<center>La vie est l'attente de la mort
(Alcuin)</center>
Siège officiel du Parti des Travailleurs National-Révolutionnaire, Izigor, 10:00 am
Le temps était au beau fixe et cette matinée ensoleillée prévoyait une excellente journée. Mais ce n'était pas pour cela que Juan Sanchez souriait tranquillement dans son bureau. Aujourd'hui devait être le début de l'avènement d'une nouvelle Esmark, une Esmark dont il serait le leader incontestable et incontesté. Le leader national-socialiste n'avait jamais oublié sa première tentative de pouvoir. Après la mort de Laïko Vatazy, cela avait été trop tôt et trop brouillon. Les artisans du Mouvement Populaire National avaient certes convaincu l'armée mais n'avaient pas à réussir à obtenir l'aval des services secrets esmarkiens qui avaient réussi à faire en sorte que Pedro Gassmen, ce sale chien, puisse prendre le pouvoir. Et dire qu'ils essayaient de faire croire que c'était le peuple qui s'était révolté. Ça avait été une lutte politique, entre deux camps ennemis, dont le peuple avait été totalement absent. Mais, comme bien d'autres par le passé, Juan Sanchez avait appris de cette première tentative avortée. La prochaine serait un véritable chef-d'œuvre qui lui permettrait de s'élever aux nues nationales.
Juan Sanchez avait toujours rêvé de pouvoir, aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir. Il avait eu, inévitablement, le rôle du chef dans tous les jeux avec ses petits camarades. Il avait toujours été le premier dans toutes les organisations politiques duquel il avait fait partie, à l'exception du Parti du Peuple Esmarkien. Il s'était alors retrouvé en concurrence interne avec un autre loup de la même génération, Pedro Gassmen. La suite, chacun la connaissait : Pedro Gassmen avait réussi à prendre le pouvoir à son compte, et il laissait Juan Sanchez vivoter et gesticuler.
« Camarade-guide, excusez-moi. Ceux que vous attendez sont arrivés. » annonça une voix douce. Juan Sanchez leva la tête. Une jeune fille, à peine majeure, avait passé la tête par l’entrebâillement de la porte qu'elle avait ouverte.
« Je te remercie, Julia, tu peux retourner à tes occupations. » lui répondit en souriant Juan Sanchez. Elle était la dernière embauchée dans les permanents du Parti et était la fille d'un membre de la direction izigorienne. « Si jeune et déjà si bien formée » pensa le Président de ce même parti. Il ne faudrait pas longtemps avant qu'elle ne se fasse sauter dans son bureau. Il se foutait que son père vienne gueuler par la suite. Comme la plupart des membres des différentes directions du parti, c'était un simple notable souhaitant un peu plus de pouvoir que son voisin. Quelques menaces et promesses de promotion et Juan Sanchez pourrait continuer à profiter de la chair fraîche. Puis il passerait à une autre proie. Tout en pensant à cela, le pantalon de Juan Sanchez avait commencé à se tendre, inconsciemment, au niveau de l'entrejambe. « Bon, autant en profiter ». Il verrouilla son bureau avant de se détendre plus efficacement.
Quand il sortit de son bureau, vingt bonnes minutes s'étaient écoulées. Toutes les personnes qu'il croisa tendait le bras droit dans sa direction en s'exclamant : « ¡ Viva Sanchez ! ». Il avait repris cette symbolique en étudiant tous les précédents nationaux-socialistes mondiaux qu'il avait pu trouver. Lui-même trouvait ça légèrement ridicule, mais ce décorum lui permettait d'être aujourd'hui le seul véritable adversaire de son ennemi juré ; alors pourquoi s'en priver ?
Juan Sanchez descendit les deux étages de son bureau jusqu'au rez-de-chaussée. Puis il s'engagea dans un couloir étroit et sombre au bout duquel se trouvait à nouveau un escalier à moitié dissimulé. C'était dans les caves du bâtiment que les réunions les plus secrètes du PTNR avaient lieu. Juan Sanchez ne se faisait aucune illusion. Il savait très bien que son bureau ou les salles de réunion officielles étaient sous écoute de la PSDT, qui n'attendait qu'un pas pour pouvoir interdire leur mouvement et combattre leurs idées. En tout cas, à la place de cet organisme sous contrôle vataziste, c'est ce qu'il aurait fait. Les dirigeants du PTNR et de son organisme de sécurité, le SOP, Service d'Ordre Populaire, avaient aménagé une petite pièce qui était régulièrement inspectée pour être sûr qu'aucun micro n'était présent. De plus, seuls les fidèles des fidèles connaissaient l'existence de cette pièce, ou en tout cas son rôle premier.
Il entra dans la pièce et s'assit en bout de table, sans saluer personne. Les quatre personnes avaient, quand à elles, respecté les traditions national-socialistes, tout en évitant de montrer qu'elles patientaient depuis près d'une demi-heure.
« ¡ Viva Sanchez ! »
Juan Sanchez répondit mollement et les invita à s'asseoir. Il se tourna vers sa plus fidèle camarade de combat, Sasita Melenaz, Secrétaire Nationale du Parti et Directrice Nationale du SOP, pour commencer la réunion.
« Bien, maintenant que le camarade-guide est là, nous pouvons commencer. Je propose d'abord de faire un point sur la situation politique, économique et sociale en Esmark... »
Juan Sanchez n'écouta que vaguement ce qui se dit durant cette introduction, inintéressante pour lui, mais nécessaire pour avoir une vue d'ensemble du problème. D'ailleurs Sasita ne fit que redire ce qu'il disait dans ses discours depuis des années. Il la regarda plus attentivement. Elle n'était pas vraiment jolie, n'était pas mince, avait des traits trapus, n'avait aucun de ces critères que les occidentaux appréciaient. Et pourtant, elle faisait partie des rares femmes qu'il estimait et qu'il aimait sincèrement, sans, pour autant, avoir besoin de rapports sexuels avec elle. C'était lui qui l'avait débusqué dans l'anonyme Parti Révolutionnaire Communiste. Elle avait déjà ce côté radical qui lui avait plu. À partir de ce moment-là, il l'avait couvé. Et elle l'avait toujours suivi. Elle méritait, aujourd'hui, d'être la deuxième tête du mouvement, ce n'en était que justice.
« Maintenant que ceci est dit, le camarade-guide, a souhaité nous réunir aujourd'hui, afin de nous faire part d'une proposition. »
Le silence se fit. Tous les regards étaient maintenant tournés vers lui. Il prit le temps de se redresser dans son fauteuil.
« Bien. Tout d'abord, merci Sasita, pour cette introduction fastidieuse mais nécessaire. Il faut toujours rabâcher pour que ça rentre. »
Il remarqua quelques sourires en coin.
« L'ennemi est le vatazisme. Je ne le dirais jamais assez. Cette idéologie basée, soit-disant sur la pensée de Laïko Vatazy, plonge le pays dans la ruine. Sasita nous a bien rappelé ce qui n'allait pas à cause de ces oligarques rouges.
Nous avons tenté beaucoup de choses, nous sommes, aujourd'hui, plus puissants que jamais. Nous sommes devenus le premier parti d'opposition. Et c'est maintenant que nous pouvons et devons agir pour changer le cours des évènements. »
Il se tut, chacun écoutait attentivement.
« L'ennemi est le vatazisme, l'ennemi est le Parti du Peuple Esmarkien, l'ennemi est Pedro Gassmen. Je pense que nous sommes tous d'accord avec cette analyse. »
Il y eut des hochements de tête approbatifs. L'un se risqua même à un petit commentaire.
« En effet.
- Nous avons espéré que nous réussirions à inverser la tendance. Mais il faut maintenant se rendre à l'évidence. Malgré notre puissance électorale, nous restons un nain politique. Même le Parti des Libertés a plus de militants que nous. Les gens voient en notre mouvement un geste de rébellion mais aucunement une véritable force de proposition.
- « Je pense qu'avec un peu plus de temps, nous pouvons continuer à convaincre...
- Si je vous ai réuni, ce n'est pas pour vous informer des prochaines échéances électorales et des bassesses politiques habituelles. Vous savez très bien le faire sans moi.
Je pense qu'il nous faut passer à un schéma politique plus radical.
- Qu'entendez-vous par plus radical ?
- C'est une excellente question, Luis. Et bien, je pense que nous sommes aujourd'hui prêts à une prise du pouvoir autre que par les élections. »
Un silence de mort se fit autour de la table.
« Mais, camarade-guide, sans vouloir vous remettre en cause, nous avons déjà parlé de cela par le passé. Nous n'avons tout simplement pas la force de pouvoir renverser le pouvoir vataziste.
- En effet, et c'est bien pour cela que nous n'utiliserons pas la force pour prendre le pouvoir. »
Les participants s'échangèrent des regards intrigués.
« Peut-on savoir comment vous envisagez alors ?
- Le Parti du Peuple Esmarkien, malgré sa puissance, est un parti plus divisé que jamais. J'ai de bonnes raisons de croire qu'une partie du PPE sera à même de nous soutenir. Bien évidemment, tout cela reste à confirmer.
Les opposants libéraux seront prêts à nous lécher les couilles pour avoir une once de pouvoir.
Enfin, nous prendrons le pouvoir d'une façon démocratique, du moins en apparence.
- Je veux bien, mais il reste un problème, et de taille.
- Et lequel ?
- Pedro Gassmen. Il faut lui reconnaître un certain talent pour unifier son camp derrière ses couleurs.
- En effet. Mais si plus de Pedro Gassmen... »
Juan Sanchez prit son temps et savoura son effet.
« … Plus d'unité. Plus d'unité, plus de victoire. Surtout si nous convainquons l'aile orthodoxe de nous soutenir dans un mouvement plus pur et plus radical.
- Doit-on comprendre que vous songez à vous débarrasser physiquement de Pedro Gassmen ?
- Vous voyez que vous n'êtes pas si sot que ça, Ramon ! En effet, c'est bien à cela que je songe. Je pense, Sasita également, que nous sommes à une étape importante du national-socialisme. Et cette étape est la conquête du pouvoir, aidé par tous ces pantins, que nous éliminerons progressivement par la suite. »
Chacun semblait savourer l'idée. Néanmoins, le dernier qui n'avait pas encore pris la parole fit un petit signe de la main, signe qu'il allait intervenir. Juan Sanchez le regarda froidement, il n'aimait pas cet homme, Baltasar Ouchema Ramirez, même si c'était un fidèle national-socialiste. C'était Sasita qui avait insistée pour le monter dans les instances dirigeantes du Parti ; sans quoi, il serait encore un anonyme chef de section.
« Excusez-moi, camarade-guide, mais il m'a semblé que vous avez utilisé beaucoup de conditionnels pour nous convaincre. Je pense notamment à nos actuels opposants qui seraient à même de nous soutenir le jour venu. Comment être sûr de leur soutien ? »
« Et dire que les autres imbéciles étaient prêts à être convaincus. Dommage qu'on croise toujours des hommes comme lui sur notre route » songea Juan Sanchez.
« Vous avez raison, Baltasar. Le premier point va être d'organiser des rencontres avec les grands chefs d'oppositions externe comme interne à Pedro Gassmen. Il nous faut absolument que ces rencontres débouchent sur quelque chose de positif.
- Et comment comptez-vous prendre le pouvoir démocratiquement, par la suite ? »
Baltasar se tourna vers Luis et le regarda comme on regarde quelqu'un qui dit quelque chose de particulièrement stupide. Juan Sanchez mit sa main devant sa bouche pour éviter de montrer un petit sourire.
« Voyons Luis, ai-je réellement besoin de répondre ? La mort de Pedro Gassmen entraînera forcément de nouvelles élections. À nous de tirer parti de ce que nous aurons mené en secret pour amener le mouvement national-révolutionnaire au pouvoir. »
Sasita fit un discret signe de la main pour lui signifier qu'il fallait songer à terminer cette réunion. Après tout, elle ne serait que la première d'une longue lignée.
« Bien, je dois maintenant partir. Luis, vous vous occupez de prendre contact avec l'opposition libérale du Parti National jusqu'au Parti des Libertés. Baltasar, activez vos réseaux pour me trouver quelques vatazistes lassés de Gassmen. Ramon, vous organisez les sections pour une bonne coopération avec les mouvements nationaux-socialistes cotanais et néo-hispaliens.
