Activités Internes [RP]

Iskupitel

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Conseil d'État du 15 mai 2023
Érib, Palais Xénocrate</center>

  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du gouvernement
Messieurs, la séance est ouverte, parlez-moi des choses de ce monde.
  • Loch Fijh,
    Conseiller auprès du Ministère des Affaires Extranationales
Excellence Gray, j'ai mené avec moi M. Messeich, il doit vous parler d'un sujet essentiel.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du gouvernement
Faites-le entrer, qu'il parle.
  • Jomi Messeich,
    PDG de Tel-Érib Petroleum
Excellences, salutations. Je suis un vieillard, permettez que je m'assoie. Je sors tout juste d'une conférence secrète organisée entre les plus grands groupes pétroliers du monde. En somme, nous avons pris la décision de réduire nos productions respectives afin de contrer l'offensive du Hanguk en matière de prix du baril.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du Gouvernement
De combien allez-vous faire baisser cette production ? Dites-moi que ce ne sera pas terrible pour l'économie tel-éribaine.
  • Jomi Messeich,
    PDG de Tel-Érib Petroleum
Rassurez-vous, Excellence. Ce seront 30%, mais ce ne sera pas fait sans conséquences favorable pour notre économie. Même sans être partie prenante du pôle décisionnel étatique, je comprends certaines choses aux actions de l'État et à ses préoccupations, soyez-en assuré. Ici, j'ai accepté cette mesure car je sais qu'elle permettra de faire remonter le cours du baril et, à terme, de parasiter l'offre à bas coût du Hanguk.
  • Privath Cynavie,
    Ministre des Affaires Extranationales
Excusez-moi, Excellences, mais n'oubliez pas qu'à l'origine nous étions dans le cas de l'Hanguk et que votre entreprise s'est fait une place en pratiquant une politique de très bas coût.
  • Jomi Messeich,
    PDG de Tel-Érib Petroleum
Comme vous l'avez bien rappelé, Excellence Cynavie, c'est notre origine. Le monde et l'économie actuels ne permettent pas à l'entraide et à la pitié de se développer ainsi. Si nous aidons le Hanguk, nous périrons. Et les connaissant, je peux vous assurer qu'ils ne feront qu'une bouchée de nous avant de marcher sur notre cadavre.
  • Loch Fijh,
    Conseiller auprès du Ministère des Affaires Extranationales
J'appuie tout à fait M. Messeich et partage son avis. Pour moi, il est inconcevable de ne pas agir avec la Coopération Pétrolière du Hanguk comme nous pourrions agir avec Pétronacional ou Rakoil.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du Gouvernement
Réduire la production de 30% sera-t-elle la seule mesure ? Pouvez-vous m'assurer que cela n'aura pas de conséquences néfastes sur notre économie ?
  • Jomi Messeich,
    PDG de Tel-Érib Petroleum
Oui, la seule et unique mesure. Cela n'aura pas de conséquences néfastes nettes sur notre économie. Bien sûr, cela engendrera une certaine baisse de l'emploi, car pour moins produire nous avons besoin de moins d'ouvriers. De même, nous constituerons nos réserves moins rapidement. Mais ce ne sera que résiduel, car, le prix du baril remontant, nos revenus augmenteront, et peut-être pourrons-nous signer de nouveaux contrats, étant davantage compétitifs.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du Gouvernement
En ce cas, vous avez mon accord. Avez-vous d'autres sujets à aborder, messieurs ?
  • Philip Messeich,
    Ministre de l'Énergie
Excellences, en plus du propos avisé de mon père, j'aimerais ajouter que nous devrions, à terme, penser à nous détacher du pétrole.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du Gouvernement
Pourquoi pensez-vous cela ? Et par quoi le remplacerions-nous ?
  • Philip Messeich,
    Ministre de l'Énergie
Nos ressources s'amenuiseront, à l'instar de celles des autres pays. Ainsi, un jour, nous ne pourrons plus fonctionner avec le pétrole. Nous évaluons ce jour à dans vingt ou trente ans. Ce n'est rien de précis, mais il nous penser à ce que nous deviendrons quand nous n'aurons plus de pétrole et que nous n'aurons rien fait pour nous en détacher. Nous pouvons le remplacer par l'hydrogène, ou...
  • Jomi Messeich,
    PDG de Tel-Érib Petroleum
... ou par du pétrole. Tel-Érib Petroleum a développé un partenariat avec une entreprise wapongaise qui synthétise du pétrole à partir d'algues. Là est notre avenir, Excellences. Lorsque plus personne n'aura de pétrole, nous en aurons encore et toujours. Pas besoin de s'embêter avec l'hydrogène ou quoi que ce soit d'autre.
  • Philip Messeich,
    Ministre de l'Énergie
Père, n'oubliez point que cette technologie n'est pas encore au point. Peut-être ne parviendrons-nous jamais à synthétiser de grandes quantités. Et nous aurons la concurrence de l'Hanguk, ce que je préférerais éviter.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du Gouvernement
En ce cas, je pense que nous devrions couper toute production de pétrole et vivre sur nos réserves jusqu'à ce que nous n'en ayons plus. Pendant ce temps, nous devrions développer des technologies différentes afin de nous détacher du pétrole. Pourquoi ne pas investir dans l'énergie nucléaire civile ?
  • Isku Pitel,
    Secrétaire d'État
L'énergie nucléaire civile n'apporte que des problèmes et reviendrait trop cher. En revanche, il doit être possible de privilégier l'éolien, le marémoteur et le solaire.
  • Philip Messeich,
    Ministre de l'Énergie
Ces énergies sont trop coûteuses pour un rendement trop faible. Si nous souhaitons avoir du 100% renouvelable, nos champs d'éoliennes seront si immenses que nos 90 millions de citoyens n'auront plus la place de vivre.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du Gouvernement
Dans ce cas, je vous propose de diversifier la production. Je lance des chiffres au hasard, mais prenons 10% d'éolien, 5% de géothermique, 30% de nucléaire, 10% d'hydrogène, 30% de pétrole, 10% de marémoteur, 5% de gaz. Ne serait-ce pas plus intéressant ? Nous nous détacherions progressivement du pétrole, trouvant peu à peu de nouveaux moyens de récupérer de l'énergie. En plus de cela, nous pourrions éduquer la population et leur montrer qu'existent d'autres sources énergétiques que le pétrole. Car il ne faut pas négliger ce point.
  • Jomi Messeich,
    PDG de Tel-Érib Petroleum
Donc, soyons bien d'accord, vous ne couperez pas toute production de pétrole ?
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du Gouvernement
Ne vous inquiétez pas, je n'envisagerai pas cela pour le moment. Votre objectif à présent, Monsieur Philip Messeich, est de promouvoir les énergies alternatives au pétrole selon les proportions précitées. Avons-nous d'autres sujets à aborder ?
  • Isku Pitel,
    Secrétaire d'État
Eh bien, nous avons reçu une lettre d'une association centralienne qui nous exhorte à interdire la pédophilie à Tel-Érib.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du Gouvernement
Bah ! C'est trop imprégné dans notre culture pour défaire ça. La séance est levée, je vous remercie.
Iskupitel

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<center>Dans la campagne tel-éribaine

[img]http://img15.hostingpics.net/pics/744540azerty.jpg[/img]</Center>

Le paysage idyllique s'étendait sous ses yeux. Il était tôt le matin, et il s'était garni d'un lourd manteau de fourrure pour se promener dans son domaine. Comme presque tous les paysans de Tel-Érib, il disposait de ses quelques acres, qu'il surveillait plusieurs fois par jour et qu'il avait bordé d'une clôture plus symbolique qu'efficace. Fils de paysan, il n'avait jamais pensé une seule fois à quitter ce monde à l'écart de la folie des xénocrates et des citadins, qui ne ressentaient même plus l'importance des campagnes dans ce pays d'une centaine de millions d'âmes et de plus de trois millions de kilomètres carrés. Pourtant, ce sont bien ces campagnes verdoyantes à la brise fraîche qui sont le poumon de ce pays. L'agriculture et l'élevage sont de si importants domaines que le paysan d'une petite quarantaine d'années pourrait, lorsque sa femme rentrerait de la ville d'ici quelques jours, lui montrer avec fierté la fiche de paie qu'il avait reçu le matin-même par les services postaux. Sur celle-ci était écrit, en gros, son salaire du trimestre. Alors qu'habituellement l'État le payait environ 600 000 couronnes tel-éribaines (600 dollars raksasans) pour trois mois, il venait de recevoir 1 080 000 couronnes (1 080 dollars raksasans) pour ce trimestre. Grâce à cela, leur niveau de vie devrait s'améliorer nettement. Jorgh pensait déjà à agrandir la maison et songeait à l'achat d'une voiture. Si son salaire continuait à augmenter ainsi, il pourrait peut-être même proposer à un de ses deux fils d'aller faire des études à l'université d'Éilat, à seulement six heures de route d'Adcain, leur village. Assis sous un arbre dans la lumière du petit matin, Jorgh imaginait déjà Adam, son fils cadet, à la tête d'une grande entreprise qu'il aurait lui-même fondé, médecin ou candidat aux élections législatives pour cette région encore plus rurale que les autres qu'était la province nord de Tel-Éilat. S'il s'engageait en politique, il serait sûrement membre du Parti Nationaliste-Conservateur, le parti traditionnellement majoritaire ici. De mémoire humaine, jamais aucun autre parti n'a vaincu sur ces terres acquises à la cause du Prince Iskupitel. Sûrement à cause de l'importance du volet rural dans les programmes nationalistes. Sûrement aussi car personne d'autre ne semble vraiment s'intéresser aux paysans. Le parti xénocrate ne s'axe que sur l'étranger, les partis socialistes se montrent comme défenseurs des paysans et des ouvriers mais oublient les premiers et favorisent la disparition des seconds, le parti suniste a perdu son essence, et les écologistes considèrent leur travail déjà accompli dans l'arrière-pays. Ils s'en contrefichent donc, au plus grand dam de nombreux électeurs qui se sentent concernés par la protection de leur habitat naturel. Quant au Parti pour un Gouvernement Libéral, ils sont plus intéressés par les milliards de couronnes qu'ils peuvent obtenir en investissant çà et là dans les grandes villes. Si leur était demandé leur avis véritable, ils demanderaient à privatiser totalement la campagne et feraient tout pour en extirper le maximum de revenus. Quelle liberté, alors, pour les paysans ? Ils tiennent fortement à ce système d'agriculture libre, où les agriculteurs et éleveurs rendent compte de leur production à Global – Fish & Food, la principale entreprise agroalimentaire de Tel-Érib, afin que ses responsables décident ou non d'acheter les denrées alimentaires. Dans ce système, ils gardent une certaine liberté, et c'est pour cela qu'ils sont heureux. Car si un jour Jorgh décide que ses revenus sont suffisants ou s'il considère que le prix de l'entreprise n'est pas assez haut, il dispose d'un certain pouvoir de décision. Les agriculteurs sont tous une petite entreprise, en somme. Et ces petites entreprises peuvent vendre leur production à une plus grande, qui dispose d'un réseau plus développé. Mais si demain un paysan veut vendre toute sa production lui-même à l'acheteur qu'il chosit, il y est autorisé et en est capable. Vendre à l'extérieur du pays a toutefois pour problématique que rares sont ceux qui connaissent une entreprise à l'étranger qui serait disposée à acheter à un petit paysan tel-éribain, et les coûts de transports sont trop élevés pour eux. Mais le principe permet de faire croire aux paysans qu'ils possèdent un peu de pouvoir, ce qui rendra toujours un homme heureux. Après avoir effectué le tour de ses quelques champs de céréales et de l'enclos qu'il avait préparé pour abriter ses 20 têtes de bétail, il rentra chez lui, s'assit à la table de bois située dans la cuisine qui lui servait pour manger le ragoût du soir ou la galette de pain garnie de légumes ou de viande, et sortit d'un tiroir le journal, qu'il consulta longuement sans tout comprendre. Son fils l'avait poussé, l'année précédente, à aller prendre des cours de lecture pour adultes, mais il n'y allait que rarement, étant donné qu'il devait se déplacer à Éilat pour cela. Grâce aux bases qu'il y avait appris et aux conseils de son fils, il pouvait à peu près comprendre certains articles des journaux locaux, mais celui-ci, « Le Confédéré » lui restait majoritairement incompréhensible. Alors il lisait énormément, sans comprendre, mais il faisait preuve de beaucoup de détermination, et son fils, qui lui avait eu la chance d'être choisi, du temps du Prince, pour deux années d'école primaire en pension, était fier de son père. Peu de temps après, il irait rendre visite à ses vaches, puis mangerait et s'occuperait le reste de la journée de ses champs avant d'aller dormir. Il mangeait peu, mais il mangeait toujours à sa faim, et il était fier de représenter ce côté rural de Tel-Érib que tous oublient en voyant la magnificence du Palais du Délégué au Territoire National, à Érib. L'or a un effet hypnotique que seuls les plus pauvres peuvent éviter.
Iskupitel

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<center>[img]http://rlv.zcache.fr/manteau_du_brunei_de_detail_de_bras_carte_postale-p239489341230430860en7lo_210.jpg[/img]
Le symbole officiel du Sénat tel-éribain</center>

Triphane Reynis (Président du Sénat) (PS) : Messieurs, les débats sur la loi Dmitry Avdonine peuvent reprendre.

