Rencontre entre le Maok et la Couronne tarnoise

Amaski

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Le temps passa et à intervalle régulière des domestiques se faufilaient discrètement dans le salon pour reprendre des plats vides ou s’assurer à ce qu’il n’en manque ni de vin ni de nourriture. Oroskon apprécia de pouvoir parler librement avec Ménélok, ce qui le changeait des autres rencontres diplomatiques où il était toujours nécessaire de parler avec beaucoup de prudence et en pesant chacun de ses mots. Il fut surpris, à vrai dire, de voir son confrère du Maok accepter si aisément l’idée d’une réforme de l’empire car il avait, faussement, supposé que le Maok n’avait aucun intérêt pour un empire qui n’avait jamais su briller au-delà du Sud-ouest de l’Alméra. Lui-même avait des connaissances sur l’empire uniquement car il avait grandi au Numancia, loin d’une péninsule tarnoise païenne et sauvage.

«  Je te remercie pour ta promesse de soutien. Bien évidemment, l’objectif est de rallier le plus grand nombre de monarques autour de la cause pour permettre de réaliser une réforme en profondeur de l’Empire. Après, un tel projet de rassemblement n’est pas sans défis. Par exemple, comment arriver à convaincre le roi de Fiémance de soutenir la réforme quand par exemple le prince de Viertenstein ne le reconnaît pas comme le souverain légitime ? Sans parler du problème qu’existe entre la Fiémance gallicane et le Saint-Siège.

A vrai dire, il est bien dommage que la Fiémance ait succombé au gallicanisme mais je crains que c’était inévitable à un certain degré. La culture almérane est hantée par l’idée qu’elle serait dotée d’une supériorité sur le reste du monde, un mal qui est la source d’un grand nombre de ces malheurs. L’élection du pape Zosime II semble avoir été la goutte qui a fait déborder un vase dont les caprices ne datent pas de hier. Déjà sous Pie XIII, les princes de la Fiémance avaient pour coutume de rouspéter en secret car ce dernier n’était pas de peau blanche. Aussi, les tentatives gallicanes ont une longue tradition dans cette contrée. La Fiémance est une terre dont les nobles aiment dénoncer le manque de solidarité des peuples almérans dits latins mais qui font tout pour saboter tous les efforts engagés pour réaliser un rapprochement entre les peuples de l’Ouest et de l’Est. Peut-être que la Fiémance est une terre plus slave que latine par cette étrange mentalité qui hante l'esprit de ses bien lotis. La Fiémance serait ainsi latine de sang mais mentalement slave. Peut-être qu’on arrive à expliquer certaines attitudes de ses souverains par cette réflexion. Néanmoins, j’ai bonne foi que le roi Jean se montrera plus perspicace sur le long terme et n’écoutera pas cette bande de fanatiques illuminés que sont les chorocrates et la noblesse locale.

Sa Sainteté sera sans aucun doute un allié précieux même si on peut se poser la question si le pape ne sous-estime pas les problèmes politiques actuels. Je ne me réfère pas seulement au gallicanisme en Fiémance mais aussi le comportement plus que limite de Viktoria. Après, il faut reconnaître que le pouvoir du Schlessien a bien diminué et qu’il reste presque plus rien de la puissance de cet empire. A certains égards, ils ont été victime de leur propre avidité et désir de suprématie, un peu comme le Numancia. Cependant, quelles sont tes relations personnelles avec le souverain pontife ? Le connais-tu de l’époque d’avant son élection comme pape ? Peut-être que tu pourrais être celui qui porte la pétition des princes chrétiens au pape si cela permet d’augmenter les chances de voir la doléance prise au sérieux. »
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Pour Ménélok, la franchise était plus souvent de mise, car il n'était pas homme à faire volontiers dans ne fut-ce que le sous-entendu, même pour la bonne cause de la diplomatie, ce qui était sans doute aussi bien une qualité qu'un défaut – et très certainement une très bonne raison de ne pas assurer en personne toute la diplomatie. Il écouta le Prince avec attention, et réfléchit quelques instants avant de lui répondre, une fois encore avec franchise, ne cherchant pas à cacher ses sentiments sur les diverses questions.