Messieurs, madame, je me sauve. Rendez-vous dans une semaine pour un premier point. Je veux, bien évidemment, des résultats. »
« Et voilà, finalement, ce n'était pas très compliqué de lancer la machine. » songea Juan Sanchez en sortant de la salle.
[RP] La vie est l'attente de la mort (Partie Esmark)
-
Soiouz
<center>La vie est l'attente de la mort
(Alcuin)</center>
Restaurant traditionnel du centre d'Izigor, salle du fond, 13:00 am
Juan Sanchez prenait son temps pour savourer sa carapulca. Ce plat, à base de pomme de terres, de porc et de cacahuètes entre autres, était un mets très populaire en Esmark. Il faisait partie des nombreux plats traditionnels du pays.
« Esteban, toujours aussi succulent ta carapulca ! » s'exclama le leader national-socialiste au patron du petit restaurant où il déjeunait. Il dégusta les dernières bouchées.
« Amène-moi donc une autre bière de maïs ! » Vu la rencontre qui s'annonçait, il aimait autant être à l'aise. L'alcool permettait de réfléchir plus vite et d'éviter de perdre du temps inutilement.
Un de ses gardes du corps rentra dans la petite pièce où Juan Sanchez mangeait seul.
« Camarade-guide, votre invité est arrivé.
- Et bien, ne le fais pas attendre, Eduardo. Fais-le rentrer. Discrètement, cela va sans dire. »
Le garde du corps sortit. Quelques instants passèrent durant lesquels le patron en profita pour servir Juan Sanchez. Celui-ci le remercia d'un signe de tête.
Eduardo rentra dans la pièce suivi de l'invité de Juan Sanchez. L'arrivant s'assit sur la chaise en face du Président du PTNR.
« Désirez-vous boire quelque chose ?
- Un simple thé m'ira très bien, merci. »
Le patron qui n'avait pas encore quitté la pièce sortit et revint avec un thé brûlant quelques instants plus tard. L'invité prit le temps d'infuser sa boisson avant de regarder dans les yeux son interlocuteur.
« Bien, vous avez souhaité une rencontre entre nos deux mouvements. Je pense que nous pouvons commencer.
- En effet, Pedro, inutile de perdre davantage de temps. »
Pedro Volnochia, puisque c'était lui, regarda attentivement Juan Sanchez.
« Vous n'ignorez pas que l'Esmark est à un stade critique de son histoire. La nomenklatura vataziste empêche véritablement aux forces esmarkiennes de pouvoir s'exprimer.
- Nomenklatura dont vous avez fait partie durant des années néanmoins. »
Juan Sanchez fit une grimace comique. Si Volnochia tenait à tirer le premier, c'était son affaire, mais personnellement il aurait attendu encore un peu. Il prit une feuille qui était posée sur sa table à côté de lui.
« Pedro Volnochia, né en 1975. En 1992, à 17 ans, il rejoint les Jeunesses Populaires Esmarkiennes. À 18 ans, on le retrouve dans les rangs de l'Association Étudiante Esmarkienne. On le retrouve ensuite plus tard militant du Parti Démocrate Esmarkien, alors sous contrôle vataziste... Je continue ? »
Juan Sanchez était content. Il avait réussi à troubler son adversaire. Cet imbécile avait été assez imprudent pour croire qu'il n'oserait pas regarder dans son passé.
« Non, je crois que cela suffira. Vous savez, on fait tous des erreurs étant jeunes.
- En effet. Maintenant que nous avons mutuellement évoqué nos souvenirs respectifs de militants sous la bannière rouge, nous pouvons peut-être penser au présent. Et à l'avenir aussi.
- Je vous écoute. »
« C'est ça. Laisse-moi parler, grand con, ça vaudra mieux » pensa Juan Sanchez lors d'une courte pause.
« Nous vous proposons une alliance, pour l'instant secrète, entre nos mouvements. »
Pedro Volnochia le regarda, sincèrement surpris.
« Ah... Euh... Vous me prenez au dépourvu. Je ne sais vraiment pas quoi dire. Nos deux mouvements sont ennemis pourtant. Et visiblement, cela vous a toujours convenu. Pourquoi changer maintenant ?
- Parce qu'aujourd'hui, les temps ont changé. Nous avons un ennemi commun, le PPE et son chef Pedro Gassmen. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, dit le diction. C'est aussi simple que cela.
- Et à quoi servirait cette alliance si secrète ?
- À m'assurer qu'en tant d'élections anticipées du Représentant du Peuple et en l'absence de Pedro Gassmen, votre parti soutienne ma candidature. »
Pedro Volnochia, qui buvait, à ce moment-là, son thé, s'étrangla avec sa gorgée.
« Kof, kof ! KOF ! »
Juan Sanchez le regarda tousser sans rien dire.
« Ai-je bien interprété ce que vous venez de dire ?
- Si vous n'êtes pas aussi débile que vous ce que vous montrez en public, vous aurez pu, en effet, faire un certain nombre de cause à effet.
- Mais... Mais comment ? Comment comptez-vous faire cela ?
- Rassurez-vous, Pedro. Votre mouvement et vous-même n'auraient rien à craindre. Nous ne souhaitons pas vous incorporer dans cette opération. Si cette dernière échoue, vous pourrez crier au déni de démocratie des nationaux-socialistes, soyez sans craintes. Nous souhaitons juste un soutien de votre mouvement en cas d'élections anticipées.
- Je dois en parler avec le bureau du Parti. Je ne peux pas prendre cette décision tout seul. »
« Et voilà, l'apanage des lâches. Toujours compter sur les autres pour pouvoir rejeter sa faute en cas de problème ».
« Non Pedro. Vous allez prendre cette décision comme un grand, tout seul comme un véritable homme politique. »
Pedro Volnochia commençait à transpirer à grosses gouttes. Agir dans l'ombre pour nuire au PPE, rien de plus normal. Mais de là à assassiner un chef d'État, il y avait de la marge.
« Mais je ne suis même plus chef du Parti des Libertés. C'est Ana Luisa Eguilagua qui le dirige maintenant.
- Ah oui, Ana la fidèle. Arrêtez de me prendre pour un con, Pedro. C'est une de vos plus ferventes admiratrices et vous dirigez toujours en sous-main le Parti. Mais en effet, vous devrez lui en parler. Et à elle seule, c'est bien compris ? »
Pedro Volnochia se redressa sur sa table.
« Admettons. Mais pourquoi devrions-nous vous soutenir, vous, et pas un autre ?
- Parce que vous savez que je suis le seul capable de battre un candidat investi par le PPE. Ce parti investirait un lama que vous arriveriez à perdre quand même. Il n'y a que moi. Et vous le savez très bien, de surcroît.
- Peut-être. Mais pourquoi vous soutenir, alors que votre programme est à l'opposé du nôtre ? Si nous devons vous soutenir, nous souhaitons avoir des garanties solides. »
« Coriace, même à l'agonie. Sans surprises. » pensa Juan Sanchez.
« Vous aurez quelque chose que vous avez toujours souhaité avoir. Une libéralisation économique de l'Esmark tant qu'elle reste nationale.
- Qu'entendez-vous par là ?
- J'entends par là que nous mettrons fin au monopole d'État dans de nombreux secteurs économiques. Vous, Pedro, deviendrez devenir un chef d'entreprise et un grand notable, national-révolutionnaire, en apparence, tout au moins.
- Vous voulez dire que vous souhaitez faire ce que nous avons voulu faire en 2019 et que votre parti a refusé sciemment ?
- Oui. »
Un silence de mort s'établit entre les deux protagonistes.
« Mais vous êtes encore pire que ce que je pensais. Pourquoi faire ce que vous avez refusé, il y a cinq ans ?
- Parce qu'à ce moment-là, vous étiez au gouvernement. Et vous auriez eu une légitimité à gouverner. En refusant votre politique, nous restions droits dans nos bottes vis-à-vis de nos électeurs et puis il y avait également une raison politique.
- Non mais c'est une blague ! Vous allez bientôt me dire que vous avez fait cela uniquement pour nous faire chuter !
- Pourquoi vous le dirais-je alors que, visiblement, vous l'avez très bien compris tout seul ? »
Pedro Volnochia resta bouche bée.
« Vous êtes définitivement la pire ordure que l'Esmark ait connue.
- C'est possible. Mais cela ne me dit pas ce que vous allez faire. Je vous rappelle que vous avez le choix d'être le leader d'un petit parti qui n'ira jamais plus haut que député. Ou alors vous pouvez être un grand patron, peut-être un ministre. »
Un silence de réflexion se fit pour Pedro Volnochia.
« Comment voyez-vous le pouvoir, comme une coalition ?
- Au début, en effet, nous permettrons à tous les partis nous ayant soutenu de pouvoir participer au gouvernement. Nous verrons comment cela évoluera par la suite.
- Je ne vous mentais pas tout à l'heure. Je suis vraiment obligé d'en parler...
- Oui, oui, parlez-en à Ana Luisa. Mais à elle seulement. Donnez-moi votre réponse par l'intermédiaire de l'homme qui vous a contacté.
- Je ne vous cache pas que je reste plus que sceptique sur des éventualités de soutien à votre action.
- Transmettez déjà votre proposition à Ana Luisa. Nous verrons bien, par la suite. »
Pedro Volnochia sortit de la pièce. Juan Sanchez, après quelques secondes sans bouger, prit son assiette vide et la lança violemment contre le mur. « Et dire que nous devrons partager le pouvoir avec des abrutis pareils ! La simple évocation d'être chef d'entreprise, et le voilà prêt à soutenir n'importe qui. » pensa le leader national-socialiste. L'aversion qu'il avait pour toutes ces libéraux ne s'était pas arrangé après cette rencontre. Mais il restait confiant. Ana Luisa Eguilagua n'était pas cette couille molle de Volnochia. Elle verrait l'intérêt qu'elle pouvait avoir à le soutenir.
Il regarda les débris de l'assiette qu'il venait de jeter.
« Esteban, je crois que j'ai eu un geste malheureux ! » cria-t-il.
(Alcuin)</center>
Restaurant traditionnel du centre d'Izigor, salle du fond, 13:00 am
Juan Sanchez prenait son temps pour savourer sa carapulca. Ce plat, à base de pomme de terres, de porc et de cacahuètes entre autres, était un mets très populaire en Esmark. Il faisait partie des nombreux plats traditionnels du pays.
« Esteban, toujours aussi succulent ta carapulca ! » s'exclama le leader national-socialiste au patron du petit restaurant où il déjeunait. Il dégusta les dernières bouchées.
« Amène-moi donc une autre bière de maïs ! » Vu la rencontre qui s'annonçait, il aimait autant être à l'aise. L'alcool permettait de réfléchir plus vite et d'éviter de perdre du temps inutilement.
Un de ses gardes du corps rentra dans la petite pièce où Juan Sanchez mangeait seul.
« Camarade-guide, votre invité est arrivé.
- Et bien, ne le fais pas attendre, Eduardo. Fais-le rentrer. Discrètement, cela va sans dire. »
Le garde du corps sortit. Quelques instants passèrent durant lesquels le patron en profita pour servir Juan Sanchez. Celui-ci le remercia d'un signe de tête.
Eduardo rentra dans la pièce suivi de l'invité de Juan Sanchez. L'arrivant s'assit sur la chaise en face du Président du PTNR.
« Désirez-vous boire quelque chose ?
- Un simple thé m'ira très bien, merci. »
Le patron qui n'avait pas encore quitté la pièce sortit et revint avec un thé brûlant quelques instants plus tard. L'invité prit le temps d'infuser sa boisson avant de regarder dans les yeux son interlocuteur.
« Bien, vous avez souhaité une rencontre entre nos deux mouvements. Je pense que nous pouvons commencer.
- En effet, Pedro, inutile de perdre davantage de temps. »
Pedro Volnochia, puisque c'était lui, regarda attentivement Juan Sanchez.
« Vous n'ignorez pas que l'Esmark est à un stade critique de son histoire. La nomenklatura vataziste empêche véritablement aux forces esmarkiennes de pouvoir s'exprimer.
