Activités nationales [RP]

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Eckwan

Message par Eckwan »

Le Président fit un bref hochement de tête à l'intention des deux gardes en faction devant la porte. Chono Aguri ouvrit le battant et pénétra dans la salle. A l'intérieur attendaient patiemment les quatre chefs d'États-majors et le ministre de la Défense. La pièce était des plus simples qu'il soit, sept chaises au léger rembourrage autour d'une table rectangulaire sur laquelle étaient disposés des cartes topographiques de Myroha et de ses régions à différentes échelles. Une unique fenêtre perçait un mur, donnant sur la ville de Shengfaï. Le drapeau Myrohan recouvrait le mur derrière le siège en bout de table réservé au Président. A l'opposé derrière le siège du ministre de la Défense et du chef d'État-major des forces armées étaient alignés les quatre insignes des États-majors au dessus desquels dominait celui de l'armée Myrohane.

Le chef d'État-major de l'Aviation du Peuple, Park Seung-Eun, fumait tranquillement une cigarette prêt de la fenêtre grande ouverte, laissant entrer ce que le commun des mortels appelait le froid. Le camarade Go Eun-Hyuk, ministre de la Défense, se tenait debout près de son siège, tout comme la camarade Man Hee-Hyo. Les autres étaient assis dans leur siège, et Shin Wan-Hyuk dû se tordre sur son siège pour voir le nouvel arrivant qui leur adressa un simple hochement de tête en signe de salutations, signe rendu avec ni plus ni moins de cérémonies.

Park Seung-Eun, chef d'État-major de l'Aviation du Peuple :

-Quoi de mieux que du bon tabac Myrohan avant de préparer une stratégie ? demanda-t-il avec entrain avant d'éteindre sa cigarette avec le pouce et de la jeter par la fenêtre. On ne fume pas en présence du Président.

Il était évident que cette question ne requérait pas de réponse, tout le monde ici connaissait la passion du chef d'État-major pour le tabac Myrohan. Vantant son goût et ses effets bienfaiteurs à tout va. Pendant la guerre civile, le gaillard s'était à plusieurs reprises introduit seul dans les réserves de tabac des cultivateurs. Le vol était d'ordinaire sévèrement puni, mais Chono Aguri lui pardonnait, c'étaient là les seuls délits que le militaire avait commis, et bien inoffensifs, surtout en temps de guerre.
Les quatre hommes et trois femmes présents ici avaient tous combattus pendant la guerre civile, le Président y compris, sous la bannière de l'Union du Peuple. Ce groupe armé avait eu pour but de restaurer la paix au sein de la nation en employant la force puisque la voie diplomatique avait échoué. Ce fut là d'ailleurs le plus gros échec de Lee Min-Rin, actuelle ministre des Affaires Étrangères. La manière forte avait fonctionné, et ils étaient tous les sept réunis ici pour préparer la dernière étape de l'objectif qu'ils s'étaient fixés il y a deux ans de cela.

Park Seung-Eun quitta la fenêtre pour s'asseoir dans son siège à droite de Shin Wan-Hyuk. Les deux autres debout s'installèrent à leur tour autour de la table et le Président prit enfin place en bout de table.
En face de lui, le camarade Go Eun-Hyuk, ministre de la Défense, et la camarade Bae Seul, chef d'État-major des forces armées. A sa gauche, la camarade Cho Sung-Chan, chef d'État-major de l'Armée du Peuple, et la camarade Man Hee-Hyo, chef d'État-major de la Garde du Peuple. Enfin, à sa droite, le camarade Shin Wan-Hyuk, chef d'État-major de la Marine du Peuple, et le camarade Park Seung-Eun, chef d'État-major de l'Aviation du Peuple.

Chono Aguri, Président de la République :

-Quelle est la situation ? Autant du côté des fascistes que des indépendantistes.

Bae Seul, chef d'État-major des forces armées :

-Nos rapports indiquent que les fascos continuent leurs attaques sur les villages isolés dans les montagnes au Sud-Est qui forment notre frontière avec la Roumalie. Nos troupes sur le terrain ont découvert au fil de leur progression plusieurs bases dans les contre-forts et dans le massif. Il semblerait que les rebelles évitent l'affrontement, avec raison, et se replient au fil de notre progression. Pour les indé...