Sa Majesté Ménélok IV : « Il est certain que le problème de la Fiémance est épineux, néanmoins il ne forme à mon avis qu'un ensemble. Que le Roi Jean accepte de communier à nouveau avec l'Église d'Urba et le Viertenstein devrait lui accorder sa pleine reconnaissance, puisqu'il est l'aîné du précédent roi, après tout. Les viertensteinois ne l'écartent comme candidat légitime qu'en raison de son gallicanisme. Ors je suis persuadé que tôt ou tard il finira par changer de cap et revenir dans la Sainte Église, que ce soit sous la pression de certains membres de sa famille, pour être reconnu par tous ou encore pour des raisons politiques... au rang desquelles pourraient figurer justement l'idée de contrecarrer les projets impériaux ou du moins de peser dans ceux-ci, pour ne pas risquer de voir les rois chrétiens s'entendre sans lui. Quand cette cause ne servirait qu'à cela, se serait déjà admirable.

Concernant Sa Sainteté, j'ai l'honneur de le connaître, en effet. Déjà du temps où il était évêque, sa sagesse et la justesse de ses conseils étaient reconnus par tous au Maok, et ses avis recherchés, y compris par moi. Je serai heureux de lui porter une pétition, toutefois il faudrait s'assurer que cela ne porterait pas ombrage au cœur capricieux des souverains almérans de voir un Zanyanais porter une telle cause... je ne sais si ce serait donc bien judicieux. Mais sur le principe oui bien sûr j'y suis ouvert ! L'important pour moi est que nous soyons tous accordés, tous les princes chrétiens, autour d'une même idée. Alors nous pourrons bâtir ce nouvel empire qui aura enfin véritablement un sens. S'il doit être un vecteur de division entre les grands monarques chrétiens alors, hélas, je ne vois pas en quoi cet empire pourrait réaliser son objectif...

Dans le cas où ce projet échouerait hé bien, comme je l'ai dis, les maokoriens n'en perdront pas le sommeil, et dépouilleront tout simplement définitivement les empereurs almérans de tout prestige supplémentaire par rapport aux rois, tout comme nous l'avons fait pour les empereurs des autres continents. Mais s'il se réalise, alors je me réjouirai, et mon peuple avec moi, de voir la chrétienté en ressortir plus unie et apaisée de ses vaines querelles. Tout dépend donc de la façon dont la voix des autres princes chrétiens pourront s'accorder à ces idées. »
Amaski

Message par Amaski »

Oroskon écouta avec beaucoup d’attention la réponse de Ménélok, prenant surtout note de ses liens avec le souverain pontife et de son avis sur la situation géopolitique en Alméra. Certes, Ménélok avançait un bon argument en disant que les monarques chrétiens pourraient être courroucés de voir un Zanyanais représenter leur cause devant le Pape mais in fine, n’était-il pas préférable de risquer d’irriter un prince un peu raciste sur les bords que de ne pas mettre toutes les chances du côté de la pétition pour une réforme impériale ? C’était au moins la conviction profonde d’Oroskon.

D’autre part, Ménélok n’avait pas tort de vouloir la communion de tous les princes chrétiens pour réaliser la réforme impériale. La question était de savoir si cela était possible. Il y avait déjà un monarque qui ne pourrait pas approuver le projet et celui-ci était personne d’autre que l’impératrice Viktoria, principale lésée en cas de réforme. Après, ce n’était pas un obstacle majeur si on arrivait à convaincre le roi de Fiémance de participer au projet de refondation de l’Empire. Une fois le roi Jean du côté de la réforme, on pourrait même envisager de l’élire comme premier empereur du saint empire rénové, casant ainsi le monopole schlessois, dotant l’empire d’une tête forte et permettant de renforcer les liens entre l’Alméra occidentale et orientale. Cela comportait en revanche le danger d’avoir un empereur trop fort. Est-ce que le risque valait la peine ? Un empereur très fort avait l’avantage de pouvoir apporter à l’Empire les ressources financières nécessaires pour accomplir ses missions, au risque de menacer le caractère électif de l’Empire sur le moyen terme. Bien évidemment, tout cela supposait que le roi Jean revient dans le giron de l’Eglise et ne conduise pas une opération pour son probe compte. C’était surtout cela qui inquiétait Oroskon.

Ne voyant pas d’intérêt à discuter encore d’avantage sur les questions liées à l’Empire, le Prince tarnois proposa à son homologue de changer de sujet.