- Nomenklatura dont vous avez fait partie durant des années néanmoins. »
Juan Sanchez fit une grimace comique. Si Volnochia tenait à tirer le premier, c'était son affaire, mais personnellement il aurait attendu encore un peu. Il prit une feuille qui était posée sur sa table à côté de lui.
« Pedro Volnochia, né en 1975. En 1992, à 17 ans, il rejoint les Jeunesses Populaires Esmarkiennes. À 18 ans, on le retrouve dans les rangs de l'Association Étudiante Esmarkienne. On le retrouve ensuite plus tard militant du Parti Démocrate Esmarkien, alors sous contrôle vataziste... Je continue ? »
Juan Sanchez était content. Il avait réussi à troubler son adversaire. Cet imbécile avait été assez imprudent pour croire qu'il n'oserait pas regarder dans son passé.
« Non, je crois que cela suffira. Vous savez, on fait tous des erreurs étant jeunes.
- En effet. Maintenant que nous avons mutuellement évoqué nos souvenirs respectifs de militants sous la bannière rouge, nous pouvons peut-être penser au présent. Et à l'avenir aussi.
- Je vous écoute. »
« C'est ça. Laisse-moi parler, grand con, ça vaudra mieux » pensa Juan Sanchez lors d'une courte pause.
« Nous vous proposons une alliance, pour l'instant secrète, entre nos mouvements. »
Pedro Volnochia le regarda, sincèrement surpris.
« Ah... Euh... Vous me prenez au dépourvu. Je ne sais vraiment pas quoi dire. Nos deux mouvements sont ennemis pourtant. Et visiblement, cela vous a toujours convenu. Pourquoi changer maintenant ?
- Parce qu'aujourd'hui, les temps ont changé. Nous avons un ennemi commun, le PPE et son chef Pedro Gassmen. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, dit le diction. C'est aussi simple que cela.
- Et à quoi servirait cette alliance si secrète ?
- À m'assurer qu'en tant d'élections anticipées du Représentant du Peuple et en l'absence de Pedro Gassmen, votre parti soutienne ma candidature. »
Pedro Volnochia, qui buvait, à ce moment-là, son thé, s'étrangla avec sa gorgée.
« Kof, kof ! KOF ! »
Juan Sanchez le regarda tousser sans rien dire.
« Ai-je bien interprété ce que vous venez de dire ?
- Si vous n'êtes pas aussi débile que vous ce que vous montrez en public, vous aurez pu, en effet, faire un certain nombre de cause à effet.
- Mais... Mais comment ? Comment comptez-vous faire cela ?
- Rassurez-vous, Pedro. Votre mouvement et vous-même n'auraient rien à craindre. Nous ne souhaitons pas vous incorporer dans cette opération. Si cette dernière échoue, vous pourrez crier au déni de démocratie des nationaux-socialistes, soyez sans craintes. Nous souhaitons juste un soutien de votre mouvement en cas d'élections anticipées.
- Je dois en parler avec le bureau du Parti. Je ne peux pas prendre cette décision tout seul. »
« Et voilà, l'apanage des lâches. Toujours compter sur les autres pour pouvoir rejeter sa faute en cas de problème ».
« Non Pedro. Vous allez prendre cette décision comme un grand, tout seul comme un véritable homme politique. »
Pedro Volnochia commençait à transpirer à grosses gouttes. Agir dans l'ombre pour nuire au PPE, rien de plus normal. Mais de là à assassiner un chef d'État, il y avait de la marge.
« Mais je ne suis même plus chef du Parti des Libertés. C'est Ana Luisa Eguilagua qui le dirige maintenant.
- Ah oui, Ana la fidèle. Arrêtez de me prendre pour un con, Pedro. C'est une de vos plus ferventes admiratrices et vous dirigez toujours en sous-main le Parti. Mais en effet, vous devrez lui en parler. Et à elle seule, c'est bien compris ? »
Pedro Volnochia se redressa sur sa table.
« Admettons. Mais pourquoi devrions-nous vous soutenir, vous, et pas un autre ?
- Parce que vous savez que je suis le seul capable de battre un candidat investi par le PPE. Ce parti investirait un lama que vous arriveriez à perdre quand même. Il n'y a que moi. Et vous le savez très bien, de surcroît.
- Peut-être. Mais pourquoi vous soutenir, alors que votre programme est à l'opposé du nôtre ? Si nous devons vous soutenir, nous souhaitons avoir des garanties solides. »
« Coriace, même à l'agonie. Sans surprises. » pensa Juan Sanchez.
« Vous aurez quelque chose que vous avez toujours souhaité avoir. Une libéralisation économique de l'Esmark tant qu'elle reste nationale.
- Qu'entendez-vous par là ?
- J'entends par là que nous mettrons fin au monopole d'État dans de nombreux secteurs économiques. Vous, Pedro, deviendrez devenir un chef d'entreprise et un grand notable, national-révolutionnaire, en apparence, tout au moins.
- Vous voulez dire que vous souhaitez faire ce que nous avons voulu faire en 2019 et que votre parti a refusé sciemment ?
- Oui. »
Un silence de mort s'établit entre les deux protagonistes.
« Mais vous êtes encore pire que ce que je pensais. Pourquoi faire ce que vous avez refusé, il y a cinq ans ?
- Parce qu'à ce moment-là, vous étiez au gouvernement. Et vous auriez eu une légitimité à gouverner. En refusant votre politique, nous restions droits dans nos bottes vis-à-vis de nos électeurs et puis il y avait également une raison politique.
- Non mais c'est une blague ! Vous allez bientôt me dire que vous avez fait cela uniquement pour nous faire chuter !
- Pourquoi vous le dirais-je alors que, visiblement, vous l'avez très bien compris tout seul ? »
Pedro Volnochia resta bouche bée.
« Vous êtes définitivement la pire ordure que l'Esmark ait connue.
- C'est possible. Mais cela ne me dit pas ce que vous allez faire. Je vous rappelle que vous avez le choix d'être le leader d'un petit parti qui n'ira jamais plus haut que député. Ou alors vous pouvez être un grand patron, peut-être un ministre. »
Un silence de réflexion se fit pour Pedro Volnochia.
« Comment voyez-vous le pouvoir, comme une coalition ?
- Au début, en effet, nous permettrons à tous les partis nous ayant soutenu de pouvoir participer au gouvernement. Nous verrons comment cela évoluera par la suite.
- Je ne vous mentais pas tout à l'heure. Je suis vraiment obligé d'en parler...
- Oui, oui, parlez-en à Ana Luisa. Mais à elle seulement. Donnez-moi votre réponse par l'intermédiaire de l'homme qui vous a contacté.
- Je ne vous cache pas que je reste plus que sceptique sur des éventualités de soutien à votre action.
- Transmettez déjà votre proposition à Ana Luisa. Nous verrons bien, par la suite. »
Pedro Volnochia sortit de la pièce. Juan Sanchez, après quelques secondes sans bouger, prit son assiette vide et la lança violemment contre le mur. « Et dire que nous devrons partager le pouvoir avec des abrutis pareils ! La simple évocation d'être chef d'entreprise, et le voilà prêt à soutenir n'importe qui. » pensa le leader national-socialiste. L'aversion qu'il avait pour toutes ces libéraux ne s'était pas arrangé après cette rencontre. Mais il restait confiant. Ana Luisa Eguilagua n'était pas cette couille molle de Volnochia. Elle verrait l'intérêt qu'elle pouvait avoir à le soutenir.
Il regarda les débris de l'assiette qu'il venait de jeter.
« Esteban, je crois que j'ai eu un geste malheureux ! » cria-t-il.
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Soiouz
<center>La vie est l'attente de la mort
(Alcuin)</center>
Siège officiel du Parti du Peuple Esmarkien, Izigor, 7:30 pm
Pedro Gassmen aurait aimé pouvoir prendre un peu de repos. Mais en tant que chef d'État, chef du gouvernement et leader du premier parti du pays, il avait peu de temps à consacrer à soi. Il était actuellement en pleine consultation d'un dossier sur les orientations idéologiques futures que pouvait prendre le parti. Certaines semblaient séduisantes, d'autres totalement obsolètes. Sur toutes ces propositions, il devrait proposer quelque chose au Comité Central du Parti dans quelques mois. Malgré sa popularité toujours immense et l'adhésion d'un grand nombre d'esmarkiens à ses idées, Pedro Gassmen n'était pas dupe. Le Parti était loin de se porter aussi bien qu'il voulait l'admettre. Les derniers scores, souvent très bons, avaient accentués les pensées individualistes. Il émergeait de plus en plus fréquemment des leaders de courants de pensée opposés à sa politique. Et il devait composer avec tout ça pour éviter l'effondrement de tout ce qu'avait construit Laïko Vatazy.
« Que penseront les générations futures de moi ? ». C'était une question fréquente qu'il se posait. Il s'en était ouvert à ses plus proches compagnons de combat. Rosa de la Huerta, sa plus fidèle partenaire, avait tenté de le rassurer mais Pedro Gassmen restait anxieux et torturé par toutes ces questions métaphysiques. Il refusait que l'on puisse penser qu'il avait failli ou encore qu'il avait trahi l'esprit vataziste.
Il avait passé la journée au Palais de la Révolution, traitant des questions de politique internationale, notamment avec les membres de l'UNDSV. Et il devait encore lire cela avant de pouvoir rentrer dans la résidence officielle du Représentant du Peuple. Il n'était néanmoins pas pressé de rentrer. Maintenant qu'Estela, sa fille, n'était plus étudiante, il résidait seul et il ne lui plaisait guère de se retrouver dans cette grande maison, sans compagnie. Il préférait encore l'atmosphère du siège du Parti.
Sa secrétaire toqua, puis entra dans la pièce.
« Camarade-Représentant Suprême, je suis désolé de vous interrompre, mais le camarade Dunez Etchuviriarti, demande depuis plusieurs jours à vous voir. Et il est ici, actuellement. Souhaitez-vous le rencontrer ? »
Ricardo Dunez Etchuviriarti. Ce jeune homme avait tout eu pour réussir. Déjà, une confiance très jeune dans les idéaux du socialisme démocratique populaire. Il avait très vite gravi les échelons des différents mouvements vatazistes existants. Et pourtant aujourd'hui, il « végétait » en tant que député à l'Assemblée de la Nation Esmarkienne. Certains, moins bien partis, lui étaient maintenant passés devant. « Incapable de voir à qui il faut lécher le cul pour réussir », ce commentaire, dit par Ruben Morenti, était resté gravé dans la mémoire de Pedro Gassmen. « Nous ne sommes finalement qu'un parti politique comme les autres » avait alors été sa pensée. Alors que des générations de communistes esmarkiens s'étaient battus pour une Esmark meilleure, on se retrouvait finalement avec les mêmes basses manœuvres politiciennes que n'importe où ailleurs dans le monde.
« Faites-le entrer, Chemi, faites-le entrer. »
La porte se ferma. Puis se rouvrit pour laisser passer Ricardo Dunez Etchuviriarti. Sans attendre une invitation de Pedro Gassmen, il s'assit dans un des fauteuils qui faisaient face au bureau de ce dernier. Pedro Gassmen fit mine de ne pas voir l'affront.
« Je t'en prie, Ricardo, installe-toi confortablement. Peut-être souhaites-tu boire quelque chose ?[/color]
- Non merci, Pedro. J'aimerais qu'on en vienne rapidement au fait. »
Pedro Gassmen se leva pour se servir un verre d'eau. Il ouvrit également la fenêtre puis alluma une cigarette. Il évitait de faire ceci en public mais il était un fumeur depuis son adolescence et il était trop tard, maintenant, pour changer sa nature.
« Et bien, c'est toi qui, apparemment, harcèle le secrétariat pour me rencontrer. Qu'as-tu donc de si important à me dire ? »
Ricardo Dunez Etchuviriarti sembla réfléchir à ce qu'il allait dire.
« J'estime... Que je ne suis pas... Non, qu'on ne m'accorde pas un assez grand rôle au sein du gouvernement.
- En effet. Tu ne fais même pas partie du gouvernement, ton rôle est donc... Nul.
