[RP] Opération Gil May

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Steve

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[justify]Élu le 05 avril 1927 président des Nations-Unies de la Shawiricie sous la bannière conservatrice suite a un complot entre certains représentants démobloquistes et les hautes instances de sa direction de campagne présidentielle, Gil May est l'unique homme à voir été élu par un Congrès majoritairement démobloquiste. Alors que l'élection présidentielle s'annonçait serrée, et que May risquait de perdre son pari d'être élu aux mains du président sortant démobloquiste, le directeur de campagne du candidat conservateur signe un pacte avec dix-huit candidats démobloquistes du Congrès sûrs d'être élus pour qu'ils donnent leur voix à Gil May en échange de pots de vins, de politiques sociales modérées et de diverses autres conditions. Alors que la Shawiricie fête la victoire d'Alan Olys, président-élu jusqu'à ce que le Congrès entérine la décision du peuple shawiricois, le Congrès s'apprête à faire l'inverse. Le 12 avril 1927, à la surprise générale, le Congrès majoritairement démobloquiste vote en faveur du conservateur Gil May. Bien que May ait toujours nié être au courant de la supercherie, jamais il n'a accepté de démissionner. Créant la surprise, puis la grogne générale, auprès des électeurs shawiricois et du Bloc démocratie, il instaure sous la pression la Loi sur les transfuges, interdisant aux représentants du Congrès de voter en faveur du candidat adverse. Gil May sera néanmoins réélu, de façon honnête, en 1931. Il ne sollicitera pas un troisième mandat.

Aux yeux de certains historiens shawiricois, Gil May est l'incarnation de la défaillance du système électoral de la Shawiricie. Le fait qu'il a accédé au pouvoir alors qu'il ne détenait pas la majorité requise au Congrès prouve que l'espoir de renverser les tendances politiques en Shawiricie, malgré les majorités, n'est pas vain. L'Opération Gil May, dirigée par le gouvernement shawiricois de Jimmy Decker, en collaboration avec la vice-présidente Mary Barnes, le Shawirician Security Agency et le Shawirician Intelligence Agency, cherche à rendre une suite a l'opération ratée du gouvernement de Larry Calvin d'assassiner le gouverneur alezikois Rob Bradley et de renverser le mouvement sécessionniste régnant dans l'État de l'Alezik. L'Opération Gil May a pour principal objectif d'écarter le gouvernement démobloquiste de Rob Bradley du pouvoir alezikois et d'imposer un gouvernement de transition à vocation fédéraliste.[/justify]
Steve

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[ve][justify][center]«Vous avez tous votre place ici»[/center]


Dans le premier sous-sol du Palais présidentiel de la Shawiricie se trouvaient de très nombreuses pièces, souvent bien officieuses, servant à opérer sur tous les fronts dont opère le gouvernement shawiricois. C'est d'ailleurs dans l'une de ces pièces, la Blue Room qu'avait été décidée il y a plus de soixante-dix ans que la Shawiricie appuyait le bloc des démocraties lors de la Guerre froide. Cette pièce, contenant pratiquement une longue table avec une vingtaine de chaises en cuir bleu foncé confortable, avait aussi le mérite d'être complètement sécurisée. Les différents présidents de la Shawiricie aimaient utiliser cette pièce pour sa sécurité, son confort et évidemment pour le calme qui régnait aux alentours. Avec des écrans sur tous les côtés des murs, la Blue Room permettait à ses occupants de suivre plusieurs sujets à la fois : les informations télévisées, des écrans de suivi d'opérations militaires, des vidéos-conférences... Le mélange de la tapisserie bleutée et de la boiserie créait une ambiance chaleureuse pour une pièce où de multiples actions moins appréciables s'étaient décidées.

