Rencontre Royale entre le Perlian et le Maok à Lokaroum

Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

[right]5 Janvier 2028, aéroport de Lokaroum.[/right]

Si, d'ordinaire, le protocole était plutôt relâché au Maok pour les visites de dignitaires étrangers, et que le comité d’accueil, ainsi que l'escorte, se composait seulement d'une ou deux dizaines de gardes, de la Ministre Royale des Affaires Étrangères et de quelques fonctionnaires, les choses avaient été faites en plus grands cette fois-ci. En effet, il ne s'agissait pas d'un simple ministre ou autre fonctionnaire, ni même d'un Prince, comme cela s'était déjà produit – mais, s'agissant de la première rencontre accueillie par le Maok depuis des décennies, le protocole n'en était alors qu'à son élaboration – mais bien d'un Roi souverain qui venait visiter non la Ministre en charge des relations du Maok avec le reste du monde, mais bien le Roi Ménélok IV en personne, pour ce qui était, qui plus est, la première visite royale prenant place au Maok depuis son ouverture au monde, et même depuis bien plus longtemps, en vérité.

Ceci avait eu deux effets, indépendants et complémentaires. D'une part, la ferveur populaire était bien plus grande, et une foule nombreuse s'était réunie à l'aéroport et à la sortie de celui-ci, ainsi qu'en plusieurs endroits de la ville où on avait prévu le passage du convoi royal. Les gens étaient nombreux à grandir des bannières joyeuses, aux couleurs nationales, des drapeaux maokoriens ou, plus souvent, le seul symbole de la famille royale, les trois étoiles sables sur fond de gueule, exempté du vert du drapeau d'état. L'ambiance était joyeuse, car la foule était très excitée par cette visite royale qui, après la réception dont la Reine Très Chrétienne du Thorval avait honnoré leur monarque, leur paraissait comme le second véritable jalon de la reconnaissance du Royaume de Maok par les grands de ce monde.

D'autre part, on avait déployé plus de moyens que d'habitude, et plusieurs centaines de soldats étaient présents. Ils formaient notamment une longue double haie d'honneurs, mêlant soldats masculins et féminins – les fameuses Amazones de Maok, qui existaient depuis l'époque pré-coloniale – en tenue d'apparat, pour honorer le Roi de Perlian. D'autres assuraient la sécurité tout autour de l'aéroport, et d'autres encore étaient venus renforcer la Police Royale pour contenir l'enthousiasme de la foule, purement amicale, mais qui aurait pu éventuellement poser problème. On envisageait pas vraiment un acte hostile sur le territoire maokorien, mais en cas de problèmes tous ces gens bien armés un peu partout sur le parcours que devait emprunter le souverain étranger serait apte à réagir.

Ménélok IV lui-même attendait son royal visiteur, entouré de plusieurs de ses proches conseillers, parmi lesquels la Ministre des Affaires Étrangères, le Ministre de la Culture et la Généralissime de ses armées, ainsi que plusieurs conseillers plus privés. Les conseillers étaient vêtus de vêtements de qualités, mais sobres. Ménélok IV lui-même portait une cape faite en peau de léopard et bordé d'une crinière de lion. Plutôt que la lourde couronne d'or traditionnelle, il avait choisi de porter une couronne plus délicate en émeraudes et argent, élégant travail moderne de ses artisans, qui lui en avaient fait cadeau pour son couronnement. Il tenait à la main le sceptre royal, en or et travaillé en son sommet en forme de tête de lion, qui faisait partie de l'antique trésor royal maokorien.

On n'attendait plus que les visiteurs, qui étaient annoncés pour bientôt. Comme on confirma qu'ils étaient tout proche, le Roi fit faire silence dans son escorte et attendit l'arrivée de son royal visiteur, impatient d’accueillir le premier Roi non maokorien qui mettrait le pied sur le sol du Maok depuis des temps immémoriaux.
Margaery

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[center]Hadrian Ier
Roi Suprême de Perlian
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Alors que l'avion royal entamait son atterrissage, le souverain du Perlian ne pouvait s'empêcher d'admirer le paysage par le hublot. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n'avait encore jamais posé le pied au Zanyane. Signe consternant que le Perlian s'était toujours auparavant contenté de l'Alméra, du Jeekim et du Vicaskaran pour ses relations diplomatiques. Ceci devait changer. Il fallait voir plus loin, être plus ambitieux. Il ne savait pas encore quel forme prendrait l’accueil au sol, mais la nouvelle ambassadrice du Maok au Perlian lui avait signifié qu'il serait reçu en grande pompe. Hadrian Ier avait donc revêtu une tenue d'apparat, qui consistait en un uniforme militaire de cérémonie et d'une cape de velours bleu roi bordée d'hermine et brodée de feuilles de chêne en fil d'or et de plumes de cygne en fil d'argent. Ces représentations étaient hautement symboliques, le bleu roi et le cygne étaient issus du drapeau du Perlian et symbolisaient le royaume entier. La symbolique du chêne provenait du blason de la famille royale du Perlian : Chêne d'or sur champ d'azur. Une paire de gants de soie blanc perle complétait l'ensemble. Ni couronne ni sceptre ne faisaient partie du voyage, les joyaux de la Couronne ne pouvant quitter le territoire.

L'avion se posa avec douceur sur le tarmac, le roi put bientôt sortir de l'appareil. Deux choses frappèrent le monarque, tout d'abord la chaleur. Quand on pense qu'au Perlian, à cet instant précis, l'on était en hiver, et que la neige commençait à recouvrir de son blanc manteau les toits de la capitale... Une fois le choc thermique passé, Hadrian Ier put contempler l'ampleur de l’accueil qui lui était fait. Une double haie d'honneur lui ouvrait la voie, et le souverain s'avança lentement, suivi de sa délégation, pour admirer les uniformes des soldats ainsi que leur discipline. Une foule joyeuse d'anonymes derrière un cordon de sécurité était là pour lui souhaiter la bienvenue. Voulant paraître agréable, il sourit et leur fit un signe de la main.

Il arriva finalement face à son royal homologue qui trônait entouré de membres de son gouvernement et de ses conseillers. Ménélok IV avait fière allure. Ne sachant pas s'il devait s'exprimer en premier ou non selon le protocole maokorien, Hadrian Ier prit tout de même l'initiative de la parole. Il s'adressa au souverain en alémanique, sachant que c'était une des langues officielles du Maok. Ses mots demeurant teintés d'un fort accent adélien.


« Mes salutations Votre Altesse. Je vous remercie pour ce merveilleux accueil. Au nom de mon peuple et selon nos traditions, je suis venu porteur d'un présent. Puisse ce modeste cadeau symboliser à vos yeux l'amitié du Perlian et notre reconnaissance pour me recevoir moi et mes gens avec tant d'honneurs. »

Tout était réglé comme du papier à musique qu'à peine eut-il fini de parler, un garde perlian détenteur d'un coffret en acajou s'avança. Il le déposa aux pieds du monarque zanyanais, l'ouvrit puis recula en s'inclinant.