Cho Sung-Chan, chef d'État-major de l'Armée du Peuple, coupant la parole à sa supérieure hiérarchique :

-Ce n'est pas bon. Les rebelles vont finir par s'établir à un point stratégique dans les montagnes et nos troupes seront en position de faiblesse à leur approche. Sans oublier que nous sommes en hiver. Si nous continuons ainsi, nos pertes seront nombreuses.

Go Eun-Hyuk, ministre de la Défense :

-Ou bien les fascistes franchissent la frontière et pénètrent sur le territoire Roumalien. Dans pareil cas il nous serait impossible d'intervenir sur ce territoire sans risquer l'incident diplomatique. Avec ces deux scénarios, il semblerait que la stratégie actuellement adoptée ne soit pas la meilleure.

Chono Aguri, Président de la République :

-Bien que la camarade Cho l'ait souligné, nous sommes en hiver, et pourtant vous semblez oublier que si cela peut nous désavantager, cela peut aussi les désavantager. A la réflexion, ils y sont plus perdants que nous. Nous nous avons tout un pays pour ravitailler nos troupes en nourriture, munitions, armes, médicaments, etc. Et qu'est-ce qu'ils ont eux ? Les fruits de leurs pillages, quelques sacs de riz, des munitions en quantité limitée, et pas d'approvisionnement assuré. Finalement ils se sont eux-même jetés dans le gouffre.

Bae Seul, chef d'État-major des forces armées :

-Vous pensez à les laisser crever dans les montagnes ?

Chono Aguri, Président de la République :

-Exactement, pourquoi risquer de perdre des hommes alors que l'hiver peut s'en occuper seul. Et quand bien même ils survivent à l'hiver, ils seront nettement diminués, nous n'aurons plus que les cueillir à l'approche de l'été.

Shin Wan-Hyuk, chef d'État-major de la Marine du Peuple :

-Cela semble être une bonne idée, cependant il faut s'assurer de bien les garder dans les montagnes.

Go Eun-Hyuk, ministre de la Défense :

-En effet, si on se sert de nos troupes pour les coincer, ils n'auront plus qu'à déposer les armes, ou tenter un assaut suicide sur nos forces.

Cho Sung-Chan, chef d'État-major de l'Armée du Peuple :

-En postant l'armée en faction à des points stratégiques en arc de cercle autour de la zone, on enferme les rebelles dans les montagnes et on est sûr de les bloquer, joignant le geste à la parole, elle désigna des positions sur l'une des cartes de la table. Il nous faudrait aussi un balayage des lieux par l'aviation afin d'être tenu informé dans la mesure du possible des positions rebelles et de leurs déplacements.

Park Seung-Eun, chef d'État-major de l'Aviation du Peuple :

-J'allais justement le proposer. Mais pourquoi limiter l'aviation au seul rôle de reconnaissance ? On peut tout à fait l'utiliser pour bombarder les zones suspectées d'abriter ces crevards. On accélérerait ainsi le processus d'éradication.

Chono Aguri, Président de la République :

-Tout ceci me paraît être une bonne stratégie. Peut-être pas la meilleure, mais certainement pas la pire. L'affaire des rebelles est donc réglée, tous approuvent de la tête. Il reste la question des tribus des steppes.

Go Eun-Hyuk, ministre de la Défense :

-Après votre discours, le peuple s'attendra au moins à une tentative de régler la situation diplomatiquement. Ce ne serait pas bon de passer à la manière forte directement. Il vaut mieux mettre en confiance le peuple.

Chono Aguri, Président de la République :

-Insinuez vous que je ne comptais pas employer la diplomatie ? Je considère les tribus des steppes comme nos frères, si je puis éviter un bain de sang pour calmer leurs ardeurs, je le ferais volontiers. Ils ne sont pas stupides, ils savent que la Patrie a besoin d'être unie pour pouvoir jouer un rôle régional, ou continental, voire même dans un futur lointain, international, pourquoi pas ? à la camarade Bae Seul. Donc, du nouveau de ce côté ?

Bae Seul, chef d'État-major des forces armées :

-Rien sortant de l'ordinaire, camarade. Vols de bétail, de nourriture. Leurs fusiliers montés n'ont porté atteinte à personne depuis le dernier rapport. Comme vous l'avez fait remarquer lors de votre discours, ils ne semblent pas vouloir faire couler le sang pour obtenir leur indépendance. Je pense que le terrain est assez fertile pour une issue diplomatique sans violence.

