Visite de Ménélok IV à la Nativité

Zaldora

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[justify]Une part du Ciel avait investit l'église de la Trinité grâce à la Sainte Couronne. Cela était le ressenti général de l'assemblée dont le tressaillement joyeux ne redescendait pas, y compris après plusieurs minutes de vénération. Et Sa Majesté ne faisait pas exception. Étant reine, elle aurait pu sans problème exiger que la relique sacrée soit amenée à sa chapelle personnelle au château, afin d'être la première à adorer dans l'intimité des membres de sa maison. Mais elle ne le fit guère et attendit patiemment que la Sainte Couronne se montre... et quand ce fut enfin réel, que la souveraine pu la contempler et être en sa présence, elle fondit en larmes et tomba a genoux. A ses sanglots se joignirent ceux d'autres femmes toutes aussi pieuses et bouleversées. Les enfants royaux se demandèrent pourquoi mère était triste et voyant qu'ils commençaient à s’apitoyer, la reine les rassura en séchant ses larmes. La vénération se prolongea très tard, sur trois longues heures.

A la Sainte Couronne succéda, vers vingt trois heure du soir, la veillée de Noël. Des enfants de la paroisse habillés de costumes jouèrent les personnages de la nativité dans une crèche grandeur nature habilement ficelée. Le spectacle était par ailleurs agrémentes de cantiques locaux de la nativité, anciens comme récents. D'aucuns avaient spécialement été écrits pour ce Noël-ci. Ainsi, on chanta tour à tour les marins prosternés, nos joyeuses campagnes, l'hiver Lui obéira, l'accomplissement de la promesse, peuple d'Espérance, Roi d'humilité, le Verbe s'incarne, la Lumière chasse les ténèbres, déposé dans une mangeoire, etc. La veillée connut enfin des moments de recueillement par la récitation de chapelet. Pour cette sainte nuit, les fidèles insistèrent particulièrement sur le mystère joyeux qui comprenait la naissance de Jésus; Humilité, Pauvreté, Simplicité. La famille royale se sentait à l'aise au milieu du peuple et participa à chacune des étapes de la veillée avec joie, dévotion et foi.

Minuit sonna. L'abbé Almarr entra en procession avec ses acolytes et le cérémoniaire dans l'enceinte sacrée pour la messe de Noël, sous l'air des chants de procession et la récitation des différentes prières préparatoires. L'encens envahissait peu à peu le lieu, tandis que l'assemblée se tenaient debout. Déjà très remplit pour la Sainte Couronne et la veillée, l'église était désormais bondée, pleine à craquer, en dépit de sa grandeur. Les gens s'asseyaient sur le sol et occupaient la moindre place disponible. L'afflux et les légères bousculades faillirent endommager la belle petite crèche installée dans les bas-coté de la Nef, on éluda la déconvenue à un cheveux près. Toutefois, la sécurité de la famille royale et de la délégation du Maok ne fut pas remise en cause. Les visages parmi le peuple en témoignaient, ils étaient ravis de célébrer la naissance du Christ Sauveur en union avec leurs reine, leurs princes et les invités du Zanyane. Même si la plupart n'avait jamais vu de noirs de leur vie (la présence des Maokoriens constituaient donc un petit évènement en soit), ils évitèrent de dévisager les Zanyanais, tant à l'Emmanuel qu'à la vénération de la Sainte Couronne, à la veillée et maintenant à la Messe de minuit, afin de ne pas mettre Sa Majesté mal à l'aise. Cela n'empêcha toutefois pas quelque regards discrets et furtifs. La liturgie suivit son cours avec les prières au bas de l'autel, le Gloria, l'oraison, les lectures,le crédo, l'offertoire... jusqu'à la Communion du célébrant et ensuite aussi distribuée aux fidèles agenouillés et directement dans la bouche. Ayant effectué sa confession tôt le matin, la reine se présenta aussi pour recevoir le Christ, cela, de la même manière que ses sujets, c'est-à-dire à genoux et à jeûne. (Flashback) Lorsqu'il fut en chaire, l'abbé centra son sermon sur la naissance du Christ, la nouvelle source de lumière dans les ténèbres, appela le peuple à la pauvreté, à la simplicité et à l'humilité, l'enjoignant de toujours garder la Foi de ses pères et de s'éloigner des tentations du monde, de ses utopies et de ses dangers. La messe se termina à 02h20 du matin. L'église se vida peu à peu et l'on conduisit le roi et ses gens à leur suite dans la capitale, alors que la famille royale retourna au château pour une courte nuit de sommeil.[/justify]
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Même si le visage du Roi de Maok resta sec, il n'en était pas moins ému, comme la Reine de Thorval et, à dire vrai, bien d'autres dans l'assistance. Cette piété, cette émotion commune, permettait aux maokoriens de se sentir en terrain familier, alors même qu'ils profitaient de cette occasion exceptionnelle, unis avec les habitants du Thorval autant qu'avec les monarques par ce qu'ils avaient tous en communs, qu'ils viennent du Zanyane ou de l'Alméra, qu'ils soient hommes ou femmes, riches ou pauvres, souverains couronnés, princes de sang, hommes d'église, diplomates ou simples citoyens, entre autres, à savoir l'amour de Jésus-Christ et l'adoration devant Sa Sainte Couronne, portée lors de la Passion où il avait sacrifié sa vie même pour racheter leur pêchés. En cet instant, tous étaient égaux, semblait-il aux enfants du Maok, frères et sœurs en Christ.