- Oui. Mais ça aussi, on pourrait en reparler. »
Pedro Gassmen le regarda attentivement.
« Très bien. Parlons-en alors.
- J'estime qu'il est injuste de me laisser à la place où je suis alors que certains, moins compétents, font partie du gouvernement...
- Excuse-moi de t'interrompre. Mais parlons de ta place actuel. Député à l'Assemblée de la Nation Esmarkienne, député dans un Conseil Provincial, membre du Bureau de Direction du Parti. Je pense qu'on a fait pire comme situation. »
Ricardo Dunez Etchuviriarti eut un petit sourire d'agacement.
- Ne jouez pas à ça avec moi, Pedro. J'estime que je devrais faire partie du Conseil Suprême.
- Rien que ça. Et pourquoi donc ?
- J'estime avoir les compétences requises pour faire partie du gouvernement.
- J'ai surtout l'impression que tu « estimes » beaucoup de choses. Et que tu « estimes » beaucoup de ma part.
- Vous êtes Représentant du Peuple, c'est donc vous qui formez le gouvernement.
- C'est le cas. Et j'estime avoir fait les meilleurs choix possibles pour l'Esmark.
- Comme Paulo à l'agriculture ?
- Paulo (Nesva, ndlr) est Conseiller à l'Agriculture Populaire car il vient d'une famille paysanne et qu'il a été élevé par des militants fidèles de l'USA (Union Syndicale Agricole, ndlr). Il est donc parfaitement au courant des problèmes que peuvent avoir les paysans esmarkiens. Contrairement à toi.
- Quelqu'un qui vient de la campagne ne fait pas forcément un bon Conseiller à l'Agriculture Populaire.
- Je te crois sur parole. Mais dans le cas présent, ce n'est pas le cas. »
Un silence de quelques secondes s'installa.
« Vous l'aimez, hein, votre Paulo.
- Bon Ricardo, tu commences à doucement m'agacer. Tu n'aimes Paulo et c'est réciproque de sa part. Mais je refuse que quelques petites histoires d'ego affectent le mouvement.
- Pourtant, vous savez très bien jouer avec ça.
- Je te demande pardon ?
- Vous savez que je suis le seul à pouvoir vous faire de l'ombre. Et donc vous faites monter des incompétents pour les mettre entre vous et moi. »
Pedro Gassmen le regarda d'un air ahuri. Puis éclata de rire. Un rire franc et clair qui, visiblement, lui faisait du bien.
« Oui, oui, c'est ça. J'ai terriblement peur de toi, Ricardo.
- Vous voyez, vous même, vous le reconnaissez. »
Le sourire de Pedro Gassmen s'effaça instantanément.
« Dis-donc, petite merde, tu vas commencer par me montrer du respect. Pour l'instant c'est moi qui dirige, et l'État, et le Parti. Donc tes soucis égocentriques, tu les gardes pour ton auditoire de lèche-culs mais tu évites de venir me dire ça à moi.
- Tout ce que je vois, c'est que ça vous affecte de vous rendre compte que j'ai compris votre plan.
- Mais mon plan de quoi ?! Merde, à la fin ! Tu crois que j'ai que ça à foutre, d'avoir peur d'un petit merdeux dans ton genre. Méfie-toi, Ricardo, j'ai eu des adversaires plus coriaces que toi. Et ils ont rarement gagné.
- Comme Juan Sanchez ? »
Pedro Gassmen se leva pour aller refermer la fenêtre.
« Oui, comme Juan Sanchez. Et c'était autre chose qu'un imbécile en culottes courtes qui vient me faire des leçons de morale.
- Sachez, en tout cas, que j'ai décidé de me présenter au prochain Comité Central contre vous pour devenir le nouveau Représentant Suprême. »
Nouveau silence de mort.
« J'espère que c'est une plaisanterie. »
Depuis la fondation du Parti en 1976, et à l'exception de 2013, après la mort de Laïko Vatazy, le Représentant Suprême n'avait jamais de véritable concurrence aux élections du Comité Central. Pour faire illusion, on faisait se présenter des candidats inconnus qui n'avaient aucune chance de pouvoir prendre la tête du Parti. Ce procédé était accepté par tous et considéré comme normal.
« Je vois que ça vous fait peur. Je vous comprends. Ça vous changera des candidatures de pantin habituelles. Et j'aurais enfin ma chance.
- C'est vrai, tu es sûrement l'esmarkien le plus malheureux du moment. Vas dire ça aux travailleurs.
- Les travailleurs ? Mais vous connaissez quoi des travailleurs, Pedro Gassmen ? Ça fait combien de temps que vous n'êtes pas allés travailler à l'usine ? Ah mais c'est vrai, j'oubliais, vous n'y avez jamais foutu les pieds, en dehors des visites officielles.
- Parce que tu crois franchement que tu as des leçons à me donner sur ce point-là. À l'époque, on passait nos vacances universitaires à aller aider les paysans en difficulté. Donc, je connais sûrement plus les problèmes des esmarkiens que toi.
- Et c'est pour cela que vous avez une gestion du pays catastrophique ?
- Pardon ?
- Ben oui, soyons francs. On ne peut pas dire que votre bilan soit franchement glorieux.
- Mais tu t'es pris pour qui, pour me faire des leçons comme ça ? Des leçons de gestion du pays à moi ?! Mais sombre petite merde, si l'Esmark en est là, aujourd'hui, c'est bien grâce à moi ! On a réussi à faire d'une nation en retard, un pays industrialisé. Et tu viens me faire des leçons ?! Mais je tentais de faire bouger les choses que tu flottais encore dans les couilles de ton père, immonde petite fiotte.
- Je ne dis pas que vous n'arrivez pas à trouver des personnes compétentes de temps en temps. Mais vous-même, en tant que dirigeant, êtes mauvais. »
Pedro Gassmen se leva et ouvrit violemment la porte du bureau.
« Tu sors. »
Ricardo Dunez Etchuviriarti ne fit pas mine de bouger.
« Tu sors, et en vitesse encore ! »
Ricardo Dunez Etchuviriarti se leva enfin, et, d'un pas traînant, se dirigea vers la sortie.
« Et pour info, tu peux être sûr que ta candidature sera refusée par le Comité Central. Si tu veux la guerre, tu l'auras.
- Très bien. Faisons comme ça. »
Ricardo Dunez Etchuviriarti sortit. Il adressa un petit sourire à Chemi en passant, celle-ci le regardant l'air profondément surpris. Elle avait entendu la fin de la dispute, Pedro Gassmen ayant ouvert la porte et c'était la première fois qu'elle le voyait dans un tel état.
Ricardo héla un taxi, une fois dans la rue. Il n'avais pas envie d'utiliser les transports en commun ce soir. Il se fit arrêter un peu avant son immeuble. Il souhaitait marcher un petit peu.
L'air était très bon, ce soir-là. Il longea un petit parc où les familles amenaient leurs enfants pour s'amuser, dans la journée. Alors qu'il était presque arrivé à l'entrée de son immeuble, quelqu'un sortit de l'ombre.
« Ricardo Dunez Etchuviriarti ? »
Ricardo eut un mouvement de surprise, mais se ressaisit quasiment instantanément.
« Oui ?
- Baltasar Ouchema Ramirez. Nous ne nous connaissons pas, mais j'aimerais vous parler un moment, seul à seul.
- Me parler de quoi ?
- De votre avenir. »
(Alcuin)</center>
Siège officiel du Parti du Peuple Esmarkien, Izigor, 7:30 pm
Pedro Gassmen aurait aimé pouvoir prendre un peu de repos. Mais en tant que chef d'État, chef du gouvernement et leader du premier parti du pays, il avait peu de temps à consacrer à soi. Il était actuellement en pleine consultation d'un dossier sur les orientations idéologiques futures que pouvait prendre le parti. Certaines semblaient séduisantes, d'autres totalement obsolètes. Sur toutes ces propositions, il devrait proposer quelque chose au Comité Central du Parti dans quelques mois. Malgré sa popularité toujours immense et l'adhésion d'un grand nombre d'esmarkiens à ses idées, Pedro Gassmen n'était pas dupe. Le Parti était loin de se porter aussi bien qu'il voulait l'admettre. Les derniers scores, souvent très bons, avaient accentués les pensées individualistes. Il émergeait de plus en plus fréquemment des leaders de courants de pensée opposés à sa politique. Et il devait composer avec tout ça pour éviter l'effondrement de tout ce qu'avait construit Laïko Vatazy.
« Que penseront les générations futures de moi ? ». C'était une question fréquente qu'il se posait. Il s'en était ouvert à ses plus proches compagnons de combat. Rosa de la Huerta, sa plus fidèle partenaire, avait tenté de le rassurer mais Pedro Gassmen restait anxieux et torturé par toutes ces questions métaphysiques. Il refusait que l'on puisse penser qu'il avait failli ou encore qu'il avait trahi l'esprit vataziste.
Il avait passé la journée au Palais de la Révolution, traitant des questions de politique internationale, notamment avec les membres de l'UNDSV. Et il devait encore lire cela avant de pouvoir rentrer dans la résidence officielle du Représentant du Peuple. Il n'était néanmoins pas pressé de rentrer. Maintenant qu'Estela, sa fille, n'était plus étudiante, il résidait seul et il ne lui plaisait guère de se retrouver dans cette grande maison, sans compagnie. Il préférait encore l'atmosphère du siège du Parti.
Sa secrétaire toqua, puis entra dans la pièce.
« Camarade-Représentant Suprême, je suis désolé de vous interrompre, mais le camarade Dunez Etchuviriarti, demande depuis plusieurs jours à vous voir. Et il est ici, actuellement. Souhaitez-vous le rencontrer ? »
Ricardo Dunez Etchuviriarti. Ce jeune homme avait tout eu pour réussir. Déjà, une confiance très jeune dans les idéaux du socialisme démocratique populaire. Il avait très vite gravi les échelons des différents mouvements vatazistes existants. Et pourtant aujourd'hui, il « végétait » en tant que député à l'Assemblée de la Nation Esmarkienne. Certains, moins bien partis, lui étaient maintenant passés devant. « Incapable de voir à qui il faut lécher le cul pour réussir », ce commentaire, dit par Ruben Morenti, était resté gravé dans la mémoire de Pedro Gassmen. « Nous ne sommes finalement qu'un parti politique comme les autres » avait alors été sa pensée. Alors que des générations de communistes esmarkiens s'étaient battus pour une Esmark meilleure, on se retrouvait finalement avec les mêmes basses manœuvres politiciennes que n'importe où ailleurs dans le monde.
« Faites-le entrer, Chemi, faites-le entrer. »
La porte se ferma. Puis se rouvrit pour laisser passer Ricardo Dunez Etchuviriarti. Sans attendre une invitation de Pedro Gassmen, il s'assit dans un des fauteuils qui faisaient face au bureau de ce dernier. Pedro Gassmen fit mine de ne pas voir l'affront.
« Je t'en prie, Ricardo, installe-toi confortablement. Peut-être souhaites-tu boire quelque chose ?[/color]
- Non merci, Pedro. J'aimerais qu'on en vienne rapidement au fait. »
Pedro Gassmen se leva pour se servir un verre d'eau. Il ouvrit également la fenêtre puis alluma une cigarette. Il évitait de faire ceci en public mais il était un fumeur depuis son adolescence et il était trop tard, maintenant, pour changer sa nature.
« Et bien, c'est toi qui, apparemment, harcèle le secrétariat pour me rencontrer. Qu'as-tu donc de si important à me dire ? »
Ricardo Dunez Etchuviriarti sembla réfléchir à ce qu'il allait dire.
« J'estime... Que je ne suis pas... Non, qu'on ne m'accorde pas un assez grand rôle au sein du gouvernement.
- En effet. Tu ne fais même pas partie du gouvernement, ton rôle est donc... Nul.
- Oui. Mais ça aussi, on pourrait en reparler. »
Pedro Gassmen le regarda attentivement.
« Très bien. Parlons-en alors.
- J'estime qu'il est injuste de me laisser à la place où je suis alors que certains, moins compétents, font partie du gouvernement...
