La Vie des Casti

Répondre
poivronmaudit

Message par poivronmaudit »

La vie des Casti

[url=http://www.casimages.com/i/151217050701826288.jpg.html][img]http://nsa38.casimages.com/img/2015/12/17/151217050701826288.jpg[/img][/url]

La Partie 1 est [url=http://www.simpolitique.com/palais-royal-t12330.html#p273980]ici[/url].

Cet homme bedonnant dont l'aspect témoignait de sa cinquantaine, c'était Saali'Kajar. Il vivait dans une petite maison de briques rouges, maison très courante à travers tout le pays. Il avait une petite famille: un fils qui travaillait dans "son" usine, un autre fils que le précédent roi lui avait pris comme esclave (aujourd'hui dans l'armée, suppose t-on, on les appelle les "favoris"), une fille de dix-sept ans qui faisait des études religieuses et allait sans doute devenir archéologue et une autre fille de dix ans qui n'était pas intéressante, donc on en parlera plus. Il vivait avec son épouse Mücar, une femme entreprenante ancienne fille de joie.

Saali gardait une impression amère de sa rencontre avec le roi, il ne savait pas trop qu'en penser: pourquoi s'est-il énervé si vite, que risquait-il vraiment. Dégustant son aprhey, ou plutôt le subissant, avec son gout d'alcool à brûler, il était assis devant la maison sur une caisse en bois. Perdu dans ses pensées, il regardait le bidonville, éclairé par une multitude de lampes jeunes. Le quartier n'étant pas électrifié, les lampes à huile assuraient l'essentiel de l'éclairage. Son vieux cabot errant dans la rue, un bâtard gris tacheté de blanc au poil crasseux. Alors qu'il poussait un léger soupire, il entendit:


-A table !
-Enfin, vu l't'temps qu'ça lui prend à cuisiner ça a interet à être bon... Marmonna t-il.

Alors qu'il se levait lentement, la levée de son ventre imposant réclamant de gros efforts, un coup de feu se faisait entendre au loin. Rien d'inhabituel. Il entre dans la maison et va prendre place à table. Le repas arrivait: une sorte de bouillie de sorgho avec du mouton mariné. Il en avait assez de manger ça, ce qu'il voulait, c'était du porc, du pain, des pommes de terre.

-Encore? Ca fait trois jours qu'on mange que ça...
-'Faudra faire avec. Répondit sèchement son épouse, loin d'être surprise ou vexée par cette remarque.
-Mais on a de l'argent, tu pourrais prendre autre chose au marché.
-Non, il n'y a que ça. Ca, et du Chien ou des drôles de bestioles.
-Ben va dans un autre marché...
-Déjà fait.
-Alors va plus loin !
-Achètes une voiture Saali alors, parce que j'ai déjà été dans toute la ville, y reste que ça à manger. Et les prix montent.
-Quoi?
-Oui, ils montent. Y parait que ça vient des troubles. Donc je fais c'que je peux avec c'que j'ai.
-Et bien ma grosse tanche, ça va changer. Tu sais que le roi devait venir nous voir?
-Non... Tu me dis jamais ce que tu fais au travail...
-Ben là c'est fait. Donc il est venu, il m'a dit que si j'arrive a produire ce qu'il faut, j'aurais du fric.
-Ouais?!
-Ouais! J'ai même relu le contrat, j'ai 15% des bénéfs mais pas de salaire.
-Vu ce que ta boite produit, ça fait déjà beaucoup!

La conversation continuait, Saali se contentant de son repas trop cuit et fade (le sel était, lui aussi, introuvable). Les enfants mangeaient tranquillement, ils n'ont pas le droit de parler à table. Le plus grand avait 24 ans, mais comme il n'était pas marié, il était considéré comme ayant 5, 10 ou 12 ans. La fille -la plus jeune dont on a que faire- mange aussi. Après son repas, Saali sort. Il ne partageait pas l'enthousiasme de sa femme, car s'il ne produit pas assez avec la manufacture, il serait au mieux tué. Il se rassoit sur sa caisse, essuyant ses commissures avec un chiffon. Il pouvait reprendre son activité favorite: regarder le quartier du haut de sa colline, s'enivrant, jetant parfois un oeil à son livre, "La revanche de la griffe". Il en avait lu cinquante pages en deux mois, il n'aimait pas lire mais il n'y a que ça à faire. Tiens, quelqu'un vient.
C'est le voisin, Alfik. Grand, de longs cheveux blancs, une veste gris clair -comme le pantalon- en coton, yeux gris clair semblables à du granite. Saali ne prend pas le temps de le saluer, il lui donne quelques billets et l'homme repart. Il vient de payer sa protection à un petit mafieux de base, le racket étant légal, nul ne trouve cela anormal. L'homme lui laisse cependant une publicité, de la Lazak'Autos, elles sont moins cher qu'à l'importation. Il en sait quelque chose, son frère les décharge sur les quais. Il a entendu un prix 30% plus élevé que celui indiqué sur le prospectus.
Après tout, il n'est peut-être pas aussi mauvais que les autres, ce roi?