« Voici devant vous une épée ancienne de cérémonie. Sa lame est faite du meilleur acier, et sa garde est en argent serti de diamants, de perles et de nacre. Je puis vous assurer que nos meilleurs artisans ont travaillé sur cet objet. »
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Même s'il ne portait pas de couronne, le Roi de Perlian fut facile à reconnaître, de par sa prestance et la richesse de sa mise, sa majestueuse cape bleue magnifiquement décorée attirant notamment l'attention populaire. Il reçu des saluts joyeux de la foule, à bonne distance derrière le cordon de sécurité formé par des militaires, et encore la double haie d'honneurs par les soldats au garde-à-vous, auxquelles il répondit d'un sourire et d'un signe amical, ce qui ne fit que renforcer la joie populaire. Ce jeune souverain venu d'au-delà de la mer faisait une bonne première impression, notamment en paraissant ouvert aux yeux de la population, à l'image du monarque maokorien lui-même, et loin de l'image guindée qu'on prêtait parfois aux Rois du nord.

Ménélok IV lui-même, de son côté, attendit son homologue dignement, alors que celui-ci avançait entre la double haie d'honneur formée pour lui. En fait, il n'y avait pas vraiment de protocole au Maok sur l'ordre de parole entre souverains, sans doute parce que ce genre de visites n'avaient jamais été assez fréquentes pour être codifiées. Personne ne tiqua donc quand le monarque de Perlian prit la parole, d'autant qu'il parlait une langue compréhensible par tous ou presque, en dépit de son accent, ce qui fut apprécié. Le Roi maokorien écouta son homologue avec attention, et inclina la tête avec respect quand il reçu le présent.

Sa Majesté Ménélok IV : « Je vous salue également, Votre Majesté. C'est un plaisir et un honneur pour moi d’accueillir en mon Royaume l'estimé Roi Suprême du Perlian, et j'espère que, à travers nous, nos royaumes pourront nouer les prémices d'une relation solide et saine, qui montrera à tous dans le monde l'union des justes monarchies, plus que jamais dynamiques et marquantes dans ce monde qui a trop souvent tendance à oublier ses valeurs.

Votre présent m’honore, de par l'intention et de par sa beauté. Cette épée est magnifique, et ce sera un honneur pour moi de la porter pour de grandes occasions et de l'ajouter au Trésor Royal du Maok. Regardez-moi cette qualité ! Assurément, seul un Roi pouvait faire un te présent ! »


À l'image de son interlocuteur, il avait délaissé le nous de majesté qu'il utilisait d'ordinaire, comme il l'avait fait lors de sa visite à la Reine de Thorval. Avec un sourire rayonnant, très blanc dans son visage à la peau sombre, il tira l'épée hors du coffre et la brandit devant ses yeux de son peuple, avant d'exécuter un ancien salut militaire, lame droite devant le visage, l'un adressé au Roi de Perlian, puis un autre en direction de son peuple, qui redoubla de joie. Souriant, il remit l'objet en place, et un garde s'approcha pour prendre le coffret, alors qu'un second apportait une boîte faite en ivoire rose, un bois précieux rare que l'on trouvait au Maok.

Sa Majesté Ménélok IV : « En retour, veuillez accepter cet humble présent. Il s'agit d'un grand olifant de guerre, réalisé par plusieurs de nos meilleurs artisans. Tiré de la défende d'un éléphant maokorien, il a été patiemment sculpté à la main dans les moindres détails. Ses éléments métalliques sont en argent, orné d'émeraudes, et le cuir de sa lanière est de la meilleure qualité. »

Le soldat ouvrit le coffret comme son Roi commençait à parler, révélant un objet d'art autant que de majesté. Il était entièrement gravé, ses motifs reprenant le cygne de Perlian, magnifiquement représenté, ainsi que des scènes navales, inspirées par le caractère insulaire du royaume invité. Ses trois bandeaux, l'un à l'embouchure de l'instrument, deux autres servant de support à sa lanière, étaient en argent et incrusté de petites émeraudes brillantes. L'ensemble portait la marque du travail bien fait de maîtres-artisans reconnus comme des experts dans leurs guildes respectives.

Sa Majesté Ménélok IV : « Au Maok, comme, il me semble, dans bien des cultures, l'olifant est l'apanage des grands chefs, et plus particulièrement des Princes et des Rois, pour la chasse comme pour la guerre et la parade. J'espère que ce fruit des ressources de notre terre et du travail de mes gens vous plaira autant que votre sublime lame m'a ravis. »
Margaery

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[center]Hadrian Ier
Roi Suprême de Perlian
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« Je suis fort aise, Altesse, d'avoir fait un si long voyage pour vous entendre parler ainsi. Et je ne puis que tomber d'accord avec vous. A mon sens, les vieilles couronnes, qualifiées par certains médisants comme étant poussiéreuses et arriérés, peuvent compter sans nul doute parmi les puissances les plus dynamiques si elles s'en donnent les moyens. De plus vous avez raison, le monde d'aujourd'hui est parfois corrompu par certaines idéologies rejetant les anciennes valeurs. Pour moi, un des devoirs des justes monarchies comme vous les appelez, ce serait d'incarner les gardiennes des anciennes traditions tout en demeurant tolérantes et ouvertes au dialogue. »

Le Roi du Maok se baissa et brandit l'épée pour la montrer à son peuple. Hadrian Ier haussa un sourcil de surprise. Au Perlian, la société était certainement plus pudique, moins exubérante, et montrer ainsi un tel cadeau à la face de la foule ne se fait pour ainsi dire jamais. Mais ce n'était pas bien grave. Le souverain du Perlian sourit de voir Ménélok IV si plein de joie communicative. Il lui rendit son salut militaire par un de ceux de son pays, se frappant une fois la poitrine gauche, où se trouve le cœur, avec le poing droit de manière virile, puis en inclinant légèrement la tête en signe de respect. Un garde maokorien apporta ensuite un coffret en bois précieux contenant un olifant de guerre d'une rare beauté. Hadrian Ier se baissa pour le prendre et l'admirer, il apprécia grandement les gravures qui honoraient son royaume.

