Activités internes - Roleplay interne

Alex Scker

Message par Alex Scker »

Holy war (3)
And how can man die better...

  • [img]https://lh3.googleusercontent.com/mShYCAfWHOYwMhPIX5gfXH0nBI5_1Jwcdx_WVivT1RYfQvcsOpo6tfRHHpiN_8rvYBPSgSZM1x5T1UyJwov3ynOjX9E20IahpFtPrvVGH1yJ47xgA3EpjrKGR6__x7wjX2MBksYUz9sdhyksxZ-sX3Sixm7B91LgmGyo6SvZ1EKMqJmjXtxcJx5MQIbP3dLOMHlWgD8aPJlBA3YrfSa1gZ8R3Vdwrj4_VQxSfNz911WnxeE-OjcM3nHpKi6xwaKOQzVkJCp9u8UwHhs37rtIL96FyroVpPpbtP2c1_C3YxB-BxFTdozw6dMcc2PKUoGZ_dyM4YFI9EDQbHx6DG178L0Wqp-jtMAbXoS3ca9arAkdF2YtPQ7jZs5yv1l3U4gmxzuH4BdyxF-KyCACpFbrEXkkAzVcOPi1lg9Ca6_xJO3CBjCsJw-Wa4Mc36un-W7PGBXADgZZNoalwohsjpNg3fWPg1yUqIjvgTyj3unhDYchnzKDEdGxJ4purqcxvqo-bRzh55KehVOJNyhhUk4TUmYaTWl6jS2kqoXOPg=w523-h143-no[/img]

    « And how can man die better
    Than facing fearful odds,
    For the ashes of his fathers,
    And the temples of his Gods »
    - Horatius, poète alméran, Lays of Ancient Rome.

    [url=https://youtu.be/Fzkxr-icmJ8]Thème musical[/url]


    Le Wapong est bizarre.
    Non décidément, l'originalité et la diversité ne pouvaient pas mieux s'y incarner.
    Cures de jouvence express, membres qui repoussent et machines tout aussi complexes qu'étranges...
    Un formidable laboratoire géant, livré aux idées transhumanistes les plus saugrenues.
    Et qui dit terrain d'expérimentation, dit mains habiles pour en user et s'épanouir au possible.
    Emplissant le pays de Wa de savants-fou, de ces ingénieurs, biologistes, médecins et entrepreneurs ne reculant devant aucune frontière de l'impossible.

    De ces temps où l'OTH s'opposait en maître aux engeances de notre planète, donnant au pays de Wa les capacités de détruire, de nombreux programmes avaient été conduits. Créant par accumulation de capital humain et technique, les conditions nécessaire à la maîtrise des sciences biologiques, biotechniques, modifiant l'humain, le rendant plus fort. Maîtrise que n'avait pas le pays du matin calme, manquant cruellement de ressources dans le domaine des modifications génétiques, de la cybernétique, de la médication, de l'interface esprit-machine et j'en passe et des meilleurs.
    En ces temps où tout était incertain, où les emplois de chacun n'étaient pas garantis...offrir une sécurité supplémentaire à quelques chercheurs travaillant sur le sujet à l'université de Wapong-City en les embauchant, quoi de plus facile ?
    De meilleurs salaires, une plus grande stabilité d'Etat ainsi que la douceur des quartiers fermés comme autant de cocons douillets où passer sa vie, autant d'arguments à avancer avant de passer à la signature en bas de page.

    Yoon Shin :
    Dir. Ex. du Triumvirat


    « Le talent a besoin de dollars pour survivre. »

    Shao Gen Sovann :
    DG du MIS


    « Vous citez ? »

    Yoon Shin :
    Dir. Ex. du Triumvirat


    « Un wapongais semble-t-il. »

    Shao Gen Sovann :
    DG du MIS


    « Oh, au temps pour moi. »

    Yoon Shin :
    Dir. Ex. du Triumvirat


    « Dans une guerre opposant modèles contre modèles, hommes contre hommes malgré que les uns se soient enfoncés dans une décadence certaine, nous avons besoin d'élever nos capacités. La technique nous a donné la vitesse, l'efficacité et le pouvoir. Il est temps qu'elle nous donne aussi une maîtrise de notre propre condition physique et mentale. Il est temps de posséder la capacité même d'améliorer nos fragiles structures et de les développer plus rapidement que le processus évolutif même. Nous créerons des destins, nous forgerons une vie destinée à servir l'étincelle d'humanité qui s'agite en chacun. Nous pouvons nous croire dieux que la réalité n'en serait pas si éloignée, et pourtant. »

