Les coulisses du pouvoir

Michou92

Message par Michou92 »

Bananas Hotel,
Quelque part en Osmanistan

15 janvier 2027
10h

Voilà maintenant 5 jours que le Président Finckel était arrivé en Osmanistan. Ou plutôt, qu'Henri Lefèvre avait expédié le Président Finckel en Osmanistan. Le chef de l'Etat s'était très vite rendu compte du traquenard après être arrivé. Effectivement, une chose était sûr : il n'était pas au Raksasa. Après le meeting, où il avait improvisé un discours plutôt réussi vu les circonstances, le Président Finckel avait décidé de repartir. Quelle ne fut pas sa surprise en apprenant que l'avion était reparti et qu'il allait devoir rester 8 jours ici avant qu'un avion de la flotte ne revienne le chercher. Les hôtels de luxe étant tous pleins à cause du meeting, il avait dû errer dans la Capitale pour finalement trouver un hôtel, ou plutôt un motel, enfin, quelque chose qui, de loin, dans le noir et sous l'emprise de la fatigue, pouvait ressembler vaguement à un motel. Le premier jour s'est correctement passé. Le second jour, l'horreur commença. L'équipe des conseillers diplomatiques, partie en reconnaissance pour trouver un endroit où manger décemment, n'était jamais revenue. Avaient-ils fuit? S'étaient-ils fait enlever par des truands ou dévorés par le chupacabra qui se serait acclimaté au Barebjal? Nul ne le savait. Ce fut ensuite au tour du traducteur qui, ayant fait l'erreur fatale de boire au robinet, attrapa la tourista. Cela semblait du moins être la tourista, on ne pouvait pas vraiment le vérifier : le médecin avait disparu avec l'équipe des conseillers diplomatiques. Enfin, le 3ème jours, Victor Krift, le Secrétaire Général du Palais, déprimé, était allé à pied dans un bar qu'on lui avait indiqué plus loin au sud. On était sans nouvel de lui depuis.

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Rodolphe Finckel se réveilla. Son lit, ou plutôt ce qu'on lui avait dit être un lit, s'était affaissé, il était donc presque au même niveau que le sol. Heureusement pour lui, cela venait juste d'arriver. Si il était resté plus d'une heure comme ça, les cafards auraient probablement eu raison de lui. Il remit sa chemise qu'il portait depuis son arrivée et ouvrit la porte de sa chambre. Le soleil l'éblouit mais il s'y habitua au bout de quelques secondes. En tournant sa tête, il remarqua un pied. Il tourna un peu plus la tête et reconnu Victor Krift, assit par terre et adossé au mur, dépareillé et à première vue ivre mort. Le Président s'assit sur la marche devant sa porte et resta comme ça plusieurs minutes, sans bouger, en contemplant un bidonville au loin.

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Victor Krift : Beuhdeu...beuh...mouarf.

Rodolphe Finckel tourna lentement la tête vers Krift, sans même que l'état du haut fonctionnaire le choque.

Rodolphe Finckel : Tu te réveilles?

Victor Krift : Ma tête....arf, on est revenu en Franconie, ça y est?!

Rodolphe Finckel : Non...ça fait que 5 jours...

Victor Krift : OOOOOOhhhhhhhh.....

Rodolphe Finckel : J'ai demandé si un transport militaire aérien pouvait venir nous chercher mais il sont tous utilisés...mon cul oui.

Victor Krift : règle numéro un : quand Lefèvre paraît gentil, il faut toujours se méfier.

Rodolphe Finckel : Quel enfoiré...

Les deux hommes s’interrompirent en voyant les deux gardes du corps revenir, l'un deux traînait Roger. Roger, c'était le traducteur qui avait la Tourista. Ils l'avaient emmené voir un vétérinaire, faute de médecin dans la zone.

Rodolphe Finckel : Alors, il a quoi?

Garde du corps : Bah il a la tourista.

Rodolphe Finckel : Le doc a donné des médicaments?

Garde du corps : Bah en fait après avoir rendu son diagnostique il a voulu l'amputer de sa tête, ou un truc dans le genre, j'ai pas bien comprit. J'y connait pas grande chose en médecine mais je pense que c'était pas une bonne idée, alors on est parti.

Rodolphe Finckel ne savait pas si son homme de la sécurité était sérieux ou si il blaguait. Il ne préféra pas savoir et passa à un autre sujet.

Rodolphe Finckel : D'accord...et si non vous vous n'avez aucun signe de peste? Coléra? Non parce que au point où on en est...

Garde du Corps : Euh...non...mais bon en parlant de ça faites attention y a des chiens qui rôdent et...je crois qu'ils ont la rage.

Rodolphe Finckel : Rho c'est la loose....

Roger : Beeeeuuuuhh...

Un chat s'approcha. Il était magnifique, et avait l'air de bien se porter. Cela attendrit le Président.

Rodolphe Finckel : Oh....il est mignon le chacha...c'est qui qui est mignon ?

Alors que le chat était maintenant à quelques mètres de lui, il tendit la main pour le caresser. Juste avant qu'il puisse le faire, un bruit terrifiant se fit entendre et la tête du félin s'arracha.

Rodolphe Finckel poussa un hurlement, traumatisé par ce qu'il venait de se passer. Les gardes du corps eux, sortirent leurs armes. Le gérant du motel, un fusil à la main, s'approcha avec un petit rire de satisfaction, le genre de rire à faire froid dans le dos. Il prit le cadavre du chat par la queue et reparti aussi vite vers les cuisines, sans prendre la peine de saluer le Président. Les cinq hommes restèrent sans voix, à l'exception de Roger qui poussait des gémissement d'agonie. Finckel parti soudain au quart de tour.

Rodolphe Finckel : Bon maintenant ça suffit ! C'en est trop ! Je me fous de commet on fait mais on rentre !

Il se leva et traça jusqu'à sa voiture en tirant Krift par le bras. Il prit le volant mais se rendit compte que ses gardes du corps n'avaient pas bougés.

Rodolphe Finckel : Venez !

Garde du corps : ça sert à rien : quand on a fait le plein y a du avoir un problème résultat le moteur marche plus !

Roger : Behuh....

Rodolphe Finckel : Oh c'est pas vrai...

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Aéroport d'Antip,
3 heure plus tard.


Après des efforts incommensurables, le groupe arriva finalement à l'aéroport. Toutefois, tous les vols étant pleins jusque le lendemain matin mais personne ne voulant rester là une minute de plus, Finckel envoya Victor Krift, qui avait reprit des couleurs, négocier avec les sociétés de jets privés pour en prendre un rapidement vers la Tchoconalie afin de prendre un long courrier pour Prétorus. Après une longue heure d'attente, Krift revint en sautillant. Il cria en les apercevant au loin.

Victor Krift : C'EST BON ! ON EST SAUVE !

Tous furent satisfait de cette bonne nouvelle. Le secrétaire général du Palais, tout fier d'avoir trouvé un avion, les guida jusqu'au car les emmenant jusqu'à l'avion.

Rodolphe Finckel : Ah t'es le meilleur Victor !

Robert : Beuh...