Finalement, après l'adoration de la sainte relique, l'on revint aux événements plus traditionnels, avec la veillée de Noël proprement dit. Ce fut avec plaisir que la délégation maokorienne suivit les traditions du Thorval, avec la reconstitution de la crèche et les nombreux chants et cantiques. Même s'ils ne connaissaient guère les textes, ils chantaient avec enthousiasme et foi lorsque l'assemblée reprenait les chants. Ils priaient bien entendu avec ferveur également, récitant leurs Pater Noster et leurs Ave Maria avec une grande piété et une profonde conviction. Ce qu'ils voyaient autour d'eux leur évoquait une population aux traditions simples et sobres, mais profondément encré dans la foi, ce qui leur plaisait beaucoup. Loin d'une religion qu'on aurait pu vouloir rendre froide, déshumanisée, la pratique du Thorval semblait profondément humaine, sans pour autant dénaturer le message lumineux et clair de la religion par des questions qui auraient tenu purement de ce monde mortel.

Lorsque vint minuit et que commença la journée de Noël, les maokoriens participèrent à la messe de Noël avec plaisir et ferveur chantant les quantiques et récitants les prières, parfois avec hésitation mais toujours avec conviction. Loin de se laisser paniquer par la foule ou gêner par les regards, Ménélok IV répondait par un sourire franc et sincère à toute personne qui le regardait un peu trop longtemps pendant qu'il ne priait ni ne chantait, et se montrait, d'une manière générale, assez ouvert, ainsi que la plupart des membres de sa délégation. Si la visite des Zanyanais avait un petit goût d'événement pour les autochtones, le cadre était également très spécial pour ceux-ci. Néanmoins, comme le montrèrent bien les moments-clés de la messe, notamment la communion, ils restaient unis par bien plus que la couleur de peau qui aurait pu les séparer, par leur foi commune en Jésus-Christ. Ce fut avec humilité que le souverain communia, sans arrogance, sans demander de faveur, imitant en cela, sans y prendre garde, l'attitude de sa royale consœur, preuve supplémentaire, sans doute, de ce qui rapprochait les deux royaumes.

Les maokoriens écoutèrent également avec attention la prêche du prêtre, profitant de la sagesse inspiré de cet homme de Dieu d'une terre éloignée de la leur, curieux de savoir s'il prêcherait une conduite très différente. Ce ne fut guère le cas, au contraire, quoiqu'au Maok les prêtres parlent moins volontiers de pauvreté, peut-être, et plutôt de simplicité. Mais derrière ces questions de vocabulaire, on retrouvait le même idéal qui tendait vers celui du Christ. La solidité de la foi, notamment, était une question commune, et Ménélok IV fut heureux de voir une nouvelle fois confirmé ce qu'on lui avait dit plus d'une fois et qu'il avait lui-même pu constater par les faits depuis qu'il était arrivé en Thorval, à savoir le fort attachement à la foi en Jésus-Christ des habitants du royaume septentrional, la profondeur de cette foi dans la société comme dans les cœur. Il ne pouvait que se réjouir de cela, et eut une fois encore une pensée pour ses sujets, qu'il savait, en ce moment même, unis dans la même piété.

