragement à la débauche (habillements indécents, paroles publiques obscènes, prostitution, pornographie, publicités, films érotiques...) ;
_ lutte contre toutes les discriminations, y compris envers les minorités sexuelles (mais conformément au point précédant, interdiction absolue de leur exhibitionnisme : tous sont soumis à la même loi) ;
_ promotion de l'écologisme en sensibilisant au respect et en mobilisant les citoyens pour la protection de l'environnement naturel ;
_ respect particulier des ancêtres et des personnes âgées (rare mais importante concession faite au confucianisme) ;
_ respect des coutumes et des traditions conformes aux principes universalistes du communisme chrétien (rare mais importante concession faite au confucianisme) ;
_ promotion de la joie y compris individuelle, encouragement au bonheur de tous et pour tous (notamment dans de nombreuses activités de loisirs) ;
_ politique de Terreur contre les riches et les super-riches qui refuseraient de se plier à la Justice révolutionnaire ;
_ service militaire obligatoire pour tous les citoyens : formation d'une armée populaire (en plus d'éventuelles forces professionnelles spéciales) ;
_ éducation morale à la Vertu pour tous les citoyens : égalité totale, puritanisme radical, humilité individuelle, fierté collective, solidarité ("un pour tous, tous pour un"), et surtout, charité, amour du prochain.

Malgré son apparence sectaire, ce mouvement politico-religieux n'est pas fermé sur lui-même. Il s'ouvre sur l'extérieur en incitant chaque éranéen à le rejoindre en intégrant d'abord leurs coopératives de village. Il accepte bien-sûr les relations avec les autres mouvances communistes. Il dénonce toutefois violemment les impostures de certaines églises chrétiennes d'Eran, y compris une grande partie du clergé catholique, et tous les autres adeptes du compromis avec le capitalisme.
Considéré comme "pire que le régime impérial", le capitalisme est le seul véritable ennemi désigné de la Confrérie du Royaume céleste. Ce qui signifie que les rapports avec le pouvoir impérial éranéen ne sont pas immédiatement insurrectionnels, ni systématiquement violents. Au contraire, certains accords sont trouvés pour appaiser certaines situations sociales qui peuvent faire très peur à In Tao... mais cela, sur long terme... au profit de la secte, qui cherche à s'agrandir d'abord pacifiquement.

Selon les statistiques académiques, l'Eran est un pays avant-tout bouddhiste, confucéen et taoïste.
FAUX : le pays est devenu en grande partie athée depuis la longue période communiste lancée par Jiang Qing. Les autres religions, et en particulier les monothéismes, progressent donc aisément dans ce vide spirituel qui fut paradoxalement accentué par le retour du capitalisme.
Adoptant un profil largement traditionnel et conforme aux coutumes locales, la Confrérie n'oublie pas que le confucianisme se doit d'être combattu malgré tout pour sa logique inégalitaire et misogyne.

Des organisations de jeunesse, quoique strictement séparées en groupes de filles et groupes de garçons, se créent en surnombres au sein de la Confrérie.
Ses membres viennent étudier, s'entrainer militairement, mais aussi s'amuser -souvent librement- dans les immenses campagnes du superbe monde rural eranéen : il s'agit des les faire redécouvrir la beauté de la nature pour la respecter comme création divine, il s'agit de ne pas oublier que le bonheur "dans les choses simples" est un but fondamental de la Confrérie et enfin il s'agit tout autant d'inciter chacun à l'entraide égalitaire afin de combattre toutes les mauvaises habitudes capitalistes.
C'est de cette manière peut-être naïve ou insouciante, mais osée, que Liang Xiuquan espère faire régénérer le peuple éranéen. Contre les ravages de la marchandisation du tout, contre la tristesse des égoïsmes parcellaires, il cherche à unifier dans la fusion des intérêts de tous.
Et avec une ambition démesurée, peut-être même une petite dose de folie, c'est Jiang Qing, Vliduj Gak et Vladimir Kirov (deuxième du nom !) que l'on érige en inspirations philosophiques fondamentales... mais toujours dans le sillage de l'enseignement de Jésus-Christ ! Pour son culte de l'Être Suprême, ici la Trinité chrétienne, c'est donc le kirovisme qui est choisi plus particulièrement comme idéologie de fond de la Confrérie Tiān-Guó. L'athéïsme des gakistes et des qingistes est considéré comme le résultat d'un ensemble d'errements de leurs pensées respectives, mais ils demeurent des références plus qu'admirées auxquelles on s'inspirent régulièrement.

Cependant, beaucoup de conservateurs "impériaux" critiquent la philosophie de Liang Xiuquan en invoquant ses "importations" étrangères. A l'inverse, les marxistes purs jus critiquent sa religiosité et son traditionalisme.

A une question critique d'un journaliste local : "mais c'est quoi pour vous la révolution ? concrètement ? "l'âme du peuple" comme vous dites ?"
Il lui répondit froidement : vous voyez cette lectrice, membre des jeunesses de la Confrérie là-bas sur le rocher ?