« Je te remercie beaucoup pour tes réponses amples et sincères. A mon avis, tu ne dois pas sous-estimer le rôle que peut avoir le Maok par rapport à la papauté. La plus part des souverains almérans sont des hommes et des femmes instruites et ouvertes sur le monde. Je n’ai pour ma part encore jamais entendu parler d’un monarque véritablement méprisant envers le Zanyane. Peut-être qu’en Fiémance on peut tomber sur quelques nobles rétrogrades, mais ils sont souvent perdus dans leurs domaines montagnards et de esprits faibles. Après, il me semble logique que tu puisses avoir une relation préférentielle avec le souverain pontife pour la très simple raison que vous vous êtes connus avant son ascension au Saint-Siège. Néanmoins, je pense que nous devrons nous montrer patients en attendant de voir comment évolue la situation en Alméra.

Si cela ne te dérange pas, je te propose que nous changions de sujet car je crains qu’à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas faire beaucoup de choses dans ce domaine. Aimerais-tu aborder un sujet qui te tient particulièrement à cœur ? Je pense que nous devons profiter d’être ici et dans un cadre officieux pour discuter sur tous les sujets qui nous semblent importants. »
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Bien entendu, quand Ménélok appelait de ses vœux une union des monarques chrétiens autour d'un éventuel futur empire, il n'y comptait pas l'actuelle Impératrice, qui serait forcément une ennemie de la chose. Mais justement, c'était pour cela qu'il convenait de convaincre les autres grands princes, et de lui présenter un front unis. Aux premières paroles de son interlocuteur, il eut un léger sourire, avant de hocher la tête sur la fin, avant de répondre.

Sa Majesté Ménélok IV : « Je pense que tu as raison, nous n'irons pas beaucoup plus loin sur la question impériale aujourd'hui... mais sur la question des almérans, quand je vois leur réaction à l'élection légitime d'un zanyanais sur le Trône de Pierre, un zanyanais lui aussi d'ailleurs, ce qui semble hélas tristement échapper à leurs facultés de compréhension, j'avoue que je suis plus sceptique qu'autrefois sur leur vision du monde et de la chrétienté... mais je ne peux qu'espérer que tu ais raison plutôt que moi, sur ce point, en effet, et je prierai pour que l'Alméra sache revenir à plus de sagesse et de modestie...

Enfin, pour passer à d'autres sujets hé bien j'aurais voulu te demander ton avis, toi dont le pays est plus expérimenté que le mien sur la scène internationale, sur la montée des « blocs » comme on les appel. Tous se défendent de se regrouper ainsi, et accusent leurs ennemis de le faire, mais au final, la logique de groupement et de confrontation entre grandes idéologies déchristianisées semble bel et bien revenir en force... quel est ton avis sur cette question ? Et que penses-tu que doivent faire des royaumes chrétiens comme les nôtres face à cet état de fait ? J'avoue que j'aimerais beaucoup connaître ton avis sur la question, tant que nous sommes loin des liens du protocole et du reste, si tu le veux bien. »
Amaski

Message par Amaski »

Oroskon fut surpris par la question de Ménélok. Il s’était plutôt attendu à discuter avec lui sur des sujets plus en lien avec les relations entre leurs deux pays. Cependant, l’interrogation du souverain du Maok était plus que légitime. Les Tarnois avaient depuis le Grand Chaos pris l’habitude de se tenir à l’écart des zones de conflits et d’y envoyer, au mieux, que quelques soldats pour soutenir des alliés en détresse. Les raisons pour ce comportement n’étaient pas très innocentes. Le Gouvernement tarnois poursuivait des objectifs sur long terme nécessitant de ne pas attirer trop l’attention des grandes puissances, surtout pas celle du Raksasa. Néanmoins, cela ne signifiait pas qu’on ne se faisait pas un avis sur ce qui arrivait dans le monde.

« Comme dit auparavant, les Almérans sont très centrés sur leur culture et manquent généralement d’ouverture sur le monde. Dans la plus part des cas, cela ne pose pas de problèmes car leurs dirigeants sont instruits et sensés mais dans certains pays, cette haine de l’autre prend le dessus sur le plan politique. Il faut bien se souvenir ce qu’ils ont fait aux juifs au Moyen-âge. La populace a massacré des milliers d’enfants d’Abraham sous le regard choqué du Pape et des cardinaux qui ont tentés de sauver autant d’hébreux que possible. Au fond, l’Alméra reste fidèle à elle-même. Elle a une âme haineuse.