Finalement, plus de deux heures après avoir commencée, la messe de Noël se termina – et encore, ce chiffre n'était valable que si l'on considérait la messe en elle-même, et non ce qui avait précédé, c'est à dire si on faisait commencer ce décompte à minuit. Après de bref aurevoir, le chemin du Roi et de ses gens divergea de celui de la Reine et des siens, qui rentraient au château, et bien entendu des habitants venus nombreux pour la messe, qui rentrèrent chez eux. Les maokoriens, eux, furent ramenés à la suite qu'on leur avait préparée à l'hôtel, dans la capitale, ou, pour le cas de Ménélok IV, amené tout simplement. Ses gens avaient tout préparés avant de partir, de sorte que le Roi pu directement aller prendre du repos, comme la plupart de sa suite également. Si les choses n'avaient pas bougés, une messe était prévu dès Prime, et le monarque voulait se reposer un peu avant. Il s'endormit rapidement, après une dernière prière pour son peuple, le cœur et l'âme pleins des images et des émotions dont la nuit avait été si riche.

La plupart de ses gens ne tardèrent pas à s'endormir, et seul resta éveillé un serviteur, qui avait pris du repos avant la messe, chargé de réveiller le Roi et les siens pour la messe de Prime, où le pieu monarque ne manquerait pas de se rendre sans faute, tout comme aux autres messes prévues, surtout en cette sainte journée de Noël, où la foi, plus que jamais, lui faisait ressentir un sentiment de communion avec le peuple du Maok comme avec celui du Thorval.
Zaldora

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[justify]La reine retrouva le roi de très bon matin à l'endroit ou ils s'étaient quittés et le remercia de sa présence aux aurores. Elle le supplia d'excuser l'absence de ses fils et de ses filles qu'elle avait préféré laisser dormir après qu'ils aient si tardivement veillé. Malgré l'heure matinale, les habitants de Tolne le bourg vinrent en grand nombre à la messe, illustrant encore une fois la place intangible de la Foi dans la société et l'absence de la moindre trace de sécularisation. Dans leurs for interne, les gens ne se demandaient pas comment bien vivre ici-bas mais la route à parcourir afin d'atteindre le Ciel. La masse des fidèles s'épaissit davantage à la messe du jour de Noël à 10h30. Cette dernière fut abondante de piété et l'apothéose d'une période qui n'avait débuté non pas le 24 décembre mais le jour de la Saint André, traditionnel coup d'envoi de l'Avent.

De retour au château pour le repas copieux de la Nativité, on fit honneur au souverain zanyanais en lui lassant le soin de prononcer le bénédicité devant sa délégation et la famille royale en sa branche ainée. On ne découvrit ce que le cuisinier avait mijoté qu'au au fur et à mesure que les valets se montraient les plats en main: en entrée une terrine de saumon fumé au fromage de chèvre et ses œufs de saumon. En plat principal, un rôti de porc sauce champignon accompagné de fèves et de petites pommes de terre. En dessert, la célèbre bûche héritée de l'influence Fiémançaise et confectionnée à base de cacao acheté en Terre Sainte. En guise de boissons, on servit de l'eau, du vin et de la bière. Le prince consort eu le gosier en pente. Ses gestes devinrent fébriles et il s'esclaffa bruyamment à maintes reprises. Heureusement tenait-il bien l'alcool. Cependant, le roi du zanyane avait surement remarqué l'état d'ébriété du consort et Annabelle II en fut un peu gênée. Du reste, Menelok IV découvrait fortuitement un autre aspect des thorvalois, à défaut des thorvaloises : peuple de buveurs. On avait par volontarisme essayé de réduire la quantité d'alcool consommée par individu mais cela n'eut que peu d'effets concrets. C'était comme exiger d'un droitier qu'il écrive de la main gauche. Au moins, l’enivrement de l'époux de Sa Majesté montrait l'absence de rigidité au niveau de l'étiquette, de la politesse et des manières, au bénéfice d'une certaine spontanéité, quoique maladroite. Du reste, la tendance se retrouvait aussi dans la noblesse qui, bien qu'animées de valeurs respectables, se montrait plus volontiers grossière qu'exquise. Néanmoins, cette dernière savait quand même faire preuve du minimum de courtoisie et de retenue demandées.