Suite à venir.
poivronmaudit

Message par poivronmaudit »

Le pouvoir de la Foi:

[url=http://www.casimages.com/i/151220024119995410.jpg.html][img]http://nsa37.casimages.com/img/2015/12/20/151220024119995410.jpg[/img][/url]

Une belle maison aristocratique du centre de Shtako. Vit ici la famille Barr, riche producteurs de produits médicinaux n'hésitant pas à recourir au racket et à l'usure pour les fins de mois qu'il jugent difficiles. Les récents événements ne troublaient pas Xerxis'Barr, car les aristocrates ont été prévenus du fait que le roi comptait leur laisser leurs "empires financiers". Il était 22h environ, alors que toute la famille sortait de table, les esclaves de la famille débarrassent la vaisselle. La nuit est très douce, il ne fait jamais vraiment froid chez les casti, la rue sur laquelle donne le balconnet est vivante. Bars, bordels, commerces de luxe. Juste en face, un Laylou (temple de la religion casti) est encore ouvert: ses esclaves le nettoient.
Xerxis était appuyé sur la rambarde de son balconnet lorsque son épouse, Hostina, vint le rejoindre.


Hostina: Ton frère est arrivé, Xerxis...
Xerxis: Bien, je vais le recevoir.

Xerxis laissa sur une tablette son verre d'aprhey et rentra. L'intérieur de la maison était typique des casti: d'un blanc immaculé, de grands volumes, aucune fioriture. Alors qu'il descendit son escalier, il lui sembla entendre plusieurs voix. Arrivant devant son bureau, lui même à l'image du reste de la maison, il salue son frère, Rauta:

Xerxis: Salut vieux frère !
Rauta: Oh, bonjour, heu bonsoir !
Xerxis: Qu'est-ce qui t'amène ici?
Rauta: Quoi? Je peux pas venir rendre visite à mon frère sans qu'il ne croit que c'est pas intérêt?
Xerxis: C'est vraiment pour ça? Juste pour passer dire "salut"?
Rauta: Oui. Mais comme c'est fait je peux te dire quelque chose d'intéressant !
Xerxis: Nous y voilà...

Xerxis n'était pas surpris, loin de là. Son frère, maitre-usurier, était un opportuniste paranoïaque. S'il était là, c'est qu'il avait besoin d'aide.

Xerxis: Bon, vas-y...
Rauta: Le gouvernement t'a saisi toi?
Xerxis: Non, rien du tout...
Rauta: Quand ça va nous tomber dessus, faudra qu'on soit prets mon frère.
Xerxis: Il ne nous arrivera rien.
Rauta: Explique...

Xerxis déballa une feuille, un courrier. Sur celui ci, une exonération de saisie était stipulée, sur ordonnance royale. Rauta était soulagé, Il pensa que la sienne était en route. Un passage retint son attention cependant:

[quote][...] les Yenda [caste des aristocrates] font preuve d'une grande fidélité à Irzu et ses messagers. C'est pourquoi Sa Majesté le Roi Lazak'Tarr assure par la présente qu'aucune saisie ne sera faite si tant est qu'il préservent leur Foi et assurent leurs obligations. [...][/quote]

Rauta était à peu près aussi fidèle en religion qu'en mariage. Et si son courrier n'était jamais arrivé parce qu'il n'était jamais parti? Il devait partir, vite, mais ou aller? Peut-être à l'étranger ! Mais comment quitter le territoire, les bakchichs allaient l'aider mais pas le sauver. Un son sourd se fait entendre à la porte. Une esclave va ouvrir, deux hommes en longue tunique noire sont là.

Rauta: Mais que'est-ce que? Tu m'as vendu??
Xerxis: Tu es incroyant. Il faut sauver ton Na'li (âme).
Rauta: Ils t'ont eu... Ils t'ont eu dans leur saleté de monastère !

Les hommes avancent, Rauta résiste, mais il est retenu par Xerxis. Les hommes le saisissent et lui passent un collier. L'un d'eux affirme:

Homme en noir: Même dans ta rédemption tu restes minable. Xerxis, il sera purifié demain, devant chez toi.
Xerxis: Bien, nous viendrons.

Rauta était trainé, maintenu au coup par un collier. Les hommes allaient l'amener au Laylou, ou il vivrait sa dernière nuit.
Le pouvoir des religieux avait été largement augmenté, certains affirmant même que le roi était sous leurs ordres. L'appropriation, la saisie des entreprises par ce dernier, ne touchait que les pauvres, l'aristocratie allait pourvoir continuer de se partager le "gâteau" casti.
Répondre

Retourner vers « Casti »