Victor Krft : Ah merci, ça a pas été facile avec la barrière de la langue mais bon, on arrive à tout avec de la persévérance ! -il rit-.

Ils virent au loin des beaux jets neufs. Ils voyait enfin le bout du tunnel. Le car d'approcha de l'un de ces splendides appareils et...continua sa route.

Rodolphe Finckel : Oh...mais il est où notre avion alors?

Le car s’arrêta. Ils descendirent. Un silence se fit. Ils étaient désormais devant un avion. Alors qu'ils bavaient sur les merveilleux jets privés, ils avaient vu au loin ce qu'ils pensaient être épave. Mais non, ce n'était pas une épave.

Garde du corps : Euh...tout d'un coup j'ai pu très envie de partir là...

Victor Krift : Eh eh eh...c'est vrai que ça a l'air...rustique...

Roger : Beuh....

Rodolphe Finckel hésita puis finalement, dit :

Rodolphe Finckel : Pas grave ! De toute façon le vol jusque la Tchoconalie dure quelques heures. On y a va !

Les cinq hommes montèrent dans ce cercueil volant. L'extérieur n'était pas beau à voir, l'intérieur était bien pire. Les sièges étaient déchirés, on voyait les ressorts. Le sol de l'avion était si abîmé qu'ils se demandèrent si il n'y avait pas de trou dans la carlingue. Au fond, des cages remplies de poules trônaient sur les derniers sièges de l'avion. Une chèvre semblait aussi être attaché à côté des cages. Le bruit et les odeurs laissèrent bouche bée les 4 accompagnateurs du Président. Sauf Roger, qui regardait par terre pour ne pas vomir. Ils s’assirent et mirent leur ceintures.

Victor Krift : Bah elles sont où les ceintures?

Ah oui, en fait, il n'y avait pas de ceintures.

Rodolphe Finckel : De toute façon, ce qui compte, c'est le pilote.

La porte du cockpit s'ouvrit.

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Le pilote les regarda en souillant. Finckel se tût. Il ne savait pas trop quoi dire. La porte se referma sans que le pilote ait prononcé un mot. Le moteur démarra. L'avion tremblait comme un simulateur de séisme. Il accéléra et, par miracle, décolla.

Roger : Beuh...

Victor Krift : Ne t'inquiète pas Roger, la Tchoconalie c'est pas si loin.

La porte du cockpit se rouvrit.

Pilote : La Tchoconalie ? Mais on va pas en Tchoconalie, on va à Tel Dehat ! AHAHAHAHAHAH

Rodolphe Finckel : QUOI!? Mais comment ça?!

Victor Krift : Oh...j'ai peut être fait une bêtise...

Rodolphe Finckel : VICTOR !

Pilote : Et inutile de demander un détour, je suis même pas sûr qu'on ai assez de kérosène pour atteindre la destination alors... AHAHAH on va s'marrer !

Le groupe hurla.
Michou92

Message par Michou92 »

Ministère de l'intérieur-Siège du Gouvernement
Bureau d'Henri Lefèvre

18 mai 2027
13h

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=809123hotelbourbonconde.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/809123hotelbourbonconde.jpg[/img][/url][/center]

Le contexte actuel était redevenu favorable à Henri Lefèvre. Le chef du Gouvernement savourait son retour triomphal auprès de l'opinion. La santé économique du pays s'améliorait rapidement, la Bassaxe était à nouveau apaisée et sa réforme fédérale sera voté sans aucuns problèmes par le Congrès dans les prochaines semaines. Ses réunions du matin étaient terminées et il profita du temps radieux pour sortir se balader un peu dans le Parc du Ministère avec son directeur de cabinet, Charles Junon.

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Henri Lefèvre : Alors Charles comment va la famille?

Charles Junon : Très bien je te remercie. Ma fille aînée attend son premier enfant pour le mois de juillet.

Henri Lefèvre : Ah félicitation ! En y pensant hier je me disais qu'avec tout ce boulot on a jamais le temps de parler.

Charles Junon : C'est vrai. Il faut dire la situation a été mouvementé ces derniers mois, on a eu la tête sous l'eau jusqu'à la fin des négociations avec les indépendantistes Bassaxons. Et comment va ta famille à toi?

Henri Lefèvre : Ça va, ça va. Julie nous fait sa crise d'ado et on redoute que Martin ne tarde pas à la suivre dans cette voie. Enfin bon avec tout ce qu'on se prend depuis des années en politique, tu penses bien que Caro et moi même n'allons pas vaciller pour deux mioches un peu pénibles par moment. Mais j'ai pas à me plaindre, il sont chiant, oui, mais ils bossent bien et à priori ne se droguent pas, alors au fond ça va.

La secrétaire du Ministre d'Etat arriva.

"Monsieur Lefèvre, votre invité est arrivée."

Henri Lefèvre : Ah? Je croyais que c'était 13h30. Bien alors allons-y !

Ils revinrent vers l’hôtel particulier afin de l'accueillir. Après avoir traversé le parc, il traversèrent les salons d’apparat et arrivèrent dans l'antichambre de la salle à manger. Là, les attendait Elise Dumont.

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Henri Lefèvre : Ah ! Madame la Présidente ! Oui je sais que cela n'est plus le cas mais en deux ans comprenez que je m'y suis habitué !

Elise Dumont, qui avait été Présidente de la Cour Suprême jusqu'au 31 décembre 2026, avait quitté son poste à la fin de son mandat étant donné qu'elle n'était pas autorisée par la loi à en faire un second. Figure de Justice et de droiture dans l'opinion, elle avait également joué un rôle lors de la crise Bassaxonne en convaincant la Cour de ne pas annuler le référendum sur l'autodétermination de la Province.

Ils entrèrent dans la salle à manger privée du Ministre, endroit où se tenait tout les repas non inscrit dans l'agenda officiel du Ministre d'Etat. C'était une salle de taille moyenne et plus simplement décorée que la plus part des autres pièces. Au centre se trouvait une table ronde recouverte d'une nappe d'une blancheur impeccable. Un grande porte-fenêtre donnait sur le jardin et éclairait parfaitement le lieu d'une douce lumière. Henri Lefèvre invita Elise Dumont à s'asseoir et en fit de même, tout comme Charles Julon


Henri Lefèvre : je suis heureux que vous ayez accepté ce déjeuner.

Un serveur apporta le menu afin qu'ils puissent en prendre connaissance. En entrée, quelque chose de léger avec du saumon fumé et des herbes, puis un filet mignon avec sa sauce aux morilles et enfin un assortiment de sorbets aux fruits de la saison.

Elise Dumont : Tout comme je suis heureuse et honorée par votre invitation. Une question : nous mangeons au frais du contribuable?

Henri Lefèvre : Oh non je vous rassure. Il n'y a pas réellement de règles en la matière mais personnellement je paye tous mes repas privés même si je vous concède que ce n'est pas le cas de tout le monde dans le Gouvernement.

Elise Dumont : C'est tout à votre honneur.

Henri Lefèvre : Alors, que faites-vous depuis que vous avez quitté la Présidence de la Cour?

Elise Dumont : Eh bien je suis Présidente d'honneur d'une association pour le droit des femmes et j'écris un livre sur mon mandat avec l'aide d'un biographe.

