L'Apogée du Rovostran (hivers 2021-22/2022-23)

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Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

HRP : RP philosophique et politique d'une importance capitale ! Lui seul suffit à résumer toute la dynamique misanthrope de mon engagement sur simpolitique. Attention toutefois aux âmes sensibles pour la fin de ce sujet.
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Chapitre 1 : [url]http://www.simpolitique.com/post183862.html#183862[/url]

LE ROVOSTRAN : après la Renaissance... L’ÉVEIL (2)
Hiver 2021/2022
TOP-SECRET
LA SUBLIME TERREUR RÉVOLUTIONNAIRE
[url=http://www.youtube.com/watch?v=jQ43rCEAQok]Musique ![/url]

[img]https://i.imgur.com/JtCLF8i.jpg[/img]

INTRODUCTION

Dans les profondeurs de la lointaine forêt rostove, dans les entrailles de la Terre, au plus profond du laboratoire expérimental secret de recherche biochimique de Turra-000, se trouvait l'Esprit Suprême. L'abstraction d'une forme de vie supérieure, un jour peut-être concrétisée par la technologie militaire de l'URKR. Celle qui doit personnifier l'idée même de kirovisme, celle qui doit représenter le plus parfaitement possible, le plus froid des monstres froids : l’État, rationnel, juste, impitoyable, tout-puissant. Dans la Raison la plus pure et la plus absolue, cette nouvelle forme de vie biologique assistée par ordinateur et alimentée par des réacteurs RBMK, dirigerait le pays de la révolution ultra-kiroviste, afin de planifier dans les meilleures conditions la transfiguration de la Terre entière.

Mais la technologie humaine ne permet pas encore d'accéder complètement à ce rêve. Bien que le second prototype soit bientôt achevé, beaucoup pensent encore en Rostovie que l'intelligence artificielle, autonome, rationnelle, supérieure à l'être humain, serait encore hors de portée de l'ingéniosité humaine. Et pourtant, jamais nous fûmes aussi proche de cet accomplissement. Aussi faut-il préparer les conditions initiales avant cette incroyable avancée.
Et en attendant, le vénérable serviteur du Rovostran, l'Exarque Terienkov, avait à accomplir son devoir révolutionnaire, à savoir l'épuration rovostraniste de l'appareil d’État rostov, pour permettre à la Nation de survivre aux épreuves qui l'attendent (dont les crises économique et géopolitique à venir).