À la gauche de la longue table de conférence se trouvait un homme. Cheveux poivre et sel, visiblement impressionné par la pièce qu'il occupait, Kenneth Winn en était à sa première visite dans les sous-sols du Palais présidentiel. Leader conservateur au Congrès de la Shawiricie, il n'était pas rare que l'homme rencontrait le président Decker pour discuter de la position des élus conservateurs du Congrès à certaines actions et lois du gouvernement. À trois sièges à sa gauche se trouvait une femme au regard ferme et au physique tout aussi impressionnant. La vice-présidente de la Shawiricie était une femme intransigeante à qui on n'en passait peu. Particulièrement aimée par la base plus conservatrice de son parti, Barnes n'était pas à l'ombre des scandales et sa présence dans la pièce était donc très justifiée. Sur le côté droit de la table se trouvait Bill Wiley. Le ministre de la sécurité publique, notamment responsable de la Shawirician Bureau of Investigation (la police fédérale), aurait possiblement un rôle crucial lorsque l'opération, dont aucune personne dans cette salle n'avait encore connaissance, en serait à sa plus haute performance. À deux sièges de Wiley, à sa droite, se trouvait James Suber. James Suber, sans détour, était le ministre de la défense. Étant à la tête de l'armée et des diverses agences de renseignement, Suber aurait un rôle clé. À droite de Suber, l'agent Michael Moore de la Shawirician Security Agency et son collègue Richard McKenzie de la Shawirician Intelligence Agency. Tous se regardaient, sans dire mot, et attendaient que le président Decker fasse son entrée. Il entra quelques minutes après l'arrivée du dernier occupant de la Blue Room et prit siège à l'extrémité de la table en prenant bien soin de remettre une pochette beige à tous ses invités. Sur la pochette, on pouvait lire très distinctement «Confidentiel, sécurité nationale».


Jimmy Decker (président) : «Merci d'avoir accepté mon invitation. Vous devez bien comprendre la gravité d'un tel rassemblement et donc considérer que tous les propos tenus dans cette salle ne doivent pas en sortir. En fait, rien ne doit sortir de cette pièce : propos, lectures, écritures, vidéos... Vous êtes désormais confrontés à une situation de sécurité nationale et la moindre faille de votre part pourrait, non seulement détruire notre Nation, mais vous valoir la peine capitale sans procès. Vous connaissez les règles, je ne vous demanderai donc pas d'accepter ou de décliner ces conditions. Mary, Bill et James, je vous présente Kenneth Winn, si vous ne l'aviez pas reconnu. J'aimerais également vous présenter l'agent Michael Moore du Shawirician Security Agency et l'agent Richard McKenzie de la Shawirician Intelligence Agency. Vous avez devant vous une chemise contenant des informations sur l'Opération Purification. La chemise contient l'objectif, les moyens et les résultats de l'opération ratée par le gouvernement Calv...»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Quelle opération ratée?»

Jimmy Decker (président) : «Le gouvernement de la Shawiricie a commandité l'assassinat raté de Rob Bradley dans le cadre d'une ferme volonté d...

Kenneth Winn (leader du Congrès) : «Vous voulez rire de moi? Ce gouvernement était capable de faire une telle chose?

James Suber (défense) : «Apparemment non, puisqu'il a échoué...»

Jimmy Decker (président) : «S'il-vous-plaît. Bien, je vous donne quelques minutes pour prendre connaissance du contenu de la chemise. Allez-y.»

Les différents occupants de la Blue Room se mirent à la lecture du contenu de leur pochette beige. Alors que certains yeux exprimèrent de la surprise, comme le leader conservateur par exemple, d'autres avaient l'air amusés. C'était principalement le cas de la vice-présidente Barnes qui mourrait d'envie d'être mêlée à un complot à l'échelle nationale et de littéralement tuer ses opposants. Les deux agents des agences de renseignement ne clignèrent pas des yeux ni ne laissaient entrevoir leurs impressions face à la lecture. Sans doute étaient-ils impressionnés d'être, en tant que hauts cadres de leur agence respective, aux côtés du président shawiricois pour mener une opération quelconque. À la fin de la lecture, l'agent Moore ne put s'empêcher de questionner directement le président sur ses intentions.

Michael Moore (SSA) : «Vous souhaitez une prise deux à l'Opération Purification, monsieur le président?»

Kenneth Winn (leader du Congrès) : «Si tel est le cas, pardonnez-moi monsieur le président, mais je n'ai pas du tout ma place ici. Je suis honn...»