[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483094-534997redsun2.png[/img]

La voilà, l'âme révolutionnaire du peuple.
Lychaka

Message par Lychaka »

Juin 2029
[center]SOLEIL ROUGE

Le Parti Communiste Makan s'apprête à ouvrir son VIè Congrès à In Tao

[img]http://www.chinatoday.com/image/chinese-paliament.jpg[/img]
Le Vè congrès du PCM en 2026 s'était tenu dans un contexte confus et n'avait pas abouti à la mise en place d'une ligne claire du parti après la chute de l'URCM[/center]
[justify]« Le Parti Communiste Makan a besoin, aujourd'hui plus que jamais, de retrouver enfin une ligne claire et forte et combative. Notre dernier congrès, en 2026, c'était fait dans un contexte confus d'où il n'était ressorti aucune orientation claire ou constructive. Aujourd'hui que l'électrochoc de la restauration capitaliste est passée nous devons retrouver notre rôle afin de faire porter à nouveau la voix des masses dans le débat politique qui est aujourd'hui confisqué par les serviteurs du Capital» a déclaré Arata Komori, Secrétaire Général du Parti Communiste Makan depuis un an et demi.

En effet si le Parti Communiste Makan s'est adonné, depuis la restauration impériale, à freiner la liquidation du modèle sociale makan, notamment au Parlement Impérial où il dispose de 30% des sièges depuis 2026, il n'a entamé depuis lors aucun grand projet politique visant à restaurer les acquis perdus et à mettre fin aux libéralisations successives du régime qui mettent en péril tous les legs de la période makanne en imposant à la majorité des Éranéens une misère grandissante. « Ce n'est pas qu'une question de volonté, répond le Camarade Arata Komori, c'est aussi une question de moyens. Or depuis 2026 nous avons vu nos moyens, tant financiers que sur le terrain, fluctuer considérablement. C'était une période trouble, mais aujourd'hui nous avons retrouvé la stabilité grâce à une grande réforme interne du Parti et nous sommes prêts à reprendre la lutte contre le Capital, l'Empire, et leurs séides. »

Le Congrès qui devrait débuter en Juillet prochain accueillera plus de 600 délégués venus des quatre coins d'Eran et du Viek-Kong pendant plus de deux semaines autour du Secrétaire Général Arata Komori qui a, depuis plus d'un an, remis le Parti dans les rails en mettant fin aux tergiversations internes quant à la conduite à adopter vis-à-vis de l'Empire. Il a en effet voulut rétablir une ligne de dénonciation : « L'Empire nous a été imposé, à nous, au peuple éranéen, à cause de la trahison d'un quarteron de généraux frustrés qui avaient été évincés, entre autre pour corruption, sous les gouvernements des Camarades Wang Leun puis Han Jintao. Je ne peux croire que nous puissions ne serait-ce qu'estimer possible de ne pas dénoncer et remettre en cause un régime si anti-démocratique, anti-social et basé sur des fondations aussi pourries. ».

Mais alors, quelles fondations et quelles bases pour le Parti Communiste Makan dans la poursuite de sa lutte ? « Le peuple éranéen, rétorque le Secrétaire Général du Parti, hormis une minorité qui tient le pouvoir et les richesses, à savoir la haute administration qui s'est vendue au Capital, les grands chefs d'entreprises étrangers ou revenus d'exil, tous les Éranéens ont connu une baisse drastique de leur niveau de vie. Et pas que matériellement : la décomposition des services publics, et surtout de transport, au nom des économies de l'État impérial, le licenciement de centaines de milliers de fonctionnaires qui sont aujourd'hui autant de vie brisées, la fin du dialogue social démocratique dans les entreprises étatiques désormais privatisées, etc... Autant d'atteintes à l'ancien système socialiste qui ne pouvaient que ruiner notre pays et consacrer la toute puissance du Raksasa voisin pour qui nous ne sommes plus, au mieux, qu'un état-satellite comme l'Endo. Mais nous pouvons aussi compter sur les coopératives éranéennes, même si celles-ci sont aujourd'hui fragilisés à dessein par le régime, elles comptent encore 35% des actifs éranéens - contre 47 en 2025 - et sont de véritables îlots de survivance du socialisme éranéen. Nul ne doute aujourd'hui que le système makan était infiniment meilleur que celui que nous propose la restauration impériale, mais encore faut-il avoir les moyens de le bousculer, et je suis certain que notre prochain congrès nous permettra d'adopter une politique offensive, mais légale, contre les serviteurs de l'Impératrice.».[/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

LES VAURIEN, LE VEAU D'OR ET LES VAUX RIEN
''ILS FERONT DIRE AUX ENNEMIS... C'EST LA CANAILLE ! ET BIEN, J'EN SUIS !''