« Cet objet est résolument magnifique, quelle minutie dans les détails. Vous ne pouviez me faire plus plaisir car je collectionne justement les olifants de guerre et de chasse du monde entier mais celui-ci surpasse tous les autres. Il trouvera sa place en tant que fleuron de la collection soyez-en sûr. Cette tradition des olifants et trompes pour la noblesse est encore présente au Perlian, mais plus pour la chasse que pour tout autre domaine cependant. »

Voulant respecter ce qui semble être la coutume ici, le monarque du Perlian montra en souriant l'olifant à la foule, de manière néanmoins plus timide que ne l'avait fait Ménélok IV pour l'épée. Pour apprécier à sa juste valeur le cadeau et honorer celui qui lui avait donné, il prit sa respiration et souffla longuement dans l'olifant. Il émit un son puissant et clair, et chose impressionnante, un silence se fit pour entendre le chant de cet instrument. Hadrian Ier arrêta lorsqu'il n'eut plus de souffle, et les acclamations reprirent de plus belle. Le visage rouge suite à l'effort conjugué à la chaleur ambiante, il replaça l'objet dans dans son coffret. Un de ses gardes s'en empara immédiatement pour l'ajouter au bagages. La cérémonie des cadeaux était à présent terminée.
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

La monarchie du Maok, bien que disposant de tous les attributs de la Royauté, était en effet spontanée, et proche de son peuple. Le souverain zanyanais le prouva par son sourire éclatant devant les réponses de son homologue venu du nord, autant que par sa joie et sa démonstration avec la somptueuse épée qui lui avait été offerte. Outre son désir de partager sa joie avec son peuple, et de lui montrer tout le respect qu'il avait pour lui, il y avait également, derrière ce geste, l'illustration du fait que Ménélok IV ne considérait pas le présent comme seulement destiné à lui, à l'honnorer ou à flatter son orgueil, mais était au contraire une marque d'amitié et d'estime pour le Roi et à travers le Roi pour tout le Royaume. Il présentait donc au peuple le présent que lui envoyait le peuple et le Roi de Perlian, et cela plut assurément au peuple.

Vint ensuite le présent adressé par le Maok au Perlian, aux travers de leurs Rois respectifs, et celui-ci sembla ravir Hadrian Ier. Il en donna rapidement les raisons, parlant, outre de la qualité du travail d'un fait particulier : il était justement collectionneur de tels objets. La surprise sincère s'afficha sur le visage de Ménélok IV, qui, de fait, ignorait totalement cet élément quand il avait choisi l'objet qu'il offrirait à son visiteur. Il désirait un symbole de majesté, de la capacité du Roi à faire entendre sa voix au-dessus de la cohue et de rassembler les siens autour de lui autant que de commander, un objet qui puisse être le fruit des richesses de la terre comme des savoir-faire maokoriens. Il avait, à son sens, réussi à rassembler tout cela dans son présent, mais découvrir que son invité avait cette raison supplémentaire de l'apprécier ne pu que le ravir. Assurément, il s'agissait là d'un signe du Christ pour placer cette rencontre sous les meilleurs auspices.

Imitant peut-être le geste du roi maokorien, Hadrian I brandit ensuite le présent qu'il avait reçu, et le peuple, selon qu'il était plus ou moins proche, pu l'admirer. Néanmoins, il fit bien plus encore, puisqu'il porta l'olifant à ses lèvres et en tira une longue et majestueuse note, avec puissance et clarté. Le silence se fit alors jusque dans la foule, le peuple écoutant cette longue note glorieuse. Ce ne fut que quand elle s'éteignit que les acclamations reprirent, plus nourries que jamais, alors que Ménélok IV affichait un de ses sourires solaires, autant pour sa propre joie que pour celle de son peuple, ravis de la réaction qu'avait eut le monarque invité.

Sa Majesté Ménélok IV : « Je suis ravis que le présent vous plaise. Soyez certain que je transmettrai vos félicitations aux différents maîtres-artisans qui ont œuvrer de concert pour sa création, et je ne doute pas qu'ils soient ravis de cela. Je suis d'ailleurs à peu près certain qu'ils le sont déjà en ce moment, après avoir entendu la façon dont vous avez honoré le peuple assemblé à votre honneur avec le fruit de leur travail. Si vous avez des commandes qu'ils puissent satisfaire dans le futur, n'hésitez pas, ils seront toujours honorés par de royales demandes.

Vous avez déjà conquis une part de leur cœur en tous cas, et je ne peux que vous en féliciter ! Ce genre de démonstration spontanée est ce qui plaît à mes gens, qui sont des gens aux cœurs simples et aux âmes humbles. Quand à moi, sachez que j'ignorais que vous collectionniez ce genre d'objets, une occupation noble s'il en est, assurément, mais je vois la main du Ciel dans cet heureux hasard, pour favoriser l'amitié entre nos peuples. »


Le moins que l'on pouvait dire, c'était que la rencontre commençait très bien, en tout cas du point de vue maokorien. Hadrian Ier plaisait au peuple, et également au Roi, assurément. Un Roi qui ne tarda pas à reprendre la parole, d'ailleurs.

Sa Majesté Ménélok IV : « Si vous êtes d'accord, nous allons pouvoir nous diriger vers notre voiture, qui nous conduira au Palais Royal que j'ai l'honneur d'habiter. Nous serons plus à l'aise pour faire connaissance, puis pour commencer à discuter. »

Après avoir attendu éventuellement une réponse de son interlocuteur, le Roi se mit en marche avec lui vers le cortège. La voiture royale n'était pas un modèle à essence moderne, mais bien une superbe calèche à chevaux. Ménélok IV avait eu une très bonne impression sur ce véhicule pour une visite royale lors de celle qu'il avait faite en Thorval, et il avait décider d'adopter le même procédé pour cette visite. La voiture avait été réalisée dans des bois maokoriens, et sculptés à la main, ainsi que garni de dorures discrètes, sans ostentation, relevant simplement la beauté du reste. Sur la portière étaient accrochés deux écus, l'un portant les armes de la Maison Royale de Maok, l'autre celui de la Maison Royale de Perlian, et la même chose se retrouvait de l'autre côté. Lors de visites futures, l'un des blasons pourrait bien entendu être remplacé.

Une guerrière en uniforme ouvrit la porte aux Rois, et Ménélok IV laissa son inviter monter le premier en signe de politesse et de respect, avant de prendre place. L'intérieur était simple et confortable, dans des tons sobres. Le reste de la délégation perliane pourrait prendre place dans d'autres voitures plus modestes, dans le cortège royal, tout comme les conseillers maokoriens. Plusieurs véhicules militaires avaient également été amenés pour l'occasion, encadrant le convois royal à bonne distance. Une fois les Rois installés, leur voiture commença à avancer, laissant le soin au reste du convois de se former, la voiture elle-même étant bien entendue encadrée à l'avant et à l'arrière par ses propres véhicules gardiens, laissant les deux flancs libres pour, à travers les fenêtres, voir les rues de la ville, envahies pour beaucoup par la foule joyeuse.