Ezra Eöhl (Tel-Éilat) (PNC) : Cette loi est une honte à Tel-Érib ! Nous avons des mœurs, à Tel-Érib, qui démontrent que nous sommes une nation civilisée. Le fait même que nous laissions des étrangers - des ménoviens, en plus... - nous faire la morale et décider de ce qui est bon pour Tel-Érib ou pas est indécent.

Eth Resh (Tel-Érib) (PNC) : Et cette loi est inapplicable. Il n'est même pas nécessaire d'être intelligent pour le comprendre, et en cela même les ménoviens devraient avoir compris que castrer tous les pédophiles est à la fois impossible et inutile. Car tous les trouver sera difficile, tous les castrer demandera des fonds énormes, et notre amour des enfants ne se fait pas que sexuellement, la pédophilie à Tel-Érib c'est aussi de l'amour partagé entre l'enfant et l'adulte. L'immense nombre de pédophiles dans notre pays s'explique par une compréhension accrue du fait qu'un enfant et un adulte ne sont pas si différents que ce que d'autres peuvent penser et peuvent, donc, s'aimer. En cela, nous sommes même en avance sur les autres nations.

Ammhan Dran (Tel-Érib) (PNC) : Et si l'on castrait tous les pédophiles, la croissance démographique de Tel-Érib serait très très fortement réduite. L'on ne peut pas se permettre cela, alors que les tel-éribains sont la principale force de Tel-Érib.

Eth Resh (Tel-Érib) (PNC) : Tout à fait. Je souhaite bonne chance, si la loi est acceptée, aux policiers, qui devront souvent se castrer eux-mêmes, et je me demande si les plus hauts fonctionnaires seront castrés, eux aussi. Les pédophiles sont partout, des étrangers ne peuvent décider de ce qui est moral pour nous, alors j'appelle à un vote négatif massif concernant cette motion insultante pour la nation tel-éribaine. Ce n'est plus une affaire de parti politique, cette loi est appelée à être rejetée, car elle est contre-nature pour les tel-éribains. Que vous soyez du PX, du PVC, du PSR ou du PNC, il vous faut voter pour la liberté de Tel-Érib et de ses valeurs, de ses mœurs, de ses reflets uniques. Si nous demandions aux tel-éribains que nous représentons tous, je suis sûr que rares seraient ceux qui iraient dans le sens des ménoviens.

Ammhan Dran (Tel-Érib) (PNC) : Il faut d'ailleurs faire remarquer qu'avec la majorité sexuelle actuelle, c'est-à-dire huit ans, les ménoviens n'interdisent la pédophilie qu'à mi-mot, ce qui démontre leur inexpérience et leur incapacité à diriger ce pays.

Eth Eddrah (Tel-Aqshiah) (PX) : Sûrement feront-ils une autre loi pour cela. Les ménoviens sont peut-être inexpérimentés, mais ils ne sont pas tout à fait idiots.

Ammhan Dran (Tel-Érib) (PNC) : Ils n'ont droit qu'à une loi par année, comment feront-ils pour cela ?

Eth Eddrah (Tel-Aqshiah) (PX) : Ils demanderont l'aide des franconiens, sans doute.

Orchid Looth (Tel-Nazareth) (PX) : Quoi qu'il en soit, j'appelle moi aussi au vote défavorable quant à cette loi, et ce quel que soit notre bord politique. Nous sommes au devant d'une loi dégradante pour l'image de notre nation, et chacun des sénateurs ici présents devraient voter ainsi que leurs électeurs le souhaiteraient. C'est pourquoi je rejoins mes collègues défavorables à ce texte et voterai contre.
Iskupitel

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<center>[img]http://img11.hostingpics.net/pics/712221maisonssombres.jpg[/img]</center>

Quelques cris retentirent, provenant de la pièce d'à côté. Drapé dans un tissu blanc, Eden fermait les yeux, tentant d'oublier les cris de son amie. Sa chambre était plongée dans l'obscurité : il était environ minuit. Assise sur ce qui lui servait de lit, un vieux matelas simplement posé sur le sol, la petite fille passait ses journées à redouter la venue d'un client. Le matin, elle était réveillée aux alentours de neuf heures - c'est en tous cas ce que disait l'horloge du couloir, mais elle n'avait aucune garantie qu'elle était fonctionnelle -, et rejoignait une grande salle avec les autres fillettes pour prendre le petit déjeuner, qui se résumait en fait à une tranche de pain beurrée. Les garçonnets, eux, mangeaient dans une autre salle, d'après ce qu'avait dit un des propriétaires. Âgées de 5 à 15 ans, les jeunes filles se rendaient ensuite dans les douches, lieu fortement redouté. Les propriétaires les attendaient, et ils les lavaient, parfois de manière très sensuelle voire sexuelle, parfois à la va-vite, en fonction de la fillette et de l'envie de l'employé. Ensuite, les jeunes filles regagnaient soit leurs chambres, soit la salle commune. Elles disposaient d'un temps libre que la plupart employaient à jouer et à s'amuser comme devraient le faire les filles de leur âge, innocemment. Eden, elle, rentrait dans sa chambre, seule, et écrivait sur un cahier qu'elle avait récupéré ce qu'elle vivait tous les jours, pour extérioriser les événements et en garder une trace. À midi, le repas consistait en une soupe chaude et parfumée accompagnée de pain. L'après-midi, certaines recevaient leurs premières visites, tandis que les autres avaient, une fois encore, quartier libre. Le grand propriétaire avait fixé une règle souveraine, et il l'avait martelé à toutes les fillettes et, disait-on, à tous les garçons de même : le maximum est d'une visite par jour. Il craignait sûrement que le corps des fillettes se fatigue et qu'elles soient moins rentables. La rentabilité étant gage de survie dans cet environnement hostile, les jeunes filles se pliaient volontiers à la règle, et elles faisaient signaler toutes leurs réceptions.

L'heure de pointe était le soir. La plupart des travailleurs et travailleuses quittaient leur travail à dix-neuf heures, et se rendaient alors directement ici pour se détendre avant de rentrer chez eux. C'est la vague des habitués, ceux qui venaient avant la loi Viviane Kavel. Eden y avait un client régulier, qui venait deux ou trois fois par semaine. Le reste du temps, c'étaient des hommes qui voulaient tenter de nouvelles saveurs ou avaient été refusés chez leur réceptionniste habituelle. Vers minuit arrivait la troisième vague, celle des clients qui se débarrassent enfin de leur femme et viennent prendre, occasionnellement, du plaisir. Eden n'avait pas encore reçu de client, aujourd'hui, et espérait qu'elle n'en recevrait pas. Son amie Efrat, elle, en avait reçu un, de la troisième vague, comme on pouvait l'entendre. C'était sans doute son client régulier. Elle lui en avait parlé, une fois. Un certain Noam, une trentaine d'années. Il venait la voir depuis plus de trois ans, alors que l'entreprise du grand propriétaire n'en était qu'à ses débuts et qu'elle était la seule à avoir 7 ans. Une sorte de fixation ou de fétichisme avait attiré Noam, qui avait refusé les autres et ne souhaitait que "celle qui a 7 ans". Aujourd'hui presque âgée de 11 ans, il l'avait vue grandir et semblait avoir quitté son fétichisme.

Efrat était arrivée alors qu'elle avait fugué. Elle était partie de chez ses parents durant une nuit d'automne, non loin de cette banlieue pavillonnaire à l'ouest d'Érib. Morte de froid, elle était allée frapper à la porte d'une maison inconnue, et... mal lui en a pris puisque l'hôte lui fit payer son séjour en nature, la garda quelques jours puis la vendit au grand propriétaire, un grand homme qui restait toujours caché derrière un foulard noir. Ses chaussures de soirée et ses costumes élégants étaient le seul souvenir de lui qu'avait la fillette. Depuis, elle n'avait pas tenté de s'enfuir, et avait assisté à la croissance de l'institution de prostitution pédophile qu'était l'établissement où elle vivait à présent. Eden, elle, était arrivée suite à une chasse des propriétaires. En sortant d'un magasin, un soir, elle fut abordée par deux messieurs qui la firent de force monter dans leur camionnette et l'emmenèrent dans ce grand bâtiment sombre. Sonnée, elle se souvenait peu de la discussion des deux hommes, mais n'avait pas oublié qu'ils avaient parlé d'un sénateur, Eth Resh. Était-il le grand propriétaire ? Eden n'en avait aucune idée, et elle s'en contrefichait. Son seul objectif était de survivre et d'attendre des secours qui, bien entendu, ne viendraient jamais. La veille, elle avait reçu un client inhabituel, un policier, qui avait tenu à ce que pendant les ébats Eden soit menottée. L'institution devenait un lieu de tous les plaisirs, tous les fantasmes, et ses ramifications s'étendaient de plus en plus. Elle se souvenait encore d'une discussion qu'elle avait entendu alors qu'elle écoutait à sa porte. Elle se tenait entre son client policier et un propriétaire.

  • « C'était bien ? »
    « Oui, c'était parfait. Je reviendrai la voir, à l'occasion. Je suis sûr qu'elle se languit déjà de moi. Combien je vous dois ? »
    « Vous étiez avec qui ? »
    « Je ne sais pas son prénom, on m'a juste indiqué la porte quand je suis arrivé. Une petite fille, blonde, entre 10 et 12 ans. Des yeux verts. Oh, et une balafre au niveau de la fesse droite. »
    « C'est Eden, ça. Pour elle, c'est 12 000¢. »
    « Autant que ça ? »
    « C'est pas facile depuis la loi Kavel. »
    « Je comprends... Comment faites-vous pour éviter d'être repérés ? »
    « En plus des pots-de-vin on se fait discrets et on s'arrange avec des puissances supérieures. »
    « Comment ça ? »
    « Vous connaissez la Ménovie ? »
    « Qui ne connaît pas la Ménovie ? On nous inonde d'informations à son sujet dans les journaux. »
    « On les fournit. »
    « Vous les fournissez ? En fillettes ? »
    « Pas vraiment. On aide une autre organisation à les fournir en filles de 15 à 20 ans. On fournit les hangars, ils fournissent 210 femmes par an. »
    « Qu'est-ce qu'ils en font ? »
    « J'en sais rien, et honnêtement je m'en fous. »
    « Et donc les ménoviens vous aident ? »
    « Ouais, leurs services secrets indiquent que la zone n'est pas utile à fouiller, ce genre de choses. C'est plutôt pratique. »
    « Oui, je vois. Eh bien, je vais rentrer, moi. Passez une bonne soirée, et remerciez Eden de ma part. »
    « Pas de problème monsieur, bonne soirée. Le message sera transmis. »
Eden était ensuite retournée se draper dans le tissu blanc qui lui servait de couverture et avait tenté de fermer les yeux, en vain, jusqu'au réveil du lendemain. Elle était à la fois soulagée de ne pas être envoyée en Ménovie avec ces 210 femmes, car elle pressentait le pire pour eux, et en même temps elle était triste que personne ne puisse les retrouver et les libérer ici.

Elle n'aurait pas vécu tout ça sans la loi Viviane Kavel. Avant la loi franconienne, de telles ventes étaient claires et annoncées, et la santé et les conditions de vie des filles étaient garanties. Aujourd'hui, tout est caché, clandestin, corrompu. Une telle loi n'a pas vraiment été utile, finalement. Eden ne s'était pas vraiment inquiétée de cette loi, la politique n'est pas du niveau d'une petite file, mais elle savait bien qu'elle faisait plus de mal que de bien...
Iskupitel