Charles Dumont : Et cela vous plait?

Elise Dumont : Plutôt oui. Après je vous confie que je préférais mes anciennes responsabilités.

Henri Lefèvre : Comme je vous comprend. La petite "traversée du désert" que j'ai vécu après ma défaite aux élections a été très déprimante les premiers mois. Mais pourquoi ne pas avoir songé à tout misé sur votre popularité auprès de l'opinion? Je voyais l'autre jour que vous étiez dans le top 10 des personalités féminines préférées des Franconiens.

Elise Dumont : Oh vous savez la popularité...Mais où voulez-vous en venir?

Henri Lefèvre : Eh bien je me demandais : pourquoi vous ne vous lancez pas en politique?

Elise Dumont : C'est une proposition?

Henri Lefèvre : Prenez-le comme tel si cela vous plaît.

Elise Dumont : J'ai donc effectivement songé à cette possibilité mais plusieurs problèmes se sont posés : j'ai beaucoup d’ennemis à cause des actions que j'ai mené durant mon mandat et puis même si je connais beaucoup de monde dans ce milieu je ne saurais pas où commencer. Je suis une juge à la base, pas une politicienne.

Henri Lefèvre : Ces doutes sont légitimes mais ces obstacles ne sont pas insurmontables. Et je pense pouvoir vous aider à passer outre.

Elise Dumont : Je vous remercie mais un dernier problème se pose : me donner un soutient, des conseils et des moyens pour conquérir une ville ou une circonscription est une chose, mais je ne serais pas véritablement légitime de rentrer dans ce monde politique : tout le monde va croire, à raison, que j'essaye de me recaser.

Henri Lefèvre : Oh je ne compte pas vous trouver un mandat local, pas pour le moment du moins.

Elise Dumont : Mais alors comment comptez-vous me faire rentrer sur l'échiquier politique sans une méthode de ce genre?

Henri Lefèvre : En vous nommant Ministre de la Justice.

Silence. Elise Dumont restait abasourdie par ce que venait de dire le chef du Gouvernement. Elle remarqua d'ailleurs que Charles Junon avait également eu l'air surpris.

Elise Dumont : Moi? Ministre de la Justice?

Henri Lefèvre : Eh bien oui pourquoi pas. Si vous n'êtes pas légitime à ce poste alors personne ne peut l'être. -dit-il en souriant-

Elise Dumont : C'est à dire que je ne m'attendais pas du tout à une telle proposition. Mais pourquoi moi? Et pourquoi faire? Qu'est-ce que vous y gagnez?

Henri Lefèvre : Vous êtes un symbole : la droiture, la justice, l'honnêteté, toutes cs valeurs vous les incarnez, et ces valeurs j'en ai besoin.

Elise Dumont : Pourquoi?

Henri Lefèvre : Parce que la loi sur la Provincialisation n'est que la première pierre d'une longue série de réforme. Et la prochaine de ces réformes portera sur la moralité en politique. Qui de mieux que vous pour mener ce combat?

Au mot "moralité politique", Charles Junon sursauta.

Elise Dumont : Je ne sais quoi dire...

Henri Lefèvre : Alors ne dites rien. Sauf un chose : oui, ou non. Je serais très dessus par un refus mais je ne peut pas vous obliger à rentrer au Gouvernement.

Elise Dumont : Alors c'est avec une grande fierté que je vous réponds par l'affirmative !

Henri Lefèvre : J'en suis ravis.

Le déjeuner continua puis au bout d'environ une heure Henri Lefèvre et Charles Junon raccompagnèrent Elise Dumont au perron. Il revirent ensuite dans le bureau du Ministre. Charles Junon ferma la porte derrière lui.

Charles Junon : Une loi sur la MORALITÉ EN POLITIQUE? Mais qu'est-ce qui te prend? Tu veux déclencher une guerre au parlement? Ou alors tu t'es dit " oh bah la situation est trop bonne, on s’ennuie alors je vais tirer un SCUD en plein sur la classe politique toute entière! Et puis la prochaine fois que tu t’apprêtes à faire un truc comme ça préviens au moins, je suis pas cardiaque mais avec des annonces pareilles je pourrais le devenir !

Henri Lefèvre : Calme toi Charles, calme toi.

Charles Junon : Et puis comment tu vas annoncer à Pillin qu'elle est virée?

Henri Lefèvre : Elle va devenir Présidente du Rassemblement Conservateur, par conséquent elle n'est plus en mesure d'exercer ses fonctions de Ministre.

Charles Junon : Elle est candidate?

Henri Lefèvre : Non mais elle va l'être.

Charles Junon : Ok, admettons, mais faire une loi sur ce sujet...tu as perdu l'esprit? C'est un suicide politique, tu sais très bien comment ça va se passer : les parlementaires pourront pas voter contre la loi pour ne pas se mettre l'opinion à dos alors il vont trouver un prétexte pour déposer une motion de censure et ils te renverseront. Ce n'est pas parce que tu es le fondateur de la République que tu es intouchable.

Henri Lefèvre : Oh mais je sais tout ça.

Charles Junon : Mais alors qu'est-ce que tu cherches à la fin?!

Henri Lefèvre : Charles, que va provoquer la chute de mon Gouvernement?

Charles Junon : Eh bien il faudra que quelqu'un en constitue un autre.

Henri Lefèvre : Et qui peut le faire?

Charles Junon : Eh bien...pas grand monde peut trouver une majorité dans la législature actuelle.

Henri Lefèvre : Tout à fait.

Charles Junon : Et donc? Tout ce que ça va faire c'est créer une crise politique !

Henri Lefèvre : Précisément. Au moment où je serais renversé, le système politique va s'enfoncer dans le chaos : plus de majorité claire, pas de possibilité de dissoudre le parlement...il ne restera plus qu'une option.

Charles Junon : Tu...tu veux forcer Finckel à démissionner?!

Henri Lefèvre : Exact. Voyant le pays ingouvernable Finckel sera obligé de démissionner car le seul moment où le Président peut dissoudre l'Assemblée, c'est dans les 6 semaines qui suivent son élection. Je veux redevenir Président et bouter cet imposteur qui ne doit sa place qu'à une tricherie. Et je n'attendrais pas 2 ans de plus pour le faire. La situation actuelle est favorable aux libéraux. En plus de cela cette diplomatie à deux tête est incompréhensible pour nos partenaires. Et puis je ne compte pas laisser Finckel s'arroger une partie du mérite dans l'affaire de la Provincialisation.

Charles Junon : Et Dumont? Si son projet tombe à l'eau avec le Gouvernement, que va-t-elle devenir?

Henri Lefèvre : Ça c'est la grande inconnue. Il y a une probabilité importante qu'elle se fasse broyer. Mais dans le cas contraire, elle va sortir de cette épreuve renforcée et aura gagné sa place dans ce monde impitoyable. Et puis si elle arrive à survivre, elle redeviendra ministre et pourra faire passer sa loi.

Charles Junon : Ah parce que c'est pas seulement un tactique? Tu veux vraiment la faire passer cette réforme?!