TRANSCENDER L'ÂME DE LA ROSTOVIE

Si la terreur anti-kiroviste était inachevée, la [url=http://www.simpolitique.com/post155135.html#155135]Terreur anti-religieuse[/url] venait d'atteindre son paroxysme, avec la plus grande réussite en terme de déchristianisation institutionnelle de toute l'Histoire de la Rostovie depuis son baptême. Car ce n'est pas un vide -n'appelant en toute logique qu'à être rempli- qui remplace ainsi la religion du Christ, mais une autre philosophie, une autre religion : le rovostranisme. Plus fort encore que le kirovisme, qui est limité par les contingences et les limites de la nature humaine, plus fort que l'ultra-kirovisme, qui n'est que l'extension du premier, le Rovostranisme caractérise mieux encore l'idéal terienkoviste, une véritable théologie, émancipée de son créateur -un simple "humain"-, autonome en tant qu'idée de l'humanité elle-même, et appelée à le devenir en tant que matière concrète d'ici les années qui suivront l'inéluctable progrès de la "Rostovie transfigurée". Mais avant de sanctifier la politique de ce pays, avant de lancer sa population sur la voie de la Rédemption, avant de concrétiser la matérialisation culturelle du Rovostran, il faut d'abord transfigurer la Rostovie. Et cette opération chirurgicale implique de désinfecter la plaie religieuse en arrachant sa principale racine.
Le christianisme est considérée comme la plus dangereuse et la plus perverse des religions humaines. Notamment par le fait qu'il a déterminé jusqu'ici la majeure partie des réflexes culturels du peuple rostov. Mais aussi pour sa philosophie intrinsèque : ayant fécondé malgré lui le capitalisme moderne puis post-moderne, le christianisme prétend adorer une personne, un Dieu personnel donc sensible, avec ses caprices et ses coups de colère passionnels... c'est pourquoi le ridicule de cette conception de Dieu prouve de fait par l'analyse rationnelle, le caractère mensonger de cette croyance, sans parler des superstitions formalisant et commercialisant cette religion pourtant millénaire. Ayant forgés l'âme de la nation rostove, les serviteurs du Rovostran qui y avaient élu domicile avaient donc tout intérêt à éliminer sans pitié cette religion quel qu'en soit le prix.
Si le christianisme a pu être dénoncé officiellement, l'islam (2ème religion en Rostovie) attendra son heure pour des raisons de pure realpolitik, avant d'en subir le même sort (le processus de désislamisation a déjà commencé en Alméra du Sud par les cévékazes). L'islam lui, en effet, se contente d'abrutir l'homme en déifiant la force physique brute, la plus stupide des méthodes pour transformer l'être le plus avancé de la biologie en simple gorille. Le musulman, inconsciemment frustré de son manque d'amour, se transforme en bête de combat aussi crétin que manipulable. C'est ainsi que, plutôt que de l'attaquer de front, cette religion est utilisée comme instrument malléable sur le champ de bataille international en faisant des djihadistes des fauves agressifs au profit de ceux qui savent les domestiquer, tel des chiens de combat enragés.
En Rostovie, dans le cadre de cette croisade anti-religieuse, on classe les croyants en trois catégories : les professionnels, les agitateurs et les passifs. Les premiers, à savoir les ecclésiastiques, imams, rabbins ou chamans, sont systématiquement persécutés : ceux qui refusent de prêter serment au Rovostran (les réfractaires), sont systématiquement déportés. Les jureurs (clercs assermentés) qui enfreignent les règles imposées par leur serment sont punis de mort. Les agitateurs prosélytes sont déportés, les plus célèbres d'entre eux sont condamnés à mort. Quant aux croyants passifs, la surveillance dans les nouveaux « ghettos » politiques suffit.

En Rostovie depuis l'avènement de Terienkov à Novgorod, la Terreur rovostraniste anti-religieuse aura pris la vie de 6 millions de personnes (dont 3 millions directement sous la peine de mort) et causé plus de 5 millions de déportés. Les chrétiens, musulmans, juifs et animistes pratiquants "libres" ayant survécu à la campagne de Terreur ont été concentrés dans des « ghettos » urbains ou ruraux, étroitement surveillés et clairement délimités, présents dans la plupart des communes du pays. Tous les édifices du culte encore debout ont été reconvertis en musée.

QUAND LA RÉVOLUTION DÉVORE SES PROPRES ENFANTS

Après les religions, une autre menace pesait sur l’État en Rostovie : le kirovisme lui-même et son ancien prophète : Vladimir Kirov. Ivan Terienkov voulait non-seulement en finir avec le "proto-communisme", mais il appliquait à la lettre l'enseignement politique du Rovostran, lequel a pour fondement la révolution permanente à travers l'épuration cyclique régulière de la classe dirigeante. L’État est plus puissant que les fonctionnaires et les bureaucrates qui le composent, de même qu'il est supérieur au n°1 en personne. Qu'importe le prétexte, les anciens kiroviens devaient disparaître. Le "paléo-bolchévisme", tel qu'il est surnommé par le clan terienkoviste pour décrire ces kiroviens nostalgiques de l'ère communiste "où (soi-disant) la Rostovie avait encore une âme", est un édifice en ruine, qu'il faut désormais raser. Une vieille idéologie désuète qui périme face à la rigueur du temps et gangrène encore l'élite rostove, dont une partie non-négligeable, notamment dans l'armée, se refuse à soutenir Juvna et reste fidèle aux premiers enseignements de Kirov. Des vieux kiroviens frustrés de voir l'idéal ultra-progressiste avancer encore et encore vers la puissance à l'état pur d'un État omnipotent, au détriment il est vrai de la culture nationale, au détriment des tiersmondistes mahajiens et des communistes traditionnels "à la makaranne". S'il y a bien une inspiration particulière que nous nous permettons de puiser dans l'histoire de la Rostovie, c'est bien le souvenir de l'Opritchnik, cette organisation de troupes d'élite, chargés par le plus terrifiant et impersonnel des Tsars, de contrebalancer le pouvoir des riches boyards au XVIème siècle après JC en instaurant la Terreur sur sa zone d'administration directe.
C'est à partir de cette logique que plusieurs dizaines de milliers de kiroviens furent déportés, condamnés à mort, ou bien enfermé à vie dans un asile psychiatrique tel que Kuznetsov, le puissant amiral de la Flotte du Nord.