Je pense que cette idée d’une montée de blocs est surtout de la rhétorique. Actuellement, les blocs n’existent pas car la notion de bloc sous-entend l’idée d’un espace diplomatique clos et en conflit idéologique avec un autre bloc. Que constate-t-on ? Sur la scène internationale, il existe des nombreux réseaux et associations de pays mais ils sont vagues et fluctuants. Par exemple, les monarchies chrétiennes ont tendance à se rapprocher et d’interagir entre elles plus fortement qu’avec des républiques, mais celle-là n’empêche pas une monarchie d’avoir des relations particulièrement fortes avec une république spécifique. Les pays tendent à se rapprocher en fonction de leurs similitudes, mais cela a existé en tout temps et existera probablement encore longtemps.

Le Maok a bien des affinités avec les royaumes almérans ? Cependant, cela ne lui empêche en rien d’avoir des bonnes relations avec une république zanyanaise ou makaranne. Le Maok ne fait donc pas partie d’un bloc. La même chose existe dans le monde socialiste. Les pays communistes sont très différents les uns des autres et même s’ils ont des affinités naturelles entre eux, cela ne signifie pas qu’ils forment un bloc. Ce monde est multipolaire avec plusieurs centres de pouvoir et des objectifs très différents d’un pays à l’autre. Dans le monde libéral c’est la même chose. Par exemple, le Hokkaido est un pays très libéral mais avec des forts liens avec des pays communistes. Comment pourrait-on donc avoir des blocs quand des pays interagissent plus ou moins aveugles aux considérations idéologiques ?

A mon avis, la notion de blocs est souvent utilisée pour simplifier une réalité diplomatique beaucoup plus complexe. Les nationalismes, les luttes pour des ressources et les problèmes territoriaux locaux priment nettement dans les choix diplomatiques des pays mais cela est plus compliqué à expliquer au 20 heures. Dire qu’on est devant une lutte de blocs permet de mettre tous les problèmes régionaux dans un grand sac et de focaliser l’attention sur les quelques problèmes entre grandes puissances et leurs alliés respectifs. Les difficultés au Nord du Makara sont un exemple typique de cette pensée de simplification. Les journaux internationaux essaient de construire un discours axé sur l’idée que c’est le Makara qui est envahi depuis l’extérieur alors qu’en vérité, c’est avant tout un problème lié à l’irrédentisme hokkai, un problème qui ne saurait être plus régional et local. Néanmoins, pour comprendre cela, il faut s’intéresser aux motivations des acteurs et se pencher de plus près sur la région en évitant de faire des grands discours qui ne veuillent rien dire. L’idée des blocs est donc à mon avis une construction qui simplifie à outrance la complexité géopolitique du monde. Et toi, qu'en penses-tu ? »
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Ménélok avait noté une certaine surprise chez son interlocuteur quand il avait abordé le thème de la géopolitique mondiale, et plus précisément des blocs idéologiques, mais celui-ci n'en répondit pas moins de façon claire et très intéressante. De fait, le roi zanyanais l'écouta avec attention, et prit quelques instants pour réfléchir avant de répondre à la question sur laquelle le prince du Vicaskaran avait terminé sa prise de parole.

Sa Majesté Ménélok IV : « Hé bien, je suis quelque peu rassuré par ton analyse, qui m'éclaire beaucoup, je te l'avoue. De mon côté néanmoins, je t'avoue également que je ne peux me défendre d'une impression de voir les nations se rassembler de plus en plus, à travers des organisations comme l'Internationale Communiste, où des pactes plus ou moins régionaux à forte coloration idéologique, comme le Pacte de Kanton qui, tout makaran qu'il est, reste très teinté de libéralisme, par bloc idéologiques.

Sans doute ne voit-on plus, comme jadis, des blocs totalement isolés, mais plutôt des nations dont certaines vont tisser des liens à la fois avec leur bloc et l'extérieur, mais, à quelques exceptions près, comme l'Hokkaido par exemple, justement, j'ai l'impression que la plupart des pays, confrontés à un choix, choisissent en fonction de leurs alliés idéologiques avant toute autre considération... ce qui ne peut à terme mener qu'à des tensions accrues, voir à la guerre.