Henri Lefèvre : Bien sûr. Je suis un tacticien mais avant tout je suis un homme d'Etat. Et l'homme d'Etat agit pour l'intérêt commun. Et puis ce sera une manière de m'excuser auprès d'elle pour ce qu'elle va endurer dans les prochains mois.

Charles Junon : Si elle arrive à s'en tirer.

Henri Lefèvre : Certes. Mais au fond de moi je crois qu'elle survivra.
Michou92

Message par Michou92 »

Ministère de l'intérieur-Siège du Gouvernement,
Bureau de Charles Junon

3 août 2027
10h

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Depuis sa prise en main du Ministère de la Justice, Elise Dumont travaillait d'arrache pied à son projet de "moralisation de la vie politique", au grand dam de certains politiques de tout bords. Ayant conscience que cette loi allait faire du grabuge et voulant avoir la paix durant vacances d'été, le cabinet du Ministre d'Etat avait demandé à la nouvelle ministre de ne pas donner de détails de son projet avant septembre afin de pouvoir faire croire pendant ce temps aux parlementaires et aux chefs de partis les plus récalcitrants qu'il ne s'agissait que d'une "broutille" visant à satisfaire les électeurs sans faire de vrais changement. Charles Junon passait donc un début de matinée tranquille dans son bureau, sans pression et sans impératifs trop contraignants.

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Le téléphone de Junon sonna.

"Monsieur Junon, le Ministre de la Défense aimerait avoir l'avis du chef de Gouvernement sur..."

Charles Junon : Attendez je vous arrête tout de suite : monsieur Lefèvre a prit quelques jours de congés avec sa famille sur les côtes de Cyrénanie, inutile donc de le déranger sauf cas de forces majeurs, est-on dans ce cas de figure?

"A priori non."

Charles Junon : Alors dites au Ministre d'attendre le retour du chef du Gouvernement, ou au pire de me rappeler tout à l'heure si il a vraiment besoin d'un avis rapidement.

Il raccrocha le téléphone. En l'absence du Ministre d'Etat il était en charge d'assurer les affaires courantes. Heureusement pour lui, les membres du Gouvernements étaient soit en vacances soit bien occupés, par conséquent son emploi du temps n'était pas surhumain. Il sentit son potable vibrer dans sa poche. Il avait reçu un sms d'un parlementaire de la majorité.

" C'est quoi cette histoire de transparence des indemnités? "

Le visage du haut fonctionnaire se ferma. Comment étai-il au courant? Il voulu appeler la conseillère en charge des relations avec le parlement mais elle le devança.

Lucile Gala : Charles, on a un problème

Charles Junon : Je commence à m'en rendre compte...qu'est-ce qui s'est passé bon sang?

Lucile Gala : un ami au Ministère de la Justice vient de m'appeler. Une intérimaire du secrétariat de la Ministre a accidentellement faxé une partie du projet de loi à la place d'un document d'information lambda.

Charles Junon : Roh mais c'est pas vrai... Ça a été envoyé à qui exactement?

Lucile Gala : Eh bien...tous les parlementaires plus leur cabinets.

Charles Junon : Rho merde...Bon essaye de les calmer je vais voir ce que je peux faire de mon côté.

Il raccrocha et commença à échanger des mails avec plusieurs autres personnes jusqu'à ce qu'un bruit lointain se fasse entendre. Un bruit court, rapide et violent qui se rapprochait à chaque coup. Cela perturba Junon qui tenta de déceler de quoi il s'agissait. Des objets qui tombent? Non. Des travaux? Il n'y en avait pas. Des bruits de portes qui claquent? Oui, plus cela se rapprochait plus cela semblait être ça. Un bruit de pas de plus en plus fort se fit entendre à mesure que le bruit des portes se rapprochait. Cela venait par ici. Il fixa la porte avec anxiété, puis tout d'un coup plus rien. Et alors qu'il s’apprêtait à soupirer, la porte du bureau vola en éclat dans un bruit assourdissant. Nicolas Palevesse, furieux, entra dans le bureaux.

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Nicolas Palevesse : CHARLES

Le directeur de cabinet ne comprenait pas ce qui se passait.

Charles Junon : Euh...oui?

Nicolas Palevesse : C'est quoi ça ?! Dit il en brandissant fermement dans sa main le texte ayant fuité.

Charles Junon : Oh ce n'est qu'un projet parmi tant d'autres ah ah..il n'y a aucune raison de t’inquiéter, je t'assure...

Nicolas Palevesse : Charles... tu me prendrais pas un peu pour une buse par hasard?

Charles Junon : Mais Noooonnnnn ! J'en serais bien incapable voyons !

Nicolas Palevesse : Charles, j'ai traversé trois régimes politiques, j'ai été ministre de l'Intérieur pendant des années et je suis le Président du premier parti de ce pays. Donc quand je vois un projet de loi qui ressemble à ça, je me dis qu'il est déjà bien avancé.

Charles Junon : C'est un malentendu, je t'assure.

Nicolas Palevesse : Ecoute moi bien, je ne sais pas si Lefèvre était au courant de ce texte, mais tu vas lui faire comprendre que jamais il le fera passer, J-A-M-A-I-S, tu m'entends? On a tous beaucoup trop à y perdre, lui le premier !

Il tourna les talons et repartit en enjambant la partie de la porte tombée par terre.

Charles Junon : Je sens que la journée va être difficile...
Michou92

Message par Michou92 »

Ministère de l'intérieur-Siège du Gouvernement,
Bureau de Charles Junon

3 septembre 2027
9h15

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=809123hotelbourbonconde.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/809123hotelbourbonconde.jpg[/img][/url][/center]

Le mois d'août avait été très pénible pour Charles Junon : Après la fuite sur la loi de moralisation de la vie politique, il n'avait pas eu un jour sans recevoir des parlementaires furieux dans son bureau. Les journalistes campaient devant le Ministère et malgré une canicule qui fit espérer au haut fonctionnaire une vague de décès par déshydratation dans les rangs des médias présents sur place, il n'en fut rien. Il n'était même pas 10h et pourtant il était déjà épuisé. Des cernes noires obscurcissaient son visage, il n'avait pas de cravate, la chemise ouverte et un maillot de corps tâché de gras qu'il portait depuis des jours. Sa barbe mal rasée avait prit un teint brun clair à force que du café venait se piéger dedans.


[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=290464PhilippeDuclosFranoisRobanEngrenages.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/290464PhilippeDuclosFranoisRobanEngrenages.jpg[/img][/url][/center]

Cela faisait 1h qu'il lisait la presse internationale en écoutant en boucle [url=https://www.youtube.com/watch?v=NS3m0-4bM9s]la même musique[/url]. Sa porte n'était toujours pas réparée et on avait mit un panneau de bois en attendant qu'elle le soit, toute entrée devant se faire par l'autre porte du bureau, donnant sur le bureau du ministre, toujours en vacance. Il entendit un lointain et vague bruit qui lui disait quelque chose. Cela se rapprochait : des bruits de pas de plus en plus forts qui s’arrêtèrent d'un coup. Il regarda sa porte cassée.

Charles Junon : Oh...non....

A peine avait-il prononçait ces mots que la porte vola une nouvelle fois en éclat. Mais surprise, cette fois ce n'était pas Nicolas Palevesse.