L'après repas fut pour le roi du Maok l'occasion de découvrir la capitale du royaume, en plein jour. Capitale du royaume depuis le IXe siècle, Adursted ne connaissait pas de contraste saisissant entre la vieille et la nouvelle ville. Elle avait au fil du temps conservé son charme ancien, gothique, moyenâgeux, mais aussi quelque peu baroque, classique et néoclassique. Indubitablement, la cité n'évoluait pas en son époque et pour preuves supplémentaires, les remparts qui l'entouraient et les faubourgs -collés aux murs- domaine des cochons, des moutons et des animaux de basse-cours. A l'intérieur des murs, Adursted était agencée en petites routes étroites et ruelles pavées pittoresques éclairées par d'authentiques lampadaires du 19e siècle. Les avenues et les boulevards se faisaient rares. La capitale comptait de célèbres quartiers comme la rue de la farine ou la rue des imprimeurs qui répondaient de l'installation ancienne de corporations à ces endroits là. Adursted se scindait grosso-modo en quatre territoires : le sud-ouest accueillait les universités et le monde intellectuel en général, alors que le sud-est abritait artisanat et commerce. Au nord, les autorités politiques tenaient l'est et faisaient face au cœur religieux du royaume symbolisé par la cathédrale Sankt Johannes, joyaux d'architecture gothique flamboyant édifié au XIVe siècle. La cité renfermait un large parterre d'églises, vénérables et plus récentes mais pas moins belles. On estimait leur nombre à environ 700, ce qui plaçait la cité deuxième derrière Urba et Opemont plus ou moins à égalité. Majoritairement de style gothique et roman, mais aussi néo-gothique et néo-roman, les différentes chapelles n'en étaient pas semblables pour autant et chacune avait ses détails propres et le charme la différenciant d'une autre. Son patrimoine religieux était ce que la capitale thorvaloise avait de mieux à offrir et elle possédait, avec les autres pays du Thorval, un indéniable potentiel touristique. Cependant, la Couronne se montrait avare sur les efforts nécessaire à la promotion et à la construction des infrastructures primordiales à l'accueil du tourisme dans sa définition moderne. Adursted profitait enfin de rues animées, en journée du moins : ses musiciens ambulants, ses frères mendiants, ses places de marché, ses soutanes, ses rues artisanales, ses joyeuses tavernes, ses pittoresques auberges, les effluves de cuisines, l'odeur du pain qui embaumait le dehors, ses ponts de pierre sur le fleuve qui en bonne saison voyait plusieurs milliers de pêcheurs à la ligne s'activer avec leurs canne à pêche, .... un voyage enivrant, romantique et mystique dans l'ancien temps.

Après une visite qu'Annabelle souhaita aussi exotique que captivante pour Ménélok, les deux personnages pouvaient désormais reprendre la discussion entamée la veille, installés au chaud dans le Grand Salon. La reine permit à son interlocuteur de choisir le premier thème.[/justify]
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Le Roi de Maok retrouva la Reine de Thorval à Prime le lendemain matin, après une courte mais heureusement réparatrice nuit de sommeil. Heureusement, le monarque du Zanyane était habitué aux nuits courtes lorsqu'il le fallait, et particulièrement pour ce genre d'événements, tels que la veillée de Noël, à laquelle il participait depuis qu'il était très jeune. Il avait le même sourire ce matin-là que le jour précédent, peut-être même plus lumineux encore après les saintes expériences vécues cette nuit. Ce fut avec ce même sourire qu'il assura à sa royale collègue qu'il ne voyait bien entendu nul mal à ce que les enfants royaux se reposent, après une nuit si longue et si riche en émotions, et ce même sourire qu'il garda pendant une longue partie de la messe, ainsi que celle, plus peuplée, qui suivit, tout du moins quand son visage ne prenait pas l'expression grave et recueillie qu'il avait généralement lorsqu'il se recueillait en prière.

Vint ensuite, vers midi et demi, le repas de Noël, pris au château royal de Thorval. Il sembla en vérité très exotique au Roi, car il y avait là peu de mets qu'il avait l'habitude de manger, loin de là. Même si certains goûts étaient parfois un peu étrange, tout était en tous cas très bon, et le monarque ne manqua pas de faire honneur au repas surtout qu'entre son voyage et le repas frugal fait le jour précédent, il y avait largement de quoi tenir son appétit. Il goûta aux différents alcool proposés, curieux du vin, dont il n'était guère familier, et de la bière du Thorval, qui lui sembla fort riche, buvant sans se laisser aller dans l'excès toutefois. Il était de ce fait, loin derrière le Prince Consort du royaume nordique, mais, loin de s'en offenser, lui rendit ses rires par de grands sourires, ou parfois ses propres rires, se montrant ouvert pour ce repas de fête. Généralement, il était mal vu au Maok de perdre totalement son esprit sous l'effet de l'alcool, mais le Prince n'en était certainement pas là, et le monarque du sud n'aurait jamais penser à faire reproche à un homme de fêter dignement un jour digne de la fête de Noël.