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[center]Rencontre Cyrénanie/Tel-Mehrat à Mehrat
14-16 juillet 2026[/center]
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Excellence, c'est un plaisir d'être reçu à Mehrat. J'espère que cette rencontre sera fructueuse pour nos deux Nations et que nous pourrons coopérer harmonieusement, alors que nous sommes réunis sur la même île.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
C'est un plaisir partagé. Nous avons de grandes attentes de cette rencontre. Tel-Érib n'a pas eu une politique toujours ouverte à notre état, et nous espérons qu'à présent que la Cyrénanie aura davantage d'intelligence et saura considérer une coopération accrue. Je préfère vous prévenir de suite, Excellence, Tel-Mehrat compte rester indépendant et nous ne rejoindrons pas votre Fédération.
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Là n'est pas notre intention. Nous n'avons d'ailleurs pas forcé Tel-Érib à nous rejoindre. Leurs décisions de politique intérieure et extérieure les ont poussés à faire le choix de nous rejoindre, et à la suite d'une longue coopération nous avons accepté. Ceci ne relève que de Tel-Érib, et la Cyrénanie a seulement fait ce qui était bon pour son Peuple, c'est-à-dire ouvrir les frontières et favoriser le développement économique de notre pays, qui serait resté fermé et en retard sans cela. Tel-Érib nous a beaucoup apporté et nous apportera de bonnes choses pendant encore longtemps.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Je vois. Dans ce cas, si vous n'avez pas de volonté d'agrandissement supplémentaire de votre territoire, je suppose que nous pouvons coopérer largement. Mais gardez bien à l'esprit que Tel-Mehrat a, à la suite de son indépendance envers Tel-Érib, qui s'est faite presque par chance, subi une terrible guerre intestine qui se solda par la perte de la moitié de son territoire – ce qui constitue aujourd'hui Tel-Dehat. L'indépendance nous fut suffisamment chère pour que nous ne souhaitions pas la perdre. En tant que Roi, je n'ai pas de grande place sur la scène politique. Mais, bien que nous ne soyons pas aussi démocratique que la Cyrénanie, nous sommes un peuple mûr et conscient de son unicité. Ceux qui souhaitent un rattachement à la Cyrénanie sont rares et faibles : ils ont obtenus 11,9 % aux dernières élections législatives, ce qui n'est pas véritablement menaçant. Leur score a été gonflé par la vassalisation de Tel-Érib à la Cyrénanie, mais cet événement passera. De plus, cela n'a pas empêché les électeurs de réélire les conservateurs déjà au pouvoir depuis 6 ans, ce qui est plutôt une bonne chose pour la continuité politique. Et quand vous regardez le parti qui est arrivé second à ces mêmes élections, ce sont également des conservateurs qui, grosso modo ne divergent des premiers que quant à la question de la dynastie qui devrait régner.
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Je conçois bien tout cela, et la Cyrénanie respecte et félicite votre indépendance et votre maturité politique. Nous ne sommes pas expansionnistes, nous ne recherchons pas la domination territoriale. De même, nous ne jugeons pas nécessaire d'avoir une place importante en termes de géopolitique. La Cyrénanie n'a pas pour objectif d'être puissante, elle souhaite simplement œuvrer humainement et de manière favorable à ses citoyens.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Tel-Mehrat n'a pas non plus la prétention de devenir une grande puissance, car nous sommes conscients que nous n'en avons que difficilement les moyens. Nous ne sommes pas un Wapong empli d'uranium ou une Sébaldie meneuse de l'union de son continent. Mais même sans être leaders de nos continent, nous souhaitons participer à son union, et c'est pourquoi notre politique extérieure se centre sur le Vicaskaran et, actuellement, sur l'Union du Vicaskaran. En tant que petits, nous savons que l'union fait la force. La Cyrénanie a-t-elle de même une visée vicaskarane dans sa diplomatie ?
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Tout à fait. De part notre influence certaine en termes de PIB, de démographie et d'alliances, nous ne pouvons nous couper totalement du monde, et ce serait une très mauvaise chose. Le Vicaskaran n'est pas notre priorité, et c'est pourquoi nous n'avons pas souhaité nous intéresser à l'Union du Vicaskaran, que ce soit sous sa première ou sa deuxième forme. Mais nous avons récemment conclu des accords avec le Khaldidan, et avons poursuivi les accords contractés par Tel-Érib, qui s'ajoutent à nos accords conclus auparavant. Nous nous considérons vicaskarans, mais notre coupure terrestre avec le continent nous isole par la force des choses. Nous sommes favorables à une coopération légère avec les autres états vicaskarans, mais pour autant nous ne pensons pas que le fait d'être sur le même continent soit réellement un facteur de rapprochement. Au Vicaskaran cohabitent la Fédération d'Aquanox, la Shawiricie, l'Esmark et le Khaldidan. Ces quatre états si différents ne peuvent se réunir dans la joie et la bonne humeur et coopérer fortement simplement parce qu'ils sont géographiquement proches. Je pense donc qu'il est préférable de nous rapprocher des états proches idéologiquement et culturellement de nous. Notre relativement longue absence de la scène internationale a fait disparaître les dernières relations que nous entretenions. C'est pourquoi, en prenant appui sur les traités tel-éribains, nous souhaitons accroître la coopération avec l'Océania ainsi qu'avec les autres pays adélophones.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Pourquoi en ce cas souhaitez-vous également coopérer avec Tel-Mehrat ? Qu'avons-nous, finalement et ceci dit sans souhaiter vous irriter ou vous vexer, de si spécial pour que vous penchiez votre regard sur nous?
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Il n'y a pas si longtemps, Tel-Mehrat et Tel-Dehat étaient tel-éribains. Il n'y a pas si longtemps mais un peu plus, Tel-Érib était une province cyrénane. Nous considérons que tous ceux vivant sur l'Île du Prince font partie d'un même Peuple. Et même si nous ne favorisons pas l'unité territoriale des états présent sur cette même île, nous tout à fait opposés à une ignorance pure et simple, car nous considérons que nous sommes reliés par une histoire commune qui ne peut être effacée, alors que les principes d'appartenance continentale, s'ils sont évidents et justifiés entre le Danube et l'Esmark, sont moins évidents pour l'Île du Prince ou l'Île du Perlian, qui sont, finalement, séparées du continent. Lorsque vous comparez la taille de l'Île du Prince à la taille du Thyroptis, vous remarquez qu'elles sont presque égales. Voilà pourquoi nous sommes parfois enclins à préférer considérer l'Île du Prince comme un continent à part entière.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Je vous comprends. Quoi qu'il en soit, nous sommes entièrement ouverts à la coopération et à l'ouverture à la Cyrénanie. Le parti conservateur, au pouvoir, a du faire alliance avec le Parti Libéral afin d'obtenir une majorité au Parlement, et sa politique s'en trouvera donc saupoudrée de libéralisme qu'ils ne pourront qu'accepter, la constitution d'une coalition avec les Monarchistes étant impossible dans l'état actuel des choses. Sous quelle forme imaginez-vous la coopération entre nos deux États ?
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Nous souhaitons que la coopération se fasse sous les aspects économique, géopolitique et culturel.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Je suis sûr que nous développerons ces aspects. Sur le principe, nous n'y sommes absolument pas opposés. Je souhaite que nous traitions tout d'abord le domaine géopolitique, car c'est avec celui-ci que vous avez égaillé ma curiosité. Quelle forme de coopération à ce sujet entendez-vous ?
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
La Cyrénanie n'est pas opposée à vous aider militairement, tout d'abord. Nous sommes conscients que vous ne disposez d'aucune armée. Si vous avez pu conserver la moitié de votre territoire en 2020, c'est grâce aux armées des Nations de la Sainte Alliance, qui ont saigné pour protéger votre peuple. Vous leur être naturellement redevables. Nous souhaitons laver cette ardoise et vous permettre de ne plus leur devoir que la foi. Je pense qu'il est préférable que vous ne voyiez pas votre politique extérieure naissante bloquée par ces vieux renvois d'ascenseur.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Comment comptez-vous compenser leur présence au moment le plus critique de notre existence ?
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Nous ne pouvons contacter les Nations de l'ancienne Sainte Alliance pour leur dire que la Cyrénanie combattra avec eux pour remplacer votre soutien. Toutefois, nous pouvons vous fournir, occasionnellement, une armée pour répondre à l'appel de vos frères catholiques. Ainsi, nous vous proposons de former une armée entretenue par nos deux États – la participation tel-mehratie serait bien entendu à la hauteur de ses moyens financiers. Un drapeau commun nous permettrait de laver ensemble votre ardoise et d'agir ensemble lors d'actions nécessaires dont nous conviendrons. Bien sûr, si vous refusez d'intervenir, seul le drapeau cyrénan sera arboré. De même, si nous refusons d'intervenir, seul le drapeau tel-mehrati sera arboré par les soldats. Les recrutements seraient effectués parmi nos deux populations et les achats de nouveaux armements acceptés par nos deux états et achetés avec un budget auquel nous contribuerons proportionnellement. De même, les entraînements seraient organisés ou sur votre territoire ou sur le nôtre. Enfin, le commandement de cette armée serait bilatéral, puisqu'il serait composé de hauts-gradés proportionnellement à la contribution financière de chacun de nos états. Tout l'organisation de cette armée serait donc, pour résumer, bilatéral et proportionnel.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Nous ne pouvons accepter cela. Cela relève d'une coopération trop avancée pour Tel-Mehrat. De plus, notre participation serait si faible par rapport à la vôtre que nous n'aurions aucun contrôle sur cette armée. Un tel projet ne peut marcher que si les deux États sont proches économiquement parlant. Néanmoins j'aime ce projet, et je souhaite qu'un jour nos deux pays parviennent à l'appliquer. Cela ne peut qu'être une bonne chose.
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Je comprends. Je vous propose, en ce cas, autre chose, toujours sur le sujet de l'armée. La Cyrénanie vous fournira, en cas de demande faite par les autorités tel-mehraties, des troupes et matériels militaires qui arboreront votre drapeau et vous permettront d'intervenir là où vous le souhaiterez afin de soutenir vos alliés et frères catholiques. Cela a pour avantage de vous exempter du coût d'entretien d'une armée. De plus, en partageant notre armée, nous évitons une trop grande prolifération militaire dans le monde, qui pourrait mettre en danger l'équilibre géopolitique de notre monde.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Voilà une proposition davantage pertinente et abordable pour Tel-Mehrat. Que souhaitez-vous en échange de cet accord ?
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Nous souhaitons que vous n'ayez aucun contact diplomatique avec les états socialistes et/ou membres de l'Organisation des Peuples Souverains.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Cela sera difficile, Excellence. Le traité de paix de Rauha nous oblige à avoir au moins une rencontre par an avec Tel-Dehat. De même, la Fédération d'Aquanox fait partie de cette OPS, et en cas d'acceptation de leur part du nouveau traité fondateur de l'Union du Vicaskaran nous serons obligés, au sein de cette organisation, d'avoir un minimum de relations diplomatiques. Nous couper de ces états est donc très difficile – au moins au Vicaskaran. Et nous ne sommes pas disposés à renier l'Union du Vicaskaran.
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Nous comprenons cela. Toutefois, nous ne pensons pas que la Fédération d'Aquanox acceptera ce nouveau traité, qui est trop démocratique pour les despotes tarnois. Pour ce qui est de Tel-Dehat, cela me permet d'introduire le prochain point.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Une fois encore, vous égayez ma curiosité. Dites-m'en davantage.
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Si jamais il vous venait à l'idée de souhaiter que Tel-Dehat rejoigne Tel-Mehrat, d'une manière ou d'une autre, nous sommes disposés à vous aider. Cette présence socialiste au centre de notre Île ne nous plaît guère, au même titre que leur discrétion. Nous trouvons très étonnant qu'ils aient été refusés par les membres du Pacte de Novgorod, et sommes donc très suspicieux quant à cet état. Notre volonté principale n'est pas de déclencher une guerre d'annexion. Nous n'avons pas le souhait de votre Tel-Dehat rejoindre la Cyrénanie. Comme nous vous l'avons dit auparavant, nous n'avons pas pour objectif d'agrandir notre territoire. Toutefois, nous ne serions pas opposés à ce que Tel-Mehrat recouvre ses anciennes possessions.
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Je ne serais pas non plus opposé à cela. L'indépendance de Tel-Dehat est un affront fait aux tel-mehratis. De plus nous pensons que cela ne serait pas une mauvaise action pour la population tel-dehatie, qui sans aucun doute souffre du régime socialiste mis en place et tenu artificiellement en place par le despote qu'est Loki von Valdorf. Si nos informations sont bonnes, il semble très malade et proche de la fin de sa vie. Même s'il fait accepter la loi de changement de constitution afin d'établir un régime calqué sur le régime esmarkien, il est impossible que le pays conserve son unité lorsqu'il mourra. Il est l'auteur de l'indépendance de Tel-Dehat, et je doute qu'il se soit suffisamment imposé pour que son successeur lui ressemble.
  • Efhrem Attinc,
    Président de la Fédération de Cyrénanie
Je partage votre point de vue. Nos deux pays collaboreront à ce sujet. En échange de cela et de la rupture de vos relations diplomatiques avec les pays socialistes et les pays membres de l'OPS, nous accepterons de vous aider au niveau militaire comme je l'ai précisé auparavant. Sommes-nous, jusqu'ici, en accord?
  • Clemens I,
    Roi de Tel-Mehrat
Nous sommes d'accord.

Les deux chefs d'états signent au bas d'un document récapitulant ces premières décisions, et le document est placé parmi les dossiers secrets. La discussion reprend le lendemain et aborde les deux autres thèmes proposés par le Président cyrénan : l'économie et la culture, donc les accords seront rendus publics une fois acceptés.
Iskupitel

Message par Iskupitel »

[center][spoiler="Avant-propos"][img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/33/Parental_Advisory_label.svg/200px-Parental_Advisory_label.svg.png[/img]
Il paraît qu'il faut que je mette un avertissement, alors voilà. Ceci est un RP. L'unique but de ce petit récit est de montrer ce qui se passe dans mon pays. Tout n'y est pas rose, et c'est clairement annoncé depuis longtemps puisque les tel-éribains sont nombreux à être pédophiles ^^
Soyez donc prévenus que cela risque d'être possiblement choquant. Je ne cautionne pas ce qui est dit ici, et cela doit rester In Game. J'espère tout de même que vous apprécierez et passerez outre ces petits instants de chair fraîche ~[/spoiler]

[img]http://cdn1.images.popstaronline.com/wp-content/uploads/2014/06/Screen-Shot-2014-06-27-at-10.37.01-AM.png[/img]
Photographie prise à Aqshiah et postée sur le compte Twikle d'Eden Meheb le 1er juin 2026.[/center]

Assise sur un banc, elle regardait, arborant un léger et discret sourire, son téléphone et les photos qu'il contenait. Tout en retouchant ses cheveux blonds, elle en vérifiait la courbure. Elle n'aimait pas qu'ils ne soient pas parfait, et souvent elle se surprenait à se penser trop superficielle. Elle savait pourquoi elle était superficielle. Elle savait qu'elle n'avait plus que cela, qu'au fond d'elle tout était brûlé, détruit, brouillé. Depuis qu'elle avait 9 ans, elle avait vécu [url=http://www.simpolitique.com/post234701.html#p234701]l'enfer des bordels tel-éribains[/url].