Sa Majesté Ménélok IV : « Nous voici maintenant plus au calme, et en tête à tête. Si vous êtes d'accord, j'aimerais profiter de cette occasion pour faire un peu connaissance. Depuis combien de temps régnez-vous, Votre Majesté, comment voyez-vous votre fonction de Roi ? Oh et, pourriez-vous me parler de votre pays, si mystérieux aux yeux de mon peuple. Bien sûr, je serai heureux de répondre aux mêmes questions, ainsi qu'à toute autre que vous voudriez me poser. Ce tête à tête, je l'espère, peut être l'occasion de faire véritablement connaissance, d'égal à égal, comme deux hommes et comme deux rois à la fois. »
Margaery

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[center]Hadrian Ier
Roi Suprême de Perlian
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Hadrian Ier se montra souriant et courtois sur la fin de la cérémonie des présents. La rencontre commençait très bien et promettait d'être agréable pour les deux parties. Ménélok IV proposa alors de se mettre en route pour rejoindre le Palais Royal, lieu où devait se dérouler la suite des discussions. Le souverain du Perlian emboîta le pas de son homologue.

« Mais je vous suis Altesse. Je ne suis que votre invité. »

Il fut étonné de voir qu'un magnifique carrosse serait leur moyen de locomotion. Celui-ci était de pur style alméran, mais il était évident qu'il ne s'agissait pas d'une vulgaire copie. Fabriqué à partir d'essences de bois maokoriens, cette voiture était tout à fait unique. Des dorures discrètes complétaient l'ensemble, mais le bois en lui même était déjà d'une rare beauté. La famille royale du Perlian utilisait beaucoup les calèches aussi. Après un dernier regard en direction de sa délégation pour s'assurer que l'on s'occupait de sa suite, il monta rassuré dans la voiture et s'installa en face du Roi de Maok. Sur le début du trajet Hadrian Ier regarda la ville défiler sous ses yeux. Là où Ménélok IV était impressionnant par son sourire éclatant de blancheur, le charme d'Hadrian Ier résidait plutôt dans ses yeux d'un bleu profond et son regard perçant. Une foule joyeuse accueillait le cortège. Le monarque maokorien engagea la discussion, et le jeune roi du Perlian lui répondit avec sincérité.

« Le plaisir de faire connaissance est partagé, soyez en sûr. J'entre le mois prochain dans la quatrième année de mon règne à la tête du Perlian. Suite au décès de feu mon père, le Roi Suprême Gaius IV, je fus couronné à seulement dix-sept ans. Il n'y eut pas de régence, la majorité étant fixée à cet âge au Perlian. Je dus très vite assumer les fonctions et devoirs royaux, et la couronne était parfois bien lourde à porter, malgré que je fus préparé à ce destin dès mon plus jeune âge. Je devais veiller sur mes jeunes sœurs, les princesses Laurana, Rose et Mathilda, mais aussi sur un royaume de plus de 35 millions d'habitants. Je quittai l'enfance un peu plus tôt que les autres, mais le devoir est plus important que ma petite personne.
De mon point de vue, je vois ma fonction de de Roi comme un double serment qui honore celui qui le prononce et ceux à qui ce serment est destiné. Il y a tout d'abord le serment religieux. Au Perlian, le souverain est certes un humain comme les autres, mais il est l'élu des divinités de notre foi. Il est choisi pour représenter leur autorité et leur bienveillance en ce monde. La monarchie est de droit divin et est héréditaire. Ma famille a la faveur des dieux pour gouverner le Perlian depuis plusieurs siècles. Ainsi le souverain reçoit de grands pouvoirs mais aussi de grandes responsabilités.
Je pourrais définir le second serment en me basant sur la devise de mon pays : "Family, Duty, Honor". Le monarque est le "Père du Peuple" et nous assumons ce caractère paternaliste qui se reflète dans le fonctionnement de nos institutions, où la dominance du pouvoir royal dans les prises de décisions est importante. Le Roi est le chef de cette immense famille qu'est le peuple perlian.
De même, la notion du devoir et ce qu'elle implique est fortement ancrée dans notre culture. A partir de l'instant où il ceint la couronne, le Roi doit faire son devoir, vis à vis des Dieux mais aussi vis à vis de ses sujets. Il doit leur assurer protection et prospérité.
Enfin, je pourrais rapprocher la notion d'honneur au fait que le souverain du Perlian a une mission de représentation en son royaume mais aussi à l'étranger. La bienséance, la vertu et la tempérance doivent être ses principes de vie. Car un Roi qui a des mœurs dissolues, qui dilapide le Trésor Royal ou qui a une conduite irrévérencieuse ne se déshonore pas seulement lui-même, il déshonore sa fonction et ses sujets. Voilà en quelques idées comment je perçois la fonction qui est la mienne.

Quant à mon royaume, je pourrais en parler et le décrire pendant des heures. Je vais néanmoins faire en sorte de rester concis. Il est vrai que le Perlian est un royaume qui a encore aujourd'hui une aura de mystère causée par notre culture et notre éloignement géographique par rapport aux continents. J'avoue bien volontiers que nous nous plaisons à cultiver ce mystère, cet exotisme. Mon royaume a choisi de rester fidèle aux valeurs traditionalistes, et notre économie est principalement dirigée par un système de Guildes (proches des corporations du Thorval ou du Viertenstein) ainsi que par des compagnies étatiques mais ici seulement pour certains secteurs stratégiques ou nécessitant des investissements lourds comme l'énergie. Les activités traditionnelles sont très présentes au Perlian, je pense notamment à l'agriculture, la pêche ou bien l'artisanat. Nous sommes également producteurs de bois et de laine pour citer d'autres secteurs traditionnels.
Je m'efforce aussi de faire du Perlian une puissance industrielle, le pays a en effet de grands potentiels dans l'industrie lourde avec nos immenses ressources en gaz naturel. Notre puissance minière est importante avec des gisements de fer, de bauxite, de nickel et de mercure. Nos mines de fer nous permettent de nous développer dans la métallurgie, la sidérurgie ainsi que dans la construction navale. Notre insularité a fait de nous des marins, et nos navires sont réputés pour leur qualité.
L'industrie légère n'est pas en reste, ainsi le Perlian est connu dans plusieurs domaines : l'industrie textile, la papeterie ou encore l'industrie du cinéma et l'industrie du luxe.
Sans vouloir vanter les qualités de mon pays, je pense que nous n'avons pas à rougir de notre réputation de peuple raffiné et ami des arts, le mécénat est chez nous développé et encouragé. De part le monde, le Perlian est connu dans le monde du luxe et de la mode. Nous sommes attachés à la beauté en toutes choses, ce qui résulte en des actions concrètes comme un attachement a un urbanisme élégant pour nos villes. Nous privilégions l'utilisation de la pierre au lieu du béton. Le Royaume est connu pour ses influences architecturales diverses, et nos palais rivalisent avec ceux des plus grandes cours alméranes.

Enfin, le Perlian est connu pour ses richesses naturelles, et nous nous attachons à préserver nos paysages en créant des parcs naturels afin de laisser cet héritage aux générations futures.
Je n'ai pu m'empêcher de faire un portrait peut-être un trop flatteur de mon pays, mais je l'aime tellement que lorsque j'en parle ma modestie s'envole. J'espère que vous m'en excuserez.
»


Le souverain s'arrêta quelques instants au cas où il y aurait une ou plusieurs questions.