    La paroi translucide était agréable à toucher par sa froideur, éteinte.
    Comme toutes les autres, rangées en rang, qui attendaient patiemment leur éveil.
    Une fois que dormiraient dans ces cellules, les mères des sauveurs de l'Eden de demain.
    _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

    En sous-sol, dans une des nombreuses pièces d'un des nombreux bâtiments gouvernementaux triumviraux, deux hommes, postés face à face, se jaugeaient.
    La sobriété de l'endroit, donnait sans peine une ambiance froide et aseptisé, propice à des négociations en sous-main comme celles-ci.
    D'autant que le makaran avait d'ores et déjà l'absence d'expression de l'adelophone au fort accent vicaskindien assit droit comme un i devant sa personne pour rappeler la teneur sérieuse des discussions. On était loin d'un dîner de famille.

    Yoon Shin :
    Dir. Ex. du Triumvirat


    « La C******** fait un choix qu'elle ne regrettera pas.
    Soyez assuré des bonnes volonté de mon gouvernement, dans l'accomplissement de la mission qui est nôtre et par la même la sécurisation de vos possessions et de l'avenir de vos générations. Le rougeoyant petit père doit disparaître, et avec lui la menace et les illusions qu'ils font peser sur plus d'une centaine de millions d'esclaves lobotomisés comme sur des sujets sains. »

    Inconnu :
    Représentant


    « Gardez à l'esprit que ce geste pourrait disparaître du jour au lendemain.
    Point de valeurs sûres dans un futur qui pourrait ne pas être favorable.
    Notre position ne nous le permet pas. »

    Ses derniers mots furent ponctués du grincement de la chaise en plastique contre le sol pavé.
    Un bruit sinistre s'il n'en était. Il ne broncha pas.

    Yoon Shin :
    Dir. Ex. du Triumvirat


    « Bien entendu. Le Mayong honore ses clients comme ses alliés.
    Avec d'autant plus d'attentions lorsque le montant de leur donation est de 2,3 milliards de dollars.
    Dont 600 millions en emprunt, mais le détail compte peu.
    Une partie de cet argent sera consacré à l'achat, faisant tourner les chaînes de vos industries.
    Nous avons besoin d'armes, mais pas que. »
Alex Scker

Message par Alex Scker »

Charmants lapins (3)
Bye bye mister Decker...

  • « It is such a quiet thing, to fall.
    But far more terrible is to admit it. »
    - Kaesare, étrange figure adelo-makirane du Kurong.


    La réunion se tenait à huit clos, non pas dans l'habituelle salle en sous-sol du siège du gouvernement, dont les parois réfléchissait si nettement la vue à 360 degrés que l'on pouvait avoir au sommet du plus haut gratte-ciel de la capitale, qu'on ne s'y croyait pas si profond, mais dans le salon même de la Maison Céladon.
    Loin des bruits et des heurts, le Triumvirat réuni ressemblait souvent à s'y méprendre à une étrange famille recomposée.
    Yoon Shin s'était assis au bout de la table en bois clair et aux motifs géométriques sombres, qui occupait une place non-négligeable dans ledit salon. Il feuilletait des documents, concentré, remettant de temps à autre ses lunettes sur son nez. Hwang Jun, seyant dans son costume gris, se servait de son côté un étrange cocktail de fruits, ouvrant et fermant les battants du bar selon les besoins. Face à la baie vitrée donnant sur le jardin zen de la maison, les mains croisées dans le dos, Surin semblait plongé dans un épisode contemplatif. Lee Hailong, quelque peu extérieur au petit groupe, se contentait d'attendre, debout et droit, en jouant avec le bout de ses pieds.
    Le silence accompagné de faibles bruits parasites, fut brisé lorsque relevant son nez de ses papiers, ses yeux verts toujours aussi vifs, Shin pris l'initiative de la parole.

    Yoon Shin :
    Dir. Ex. du Triumvirat


    « Messieurs, comme vous le savez, l'affaire des...lapins, a quelque peu dégénérée.
    Kenneth Winn a cru bon de faire preuve d'une certaine intégrité, révélant les grandes lignes et détails du scandale.
    Decker nie en bloc, se refusant à ce que 140 000 individus soient difficiles à cacher.
    De notre côté, le parlement nous demande explications. » commença-t-il, le ton posé, la mine sérieuse.