Elle avait maintes fois tenté d'y prendre du plaisir, de se contenter de sa position dans le monde, d'être heureuse malgré tout, voire même d'être heureuse grâce aux hommes qui venaient pour la faire souffrir. Elle avait pensé que les mâles dont le plaisir ne pouvait s'exprimer sans sa présence la rendaient heureuse, la rendaient essentielle, intouchable. Mais les lois des maisons closes ne sont pas si douces pour les petites filles. Les fillettes n'étaient pas suffisamment, et la demande ne cessait d'augmenter. La plupart des hommes et femmes qu'elle a reçu avant de s'enfuir avaient du mal à achever leur besogne, et plusieurs fois son client dut se résigner à partir bredouille. Elle sentait bien, habituée qu'elle était, qu'ils ne faisaient pas cela pour le plaisir de sentir la jeunesse affluer en eux. Leur plaisir ne venait pas de son corps de petite fille mais du principe en lui-même de pédophilie. Ils étaient nostalgiques. Les hommes mûrs avaient connu en quelques années trop de changement politique pour qu'ils en soient heureux. C'est pourquoi ils avaient voulu en revenir aux sources, et beaucoup pensaient que faire l'amour à ces petites filles qui les attendaient dans les instituts de joie leur rendraient l'énergie qu'ils avaient avant, la jeunesse qu'ils avaient perdu, ou tout simplement un air de déjà-vu, leur rappelant lorsque, sous le règne du Prince, l'amour des enfants était une véritable tradition. Eden avait, une fois, accueilli un homme d'une cinquantaine d'années qui pendant les ébats avait longuement parlé de la manière tel-éribaine d'élever « l'avenir de la nation ».

La petite fille avait vu arriver de nombreuses autres petites filles, et beaucoup d'entre elles ne passèrent pas la première nuit. La règle du « un client par soir » avait rapidement été abolie, et la moyenne était de deux clients par jour. Les plus faibles régalaient rapidement les cochons grouillant à l'arrière du bâtiment. Eden avait vu ce spectacle une seule fois, et elle avait décidé de ne pas faillir, de ne pas finir de la même manière, de ne pas mourir ici. Peut-être est-ce ainsi qu'elle a survécu à cette affreuse période de sa vie.

À 14 ans, elle avait été choisie pour alimenter la Ménovie en jolies jeunes femmes. Elle savait très bien qu'elle ne serait pas bien traitée là-bas, et que ce n'était pas une très bonne nouvelle. Aucun n'en était revenue, et même les propriétaires disaient ne rien savoir à propos de ce qui se passait dans ce lointain pays. Alors Eden s'était enfuit sur le chemin vers l'aéroport. N'ayant sur elle que le carnet qu'elle avait rempli de ses expériences et pensées pendant ces cinq années d'horrible labeur, elle ne pouvait rentrer chez elle, ne sachant ni où elle était, ni ou elle avait vécu, ni même si ses parents étaient encore en vie ou s'ils vivaient toujours au même endroit. Et qu'aurait-elle dit ? Pouvait-elle revenir, cinq ans après, dans leur vie comme si de rien n'était ? Pouvait-elle revenir à une vie de famille normale après tout ce temps ? Elle ne savait que faire. Elle fuit pendant plusieurs jours, errant dans la ville où elle se trouvait, dormant sous les ponts et mangeant ce qu'on acceptait de lui donner. Elle ne pouvait plus faire confiance à personne. Quelques temps, elle pensa qu'il serait peut-être plus intelligent de rentrer au bordel. Mais tout son corps le lui interdit. Elle ne voulait plus vivre les souffrances sexuelles qu'elle y avait connu. Dans tous les hommes et toutes les femmes qu'elle voyait dans la rue, elle voyait un esprit pervers et tordu qui souhaitait assouvir ses propres désirs en usant de son jeune corps.

Un jour, alors qu'elle faisait la manche dans une grande rue, un homme s'arrêta, lui donna un peu d'argent et la reconnut, l'appelant même par son prénom. Elle en avait été effrayée, et avait pensé que les propriétaires l'avaient retrouvée et qu'elle retournerait de force au bordel. Mais son absence n'avait été remarquée que par les convoyeurs, qui à ce moment se trouvaient encore en Ménovie et qui n'avaient pas averti les autres restés sur place. L'homme était parti sans avoir obtenu de réponse, puis était revenu avec un sweat-shirt à capuche qu'il donna à Eden en souriant.
  • « Il vaut mieux que tu restes cachée, je pense, Eden. Ils pourraient te retrouver sinon », dit-il.
Elle le remercia, ne sachant que faire.
  • « Allez viens, j'ai un appartement pas loin, tu pourras me remercier pour mon cadeau », ajouta-t-il.
Et voilà. L'homme était un pervers fini. Elle ne voulait pas le sentir en elle. Elle voulait tourner la page sur cette vie qu'elle n'avait pas choisi. Elle ne voulait pas entrer chez cet homme. Elle ne voulait pas qu'il pense pouvoir la toucher. Ils se regardèrent dans les yeux assez longuement, puis il reprit la parole.
  • « Tu ne veux pas, c'est ça ? »
Elle hocha la tête, incapable d'ouvrir la bouche.
  • « Je comprends. Juste pour une douche et un repas alors ? Je promets que je ne te ferai rien. »
    « … d'accord. »
Il l'aida à se relever et ils se rendirent dans son appartement, un trois pièces assez luxueux. Elle alla prendre une douche. Elle prit son temps, sachant que d'une façon ou d'une autre il la regardait et en profitait pour se contenter seul. Lorsqu'elle sortit de la douche, il avait fini et préparait à manger. Et bien entendu, pas l'ombre d'un vêtement propre. Affichant une moue, elle enfila les haillons qui lui avaient servi jusqu'ici.
  • « Tu peux aller dans ma chambre, Eden, il y a des vêtements pour toi sur le lit. »
Elle s'exécuta sans un mot, peut-être un peu trop docile. Quel que soit le degré de perversité de son hôte, il l'accueillait et elle lui devait bien un peu d'obéissance. Elle enfila les vêtements propres, les trouva un peu trop grand, et rit jaune lorsqu'elle vit qu'ils consistaient en fait en un débardeur, un sweat-shirt et un leggings. Lorsqu'elle regarda à quoi ressemblait ladite chambre, elle versa quelques larmes en voyant une boîte emplie de préservatifs. Elle pensa que si elle était suffisamment ferme, elle réussirait à échapper aux avances de l'homme. Elle retourna dans la salle de vie. La voyant arriver, il afficha un petit sourire et énonça un compliment qu'elle ne prit pas la peine d'écouter. Sur la table basse devant la petite télévision, elle trouva une photo d'elle. Non sans un léger rictus, elle prit [url=http://www.vrak.tv/polopoly_fs/1.1405055.1397497821!/image/SabrinaCarpenter_WireImage-Getty_816.jpg_gen/derivatives/vrak_816_459/SabrinaCarpenter_WireImage-Getty_816.jpg]l'image[/url] et la regarda. L'homme avait du récupérer la photo au bordel, puisqu'elle avait été prise à son arrivée, lorsqu'elle avait 9 ans. L'homme était occupé aux fourneaux, et elle sentait un doux fumet qui commençait à arriver jusqu'à ses narines. Vérifiant qu'il ne regardait pas, elle cacha le papier dans la poche de son sweat-shirt et attendit qu'il termine la préparation du repas.

Lorsque ce fut fait, il lui demanda d'installer la table en indiquant où se trouvait la vaisselle. Elle sentait son regard lubrique posé en permanence sur son corps. Elle ne trouvait pas cela agréable, mais elle ne pouvait faire sans pour le moment. Elle se disait qu'il était préférable qu'il la regarde, s'il ne la touchait pas. Ils mangèrent lentement et dans le silence un peu de viande en sauce accompagnée de pommes de terre. Elle n'avait pas mangé aussi bien depuis très longtemps. Ses papilles se réveillaient et semblaient bouillir de joie lorsqu'elle avalait la sauce. L'homme semblait pensif, regardant au loin et ne pipant mot. Lorsqu'ils eurent fini, ils firent la vaisselle, ne s'adressant toujours pas la parole.
  • « Tu ne veux vraiment pas ? »
    « Non », répondit rapidement Eden, sachant très bien de quoi il voulait parler.
    « Je vois. Tu peux dormir sur le canapé. »
Il se rendit dans sa chambre, fermant la porte. Elle ne se sentait pas en confiance, et lorsqu'elle s'allongea sur le canapé, closant ses paupières, elle garda son attention, espérant qu'il ne tente pas de la violer pendant son sommeil. Au milieu de la nuit, elle ouvrit les yeux et le vit dans un fauteuil proche, fumant une cigarette et la regardant. Tremblant, elle se recroquevilla en position fœtale.
  • « Tu es belle quand tu dors », commença-t-il.
    « Arrêtez de me regarder comme ça… » balbutia-t-elle d'une voie chevrotante.
    « Tu es sûre que tu ne veux pas ? »
    « Oui. J'en suis sûre. Arrêtez. S'il-vous-plaît. »
    « Non. »
    « Quoi ? »
    « Je t'accueille, je t'offre des vêtements, de la nourriture. Et malgré tout tu restes ingrate ? »
    « Je ne veux pas. J'ai réussi à m'enfuir, je ne veux pas… »
    « Bon. Tu l'auras voulu. Je te propose un marché. Les employés du bordel te retrouveront un jour ou l'autre. Soit je te laisse dans la rue, soit je te présenterai un ami qui te permettra de partir en Océania. Là-bas, il fera beau et tu seras hors de portée de tes anciens propriétaires. Avec ta beauté, tu deviendras une prostituée de luxe pour les riches touristes de passage en Océania et les hommes influents. Tu seras bien traitée. »
    « Je ne veux ni l'un ni l'autre, je veux garder mon corps pour moi. Vous n'avez pas le droit de me faire subir cela. »
    « Sois heureuse et reconnaissante que je ne t'ai pas encore baisée. Si tu savais comme j'en ai envie… » dit-il avec une voix plus grave, plus bestiale, s'énervant un peu, à la fois contre elle et contre lui-même. Il se calme puis reprit « Quelle situation préférerais-tu ? Être maltraitée ou bien traitée ? »
Elle préféra ne pas répondre et baissa les yeux, réfléchissant à comment se débarrasser de cette situation. Elle ne voulait pas croire ce que cet homme disait. Elle ne voulait plus offrir son corps, elle détestait trop cette sensation de honte et de dégoût qui la traversait lorsqu'on profitait d'elle ainsi. Elle ne voulait pas aller en Océania, mais elle ne savait pas si elle pourrait survivre sans personne. Elle sentait un poids immuable qui la faisait taire et l'empêchait de réfléchir correctement. Cet homme qui le fixait, elle ne voulait plus le voir. Elle ne savait comment survivre dans une ville, seule. Il reprit la parole, tentant un peu plus de la convaincre.
  • « Tu ne peux pas encore quitter ta fonction de fille de joie. Réfléchis : si tu restes ici, on te récupérera, et tu pourrais très mal tomber. Je pense ne pas être un hôte trop méchant avec toi. Dans ce pays, le nombre de personnes qui voudront te violer et te conserver est très élevé. Tu es trop belle pour rester ici. Profite de ta beauté et pars. En Océania, ils te paieront, et un jour tu pourras partir et refaire ta vie loin de ce monde sombre. »
Elle ne savait si elle pouvait le croire, mais il semblait sincère. Il avait terminé sa cigarette et l'écrasait à présent dans un cendrier posé sur la table basse. Il se frotta les yeux puis les posa sur Eden.
  • « Si tu le souhaites, je peux t'héberger quelques temps, le temps que tu partes pour l'Océania. Je te promets de ne rien te faire si tu ne le souhaites pas. Je t'offrirai des vêtements et te nourrirai. Tu pourras avoir une vie de famille normale. »
Tentant de le quitter du regard, elle posa le sien sur le mur, où étaient accrochées des photos, dont une de l'homme avec une fillette. Il regarda où menait son regard, et reprit avec un sourire triste.
  • « J'ai perdu ma fille il y a deux ans. Elle a été fauchée par une voiture. »
Elle comprit alors qu'il voyait en elle comme une deuxième fille. L'air de ressemblance était pourtant très lointain, mais elle avait eu beaucoup de clients qui lui avaient demandé d'agir comme leur fille. Peut-être était-ce un fantasme plus récurrent et répandu qu'elle ne le pensait. Ou peut-être cet homme était-il simplement très attaché à sa fille et voulait-il en retrouver une. Elle avait entendu dire que beaucoup de tel-éribains couchaient régulièrement avec leurs enfants. Voilà bien une manière d'éduquer les enfants qui répugnait Eden. Ses parents ne lui avaient jamais rien fait, à elle, et elle avait perdu la fleur de l'innocence lorsqu'elle était arrivée au bordel. Elle aurait voulu la retrouver, mais elle savait que cela était simplement impossible. Parfois, elle se demandait ce qu'elle aurait vécu si elle n'avait pas été kidnappée par les propriétaires. Elle regarda l'homme dans les yeux.
  • « D'accord. »
Affichant un sourire franc, il alluma une seconde cigarette et prit son téléphone.
  • « Allô, Jacob ? J'ai une nouvelle cliente pour toi. Oui, l'Océania. 15 ans tout juste. Elle sort de 5 ans de boulot intensif. Oui. D'accord. À bientôt. »
Il raccrocha, puis se leva, écrasant la cigarette à peine entamée dans le cendrier.
  • « Eden, viens, je vais te montrer ta chambre. »
Il l'amena devant un placard, qu'il ouvrit, découvrant une pièce d'environ 2m². Un lit y était posé, recouvert par une couverture.
  • « Ce n'est pas génial, mais ce sera toujours mieux que le canapé. Je te laisse te mettre à l'aise. Bonne nuit. »
Il repartit vers sa chambre, et Eden se coucha sur le lit, se dénudant après avoir vérifié l'absence de caméras ou de trou par lequel elle aurait pu être épiée. La fin de la nuit fut bien meilleure que la première moitié, bien que la jeune fille ait eu du mal à s'endormir, tourmentée par ce qui l'attendait. Elle était partagée entre la joie de quitter ce pays, d'en découvrir un autre, d'avoir la possibilité d'avoir une vie de famille à peu près normale pendant quelques temps, et la peur de l'avenir, de ce qui pourrait lui arriver une fois dans ce pays lointain. Pourtant, elle avait entendu parler de l'Océania. Ce pays n'était pas si lointain, et elle savait le placer sur une carte. On lui avait dit que les liens avec ce beau pays étaient forts, et que tout le monde y allait pour les vacances. Cela devait être paradisiaque. Ils devaient aussi être très avancés technologiquement, puisqu'ils avaient apporté Internet à Tel-Érib et à la Cyrénanie.