« A présent je ne peux que vous renvoyer les questions que vous m'avez posé. Je dois avouer que je suis curieux d'en savoir plus sur vous et sur le Maok. Et je terminerais par une confidence : il s'agit de la première fois que je pose le pied sur votre continent, et je suis fort aise que ma première fois se fasse en votre agréable compagnie, dans un pays si intéressant que le Maok. »
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

C'est avec une grande attention que le Roi de Maok écouta son homologue répondre à ses questions, car il était toujours très curieux des autres cultures, et particulièrement des autres cultures royales et traditionalistes, le Perlian ayant l'exotisme supplémentaire de disposer de son propre paganisme insulaire. Malgré cette étrangeté néanmoins, ses droits et devoirs semblaient être forts proches d'un monarque chrétien, sinon que, bien qu'aillant les mêmes charges morales, les chrétiens ne prétendaient pas diriger l'Église, pas depuis les Empereurs d'Orient en tous cas. Quant à son pays, il semblait à l'entendre plein de merveilles et, bien que Hadrian Ier finisse par se désigner lui-même comme très partial, le monarque zanyanais avait cru percevoir dans sa voix qu'il semblait néanmoins plus qu'habité par ce qu'il disait.

Finalement, après avoir fait une pause, pendant laquelle le Roi de Maok digéra quelque peu tout ce qui venait de lui être confié sur cette terre d'outre-mer dont il percevait pourtant qu'il y aurait pu avoir encore bien des choses à dire, son royal invité lui renvoya son questionnement, ce qui était après tout l'un des buts de la discussion, en ajoutant un aveux à propos de sa venue au Zanyane. Ménélok IV répondit en souriant et en écartant légèrement les mains, comme en signe d'excuse.

Sa Majesté Ménélok IV : « Ah, je suis moi-même bien mal placé pour donner des leçons ! Même si j'ai déjà voyagé en Zanyane, notamment pour me rendre par la terre à Bardaran, la terre sainte de notre foi, ce qui est vu au Maok comme un pèlerinage de grande valeur, je n'avais jamais, jusqu'à il y a très récemment, quitté notre continent. À dire vrai, je n'ai fais cela qu'une seule fois à ce jour, et c'était il y a une semaine à peine, quand j'ai été rendre visite à la Reine Annabelle II du Thorval pour la fête de Noël.

Je ne pourrais donc guère vous blâmer, hélas, même si j'espère, dans l'avenir, pouvoir dire en beaucoup de lieu que ce sera la première fois que je mettrai les pieds sur un continent, suivit d'une deuxième, et d'autres encore. Je dois d'ailleurs souligner que vous êtes vous-mêmes le premier monarque étranger à poser le pied au Maok depuis de très longues années. Après tant d’isolationnisme, nous ne nous risquerions certainement à un jugement et, de plus, c'est un véritable honneur que d'être le premier pays de notre continent que vous aurez visité ! »


La voix du souverain était pleine de sincérité, et on voyait que la chose lui faisait réellement plaisir. Tout juste sorti d'un long silence, le Maok aurait pu être ignoré, méprisé, dans le concert des nations, mais au contraire ses pairs monarques lui accordaient une place et, même s'il ne perdait pas son humilité et savait que cette place ne pourrait être majeure, encore moins immédiatement, cela réchauffait le cœur du Roi, qui, de plus, se sentait également et réellement honoré par le fait qu'aucune terre du Zanyane n'ait eut la primeur sur la sienne pour la visite d'Hadrian Ier de Perlian.

Sa Majesté Ménélok IV : « Quant à répondre à mon tour, hé bien, ce sera avec plaisir ! J'occupe le Trône de Maok depuis un peu plus de deux ans maintenant, mais, hélas, il m'a fallu du temps pour tourner mon pays vers l'ouverture dont je rêvais depuis longtemps pour lui. Ma tante – que Dieu garde son âme ! – qui régnait avant moi, voulait sincèrement ces changements en son cœur, j'en suis persuadé, mais la peur de nombre de ses sujets la fit hésiter sa vie durant à franchir les derniers pas. J'eus moi-même besoin de réformer les choses, à commencer par le gouvernement, avant de pouvoir finalement ouvrir le Maok.

C'est une lourde responsabilité de guider mes gens et d'avoir décidé de cette ouverture, mais comme vous j'ai été formé dès tout jeune à prendre les rênes de ma nation un jour, et je fais au mieux de mes capacités. Le modèle du Perlian, outre bien sûr les questions religieuses, me semble proche par bien des aspects de ce qui existe au Maok. Comme vous, je suis en charge de mon peuple, comme un père et un guide. Je veille d'ailleurs à ne jamais me laisser couper des maokoriens et des maokoriennes par les dorures du pouvoir. Le devoir d'un monarque, selon la vision du Maok, est avant tout de se dévouer pour ses sujets.

Tout ce que vous me dites du devoir, de l'honneur et de la mission de représentation du souverain me semblent donc également très pertinent, puisqu'il s'agit des mêmes règles qui s'appliquent ici même, au Maok. Même si je ne suis pas parfais, bien entendu, ni n'ai la prétention d'être un saint, il convient du moins que je montre le meilleur exemple possible à mes gens et la meilleure image possible de mon pays au près des autres états du monde. J'ose espérer que jusqu'ici l'image renvoyée à la monarchie du Perlian est plutôt bonne. »


Le souverain zanyanais fit passer cette remarque qui contenait sa dose d'humour, bien qu'étant sincère, avec un sourire ouvert. Son attitude montrait que, en dépit de l'étiquette nécessaire, il se sentait pour l'heure en confiance avec le roi d'outre-mer, et il semblait se montrer ouvert.

Sa Majesté Ménélok IV : « Concernant le Maok, hé bien, en partie à cause de son isolationnisme, mais en partie aussi tout simplement de par notre mentalité, il est lui aussi très traditionaliste. Nous aussi fonctionnons avec un système de Guildes, parfois regroupées en entités plus vastes que l'on appel des Fraternités de Métiers. Souvent, les Fraternités interviennent entre des Guildes proches et qui ne traitent quasiment que dans un petit cercle fermé. Si par exemple il n'en existe pas pour les Guildes travaillant le bois, car chacune a une large interaction avec d'autres, le cor dont j'ai eu l'honneur de vous faire cadeau a été fabriqué en grande partie d'un bout à l'autre par les différentes guildes de la Fraternité de l'Ivoire.

Nous n'avons par contre pas cette notion de contrôle direct de l'état pour les secteurs stratégiques, ou plutôt disons que nous avons préféré jusqu'ici passées par des Guildes fortement inféodées au pouvoir de la Couronne, c'est à dire à moi-même. Mais je dois dire que je trouve cette idée de secteurs stratégiques sous contrôle plus direct de l'état intéressante, je demanderai à mes conseillers d'étudier votre modèle pour voir si nous pouvons en retirer des choses positives, si vous le permettez, bien entendu ! Je pense que nous avons tous à nous soucier des solutions trouvées par le reste du monde, surtout quand elles l'ont été dans un esprit proche du nôtre, comme cela semble être le cas entre nos deux pays.