- Excuse-moi de t'interrompre. Mais parlons de ta place actuel. Député à l'Assemblée de la Nation Esmarkienne, député dans un Conseil Provincial, membre du Bureau de Direction du Parti. Je pense qu'on a fait pire comme situation. »
Ricardo Dunez Etchuviriarti eut un petit sourire d'agacement.
- Ne jouez pas à ça avec moi, Pedro. J'estime que je devrais faire partie du Conseil Suprême.
- Rien que ça. Et pourquoi donc ?
- J'estime avoir les compétences requises pour faire partie du gouvernement.
- J'ai surtout l'impression que tu « estimes » beaucoup de choses. Et que tu « estimes » beaucoup de ma part.
- Vous êtes Représentant du Peuple, c'est donc vous qui formez le gouvernement.
- C'est le cas. Et j'estime avoir fait les meilleurs choix possibles pour l'Esmark.
- Comme Paulo à l'agriculture ?
- Paulo (Nesva, ndlr) est Conseiller à l'Agriculture Populaire car il vient d'une famille paysanne et qu'il a été élevé par des militants fidèles de l'USA (Union Syndicale Agricole, ndlr). Il est donc parfaitement au courant des problèmes que peuvent avoir les paysans esmarkiens. Contrairement à toi.
- Quelqu'un qui vient de la campagne ne fait pas forcément un bon Conseiller à l'Agriculture Populaire.
- Je te crois sur parole. Mais dans le cas présent, ce n'est pas le cas. »
Un silence de quelques secondes s'installa.
« Vous l'aimez, hein, votre Paulo.
- Bon Ricardo, tu commences à doucement m'agacer. Tu n'aimes Paulo et c'est réciproque de sa part. Mais je refuse que quelques petites histoires d'ego affectent le mouvement.
- Pourtant, vous savez très bien jouer avec ça.
- Je te demande pardon ?
- Vous savez que je suis le seul à pouvoir vous faire de l'ombre. Et donc vous faites monter des incompétents pour les mettre entre vous et moi. »
Pedro Gassmen le regarda d'un air ahuri. Puis éclata de rire. Un rire franc et clair qui, visiblement, lui faisait du bien.
« Oui, oui, c'est ça. J'ai terriblement peur de toi, Ricardo.
- Vous voyez, vous même, vous le reconnaissez. »
Le sourire de Pedro Gassmen s'effaça instantanément.
« Dis-donc, petite merde, tu vas commencer par me montrer du respect. Pour l'instant c'est moi qui dirige, et l'État, et le Parti. Donc tes soucis égocentriques, tu les gardes pour ton auditoire de lèche-culs mais tu évites de venir me dire ça à moi.
- Tout ce que je vois, c'est que ça vous affecte de vous rendre compte que j'ai compris votre plan.
- Mais mon plan de quoi ?! Merde, à la fin ! Tu crois que j'ai que ça à foutre, d'avoir peur d'un petit merdeux dans ton genre. Méfie-toi, Ricardo, j'ai eu des adversaires plus coriaces que toi. Et ils ont rarement gagné.
- Comme Juan Sanchez ? »
Pedro Gassmen se leva pour aller refermer la fenêtre.
« Oui, comme Juan Sanchez. Et c'était autre chose qu'un imbécile en culottes courtes qui vient me faire des leçons de morale.
- Sachez, en tout cas, que j'ai décidé de me présenter au prochain Comité Central contre vous pour devenir le nouveau Représentant Suprême. »
Nouveau silence de mort.
« J'espère que c'est une plaisanterie. »
Depuis la fondation du Parti en 1976, et à l'exception de 2013, après la mort de Laïko Vatazy, le Représentant Suprême n'avait jamais de véritable concurrence aux élections du Comité Central. Pour faire illusion, on faisait se présenter des candidats inconnus qui n'avaient aucune chance de pouvoir prendre la tête du Parti. Ce procédé était accepté par tous et considéré comme normal.
« Je vois que ça vous fait peur. Je vous comprends. Ça vous changera des candidatures de pantin habituelles. Et j'aurais enfin ma chance.
- C'est vrai, tu es sûrement l'esmarkien le plus malheureux du moment. Vas dire ça aux travailleurs.
- Les travailleurs ? Mais vous connaissez quoi des travailleurs, Pedro Gassmen ? Ça fait combien de temps que vous n'êtes pas allés travailler à l'usine ? Ah mais c'est vrai, j'oubliais, vous n'y avez jamais foutu les pieds, en dehors des visites officielles.
- Parce que tu crois franchement que tu as des leçons à me donner sur ce point-là. À l'époque, on passait nos vacances universitaires à aller aider les paysans en difficulté. Donc, je connais sûrement plus les problèmes des esmarkiens que toi.
- Et c'est pour cela que vous avez une gestion du pays catastrophique ?
- Pardon ?
- Ben oui, soyons francs. On ne peut pas dire que votre bilan soit franchement glorieux.
- Mais tu t'es pris pour qui, pour me faire des leçons comme ça ? Des leçons de gestion du pays à moi ?! Mais sombre petite merde, si l'Esmark en est là, aujourd'hui, c'est bien grâce à moi ! On a réussi à faire d'une nation en retard, un pays industrialisé. Et tu viens me faire des leçons ?! Mais je tentais de faire bouger les choses que tu flottais encore dans les couilles de ton père, immonde petite fiotte.
- Je ne dis pas que vous n'arrivez pas à trouver des personnes compétentes de temps en temps. Mais vous-même, en tant que dirigeant, êtes mauvais. »
Pedro Gassmen se leva et ouvrit violemment la porte du bureau.
« Tu sors. »
Ricardo Dunez Etchuviriarti ne fit pas mine de bouger.
« Tu sors, et en vitesse encore ! »
Ricardo Dunez Etchuviriarti se leva enfin, et, d'un pas traînant, se dirigea vers la sortie.
« Et pour info, tu peux être sûr que ta candidature sera refusée par le Comité Central. Si tu veux la guerre, tu l'auras.
- Très bien. Faisons comme ça. »
Ricardo Dunez Etchuviriarti sortit. Il adressa un petit sourire à Chemi en passant, celle-ci le regardant l'air profondément surpris. Elle avait entendu la fin de la dispute, Pedro Gassmen ayant ouvert la porte et c'était la première fois qu'elle le voyait dans un tel état.
Ricardo héla un taxi, une fois dans la rue. Il n'avais pas envie d'utiliser les transports en commun ce soir. Il se fit arrêter un peu avant son immeuble. Il souhaitait marcher un petit peu.
L'air était très bon, ce soir-là. Il longea un petit parc où les familles amenaient leurs enfants pour s'amuser, dans la journée. Alors qu'il était presque arrivé à l'entrée de son immeuble, quelqu'un sortit de l'ombre.
« Ricardo Dunez Etchuviriarti ? »
Ricardo eut un mouvement de surprise, mais se ressaisit quasiment instantanément.
« Oui ?
- Baltasar Ouchema Ramirez. Nous ne nous connaissons pas, mais j'aimerais vous parler un moment, seul à seul.
- Me parler de quoi ?
- De votre avenir. »
-
Soiouz
<center>La vie est l'attente de la mort
(Alcuin)</center>
[Siège officiel du Parti des Travailleurs National-Révolutionnaire, Izigor, 11:30 pm
Juan Sanchez attendait patiemment dans la pièce réservée aux réunions discrètes du Parti. Il attendait la venue de Sasita qui devait lui rendre compte des dernières avancées. Il savait que les choses n'allaient on ne peut mieux. Tout ce qu'il avait prédit s'était pour l'instant réalisé.
Sasita Melenaz entra dans la pièce. Elle s'assit à côté du leader national-socialiste.
« J'espère que les nouvelles sont bonnes. »
Sasita lui sourit.
« Les choses ne vont, on ne peut mieux, camarade-guide. »
Elle sortit un papier du dossier qu'elle avait amené.
« Les directions du Parti des Libertés, du Parti National Esmarkien et du Parti Nouveau Combat sont prêtes à soutenir notre candidature. Cela si Pedro Gassmen vient en effet à être hors jeu et si sa disparition n'entraîne aucun soupçons vers nous et, bien évidemment, surtout eux-mêmes.
- Vous leur avez bien précisé que l'élimination se ferait de manière discrète ?
- Évidemment, camarade-guide, évidemment. Mais on ne parle pas d'une mise à l'écart d'un concurrent, on parle d'une... mort.
- Et ? »
Un silence s'installa.
« Et dire que j'ai besoin de toutes ces lopettes pour accéder au pouvoir. Heureusement que l'épuration révolutionnaire sera là pour en éliminer une bonne partie.
- Bien sûr. En ce qui concerne des dissidents au sein du PPE, Baltasar... »
Juan Sanchez tiqua au prénom de Baltasar et fit une grimace.
- Camarade-guide, je sais que vous n'aimez pas Baltasar. Mais ayez confiance en moi. Baltasar a réuni quelques noms dans ce papier, dit-elle en prenant un autre papier. Les voici. Vous remarquerez qu'on tape dans le Bureau de Direction du PPE. »
Juan Sanchez siffla d'admiration.
« Ricardo Dunez Etchuviriarti ! En effet, ce personnage peut s'avérer parfois utile.
- Nous pensons qu'il faut maintenant passer très vite à l'action. Nous avons recruté la personne la plus qualifiée pour ce travail. Nous devons agir pendant que les autres groupes nous soutiennent toujours et que nous les tenons. Attendre risque de nous être préjudiciable.
- Vous avez totalement raison. Lancez l'opération dès que possible. Et le plus tôt sera le mieux. »
Sasita Melenaz hocha la tête. Elle lui tendit également le dossier.
« Très bien. Je vous laisse le dossier. Vous n'avez rien à craindre, il n'y a pas d'éléments compromettants à l'intérieur. Cela vous permettra de l'étudier à tête reposée.
- Merci beaucoup, Sasita. Vous serez plus que remerciés quand tout cela sera terminé. »
Elle lui sourit puis sortit de la pièce, suivi de peu par Juan Sanchez. Il remonta dans son bureau et ouvrir le dossier.
(Alcuin)</center>
[Siège officiel du Parti des Travailleurs National-Révolutionnaire, Izigor, 11:30 pm
Juan Sanchez attendait patiemment dans la pièce réservée aux réunions discrètes du Parti. Il attendait la venue de Sasita qui devait lui rendre compte des dernières avancées. Il savait que les choses n'allaient on ne peut mieux. Tout ce qu'il avait prédit s'était pour l'instant réalisé.
Sasita Melenaz entra dans la pièce. Elle s'assit à côté du leader national-socialiste.
« J'espère que les nouvelles sont bonnes. »
Sasita lui sourit.
« Les choses ne vont, on ne peut mieux, camarade-guide. »
Elle sortit un papier du dossier qu'elle avait amené.
« Les directions du Parti des Libertés, du Parti National Esmarkien et du Parti Nouveau Combat sont prêtes à soutenir notre candidature. Cela si Pedro Gassmen vient en effet à être hors jeu et si sa disparition n'entraîne aucun soupçons vers nous et, bien évidemment, surtout eux-mêmes.
- Vous leur avez bien précisé que l'élimination se ferait de manière discrète ?
- Évidemment, camarade-guide, évidemment. Mais on ne parle pas d'une mise à l'écart d'un concurrent, on parle d'une... mort.
- Et ? »
Un silence s'installa.
« Et dire que j'ai besoin de toutes ces lopettes pour accéder au pouvoir. Heureusement que l'épuration révolutionnaire sera là pour en éliminer une bonne partie.
- Bien sûr. En ce qui concerne des dissidents au sein du PPE, Baltasar... »
Juan Sanchez tiqua au prénom de Baltasar et fit une grimace.
- Camarade-guide, je sais que vous n'aimez pas Baltasar. Mais ayez confiance en moi. Baltasar a réuni quelques noms dans ce papier, dit-elle en prenant un autre papier. Les voici. Vous remarquerez qu'on tape dans le Bureau de Direction du PPE. »
Juan Sanchez siffla d'admiration.
« Ricardo Dunez Etchuviriarti ! En effet, ce personnage peut s'avérer parfois utile.
- Nous pensons qu'il faut maintenant passer très vite à l'action. Nous avons recruté la personne la plus qualifiée pour ce travail. Nous devons agir pendant que les autres groupes nous soutiennent toujours et que nous les tenons. Attendre risque de nous être préjudiciable.