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/06/1455043000-eran.png[/img]
L'Eran ou la fin de l'Histoire...
[url=https://www.youtube.com/watch?v=nCViwXz7zAM]I've just got to find my way ♫[/url][/center]
[justify]La face cachée de l'Eran, n'était pas seulement sa grande pauvreté et la liquidation totale du socialisme dans le pays. Ce n'était pas uniquement la grande pauvreté, l'immense misère qui avait frappé la population. Combien de morts dans le plus grand des silences, alors que des films continuent de sortir sur le conflit au Pelabssa ? A croire que les "millions de morts" peuvent être exhibés comme on le souhaite et leur faire dire ce qu'ils veulent. La réalité de la misère et de la souffrance, était connu par une grande partie de la population dans le pays. Grande puissance communiste, elle se retrouvait aujourd'hui à devoir mener le chemin contraire et détruire complètement ce qui avait animé l'âme de l'Eran pendant tant d'années. Au travers de tout cela, c'était avant tout les gamins qui avaient souffert. Ces milliers, peut-être centaines de milliers de gosses, d'adolescents qui avaient perdus leurs parents, perdu tout lieu de sociabilité et qui se retrouvaient à errer dans les rues, à faire augmenter le banditisme et la délinquance. C'était par exemple, le quotidien de Jian, âgé de 12 ans. Il était un petit ado' anonyme, laissé à lui-même par des autorités qui n'en avaient rien à faire. Plus de jeunesse dorée, sa seule porte de sortie était l'alcool, la drogue, la prostitution et la délinquance, grande ou petite. Il avait sa petite bande d'amis, tous et toutes des enfants de la rue, mendiant, chapardant et volant le plus souvent.

VENDEUR | « Reviens ici espèce de voleur. Reviens tout de suite sinon... !! »

Jian était agile, il se faufilait rapidement dans la masses pour tenter de semer le vendeur à l'étalage. Il lui avait pris plusieurs pommes, plusieurs tomates qu'il cachait dans son pull sale et gris. Il regardait de temps à autre derrière lui, pour voir si il avait réussit à semer le vendeur, qui l'injuriait de façon répété. Jian ne comprenait pas : Lui crevait de faim et l'autre avait un étalage plein à craquer. Pour lui, le calcul était simple.

VENDEUR | « JE FINIRAI BIEN PAR TE RETROUVER, PETIT VOLEUR ! »

Ce dernier s'avouait vaincu et après tout, que pouvait-il bien faire ? Appeler la police, pour qu'elle s'amuse à massacrer tout les mendiants qu'ils vont croiser dans un secteur de un kilomètre à la ronde ? De son côté, Jian s'était faufilé dans des petites ruelles, avaient sauté sur une grille d'aération et s'était engouffré à l'intérieur. Il rampait comme il pouvait et essayait de ne pas faire exploser les tomates qu'il portait sur lui. Arrivé au bout de cet étroit conduit, il se laissa glisser et tomba plus bas, sur une grande pile de linge. Quand il se redressa, il put voir qu'il était attendu de pied ferme.

LI | « Ah, bah t'en a mis du temps. Je commençais à avoir faim. »

WANG | « Hey attends ton tour ! Il y en a d'autres qui ont faim ! »

Ils étaient moins d'une dizaine en tout. Jian était le plus jeune et Wang était le plus âgé, autour de 25 à 26 ans. Il était un peu celui qui faisait la pluie et le beau temps dans ce petit groupe de paria. Comparé aux autres, il avait connu la période faste de l'Eran communiste et en gardait un assez bon souvenir. Fauché, n'ayant plus de toit où dormir et une famille sur la paille, il a fugué de chez lui et s'est finalement retrouvé à dormir dans la rue. Son histoire est similaire à des milliers de cas comme le sien.

WANG | « Bon, il y a exactement cinq pommes et trois tomates. On va partager ça de façon équitable. Allez donne moi ce couteau Li et arrête de faire l'andouille. Donne. Donne je te dis ! »

Après une brève chamaillerie d'une poignée de seconde, Wang pu commencer à couper des part à peu près égal pour tout le monde. Ils étaient exactement huit, ce qui tombait plutôt bien pour tenter de contenter tout le monde en même temps. Ce fut un festin royal pour eux, de pouvoir se nourrir de fruits frais. Bien évidemment, ils remercièrent le petit Jian pour sa saisie de la journée et quand cela fut fait, ils s'installèrent en cercle dans cette pièce contiguë, où un feu leur procurait un peu de chaleur. Quelques instants plus tard, ce fut un autre membre de la clique qui atterrit sur la pile de linge, lâchant tout ce qu'il avait en main. Des piles de livres qui venaient de s'envoler absolument partout. Pour eux, c'était surtout un moyen de pouvoir garder leur feu allumé.