Le lendemain, elle se leva tôt et prit la décision de préparer à manger, étant de bonne humeur. Elle s'était convaincue que le bout du tunnel était proche, et que si elle apprenait à prendre du plaisir elle ferait bientôt l'amour sur une plage, et elle s'était persuadée que cette image était bonne et qu'elle en serait heureuse. Puis, un jour, elle pourrait se libérer complètement et pourrait réellement prendre du plaisir avec, peut-être, un homme qu'elle aimera. Elle aimerait connaître l'amour et avait déjà vu, une fois, un film d'amour à la télévision. Elle voulait connaître cette romance, mais elle savait bien qu'elle n'en était pas capable pour le moment. Elle savait qu'elle devrait encore vivre dans la honte un certain moment. Mais elle avait foi en la promesse de l'homme : un jour, elle pourrait se libérer d'elle-même et partir le plus loin possible pour vivre heureuse. Peut-être dans un pays exotique. Elle avait entendu parler d'un beau pays, la Franconie. Ils ont une équipe de rugby, et elle aimait bien les rugbymen. Alors qu'elle venait de s'échapper, elle avait assisté à un entraînement des franconiens, où elle avait été filmée. À l'époque, elle avait jouissait encore de la joie de s'être échappée. C'était avant de passer ses nuits sous les ponts, quand elle ressentait encore l'ivresse de la liberté.

L'après-midi, une fois l'homme rentré de son travail à mi-temps dans une supérette non loin, ils allèrent ensemble faire des courses, et elle ressentit un sincère bonheur qu'elle n'avait plus connu depuis très longtemps. Il la considérait comme sa fille, et même si parfois elle sentait qu'il tentait de s'approcher et que cela n'était pas désintéressé, elle ressentait l'envie de le remercier pour tout ce qu'il faisait pour elle. Il la prit en photo, et elle créa un compte Twikle sur lequel elle put la poster, toute heureuse de pouvoir agir comme la jeune fille normale qu'elle aurait du et voulu être. Une semaine passa tranquillement, et Eden se réjouissait, tous les soirs, de ne plus sentir de mains sur ses hanches, de bien manger, de ne plus devoir subir l'extase de son partenaire sur son doux visage. Puis, un jour, un homme arriva dans l'appartement, et avec son hôte ils prirent une bière tout en discutant de choses et d'autres. Eden, qui n'aimait pas les effluves de tabac consumé, était restée à l'écart. Deux heures après son arrivée, le visiteur s'apprêta à repartir, et le maître des lieux appela la jeune fille pour qu'elle vienne. Elle s'approcha des deux hommes, et le second lui toucha les cheveux, regarda son visage et lui demandant de se tourner, posant les yeux sur son postérieur qu'il tâta sans gêne, et elle se convainquit de ne pas réagir, ne souhaitant pas fermer la première porte menant à la sortie du tunnel.
  • « Pas mal, vraiment. Tu seras récompensé pour cela, Hohoth. »
L'homme parlait d'une voix grave et peu rassurante, et son début de calvitie amplifiait son caractère austère.
  • « Je la prend tout de suite, elle prendra l'avion avec Naomi toute à l'heure. Je vais à ma voiture, je vous laisse vous dire au revoir. » Il s'arrêta, sourit à Eden, puis reprit à l'attention d'Hohoth : « tu avais raison. Une perle. »
Puis il sortit de l'appartement sans plus de cérémonies. Son hôte la regarda, l'air un peu triste, et dans ses yeux elle pouvait lire son désespoir de la voir partir. Ils s'étreignirent, puis elle soupira et lui souffla : « Venez » avant de l'emmener vers sa chambre, où elle lui offrit un cadeau d'adieu. Se relevant en essuyant la commissure de ses lèvres, elle rassembla rapidement ses affaires et, en partant, lui sourit franchement, l'assurant qu'un jour elle reviendrait le voir. En quittant l'appartement, elle avait l'impression de quitter son enfance, et bien qu'aller se prostituer en Océania n'ait jamais été son rêve, elle n'en était pas triste. Elle s'était faite à sa condition, et ses bonnes résolutions lui permirent d'afficher un petit sourire jusqu'à ce qu'elle arrive à Calton. Elle ne voulait plus vivre au jour le jour, et ne regardait plus que l'avenir, sentant que c'était la meilleure solution pour son bonheur. En repensant à la gâterie qu'elle avait offert à son hôte avant de partir, elle se rendit compte que c'était la première fois qu'elle était heureuse de son action, et qu'elle ne se sentait pas sale. Elle avait contenté quelqu'un sans y être opposée, et elle trouvait cela agréable.
Iskupitel

Message par Iskupitel »

[center][spoiler="Avant-propos"][img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/33/Parental_Advisory_label.svg/200px-Parental_Advisory_label.svg.png[/img]
Il paraît qu'il faut que je mette un avertissement, alors voilà. Ceci est un RP. L'unique but de ce petit récit est de montrer ce qui se passe dans mon pays. Tout n'y est pas rose, et c'est clairement annoncé depuis longtemps dans certains de mes RP ^^
Soyez donc prévenus que cela risque d'être possiblement choquant. Je ne cautionne pas ce qui est dit ici, et cela doit rester In Game. J'espère tout de même que vous apprécierez et passerez outre ces petits instants de chair fraîche ~[/spoiler]

[img]http://www.businesstravel.fr/images/stories/hotels/parkhyatt/park-hyatt-sydney-opera-chambre-deluxe.jpg[/img][/center]

L'Océania ne déplaisait pas trop à Eden, qui appréciait la chaleur ambiante et constante du pays thyroptien. Bien sûr, elle préférait le froid tel-éribain, mais le froid lui rappelait trop de mauvais souvenirs. Elle avait décidé de faire une croix sur ce passé et d'aller de l'avant, de se projeter sans cesse vers l'avenir pour oublier sa condition actuelle. En ce jour, cela faisait presque une semaine qu'elle était présente à Calton. Elle avait été accueillie gentiment par les nouveaux propriétaires, et elle n'avait rien à leur reprocher. Comparé à ce qu'elle avait vécu à Tel-Érib, être une prostituée mineure en Océania était presque agréable. En une semaine, elle n'avait été appelée à travailler que quatre fois, et seulement trois fois pour une totale. Elle commençait à s'habituer à l'idée de travailler ici et de fréquenter les beaux hôtels. Son rêve de coucher avec un homme sur une plage ne s'était pas encore réalisé, mais elle ne le perdait pas de vue et proposait toujours à ses clients de sortir de l'hôtel pour aller sur la place. MacLoyd, le grand propriétaire, l'avait accueillie de manière très galante et n'avait pas été insultant ou méchant envers elle. Il semblerait qu'en Océania les proxénètes fassent plus attention à leurs marchandises qu'à Tel-Érib. « Les pédophiles océaniens et tel-éribains ne sont pas du même standing », pensa Eden alors qu'elle était conduite par Hwang Jo, qui l'avait récupérée à l'aéroport le jour de son arrivée, jusqu'à un hôtel où elle aurait son client du jour. « Ici, ce sont les riches, à Tel-Érib ce sont les pauvres. » La jeune fille s'amusa à affabuler comme si elle était devenue ethnologue en analysant dans sa tête les différences sexuelles entre les deux pays et en concluant que les riches essaient toujours de sortir du carcan sexuel imposé par la loi, puisqu'ils en ont les moyens, tandis que les pauvres font ce qu'ils ont toujours fait. À Tel-Érib, elle avait connu des dizaines de clients qui ne prenaient pas de plaisir véritable en jouissant de son corps enfantin mais qui n'imaginaient simplement pas se soulager dans une femme sans vouloir d'enfant. Dans une société où le port du préservatif était rare, profiter d'une fillette n'ayant pas encore eu ses règles était un moyen de contraception perçu comme un autre, ni plus ni moins.

Lorsque la Zanara Zalana se stoppa, Eden descendit, toujours accompagnée par ce qu'elle considérait être à la fois son chauffeur, son garde du corps et une sorte de surveillant qui vérifiait que tout se passait bien et qui recevait le paiement. Eden se sentait importante grâce à ce mayongais, s'imaginant déjà princesse ou héritière d'un trône quelconque, que ce soit au Kaiyuan, au Khaldidan ou même en Hokkaido. Tous deux se dirigèrent vers l'accueil, accusèrent réception de la chambre réservée pour eux, et se dirigèrent vers l'ascenseur. Durant le trajet en ascenseur, le silence fut pensant, et le temps qu'utilisait habituellement Jo pour donner des détails sur le client ou ses demandes spécifiques passa lentement et resta vide. Eden s'interrogea sur la raison de ce soudain et inhabituel silence, mais elle se concentra bien vite sur le miroir grâce auquel elle se recoiffa, vérifia son maquillage, et s'inspecta minutieusement, souhaitant être la plus présentable possible pour son client. Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, accompagnées par le son apaisant d'un triangle, elle en sortit, et Jo l'informa du numéro de la chambre avant que de redescendre, souhaitant l'attendre dans la voiture. « Il ne m'a pas trop l'air en forme, je devrais peut-être le requinquer manuellement un de ces quatre », pensa-t-elle en cherchant le numéro 912 tout en s'amusant de ce qu'elle était devenue et de la facilité qu'elle avait de penser de telles choses. Une fois la chambre trouvée et la porte ouverte, Eden s'installa tranquillement, vérifiant les lieux et l'heure. À vingt-et-une heures précises, on tapa à la porte, et Eden alla ouvrir. Devant lui se présenta un grand homme blond qui ne la regarda pas une seconde et se dirigea vers le lit.

« Bonjour, monsieur », hésita Eden dans un adélien approximatif.

« Bonsoir », répondit l'homme en hébreu.

Choquée d'entendre sa langue natale, elle s'arrêta dans son mouvement et le regarda dans ses yeux bruns, ces mêmes yeux bruns que ceux qu'elle a examiné dans le miroir de l'ascenseur. Puis elle engagea la conversation en hébreu, avide de retrouver ces sonorités à présent lointaines.

« Comment vous appelez-vous ? »
« Eth. »
« Vous voulez bien qu'on discute un peu avant de passer aux choses sérieuses ? »
« Je n'ai pas payé pour une discussion. »

L'atmosphère se fit plus pesante, et les deux juifs se regardaient fixement, aucun des deux ne souhaitant prendre la parole. Contrairement à ce qu'il affirmait, Eden sentait qu'il ne refuserait pas une discussion, mais elle ne savait que demander. Alors qu'on aurait pu les croire impuissant et vexée, Eden reprit la parole.

« Eth comment ? »
« Eth Meheb. »

Le choc fut plus grand que tout ce qu'elle avait pu imaginer. Elle resta abasourdie suffisamment longtemps pour que son client se tourne vers elle, l'embrasse et lui caresse les cheveux sans qu'elle ait de réaction.