- Vous avez totalement raison. Lancez l'opération dès que possible. Et le plus tôt sera le mieux. »
Sasita Melenaz hocha la tête. Elle lui tendit également le dossier.
« Très bien. Je vous laisse le dossier. Vous n'avez rien à craindre, il n'y a pas d'éléments compromettants à l'intérieur. Cela vous permettra de l'étudier à tête reposée.
- Merci beaucoup, Sasita. Vous serez plus que remerciés quand tout cela sera terminé. »
Elle lui sourit puis sortit de la pièce, suivi de peu par Juan Sanchez. Il remonta dans son bureau et ouvrir le dossier.
-
Soiouz
<center>La vie est l'attente de la mort
(Alcuin)</center>
Centre-ville d'Izigor, 12:15 pm
Luca entra dans l'immeuble. Ses contacts n'avaient pas menti, la sécurité baissait fortement sa garde durant la pause déjeuner. Il s'avança vers l'accueil où une jeune fille lui souria. Déguisé en coursier, il n'avait que peu de temps pour exécuter son plan.
« Bonjour, en quoi puis-je vous aider ?
- Et bien, j'ai un colis pour la direction à remettre en mains propres, ou au moins à la secrétaire de direction. »
La jeune fille hésita.
« Mais c'est-à-dire que je ne peux pas vous laisser monter. Vous comprenez, nous avons une direction très pointilleuse sur la sécurité.
- Je comprends, mais est-ce que vous ne pouvez pas faire une exception pour une fois ? »
Luca lui fit son sourire le plus charmeur. La jeune fille minauda.
« J'aimerais bien. Mais réellement, je ne peux pas. En plus, la secrétaire principale est absente. Ne peut-on vraiment pas faire autrement ?
- Allez, je vous fais confiance, mais c'est bien parce que je ne peux rien refuser à une aussi jolie fille que vous. »
La jeune fille rougit. Alors qu'il s'apprêtait à partir, il se retourna une dernière fois.
« Par contre, je suis désolé mais j'ai vraiment besoin d'aller aux toilettes. Pouvez-vous m'indiquer les toilettes les plus proches ?
- Bien sûr, vous prenez ce couloir et c'est la deuxième porte sur votre gauche.
- Merci beaucoup. »
Il s'avança dans le couloir et rentra dans les toilettes. Il se mit debout sur la cuvette et souleva la dalle du faux-plafond. Il trouva un autre costume ainsi que tout le matériel nécessaire à son opération. Le contact infiltré avait bien fait son travail. Il regarda sa montre : 12:20 pm. L'hôtesse d'accueil prenait maintenant sa pause déjeuner. Il se changea et monta par les escaliers de service qu'il avait repéré sur les plans de l'immeuble qu'on lui avait confié. Il trouva aisément le bureau de sa cible. La secrétaire était effectivement absente. Il frappa à la porte du bureau.
« Entrez ! »
Il entra vigoureusement dans la pièce. Il regarda la future victime, sincèrement étonnée.
« Oui, en quoi puis-je vous aider ?
- Je ne pense pas que vous puissiez m'aider.
- Ah bon. Et en quoi ne puis-je pas vous aider ?
- En ça. »
Sans lui laisser le temps de réfléchir, Luca prit son revolver avec silencieux et lui tira dans le ventre. L'homme s'effondra mais n'était pas encore mort. Luca s'approcha de lui tout en enlevant sa chemise et sa veste. Sa cible gémissait et se tordait de douleur. Elle savait qu'elle allait mourir. Elle essaya d'appeler au secours mais elle en fut empêché par Luca qui lui bâillonna la bouche avec sa main.
« Allons, allons, nous n'en avons pas terminé. »
Il trempa les doigts de sa victime dans son propre sang, et lui fit écrire un nom à même le sol. Elle le regarda avec des yeux terrorisés.
« Oui, vous allez mourir. »
L'homme tenta une dernière fois de se débattre mais il avait déjà perdu quasiment toute son énergie. Pour éviter qu'il n'arrive dans un dernier élan à effacer les derniers indices, Luca éloigna le corps en donnant l'impression que la victime avait tenté de ramper jusqu'à la porte. Devant la douleur, elle s'évanouit. De toute façon, elle n'en avait plus pour très longtemps. Luca installa tranquillement le corps. Il regarda sur le bureau, des dossiers sans importance, excepté un. Il le prit. Ceci terminé, il se rhabilla et sortit tranquillement. Excepté quelques tâches sur le pantalon, rien n'était visible pour un œil non profane.
Il repassa dans l'entrée. La secrétaire avait changé.
« Au revoir. Bonne journée. »
Il se retourna et lui sourit.
« Bonne journée à vous aussi. »
(Alcuin)</center>
Centre-ville d'Izigor, 12:15 pm
Luca entra dans l'immeuble. Ses contacts n'avaient pas menti, la sécurité baissait fortement sa garde durant la pause déjeuner. Il s'avança vers l'accueil où une jeune fille lui souria. Déguisé en coursier, il n'avait que peu de temps pour exécuter son plan.
« Bonjour, en quoi puis-je vous aider ?
- Et bien, j'ai un colis pour la direction à remettre en mains propres, ou au moins à la secrétaire de direction. »
La jeune fille hésita.
« Mais c'est-à-dire que je ne peux pas vous laisser monter. Vous comprenez, nous avons une direction très pointilleuse sur la sécurité.
- Je comprends, mais est-ce que vous ne pouvez pas faire une exception pour une fois ? »
Luca lui fit son sourire le plus charmeur. La jeune fille minauda.
« J'aimerais bien. Mais réellement, je ne peux pas. En plus, la secrétaire principale est absente. Ne peut-on vraiment pas faire autrement ?
- Allez, je vous fais confiance, mais c'est bien parce que je ne peux rien refuser à une aussi jolie fille que vous. »
La jeune fille rougit. Alors qu'il s'apprêtait à partir, il se retourna une dernière fois.
« Par contre, je suis désolé mais j'ai vraiment besoin d'aller aux toilettes. Pouvez-vous m'indiquer les toilettes les plus proches ?
- Bien sûr, vous prenez ce couloir et c'est la deuxième porte sur votre gauche.
- Merci beaucoup. »
Il s'avança dans le couloir et rentra dans les toilettes. Il se mit debout sur la cuvette et souleva la dalle du faux-plafond. Il trouva un autre costume ainsi que tout le matériel nécessaire à son opération. Le contact infiltré avait bien fait son travail. Il regarda sa montre : 12:20 pm. L'hôtesse d'accueil prenait maintenant sa pause déjeuner. Il se changea et monta par les escaliers de service qu'il avait repéré sur les plans de l'immeuble qu'on lui avait confié. Il trouva aisément le bureau de sa cible. La secrétaire était effectivement absente. Il frappa à la porte du bureau.
« Entrez ! »
Il entra vigoureusement dans la pièce. Il regarda la future victime, sincèrement étonnée.
« Oui, en quoi puis-je vous aider ?
- Je ne pense pas que vous puissiez m'aider.
- Ah bon. Et en quoi ne puis-je pas vous aider ?
- En ça. »
Sans lui laisser le temps de réfléchir, Luca prit son revolver avec silencieux et lui tira dans le ventre. L'homme s'effondra mais n'était pas encore mort. Luca s'approcha de lui tout en enlevant sa chemise et sa veste. Sa cible gémissait et se tordait de douleur. Elle savait qu'elle allait mourir. Elle essaya d'appeler au secours mais elle en fut empêché par Luca qui lui bâillonna la bouche avec sa main.
« Allons, allons, nous n'en avons pas terminé. »
Il trempa les doigts de sa victime dans son propre sang, et lui fit écrire un nom à même le sol. Elle le regarda avec des yeux terrorisés.
« Oui, vous allez mourir. »
L'homme tenta une dernière fois de se débattre mais il avait déjà perdu quasiment toute son énergie. Pour éviter qu'il n'arrive dans un dernier élan à effacer les derniers indices, Luca éloigna le corps en donnant l'impression que la victime avait tenté de ramper jusqu'à la porte. Devant la douleur, elle s'évanouit. De toute façon, elle n'en avait plus pour très longtemps. Luca installa tranquillement le corps. Il regarda sur le bureau, des dossiers sans importance, excepté un. Il le prit. Ceci terminé, il se rhabilla et sortit tranquillement. Excepté quelques tâches sur le pantalon, rien n'était visible pour un œil non profane.
Il repassa dans l'entrée. La secrétaire avait changé.
« Au revoir. Bonne journée. »
Il se retourna et lui sourit.
« Bonne journée à vous aussi. »
-
Soiouz
<center>La vie est l'attente de la mort
(Alcuin)</center>
<center>Ce qui n'avait pas été prévu</center>
Siège officiel du Parti du Peuple Esmarkien, Izigor, 11:25 am
Martin rentra en coup de vent dans le bureau de Pedro Gassmen.
« Camarade Gassmen, camarade Gassmen ! »
Pedro Gassmen, qui lisait tranquillement un document releva la tête et ôta ses lunettes.
« Et bien qu'y-a-t-il, Martin ?
- Ça y est. Nous venons de recevoir un message de la PSDT. Le « Condor doré » leur a annoncé que son idée avait été acceptée par la direction du PTNR. L'opération est lancée visiblement. En tout cas de leur côté. »
Pedro Gassmen eut un léger sourire.
« Ainsi donc, ils ont enfin décidé de passer à l'acte. Très bien prévenez Jorge (Musquoz, Commandant Suprême de la PSDT, nda). Dites-lui que le Représentant du Peuple soutiendra la PSDT dans son action et qu'il dispose de moyens illimités quels qu'ils soient.
- Très bien, camarade.
- Ah, et demandez à faire passer un message au « condor doré ».
- Je vous écoute.
- Félicitez-le, tout simplement.
- Très bien camarade. »
Martin sortit de la pièce. Pedro Gassmen se frotta les mains. Le futur paraissait radieux. Il se leva et alla jusqu'à la fenêtre. Le temps était au beau fixe, une excellente métaphore de l'humeur du leader esmarkien.
__________________________________________________________________________________________________________________________
Siège de la Police Secrète de Défense des Travailleurs, 4:18 pm
Jorge Musquoz, en tant que chef des services de renseignement esmarkien, avait beaucoup de travail et peu de temps pour lui. Cela ne le dérangeait pas car il considérait son travail comme sa première priorité. Il lui arrivait souvent de dormir dans l'inconfortable clic-clac qui était installé dans un coin de son bureau. Il dormait mal mais il était ainsi tout de suite capable de réagir à une information qui venait de tomber.
Aux vues des nouvelles qui venaient de tomber, il prit le téléphone.
« Zamia, faites venir l'agent Vuxichema, s'il vous plaît.
- Tout de suite, camarade-commandant. »
Une quinzaine de minutes plus tard, on frappa à sa porte.
« Entrez. »
Un homme d'une quarantaine d'années rentra dans la pièce. Jorge Musquoz le regarda s'avancer et lui fit signe d'un geste de main, de s'assoir.
« Bien. Agent Vuxichema, l'opération « Condor doré » a été officiellement lancée. Vous partez donc au Cotan sans délais. Vous trouvez l'homme dont je vous ai donné le dossier il y a quelques semaine, vous vous souvenez ?
- Bien sûr, camarade-commandant.
- Et vous lui donnerez ce dossier. »
Tout en disant cela, il se leva, ouvrit une armoire et prit une liasse de papiers.
- Dans ce dossier se trouvent toutes les informations dont il aura besoin pour effectuer sa mission. Tout ceci est bien évidemment confidentiel.
- Très bien.
- Et bien, agent Vuxichema, je vous souhaite bonne chance et n'oubliez pas que l'échec ne sera pas accepté.
- C'est parfaitement compris, camarade-commandant. »
Une fois l'agent sorti, il prit un papier et inscrivit quelques phrases. Puis il sortit de la pièce. Il tendit le papier à sa secrétaire.