L'un dans l'autre, Ménélok IV passa un excellent repas de la Nativité, et fut ensuite ravis de pouvoir visiter la capitale, emmenant avec lui quelques uns des membres de son escorte, principalement parce qu'il savait que cela aurait brisé le cœur de ses responsables religieux et de son Ministre de la Culture de laisser passer l'occasion de visiter la capitale du Thorval avec un guide choisie spécialement par la couronne nordique. D'ailleurs tous, aussi bien le Roi que ses sujets, apprécièrent grandement la visite, dont ils tirèrent même un léger sentiment d'émerveillement. Dans le groupe les deux religieux, Monseigneur Damaï et le père Ogbuk avaient déjà eu l'occasion de visiter la cité, le Thorval était après tout une des destinations préférées des maokoriens même si, vu leur isolement, le nombre total de touristes n'était jusque là pas rester bien grand en valeur absolue. Après cette visite toutefois, cela pourrait changer, car en tous cas l'impression produite sur le monarque fut excellente. Cette longue histoire inscrite dans la pierre, ces antiques comme ces nouvelles églises, tout cela lui plaisait beaucoup, et cela ne manquerait pas de se savoir, plus tard, au sein de son peuple, qui maintenant était de plus en plus libre de voyager.

Au final, ce fut donc en aillant passé une excellente journée que Ménélok IV retrouva Annabelle II dans son Grand Salon, retrouvant avec plaisir l'intérieur bien chauffé. Si la visite avait été passionnante, et si en vérité il ne regrettait certainement pas d'avoir vu la cité sous la neige, élément qui apportait sans aucune contestation possible une grande dose d'exotisme supplémentaire, un charme bien spéciale et inimitable, il était véritablement heureux de pouvoir à nouveau profiter de la chaleur d'un bon feu, car il restait, en dépit des protections prises contre le froid, guère habitué à ce genre de températures, avec le climat tropical dont bénéficiait son Royaume. Une fois qu'ils furent installés, la Reine laissa à son invité le soin de choisir le premier sujet, ce qu'il fit avec plaisir, un grand sourire aux lèvres.

Sa Majesté Ménélok IV : « Je vous remercie de me laisser ouvrir cette nouvelle discussion, cela m'évitera un nouvel oubli... car je dois vous confesser que j'ai fais quelques mécontents parmi mes gens quand, hier soir, nous nous sommes aperçus que j'avais oublié un sujet plus qu'important. Il me faut réparer cet oubli si je ne veux pas devenir impopulaire. »

Le ton du Roi était amusé, et il était facile de voir qu'il plaisantait à demi, mais également que les relations entre le monarque et ses proches conseillers, loin d'être paralysés par le formalisme, étaient au contraire, sans devenir trop familières pour autant, étaient franches et ouvertes.

Sa Majesté Ménélok IV : « Ce sujet, c'est celui de l'île du Qabar, sur laquelle, si je ne m'abuse, s'étend votre souveraineté. D'après nos cartes géographiques, cette île est considérée scientifiquement comme faisant partie du Zanyane, mais entre les « vérités » de la sciences et de la géographie, telles qu'établies dans de vieux atlas et la réalité des gens vivant sur place, il y a parfois un monde.

C'est pourquoi j'aurais aimé savoir si, à vos yeux et à ceux de vos habitants, le Qabar est à considérer comme un pays zanyanais ou non ? De plus, ce territoire étant relativement proche du continent Zanyanais dans tous les cas, j'aurais voulu savoir ce que vous pensiez des relations que celui-ci pourrait développer avec mon continent. »


Le jour précédent, le monarque avait été si enthousiasmé par la question de la Terre Sainte qu'il en avait oublié l'autre territoire où rayonnait la main bienveillante du Thorval et qui était considéré comme zanyanais – après tout, quelle terre au monde n'aurait pas été éclipsée par celle où était née le Christ dans le cœur d'un véritable chrétien ? Néanmoins, son ton plein d'intérêt montrait qu'il avait bel et bien de l'intérêt pour le Qabar également.
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Ménélok parut enjoué et fit une plaisanterie à propos de la réaction de son conseil. Annabelle en sourit et compris que le monarque était proche de ses conseillers. Sans être un vain mot, l'étiquette ne semblait non plus avoir un trop grand poids au Maok. La reine agréa et se demanda si Menelok supportait aussi peu qu'elle les flagorneries ? Non pas qu'elle fut aujourd'hui flatter par de faux compliments, mais un souverain y est sans faute confronté pendant son règne...