Jimmy Decker (président) : «Vous avez tous votre place ici. Vous devez vous assurer que les conservateurs du Congrès appuieront nos actions. Barnes doit utiliser sa facilité à scandaliser les Alezikois. Wiley et Suber doivent mettre leurs forces à notre service. Les agents Moore et McKenzie devront quant à eux nous fournir toutes les informations nécessaires pour mener à bien notre opération. Monsieur Winn, vous avez votre place dans cette pièce. Nous ne tuerons personne, ce n'est pas l'objec...»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Dommage...»

Jimmy Decker (président) : «...tif de cette nouvelle opération. Nous devons être au-delà de ce qui a été fait par le gouvernement Calvin. L'objectif, c'est d'écarter Rob Bradley du pouvoir et de briser le mouvement sécessionniste alezikois. Les compromis et les discussions ne sont plus possibles : il faut utiliser la force. Il faut que les sécessionnistes se confrontent à un choix déchirant : Je tais ma conviction sécessionniste ou je passe ma vie derrière les barreaux...»

James Suber (défense) : «J'en rêve depuis des années, mais il n'y a pas assez de prisons pour détenir huit millions d'Alezikois.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Alors il faudra en tuer. Rien de bien méchant : qu'une toute petite purification. Échappons un gaz dans les rues de la métropole. Vous connaissez tous mon penchant pour un génocide bien placé qui pou....»

Jimmy Decker (président) : «Mary, ce ne sera pas nécessaire. Il n'y a peut-être pas suffisamment de prisons, James, mais nous saurons nous adapter s'ils ne veulent pas obéir rapidement. Notre force de frappe devra être dissuasive, c'est d'une évidence...»

Richard McKenzie (SIA) : Comment se nomme l'Opération, monsieur?

Jimmy Decker (président) : «L'Opération Gil May»[/justify][/ve]
Steve

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[ve][justify][center]«Vous avez tous votre place ici»
(Bureau présidentiel)
[/center]


Confortablement installé sur sa chaise, derrière son bureau, Jimmy Decker se passe la main dans les cheveux. Longtemps ses cheveux bouclés avaient été sujets à moqueries, lorsqu'il était jeune, mais maintenant qu'il était l'homme le plus puissant du pays -en apparence, cela ne le chicotait plus. Rideaux tirés, les pieds sur le bureau, le président de la Shawiricie parlait au téléphone nonchalamment. Sourire en coin, on pouvait voir le président qui avait du plaisir. Les yeux cernés par la lourdeur de sa tâche, voir le président rire un peu pourrait être, pour de nombreux observateur, signe d'une bonne nouvelle. S'il fallait que la fatigue ait raison du président de la Shawiricie... Surtout qu'en ce moment, avec l'Opération Gil May et les tensions entre le gouvernement fédéral et les Alezikois, le président Decker se devait d'être au top de sa forme.

Jimmy Decker (président) : «Et il a eu le culot de tout mettre sur votre dos?»

Harry Newton (gouverneur du Mineadallas) : «Vous connaissez ces parlementaires... Ils ne ratent aucune occasion de faire parleur d'eux. Il doit sans doute avoir des vues sur mon poste, maintenant qu'ils savent tous que je ne briguerai pas un sixième mandat. Ah, ces vipères! Vous n'imaginez pas à quel point cela peut devenir redondant...»

Jimmy Decker (président) : «Je l'imagine un peu, ne vous en faites pas.» (rires) «Écoutez, Harry, je ne vous appelle pas par simple courtoisie pour m'informer du Congrès du Mineadallas, vous vous en doutez bien...»

Harry Newton (gouverneur du Mineadallas) : «Bien sûr, monsieur le président. J'imagine que votre appel est en lien avec ma récente déclaration au nom du Cons...»

Jimmy Decker (président) : «Effectivement. J'ai bien peur de ne pas avoir anticipé votre rapidité d'esprit sur ce cou-là, mon vieil ami, et j'admets que la réaction publique du Conseil de la Fédération dans cette affaire m'embête un peu. Je ne dis pas que le Conseil n'a pas son opinion à donner à ce sujet, mais je ne vous cacherai pas qu'en allant à l'encontre de la stabilité du pays, le Conseil se met dans de beaux draps...»