« Tenez Zamia, transmettrez ceci au Palais de la Révolution. Si on me cherche, je suis à la cafétéria. »
__________________________________________________________________________________________________________________________
Transmission à l'intention du Commande Suprême de la Police Secrète de Défense des Travailleurs
La mission s'est effectuée sans problèmes. La personne recrutée viendra en Esmark et se chargera du travail pour laquelle elle a été recrutée.
Agent Vuxichema.
__________________________________________________________________________________________________________________________
Transmission à l'intention du Commande Suprême de la Police Secrète de Défense des Travailleurs
Le Représentant du Peuple souhaite un entretien avec l'agent « Condor doré ». Veuillez procéder le plus rapidement possible à cette rencontre.
Nous vous laissons libre du lieu et de l'horaire de la rencontre.
__________________________________________________________________________________________________________________________
Port d'Izigor, entrepôt désaffecté, 2:25 am
Le ciel était couvert ce qui réduisait encore la luminosité en cette nuit izigorienne. Les voitures étaient arrivées discrètement et étaient rentrés tout de suite dans le bâtiment. Ce dernier avait été sécurisé par les services de renseignement esmarkien et il n'y avait aucune âme qui errait dans le coin, excepté celles autorisés.
Pedro Gassmen était arrivé le premier, il attendait patiemment l'arrivée de Jorge Musquoz et de son agent. Lorsque ces derniers arrivèrent, il sortit du véhicule et s'avança vers la Nuztia qui venait d'entrer. De celle-ci sortirent Jorge Musquoz et un homme que Pedro Gassmen connaissait de vue. « Ainsi donc, c'était lui » pensa-t-il.
« L'agent « Condor doré », je présume ?
- En effet.
- Est-il utile de faire les présentations ? Mais faisons-les quand même, Pedro, je vous présente Baltasar Ouchema Ramirez dit, « Condor doré ». Baltasar, je vous présente Pedro Gassmen, Représentant du Peuple. »
Les deux hommes se serrèrent la main.
« Ainsi donc, vous êtes du côté d'un vrai socialisme et pas cet ersatz que vous propose Sanchez.
- Et oui, je suis du bon côté.
- Le bon côté, je ne sais pas, mais disons que vous êtes du nôtre. »
Un ange passa.
« Vous avez souhaité me rencontrer ?
- En effet, je voulais tout d'abord vous féliciter pour votre courage et votre engagement. Ensuite, je pense qu'il est intéressant que nous parlions de votre avenir quand tout ceci sera terminé. »
Jorge Musquoz se racla la gorge avant de prendre la parole.
« Le camarade Gassmen et moi-même pensons qu'il est plus prudent pour vous de quitter le pays.
- Pourquoi cela ? N'êtes-vous pas capable de me protéger ? Cette fuite ne sonnera-t-elle pas comme un aveu pour mes collègues ? »
Jorge Musquoz sourit.
« C'est un risque à courir évidemment. Mais nous pensons vous contraindre à l'exil comme tous les dirigeants nationaux-socialistes. Ainsi, votre exil passera inaperçu car vous ne serez pas le seul. Le fait que vous restiez en Esmark sonnerait beaucoup plus comme un aveu.
- J'imagine qu'il m'est impossible de refuser.
- Nous ne vous menaçons pas, Baltasar, nous souhaitons que vous puissiez vivre, tout simplement. »
Baltasar sembla réfléchir.
« Ai-je le choix de mon pays d'accueil ?
- Bien sûr, bien sûr.
- Alors je choisis le Nueva Hispalis. »
Pedro Gassmen haussa les sourcils, surpris du choix de son interlocuteur.
« Si c'est ce que vous voulez, c'est tout à fait possible. Nous préviendrons les autorités néo-hispaliennes le jour venu afin que vous puissiez vivre correctement.
- Je vous remercie. »
Second silence. Jorge Musquoz frappa dans ses mains.
« Bien, messieurs, si tout a été dit, je propose que nous ne nous attardions pas.
- J'ai juste une dernière question.
- Oui ?
- Comment avez-vous convaincu Sanchez d'agir ? Je croyais qu'il ne vous aimait pas.
- J'ai convaincu Sasita Menelaz de mon idée et celle-ci l'a présentée en tant que sa propre idée. Juan Sanchez a une confiance inébranlable en cette femme, vous savez.
- Habile. »
Jorge Musquoz et Baltasar Ouchema Ramirez se dirigèrent vers la voiture dans laquelle ils étaient venus. Avant de monter, Baltasar Ouchema Ramirez interpella Pedro Gassmen.
« Il faut que vous sachiez, M. Gassmen, je suis un authentique national-socialiste, je ne crois aucunement en la démocratie ou en votre socialisme. Je fais cela uniquement car Juan Sanchez est un fou furieux sanguinaire qui doit disparaître. »
Pedro Gassmen fit une moue de réflexion.
« Vous savez, M. Ouchema Ramirez, je ne crois plus non plus au système que j'ai contribué à créer. Nous avons commis des erreurs, j'ai commis des erreurs. Et c'est à moi de les réparer. L'Esmark va changer, soyez-en certains, l'Esmark va changer. »
__________________________________________________________________________________________________________________________
Transmission à l'intention du Commande Suprême de la Police Secrète de Défense des Travailleurs
L'opération s'est passée sans accroc. Le travail a bien été effectué dans sa totalité.
Nous pouvons parler pour l'instant d'un franc succès.
Agent Vuxichema.
(Alcuin)</center>
<center>Ce qui n'avait pas été prévu</center>
Siège officiel du Parti du Peuple Esmarkien, Izigor, 11:25 am
Martin rentra en coup de vent dans le bureau de Pedro Gassmen.
« Camarade Gassmen, camarade Gassmen ! »
Pedro Gassmen, qui lisait tranquillement un document releva la tête et ôta ses lunettes.
« Et bien qu'y-a-t-il, Martin ?
- Ça y est. Nous venons de recevoir un message de la PSDT. Le « Condor doré » leur a annoncé que son idée avait été acceptée par la direction du PTNR. L'opération est lancée visiblement. En tout cas de leur côté. »
Pedro Gassmen eut un léger sourire.
« Ainsi donc, ils ont enfin décidé de passer à l'acte. Très bien prévenez Jorge (Musquoz, Commandant Suprême de la PSDT, nda). Dites-lui que le Représentant du Peuple soutiendra la PSDT dans son action et qu'il dispose de moyens illimités quels qu'ils soient.
- Très bien, camarade.
- Ah, et demandez à faire passer un message au « condor doré ».
- Je vous écoute.
- Félicitez-le, tout simplement.
- Très bien camarade. »
Martin sortit de la pièce. Pedro Gassmen se frotta les mains. Le futur paraissait radieux. Il se leva et alla jusqu'à la fenêtre. Le temps était au beau fixe, une excellente métaphore de l'humeur du leader esmarkien.
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Siège de la Police Secrète de Défense des Travailleurs, 4:18 pm
Jorge Musquoz, en tant que chef des services de renseignement esmarkien, avait beaucoup de travail et peu de temps pour lui. Cela ne le dérangeait pas car il considérait son travail comme sa première priorité. Il lui arrivait souvent de dormir dans l'inconfortable clic-clac qui était installé dans un coin de son bureau. Il dormait mal mais il était ainsi tout de suite capable de réagir à une information qui venait de tomber.
Aux vues des nouvelles qui venaient de tomber, il prit le téléphone.
« Zamia, faites venir l'agent Vuxichema, s'il vous plaît.
- Tout de suite, camarade-commandant. »
Une quinzaine de minutes plus tard, on frappa à sa porte.
« Entrez. »
Un homme d'une quarantaine d'années rentra dans la pièce. Jorge Musquoz le regarda s'avancer et lui fit signe d'un geste de main, de s'assoir.
« Bien. Agent Vuxichema, l'opération « Condor doré » a été officiellement lancée. Vous partez donc au Cotan sans délais. Vous trouvez l'homme dont je vous ai donné le dossier il y a quelques semaine, vous vous souvenez ?
- Bien sûr, camarade-commandant.
- Et vous lui donnerez ce dossier. »
Tout en disant cela, il se leva, ouvrit une armoire et prit une liasse de papiers.
- Dans ce dossier se trouvent toutes les informations dont il aura besoin pour effectuer sa mission. Tout ceci est bien évidemment confidentiel.
- Très bien.
- Et bien, agent Vuxichema, je vous souhaite bonne chance et n'oubliez pas que l'échec ne sera pas accepté.
- C'est parfaitement compris, camarade-commandant. »
Une fois l'agent sorti, il prit un papier et inscrivit quelques phrases. Puis il sortit de la pièce. Il tendit le papier à sa secrétaire.
« Tenez Zamia, transmettrez ceci au Palais de la Révolution. Si on me cherche, je suis à la cafétéria. »
__________________________________________________________________________________________________________________________
Transmission à l'intention du Commande Suprême de la Police Secrète de Défense des Travailleurs
La mission s'est effectuée sans problèmes. La personne recrutée viendra en Esmark et se chargera du travail pour laquelle elle a été recrutée.
Agent Vuxichema.
__________________________________________________________________________________________________________________________
Transmission à l'intention du Commande Suprême de la Police Secrète de Défense des Travailleurs
Le Représentant du Peuple souhaite un entretien avec l'agent « Condor doré ». Veuillez procéder le plus rapidement possible à cette rencontre.
Nous vous laissons libre du lieu et de l'horaire de la rencontre.
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Port d'Izigor, entrepôt désaffecté, 2:25 am
Le ciel était couvert ce qui réduisait encore la luminosité en cette nuit izigorienne. Les voitures étaient arrivées discrètement et étaient rentrés tout de suite dans le bâtiment. Ce dernier avait été sécurisé par les services de renseignement esmarkien et il n'y avait aucune âme qui errait dans le coin, excepté celles autorisés.
Pedro Gassmen était arrivé le premier, il attendait patiemment l'arrivée de Jorge Musquoz et de son agent. Lorsque ces derniers arrivèrent, il sortit du véhicule et s'avança vers la Nuztia qui venait d'entrer. De celle-ci sortirent Jorge Musquoz et un homme que Pedro Gassmen connaissait de vue. « Ainsi donc, c'était lui » pensa-t-il.
« L'agent « Condor doré », je présume ?
- En effet.
- Est-il utile de faire les présentations ? Mais faisons-les quand même, Pedro, je vous présente Baltasar Ouchema Ramirez dit, « Condor doré ». Baltasar, je vous présente Pedro Gassmen, Représentant du Peuple. »
Les deux hommes se serrèrent la main.
« Ainsi donc, vous êtes du côté d'un vrai socialisme et pas cet ersatz que vous propose Sanchez.
- Et oui, je suis du bon côté.
- Le bon côté, je ne sais pas, mais disons que vous êtes du nôtre. »
Un ange passa.
« Vous avez souhaité me rencontrer ?
- En effet, je voulais tout d'abord vous féliciter pour votre courage et votre engagement. Ensuite, je pense qu'il est intéressant que nous parlions de votre avenir quand tout ceci sera terminé. »
Jorge Musquoz se racla la gorge avant de prendre la parole.
« Le camarade Gassmen et moi-même pensons qu'il est plus prudent pour vous de quitter le pays.
- Pourquoi cela ? N'êtes-vous pas capable de me protéger ? Cette fuite ne sonnera-t-elle pas comme un aveu pour mes collègues ? »
Jorge Musquoz sourit.
« C'est un risque à courir évidemment. Mais nous pensons vous contraindre à l'exil comme tous les dirigeants nationaux-socialistes. Ainsi, votre exil passera inaperçu car vous ne serez pas le seul. Le fait que vous restiez en Esmark sonnerait beaucoup plus comme un aveu.
- J'imagine qu'il m'est impossible de refuser.
- Nous ne vous menaçons pas, Baltasar, nous souhaitons que vous puissiez vivre, tout simplement. »
Baltasar sembla réfléchir.
« Ai-je le choix de mon pays d'accueil ?
- Bien sûr, bien sûr.
- Alors je choisis le Nueva Hispalis. »
Pedro Gassmen haussa les sourcils, surpris du choix de son interlocuteur.
« Si c'est ce que vous voulez, c'est tout à fait possible. Nous préviendrons les autorités néo-hispaliennes le jour venu afin que vous puissiez vivre correctement.