J'espère, cela dit, que tu as raison, et que ce n'est que mon regard encore jeune sur le monde géopolitique de la simpoterre qui me fait voir les choses ainsi. Mais dis-moi, n'aurais-tu pas, de ton côté, un sujet que tu voudrais aborder, peut-être moins austère que celui que j'ai mis sur le devant de la scène ? »
Amaski

Message par Amaski »

Oroskon s’avoua que Ménélok n’avait pas entièrement tort en avançant l’argument que les pays du monde avaient de plus en plus tendance à se rassembler dans des organisations internationales. Son avis était néanmoins un peu plus tranché. A ses yeux, le Pacte de Kanton n’avait rien de libéral. C’était avant tout une organisation-prétexte pour les pays makarans voulant se mettre sous la protection militaire du Raksasa. La situation de l’Endo était flagrante et confirmait cela. Les accords signés entre ce pays et le Raksasa étaient des véritables accords dignes des accords injustes de l’époque coloniale. Cependant, Oroskon préféra ne pas dire ouvertement ce qu’il pensait du Pacte de Kanton ou d'une quelconque autre organisation internationale. Il y avait des sujets nettement plus intéressants à discuter.

« Je reconnais que certaines organisations peuvent avoir une coloration idéologique, mais je reste convaincu que les intérêts historiques et régionaux prendront presque toujours le dessus quand les choses se compliquent. Après, je ne prétends pas de détenir la vérité, mais la solution offerte par l’idée de la guerre des blocs me semble être trop simple pour pouvoir expliquer avec pertinence toute l’ampleur de la réalité géopolitique. Il ne fait cependant aucun doute que, oui, les pays tendent à agir en fonction de leurs affinités idéologiques, mais cela vaut également pour les considérations économiques et culturelles.

Un autre sujet ? Pourquoi pas. Je pense que nous avons assez largement abordé les considérations d’ordre géopolitique. Nos gouvernements respectifs pourront sans aucun doute continuer à discuter sur ce sujet avec plus de talent.

Je me permets donc de te parler d’un sujet d’ordre plus privé, quoique cette notion ait peu de sens dans le cadre de notre statut de prince. Dans mon pays, il y a eu tout un débat autour de la question voulant savoir à qui je devrais me marier. La raison est que la constitution prévoit des restrictions dans ce domaine, me forçant à opter pour une demoiselle issue d’une des races tarnoises. Heureusement, une jeune femme du nom d’Abeba Maok a réussi à faire consensus et surtout de s’avérer quelqu’un avec qui je pourrais conclure un mariage plus ou moins heureux. Cette femme est originaire du Maok et je voudrais donc savoir si tu désires assister au mariage qui aura bientôt lieu à Titanua. Ce sera un événement très politique, mais je peux m’arranger pour organiser durant la soirée un banquet plus intime auquel tu seras le seul convié étranger. A mes yeux c’est la moindre des choses à faire en considérant qu’Abeba a des racines maokiennes. »
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Ménélok trouvait la conversation du Prince Tarnois intéressante, et certainement également enrichissante. Néanmoins, il communiqua volontiers son accord, d'un hochement de tête, quand celui-ci lui proposa d'aborder un autre type de sujet, plus personnel, et l'écouta avec attention. Rapidement, il marqua d'ailleurs une certaine surprise, facile à lire sur son visage, devant les paroles de son vis-à-vis, une surprise qu'il ne chercha pas à cacher, car il se considérait en confiance avec Oroskon. Sa surprise semblait néanmoins positive, et de fait ce fut avec une certaine animation qu'il répondit à son interlocuteur.

Sa Majesté Ménélok IV : « Hé bien, permet-moi d'abord de te présenter mes félicitations pour ton prochain mariage ! C'est une bien belle chose de se marier, et assurément cruciale dans la vie de tout homme, et particulièrement d'un souverain. Dans tous les cas, j'aurai été heureux et honoré d'assister à ton mariage, et bien sûr plus encore dans les circonstances que tu me présentes !Néanmoins, je dois avouer que ce que tu me dis de ta fiancée me surprend également beaucoup.