WANG | « Bien, bien. On ne va pas mourir de froid tout de suite. »

Ils ramassèrent tout les livres qui avaient été ramené par un petit camarade de Jian, âgé de 14 ans : Fai. Un chapardeur aussi doué que Jian et à eux deux, ils arrivaient à faire des merveilles pour maintenir la survie du petit groupe. Alors que les livres commençaient à être déchiré, Wang jeta un œil sur Li qui était entrain de passer sa main sur un livre bien relié, un peu impressionné par sa qualité. Alors que Li allait cependant commencer à le déchirer, Wang l'en empêcha en lui sautant quasiment dessus.

LI | « Mais ça va pas ? »

WANG | « T'allait faire une grosse connerie en déchirant ce livre. »

LI | « Pourquoi, tu le connais ce V... Vl... Vlado... »

WANG | « C'est écrit Vladimir Kirov hein. »

LI | « Ouais et alors ? Tu le connais ce Vladimir ? »

WANG | « Non. Par contre, je sais ce que livre est précieux. Tu veux que je t'en parle ? »

LI | « Il y a de l'action au moins ? »

WANG | « Oui, en quelques sortes... »

Bien religieusement, Li se mit en tailleur et face à Wang, quand ce dernier commença à ouvrir le livre. Wang n'avait jamais été un communiste dévoué, malgré qu'il est 26 ans. Il savait juste que ces derniers lui avait donné un toit, de l'éducation et de quoi se nourrir dignement. Vladimir Kirov ? Aucune idée. Il avait du entendre son nom une fois, quand des communistes en avaient parlé. Il commença donc à lire très distinctement ce qui était écrit. Il tenait en main, les œuvres complètes de Vladimir Kirov, fondateur de la Rostovie Communiste, le tout traduit en Eranéen. Un coup de bol qu'il n'est pas fini dans le feu.[/justify]
Johel3007

Message par Johel3007 »

[center]Arrangement entre amis[/center]

[quote="Vladimir Ivanov"][...]A une question critique d'un journaliste local : "mais c'est quoi pour vous la révolution ? concrètement ? "l'âme du peuple" comme vous dites ?"
Il lui répondit froidement : vous voyez cette lectrice, membre des jeunesses de la Confrérie là-bas sur le rocher ?

La voilà, l'âme révolutionnaire du peuple.[/quote]

[center]-------------------------

[img]http://s10.postimg.org/stdpdgck9/System_Crash_Noir_Cyberpunk_Apartment.jpg[/img][/center]

L'article de presse apparaissait en large sur la tablette de données que lisait Sung-Yong Gen. Agent immobilier originaire du Wapong, l'homme était venu en Eran peu après la défaite des factions communistes lors de l'élection qui avait suivi le rétablissement au pouvoir de la Dynastie Taï. Il y avait monté une petite entreprise qui se chargeait de fournir des logements décents à la masse d'ouvriers migrants qui, sans le contrôle étroit du Parti Communiste Makan pour limiter et encadrer leur afflux, s'entassaient dans des conditions fort peu décentes en périphérie d'In-Tao.

Malgré l'état de déliquescence économique et sociale ainsi que les troubles politiques qu'on prêtait au pays dans les presses nationales comme étrangères, la capitale de l'Eran fleurissait en cette année 2029. Oui, le pays était en récession... mais le cœur de l'Empire batait encore et les lumières d'In-Tao attiraient bien des yeux, notamment ceux à la recherche d'une main d'oeuvre nombreuse et peu onéreuse. Sous l'URCM, l'idée d'un salaire minimum n'avait pas existé car il n'était pas nécessaire : l'État était le seul employeur et le seul fournisseur... et donc le seul à définir le pouvoir d'achat. Le communisme "à l'URSR", pour des raisons de propagande et de crédibilité du modèle communiste, n'avait cesser de monter les salaires et de baisser les prix officiels, sans lien avec la productivité (et donc l'abondance) réelle, entraînant un paradoxe où coexistaient d'immenses épargnes et d'immenses pénuries... ainsi qu'un marché noir dont l'efficacité aurait fait la fierté d'Adam Smith. Le communisme du 21ème siècle, largement inspiré des réformes kirovistes menées depuis 2006 en Rostovie, avait transcendé ces contradictions. Au sein de l'Eran et du Lychaka, cela avait résulté en des prix et salaires fluctuant selon l'état réel de l'économie mais tout de même avec le contrôle du Parti pour s'assurer de guider les priorités de consommation et préserver à chacun un confort de base.
Avec la chute de l'URCM, l'Empire poursuivait cette politique d'économie planifiée flexible mais, à mesure qu'il vendait l'infrastructure économique publique aux investisseurs du Raksasa et aux divers sycophantes du nouveau gouvernement Eranéen à des prix très concurrentiels, la partie "planifiée" disparaissait. Aujourd'hui, on référait, avec enthousiasme ou cynisme selon l'interlocuteur, simplement à "l'économie flexible" : comme au temps de l'URCM, aucun minimum salarial légal n'existait. Rémunérations et prix étaient dictés largement par les producteurs. La différence tenait dans le fait que les producteurs n'étaient plus des coopératives sous contrôle étroit de cadres idéologiquement formatés du Parti Communiste Makan mais des entreprises privées sous l’œil non moins inquisiteur de leurs actionnaires. Et là où les cadres communistes étaient avant tout attentifs aux respects des consignes politiques, les actionnaires voulaient surtout du profit. Les salaires étaient tirés aussi bas que possible, chose facile avec la compétition entre des millions de chômeurs issus des usines d'armement aujourd'hui au repos et des millions de paysans enfin autorisés à quitter leurs campagnes pour chercher fortune en ville. Les prix suivaient ceux du marché local, régional, national et mondial, selon l'endroit où il était destiné à s'écouler.