    Surin :
    Dir. Ex. Adj. du Triumvirat


    « Voyez, il ne tient qu'à nous de faire ce qu'il s'impose.
    Nous avons respecté le cadre législatif, si l'on tient à vraiment parler de cadre - heein -, en traitant le transfert comme tout autre contrat de transfert de la gestion de condamnés d'un pays tiers au nôtre. Nous n'avons rien à nous reprocher, et dans ce sens aucun intérêt à nier, maintenant que tout cela se sait, notre implication.
    Notre partenariat a été conclu avec le gouvernement shawriçois, l'appareil, non ses simples représentants.
    Que cela fasse chuter ou non Decker, n'en n'ayons cure ! » s'exclama-t-il. Surin se voulait plus léger, tout en laissant une certaine maîtrise dans ses propos, comme il en avait l'habitude. Saisissant les deux pans du col de son blazer, il les redressa.

    Hwang Jun :
    Dir. Ex. Adj. du Triumvirat


    « Tout dépend de la tournure des événements, n'en soyez pas si assuré.
    M'enfin, je dois reconnaître que c'est la seule option que nous avons pour le moment.
    Se taire reviendrait à avouer une faute en étant assimilé à Decker. » avança-t-il en touillant les fruits tournoyant dans son verre à pied.

    Lee Hailong :
    Agent de liaison


    « Nos services s'occuperont de tout ce qui a pu...déraper pendant le séjour.
    Nos rapports seront épurés au possible.
    Mais en dehors de quelques altercations et punitions plus ou moins violentes, nous n'avons rien à nous reprocher.
    Tous, mis à part ces quelques hères sauvés, retourneront sain et sauf chez eux. »

    Hwang Jun :
    Dir. Ex. Adj. du Triumvirat


    « Pour le meilleur comme pour le pire... »
Alex Scker

Message par Alex Scker »

The Mayese Economist
Axes de communications terrestres

  • [img]https://lh3.googleusercontent.com/-F4f-EBGkeaA/VPmzTM5V29I/AAAAAAAAF6E/Y52xzgJ0mX4/w400-h81-no/viemayongaise.png[/img]

    [spoiler="Croquis détaillé"][img]https://lh3.googleusercontent.com/fu3T_hSiz3-HM3L2Qk_uJETEJayH1rKwFILPIKD4ggPpSVhpwvfpxTH4w-XH0-poV5A2K7H6QO7FtC7pvtA4nLgwFbDubEKI9UqAdjpPCQPUuWXJdgXafaogUC4VnE9ooDGR3vEE8A57NQKrvGUY8Xj-BSD46Ry6F3udKOGKRh-1eLywv5u6lmqW_lwU4h0pKQRluN0GQEKrEtMNIKG5S3rhCPJwxgk23ce6MkybTUv3GZTvZdmCXl8EdsGKtT1oc22cd6E-9Qssou4tDQx-CXjvuIM-FzMOZ-9WOWXI-u9LGxtSxVrRFMuOYt7M3UrsLbkTSjxvPtylgQfPQ1MctI3AFv_yShlcuzkD7Vb74cz2B7nrv_xugA93BW5r_T5BTYU4N8ALbWwqDyoxpai4UvAbtgxv-69qmsAtRSstQcjk2OZ4R-sSjTNZub3zf1HRu8t44tKIcXqfctg0nJHCrqiEb-CzCDxjebPfo_3COTeSWIgQnhpne8ctm-PpIBp60xI2On1RVczXDgXZSBRkQeaQno4-uOwuAyx2NVfLnDYtFeLGkbRFfI2OATUeQeM=w651-h739-no[/img][/spoiler]
    Voies construites, établies et en fonctionnement.
    Projets de construction ou travaux en cours.


    Lavureux Construction a procédé avec professionnalisme à la modernisation, ou tout simplement la création, des principaux axes de communications mayongais, étape nécessaire à une croissance économique diffusée et continue. Les métropoles-relais ont toutes, à l'exception de Kampong, été reliées à l'espace-capitale moteur de la locomotive économique mayongaise. Cette exception dans le plan radio-concentrique national est principalement dû aux fortes oppositions politiques qui agitent la région à majorité communiste et paralysent nombre de projets de développement, du moins pour le peu qui n'ont pas été abandonnés faute de facteurs de stabilité.

