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- 19 Février 2024 - 10:11 am - Azibi
Cela faisait une vingtaine de minutes que la voiture présidentielle était bloquée à deux pas de la Place des Martyrs. La foule s'impatientait vraiment. Très vite, les gens comprirent pourquoi la situation était bloquée. Des tirs se firent entendre au loin. Les forces de l'ordre étaient entrées en action, sous la pression d'un Juan Carlos hors de lui. Heureusement pour les manifestants, il s'agissait de tirs de grenades lacrymogènes et non de balles réelles. La plupart des manifestants cessa de s'opposer aux policiers et se dispersa. Une autre fraction, elle, continuait à menacer les forces de l'ordre, en dépit des tirs. Des projectiles étaient propulsés sur les policiers, qui commençaient à charger sur les derniers manifestants, matraques en main. À cet instant, plusieurs camions de police arrivèrent sur place. De nombreux manifestants étaient embarqués. L'intervention avait été bruyante, mais rapide et efficace. Dix minutes plus tard, l'ordre était de nouveau rétabli. La foule présente sur la place des martyrs n'avait pas eu le temps de s'inquiéter que la voiture présidentielle s'engageait sur la place, sous les applaudissements...
Quant aux forces de l'ordre, elles recensaient, parmi les manifestants embarqués, de nombreux nationalistes et réactionnaires. Cela n'avait rien de surprenant. L'action du Président de la République du Valacida en faveur de la réconciliation avec le Khaldidan n'était pas du tout appréciée par les sympathisants de l'extrême droite. Beaucoup d'entre eux avaient réclamé d'ailleurs haut et fort la démission du président du Parti Nationaliste, qui refuse de rompre l'alliance conclue avec le Parti Catholique. Même si, de fait, les nationalistes avaient déjà commencé à boycotter les catholiques au Conseil National, la coalition était toujours officiellement existante. Une coalition qui était tout proche de vaciller, à un moment crucial pour le Valacida.
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- 19 Février 2024 - 10:24 am - Azibi
Les deux hommes sortirent de la voiture sous l'acclamation de la foule. Si Juan Carlos commençait à être détesté par quasiment la moitié des valacides, l'autre moitié ne jurait cependant que par lui. Il continuait à jouir de son image d'Homme Providentiel, le libérateur du Peuple face à l'oppression socialiste. Toutefois, les contestations ignorées suite aux traités signés avec le Schlessien - deux ans plus tôt - et la position culpabilisante adoptée, actuellement, face au Khaldidan avaient fragilisé grandement son image auprès des valacides. Il apparaissait de plus en plus souvent comme inflexible, gouvernant selon ses principes et ne consultant pas suffisamment les citoyens qu'il dirige. Pourtant, ces nombreux valacides réunis Place des Martyrs étaient bien là, et ils n'avaient pas été soudoyés. Leurs cris d'acclamation étaient véritables. Au cours de sa présidence, il avait acquis une certaine forme de charisme, une aura qui plaisait beaucoup à une partie la population. Une aura que les dirigeants socialistes avant lui n'avaient acquis que par l'autorité et la menace. Lui, c'était différent. Il s'agissait d'une aura persuasive. Sa personnalité inspirait souvent confiance et sa fermeté en rassurait plus d'un.
Juan Carlos appréciait les bains de foule mais n'oubliait pas quel était la raison de cet évènement. Il prit soudainement un air plus solennel et conduisit le représentant khaldidanais sur l'estrade. Il attendait que la foule fasse silence avant de s'installer près du micro. Mais les valacides continuaient à applaudir. Lorsqu'il scrutait la population qu'il avait sous ses yeux, Juan Carlos y reconnaissait des hommes et des femmes au faciès typiquement khaldidanais - sans doute s'agissait-il d'expatriés - et des valacides de tout âge - quelques-uns, d'ailleurs, étaient issus de partis d'opposition, notamment du parti socialiste et applaudissaient Juan Carlos pour la première fois -. Il voyait également des enfants auxquels on enseignait, aujourd'hui plus que jamais, les valeurs de tolérance, de respect et de non-violence. Toutes ces personnes étaient venues se masser sur l'une des plus grandes places de la ville, à la mémoire d'ancêtres auprès desquels il était temps de se repentir.
Don Juan Carlos de Grecia : [AU SEIGNEUR LUILK, PENDANT LES APPLAUDISSEMENTS] Voyez la ferveur que suscite la réconciliation entre nos deux peuples. Les réactionnaires sont irréductibles et minoritaires. Ils ne peuvent pas empêcher le Valacida d'accomplir son devoir de mémoire.