Les 5% de décroissance en Eran, ils venaient avant tout d'une chute rapide de productivité dans les campagnes que la main d'oeuvre désertait pour, paradoxalement, fuir les famines et trouver un meilleur lot dans les villes. Et en dépit du salaire miséreux, des conditions de travail rudes et du prix élevé des denrées, la vie en banlieue industrielle d'In-Tao restait meilleure que dans certains districts ruraux. C'était dû à beaucoup de choses mais, en majorité, à des infrastructures parmi les plus développées du pays. Le niveau de vie à Jiyuan était proche de celui des grandes villes d'Océania et dix étages au-dessus de celui du reste du pays. Il en était de même pour le niveau de vie à In-Tao, aisément comparable à celui de Wapong-City.
Sung-Yong Gen contribuait modestement à ce mieux-vivre : sa société repérait les terrains et bâtiments abandonnés, les rachetait à des prix abordables, montait des contrats avec la filiale locale de Cubical SA pour y construire des logements puis les louaient à des industriels qui les sous-louaient à leurs ouvriers migrants, prélevant le loyer à la source directement sur le salaire. Un business rentable jusqu'ici mais dont les bénéfices restaient faibles : Sung-Yong Gen devait son succès à la coopération des anciens propriétaires des terrains, lesquels incluait souvent les pouvoirs publics. Convaincre les fonctionnaires demandait de l'argent ou de l'intimidation. Et trouver les muscles pour l'intimidation demandait de l'argent. En plus de cela, afin de se protéger lui-même de pratiques similaires par ses concurrents, il devait prendre certaines assurances... notamment auprès des Triades Dorées, dont les rhizomes engourdis dans l'obscurité de vingt années de national-communisme prospéraient à présent comme jamais auparavant à la lumière chaude du capitalisme de connivence qui règnait à In-Tao. Cette assurance coûtait cher... mais la vie n'avait pas de prix.

Hors, rester en vie était l'objectif premier de Sung-Yong Gen. Son deuxième objectif était d'un jour rentrer à Wapong-City pour encaisser sa prime auprès des Services Spéciaux pour l'opération qu'il menait ici en leur faveur. Il était la tête de ce qu'on appelait dans le jargon une [url=http://www.simpolitique.com/post147528.html#p147528]"cellule émigré"[/url] : une bande d'émigrés wapongais qui, en échange de récompense, fournissent couverture, informations et services locaux divers aux Services Spéciaux. Il était une tête de pont pour ceux-ci, la porte d'entrée par laquelle l'espionnage wapongais opérait. Espionnage surtout économique jusqu'ici : l'Eran, en dépit de sa décrépitude, avait été une puissance technologique qui avait même entretenu le rêve d'un programme spatial, avait achevé un programme nucléaire et disposait d'avancées modestes mais appréciables dans certains secteurs. Avec le grand hold-up qui s'opérait, acquérir des plans, des pièces détachées ou des travailleurs spécialisés à moindre coût était possible. Revendre ces actifs précieux à des entreprises Wapongaises représentait une source de rentrée modeste mais non-négligeable pour le Directoire. Et un investissement futur : ces entreprises deviendraient plus compétitives, plus productives... et donc de meilleures sources de revenus pour le gouvernement de Wa, que ce soit à travers les taxes ou à travers les dividendes quand Wa était actionnaire.
Espionnage économique donc... mais pas seulement : la jeune femme qui était assis dans le canapé en face de lui était là pour d'autres raisons. Il semblerait que Wa (car c'était ainsi que sa patrie se nommait désormais) avait décidé d'étendre le réseau en y ajoutant de nombreuses cellules natives. Et de ce que son interlocutrice lui expliquait, le promoteur immobilier improvisé espion déduisait qu’il allait devoir aller parler à ce Liang Xiuquan…
Johel3007

Message par Johel3007 »

[center]La raison du plus fort[/center]

[quote="Giorgios Kestandis"][...] Je suis la révolution des campagnes, je suis Jinsong Yao capitaine de la milice paysanne de Funahashi.
][/quote]

[center]-------------------------

[img]http://s13.postimg.org/626noc83b/gbw460.jpg[/img][/center]