« Et toi ? » souffla-t-il pendant qu'il lui touchait les hanches.
« Eden. Eden Meheb », réussit-elle à expirer tout en roulant des yeux effarés.

Il se retira aussitôt, et posa sur ses cheveux blonds un regard identificateur. Il semblait envahi par de multiples émotions et ressentis, des sentiments bien plus nombreux que ceux qu'éprouvait, dans l'instant, Eden. Elle ne s'était pas préparée à une telle situation, et elle ne savait pas quoi faire. Lui non plus ne semblait pas très apte à faire quoi que ce soit. Plusieurs mintues passèrent, accompagnées d'un discret ange, puis il se leva.

« Avez-vous une sœur ? » bégaya Eden.
« J'en avais une. Disparue il y a six ans. »

Elle savait qu'elle correspondait parfaitement à la description et que ses cheveux, comme ses yeux, étaient identiques à ceux d'Eth. Mais, aussi loin qu'elle se souvienne, elle ne connaissait pas de frère. Jamais elle n'avait pensé qu'elle avait une telle figure protectrice pour elle. Si elle avait su, serait-elle partie ainsi en Océania ? Instantanément, elle ressentait de l'affection pour cet homme qu'elle n'avait jamais vu et qu'elle venait de rencontrer par hasard avant le coït.

« C'est pas grave. On commence pas une fellation, ensuite une pénétration vaginale, et on verra pour la sodomie. »

Sa voix froide et posée lui fit soudainement peur. Comment son frère, qui savait l'être, pouvait-il tout de même souhaiter lui faire de telles choses ? Elle n'avait jamais envisagé l'inceste, elle ne savait pas comment elle devait réagir. Devait-elle le faire payer, étant donné que c'était son frère ? Devait-elle refuser de coucher avec lui, étant donné que c'était son frère ? Devait-elle appeler Jo ? Pendant qu'elle réfléchissait, Eth avait repris sa besogne, ne semblant pas se soucier de la réticence de sa sœur. Ses mains caressaient tout son corps et retiraient progressivement la robe légère de la jeune fille. Il semblait avoir fait une croix sur la fellation, mais il ne démordait pas du reste de la commande et, doucement, il se déshabillait. Il semblait habité par un esprit étranger, et Eden tenta, une fois revenue à elle, de se dégager de l'homme, en vain. La pression du mâle se fit de plus en plus pressante, et petit à petit elle sentait ses forces se décupler du fait de l'adrénaline.

Lorsqu'elle parvint à se libérer, Eden courut vers la porte, laissant toutes ses affaires dans la chambre, et dévala les escaliers plus vite qu'elle ne l'aurait jamais imaginé. Arrivant en bas, elle tapa un sprint jusqu'à la voiture de Jo, et, essoufflée, elle tenta de l'informer de la situation. Alarmé mais semblant ne pas comprendre, Jo lui fit signe de le suivre, et ensemble ils retournèrent à la chambre.

« Écoutez, M. Meheb. Il nous faut clarifier la situation. Que comptez-vous faire à cette demoiselle ? » commença Hwang Jo.
« L'amour, comme cela a été prévu. Vous préférez que je vous paie d'abord ? »
« Êtes-vous conscient que cette demoiselle est sans doute votre sœur ? »
« Je m'en contrefiche. Je suis là pour la sauter. C'est tout ce qui m'importe pour le moment. »
« Bien. Dans ce cas, M. Meheb, je vais être obligé de vous demander de partir. Bien que ce soit une prostituée, elle mérite un certain respect et ne se peut être violée. »
« Bon, bon… Si je paie elle s'occupera de moi comme le veut son job ? »

Jo regarda Eden un moment. Elle déglutit, pensant rapidement à tout ce que cela signifiait. Puis, elle hocha la tête doucement tout en fermant les yeux, se résignant à sa condition.

« Elle le fera », reprit Jo.

Eth hocha la tête et sortit une liasse de billets de son manteau posé non loin. Il échangea quelques mots avec le mayongais, puis la transaction fut achevée, et Jo quitta la pièce après avoir glissé un mot à l'oreille d'Eden : « Laisse-toi faire, oublie que c'est peut-être ton frère et fais comme d'habitude. Ne va pas te détruire, ce serait une mauvaise idée et une mauvaise chose, tant pour toi que pour nous. » Sitôt le bridé en dehors de la chambre, Eth s'empara de sa sœur en l'empoignant au niveau des épaules, l'embrassant goulûment avant de la déshabiller sans plus aucune patience. Les ébats se passèrent comme ils le devaient pour les deux protagonistes, mais Eden resta durant tout l'acte plongée dans des interrogations : était-il vraiment son frère ? Si oui, qui voudrait d'un tel frère ? Que devrait-elle lui dire après ? Que pouvait-il bien faire en Océania et non à Tel-Érib ? Était-il conscient de qui elle était ? Sa jeune tête fut rapidement submergée de questions sans réponse, et finalement Eden décida de ne plus penser à rien, de tout oublier et de se concentrer sur son emploi. Lorsqu'ils eurent fini, à la grande tristesse de la jeune fille, Eth se leva, se rhabilla et sortit rapidement, sans même lui accorder un regard. Elle resta allongée de manière suggestive sur le lit, dénudée et souillée, pendant plusieurs minutes durant lesquelles elle ressassa les quelques heures précédentes, avant de se lever et d'aller se laver. La jeune fille sentit la routine s'installer : quand bien même elle pouvait tomber sur son frère et devoir lui faire l'amour, la vie continuait à l'identique pour elle, et elle perdait progressivement tout espoir de changer. Avant que de sortir de la chambre, elle vit et récupéra sur le petit meuble à l'entrée de la chambre une carte de visite au nom d'Eth Meheb, avocat de profession. Rangeant le papier cartonné dans sa poche, elle sortit, rejoignit le soleil de Calton et monta dans la voiture de Hwang Jo, prête pour une nouvelle journée de dur labeur.
Iskupitel

Message par Iskupitel »

[spoiler="Avant-propos"][img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/33/Parental_Advisory_label.svg/200px-Parental_Advisory_label.svg.png[/img]
Il paraît qu'il faut que je mette un avertissement, alors voilà. Ceci est un RP. L'unique but de ce petit récit est de montrer ce qui se passe dans mon pays. Tout n'y est pas rose, et c'est clairement annoncé depuis longtemps dans certains de mes RP ^^
Soyez donc prévenus que cela risque d'être possiblement choquant. Je ne cautionne pas ce qui est dit ici, et cela doit rester In Game. J'espère tout de même que vous apprécierez et passerez outre ces petits instants de chair fraîche ~[/spoiler]

[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/288670Eden2.jpg[/img][/center]

Le dernier client d'Eden avait été l'homme le plus gentil qu'elle avait connu depuis son arrivée en Océania. Même s'il n'était pas riche, il avait économisé plusieurs mois pour s'offrir la beauté de la jeune fille, et lorsqu'elle était montée dans sa voiture, il lui avait paru timide et réservé, mais lui avait fait l'amour de manière torride et amoureuse, bien plus que tous ses autres clients. Elle avait apprécié ce moment, et regrettait seulement que ce ne se soit pas fait sur la plage, comme son rêve continuait à le lui demander.

Puis elle était rentrée à l'hôtel où elle vivait avec les autres coureuses de rempart, et une semaine s'était déroulée sans qu'elle ait de rendez-vous. Enfin, un jour, elle fut appelée à la grande salle, où les clients qui payaient un supplément pour emmener eux-mêmes la demoiselle recevaient celles-ci. Hwang Jo était présent, assis sur un canapé, un peu à distance du client. Eden s'approcha de celui-ci, et ils se dirigèrent vers sa voiture. Il paraissait nerveux et empli de tension, et la jeune fille lui proposa une gâterie pour le soulager. Étonnée qu'il refuse, elle le suivit sans parler, soudainement anxieuse d'être livrée à un homme ne voulant apparemment pas de ses services. Ensemble, ils prirent le StarThyroptis qui arriva à Wellington, la capitale, qu'elle n'avait eu l'occasion de voir que lorsqu'elle était arrivée, il y a de cela déjà quelques mois. De temps en temps, elle tirait de sa poche la carte de visite de son frère et relisait l'adresse, qu'elle connaissait par cœur mais qu'elle ne voulait pas oublier. Tous les jours depuis cette rencontre, elle voyait cette carte comme la seule trace qu'il avait laissé sur son passage, et elle se répétait tous les soirs, avant de s'endormir, qu'elle ferait tout pour le retrouver. Elle avait des questions à lui poser. Lorsqu'elle s'interrogeait à ce sujet, elle ne savait les formuler ; mais elle sentait qu'elle ne pouvait simplement admettre qu'elle avait un frère et qu'il avait demandé à partager un instant de chair. Elle qui avait toujours été persuadée qu'elle était fille unique de parents distants, cette existence remettait la sienne en question. Tout ce sur quoi elle s'était construite, mais aussi reconstruite, ressemblait désormais plus à un écran de fumée qu'à un passé tangible.

L'homme du jour l'emmena dans une chambre d'hôtel où l'attendait un autre mâle et du matériel de tournage. En entrant, alors que l'homme fermait la porte derrière lui, elle sentit son visage blêmir. Elle était prête à beaucoup de choses, mais elle refusait que ses ébats soient filmés. C'était à ses yeux impensable. Bien qu'elle ait vu et vécu bien plus de choses que ce qu'elle aurait du vivre à son âge, la pédopornographie lui semblait plus qu'affreuse. Longtemps légale à Tel-Érib, elle y avait été destinée. Heureusement, son interdiction grâce à la loi Viviane Kavel l'avait sauvée de ce destin funeste où les conditions de vie ne sont jamais acceptables. En effet, la loi établie par les propriétaires selon laquelle il était nécessaire et impératif de protéger le corps des fillettes n'agissait plus. Il était possible aux producteurs de tels films d'user autant que souhaité des corps juvéniles, enchaînant les films et les scènes en deux ou trois jours et en alternant seulement les partenaires masculins, avant de jeter les actrices épuisées et souffrantes dans une cave où elles finiraient leurs maigres jours. De plus, l'industrie de la pédopornographie était un monde sombre où les ébats n'étaient pas simplement filmés mais mis en scène. Correspondant aux souhaits des consommateurs, certaines scènes étaient plus qu'horribles, accumulant orgies et viols collectifs appréciés par une frange des odieux pervers s'astiquant allégrement en les regardant. Si elle acceptait avec regret de donner du plaisir à un homme, au sein d'une ambiance calculée et d'une intimité garantie, elle était effrayée par le fait de servir d'objet aux plaisirs charnels solitaires d'hommes qu'elle ne verrait jamais – et que de toute façon elle ne souhaitait pas rencontrer. C'est pourquoi, à la vue de ces caméras et de ces projecteurs, tout dans sa tête alla très vite. L'homme s'absenta un instant, et elle en profita pour tourner les talons, empoigner les clés de la voiture laissés dans le vide-poches à l'entrée de la chambre, et fuir, plus vite que jamais, plus vite que prévu, plus vite que possible. Elle manqua trois fois de tomber dans les escaliers, ayant sans raison boudé l'ascenseur qui l'attendait pourtant, portes grandes ouvertes.

Arrivée à l'entrée du haut bâtiment, elle sortit dans la rue et courut à en perdre la raison dans une direction inconnue, ne connaissant rien de cette capitale qui semblait l'engloutir à chaque pas. Tout au long de sa course, elle remerciait les bâtisseurs de cette ville pour avoir installé de nombreuses ruelles et faux-fuyants, grâce auxquels elle réussit bien vite à se perdre, mais aussi et surtout à perdre d'éventuels poursuivants. Aucun visage qu'elle croisait ne lui paraissait familier. Tous les habitants de cette zone de la capitale devaient être peu habitués à voir courir une jeune fille de la sorte. À bout de forces et de souffle, elle s'arrêta finalement devant un bar qui ne semblait pas très bien fréquenté. Intimidée, elle s'éloigna sans tarder, et se dirigea vers la mer, qu'elle sentait. Guidée par l'odeur du sel marin et quelques mouettes, elle se retrouva bien vite sur la côte. En cette période estivale, la chaleur était difficilement supportable, mais les océaniens et les touristes étaient très nombreux à bronzer sur la plage, profitant d'un soleil puissant et dangereux pour leur peau. Autour d'elle et de sa peau laiteuse, tous avaient le teint hâlé et un verre plein dans une main. Hésitant à demander son chemin car ne sachant pas vers où elle se dirigeait, elle erra quelques minutes entre les parasols et les magasins de glace. Puis, il se trouva devant elle ce qu'elle identifia comme étant un plan de la ville installé non loin d'un arrêt de bus. Elle tenta d'identifier les rues et de s'y repérer. Au centre du plan, il y avait un petit drapeau de Tel-Érib à côté duquel était un drapeau cyrénan. Peut-être que cela représentait l'ambassade de son pays. Peut-être devait-elle s'y rendre. Peut-être devait-elle profiter de cette occasion pour rentrer chez elle et mettre fin à cette vie de stupre et de luxure qui pouvait lui causer de gros problèmes. Elle n'avait que les vêtements qu'elle portait. Toutes ses économies étaient restées à l'hôtel de MacLoyd, le grand propriétaire. Elle était donc sans le sou et se refusait à faire la manche, bien que les habitants environnants lui aient semblé plutôt riches. Elle ne parvenait pas à se représenter la distance la séparant du centre de la ville, mais elle était décidée à le rejoindre. Alors qu'elle était en chemin vers ce qui lui sembla être la bonne direction, elle mit la main dans la poche arrière de son jean moulant et y retrouva la carte de visite de son frère. Elle relut l'adresse : « 1160, Jabo av. ». Demandant à une vieille dame dans un adélien approximatif le chemin qu'elle devait emprunter pour rejoindre cette rue, elle trouva enfin un but à son évasion. La femme lui indiqua nonchalamment qu'elle était déjà sur Jabo avenue et que le n°1160 était un peu plus loin vers le nord. Après avoir affiché son plus beau sourire, Eden courut vers un petit immeuble portant le numéro convoité. Là, elle chercha le bureau de son frère parmi toutes les plaques d'avocats. Lorsqu'elle l'eût déniché, elle frappa, et peu après le battant en bois s'ouvrit pour laisser apparaître Eth, visiblement surpris de la voir.