    Cependant les derniers projets ont semble-t-il pu être passés, en force selon les uns, auprès des instances adéquates.
    Leurs détracteurs fustigent la volonté politique motrice de ces axes de développement qui ne serviraient qu'à « vampiriser l'esprit combattant et l'idéal régional au profit d'une clique à la solde du Capital. Imposant le modèle natcap en seule alternative future ».

    Dernier signal d'une reprise bienheureuse des relations entre Nagwon et le pays shankhaïnien, laissées en état depuis longtemps faute de volonté politique, les projets d'extension des voies autoroutières ont été remis sur la table et validés. Traversant le fleuve Wa, axe important de transport pour sa transversalité du Choson au Royaume de Wa, ces vecteurs nouveaux de flux devraient permettre au Shankaï d'ouvrir la voie au rattrapage des économies du Golfe de Murakami.

    Malgré l’effondrement de la puissance eranéenne, les travaux poursuivis avec le soutien financier du Mayong ont permis l'achèvement de la liaison du Translychakien reliant le Loiasong à Nagwon, à In Tao et enfin à un réseau stratégique, le reste du Transmakaran. L'état économique actuel du pays est favorable à l'économie du « pays du matin calme », tant les prix ont connus une chute importante sous la pression inflationniste et la dévaluation de la monnaie eranéenne. Le trajet privilégié étant de ce fait l'aller-retour Mayong à Eran.

    De nombreuses voies secondaires sont encore à aménager, dans la limite des budgets annuellement alloués qui ne cessent d'augmenter.
    Pour une économie qui se veut axée sur les exportations de son savoir-faire et à sa constitution, à l’exportation des biens produits et assemblés, au détriment faute de moyens du développement d'un marché intérieur sur lequel reposera la croissance sur le long terme, les voies d'acheminement et de transports sont d'autant d'instruments de pouvoir et d'attrait économique cruciaux.

    Le potentiel régional n'est menacée que par l'instabilité chronique et séculaire qui frappe l'Austrobeysin.
    Nombre d'enjeux sont encore sources de risques croissants dont le mal pourrait être déjà en action.
    Hier face au pouvoir nationaliste de Wa, aujourd'hui apeurée par l'instabilité et les mouvements militaires roumaliens.
    Qui sait ce que l'avenir réserve à cet espace géographique réduit et pourtant vaste de complexité ?
Alex Scker

Message par Alex Scker »

The Blue Lotus (1)
La Voie du petit scarabée...

  • [img]https://lh3.googleusercontent.com/UZ7F1Zi2iOGVtdrHMOmdLfiPAxvd4QMYg27MZuj5kA=w523-h143-no[/img]

    Crédits : Edges of the Himalaya (DA : Reicheran)

    « Kurong is a land of myths, occultism, plunged into a strange opaque atmosphere »
    - The Way in Northlands par Hoạ Mi Sổ (1702-1797), moine bouddhiste zen.

    [url=https://youtu.be/TqLmN6-6Lxc?list=PL2nfo0wNSKPkpo9FXI0kF5B7wRnbC9x1R]Le chant des cieux[/url]

    Hoạ Mi Sổ est un moine mayongais de renom qui a longtemps sillonné les mystiques terres du Kurong.
    Né à une époque où le Mayong n'existait pas sous sa forme actuelle, Mi Sổ a grandit dans un pays foncièrement renfermé sur lui-même.
    L'entrée dans une ère de modernité et d'ouverture n'ayant débutée que quelques années plus tard sous la coupe des colonisateurs d'Adelie. Issu d'une famille de la bourgeoisie agricole, il a été élevé et éduqué dans la promesse d'une ascension sociale, pourtant rare à l'époque, plus grande. Intégrant le corps administratif du petit royaume, il s'en détacha cependant quelques années après, se retirant du monde pendant près de deux ans. Aucun écrit ne fait date de ses réflexions, ses ambitions et intentions à cette période de sa vie.
    Les rares fragments scripturaux et autobiographiques retrouvés restent vagues et peu enclins à fournir de plus amples informations.