L’URCM avait été une époque glorieuse pour les militaires. Si le régime héritier de la République Démocratique d’Eran n’avait pas connu les mêmes excès militaristes que l’URKR, il n’en demeurait pas moins que dans la triade travailleurs-intellectuels-soldats encouragée dans le modèle du Lychaka, la part belle avait été faite aux soldats. Mis à part leur équipement, ils avaient bénéficié d’infrastructures de qualité, aussi bien pour leurs entrainements que pour leur vie de famille. Leurs enfants, futur fer-de-lance du régime, avaient reçu un accès à une éducation et des soins médicaux parmi les meilleurs disponibles dans l’Union. L’accès à la nourriture et aux denrées, s’il s’était fait au même prix national règlementaire, avait été néanmoins prioritaire pour les divisions de soldats et leurs familles, ce qui était un privilège incroyable dans une économie planifiée où les pénuries sont fréquentes. Les militaires de l’URCM avaient été un soutien loyal au régime, un rempart contre les opposants et un muscle utile pour imposer les politiques révolutionnaires à des civils n’aspirant parfois qu’à préserver leur petite zone de confort égoïste.
Mais ce faisant, la société sans classe visée par le communisme avait vu ses classes héritées du capitalisme se transformer en castes pratiquement imperméables, le destin de chacun étant décidé dès la sortie de l’enfance par l’État. Et l’armée, comme toute institution bénéficiant de privilèges, avait fini par subir une certaine forme de décadence. Nombre de soldats étaient passés d’une mentalité d’ardent patriote idéaliste, avide de porter la révolution à leurs camarades des autres contrées, vers celle d’un chien de garde qui lèche la main qui le nourrit et obéit sans réfléchir, tant que ses privilèges sont maintenus et étendus. Il y avait des nuances, bien sûr, et peu de soldats étaient des modèles de communisme désintéressé ou des caricatures de soudards entièrement égoïstes. Mais les deux tendances existaient dans le cœur de chaque soldat… et la seconde tendait à être mieux représentée. C’était elle qui avait motivé la révolte des généraux. C’était aussi elle qui avait fait se rallier les troupes derrière leurs héros militaires plutôt que derrière le Parti.
Avec l’essor de l’Empire d’Eran, beaucoup avait changé. Le nombre d’appelés pour le service militaire avait été drastiquement réduit. Contrairement au Parti Communiste Makan, le nouvel état-major de l’Empire ne voyant pas d’intérêt idéologique à écarter du marché ou des études pendant des mois ou des années autant de jeunes gens. Il préférait se faire plus sélectif sur la qualité des appelés, voyant le service militaire comme une introduction pour susciter des carrières et un premier filtre de sélection à un recrutement pour l’armée de métier, laquelle avait connu et connaissait encore de sérieuses purges : à l’image de la dépolitisation promise en Wa par la coalition des libertés citoyennes, tout officier et sous-officier soupçonné d’avoir de trop grande sympathie avec le PCM ou autres organisations à tendance communiste était sûr de perdre son emploi à la première opportunité. Remplacer ces départs hâtifs n’étaient pas chose simple et apportait son lot de drames sociaux… mais c’était une nécessité si l’Empire ne voulait pas périr sous un coup d’état militaire.
Grandes considérations politiques mises à part, cela laissait dans une situation délicate un sérieux lot d’hommes entrainés à tuer. Éjectés des logements à faible loyer réservés aux militaires et à leurs familles, ils se retrouvaient à la rue. Ne sachant souvent pas faire grand-chose sinon manier le fusil et réciter des slogans communistes, leurs chances de trouver un emploi en ville étaient maigres. Et c’était d’autant plus vrai pour les membres du PCM et autres organisations d’extrême gauche : la « Liste Rouge », sorte de registre identifiant les individus confirmés comme « sympathisants communistes ». La majorité rejoignait donc le foyer d’un parent proche, le temps de retomber sur leurs pieds. D’autres se rendaient dans les campagnes, où une paire de bras pas chère était toujours appréciée. Et certains choisissait une autre voie.