De son côté, le Maok est fortement tourné vers l'artisanat, et surtout le travail bien fait, réalisé avec soin. Nous préférons une table bien faites, qui durera des générations, que dix meubles produits dans le même temps mais qui ne résisteront pas dix ans, pour prendre un exemple simple. L'agriculture et la pêche jouent aussi leur rôle, ainsi que le monde du bois, très présent notamment dans l'ouest du pays, de la plantation au produit fini en passant par les soins et la coupe, mais aussi la culture du cacao, des épices et de produits que vous verriez sûrement comme exotiques en général.

Nous avons un sous-sol riche, mais nos richesses les plus prisées ne sont pas celles présentes en plus grand nombre. Nous avons des gisements de fer et d'argent, ainsi que des mines d'émeraudes, ainsi que du gaz et du pétrole, mais nous n'exploitons pas ces deux derniers. Si pour le gaz c'est surtout parce qu'il est présent en trop petites quantités pour être rentable sur le long terme, nous avons de riches réserves en pétrole mais nous ne souhaitons pas actuellement l'exploiter, en partie pour des raisons écologiques mais surtout, je vous l'avoue, car nous ne voulons pas devenir dépendant d'un autre état, même amis, qui nous fournirait la technologie et deviendrait maître des concessions... un jour, peut-être, quand notre propre technologie sera plus développée, qui sait...

Mais pour en revenir au présent, le Maok fourmille aussi d'artisans de toutes sortes, spécialisés dans des produits plus rares, ou plus difficiles à exploiter en grande quantité, comme par exemple l'ivoire. Notre culture ne deviendra jamais vraiment industrielle, je crois, même si j'espère pouvoir faire des exceptions pour des secteurs comme l'armement par exemple... mais je me laisse un peu trop emporté, je crois. Hélas, j'y ai souvent tendance quand je parle de mon pays, je le confesse bien volontiers, et je vous prie de m'excuser.

Que dire encore que, dans ma passion, j'ai oublié ? Hé bien... le peuple du Maok est un peuple simple, profondément religieux aussi, se partageant entre les trois branches du christianisme que sont le Catholicisme, l'Orthodoxie et le Protestantismes, les deux premières unies autour de structures fortes, et la dernière plus hum... dispersée ? Nous sommes attachés à ne pas détruire la nature que Dieu nous a donné, sans pour autant devenir des fanatiques écologistes, loin de là d'ailleurs. Nous aspirons à la paix plutôt qu'à la guerre, et même si nous saurions nous défendre en cas de besoin nous espérons pouvoir nouer des amitiés qui éloigneront le spectre d'une guerre, pour notre pays et, je l'espère, pour tout le Zanyane ! »


Ménélok souriait en disant cela, un sourire plein d'énergie, d'espoir et d'enthousiasme, les mêmes émotions qui s'entendaient dans sa voix quand il parlait de bâtir la paix. Pourtant, sa voix avait aussi une fermeté quand il avait parler de guerre possible, comme si le souverain était bien conscient que tous n'auraient peut-être pas d'aussi nobles sentiments.

Sa Majesté Ménélok IV : « Je crains au final d'avoir été moi-même très partial sur mon pays, et peut-être pas aussi complet que je l'aurais voulu, même si j'ai aussi été très peu concis... Si vous avez des questions complémentaires, n'hésitez pas ! De mon côté, je voudrais vous demander si vous pourriez rapidement me parler de votre situation internationale ? C'est le genre de choses qui permet de mieux situer le pays avec lequel on va signer des accords que de savoir comment il se positionne et quelles sont ses aspirations, si bien sûr vous ne trouvez pas cela trop indiscret. »
Margaery

Message par Margaery »

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[center]Hadrian Ier
Roi Suprême de Perlian
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« Je vous remercie votre exposé fut des plus complets ne vous en faites pas. Je vois que nos royaumes ont les mêmes valeurs concernant l'attachement à la qualité plutôt que la quantité, l'amour des bons matériaux et du travail bien fait.

Si je devais considérer la situation internationale du Royaume de Perlian, je dirais que celle-ci est en plein développement. Nous avons d'excellentes relations avec des monarchies traditionnelles alméranes comme le Thorval et le Viertenstein, car si nous n'avons pas la même religion, nous avons néanmoins des principes et des valeurs morales en commun. L'Aquanox représente aussi pour nous un allié fidèle au Vicaskaran.
Dès mon arrivée sur le trône, mon Gouvernement et moi-même avons initié une diplomatie active avec de nombreux pays de notre continent comme le Danube, la Cyrénanie ou encore le Khaldidan. Notre regard s'est aussi porté sur le Jeekim (Schenkennie et Valaryan).

Le Perlian se veut un interlocuteur à la fois pacifique, tolérant et fiable sur la scène internationale. Nous avons certes nos préférences en termes de relations diplomatiques du fait de nos affinités naturelles (type de régime, valeurs prônées) avec certains pays, mais ce n'est pas pour cela que nous refusons le dialogue avec d'autres. L'exemple le plus flagrant est que le Perlian entretient des relations diplomatiques cordiales avec le Sébastov, pays communiste d'Alméra Orientale.

Enfin, nous ne cachons pas notre ambition de développer ce que nous appelons notre "soft power" pour rayonner sur la scène internationale. La diplomatie est un des aspects du "soft power", mais la culture en est aussi un élément essentiel. Le Perlian souhaite diffuser et faire connaître sa culture. Nous participons activement aux événements culturels et sportifs du monde entier. Les films perlians sont couramment en compétition lors des grands festivals cinématographiques par exemple.
Le sport est aussi un domaine où nous souhaitons exceller, et ma grande fierté est que cette année le Perlian est le pays organisateur du Wilmore Tournament, tournoi de rugby d'ampleur planétaire, compétition où s'affrontent des équipes du monde entier. Le XV du Perlian a aussi intégré cette année la Jefferson's Cup, compétition très fermée regroupant les six meilleurs équipes du monde.
Si notre Rugby couvre le Perlian de gloire, le royaume est aussi reconnu comme une référence dans les sports équestres.

Pour nous, le rayonnement culturel est tout aussi important que le rayonnement diplomatique, car ce sont là les clés du "soft power". J'ai de grandes ambitions pour mon pays dans ce domaine car je pense que le Perlian y a du potentiel. Qu'en est-il du Maok ? Quelle place souhaitez vous lui donner sur la scène internationale ? »
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

La réponse du Roi de Perlian avait été passionnante, particulièrement quand il en était venu à parler du rayonnement dont il rêvait pour son pays. Ménélok l'écouta avec attention, d'autant qu'il fallait avouer que le ton de son interlocuteur, loin d'être morne, invitait au contraire à s'intéresser à ce qu'il disait, car on le sentait réellement pénétré lui-même par ce qu'il développait. Après avoir reçu autant d'informations, ce fut avec sourire que le monarque zanyanais lui répondit.