« Que voulez-vous ? »
« Eth… C'est ta sœur, Eden. J'aimerais qu'on se voie. »
« Je ne t'ai pas assez bien sautée l'autre jour ? Ou alors c'était tellement bon et tu n'en as pas eu assez ? »

Eden était soufflée de la froideur des paroles de l'homme. Soudain, elle se demanda si elle souhaitait vraiment apprendre à le connaître. Il n'était pas un frère qui méritait de la connaître. Il l'avait traitée comme un vulgaire morceau de viande, et elle ne pouvait le pardonner instantanément. Elle ne savait plus ce qu'elle devait faire. Cet homme la troublait. En le voyant pour la première fois, elle s'était découvert un instinct familial. Mais au fur et à mesure qu'elle lui parlait, elle le détestait. Comment un tel homme pouvait-il exister ? Qui accepterait l'inceste aussi aisément ? Qui irait jusqu'à le rechercher de cette manière ? La jeune fille était perdue, à la fois dans la ville et dans son cœur, et elle ne savait plus ni que faire, ni que penser de cet homme qu'elle ne voulait plus connaître.

Sonnée, elle le laissa la regarder partir et s'assit dans la rue, profitant d'une légère brise pour se rafraîchir les idées. À même le sol, elle retrouvait les heures les plus sombres de sa courte existence et ressassait sans discontinuer ce qu'elle avait vécu sur cette terre thyroptienne. Décidée à reprendre en main sa vie, elle rangea la carte de visite dans sa poche et se dirigea d'un pas ferme et assuré vers l'ambassade cyrénane. Là, elle fut prise en charge par un ambassadeur bedonnant d'origine tel-éribaine qui, sans qu'elle ait à expliquer ce qu'elle avait fait ici, l'encouragea à rester ici quelques temps encore, avant qu'une place dans un avion pour la Cyrénanie soit disponible et que ses parents aient été identifiés et contactés. Une chambre d'hôtel, qu'il lui semblait avoir déjà visitée étant donné la ressemblance frappante des hôtels de la chaîne OCHotels entre Calton et Wellington, lui fut offerte, et elle put aux frais de la Fédération s'installer sans crainte dans son lit.
Iskupitel

Message par Iskupitel »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/937616Eden4.png[/img][/center]

Le temps avait passé, et Eden approchait à présent, doucement, de son dix-septième anniversaire. Depuis sa dernière rencontre avec son frère Eth, un an auparavant, elle avait été recueillie par l'ambassadeur de la Cyrénanie en Océania, Uzziel Yov. D'abord sur la défensive, elle se détendit lorsqu'elle comprit que malgré ses origines tel-éribaines, et au contraire de la plupart des hommes qu'elle avait rencontrés jusqu'ici, il n'essaierait pas d'utiliser son corps pour son bien personnel. L'accord passé avec l'ambassadeur voulait qu'elle attende sous protection cyrénane qu'un vol soit affrété pour qu'elle puisse rentrer avec lui, et ne se retrouve pas de nouveau seule sur son territoire natal, à la fois hostile et inconnu pour une jeune fille mineure comme elle. Elle ne possédait aucune richesse, qu'elle soit intellectuelle ou monétaire, et aurait sûrement été forcée de reprendre l'activité qu'elle avait été contente d'arrêter. Pendant qu'elle la pratiquait encore et qu'elle était obligée par les hommes de MacLoyd de contenter de riches clients, elle s'était convaincue que sa condition n'était pas si mauvaise, qu'elle avait vécu pire et qu'elle pourrait encore endurer davantage. Mais avoir goûté à la tranquillité de l'ambassade cyrénane avait annihilé en elle tout ce dont elle s'était convaincue. Au début, elle avait passé ses journées dans sa chambre d'hôtel, ayant trop peur de ressortir et de croiser un de ses clients, un homme de MacLoyd ou quelqu'un qui lui voudrait du mal. Prostrée dans son lit, emmitouflée dans les draps de tissu fin estampillés OCHotels, elle repensait du soir au matin à tout ce qu'elle avait vécu, ressassant ce qui apparaissait à présent comme les pires instants de sa vie. Elle mangeait à peine, était au bord de l'envie de se suicider, accusant le ressac de ce qui avait constitué 7 de ses seize premières années. De temps en temps, lors des bons jours, elle se promenait sur le balcon de sa suite et y installait une chaise sur laquelle elle observait, de ses yeux vitreux et perdus au loin, la vie qui agitait la capitale océanienne, les gratte-ciels alentour, sentait les lointains embruns emplis de sel marin. Ces jours-là, elle s'endormait avec un sourire, rependant aux rares instants de bonheur qu'elle avait connu, comme cette fois où [url=http://www.simpolitique.com/post249128.html#p249128]elle était passée à la télévision lors d'un reportage sur la Jefferson's Cup[/url], il y a bien longtemps. Le souvenir était ténu mais subsistait parmi les méandres de sa mémoire, consistant pour elle une oasis de tranquillité vers laquelle elle pouvait s'échapper de temps en temps.

Un jour, un mois après son arrivée, l'ambassadeur fut rappelé à Yathorage pour une cérémonie protocolaire. L'ambassadeur vint voir Eden, qui regardait la ville depuis son balcon.
  • « Bonjour, Eden. »
Sortant de ses songes, elle tourna lentement la tête, appuyée sur un accoudoir, pour regarder Uzziel. Ses yeux bruns tenaient bonne compagnie à ses cheveux noirs coupés courts. En eux semblait être une petite lueur de tristesse amplifiée par ses soucis légèrement froncés.
  • « Qu'y a-t-il ? »
Elle avait très peu parlé depuis son arrivée, à l'exception des rares visites de son protecteur. Sentant comme un chat au fond de sa gorge, elle se la racla et reprit.
  • « Quelque chose ne va pas ? »
    « Demain, je rentre en Cyrénanie. Veux-tu m'accompagner ? Je te trouverai un logement, tu pourras vivre tranquillement le temps de te… enfin, de te reconstruire. »
Eden avait refusé de tout lui dire, par mesure de sécurité, préférant garde tout cela pour elle. Pour le moment, du moins. L'ambassadeur, usant de son meilleur sourire triste, avait accepté la situation et s'était contenté de savoir qu'elle avait subi des choses atroces et qu'elle avait besoin de temps avec elle-même, loin de toute atteinte. Ils avaient conclu qu'elle rentrerait avec lui, mais il ne voulait rien lui imposer, de peur qu'elle se braque ou qu'elle se sente agressée, blessée. Elle maintint son regard sur le cinquantenaire quelques secondes, puis l'abaissa, pensive.
  • « Je ne sais pas… je sens que je dois encore accomplir quelque chose ici avant de partir. Je ne sais pas quoi, mais je ne peux pas partir. »
    « Je vois. Je ne pourrai pas garantir ta sécurité ici éternellement, surtout pendant mon absence. Fais ce que tu dois faire au plus vite, c'est bien tout ce que je puis te recommander. Si l'aide que je t'apporte vient à se savoir dans ma hiérarchie, je pourrais subir des sanctions, tu comprends… et tu serais placée avec les réfugiés, dans des logements que tu ne veux pas imaginer. »
Elle répondit par un simple hochement de tête, puis réorienta son visage vers l'activité du cœur du pays thyroptien, se replongeant dans les veines, les artères et les muscles qui le composaient. L'homme s'écarta, retournant à l'intérieur de la suite. Il posa la main sur la poignée de la porte, puis se retourna et lui demanda :
  • « Eden, voudrais-tu être ma fille ? »
    « Non.»
Sa réponse fut claire et rapide, ne prenant pas même le temps de réfléchir. Elle avait d'autres choses à faire avant de s'attacher à quelqu'un, bien plus de choses à découvrir et élucider avant de sortir complètement de cette vie.
  • « J'aimerais faire quelque chose pour toi. Je ne veux pas que tu restes fermée sur toi-même et que déprimes. Je pense que tu as besoin de retrouver une stabilité, mais pour autant tu ne dois pas oublier la suite. Une éducation te serait utile. »
Elle ne prit ni la peine de répondre ni celle de détourner son regard des gratte-ciels alentour. Elle était bien consciente qu'elle devrait un jour tourner la page et s'insérer dans une société dont elle n'avait vu que le côté le plus sombre. Elle devrait trouver un travail et vivre une vie pour être heureuse et mourir de mort naturelle dans quelques décennies. Peut-être pourrait-elle même faire quelque chose de grand avant la fin. C'était cette idée qui lui occupait l'esprit, remplaçant le cruel manque d'éducation scolaire dont elle souffrirait dans un futur relativement proche. Elle pensait pouvoir faire de grand, pensait réussir à prendre sa revanche sur la vie et apporter sa pierre à un édifice gigantesque. Elle entendit l'ambassadeur ouvrir, passer puis refermer la porte, et elle porta son regard sur un parc qui s'étendait non loin, parsemé de chemins de pierre et d'arbres. L'air chaud de ce début de février 2027 soufflait doucement et faisait onduler les feuilles d'un vert profond.

Un soir, elle prit la décision de sortir, se sentant prête à affronter l'extérieur. Elle avait réfléchi à son expédition toute la journée. Mais lorsqu'elle sortit de l'hôtel, alors que le soleil éclairait de ses rayons orangeâtres les tours environnantes, elle fut prise de frissons et appela, en urgence, un des gardes du corps que l'ambassadeur s'était gentiment targué de pouvoir lui assigner en cas de besoin. L'homme arriva quelques minutes plus tard, la trouvant avachie sur un des fauteuils disposés dans le hall de l'hôtel. Imposant, cyrénan, l'homme se prénommait Storm et parlait un adélien largement teinté d'accent sud-vicaskaran. Marchant côte à côte, ils se promenèrent sans réel but dans les rues environnant l'hôtel. Eden avait prévu d'aller dans un café qu'elle avait repéré depuis sa fenêtre, mais l'établissement se révéla être trop loin pour sa première sortie. Storm ne posait aucune question et se contentait de la suivre, posant son regard fatigué sur les badauds qu'ils croisaient. La plupart semblaient se rendre en soirée, et ils rencontrèrent un trentenaire qui, lui, avait déjà bu le verre de trop et vomissait contre un mur, s'accompagnant de râles peu agréables. Petit à petit, la jeune fille s'éloigna de l'hôtel de quelques blocs. Elle sentait sur elle les regards de nombreux jeunes hommes, qui se détournaient bien vite en voyant son compagnon et les regards froids qu'il leur lançait. La nuit tomba lentement, et les lampadaires épars prirent le relais de l'astre solaire. Guidée par son envie de se surpasser, Eden refusa de rentrer avant un moment. Ils évitèrent le parc sur recommandation de Storm, qui préférait qu'elle ne s'aventure pas dans ce genre d'endroits la nuit. Elle hocha la tête et poursuivit son chemin, un sourire se dessinant sur ses lèvres. Alors qu'il était près de vingt-deux heures, ils rentrèrent, et le garde du corps s'assura qu'elle rentre bien dans sa suite avant de disparaître pour rentrer voir sa famille. En s'étendant sur son lit, après s'être dévêtue, l'esquisse s'était complétée, et un sourire radieux et naturel l'illuminait, heureuse qu'elle était de s'être prouvée qu'elle pouvait se contrôler et qu'elle ne resterait pas toute sa vie enfermée dans sa tour de verre. En s'endormant, elle se remit en mémoire la fine brise qui s'engouffrait dans ses cheveux, l'atmosphère nocturne de la capitale océanienne, le bruit de ses belles chaussures sur le trottoir, la présence rassurante de Storm, mais aussi le sentiment indescriptible et indicible qu'elle ressentait lorsqu'à chaque pas elle se rapprochait un peu plus d'un sevrage définitif. Avant de sombrer dans les bras de Morphée, son sourire s'agrandit plus encore, alors qu'elle pensait à un de ces jeunes hommes qui la regardait un brin timidement, posant ses yeux clairs sur les siens, et ne faisant pas attention à son compagnon. Il était plutôt beau gosse, rit-elle intérieurement.
Iskupitel

Message par Iskupitel »

[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/594755Eden5.jpg[/img][/center]

[justify]Tous les jours, elle sortait de sa chambre d'hôtel. Au début, c'était une promenade de quelques pas pour aller acheter un peu de pain. Mais, petit à petit, elle s'habitua à marcher seule. Un jour, alors qu'elle était depuis trois mois l'hôte de l'ambassade de Cyrénanie en Océania, elle se déplaça pour acquérir un nouveau blouson, souhaitant utiliser l'argent que lui envoyait Uzziel Yov pour se nourrir, mais aussi pour, de temps en temps, s'accorder un petit plaisir. Elle avait pris l'habitude de planifier ses sorties, et avait donc machinalement utilisé son smartphone pour repérer le chemin à parcourir au sein de la capitale océanienne. Si elle était de plus en plus sûre d'elle, c'était car elle ne faisait que des déplacements simples. En revanche, elle savait que si elle se perdait, ses démons reviendraient la hanter. Dans l'ascenseur l'amenant au hall de l'immeuble, elle côtoya deux jeunes mariés, qui devaient avoir une petite trentaine d'années. Tous deux portaient, autour du cou, une chaîne attestant de leur confession catholique ; et ils rayonnaient. Sans pouvoir s'en empêcher, elle prit un air navré se rapprochant de la pitié. Si elle n'avait rien contre les personnes ayant foi en quoi que ce soit, elle n'avait, en les voyant, qu'une seule chose en tête : Dieu n'existe pas, la croyance est vaine. Elle avait vécu trop de choses horribles pour qu'elle puisse encore accepter un quelconque Dieu.