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=839477HenriLefvre6.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/839477HenriLefvre6.jpg[/img][/url][/center]

Henri Lefèvre : Charles, qu'est-ce que c'est que ce bordel? C'est quoi ça? -dit-il en brandissant son téléphone-

Charles Junon : Hum, ton smartphone?

Henri Lefèvre : Merci Charles, mais y a pas un truc qui te dérange?

Charles Junon : Il est éteint?

Henri Lefèvre : Eh bah non justement il est pas éteint : il est mort ! Mort du entends? Et pourquoi? Parce que quand je l'ai rallumé dans l'avion il y avait tellement de message à cause de cette histoire de fuite sur la loi Dumont qu'il a crashé !

Charles Junon : Oui on a eu un...problème.

Henri Lefèvre : Ah bah je vois ça ! Je voulais qu'on commence à en parler en octobre, mais puisque c'est sorti trop tôt on va devoir avancer nos plans. Quand-est la rentrée parlementaire?

Charles Junon: Hum le 6.

Henri Lefèvre : Alors dis à Dumont de mettre son projet de lois en débat à l'ordre du jour.

Charles Junon : Ok je vais prévenir son cabinet.

Henri Lefèvre posa les yeux sur le jounral que lisait son directeur de cabinet et le prit.

Henri Lefèvre : Tiens tu lis les journaux de la fédération, tu vas si mal que ça?

Il observa un instant l’accoutrement et les cernes de son bras droit.

Ouais...remarque je vois pas pourquoi je pose la question... "la Franconie inquiète les investisseurs des pays-membres de la Fédération".

Il baissa brusquement le journal pour regarder Junon, l'air étonné.

Henri Lefèvre : On a des investisseurs qui viennent de la Fédé?

Charles Junon : Bah...faut croire. Fin perso je les ai pas vu beaucoup...

Henri Lefèvre : Ah....Si non d'autres catastrophes à m'annoncer?

Charles Junon : Bah Marcelo commence à gueuler.

Henri Lefèvre : A cause de la loi Dumont? Tu vois : on le fait élire Président de l'Assemblée et BAM il nous trahit.

Charles Junon : Non non au sujet de la place des écologistes au Gouvernement. Ils en veulent plus.

Henri Lefèvre : Oui bah quand ils feront plus de 5% des voix on reparlera, mais enfin bon, le jour où le PDE fera un bon score à une élection la Franconie sera devenue un pays de gauche et la Fiémance aura un Franconien à la tête de son Gouvernement !

Charles Junon : Oui alors justement...il y a eu des changements en Fiémance et... ils ont un Franconien à la tête de leur Gouvernement...

Lefèvre écarquilla les yeux, incrédule.

Henri Lefèvre : Oh....Ah oui donc moi je pars un mois et quand je reviens ça y est, c'est la fête du slip : les parlementaires sont fous, les journalistes m'agressent et les pays étrangers font des choses étranges...il manquerait plus que Finckel soit Président...fin pour de vrai je veux dire. D'ailleurs en parlant de lui, il fait quoi en ce moment?

Charles Junon : Eh bien euh....

-----

Palais Saint Louis,
Bureau du Président.

Au même moment

Rodolphe Finckel, Victor Krift et quelques autres membres du cabinet étaient autour d'une table dans le bureau. Chacun écrivaient avec beaucoup de concentration. Des regards s’échangeaient dans un silence étouffant. La tension était forte autour de la table, leur vie dépendaient de ce qu'ils écrivaient. Krift posa son stylo, plus personnes n'écrivaient et tous se tournèrent vers le Président.

Rodolphe Finckel : Bien...Vous avez tous finit vos fiches de personnage? Alors commençons -il mit un casque de chevalier en plastique - : Vous êtes dans un donjon et...

-----

Charles Junon : ...il travaille, bah comme d'hab quoi, eh eh....

Henri Lefèvre : Ok...bon, sur ce je vais te laisser.

Il sortit et salua le réparateur de la porte, qui fixait depuis plusieurs minutes sont travail ravagé et qui commençait à peine à réaliser qu'il allait devoir tout refaire.
Michou92

Message par Michou92 »

Chalet de Nicolas Palevesse,
30 km de Robémont

23 septembre 2027
18h

La tension montait dans les rangs des libéraux depuis l'annonce de la loi sur la moralisation politique. Un nombre important de parlementaires et de hauts cadres du premier parti de Franconie voyaient en cette loi l'annoncement d'une nouvelle ère pour le pays. Ils le savaient tous et l'ont toujours su : Lefèvre était un grand pragmatique et un excellent médiateur. Il avait donc mît de côté certaines de ses idées pour reconstruire un pays ravagé par 2 ans de guerre civile. Mais maintenant, tout a changé, et les voilà face à une réelle menace pour leurs positions. Conscient du danger, le Président de l'UDL et ex mentor d'Henri Lefèvre, Nicolas Palevesse, avait décidé de réunir loin des regards les principaux défenseurs du système actuel. Le chalet dans lequel se tenait la réunion était de très belle construction, assez sobre extérieurement mais équipée de tout le confort nécessaire à l'intérieur. Un feu de cheminé éclairait le visage des personnes présentes dans le grand salon. Étaient présent : Lucien Auvoi, Président du Groupe UDL à l'assemblée, Christina Waler, son homologue du groupe du Rassemblement Conservateur, Benjamin Veil, député-Maire de Prétorus, l'ancien ministre de la Défense Jean-Marc Quécenard ainsi que le directeur de cabinet de Maria Zimerman et quelques autres représentants de vieilles familles industrielles franconiennes.

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=948518WillemDafoeinFarewellc2010NeoclassicsFilmsLtd.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/948518WillemDafoeinFarewellc2010NeoclassicsFilmsLtd.jpg[/img][/url][/center]

Nicolas Palevesse : Mes amis, vous savez pourquoi je vous ai réuni ici. Nos intérêts sont menacés : non seulement la loi Dumont réduirait considérablement notre marge de manœuvre mais en plus elle signe le retour du "Lefèvre Idéologue" que je pensais mort avec la révolution.

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Jean-Marc Quécenard : C'est en effet plus que dérangeant. Quel est votre plan ?

Nicolas Palevesse fit signe à Lucien Auvoi.

Lucien Auvoi : eh bien, Lefèvre fait débat au sein même de sa majorité. Si un partie importante lui reste fidèle, elle n'est toutefois pas suffisante pour qu'il puisse espérer garder ses fonctions en cas de motion de censure. Je peux réunir avec ma collègue Christina assez de députés pour le renverser.

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Benjamin Veil : l'idée est bonne mais on ne peut pas sortir comme ça une Motion de censure sans raison !

Nicolas Palevesse : Ça ne posera aucun soucis : le Président de la Cour Suprême a des intérêts à voir ce Gouvernement tombé et est donc l'un des nôtres. Il convaincra la cour de rendre une loi de ce Gouvernement "irrecevable car anticonstitutionnelle" et nous pourrons faire tomber l'équipe Gouvernementale pour amateurisme.

Christina Waler : on va déposer la motion directement ?

Nicolas Palevesse : non non, un ami socialiste présent à l'assemblée s'en chargera.