[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/35/1440448981-annabelle-ii.png[/img]

« Vous ne vous trompez pas, le Qabar est sous notre souveraineté. Une île de pêcheurs et d’éleveurs que nous protégeons des conquêtes que des puissances australes avaient ourdi par le passé. Son appartenance ou non au continent noir est un sujet diviseur. Pour notre part, nous considérons le duché tel une terre externe au Zanyane, pré-antarctique par sa position presque à mi chemin entre les confins zanyanais et les icebergs de l'Antarctique plus au sud. C'est une contrée paisible, au milieu de l'océan, quelque peu à l'écart du monde. Au moment de la réunion de nos ministres, le Maok pourra exposer ses désirs de coopération étroite avec le Qabar, s'il le désire. »[/justify]
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Il était vrai qu'au Maok l'étiquette, sans être inconnue dans les relations privées, était du moins bien plus souple que ce que l'on aurait pu attendre d'une monarchie traditionaliste. Si presque personne ne se serait jamais permis de tutoyer le Roi, par exemple, ses conseillers n'hésitaient pas à franchir le pas de la franchise et même celui de la proximité, à l'occasion. Et le monarque, de par son caractère ouvert autant que par son éducation, n'y voyait nul mal. Toujours est-il que ce même monarque, après avoir écouté la réponse de la Reine, hocha la tête, un sourire aux lèvres.

Sa Majesté Ménélok IV : « Il est plaisant de voir avec quelle poésie vous parlez de cette terre, on sent qu'elle vous tient à cœur comme une partie de votre Couronne, même si elle est lointaine. Je vous remercie de m'avoir donné votre point de vue sur la question, qui sera celui qui je transmettrai à mes sujets. Dans ce genre de cas, il est après tout important de savoir comment les habitants se considèrent eux-mêmes, et d'en tenir compte.

Je suis sûr que mes ministres ne manqueront pas de profiter de cette permission le temps venu, je leur fais confiance sur ce point. Ils sont parfois plus enthousiastes encore que moi à bâtir la paix don je rêve tant pour mon continent, et la prospérité que j'appelle pour mon peuple. C'est quelque chose qui fait toujours plaisir à voir, que de constater que les désirs que j'ai voulu insuffler dans la politique de mon règne rencontrent un tel écho chez ceux qui me suivent.

Mais je me perd loin de notre conversation je le crains, pardonnez-moi. Peut-être voudriez-vous proposer un thème pour la suite de la discussion, reine Annabelle ? »


Même quand il se « perdait », comme il disait lui-même, le Roi conservait son sourire, reflet de sa bonne humeur, bien naturelle sans doute pour un séjour qui lui semblait si merveilleux. Il était curieux de savoir quel thème cette sainte nuit avait pu peut-être inspirer dans l'esprit de la souveraine très chrétienne, et avait hâte de pouvoir poursuivre la conversation avec elle.
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Décidément, la reine n'aurait pu rêver de meilleur entretien. De plus, elle trouvait le roy très gentil.

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« Certes, le Qabar occupe une place spéciale dans mon cœur. C'est tout à fait vrai. Je tiens à vous remercier de considérer notre opinion, c'est aimable et... courageux d'en quelque sorte prendre le contre-pied du nationalisme intransigeant qui peut sévir au sein de quelques contrées du Zanyane. Pour la suite, j'aimerais que vous m'avisiez sur le patrimoine religieux du Maok, même si je n'aime pas le terme, les églises, les chapelles, les oratoires... Nous sommes des États catholiques et en ce sens, élevons des cathédrales au lieu de chérir les banques, de se lancer dans la course économique ou militaire. Ma question est donc: acceptez-vous notre soutien dans la construction religieuse ? Et tout autre aide, éducative, sociale ou sanitaire, pour le soulagement de vos sujets ? C'est une qualité de roi d'être libéral. »[/justify]
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Le monarque zanyanais écouta la Reine avec attention, trouvant le sujet des églises intéressant, et touché par la proposition spontanée d'aide. Néanmoins, avant de répondre sur ces points, il jugea bon de répondre également aux remerciements de la souveraine du nord.