LE ROVOSTRAN DANS SON INTIMITÉ

Le terienkovisme, plus souvent nommé "ultra-kirovisme" ou "rovostranisme", n'a dans le fond pas tout à fait la même conception philosophique que le kirovisme. Issu des idéaux de Kirov, il va plus loin et considère l'idée elle-même comme une entité philosophique parfaitement autonome de son fondateur d'origine, laquelle se doit alors de renouveler l'humanité par sa seule puissance subversive, dans les esprits de tous. L'être humain n'est qu'un animal supérieur de transition évolutionnaire, qui doit servir de passage entre le primate et le post-humain. Il est donc voué à disparaître, pour laisser place à son successeur. L'esprit humain est plus utile que n'importe quelle force brute, puisqu'il permettra, s'il est convenablement déterminé et orienté, d'accélérer le processus de l'évolution biologique à l'aide de sa boite crânienne, objet connu le plus complexe de l'univers.

Nous sommes passés de la bactérie au poisson, du poisson à l'amphibie, de l'amphibie au rat, du rat au primate, et du primate à l'homo sapiens. L'insecte est, avec la bactérie, le seul qui puisse vraiment traverser les millénaires sans jamais se soucier de sa survie. L'homme lui, au contraire, est encore bien trop fragile, trop faible, trop dépendant, trop vulnérable aux épreuves du temps et de sa propre mentalité. Il est encore l'esclave de sa "propre" nature, en laissant s'échapper dans les cultures nationales, les vices du marché libre, lequel "brise les chaînes et met chaque maillon à part". Et c'est bien elle, l'économie, matrice de la civilisation, qui détermine de A à Z (en tout cas indirectement) les réactions, le comportement, le mode de vie, la pensée et les croyances de l'individu. Méfiez vous de ceux qui se prétendent libres et responsables, car il n'y a pas plus désespérément esclave que celui qui prétend être pleinement maître de lui-même. L'environnement détermine encore plus absolument la mentalité et le comportement d'un homme lorsque celui-ci s’enorgueillit (directement ou indirectement) de ses talents. Ces derniers sont non-seulement temporaires, mais ils trahissent en général la réalité d'une face cachée, plus profonde, plus intérieure, d'un individu extraordinairement faible et maladivement désespéré. Le capitalisme répand naturellement ce même orgueil, à la fois immonde et misérable, dans l'esprit des individus qu'il soumet, au détriment d'un État cocufié, d'une Nation souffrant d'une silencieuse agonie ou d'une religion contrainte à se prostituer pour éviter la perdition.
Toutefois, le code génétique n'est peut être pas innocent dans le déterminisme culturel, puisqu'il donne à l'homme des prédispositions à sa passivité originelle face au monde économique qui l'entoure et l'influence. La structure biologique de base de l'homo sapiens laisse donc apparaître une faiblesse innée que le terienkovisme se propose de supprimer, au contraire du kirovisme qui croit encore à un "espoir" d'amélioration de l'âme humaine.
Les uns entretiennent une fausse espérance en proposant des modèles complètement dépassés ayant prouvé leurs faiblesses. Ils sont chrétiens, nationalistes et communistes, tous pensent que l'espoir existe encore, que l'homme peut atteindre la Vertu, la solidarité spontanée, l'aide désintéressée, l'Amour véritable, le respect profond de l'âme humaine comme valeur supérieure aux envies, corps, matériels et autres superficialités (luxe, argent, luxure...). Tous ont encore l'espoir d'une Humanité saine et supérieure au règne animal.