Harry Newton (gouverneur du Mineadallas) : «Allons, monsieur le président. Le Conseil se réunira d'ici deux semaines pour exprimer son opinion sur votre récente action. Je n'ose pas imaginer le Mineadallas sans ses péréquations, alors j'imagine que monsieur Bradley aura beaucoup de choses à raconter à ce sujet lors de notre prochaine réunion. Puis-je vous demander, par simple curiosité, et peut-être un peu plus, pourquoi les péréqu...»

Jimmy Decker (président) : «Cela irait à l'encontre de la sécurité nationale, Harry, mais je peux vous certifier que chaque décision est calculée et que la Fédération shawiricoise est ma principale préoccupation. C'est d'ailleurs la raison de mon appel. Je ne peux pas permettre au Conseil de la Fédération de s'opposer à l'application des lois et de la Constitution. Si le Conseil de la Fédération privilégie les aspirations politiques personnelles de quelques hommes plutôt que le maintien de notre pays, nous allons devoir agir en conséquence de cause et inclure le Conseil dans nos politiques futures...»

Harry Newton (gouverneur du Mineadallas) : «Monsieur le président, je tiens à vous affirmer ma totale solidarité envers la Fédération shawiricoise et son gouvernement central. Vous me connaissez, je suis au service de mon État depuis près de vingt ans et j'ai consacré ma vie à notre pays. Seulement, j'aimerais savoir ce que vous attendez concrètement de moi.»

Jimmy Decker (président) : «Le Conseil de la Fédération se réunira prochainement concernant la suspension des péréquations à l'Alezik. J'ai besoin que le Conseil appuie mes démarches et qu'il statue que l'Alezik ne répond pas aux critères de la loi.»

Harry Newton (gouverneur du Mineadallas) : «C'est toute une commande, monsieur le président, que de forcer le Conseil à parler au nom de ses membres...»

Jimmy Decker (président) : «Votre sagesse est sans égale. Aujourd'hui plus que jamais, le Conseil peut jouer un rôle majeur dans la plus grande opération visant à ramener l'unité nationale! Vos loyaux services ne seront pas oubliés, et bien honnêtement, malgré le grand respect que je porte à vous et votre carrière, si le Conseil ne va pas dans la bonne direction, le chemin lui sera barré. Définitivement.»

Harry Newton (gouverneur du Mineadallas) : «Pas la peine de jouer cette carte, monsieur le président. Je jouerai les miennes pour m'assurer que vous soyez satisfait. Évidemment, j'estime être en mesure de vous réitérer le besoin urgent de la construction de deux nouvelles centrales hydroélectriques. L'économie du Mineadallas en obtiendrait avantage, sans compter les emplois que cela créerait face à une population qui commence à être à court d'emploi à temps plein...»

Jimmy Decker (président) : «Vous avez raison. Rendez au Conseil la gloire qu'il mérite, et je vous inviterai personnellement dans mon bureau pour en discuter.»

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Steve

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[ve][justify][center]«Une philosophie d'extermination pure et simple»
(Bureau présidentiel)
[/center]


Face à lui, Mary Barnes n'attendait que le président ouvre la bouche. Cela faisait désormais deux minutes que la vice-présidente et ministre de l'Immigration était entrée dans le bureau présidentiel. Les seuls mots qu'avaient prononcé le président Decker étaient : "Prenez place, Mary". Depuis, silence radio. Il faut dire que malgré sa personnalité flamboyante, Mary Barnes n'osait pas parler en premier. Le président l'avait convoqué dans son bureau, et elle savait bien la raison du rendez-vous. Elle devait d'ailleurs s'y attendre. Elle s'est permise, une fois de plus, de parler au nom du gouvernement shawiricois pour insulter les Alezikois. Bien entendu, tout ceci pourrait être encore sur la limite du respectable, mais elle avait encore émise la possibilité d'une extermination. Si ces propos étaient tolérables à l'interne, ce l'était beaucoup moins sur la place publique. Les mains croisées, sur le bureau, Decker observait Barnes. Peut-être ne savait-il pas par où commencer pour gronder sa vice-présidente. Peut-être n'avait-il pas encore trouvé les mots pour lui annoncer qu'elle était remerciée. Decker décroisa ses mains, puis les déposa délicatement sur les accotoirs.