    Au crépuscule de ce recueillement profond, dans un lointain monastère, Mi Sổ a parcouru jusqu'à sa mort les terres de cette opaque région.
    Bien que ses pas se soient surtout aventurés sur les terres du Grand Kurong, il relate dans certains de ses écrits de long voyages effectués jusqu'au cœur du continent.
    Ces années d'études pratiques, d'errances et de découvertes l'ont amené à penser, à rédiger ses enseignements, ses méditations.
    Trente ans avant la fin de sa longue vie, il a retranscrit cette expérience, cette connaissance du monde dans un ouvrage qui marqua sa postérité, The Way in Northlands ou La Voie des Terres du Nord. Enseignements qu'il a transmis dans ses dernières années de vie à toute une génération de disciples suivant la Voie au monastère de Langkha Daiolk.
    Littéralement nommé le « le toit du monde », il est toujours en grande activité.

    La Voie du Lotus Bleue, ainsi appelée en l'honneur de ces rarissimes lotus qu'élevait le monastère sur les prescriptions de son mentor, a été assez largement diffusée, certains écrits se retrouvant à plusieurs centaines de kilomètres de son lieu d'émission. Cependant, le caractère de ces régions traditionnellement retirées du monde en a restreint l'éparpillement, donnant finalement peu d'initiés. Le décès d'Hoạ Mi Sổ a entraîné une rupture de l'équilibre du mouvement et dans un contexte d'affaiblissement des pouvoirs locaux à une structuration des initiés en une véritable organisation, autour de Langkha Daiolk, cœur de la société séculaire du Lotus Bleu.
    Sous l'influence de membres plus radicaux, l'organisation a débuté ses travaux dans l'optique de se fixer des objectifs d'action dans le monde sensible, à des valeurs et principes répondant à une vision métaphysique de leur environnement. Ils se sont rapidement centrés sur les questions tournant autour de l'équilibre des forces, du ying et du yang, des particularités attribuées à l'Ile Continent, aux structures et pans de l'univers qu'ils contemplaient*.

    Au fil des derniers siècles, jusqu'à aujourd'hui, le Lotus Bleu se serait structuré en quatre à cinq courants de pensée (philosophes-rois, monarchistes, bouddhistes marqués, obédience fidèle aux origines, obédience plus libérale...), développant son réseau dans le kurong historique et au-delà. L'organisation a investi petit à petit des milieux très différents, connaissant une expansion rapide dans une société en perte de repères avec l'essor de la modernisation et de ses conséquences. Elle s'est adaptée à ses évolutions en gagnant en souplesse, en force d'intégration de courants, d'autres « prophètes », à d'autres modèles de société en s'accordant sur un fond et des principes qui se veulent plus inspirants qu'imposés. Du moins de manière plus ou moins forte selon l'obédience dominante.

    Elle conserve l'aura d'un milieu qui se veut discret, opaque mais connu au moins de nom par une large frange de la population, conservant ses missions traditionnelles d'éducation et d'entrainement des orphelins et volontaires au sein de ses monastères tandis que son influence politique et culturelle est particulièrement ressentie dans certaines régions.
    Ses réelles motivations et activités demeurent mystérieuses alors que son aura s'étendrait dans certaines régions et péninsules du Makara.
    Du moins ce ne sont que des rumeurs, mais qui sait ?
_________________
*Fortement inspirée du Tao.
Alex Scker

Message par Alex Scker »

Terres fertiles
L'Ampalo nourrissant...

  • [img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/04/1453999043-savaneampalo.png[/img]

    « Petit pays du Sud Makara » devenait une expression habituelle, un leitmotiv pour introduire le pays du matin calme. Phrase pleine de sens, elle mettait l'accent sur la superficie réduite du pays, sans révéler toutefois son importante population à l'heure actuelle. Au regard de ses besoins, le Mayong ne se suffisait plus à lui-même, dépassé par la quantité de bouches à nourrir quotidiennement, ses vastes plaines couvertes de champs de blé ne répondaient présent que pour une infime partie. Importer restait la meilleure et la seule solution viable sur le court-moyen terme et au mieux de terres dont la propriété était nôtre. S'il n'y avait pas suffisamment de parcelles à la maison, on irait acheter un autre jardin, en-dehors. Les sphères dirigeantes l'avaient bien compris, prônant une politique allant dans cette direction.