Sa Majesté Ménélok IV : « J'accepte volontiers vos remerciements, même si mes mots me semblent très naturels. Il est normal lorsqu'on parle d'une île éloignée des côtes de prendre en compte l'avis de ceux qui y vivent, sachant que, géographiquement, le Qabar n'est même pas sur la plaque continentale zanyanaise ! Non, ce qui compte c'est avant tout l'état d'esprit de ses habitants, qui je l'espère verront toujours dans les zanyanais et en premier lieu les maokoriens des amis et des frères.

Je pense que tous ces traditionalistes, ces racistes et autres sont dans l'erreur, et perdent de vue les réalités essentielles. Ils voudraient un Zanyane monolithique et seulement peuplé de noirs, mais le Zanyane est multiple, et c'est en partie ce qui fait sa richesse. Quel droit on ces gens pour dire ce qu'un pays étranger au leur devrait faire, qui devrait y habiter ou comment devraient se considérer les habitants d'une île comme le Qabar ? Personnellement, je ne me reconnais en tous cas pas de tels droits. »


Il y avait une certaine passion dans la voix de Ménélok, pour qui ces questions étaient souvent perçues comme capitales. À son avis, les « nationalistes » proclamés de tous poils étaient ceux qui avaient fait naître tant de guerres au Zanyane, et il refusait de marcher sur leurs pas. Après une légère pause il repris la parole, plus calmement mais avec tout autant d'intérêt.

Sa Majesté Ménélok IV : « Pour en venir aux églises hé bien, si vous m'aviez demandé cela avant-hier, je vous aurais répondu que le Maok était bien pourvu, et en effet il l'est selon les critères locaux ou même continentaux. Après avoir vu le Thorval, après avoir visité votre capitale, toutefois, il devient difficile de tenir un tel point de vue, car de ce côté il faut bien avouer que nous sommes très en retard par rapport à vous...

Clairement, je ne définirai pas mon pays comme un des lieux les plus en difficulté de la planète sur le plan religieux, et s'il y a d'autres pays plus défavorisés sur ce point et qu'il vous faut choisir où porter votre aie, certainement, mieux vaut les secourir. Néanmoins, malgré les efforts de mes ancêtres, il reste encore nombre d'églises à bâtir, à transformer en dur ou en rénover. Nul n'est laissé sans le secours de la foi, mais certains se réunissent dans des églises branlantes, à l'air plus ou moins libre ou encore en profitant de l'hospitalité d'églises orthodoxes.

Je serais donc ravis de pouvoir profiter de l'aide du Thorval pour corriger cela. Comme ma tante et mon grand-père avant moi, je comptais y consacrer une partie de mes efforts dans tous les cas, mais avec votre aide, les objectifs pourraient être atteints sous mon règne, si Dieu me prête vie, et pas sous celui d'un de mes successeurs, laissant libre ensuite l'état d'entretenir les lieux de culte plus facilement, puisque n'aillant plus à se soucier de nouvelles constructions aussi fréquentes.

Particulièrement, votre aide nous serait utile pour les lieux reculés et pour les cathédrales, qui sont souvent pourvus pour les uns de chapelles au lieu d'églises digne de ce nom et pour les autres de petites églises au lieu d'une cathédrale méritant vraiment cette appellation. »


La fougue n'avait pas tardé à revenir dans la voix du Roi, qui s'animait en parlant de cette œuvre. Comme ses prédécesseurs, il avait dû effacer en partie le soucis qu'il se faisait des églises de son peuple pour se soucier aussi de son peuple lui-même, de son alimentation, de sa sécurité, et de milles autres choses. Mais pouvoir avoir de l'aide pour donner à chacun un cadre digne de sa foi serait un bonheur immense, si cela se concrétisait.

Sa Majesté Ménélok IV : « Concernant le reste de vos très généreuses propositions, le Maok accepterait avec plaisir une aide pour l'accès à certains soins modernes. Nous sommes très performants pour tous les maux modestes, que notre médecine traditionnelle, associée à ce qu'il faut de modernité, traite très bien, mais, hélas, plus en retard pour les soins donnés en hopitaux, les nôtres manquant du matériel et des savoirs de pointe.