Jimmy Decker (président) : «Jusqu'à quel point êtes-vous prête à servir votre pays, Mary?»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Je... Eh bien... Vous connaissez mon engagement, monsieur le président. Je crois que mon curriculum vitae n'est plus source de doute quant à mon envie de servir mon pays. Certes, la campagne de 2025 n'a pas été comme je l'aurais souhaité, mais je me suis ralliée. Pour le pays. Je... Je ne comprends pas très bien votre question, à vrai dire, monsieur le président...»

Jimmy Decker (président) : «Je vous observe depuis que nous sommes au pouvoir, et je ne peux m'empêcher de me demander comment vous pouvez faire aussi grande abstraction des mots qui sont portés contre vous. Vous avez le courage de vos convictions, il n'y a plus aucun doute dans mon esprit, mais qu'en est-il de votre engagement?»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Parlez-vous de l'Opération, monsieur?»

Jimmy Decker (président) : «C'est en corrélation, bien sûr. Quel rôle seriez-vous prête à jouer?»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Le rôle que vous me donnerez, monsieur le président. L'objectif est le cœur même de mes convictions. Nous n'avons pas la même opinion sur les moyens d'y arriver, mais je crois en l'Opération.»

Jimmy Decker (président) : «Le génocide de masse...»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Vous savez bien qu'il s'agit d'une façon de parler. Je ne me permettrait jamais d'adhérer à une philosophie d'extermination pure et simple de tous les sécessionnistes, mais si cette solution est envisageable, je crois qu'une infirme proportion touchée pourrait largement amplifier la peur au point de les paralyser.»

Jimmy Decker (président) : «Nous ne les exterminerons pas, Mary...»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Je sais, je sais... Pas la peine de me faire un dessin à ce sujet, je connais et respecte votre position.»

Jimmy Decker (président) : «Nous ne les exterminerons pas, Mary... mais j'aimerais que vos apparitions à ce sujet se multiplient.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Se multiplient?»

Jimmy Decker (président) : «Vous n'avez pas peur de vos convictions. Vous n'avez pas peur de les afficher sur la place publique. Vous le faites déjà, d'ailleurs. J'aimerais que... vous arrêtiez de vous limiter dans vos propos.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Que j'arrête de... me limiter... Monsieur?»

Jimmy Decker (président) : «Je crois que vous devriez arrêter de voiler vos propos lorsque vous parlez de l'Alezik et des Alezikois. Exprimez-vous librement sans peur de représailles...»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Sans représailles?»

Jimmy Decker (président) : «Sans représailles.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Vous avez un plan, monsieur?»

Jimmy Decker (président) : «Il se dessine, il se dessine. Et j'ai besoin de votre aide.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Vous l'aurez, monsieur.»

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Steve

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[ve][justify][center]«Nous fournirons la main d’œuvre»
(Blue room)
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Dans le premier sous-sol de la Shawiricia House, le ministre de la Défense et le général des Forces shawiricoises attendaient patiemment l'arrivée du président Decker. En retard de quelques minutes, on disait bien souvent que le président n'était jamais en retard, mais que ses invités étaient en avance. C'était une manière détournée dans l'esprit collectif des Shawiricois de donner une certaine supériorité additionnelle au président. La longue table de conférence, ses sièges en cuir bleu foncé et ses nombreux écrans de télévision donnaient à la Blue room une ambiance lourde. Toutes les réunions de cette salle étaient, disaient les Shawiricois dans la culture populaire, capitales pour la survie de la Shawiricie et de son peuple. Quelques minutes plus tard, le président fit son entrée et prit immédiatement place au bout de la table, sans saluer ses invités.

Jimmy Decker (président) : «Allez-y.»

James Suber (ministre de la Défense) : «Monsieur le président, voici monsieur Balk, général des Forces shawiricoises. Il connait nos intentions globales et y adhère.»

Jimmy Decker (président) : «Comprenez-vous les motifs du gouvernement shawiricois, général?»

Anthony Balk (général des Forces armées) : «Monsieur le président, les motifs du gouvernement shawiricois sont raisonnables et actent de la bonne foi de notre nation à donner un sens concret au mot "unité". J’œuvre pour ce pays au sein des Forces depuis que je respire et parle l'adélien, monsieur le président. Suis-je un allié de la cause? Affirmatif.»