Lukas Delvitz ( représentant des Ziemerman ) : tout cela est très bien mais renverser Lefèvre est une chose mais le remplacer en est une autre. Vous avez assez de député pour le faire tomber mais vous êtes loin du compte pour avoir une majorité solide. Par conséquent cela va créer une crise politique majeure, surtout dans la mesure où le Président ne peut pas dissoudre.

Nicolas Palevesse : C'est exact. La seule manière de régler la crise sera la démission de Finckel et l'organisation de nouvelles élections.

Lukas Delvitz : Très bien mais si c'est le cas il nous faut un candidat. Si non Lefèvre gagnera sans aucuns doutes.

Nicolas Palevesse : Oh c'est prévu.

Jean-Marc Quécenard : qui?

Palevesse se tourna vers Benjamin Veil, et fut bien vite imité par les autres membres de la réunion. Veil vit tout ces regards converger vers lui, dans un silence solennel. Le jeune libéral, étonné, se désigna lui-même du doigt.

Benjamin Veil : Moi?

Nicolas Palevesse : Vous êtes celui qui s'est opposé avec le plus de véhémence à Lefèvre. De plus votre victoire à Prétorus vous a conféré un élan propice à ce genre de campagne qui se voudra relativement rapide. Acceptez vous ?

Benjamin Veil : C'est avec honneur que je vous dis oui !

Nicolas Palevesse : Alors parfait.

La discutions continua un bon quart d'heure et les invités s'en allèrent au compte goûte. Palevesse observait Veil s'éloigner par la fenêtre. Lukas Delvitz s'approcha de l'ancien ministre de l'intérieur, l'air amusé.

Lukas Delvitz : Mon vieil ami, tu es sûr qu'il peut gagner ? Dit il en regardant lui aussi Veil par la fenêtre.

Nicolas Palevesse : Ah ah, non. Mais il peut faire battre Lefèvre, et c'est tout ce qui compte.
Michou92

Message par Michou92 »

Bureau du Président Millers,
Cour Suprême

5 octobre 2027
15h

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=878205bibedeptofjustice.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/878205bibedeptofjustice.jpg[/img][/url][/center]

Viktor Millers travaillait dans son bureau depuis 7h. Le nouveau chef du pouvoir juridique Franconien était réputé pour être un bourreau de travail, 7h-21h était pour lui des horaires normaux. Ce magistrat de 52 ans avait été élu en janvier dernier pour remplacer celle qui était devenue la nouvelle et médiatique ministre de la Justice, Elise Dumont. Il s'était souvent trouvé en conflit avec elle alors qu'elle dirigeait la Cour et leur inimitié était connue de tous. C'était donc avec une profonde amertume qu'il avait vu celle qu'il détestait tant rentrer au Gouvernement. Lorsque Nicolas Palevesse lui avait demandé au milieu du mois de septembre de trouver un moyen de nuire au Gouvernement depuis sa position dans le but de le renverser, il n'avait pas hésité une seconde. Après de nombreux efforts, il tenait enfin quelque chose. On lui annonça que le Président du Parti centriste demandait à le voir, il le reçu immédiatement.

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=633739ArnieBeckerCorbinBernsengalleryprimary.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/633739ArnieBeckerCorbinBernsengalleryprimary.jpg[/img][/url] [url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=624273willemdafoe314488.jpg][img]http://img4.hostingpics.net/pics/624273willemdafoe314488.jpg[/img][/url]

Viktor Millers et Nicolas Palevesse[/center]

Nicolas Palevesse entra dans le bureau.


Viktor Millers : Nicolas !

Nicolas Palevesse : Viktor ! Je voulais t'annoncer que grâce à la lenteur des débats à l'assemblée, le projet de loi ne sera voté que le 20, tu as donc encore du temps pour trouver quelque chose.

Vicktor Millers : Je te remercie mais nous n'en n'aurons même pas besoin. Assis-toi je t'en prie.

Palevesse afficha un air des plus satisfaits.

Nicolas Palevesse : Eh bien ! Tu n'as pas chômé. Ton staff t'a aidé ?

Viktor Millers : Non non, sur un dossier aussi « sensible » je ne pouvais pas risquer de mettre d'autres personnes dans la confidence, une fuite aurait été désastreuse pour notre plan.

Nicolas Palevesse : Effectivement. Je t'en félicite d'autant plus. Mais qu'est donc cette trouvaille ?

Viktor Millers : Oh c'est vraiment tout bête, c'est au sujet de la mise en place de l'Etat fédéral. Dans l'un des décrets d'application de la réforme, un article porte sur le sujet du rapport entre l'Etat fédéral et la religion ainsi qu'entre les Provinces et la religion. Comme tu sais, la République était laïque jusqu'en 2023 et est maintenant catholique. Or dans l'article en question ils ont fait une erreur : Si les Provinces reconnaissent le catholicisme comme religion officielle, l'Etat fédéral est présenté comme laïc.

Nicolas Palevese : Ah l'erreur bête...

Vicktor Millers : Pas si bête que ça. Le référendum portait sur la constitution de 2017, soit un texte présentant la République comme Laïque et, centralisée et indivisible. Or avec le vote du Congrès ayant autorisé le référendum Bassaxon suivit de la loi sur la fédéralisation, cette constitution est devenue caduque dans la mesure où l'indivisibilité et la centralisation de l'Etat ont été remis en question. En donnant le pouvoir au Gouvernement d'appliquer le projet de fédéralisation, le congrès l'a de facto autorisé à réécrire la constitution. L'Etat fédéral, contrairement au Provinces, est une entité nouvelle par conséquent on peut penser qu'elle n'est pas concernée par le référendum sur la place de la religion, qui ne concernait que les administrations en place au moment du vote. Ainsi le déclarer laïc n'est pas insensé. Toutefois étant donné que cela est très ambigu je peux et je vais demander que la Cour délibère sur ce cas. Je ne peux pas annuler purement et simplement l'article car l'anti-constitutionnalité n'est pas démontrée pour le moment mais demander une délibération aura pour effet de stopper la mise en place de l'Etat fédéral. Cela donne une raison suffisante pour demander la censure du Gouvernement.

Nicolas Palevesse : Brillant. Et au final tu penses que l'article sera annulé ?

Viktor Millers : Impossible à dire. Les autres membres de la cour sont assez partagés sur ce sujet, les débats seront probablement longs. Mais peu importe. Ce qui compte c'est que le processus de fédéralisation soit stoppé.

Nicolas Palevesse : Excellent alors.

Viktor Millers : J'espère que la suite du plan est bien rôdé. Whisky ?

Nicolas Palevesse : Volontiers.
Michou92

Message par Michou92 »

Appartement de Paul Mercand,
Franconville

9 novembre 2027
19h

Paul Mercand avait toujours rêvé de revenir à Franconville, sa ville natale qu'il avait dû fuir après le coup d'Etat fasciste de 1988. Après avoir quitté la politique suite à sa démission du poste de chef du Gouvernement fin avril 2025, il décida de s'y réinstaller pour s'éloigner un peu de la capitale. C'était un appartement spacieux et qui dégageait un certaine prestance. Il se trouvait au premier étage d'un immeuble du XIXe comme il y en avait beaucoup dans les quartiers ouest de la ville. Ce lieu de vie paisible s'était transformé depuis la fin de matinée en camp retranché pour les Libéraux partisans d'Henri Lefèvre qui commençaient à se préparer à la démission maintenant inévitable du Président Finckel et à l'élection qui allait suivre. La grande salle à mangée était devenue une salle de réunion et le salon était envahit de conseillers passant des coups de téléphone à la chaîne.