- Je vous remercie. »
Second silence. Jorge Musquoz frappa dans ses mains.
« Bien, messieurs, si tout a été dit, je propose que nous ne nous attardions pas.
- J'ai juste une dernière question.
- Oui ?
- Comment avez-vous convaincu Sanchez d'agir ? Je croyais qu'il ne vous aimait pas.
- J'ai convaincu Sasita Menelaz de mon idée et celle-ci l'a présentée en tant que sa propre idée. Juan Sanchez a une confiance inébranlable en cette femme, vous savez.
- Habile. »
Jorge Musquoz et Baltasar Ouchema Ramirez se dirigèrent vers la voiture dans laquelle ils étaient venus. Avant de monter, Baltasar Ouchema Ramirez interpella Pedro Gassmen.
« Il faut que vous sachiez, M. Gassmen, je suis un authentique national-socialiste, je ne crois aucunement en la démocratie ou en votre socialisme. Je fais cela uniquement car Juan Sanchez est un fou furieux sanguinaire qui doit disparaître. »
Pedro Gassmen fit une moue de réflexion.
« Vous savez, M. Ouchema Ramirez, je ne crois plus non plus au système que j'ai contribué à créer. Nous avons commis des erreurs, j'ai commis des erreurs. Et c'est à moi de les réparer. L'Esmark va changer, soyez-en certains, l'Esmark va changer. »
__________________________________________________________________________________________________________________________
Transmission à l'intention du Commande Suprême de la Police Secrète de Défense des Travailleurs
L'opération s'est passée sans accroc. Le travail a bien été effectué dans sa totalité.
Nous pouvons parler pour l'instant d'un franc succès.
Agent Vuxichema.
-
Soiouz
<center>La vie est l'attente de la mort
(Alcuin)</center>
Banlieue ouest, Izigor, 11:45 pm
Il savait que c'était fini. Il avait joué et il avait perdu. Et dire qu'il avait cru pendant un temps que cela allait marcher. Tout ça pour rien au final. Il n'avait même pas pris la peine d'allumer la lumière chez lui et il se laissait éclairer par les lampadaires de la rue.
Ils entrèrent chez lui sans bruit. Ils étaient des spécialistes, après tout. Ils avancèrent dans l'appartement et le trouvèrent dans le salon, regardant par la fenêtre. Il ne semblait pas inquiet. Il avait déjà passé ce stade. Il savait ce qu'il allait arriver et il l'assumait.
« Ricardo ? »
Ricardo Dunez Etchuviriarti se retourna vers la personne qui l'avait appelé.
« Mais je vois qu'on m'envoie la crème de la crème. Comment allez-vous Jorge ? »
Jorge Musquoz sourit.
« Je vais bien merci. Mais vous savez, on ne peut pas vraiment envoyer un simple agent pour un membre du Bureau de Direction du PPE. Alors des fois, il m'arrive de prendre les choses en main moi-même.
- C'est toujours ça de pris. »
Le silence s'installe. Ricardo voyait que Jorge Musquoz le regardait avec une certaine tristesse.
« Qui y a-t-il Jorge ?
- Juste... Pourquoi, Ricardo, juste pourquoi ? »
Ricardo haussa les épaules.
« Par goût du pouvoir, j'imagine. Et par revanche, j'estimais et j'estimerai jusqu'au bout que je n'ai pas été traité de la façon dont j'aurais du être traité en interne.
- La vanité ?
- Non, la vérité. »
Jorge Musquoz le regarda d'un air entendu.
« Ne me regardez pas comme ça, Jorge, j'estime avoir donné suffisamment au pays pour que ce dernier me rende la pareille.
- Non mais vous vous entendez parler. Être vataziste, ce n'est pas vouloir que le pays nous rende la pareille. Bien au contraire, la bonne marche du pays devrait suffire à notre bonheur. J'ai la forte impression que vous vous êtes trompés de parti, Ricardo. Et la situation dans laquelle vous vous trouvez actuellement montre que vous n'aviez rien à faire au PPE.
- C'est un peu facile pour vous de me dire ça.
- Je vous demande pardon ?
- Bah oui …
- Écoute, mon grand, tout ce que je fais, je le fais dans l'intérêt général et dans l'intérêt du pays. Alors tes petites accusation, tu sais où tu peux te les mettre. »
Le silence se fait dans la pièce. Les deux agents de la PSDT regardaient ce dialogue un peu surréaliste. En pleine nuit, dans le noir, face à deux hommes qui font ou faisaient partie des plus puissants de l'État esmarkien.
« Je vais mourir ?
- Bien évidemment. Mais nous vous laisserons un minimum d'honneur. Vous vous suiciderez. »
Ricardo rigola doucement.
« Les mots sont peut-être inappropriés. Je ne suis pas sûr qu'on parle de suicide pour ce qui va se passer.
- Les mots ne sont pas là que pour exprimer un fait ou une idée. Et c'est ce fait qui restera et qui deviendra par la suite la vérité. Donc, oui, je me suis très bien exprimé.
- Et comment ça va se passer ? »
Jorge Musquoz fit signe à un de ses hommes de s'approcher. Ce dernier portait une petite mallette.
« Nous vous proposons la manière douce. Mort par ingestion d'un peu trop de médicaments dangereux à haute dose. Ce sont des médicaments tout à fait courant et personne ne s'étonnera de les trouver chez vous. Mais nous pouvons employer d'autres moyens si vous le préférez.
- Non, non, cette méthode m'ira très bien.
- Alors je vous propose d'aller dans votre chambre où on vous retrouvera dans quelques heures. »
Les quatre hommes se dirigèrent vers la chambre. Ricardo Dunez Etchuviriarti s'allongea sur son lit et se mit à ingurgiter les médicaments qu'un agent lui donnait. Jorge Musquoz faisait un peu la grimace en voyant cet homme qui ne semblait même pas avoir peur et qui n'avait pas résisté un seul instant.
« Je suis absolument impressionné par votre calme.
- J'ai encore un minimum d'honneur, vous savez, Jorge.
- Je veux bien le croire. »
Quelques minutes plus tard, alors que Ricardo se sentait doucement partir. Il réussit à articuler quelques phrases intelligibles.
« Et maintenant ?
- Maintenant, le pays va être mis au courant de votre traîtrise. Et nous allons pouvoir fonder une nouvelle Esmark. Si cela peut vous rassurer, votre traîtrise sera mis sur le fait que vous avez été berné par le PTNR et non pas que vous étiez déjà en marge du PPE.
- Mlblbl... Famille...
- Votre famille ne subira pas les conséquences des torts que vous lui avez causé, je vous le promets solennellement. »
Dans un dernier acte avant de s'endormir, Ricardo prit la main ganté de Jorge Musquoz. Celui-ci lui garda durant quelques minutes. Puis il se leva. Il prit le temps de tout bien mettre en place. Juste avant de sortir de la pièce, il se retourna vers le corps de Ricardo Dunez Etchuviriarti.
« Dormez, Ricardo, vous avez accomplis votre acte le plus glorieux. »
(Alcuin)</center>
Banlieue ouest, Izigor, 11:45 pm
Il savait que c'était fini. Il avait joué et il avait perdu. Et dire qu'il avait cru pendant un temps que cela allait marcher. Tout ça pour rien au final. Il n'avait même pas pris la peine d'allumer la lumière chez lui et il se laissait éclairer par les lampadaires de la rue.
Ils entrèrent chez lui sans bruit. Ils étaient des spécialistes, après tout. Ils avancèrent dans l'appartement et le trouvèrent dans le salon, regardant par la fenêtre. Il ne semblait pas inquiet. Il avait déjà passé ce stade. Il savait ce qu'il allait arriver et il l'assumait.
« Ricardo ? »
Ricardo Dunez Etchuviriarti se retourna vers la personne qui l'avait appelé.
« Mais je vois qu'on m'envoie la crème de la crème. Comment allez-vous Jorge ? »
Jorge Musquoz sourit.
« Je vais bien merci. Mais vous savez, on ne peut pas vraiment envoyer un simple agent pour un membre du Bureau de Direction du PPE. Alors des fois, il m'arrive de prendre les choses en main moi-même.
- C'est toujours ça de pris. »
Le silence s'installe. Ricardo voyait que Jorge Musquoz le regardait avec une certaine tristesse.
« Qui y a-t-il Jorge ?
- Juste... Pourquoi, Ricardo, juste pourquoi ? »
Ricardo haussa les épaules.
« Par goût du pouvoir, j'imagine. Et par revanche, j'estimais et j'estimerai jusqu'au bout que je n'ai pas été traité de la façon dont j'aurais du être traité en interne.
- La vanité ?
- Non, la vérité. »
Jorge Musquoz le regarda d'un air entendu.
« Ne me regardez pas comme ça, Jorge, j'estime avoir donné suffisamment au pays pour que ce dernier me rende la pareille.
- Non mais vous vous entendez parler. Être vataziste, ce n'est pas vouloir que le pays nous rende la pareille. Bien au contraire, la bonne marche du pays devrait suffire à notre bonheur. J'ai la forte impression que vous vous êtes trompés de parti, Ricardo. Et la situation dans laquelle vous vous trouvez actuellement montre que vous n'aviez rien à faire au PPE.
- C'est un peu facile pour vous de me dire ça.
- Je vous demande pardon ?
- Bah oui …
- Écoute, mon grand, tout ce que je fais, je le fais dans l'intérêt général et dans l'intérêt du pays. Alors tes petites accusation, tu sais où tu peux te les mettre. »
Le silence se fait dans la pièce. Les deux agents de la PSDT regardaient ce dialogue un peu surréaliste. En pleine nuit, dans le noir, face à deux hommes qui font ou faisaient partie des plus puissants de l'État esmarkien.
« Je vais mourir ?
- Bien évidemment. Mais nous vous laisserons un minimum d'honneur. Vous vous suiciderez. »
Ricardo rigola doucement.
« Les mots sont peut-être inappropriés. Je ne suis pas sûr qu'on parle de suicide pour ce qui va se passer.
- Les mots ne sont pas là que pour exprimer un fait ou une idée. Et c'est ce fait qui restera et qui deviendra par la suite la vérité. Donc, oui, je me suis très bien exprimé.
- Et comment ça va se passer ? »
Jorge Musquoz fit signe à un de ses hommes de s'approcher. Ce dernier portait une petite mallette.
« Nous vous proposons la manière douce. Mort par ingestion d'un peu trop de médicaments dangereux à haute dose. Ce sont des médicaments tout à fait courant et personne ne s'étonnera de les trouver chez vous. Mais nous pouvons employer d'autres moyens si vous le préférez.
- Non, non, cette méthode m'ira très bien.
- Alors je vous propose d'aller dans votre chambre où on vous retrouvera dans quelques heures. »
Les quatre hommes se dirigèrent vers la chambre. Ricardo Dunez Etchuviriarti s'allongea sur son lit et se mit à ingurgiter les médicaments qu'un agent lui donnait. Jorge Musquoz faisait un peu la grimace en voyant cet homme qui ne semblait même pas avoir peur et qui n'avait pas résisté un seul instant.
« Je suis absolument impressionné par votre calme.
- J'ai encore un minimum d'honneur, vous savez, Jorge.
- Je veux bien le croire. »
Quelques minutes plus tard, alors que Ricardo se sentait doucement partir. Il réussit à articuler quelques phrases intelligibles.
« Et maintenant ?
- Maintenant, le pays va être mis au courant de votre traîtrise. Et nous allons pouvoir fonder une nouvelle Esmark. Si cela peut vous rassurer, votre traîtrise sera mis sur le fait que vous avez été berné par le PTNR et non pas que vous étiez déjà en marge du PPE.
- Mlblbl... Famille...
- Votre famille ne subira pas les conséquences des torts que vous lui avez causé, je vous le promets solennellement. »
Dans un dernier acte avant de s'endormir, Ricardo prit la main ganté de Jorge Musquoz. Celui-ci lui garda durant quelques minutes. Puis il se leva. Il prit le temps de tout bien mettre en place. Juste avant de sortir de la pièce, il se retourna vers le corps de Ricardo Dunez Etchuviriarti.
« Dormez, Ricardo, vous avez accomplis votre acte le plus glorieux. »