James Suber (ministre de la Défense) : «Comme je vous l'ai mentionné, monsieur le président, le général Balk appliquera les ordres lorsqu'ils seront ordonnés. Les Forces shawiricoises et le ministère de la Défense appuient une intervention militaire en Alezik et recommandent d'ailleurs, en ce sens, que ne traînent pas la mise en application de cette intervention.»

Jimmy Decker (président) : «Cela arrivera, ne craignez pas l'inaction de notre gouvernement, James. Général, êtes-vous en mesure de pouvoir fournir des milliers d'hommes et le matériel nécessaire à la mise sur pied de l'opération?»

Anthony Balk (général des Forces armées) : «Monsieur le président, pardonnez mes propos familiers, mais fournissez le budget et nous fournirons la main d’œuvre.»

James Suber (ministre de la Défense) : «Il va sans dire, général, que le ministère de la Défense assurera les dépenses de cette opération.»

Jimmy Decker (président) : «Général, avez-vous été briefé sur Green Rabbit Valley?»

Anthony Balk (général des Forces armées) : «Affirmatif, monsieur le président. Les forces sont prêtes, d'ailleurs, à collaborer pleinement avec le gouvernement shawiricois à ce sujet. Nous allons utiliser le site de la Base de Winsler. De ce point, nous pourrons utiliser la voie des airs et la voie maritime.»

Jimmy Decker (président) : «Quelle voie privilégiez-vous?»

Anthony Balk (général des Forces armées) : «La voie maritime est une piste intéressante, monsieur le président, pour de nombreuses raisons techniques. Non seulement les coûts sont moins élevés, la voie maritime permettra des transports plus imposants que la voie des airs. Je crois d'ailleurs qu'en utilisant le Port de Rawdown, l'exercice ne sera pas exposé au public. Il me semble que cette opération est confidentielle.»

James Suber (ministre de la Défense) : «Avec ce que nous risquons, la moindre des choses est la confidentialité de l'opération, général. La Vallée est-elle prête?»

Jimmy Decker (président) : «Non, elle ne l'est pas. C'est en cours, bien sûr, mais cela prendra quelques temps. L'opération ne doit pas avoir lieu tant que la Vallée ne pourra pas accueillir les premières têtes.»

Anthony Balk (général des Forces armées) : «Sauf votre respect, monsieur le président, je crois que ne pas agir rapidement pourrait être une grave erreur tactique. Je propose humblement que l'opération soit déployée en dégradé. Établissons un rapport de méfiance généralisé auprès des Alezikois. Contenons l'escalade de la violence jusqu'à ce que la Vallée soit prête. Lorsqu'elle le sera, les Forces s'assureront que les marches se montent rapidement.»

James Suber (ministre de la Défense) : «Monsieur le président?»

Jimmy Decker (président) : «...»

James Suber (ministre de la Défense) : «...»

Jimmy Decker (président) : «Bien.»

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Steve

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[ve][justify][center]«Ça se tient»
(Blue room)
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Dans le premier sous-sol de la Shawiricia House, le président Decker avait réuni les principaux acteurs de l'Opération Gil May, qui visait à détruire le mouvement indépendantiste alezikois et d'empêcher l'Alezik d'arriver à ses fins. Souhaitant faire le bilan et prévoir l'avenir, le président Decker avait demandé à ses plus proches collaborateurs de se présenter à la Blue room. Parmi les absents, on pouvait citer Bill Wiley, ancien ministre de la Sécurité intérieure écarté du gouvernement lors du récent remaniement ministériel, Richard McKenzie, agent de la Shawirician Intelligence Agency décédé en fonction alors qu'il était agent infiltré dans les manifestations musclées de l'Alezik et Michael Moore, agent de la Shawirician Security Agency.

Jimmy Decker (président) : «Merci d'être présent. James, avez-vous transféré le dossier à la Sécurité intérieure?»

James Suber (ministre, Sécurité intérieure) : «Oui, monsieur le président. Le transfert a été effectué sous le principe qu'il s'agit d'un dossier relevant de la sécurité nationale. D'ailleurs, pourquoi le ministre Otten n'est pas des nôtres?»

Jimmy Decker (président) : «Je préfère que cette affaire reste entre nos mains. Évitons d'impliquer beaucoup de personnes, si vous voyez ce que je veux dire. Kenneth, quel est le bilan au niveau du Congrès? Pouvons-nous encore compter sur l'appui du parti?»