La boutique se trouvait à seulement quelques centaines de mètres ; c'était l'avantage de vivre en centre-ville, malgré les prix horrifiants. Son protecteur ne la gâtait pas suffisamment pour qu'elle puisse aller faire ses courses dans les plus grandes boutiques, mais elle s'y rendait de temps en temps, pour regarder les vêtements et rêver, simplement, de sa vie future. Étrangement, ce qu'elle voulait faire de sa vie ressemblait très peu à ce qu'elle pouvait voir dans ces boutiques : elle aspirait à fonder une famille et vivre heureuse sur une île, quelque part où il fasse chaud ; elle avait vécu trop de choses à Tel-Érib, et elle ne comptait pas y vivre. Pourtant, elle aimait à imaginer ce que sa fille Efrat - elle l'appellerait ainsi en souvenir de l'amie qu'elle s'était faite alors qu'elle était encore dans les bordels tel-éribain - porterait quand elle serait grande. Peut-être sortirait-elle avec un garçon, et se ferait-elle crier dessus par sa mère trop protectrice... Eden rit, doucement, entre ses dents, joyeusement, une veste en jean noire entre les mains, l'étudiant sous tous les aspects afin de définir si ce serait celle qu'elle achèterait. Après avoir trouvé l'étiquette indiquant le prix, elle reposa vivement le vêtement et se dirigea vers une autre candidate, accrochée sur un cintre, un peu plus loin. La boutique était à l'image de Wellington : immense et bien trop riche pour elle. Bien vite, elle sortit, déçue, et chercha du regard une enseigne qui indiquerait une autre échoppe vestimentaire. Rebroussant chemin en se demandant si elle en avait croisé sur la route, elle vit, sortant d'un taxi, assez loin devant elle, un de ses anciens clients. Elle le reconnut instantanément, et tenta de se souvenir de son nom alors qu'elle se cachait discrètement derrière un des contreforts de la grande église à côté de laquelle elle se trouvait. Elle resta dissimulée derrière sa saillie de pierre pendant un moment, puis hasarda son chef pour voir s'il était encore visible. Tremblantes alors qu'elle n'avait pas peur, ses jambes étaient immobiles et le resteraient encore un moment : l'homme discutait avec un autre sur le trottoir presque désert. Eden regarda derrière elle, et se dit qu'elle ferait simplement un petit détour en passant par la rue parallèle, profitant de la construction en blocs de la ville.

Elle revint au plus vite sur la rue qu'elle avait emprunté auparavant après avoir contourné l'obstacle, sentant déjà ses jambes perdre leur force et menacer de s'écrouler. Son cœur se serrait graduellement, et elle voyait déjà poindre son égarement. Elle s'efforça de rentrer rapidement vers son hôtel, sur Cook Avenue, et bien vite se mit à courir à grandes enjambées, poussant les quelques passants qui ne lui faisaient pas place. En entrant dans sa suite, elle se réfugia immédiatement sous ses draps, et attendit quelques minutes, ne pensant à rien, silencieuse et les yeux clos.

En elle, jour après jour, son désir de vengeance grandissait. Chaque fois qu'elle repensait à ce passé bien trop proche à son goût, cela ravivait en elle ce sentiment de vengeance qui lui nouait l'estomac. Quand elle sortait, au début elle oubliait tout cela, se concentrant seulement sur elle-même et ce qu'elle devait faire dans un futur extrêmement proche. Mais il arrivait toujours un moment où ce besoin vindicatif l'envahissait de nouveau. Un matin, alors qu'elle avait décidé d'aller acheter du pain dans une boulangerie non loin, elle fut surprise de croiser un de ses anciens clients. Mais celui n'était pas un de ces vieux pervers ; c'était ce gentil et humble travailleur qui était venu la voir après avoir perdu sa femme et sa fille dans un accident de voiture. Elle lui décernait sans hésitation le prix de la douceur et de la sensibilité, et s'était surprise, une nuit, à repenser à lui, en toute pureté, au cours d'un rêve. Sachet de viennoiseries en main, il la salua juste avant de franchir le seuil de l'échoppe.
  • « Eden ?
    — Oui, c'est moi. (Elle s'arrêta brusquement et émit un petit sourire un brin gêné, ses yeux évitant les siens.)
    — Tu... tu vas bien ? J'ai entendu dire que tu avais arrêté. »
Elle lui prit la manche et l'emmena à l'extérieur, puis dans une ruelle, pour qu'ils puissent discuter au calme.
  • « Écoute, euh...
    — John.
    — Écoute, John. (Poings serrés, son regard était fixé sur les yeux bruns de l'homme, mais elle essayait de penser à autre chose, et ses yeux vitreux transparaissaient le fait qu'elle ne voulait pas que la discussion s'éternise. Elle souffla, puis reprit : ) Je ne veux pas que cela se sache. Je ne veux pas qu'ils sachent que je suis ici.
    — Je ne leur dirai pas. Je n'ai plus de contact avec eux, tu sais. Je ne veux plus me mêler de tout cela.
    — Ça me soulage, vraiment. Tu sais, ce qu'ils font, ça ne se passe pas qu'en Océania. C'est aussi le cas à Tel-Érib et dans d'autres endroits du monde. Beaucoup de gens essaient d'arrêter cet homme, MacLoyd. Et c'est grâce aux gens comme toi que l'on peut y arriver.
    — Comment ça ? Que puis-je y faire, moi ? Je n'ai fait que te payer une fois, je ne les connais pas, je ne fais pas partie de leurs bons clients.
    — Tu ne fais pas partie des bons clients, mais tu fais partie des clients qui peuvent encore payer. Tu peux entrer en contact avec eux, moi je ne peux rien faire.
    — Tu travailles avec la police ?
    — Non, ces hommes-là sont trop dangereux, je ne leur fais pas confiance. MacLoyd y a sans aucun doute des oreilles, sinon il serait déjà depuis bien longtemps derrière les barreaux. »
Dans sa tête, tout bouillonnait. Elle qui était si passive il y a quelques minutes se retrouvait à présent confrontée à ce qui lui apparaissait comme la meilleure chance de sa vie pour prendre sa revanche et faire payer MacLoyd et, peut-être, remonter jusqu'à son ancien propriétaire, le tel-éribain qui devait encore faire tourner son abominable entreprise dans les bas-fonds d'Aqshiah. Mais pour cela, elle avait besoin de ce John, elle avait besoin de quelqu'un qui irait à la rencontre de l'organisation océanienne pour recueillir, discrètement, quelques informations, afin d'ensuite envoyer le proxénète derrière les barreaux. Elle était restée passive trop longtemps ; il était à présent temps pour elle de contre-attaquer, de montrer les crocs et de s'en prendre à ceux qui l'avaient fait souffrir tout en la persuadant qu'elle aimait cette vie.
  • « John, j'ai besoin de temps pour préparer cela. Mais ton aide m'est nécessaire. Je t'en prie.
    — Je ne sais pas, ça a l'air plutôt dangereux, tout ça, et je ne veux pas que tout cela déteigne sur ma vie, imagine s'ils m'infligeaient des sanctions...
    — John, je t'en supplie. Grâce à toi, nous pouvons faire tomber un réseau gigantesque et sauver des dizaines, peut-être même des centaines de jeunes filles qui sont forcées à se prostituer pour le plaisir de quelques riches pervers.
    — Eh, eh... j'en faisais partie, tu sais...
    — Mais tu t'es repenti, n'est-ce pas ? Tu as compris que cela n'était pas bien, tu as compris que tu valais mieux que ça. En faisant cela, tu m'as épargné une souffrance supplémentaire ; aujourd'hui, tu peux décider de sauver des centaines de demoiselles. Je suis sûre qu'une fois le réseau détruit, tu seras récompensé. Je t'en prie, aide-moi.
    — Hmm... (John réfléchit de manière ostensible pendant un moment, la main droite grattant sa tempe et la main gauche, abaissée, triturant le sachet de papier.) C'est d'accord, je t'aiderai. »
Elle lui sauta dans les bras, et le pauvre homme ne put qu'arborer un sourire, en réponse à cette débordante étreinte et à la douce senteur de pomme se dégageant des soyeux cheveux de la demoiselle. Elle le remercie quatre ou cinq fois, puis il lui donna un numéro de téléphone auquel elle pourrait le joindre, pour qu'ils puissent communiquer sur la suite des événements.

Pendant les semaines qui suivirent, John et elle constituèrent et mirent en œuvre leur plan d'attaque. Tout d'abord, John recontacta Hwang Jo, lui demandant si Eden était revenue. Puis, il demanda un nouveau rendez-vous, et lorsque le moment arriva il ne fit pas l'amour avec la jeune fille, une petite brune moyennement jolie de 11 ans qui, d'un air résigné, avait défait la braguette du trentenaire avant même qu'il ait pu lui dire bonjour. Elle semblait vouloir en finir au plus vite, et il la questionna doucement, lui offrant seulement une sucette (hrp : une vraie, hein, bande de pervers ~). Elle venait de Tel-Érib, comme Eden, et avait été amenée par un certain Yaakob Menashe, qui s'était présenté aux propriétaires de la petite comme l'agent de liaison entre le réseau océanien et le réseau tel-éribain. Un ponte qu'il serait bon d'interroger, en tous cas. John et la fillette continuèrent à se voir, et petit à petit elle se déridait, comprenant qu'il n'avait pas pour intention de lui faire du mal, et ils passaient chaque séance à discuter de tout et de rien. De temps en temps, ils abordaient le sujet de Yaakob Menashe, et il recueillait chaque information une à une. Petit à petit, Eden étoffait donc son dossier, et pendant que John avait les mains dans le cambouis, elle tentait d'identifier et de retrouver l'homme, afin de pouvoir le traduire en justice.

Mais il semblait que John n'était pas totalement discret, et que la fillette parlait de ce qu'elle disait, et qu'Eden était trop peu discrète lorsqu'elle faisait ses recherches. Un jour, alors qu'elle était dans un supermarché, Yaakob la trouva. Posant une main chaude sur son épaule, il lui glissa quelques mots qui la firent frissonner, et elle se mit à courir pour lui échapper. La course-poursuite fut courte, et il la coinça dans un rayon de vêtements sans que quiconque dans le magasin ne réagisse à ses cris et à leur course. Elle ne pouvait pas annoncer qu'il était pédophile, personne n'y croirait. Elle avait déjà vu se faire de telles choses. Aux yeux de la plupart des badauds, elle apparaîtrait comme une enfant qui veut se débarrasser de son père en disant des choses absconses. Alors, elle eut une idée. Elle avait entendu parler aux informations du Coronavirus, une maladie qui avait touché de nombreuses personnes en Alméra. Elle hurla que l'homme était touché par le virus, et instantanément les gens furent plus réceptifs. Deux hommes se munirent de gants, et emmenèrent Yaakob, hurlant, le visage rouge, tentant désespérément d'attraper la jeune fille en tendant ses bras et en les agitant, battant l'air. Un homme vint voir Eden, et lui demanda si tout allait bien, et si elle était entrée en contact avec l'homme, s'il avait pu la contaminer. Elle répondit rapidement que non, cela n'était pas possible, et dès que l'homme la quitta des yeux elle se sauva, courut pour rentrer dans sa suite et s'y enferma, pleurant, effrayée.

Quelques jours plus tard, alors que l'affaire faisait la une du Wellington Telegraph et d'Oceania Today, elle prit la décision d'appeler la police. Il était temps pour elle de faire condamner Yaakob Menashe et d'ébranler la structure proxénète de MacLoyd.[/justify]
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