Sa Majesté Ménélok IV : « Hé bien, encore une fois, je dirais que nos deux royaumes partagent là encore des choses de ce point de vue. Comme vous, j'ai voulu donner dès l'ouverture de mon royaume, et je veux toujours donner, d'ailleurs, une certaine aura diplomatique à mon pays. Comme le Perlian, le Maok est d'abord tourné vers des alliances avec des pays qui partagent ses valeurs, à savoir au premier chef, comme vous, le Thorval et le Viertenstein, ainsi que sur les puissances de son propre continent, à savoir dans notre cas par exemple l'Aiglantine, l'Agorsa'a ou encore l'Androvie.

Plus largement, néanmoins, j'accepte également des rencontres diplomatiques et des liens avec l'ensemble des pays qui semblent ouverts à la discussion, et qui ne semblent pas hostiles bien entendu. Par exemple, nous avons développés des liens avec le Kaiuyan et l'Endo au Makara, ou encore la Sébaldie au Jeekim, et nous sommes ouverts, plus largement, à tous les liens. Seuls les pays qui s'afficheraient franchement comme des fléaux de nos valeurs, déterminés à les détruire par exemple, seraient exclu de notre vision diplomatique. Ma vision, et celle de mon gouvernement, est que c'est en tissant la toile la plus large possible, ne fut-ce qu'avec des relations pacifiques et des ambassades, que l'on peut assurer au mieux la paix.

Je me reconnais donc assez dans le... heu... « soft power » que vous évoquez, même si, au niveau du rayonnement culturel, le Maok est, je n'ai pas peur de le dire, sans doute loin derrière le Perlian. Du fait de notre long isolement, nous n'avons guère l'habitude de faire rayonner notre culture en elle-même, ni de nous insérer dans les divers concours ou compétitions à l'international. Néanmoins, ce que vous dites des compétitions sportives par exemple éveil mon intérêt, je l'avoue. Si cela est capable d'intéresser et de faire vibrer même le roi que vous êtes, cela pourrait sans doute intéresser le peuple à plus forte raison, il faudra que je me penche sur ce genre de questions...

Enfin, actuellement, l'action du Maok se centre surtout sur une activité diplomatique intensive. Mon grand rêve est de parvenir à bâtir une situation de paix au Zanyane, où les conflits se régleraient par le dialogue, au pire par le chantage économique par exemple, mais pas, comme c'est trop souvent le cas sur ce continent, par des guerres totales à répétition, comme le sud du contient en a encore connu il y a peu... après la Main Noire, les guerres néo-coloniales et autres, il est temps que le Zanyane se pacifie, et j'espère faire du Maok le phare de paix d'où le continent pourra, avec l'aide d'un maximum de partenaire, être éclairé durablement.

Plus largement, pour assurer durablement notre propre paix, et augmenter notre rayonnement international, à long terme j'espère pouvoir bâtir des relations avec les nations amicales ou neutres du monde, au moins des relations de base, en premier lieu avec les états traditionalistes ou monarchistes, mais plus largement avec tous les autres. Ainsi le Maok accepte-t-il toutes les demandes de paix, et quand il en a le temps entre celles-ci a-t-il une diplomatie active, qui va régulièrement chercher de nouveaux partenaires à rencontrer. Le Perlian sera notre premier lien au Vicaskaran, mais j'espère pas le dernier, loin de là, par exemple. »


Ménélok prit une pause après cette longue réponse, regardant par la fenêtre du carrosse. Ils avaient déjà bien avancé, et seraient bientôt en vue du Palais Royal du Maok. Ors, il y avait un dernier thème que le monarque aurait voulu aborder lors de ce tête-à-tête.

Sa Majesté Ménélok IV : « Si vous le voulez bien, j'aimerais aborder un dernier point, à savoir la question de la tolérance religieuse. J'ai cru comprendre qu'il y avait eu jadis des conflits entre vos ancêtres et la papauté, notamment, et des problèmes pour les chrétiens de votre royaume, mais que tout ceci avait été résolut, pourriez-vous m'éclairer un peu ? Quelle est votre position exacte vis-à-vis des chrétiens, et pourriez-vous peut-être m'en dire un peu plus sur votre religion ?

Pour ce qui est du Maok, comme le prouve notre rencontre, ainsi que des traités parfois forts signés avec des états plutôt athées comme l'Endo ou avec leur propre religion comme l'Aiglantine, nous sommes ouverts au dialogue et aux alliances avec les non-chrétiens, bien sûr, mais dans ce genre de cas mon peuple, tout comme moi, se soucie beaucoup du sort des chrétiens dans le pays en question lorsqu'on annonce les accords, raison pour laquelle je vous pose la question, justement. »
Margaery

Message par Margaery »

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/36/1441047782-bloggif-55e4a4ac9c8b5.png[/img][/center]
[center]Hadrian Ier
Roi Suprême de Perlian
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Le jeune souverain écoutait son homologue attentivement puis répondit avec tout autant de sérieux.

« Nul doute que par votre action vous contribuerez à rendre le Zanyane plus sûr et plus fort. Les troubles dans le Sud et au Nord-Ouest du continent l'ont rendu instable ces dernières années. Puisse le Maok devenir une locomotive pour le développement et la paix en ces contrées, je pense qu'elles ont besoin d'une diplomatie active venant d'un pays pouvant incarner un leadership et non dépendant des grandes puissances mondiales extérieures... »

Profitant d'une pause dans la discussion, Hadrian Ier en profita pour admirer les rues de Lokaroum. Une cité très active et certainement héritière d'une longue histoire... Il alla parfois jusqu'à adresser un signe poli de la main en direction de la foule rassemblée pour assister au passage du cortège.

« Vous avez bien fait de préciser que ces conflits religieux passés au Perlian ont opposé mes ancêtres à la papauté. En vérité, de tout temps au sein de la population perliane il n'y avait jamais eu de tensions religieuses majeures, celles-ci ne concernant en général que la royauté du Perlian et le Saint-Siège. La colère et le mépris restait souvent dans les palais et n'atteignait pas les villes et les campagnes. Mais il est vrai que les crispations ont atteint un paroxysme sous le règne de mon père : Gaius IV de Perlian. Je vais vous narrer toute l'histoire.