Les autres désespèrent en se résignant à la soumission complète face à leur ennemi considéré comme tout-puissant. Ils considèrent que seul le vice profite à tous, à savoir l'égoïsme, l'orgueil, le mépris, la jalousie pour la concurrence, la volonté d'écraser l'autre, l'aide intéressée par le seul intérêt de l'égo, la jouissance sans entrave des biens que l'on a acquis en prétendant à soi-même l'avoir mérité selon la seule justice qui compte vraiment : le Hasard de la Nature (loi du plus fort et des circonstances). L'intérêt de chacun fait l'intérêt de tous, seule la concurrence sans entrave d'un combat sans fin entre les individus maximisera la production de richesse. Il s'agit là de la logique des capitalistes et de toute la nébuleuse libérale qui gravite autour.
Contrairement aux apparences, nous pensons que les capitalistes ont, en effet, un certain mérite : celui de reconnaître -au fond- la stupidité humaine, s'y adaptant alors comme moyen à long terme pour son autodestruction... ou plutôt de sa progressive "déconstruction", au profit de l'être nouveau inévitable à venir : le posthumain fondamentalement rationnel puisque bâti par une Intelligence artificielle dépassant de loin toutes les capacités cérébrales du « primate de rang intermédiaire nommé "homo sapiens sapiens" ».
Mais cette dynamique est menacée par la politique conciliante et indéterminée des occidentaux, qui hésitent encore et toujours à renier jusqu'au bout les barrages culturels à l'évolution des espèces, poussée par le marché libre et l'impitoyable concurrence de tous contre tous. Nous ne doutons pas du caractère inéluctable de la victoire de cette dernière logique, mais... le temps qu'elle mettra à abattre les religions et les nations sera trop long, et l'idée de devoir attendre tout ce temps pour assister à ce sursaut de décadence bestiale pour encore des décennies est insupportable et intolérable pour les ultra-progressistes. Surtout que l'éventualité d'un échec provisoire de cette dynamique évolutionniste entrainera l'humanité à sa propre disparition avant même qu'elle puisse développer son successeur légitime. Il faut donc accélérer le processus de l'évolution, pour éviter que l'homme ne disparaisse avec ou avant son œuvre, et éviter que la nature retarde encore et toujours l'ascension de la vie animale vers la divinité. Il faut changer l'environnement ET l'être humain lui-même pour accélérer le progrès darwinien. Comme le disait Trotsky, grâce à la révolution permanente, sur [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Poincar%C3%A9]les hauteurs déjà atteintes par l'Humanité[/url], s'élèveront de nouveaux sommets. Ce développement évolutionnaire sera stimulé par l'action humaine (révolution sociale et technologique) au prix de pantagruéliques sacrifices politiques, économiques et moraux (Terreur), si bien que dans quelques décennies, ceux qui peupleront notre Planète s'imagineront l'homo-sapiens telle que nous voyons aujourd'hui [url=https://www.youtube.com/watch?v=rMltoD1jCGI]l’australopithèque[/url].

« Est-il possible de croire que tout ce que l'esprit humain a déjà accomplit n'était en fait que le rêve avant l'éveil ? » (Herbert George Wells).

Et pour accomplir ce sublime projet, il est le devoir du Rovostran de mener jusqu'au bout le travail indispensable à cette réalisation :

[quote][...] abolir les religions pour noyer l'homme dans le plus froid des réalismes, effacer les libertés parasitaires et illusoires pour libérer l'homme de ses passions animales, éradiquer les sentiments égoïstes pour enraciner l'esprit humain au plus profond de la divine Raison, oublier la pitié émotionnelle pour rationaliser notre intelligence, mettre de côté la solidarité le temps d'en finir avec l'hypocrisie instinctive, sacrifier l'individu sur l'autel du Bien Commun et enfin, réduire à néant l'amour conjugal, familial ou clanique, afin d'imposer à l'humain sa véritable Liberté en extirpant de son code génétique ce psoriasis mental.