Les détails seraient peut-être à laisser à nos ministres, mais une aide pour former les médecins et pour aider les hôpitaux à savoir où se fournir et en quel matériel pourrait nous permettre un bon un avant qui accélérerait, là aussi, la résolution des soucis. Pour toute cette aide évoquée, je ne peux d'ailleurs, Majesté, que vous remercier humblement au nom de mes sujets. Sachez qu'ils sauront de qui viendra ces bienfaits, et ils ne vous oublieront pas dans leurs prières. »


Il y avait une vraie humilité dans la voix du Roi, qui reconnaissait sans peine les soucis de son peuple pour le bien de celui-ci, plutôt que de se draper dans l’orgueil, et une vraie gratitude. Le Maok n'oublierait pas, si tout ceci se concrétisait, l'aide proposé si gracieusement par le Thorval, cela était certain – tout comme le grand nombre de chapelets qui seraient récités pour demander à Dieu de toujours garder et récompenser la bonne Reine du Thorval.
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/35/1440448981-annabelle-ii.png[/img]

« Ce secours vous sera apporté de bon cœur. La charité se suffit à elle même et très sincèrement, ne vous sentez pas obligé de citer mon nom à vos peuples. Que ceux-ci prient pour les personnes qui parmi mes sujets feront quotidiennement le bien sur vos contrées. »

La Reine sourit.[/justify]
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Le Roi du Maok rendit son sourire à la Reine du Thorval, un sourire plein d'admiration pour l'humilité dont faisait preuve la souveraine du nord, en plus de sa charité. Loin de vouloir s'attirer la gloire, la reconnaissance, elle demandait au monarque zanyanais que son peuple prie avant tout pour ceux qui l'aideraient au quotidien, et non pour elle.

Sa Majesté Ménélok IV : « Hé bien, si tel est votre souhait, je ne vous mettrai pas en avant, bien entendu. Je pense que nombre de mes sujets comprendront de qui viendra cette aide toute emprunte de la charité et de l'humilité chrétiennes, et je ne peux vous garantir qu'ils ne seront pas reconnaissant, ni vous dire qu'il n'y aura pas de prière. »

Ménélok eut un nouveau sourire, un sourire doux. Son peuple était simple, et serait plein de gratitude pour cette aide librement accordé. Le Roi, lui, ne pouvait qu'espérer profiter de cette aide pour construire son pays de telle sorte qu'un jour lui aussi puisse aussi largement donné à ceux qui seront moins favorisés. Il garda quelques instants le silence, instants nécessaires pour ramener ses pensées du moment présent, qui lui avait apporté un grand sentiment de respect devant les qualités de sa royale interlocutrice, et les sujets plus terre-à-terre qu'il avait a abordé. Finalement, après un petit moment, il reprit la parole, sur un sujet qui avait été ramené dans son esprit par cette réflexion même sur les vertus chrétiennes.

Sa Majesté Ménélok IV : « Si vous le voulez bien, je voulais vous parler, en rapport avec la foi et les prières, d'une question qui me tracasse quelque peu. Voyez-vous, si chacun a vu des avantages comme des inconvénients quand j'ai ouvert les frontières de notre pays, ce qui a le plus frappé le clergé maokorien, et surtout ses ordres monastiques, c'est la corruption et le manque de la présence de Jésus dans le monde qui nous entoure, quelques belles oasis comme votre pays exceptées, bien entendu.

De ce fait, est née dans le cœur de beaucoup de nos jeunes prêtres et moines, et même dans celui de nombres de citoyens ordinaires, d'évangéliser ou de re-évangéliser ces peuples. Nombreux sont déjà ceux qui sont partie pour la Sébaldie, ce pays du nord-est avec lequel le Maok a signé quelques accords, dans le but de convertir les païens, juifs, musulmans et athées, mais également de permettre aux terres dites chrétiennes de retrouver une foi pure et solide, tâche dans laquelle, je crois, ils ont vu arriver l'aide de saints hommes du Thorval il y a peu.

Mais en-dehors de cet état qui, vu les démarches faites au près de nous, a été clairement visible pour tous, la plupart des volontaires se heurtent à un manque de connaissance sur les débouchés possibles de leur zèle... j'aimerais donc vous consulter, si vous le voulez bien, sur les territoires où mes prêcheurs pourraient exercer leur sainte vocation, des terres qui ont besoin qu'on raffermisse leur foi, et qui ne risque pas de les faire tuer en vain. Peut-être des états où des prêtres noirs de peau seraient mieux reçus ?

J'ignore tout de ces questions et mes conseillers également, c'est pourquoi j'ai pensé que la meilleure personne à qui m'adresser serait vous, car le Thorval est connu pour la pureté de sa foi et pour ses grandes œuvres évangélisatrices, encore à l'époque actuelle. »
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