Jusqu'à une vingtaine d'années, les hautes instances catholiques considéraient mon pays comme un ultime bastion païen à conquérir. L'éloignement géographique du Perlian lui avait toujours permis de protéger et entretenir son culte insulaire venu de la nuit des temps. Par vagues successives, des missionnaires catholiques étaient envoyés au Perlian. Les rois successifs adoptaient des postures différentes vis à vis d'eux, certains les toléraient, d'autres les chassaient... Cette ingérence était tout de même mal perçue à la Cour Royale. Ainsi au fil des ans s'était installé un profond mépris entre l'Eglise et la Couronne du Perlian. Malgré que les souverains du Perlian soient tenus à la défense du culte polythéiste ancestral, ils n'avaient pas envie de pénaliser leurs sujets convertis au catholicisme. Ils accordaient ainsi peu à peu des autorisations pour la construction de chapelles. Dans le Nord du pays où le catholicisme s'était mieux installé, il fut même construit une cathédrale en plein cœur de Palanthas, une de nos plus puissantes cités portuaires. Lorsque mon père monta sur le trône, environ 9,5% de la population était catholique.

Tout ce passait pour le mieux lorsque l'on rapporta à mon père que des missionnaires catholiques étaient entrés sans visa sur le territoire et procédaient à des actions de prosélytisme. Le Roi Suprême Gaius IV demanda des explications et émit des remarques au Saint-Siège pour signifier cette conduite cavalière et peu conventionnelle, criante d'irrespect pour le Perlian et ses institutions. On lui répondit par une fin de non recevoir...

Ce qui se déroula ensuite fut une des pages les plus controversées du règne de Gaius IV. J'aurais certainement traité de la situation différemment de lui mais ne comptez pas sur moi pour critiquer ou réprouver les actions de mon défunt père. Au Perlian il est extrêmement irrévérencieux et déplacé de dire du mal d'une personne défunte. De plus, je n'étais qu'un petit garçon à cette époque, je suis donc encore moins à même de juger ces actes.
Quoiqu'il en soit, Gaius IV promulgua les tristement célèbres Lois de Bannissement, ordonnant que les catholiques du royaume soient expulsés du pays. Les églises furent évacuées puis incendiées et les catholiques contraints à l'exil ou à se cacher des autorités... Mon père envoya aussi un terrible message au Saint-Siège, cette année là, à Noël, le Perlian offrit au souverain pontife un cheptel d'un millier d'ânes coiffés de tiares papales en papier. Je pense qu'à Urba on se souvient encore du déferlement d'ânes sur le parvis et dans la Basilique Saint-Pierre, les bestiaux saccageant tout sur leur passage et laissant derrière eux du crottin en abondance.

La situation perdura jusqu'à la fin du règne de Gaius IV, le très triste destin de la Reine Rose (ma mère) ainsi que la longue maladie de mon père ne constituait pas vraiment un climat propice à l'abrogation des Lois de Bannissement. La Cour Royale était repliée sur elle-même, ne proposant plus aucune réforme, et la tristesse du roi se transmettait au peuple. La minorité catholique se cachait ou était exilée à l'étranger.

Il y a bientôt quatre ans je succédai à mon père sur le trône. Je décidai d'abroger les Lois de Bannissement pour enfin tourner la page et pour faire du pays un royaume apaisé. En collaboration avec le Thorval les églises furent reconstruites et sur les ruines calcinées de la cathédrale de Palanthas se dresse désormais un mémorial du Grand Bannissement.
Je suis convaincu que mes sujets catholiques méritent ma protection car je suis leur souverain. Il est de mon désir que le royauté redevienne tolérante et pleine de bienveillance. L'arrivée par le mariage d'une princesse catholique originaire du Viertenstein au sein de ma famille en est la preuve. Des liens forts peuvent aussi se créer avec des pays chrétiens. Aujourd'hui environ 6,5% de la population du Perlian est catholique. Je n'ai aucune animosité envers les chrétiens et tolère sans problème la minorité catholique qui a les mêmes droits et devoirs que n'importe lequel de mes sujets. Demeurant tout de même le chef du culte ancestral du Perlian ayant pour serment sacré de le défendre, j'ai décidé que le prosélytisme d'autres religions sur le sol perlian resterait interdit. Le culte est parfaitement autorisé, le prosélytisme non.

Comme je vous l'ai dit, je suis le chef religieux de la Foi Perliane, j'en suis le Grand Gardien pour utiliser le titre officiel. Ce que les chrétiens appellent le paganisme perlian est une religion polythéiste, héritière selon la légende du culte en vigueur dans la mythique cité de l'Atlantide. Les anciennes familles perlianes, ma lignée en premier lieu, seraient aussi descendantes d'anciennes familles royales originaires de la cité disparue.

Notre culte se pratique au sein des temples et sur des autels domestiques. Une grande majorité de mes sujets disposent d'un autel au sein du domicile familial où ils peuvent se recueillir quand bon leur semble. Le plus souvent une fois par semaine ou lors des fêtes religieuses, la population se rend sur les divers lieux de culte le plus proche selon la ou les divinités qu'ils souhaitent vénérer (bois sacré, temple de la mer, temple du ciel, etc). Ces rassemblements sont des moments de rencontres où la foi partagée crée un lien social fort.

La Foi Perliane prône la quête de l'accomplissement personnel et collectif (construction d'une société idéale) la recherche d'une forme d'harmonie avec la nature, dont tous les hommes font partie. La protection de l'environnement est importante pour les perlians. La Foi transmet aussi certaines valeurs comme le sens de la famille, le sens de l'honneur et du devoir. La pratique de l'exercice physique est aussi conseillée afin d'avoir un esprit sain dans un corps sain.

Un des principes que l'on retrouve dans les enseignements de la Foi Perliane est : Sois en harmonie avec toi même avant de pouvoir l'être avec le monde qui t'entoure.
Auparavant on disait que la prière était le seul moyen d'atteindre l'harmonie, aujourd'hui on nous dit toujours que celle ci est importante, mais on nous dit aussi que chercher à s'épanouir, à trouver sa place, constitue une voie pour atteindre cette harmonie.

Les Gardiens sont le clergé de la Foi Perliane. Devenir Gardien est souvent une vocation qui s'affirme rapidement dans le parcours de certains jeunes. Ils célèbrent le culte de la divinité qu'ils ont choisi d'honorer.

Il existe une infinité de dieux, chaque arbre ou chaque rivière est censée abriter une divinité. Certains de ces dieux sont néanmoins remarquables par leur place importante dans le panthéon. On peut retrouver aussi des dieux et déesses semblables à certaines divinités grecques, celtes ou nordiques de par leur représentation et la fonction qui leur est dévolue. Il n'y a pas de hiérarchie entre les dieux comme au sein de certaines religions polythéistes, ici chaque divinité a un rôle précis à jouer et toutes veillent ensemble au maintien de l'équilibre naturel...
»


Hadrian Ier s'arrêta tout en restant pensif. On ne devait plus être loin du lieu où se déroulerait le reste de la visite d'Etat du souverain du Perlian...

« J'espère avoir bien rempli mon plaisir en tant qu'invité à satisfaire vos interrogations Altesse. »
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