En bout de table, Henri Lefèvre présidait l'assemblée de ses partisans. Étaient présent sa femme Caroline, Le Ministre de l'Economie Vincent Courneuve, celui des finances Jean-Philippe Delcourt, le directeur de cabinet de Lefèvre Charles Junon, la Ministre de la Justice Emilie Dumont, le Ministre des Affaires Etrangères Viktor Karkaman, le maire d'Henzburg Verner Brown et le communiquant Quentin Vernio.


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Paul Mercand : Dis moi Henri...tu as une dizaine de propriété et de très nombreux amis alors explique moi...pourquoi tu t'es senti obligé de venir squatter chez moi ?!

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Henri Lefèvre : Oh eh bien tout simplement parce que j'ai une armée de journalistes qui dort devant toutes ces propriétés et que le dernier endroit où ils vont venir me chercher c'est justement chez toi. Dit il en souriant à son interlocuteur.

Paul Mercand : Sympa...En fait me pousser à la démission c'était pas suffisant et donc t'es dit "pourquoi n'irais-je pas directement chez lui pourrir la vie à domicile !"

Henri Lefèvre : Oh Paul...tu prends les choses avec trop de...passion ! C'est pas moi qui ai été insulté la Fiémance dans un Congrès international. Et puis dis toi que comme ça je t'ai évité bien des malheurs comme le ralentissement de l'économie ou la crise en Bassaxe. Enfin bon oublions tout ça c'est du passé, et encore une fois merci de nous avoir accueilli.

Paul Mercand : Non mais tu rigoles, j'ai pas vraiment eu le choix : vous avez tous débarqué à l'improviste !

Jean-Philippe Delcourt, qui s'était absenté l'espace d'un instant, revint avec un copieux sandwich qui l'avait probablement concocté avec les aliments présents dans le frigo de son hôte.

Paul Mercand : Mais...mais attendez c'est à moi ça ! Surtout vous gênez pas hein !

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Jean-Philippe Delcourt : Oh mais vous inquiétez pas inutile de le dire.

Paul Mercand : C'était ironique !

Il s’arrêta net en voyant à l'entrée de la pièce un homme qui se tenait debout, face à lui, en souriant. Il le fixa quelques seconde : il ne faisait pas parti des "envahisseurs" venus avec Lefèvre. Il lui demanda, un peu désabusé :

Paul Mercand : Mais...vous êtes qui vous?

Raoul : Je suis le voisin !

Paul Mercand : Sortez de chez moi monsieur !

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Charles Junon : Bien quand vous aurez finit votre cirque on pourra reprendre : Fincky va démissionner incessamment sous peu alors faut se préparer à commencer la campagne !

Henri Lefèvre : Charles à raison, il faut qu'on rassemble toute nos forces. Nicolas a décidé de nous trahir, malheureusement il contrôle le Parti alors on va devoir faire sans. Or, pas de parti ça veut dire pas de financement, faut donc en trouver. Je peux mettre 10 millions, mais c'est loin d'être suffisant.

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=806369ArnoldSchwarzeneggerinSydney2013.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/806369ArnoldSchwarzeneggerinSydney2013.jpg[/img][/url][/center]

Verner Brown : Eh bien je peux mettre également la main à la poche, mais ça sera de l'ordre de 5 à 6 millions, je peux pas en débloquer plus en si peu de temps.

Jean-Philippe Delcourt : Je vais voir du côté des Banques, je pense qu'on peu emprunté une dizaine de millions là-bas aussi. Mais on a plus de soutiens du côté du cercle des donateurs du Parti? Tu vas pas nous dire qu'ils ont tous retourné leur veste?

Charles Junon : Si, je vais tous leur téléphoner, mais après je pense que la majorité d'entre eux resteront avec le Parti.

Son téléphone sonna, il partit dans la pièce à côté.

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Viktor Karkaman: Je vais également voir du côté de nos relations à l'international si on ne pourrait pas trouver quelques généreux donateurs.

Henri Lefèvre : Très bien...on a quand même un problème : la loi de fédéralisation doit être mise en place dans 11 mois si on veut pas que les Bassaxons gueulent. Or si les élections se tiennent vers janvier ou février ça sera short pour le Gouvernement de gérer ça en plus du reste.

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Elise Dumont : On a qu'à demander à la Cour Suprême de rendre valable tout de suite la création des Etats Provinciaux comme ça on fait les élections en même temps que la Présidentielles et les nouveayx gouvernements locaux s'occuperont de la mise en place de la réforme eux même, encadrés par le Gouvernement.

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=729489JackNicholsonjacknicholson32101411593588.png][img]http://img15.hostingpics.net/pics/729489JackNicholsonjacknicholson32101411593588.png[/img][/url][/center]
Quentin Vernio : Un point pour la dame. Surtout qu'en plus si c'est nous qui le demandons à la Cour, ça peut nous placer en défenseur du fédéralisme, c'est toujours bon pour gratter quelques points en Bassaxe.

Henri Lefèvre : D'accord c'est une bonne idée.

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Caroline Lefèvre : Mais dans ce cas il va falloir nous trouver des candidats pour les trois Provinces...

Verner Brown : Je pense qu'on peut s'accorder à dire que je suis le plus à même de me présenter en Bassaxe?

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Vincent Courneuve : Oui je pense que personne ne s'y opposera. En revanche pour la Semptranie et l'Ilyrie...

Elise Dumont : Je veux me battre pour l'Ilyrie.

Tous la regardèrent, étonnés.

Vincent Courneuve : Je ne suis pas sûr, tu est brillante Elise, mais tu ne t'es jamais présentée à un scrutin sauf à celui de la Présidence de la Cour Suprême mais c'est très particulier comme élection...Un campagne couvrant toute une Province...ça va pas être simple.

Elise Dumont : Peut être, mais je me sens compétente pour ce job, surtout que j'ai travaillé sur la loi de fédéralisation. Et en plus de cela, l'homme fort de l'Ilyrie c'est Lucien Auvoi. Or c'est lui qui a permit aux frondeurs de renverser notre Gouvernement et par conséquent ma loi de moralisation de la vie politique sur laquelle j'ai travaillé énormément. Je ne laisserais pas ce politicard à deux balles hériter de la première Province de Franconie !

Devant tant de détermination, Lefèvre sourit.

Henri Lefèvre : Très bien, tu seras notre candidate là bas. Quant à la Semptranie...peut être que le Maire de Marbourg ferait bien l'affaire. A voir. Bon...Où sont de Serveneille et Lann? Ils devaient venir non? Après tout ils ont pas crée un énorme groupe télévisuel clairement libéral pour qu'il nous serve à rien !