C’était le cas de Chun. Démobilisé deux ans plus tôt car appartenant à la minorité Choson, l’ancien capitaine n’avait rien d’un fervent communiste. Il avait rejoint l’armée pour se mettre à l’abri des purges sous Jiang Qing. Il y était resté pour les privilèges. Et aujourd’hui, il ne voyait pas pourquoi il y renoncerait. Lui et ses camarades avaient essayé le travail des champs mais la vie rude du paysan ne leur convenait pas. Et pourquoi se briser le dos à planter le riz les pieds dans l’eau quand on pouvait le prendre ?
Jusqu’ici, leur bande restait discrète et le chaos bureaucratique laissé par le PMC leur fournissait une couverture suffisante pour opérer virtuellement sans opposition. Il y avait bien l’une ou l’autre autoproclamée « Milice paysanne » mais ces dernières étaient souvent mal équipée et elles ne pouvaient rester en alerte en permanence ou surveiller chaque foyer. Souvent, la seule menace d’abattre le bétail suffisait à extorquer sans résistance du grain aux paysans. D’autres méthodes incluaient incendier les maisons, enlever des femmes ou enfants, mitrailler les paysans alignés lors des travails en rizière, bloquer une route… et sur les chemins éloignés des villes, loin de l’œil d’In-Tao, cela marchait bien.
Chun était devenu un véritable seigneur, ralliant à lui une centaine de bon-à-riens avec autant d’attaches que de morale. Sa petite armée n’était pas les seuls bandits en maraude dans les campagnes d’Eran : toutes les régions frontalières étaient infestées de telles bandes qui prospéraient, se repliant en pickup, en moto ou à cheval hors d’atteinte de toutes représailles quand nécessaire. Pour ces bandes, la nature du gouvernement d’Eran importait peu car ils n’y étaient pas soumis. Mais il était clair qu’un retour de l’URCM serait mauvais pour les affaires…
C’est donc avec joie que Chun travaillait de concert avec la pétasse austobeysinoise et ses associés. Cela avait commencé comme une simple affaire d’extorsion : lui et ses hommes recevaient une somme d’argent pour laisser passer les convois routiers d’une petite entreprise d’import-export installée au Choson. L’arrangement était bon pour tous : Chun avait une rentrée régulière et l’entreprise ne perdait aucune marchandise, employé ou véhicule. Puis on lui avait proposé des extras pour offrir une escorte et autres services de sécurité, sous prétexte d’autres bandes de brigands moins accommodantes et de gardes-frontières ennuyeux. Enfin, il avait reçu une proposition pour participer [url=http://www.simpolitique.com/sugardaddy-ltd-t12237.html]à l’importation de stupéfiants[/url] entre le Choson et l’Eran. Il était passé de seigneur de guerre à baron de la drogue en quelques mois, vendant divers poisons dans les villes frontalières et usant de l’argent gagné pour renforcer la loyauté de ses hommes, acheter les autorités locales et écarter ses concurrents. Son influence avait augmenté exponentiellement et l’appartenance de son associée aux triades dorées n’avait à ce stade pas été une surprise, pas plus que l’invitation à les rejoindre qui lui avait été offerte. Quand on lui avait demandé de monter des opérations d’assassinat contre « les ennemis des triades », il avait bien entendu accepter : au fond, un business comme un autre et comme il faisait partie des triades, c’était ses ennemis aussi. Que les membres locaux du PCM figurent par la suite de manière proéminente dans la liste nécrologique l’avait surpris, inquiété puis enfin ravi : les rouges n’étaient pas bons pour les affaires...
Alexei

Message par Alexei »

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Parti Communiste des Travailleurs Eranéens[/center]

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"Que nous est-il arrivé depuis le retour de l'Empire ? Telle est la question que je vous pose aujourd'hui.
Et c'est loin d'être une colle, nous savons mieux que chaque économiste, chaque expert, chaque gratte-papiers du FMI dans quelle situation nous vivons aujourd'hui.
Notre travail ? Nous l'avons perdu.
Notre appartement, notre maison ? Nous l'avons perdu.
L'absence d'impôt, la gratuité des transports ? Nous l'avons perdu.
L'école pour nos enfants, l'eau courante, l'électricité, nous l'avons perdu !
Et bien plus que cela : le sourire de nos femmes et les rires insouciants de nos enfants, les rencontres et même le goût de vivre, nous ne l'avons plus. Cela appartient au passé, tout a été remplacé. Les usines étatiques où nous travaillions fièrement l'acier il y a encore quelques années ont fermé. Nos fermes collectives ont été démantelées, les paysans qui étaient tous des frères jadis se battent pour la moindre parcelle de terre cultivable. Nos rues, autrefois si belles et animées sont aujourd'hui des dépotoirs où préservatifs usagers côtoient canettes de Raksa Cola, face à nos femmes, si respectables hier, forcées de vendre leur corps aujourd'hui pour nourrir leurs enfants. À quelques mètres, des hommes mendient désespérément, ne réclamant que des dollars raksasans tellement que notre monnaie n'a plus de valeur. Un peu plus loin, dans les ruelles sombres, des voyous s'agglutinent, ils détroussent les passants qui ont le malheur de s'aventurer là.