Kenneth Winn (leader conservateur, Congrès) : «Ça devient difficile, monsieur le président. Le parti est en train de se diviser en deux, et ça va très mal au sein du caucus conservateur. Le caucus est majoritairement hostile à vos plus récentes politiques et nous ne pourrons pas vous appuyer encore très longtemps. De nombreux représentants commencent à voir venir les HalfElections et la défaite est assurée pour notre clan. Certains veulent donc sauver leur peau et éviter de passer dans le broyeur, vous comprendrez. Les démobloquistes deviennent de plus en plus féroces, car ils voient la majorité arriver et ils veulent la saisir. Je ne sais pas, monsieur le président... j'ai fait tout ce que j'ai pu, mais hélas...»

Jimmy Decker (président) : «Ne vous en faites pas, je suis hautement satisfait de votre travail. Vous avez été un élément important jusqu'ici et j'en suis très honoré. Mary, de votre côté, j'ai bien peur d'avoir fait fausse route. Vos détracteurs vous haïssent déjà et peu importe ce que vous direz ou ferez, ça n'ajoutera rien de plus. Concentrez-vous sur les Affaires étrangères... Concernant la vice-présidence... peut-être pourriez-vous... Je n'en sais rien, il faudra regarder cela plus en détail dans les prochaines semaines.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Sauf votre respect, monsieur le président, si vous comptez m'évincer de la vice-présidente, vous rencontrerez en moi une farouche adversaire.»

Jimmy Decker (président) : «Soyez sans crainte, ce n'est pas mon intention et ce n'est pas un sujet prioritaire pour aujourd'hui. Général, vous avez effectué un excellent travail en Alezik, je dois vous féliciter pour cet immense brio et le contrôle parfait des opérations au sol. Vous êtes d'une polyvalence sans définition!»

Anthony Balk (général, Forces shawiricoises) : «Monsieur le président, c'était un honneur de dégourdir mes hommes. Je suis à votre service pour n'importe quelle autre opération! Seulement, si vous me le permettez, certains de mes hommes se demandent quand ils reviendront à la maison et les autres se demandent quand ils partiront en direction du Mayong...»

Jimmy Decker (président) : «Les autorités du Mayong ne s'objectent pas à la présence de militaires shawiricois dans la Vallée du lapin vert. Préparez vos hommes pour la semaine prochaine. Il serait intéressant de faire un roulement mensuel afin que vos hommes puissent garder leurs esprits et éviter que la situation ne devienne dans l'ordre public...»

Anthony Balk (général, Forces shawiricoises) : «Bien reçu, monsieur le président, je mettrai en branle l'opération dès la fin de notre rencontre. J'imagine que l'opération doit se faire dans l'ombre du ministère de la Défense?»

Jimmy Decker (président) : «Il est hautement préférable que ce soit ainsi, oui. Le ministre Otten, bien que compétent, doit être mis à l'écart.»

James Suber (ministre, Sécurité intérieure) : «D'ailleurs, on fait quoi d'eux?»

Mary Barnes (vice-présidente) : «ON LES TUE! Il n'y a pas d'autre solution. Qu'on les fusille, putain de merde, et qu'on n'en entende plus parler de ces connards. Un moment donné, il va falloir en revenir de ces petits merdeux qui veulent s'amuser à détruire notre nation!!!»

Jimmy Decker (président) : «Oui, oui... J'aborde dans le même sens que madame Barnes dans ce cas-ci. Les faire revenir au pays serait d'exposer l'Opération sur la place publique et on peut tous dire adieu à notre liberté. Ils ne doivent en aucun cas revenir en Shawiricie ou avoir de contact avec qui que ce soit de l'extérieur des camps temporaires. Comment expliquer au peuple shawiricois l'absence d'accusations, de nouvelles... ?»

Anthony Balk (général, Forces shawiricoises) : «On simule une immense révolte, une fusillade, une explosion...»

James Suber (ministre, Sécurité intérieure) : «On dirait un vulgaire scénario de film pelabssien... Non, ça ne pourra pas fonctionner.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «On détruit les dossiers de l'Opération et on dit que c'est ce qui se passe quand on se révolte contre la Shawiricie. Pas de preuve, pas de crime.»