Et c'est bien de là que naîtra la Puissance à l'état pur. Lorsque l'économie sera totalement étatisée -et jusque dans ses moindres détails, lorsque l’État -représentant rationnel du peuple et de la Volonté Générale- deviendra omnipotent, lorsque la classe dirigeante sera perpétuellement épurée, lorsque la population citoyenne subira la Terreur comme ceux qui l'administrent au nom de l’État, lorsque le système économique planifié phagocytera l'inconscient des citoyens pour les pousser à la Vertu révolutionnaire, lorsque la cybernétique, le nucléaire, la bio et la nanotechnologie permettront de transformer l'homme pour atteindre la Liberté réelle, la plus sage et la plus profonde (consistant à contrôler sa nature propre)... c'est ce jour là que le Rovostran espère atteindre pour accomplir son dessein.

En vue de procéder à l'évolution biologique du monde, le procédé est simple : en Rostovie, la phase 1, celle de l'Agonie, durera aussi longtemps que nécessaire avant la conquête du monde entier. La souffrance du peuple rostov est absolument nécessaire à sa purification. Elle sera (peut-être) suivit du sacrifice de la vie, la lumineuse phase transfiguratrice. Pourtant, cette deuxième étape ne devrait survenir que lorsque les desseins territoriaux rostovs auront été pleinement accomplis. Si à l'inverse, les objectifs géopolitiques s'avèrent impossibles à réaliser, cette phase pourra sans doute s'appliquer avant les autres dans ce pays. Et la phase 3 donnera lui alors les moyens de la "transfiguration" du reste du monde.
Pour cela, il sera de notre devoir d'abattre l'ennemi géopolitique n°1 de l'URKR : le Pelabssa. Une fois ce pays à genoux, la Main Noire répandra ses tentacules à travers le monde sous la bienveillance rostove, sans aucune résistance sérieuse des peuples "indépendants", [url=http://www.simpolitique.com/post179733.html#179733]laissés à la merci du divin progrès ultra-révolutionnaire[/url].

Ivan Terienkov, Exarque du Rovostran[/quote]