Quels doux souvenirs que l'état de droit, la police, et la justice sociale !
Lorsqu'un de nos frères a le malheur de critiquer le nouveau système, il finit directement au commissariat le plus proche pour être tabassé en règle. Le militant offensif est effectivement plus dangereux pour le régime que le voyou armé ! Ces-derniers ne rêvent que d'être à la place des quelques traîtres qui ont profité de la chute du communisme pour s'enrichir et racheter nos usines pour une bouchée de pain. Haïssables mouches à merde de notre pays, ces lâches ne méritent qu'un sort : une balle dans la tête. Ils pensent que les idées de démocratie et de justice sont mortes et enterrées, ainsi, ils profitent sans scrupule du système qui les nourrit. Villas, voitures de luxe, spiritueux fiémançais et mets rares, ils en abusent dans l'impunité la plus révoltante quand nous peinons à nous loger, quand même les transports en communs sont devenus trop chers, quand nos enfants crèvent de faim la bouche ouverte et qu'il ne nous reste que l'alcool de riz pour oublier notre misère.

Voilà ce que l'Empire makan nous a apporté !
Pauvreté, chômage, drogues, maladie, alcool, criminalité, délinquance, décadence, injustice, inégalité... si je devais tout énumérer, je mourrais de soif bien avant d'avoir terminé, un seul mot fera l'affaire : chaos.
Je pleure de voir ma Patrie dans une telle déliquescence territoriale, économique, idéologique et morale. Nos enfants qui sont nés avec tout grandissent actuellement avec rien. Aujourd'hui, grâce au "progrès", à la "liberté" et à la "démocratie" à la raksasanne, notre progéniture meurt de maladies que l'on croyait éteintes, elle ne peut plus se nourrir correctement et est touchée par l'illettrisme, l'analphabétisme et l'ignorance.
Finalement, ne nous y trompons pas, ce n'est pas entièrement la faute de l'Empire : ce vieil homme malade ne survit que grâce aux dollars que lui perfusent les ignobles Provinces-Unies du Raksasa, cancer de notre pays et de notre planète. Son objectif n'a pas changé : humilier la glorieuse Eran et faire d'elle un vulgaire satellite, comme il l'a déjà fait pour le Mayong, le Wapong, l'Endo, le Choson...

...seulement, entendez-le infâmes impérialistes : cela n'arrivera pas !
La civilisation fondée par nos ancêtres s'étalent des millénaires avant la naissance de Jésus Christ, nos arrière-grand-pères ont inventé l'encre, nos grands-pères ont inventé la poudre à canon... nous tâcherons de nous en servir !
Aujourd'hui, cela fait presque trois ans que l'URCM est tombée. Trois ans de souffrance, trois ans de misère, trois ans à espérer que cela s'arrête et que tout redevienne comme avant. Seulement, les choses ne seront jamais comme avant !
Les impérialistes nous ont détruit notre pays, maintenant, ils veulent nous le voler entièrement, comme ils volent d'innombrables peuples à travers le monde.
Entendez-le, chiens du Capital : nous ne nous laisserons pas faire !

Nous rallierons tous nos frères sous la bannière de la Révolution et du Socialisme.
Nous prendrons vos armes dans vos dépôts, nous accrocherons notre drapeau rouge à nos fenêtres.
Nous marcherons fiers et braves en entonnant notre véritable hymne et l'Internationale.
Nous vous traquerons, même si vous vous cachez. Nous vous abattrons, même si vous êtes désarmés.
Nous reprendrons notre Patrie et la vie que vous nous avez volés !

Un livre rouge pour nos enfants, un fusil d'assaut contre nos ennemis, un drapeau rouge pour notre peuple."


Zhou Anying

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- Né de la fusion de plusieurs partis et organisations marxiste-léninistes d'inspirations gakistes, le Parti Communiste des Travailleurs Eranéens s'est constitué dans la clandestinité pour échapper à la répression impériale.
Le Parti reçoit des aides diverses de la part de certains pays du monde.

- Le Parti, particulièrement actif à l'échelle locale et se sanctuarise dans les zones les plus reculées du pays -échappant à l'autorité impériale-. Il s'appuie sur une agit-prop importante, disposant d'un journal (le "Rénmín Ribao", ou "Quotidien du Peuple") et même d'une radio (émettant depuis le Sud du continent, probablement hors d'Eran) : "Chéngshí" (ou "Vérité") qui est son principal porte-paroles.

- Le Parti rejette la "politique politicienne" et souhaite agir pour les masses. C'est pour cela que, grâce aux aides qu'il reçoit, mais également grâce aux fermes collectives subsistant dans son territoire, il offre nourriture et abri aux plus démunis, et un minimum d'éducation aux enfants.

- Pour se défendre, le PCTE dispose d'une milice très discrète que certains estiment tant embryonnaire que puissante. Celle-ci n'agira pas directement pour le moment.

- L'organe de direction du PCTE est son Comité central, élisant un Politburo. Son leader actuel est le charismatique Zhou Anying, qui serait un ancien officier de l'Armée rouge éranéenne.

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[img]http://www.evesmag.com/rowan_files%5Cimage002.jpg[/img]

Zhou Anying, le leader du Parti Communiste des Travailleurs Eranéens. Ancien officier de l'Armée rouge makanne -arborant l'éternelle béret ouvrier symbolisant la Révolution éranéenne et d'un autre côté le gakisme-..[/justify]
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