    De l'eau avait coulé sous les ponts alors que la Cecopie chorocrate et fiémançaise agressée, faisait face à des ennemis mortels, Ampalo, Volta et bien d'autres. Tacitement à ses côtés, ne montrant point de soutien public mais secret, le Mayong s'était opposé à ces régimes impitoyables qui régnaient au Zanyane. Depuis lors, beaucoup de choses avaient changé, les autocrates s'effondrant sous leur propre et oppressante masse sous les cris des millions de crânes sacrifiés, tandis que la Fiémance avait tiré une croix sur ses expérimentations outremer. La voix de la république retentissait désormais en Ampalo, faisant souffler un nouveau vent de liberté sur les terres dont la promesse était alléchante.

    Luanda :
    Autochtone


    « Là, de ce tou'nant du fleu'e à la pointe 'ouge de la 'oche, jusqu'aux a'bustes, pa' là. Ap'ès je vous monte'ai la suite. »

    Poursuivant ses explications dans un adélien en somme tout à fait approximatif et interrompu de mots en portugais, le paysan tout en muscles qui lui faisait face montrait du doigt les limites d'un domaine dont les frontières semblaient imprimées dans sa tête, formant une image mentale indélébile. D'un coup de bâton bien placé, sans prendre a peine de regarder le sol, le local envoya bouler une de ces espèces reptiliennes un peu trop aventureuses qui s'était approché bien près de ses chevilles dénudées.

    Hee Diep :
    Agriculteur mayongais


    « Tu en es bien sûr ? Ði tiêu...tout cela me paraissait un peu plus grand sur la carte, m'enfin personne ne m'en voudra si je déborde un peu.
    Le sol m'a l'air propice, je devrais pouvoir en faire quelque chose... »

    Jeune, le makaran qui faisait face à Luanda arborait une chemise en lin brunie couronnant un pantalon noir, adaptés aux travaux de la ferme et de facture suffisante pour durer. A la fois robustes et légers, échouant cependant à contrer les hautes températures diurnes. Formé à l'Université de Sundae, sous supervision de professionnels fiémançais du secteur, il avait attendu un temps au pays avant de considérer son avenir ailleurs, sous incitation du gouvernement. Débarqué en Ampalo par voie maritime, il avait amené avec lui quelques instruments et machines agricoles de fabrique raksasane, subventionnés par les pouvoirs publics en partie. Tâtant la terre qu'il avait à faire fructifier, il ne pipa mot à son toucher, évaluant avec concentration l'exploitation qu'on lui présentait. L'acquisition d'un bail emphytéotique* sur 49 acres** de terres avait été une bonne affaire à cinq mille dollars raksasans l'acre, profitant du financement étatique comme de conditions d'emprunts spécifiques d'autant plus avantageuses. La seule condition d'implantation imposée avait été l'emploi d'un quota négocié de locaux, tant pour satisfaire les électeurs de cet Etat en ruines que pour éviter la colère des habitants, il ne s'en plaindrait pas. Tapotant le capot de sa jeep couverte par l'ombre des camions qui l'avaient suivi en file, il arbora un sourire satisfait avant de cracher inélégamment sur le sol.

    Hee Diep :
    Agriculteur mayongais


    « File au village me chercher vingt autres grands de ta carrure, on a du travail.
    Ateliers, dortoirs et terrassements nous attendent. »

    Concluant par ces mots qu'il était heureux de sa transaction, son fidèle et bien heureux aide, fier d'avoir obtenu un emploi en faisant simplement office d'intermédiaire, couru à son village à quelques kilomètres de là afin d'en rapporter les travailleurs adéquats. A de nombreux endroits en Ampalo, la scène se reproduisait, avec un semblable seul ou accompagné, une portion de travailleurs locaux faible ou plus élevée, avec moins d'acres ou bien plus, pour au global occuper bien cent kilomètres carrés de terres à exploiter***. Il ne s'agissait pour le moment que d'un timide pas en avant d'un vaste programme visant à créer un grenier à grains extérieur pour la ruche mayongaise. Coton, blé, pommes de terres et denrées en tout genre...ce n'était pas les projets variés qui manquaient. Si le succès venait à couronner l'opération, l'évolution en ce sens n'en sera que plus rapide.

    _________________
    *Le bail emphytéotique alloue ici des droits équivalents à un propriétaire et ce sur plus d'un siècle à ses possesseurs.
    **Quarante-neuf acres est l’équivalent de vingt hectares.
    ***Cent kilomètres carrés est l'équivalent de dix-mille hectares.
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