Jimmy Decker (président) : «Je ne suis pas convaincu, Mary, que c’est une option envisageable. On va y laisser nos peaux.»

Kenneth Winn (leader conservateur, Congrès) : «C'est loin d'être mon domaine, mais peut-être pourrions-nous envisager de transférer les dossiers à la justice militaire, puisqu'il s'agit d'un problème de sécurité nationale. Avec la loi martiale, aucun procès devant public ni contact avec l'entourage n’est possible... Ça nous éviterait de passer par la voie légale...»

James Suber (ministre, Sécurité intérieure) : «Le seul problème, c'est qu'on ne peut pas inclure Otten dans l'Opération. Comment agir au nom de la police militaire sans que le ministre de la Défense lui-même soit au parfum de l'histoire?»

Kenneth Winn (leader conservateur, Congrès) : «Pas faux, effectivement.»

Anthony Balk (général, Forces shawiricoises) : «La question se pose donc : Pourquoi le ministre de la Défense ne peut-il pas être au courant de l'Opération Gil May? Qu'est-ce qui justifie de mettre aux ordures la seule carte pouvant nous sortir de ce pépin sans se creuser davantage la tête?»

Jimmy Decker (président) : «Aucune personne présente autour de cette table n'est habilitée à en connaître les raisons. L'implication du ministre de la Défense est une chose impossible et je ne reviendrai pas sur cette décision.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Bon. Admettons qu'on se base sur la Constitution. L'article quinzième nous permet, en cas de force majeure, de recourir à des pratiques exceptionnelles pour protéger le territoire shawiricois. Peut-être pourrions-nous se servir de cette disposition?»

Kenneth Winn (leader conservateur, Congrès) : «Ça ne passera jamais. L'article quinzième parle de la sécurité du territoire. Dans ce cas-ci, on ne pourrait jouer que la carte de la sécurité nationale. La Cour suprême va nous manger tout rond.»

James Suber (ministre, Sécurité intérieure) : «Alors créons un tribunal de la sécurité nationale.»

Jimmy Decker (president) : «Que voulez-vous dire?»

James Suber (ministre, Sécurité nationale) : «On ne peut pas utiliser le tribunal militaire parce qu'Otten va être mis au courant. Bien, d'accord, acceptons cette contrainte et utilisons-la à notre propre avantage. Mettons sur pied un Tribunal de la sécurité nationale qui sera sous la direction de mon ministère, sans inclure la Défense. Un tribunal d'exception pour traiter tous les cas qui viennent menacer la sécurité nationale de notre pays. On prétexte une volonté de désengorger les tribunaux de la Cour suprême et des cours criminelles...»

Anthony Balk (général, Forces shawiricoises) : «Ça se tient.»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Et après? On les déclare tous coupables de terrorisme et d'atteinte à la Fédération et on les condamne à mort? À la prison à vie? Où allons-nous détenir leurs corps inexistants sur le territoire shawiricois?»

Jimmy Decker (président) : «Votre idée est intéressante, James, mais Mary pose une bonne question...»

Kenneth Winn (leader conservateur, Congrès) : «Nous n'avons qu'à les détenir là où ils sont actuellement sensés être détenus... Je veux dire, tout le monde pense qu'ils sont détenus au Richmond dans un complexe secret. Gardons cette idée. Profitons du Congrès et du fait que la division du Parti conservateur n'est pas encore irrécupérable pour voter une loi classifiant le faux complexe comme complexe à sécurité "maximax" ou peu importe le terme. Ça en fait un complexe militaire total sous la supervision des services de renseignements shawiricois, et non pas de la Défense...»

Jimmy Decker (président) : «Une telle loi peut réusir à passer?»

Kenneth Winn (leader conservateur, Congrès) : «Si on la fait passer immédiatement, en accélérant le processus, ça pourrait se faire d'ici une semaine. Il faut profiter de notre majorité au plus vite!»

Mary Barnes (vice-présidente) : «Petit Jésus de Vicaskaran, c'est au gouvernement qu'il fallait que tu sois, pas au Congrès!»

Jimmy Decker (président) : «Parfait. Faisons ça ainsi.»[/justify][/ve]
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