Fous, inhumains, barbares, ineptes et absurdes... tels sont les qualificatifs utilisés par nos ennemis pour nous accuser. Par notre faute, le Monde entier en est venu à se liguer contre la Rostovie... quoi de plus logique en effet : nous voulons simplement les anéantir. L'humain se lamente d'être ce qu'il est, et, comble de l'ineptie, il persiste dans l'acharnement humaniste, stupide pénis bipède, hystérique et hypocrite à la fois. Les deux termes ne sont d'ailleurs pas si opposés : le plus zélé des partisans est parfois le plus sensible à la trahison, et la plus grande des hypocrisies mènent bien souvent au plus vile et bestial des fanatismes. Les idées du siècle dernier tentèrent de donner à l'homme une dimension supérieure dans la logique du progrès évolutionnaire.
Faisons une petite analyse des trois grands courants idéologiques du 20ème siècle.
_ D'un côté, les fascistes veulent un État fort au service d'une nation uniforme. Un simple tribalisme en somme, attaché aux valeurs passéistes et rétrogrades, dont on ajoute seulement le progrès technologique comme facteur de sécurité. L'intérêt repose éventuellement sur la sélection raciale, qui peut s'avérer prometteuse, mais le caractère insidieusement relativiste et tribale (donc moraliste) d'une telle conception de la communauté ne peut aboutir qu'à des pannes économiques, des paralysies politiques et des lésions sociales, avant l'achèvement d'un régime autoritaire inadapté, inefficace et borné, vieille création obsolète d'une idéologie brouillonne et bien trop passéiste (donc trop humaine...). Le nazisme, en reniant la religion chrétienne et en fondant toute sa théorie sur la sélection des races, corrigea les stupidités du fascisme originel, mais il fit trop confiance en l'espèce humaine et n'a finalement pas osé franchir la frontière entre le tribalisme et le post-humanisme.
_ D'un autre côté, les communistes proposent, par l'intermédiaire d'un État tout-puissant temporaire et voué à disparaître, d'instaurer une société sans classe fondée sur la justice universelle et la solidarité collective des peuples dans la vertu du travail (sens du sacrifice pour le Bien Commun). C'est ici que prend ses racines le kirovisme, idéologie temporaire (car encore une fois trop humaine) et menant elle-même inéluctablement vers la notre par le puissant mécanisme social de la surenchère révolutionnaire. Nous prenons donc beaucoup de ce mouvement, et nous y retirons simplement la morale et le passéisme, à savoir les notions "humanistes" de justice sociale ou de solidarité... vieilles valeurs rétrogrades, qui ne furent en réalité qu'un pont d'hypocrisies et d'expériences avortées entre l'archaïsme féodo-vassalique et le capitalisme libéral-libertaire. Le communisme n'est ainsi plus un but pour nous, mais un simple outil pour fonder notre véritable objectif.
_ Les libéraux capitalistes (au sens large) proposent de rallier l'utile à l'agréable en concevant l'individu, pourtant tout aussi faible que stupide, comme un animal libre auto-construit donc responsable de ses actes et méritant leurs résultats. Comme nul n'est plus désespérément esclave que celui qui est faussement convaincu d'être libre, ce système aboutit à la brutale logique du fort qui écrase le faible inconsciemment consentant, le fort, qui à son tour, se fait écraser par un autre, et ainsi de suite selon les lois impitoyables de la concurrence sans frein ni morale, laquelle opère alors naturellement un processus d'épuration successive qui fait avancer la machine infernale du Progrès techno-évolutionnaire. Cette idéologie est de ce fait plus intéressante pour nous qu'on ne le croit. Le capitalisme, dans sa forme la plus absolue, peut devenir un système novateur extrêmement intéressant, en stimulant le processus évolutionnaire biologique darwinien, au moyen de la sélection naturelle opérée par l'impitoyable marché libre, entre les plus adaptés et les plus arriérés. Une révolution perpétuelle ayant pour moteur macro-économique la destruction créatrice schumpeterienne (par les faillites, les délocalisations et les licenciements, ainsi que l'abandon des superstitions culturelles ou des vieilles valeurs patriotiques ou religieuses), poussant naturellement le système économique à toujours plus d'innovation, jusqu'à ce qu'il atteigne le comble de l'efficacité techno-sociale, et ne finisse par laisser l'être humain lui-même (animal dépassé) à l'abandon, derrière sa surpuissante et incontrôlable créature... tournée vers un avenir post-humain.
D'où le fait qu'on ne remet pas en cause l'idée très juste que la Rostovie applique une certaine forme du très paradoxal « capitalisme d'Etat ».

Le rovostranisme est un projet véritablement et fondamentalement plus progressiste encore, car il transforme jusqu'à l'esprit humain, pour et par le progrès technologique. La population entière est mobilisée, au sein d'un État-entreprise dont la puissance monopolistique orientera tous les efforts de l'homme vers une seule et même direction dans la plus efficace des conjugaisons entre les capitaux et les agents économiques.
Nous ne faisons pas confiance au fascisme (ni au nazisme), puisqu'il se contente d'une sélection tribale, dont les seuls aboutissants comme société recherchée ne viennent que du passé lui-même, à savoir de l'hideuse nature humaine.
Nous ne faisons pas confiance au communisme, puisqu'il prétend assigner au représentant du « bien commun » (étatique ou collectiviste-autogestionnaire) le contrôle d'une économie « humanisée », par et pour une Humanité intrinsèquement décadente.
Nous ne faisons pas confiance au capitalisme pour organiser cette avancée, car son attachement hypocrite à l'homme en tant que pseudo-humanisme (individualiste) ne fera que ralentir l'inévitable, et s'il ne parvient pas à éradiquer dans les délais, les religions et leurs morales illusoires par une stupide et infâme naïveté, il loupera carrément le train de la mutation techno-évolutionnaire avant de succomber dans la honte et dans l'oubli.