En effet, au Maok nul ne porte le nom royal du fondateur de notre auguste lignée, qui donna également son nom à notre pays, sinon ma propre famille. Je me permet donc de te demander s'il serait possible que la douce Abeba ait des racines qui remonterait à la famille royale maokorienne ? Je sais qu'au fil du temps, pendant la période isolationniste, certains de mes concitoyens ont quitté le pays, ayant soif d'ouverture, et que parmi eux figuraient notamment des princes de sang... descendrait-elle de l'un d'eux ? Ce serait là chose extraordinaire !

Pardonne ma curiosité, peut-être un peu trop enthousiaste, pour ta promise, mais si elle est bel et bien de ma parentèle, alors je t'avoue que mon désir de pouvoir la rencontrer n'en serait que plus fort, et ma joie de votre mariage plus grande encore, bien entendu. »
Amaski

Message par Amaski »

A être entièrement franc avec soi-même, Oroskon n’avait pas du tout fait le rapprochement entre l’ancêtre de sa fiancée et la famille royale du Maok. Il savait que celui-ci était venu du Maok et avait eu du sang noble, mais était-il directement lié à la famille royale ? C’était toujours difficile de le dire surtout que rien n’empêchait d’imaginer à ce qu’il soit un très lointain cousin qui avait peut-être quelques liens, mais rien de plus. Cependant, l’argument du nom qu’avançait Ménélok était très intriguant. Pouvait Abeba être une descendante directe de la branche principale de la famille royale ? Ce n'était pas impossible et cela expliquerait alors pourquoi son ancêtre a pris le nom de Maoki en débarquant dans la péninsule. Néanmoins, personne avait fais attention à ce détail jusqu'à maintenant.

Les noms de famille avaient peu d’importance dans la civilisation tarnoise car on pouvait aisément les changer selon les besoins. Il n’était pas rare qu’un jeune couple décide de se créer un nouveau nom de famille pour éviter de devoir se disputer sur la question s’il fallait adopter le nom de l’homme ou de la femme. Ce qui comptait dans la société en fin de compte était le lien de sang. In fine, c'était le fait d’être du même sang et d’une certaine race qui définissait la place dans la société et non le nom. Cela frustrerait sans aucun doute bien de nobles almérans.

« Je dois avouer de ne pas avoir fait suffisamment attention à cela. Cependant, maintenant que tu cites la question du nom de famille, il est attesté que son ancêtre étant venu dans la péninsule dans les années vingt du précèdent siècle et se présentait comme un membre de la famille Maok. Néanmoins, je crains être incapable de pouvoir dire d’avantage. Peut-être voudrais-tu venir quelques jours plus tôt à Titanua pour t’entretenir en privé avec Abeba ? Si elle est vraiment une de tes parents, tu pourrais peut-être même devenir témoin de mariage. Qu’en penses-tu ? Cela bien évidemment après avoir la certitude sur ses liens exacts avec toi. Après, même si elle n’est pas une de tes parents, tu pourras bien évidemment toujours faire office de témoin si tu le désires. C’est une offre valable en toute circonstance. »
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

D'abord à la réaction de son interlocuteur, puis ensuite lorsqu'il le confirma oralement, Ménélok compris que la question qu'il posait n'avait pas été soulevée par les autorités tarnoises jusque-là. C'était plutôt étonnant aux yeux du maokorien, mais sans doute cela venait-il tout simplement d'une différence culturelle entre leurs deux peuples, différence qui faisait justement toute la richesse de leurs échanges. Il hocha la tête aux paroles du Prince, avant de répondre.

Sa Majesté Ménélok IV : « Cela me semble une bonne idée, je serai heureux de pouvoir la rencontrer pour établir ce fait, en effet. Je ferai moi-même des recherches de mon côté au Maok pour voir si un tel scénario est bel et bien possible. J'avoue que ce serait une très belle découverte que de trouver une mienne parente dans le si lointain Tarnosia, qui plus est en la personne de ton estimable fiancée !

Dans tous les cas, bien entendu, je serai heureux et honoré de remplir le rôle de témoin, si tel est ton souhait. Je suis d'ailleurs touché, à titre personnel, que tu fasses une telle proposition, et sache que j'apprécie. »
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