Tous les autres approuvèrent de la tête, le ministre de la Défense le fit avec un peu de retenue. Visiblement il souhaitait mater les indépendantistes manu militari. Cela avait toujours été l'un de ses défauts, il préférait toujours frapper du poing avec sûreté plutôt que de risquer de paraître ''faible'' en réglant le problème par la voie diplomatique.

Chono Aguri, Président de la République :

-Je rencontrerais ce Morï Dai, le chef des indépendantistes, prochainement. En espérant que nous trouverons un arrangement pour le bien de notre Patrie. Si nous n'y arrivons pas, nous devrons malheureusement les mater par la force. Nous ne pouvons nous permettre de leur accorder une totale indépendance. Bien, je crois que nous avons fait le point.

Go Eun-Hyuk, ministre de la Défense :

-Il était aussi question d'une potentielle modernisation de l'armée. Nos équipements, notre matériel, nos armes, et même nos véhicules sont obsolètes et bien ridicules comparés aux puissances mondiales. Même régionales. Nous sommes coincés entre l'URCM à l'Ouest, la Roumalie de l'autre côté, l'Hanguk au Nord et le Wapong n'est pas si loin au Sud. Certes, l'Hanguk n'est pas une grande puissance, économiquement parlant ou militairement, cependant il dispose d'un réservoir d'hommes considérable, sans compter que la guerre qu'il mène avec la coalition socialiste au Viek Koing dote son armée de meilleurs équipements et d'un meilleur entraînement. Ce n'est pas bon d'être ainsi désarmé face aux proches nations.

Shin Wan-Hyuk, chef d'État-major de la Marine du Peuple :

-Votre discours me laisse penser que vous pensez que nous ne pouvons faire confiance en nos voisins. Proposez vous d'envisager de ne lier aucun lien avec les nations précédemment citées ? Cela serait idiot.

Go Eun-Hyuk, ministre de la Défense :

-Et pourquoi pas ? Nous avons les ressources essentielles pour le développement de la nation. Que demander de plus ? Utilisons les, et armons nous, protégeons nous des puissances qui nous menaceront dès la fin de la guerre au Viek Koing. Ils sont occupés là-bas à guerroyer pour des foutaises, profitons en !

Bae Seul, chef d'État-major des forces armées, eut un rire étouffé. :

-Nous avons des ressources variées, certes, mais pas de quoi casser la baraque. Nos réserves sont petites, et la production va de paire. De plus, cela nous prendrait des années, voire des décennies pour rattraper notre retard technologique. Camarade ! vous parlez de franchir seul un énorme fossé technologique en quelques années.

Park Seung-Eun, chef d'État-major de l'Aviation du Peuple :

-La camarade Bae Seul a raison, camarade. J'ajouterais aussi que nos proches voisins sont des nations à qui l'on peut faire confiance, en partie. Il serait bon d'envisager au moins des pactes de non-agression avec eux. Quelque chose m'interpelle, vous déclarez que les nations précédemment citées nous menaceront dès leur guerre terminée au Viek Koing. C'est peu probable, s'ils en avaient eu quelque chose à faire de notre lopin de terre, ils auraient profité de la guerre civile. Cela n'a pas été le cas. Est-ce la guerre qui vous a rendu à ce point paranoïaque, camarade ?

Le ministre de la Défense ne répondit pas.

Man Hee-Hyo, chef d'État-major de la Garde du Peuple :

-Il ne faut pas écarter de potentiels pactes de non-agression. Cependant le camarade Go Eun-Hyuk a raison sur un point. Nous devons moderniser l'armée.

Chono Aguri, Président de la République :

-Il faut en effet moderniser l'armée et exploiter nos ressources. Cependant nous ne pourrons pas rattraper seul le retard technologique, nous serons obligés à un moment ou à un autre de demander de l'aide, ou de coopérer avec une quelconque nation. Nous devons nous faire au moins un allié, dans la région si possible, à l'intention de Go Eun-Hyuk. Et nous pouvons accorder une partie de notre confiance à nos voisins. Ce n'est pas dans leur intérêt de perdre un potentiel allié socialiste. après une courte pause. Trêves de palabres, camarades. Vous avez du travail concernant les rebelles et j'ai pour ma part une réunion dans quelques heures avec le camarade Shin Ji-Wan.

Sur ce, le Président de la République Populaire de Myroha se leva et saluant les autres d'un hochement de tête, il quitta la salle.
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