A ces mots la double porte de la salle à mangée s'ouvrit avec fracas :

Paul Merand : Mais qu'est-ce que?

Emanuel Lann et Louise de Serveneille, respectivement Président et Directrice Générale du nouveau groupe télévisuel Fr-Planet, se tenaient debout, dos à dos.

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=83985738613411.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/83985738613411.jpg[/img][/url] [url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=402783nouvelleministredesaffairesetrangres.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/402783nouvelleministredesaffairesetrangres.jpg[/img][/url][/center]
Emmanuel Lann : Afin de préserver la Franconie de la dévastation...

Louise de Serveneille : Afin de convaincre l’entièreté de notre nation...

Emmanuel Lann : Afin de détruire le traditionalisme et l'obscurité...

Louise de Serveneille : Afin d'étendre notre pouvoir jusqu'à la Savoué...

Emmanuel Lann : Emmanuel !

Louise de Serveneille : Louise !

Emmanuel Lann: Fr-Planet plus rapide que la lumière !

Louis de Serveneille : Nos ennemis se rendront tous, ou ce sera la guerre !

Un grand silence suivit. Personne n'avait vraiment comprit ce qui venait de se passer

Henri Lefèvre : C'est très impressionnant...

Viktor Karkaman : Eh bah au moins si on perd on pourra se lancer dans le dialogue de film...

Emmanuel Lann : J'ai eu notre ami du Prétorusien au téléphone, les colonnes de son journal te sont ouvertes pour annoncer ta candidature quand tu le souhaites Henri !

Louise de Serveneille : Et nous allons lancer un show people et politique, ça sera utile pendant la campagne.

Henri Lefèvre : Ah, mais voilà deux excellentes nouvelles mes amis. Asseyez-vous, nous avons encore beaucoup de détails à régler.
Michou92

Message par Michou92 »

Siège du Département des Renseignements Extérieurs (DRE),
Bureau de Jean-François Serrand

20 novembre 2027
14h30

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=447790filmvitreteintebatimentlorealysl.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/447790filmvitreteintebatimentlorealysl.jpg[/img][/url][/center]

Les services secrets extérieurs avaient regardé avec beaucoup d’incrédulité la crise politique qui secouait actuellement le pays. Ils avaient vu Lefèvre tomber, bien qu'il ne soit pas encore mort, avant de voir sombrer à son tour le Président Finckel. Ainsi donc leur administration devait maintenant répondre au Ministre de la Défense qui devrait changer d'ici quelques jours puis encore une fois après les élections dans quelques mois. Et le même schéma se répétait pour le Président de la République. Heureusement pour eux, le DRE a toujours eu une grande autonomie par rapport à leur confrères des services secrets intérieurs. Les choses continuaient donc quand même à fonctionner. Le directeur du DRE, Jean-François Serrand, avait d'ailleurs une réunion concernant l'avancement des deux principaux projets des services. Xavier Peret, responsable du secteur Alpha et son homologue du secteur Zêta, Karl Lubitz, étaient assit en face du maître des lieux. Le bureau de Serrand se situait au 5e étage de l'immeuble et occupait une position centrale. C'était une pièce spacieuse au design moderne, le tout illuminé par une baie vitrée surplombant un vaste parc, luxe que le DRE avait pu s'offrir en installant son siège dans la périphérie de la capitale.

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=742408screenshot06.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/742408screenshot06.jpg[/img][/url]

Jean-François Serrand[/center]

Jean-François Serrand : Messieurs, je tenais à vous dire qu'il ne fallait pas vous inquiéter sur la continuation de nos objectifs : le changement de pouvoir actuel est provisoire, aucun bouleversement n'est donc à prévoir dans vos activités.

Xavier Peret : Vous m'en voyez rassuré. Mais que faisons-nous concernant les rapports d'opération, on continue à faire suivre le Palais Saint-Louis et le chef du Gouvernement par intérim?

Jean-François Serrand : Oh bien sûr ! C'est la loi. Toutefois vous savez, tout ces gens vont être très occupés par la foire d'empoigne que sont les présidentielles... Donc, disons que si ils ne vous demandent rien, ne vous sentez pas obligés de leur envoyer des nouvelles.

Karl Lubitz : Ça va pas gueuler au Secrétariat Général du Palais?

Jean-François Serrand : Oh peut être un peu qui sait, mais ils auront des choses tellement plus urgentes à faire.

Karl Lubitz : Et si on a besoin de directives?

Jean-François Serrand : Eh bien je suis là pour ça. Mais de toute façon gardez cela en tête : on garde la ligne directrice du précédent Gouvernement. Point. Mais nous ne sommes pas là pour parler politique, après tout nous ne sommes pas à un de ces repas de famille où on est forcément assit entre l'oncle un peu raciste et la cousine communiste. J'aimerais que vous me parliez de l'avancement des gros dossiers. Karl?

Kar Lubitz : Eh bien la RDA reprend du poil de la bête. Ses quelques victoires militaires associées aux réformes économiques du régime me laissent assez optimiste quant à la suite.

Jean-François Serrand : Bien. Et concernant "le Zanyanais"? Cerbère est satisfait?

Karl Lubitz : A priori oui. Il coopère comme attendu.

Jean-François Serrand : Excellent. En revanche j'ai une demande de certains de nos "amis" concernant les concessions diamantaires. Ils aimeraient profiter de la couverture de la fondation Avenir Zanyane pour en acheter.

Karl Lubitz : Pourquoi? La RDA nous livre déjà beaucoup de diamants pour un moindre coût. Il n'y a aucun intérêt pour eux d'investir là-bas.

Jean-François Serrand : Certains voient sur le long terme : les livraisons de diamant cesseront un jour ou l'autre. Et puis je ne sais pas quels usages ils veulent en faire. En tout cas vous devriez en parler à Gallet. Bien, passons à Libertatem. Xavier?

Xavier Peret : Tout se passe comme prévu. Les différents agents remplissent très bien leurs rôles. Et même si certains rencontrent certaines difficultés, ils pensent être en mesure de les surmonter. A l'exception d'un.

Jean-François Serrand : Ah?

Xavier Peret : Oui. D'ailleurs il fallait s'y attendre, son objectif était plus ambitieux que les autres.

Jean-François Serrand : Expliquez.

Xavier Peret : Eh bien disons qu'il va avoir besoin d'un petit soutien financier de notre part pour remplir à bien son objectif.

Jean-François Serrand : Combien?

Xavier Peret : Un peu plus de 150 millions.

Jean-François Serrand : C'est une plaisanterie? ça représente 15% de notre budget annuel ! Pour un agent?!

Xavier Peret : Oui. Mais l'objectif est stratégique, n'oublie pas cette donnée.

Jean-François Serrand : Oh mais je ne l'oublie pas.

Il s'enfonça dans son fauteuil et réfléchit quelques instants.

Jean-François Serrand : On va se débrouiller, mais va falloir être discret. 150 millions ça ne passe pas inaperçu. Le mieux c'est que vous en discutiez avec les experts financiers et que vous m'écriviez une note.

Xavier Peret : Ok.

Jean-François Serrand : Alors on fait comme ça. Messieurs, je pense que nous avons tout dit.
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