Politiquement comme technologiquement, nous assistons ces vingt dernières années à l'accélération inédite du processus mécanique de la métamorphose révolutionnaire. Ces deux dernières décennies ont vu se succéder au moins six régimes politiques en Rostovie, du capitalisme au christianisme politique, en passant par le proto-kirovisme. Le vainqueur absolu et inévitable de cet affrontement dans l'Agora, n'est autre que la suite logique de ce même processus, à savoir l'ultra-révolution posthumaine proposée par le Rovostran depuis longtemps. Toutes ces idéologies arriérées apportèrent l'illusion, une extrême naïveté pour ne pas dire une ignorance volontaire. Le Christianisme ? L'illusion d'un Dieu bienveillant qui rassure par des superstitieux en quête de sens. Le Fascisme ? L'illusion d'une nation, créature de la passion des hommes en quête de solidarité tribale. Le Capitalisme ? L'illusion d'un individu autodéterminé, figure imaginaire jaillissant de l'orgueil d'une élite qui cherche à justifier sa supériorité soi-disant méritée.
Seul le communisme, poussé à bout sans aucun retour en arrière (le paroxysme totalitaire sans lequel cette même idéologie pourrira dans une piteuse stagnation), permet de résoudre avec le temps ses propres contradictions. La surenchère révolutionnaire, détruisant tour à tour les structures morales et superstitieuses d'un monde d'hypocrites et d'égoïstes, permet d'établir une mutation civilisationnelle qui donnera à l'Homme sa véritable Liberté.

[quote]A l'intérieur comme à l'extérieur, dans la nature comme en économie, en société comme en vie privée, il ne faut rien laisser passer. Tout ce qui a une substance doit être pré-déterminé. Tout ce qui est en mouvement doit être planifié. Production, détention, commerce, circulation, comportement, humeur, sentiment, passions, opinion, pensée... Il est impératif de tout contrôler pour libérer. Et tandis que la population doit adhérer corps et âmes au Plan Suprême, notre propre droit, à nous les planificateurs, n'est autre que le devoir lui-même. Notre devoir ne consiste pas moins d'imposer à nous même qu'aux autres. Par la révolution perpétuelle et la purge régulière des élites, les planificateurs sont les esclaves de la Planification, les terroristes bureaucrates eux-même doivent être terrifiés par la Terreur d’État qui les emploie.

Joseph Markov, chef du NKRD[/quote]

LA TERREUR, COMME VOLONTÉ ET COMME REPRÉSENTATION
[url]http://www.youtube.com/watch?v=9fwWS6Xo1go[/url]

Concrètement, la Terreur s'articule autour de "l'Archipel du Perelag", des centaines de camps de la mort et de rééducation. La prison en tant que telle n'existe donc pas en Rostovie, et tous les centres pénitenciers pour récupérables (à ciel ouvert, en usine ou souterrains), servent directement ou indirectement la machine de guerre rostovique, notamment dans la construction des villes et bases militaires du sous-sol. Leur sacrifice ne sera pas vain, d'autant plus que les irrécupérables sont utilisés comme cobayes pour la Recherche&Développement du puissant Narkomat de la Défense. Dans ce cadre là, certaines catégories de personnes sont envoyés selon leurs caractéristiques, dans des centres différents. Par exemple, les plus jeunes enfants des victimes de la Terreur doivent passer des analyses ADN dans des hôpitaux militaires sur la base desquelles ils sont triés : les uns sont envoyés dans des centres rovostranistes de rééducation citoyenne (formation à la fois spartiate, scientifique et intellectuelle), les autres sont déportés dans les laboratoires expérimentaux de la ZATO Ovskograd-308.

[img]https://i.imgur.com/RhQPO7j.png[/img]
Blason de la ZATO "Ovskograd-308"

Ce territoire monofonctionnel de puissance, à savoir une cité scientifique secrète fortifiée, dont la plupart des installations sensibles se situent en profondeur sous la surface du sol ("[url=http://www.simpolitique.com/post139441.html#139441]ZATO[/url]"), est un centre de recherche militaire avancé de Rostovie, affectée à la radiologie expérimentale. Pas assez nombreux selon les chercheurs responsables de cette entité territoriale militaro-scientifique, les cobayes sont désormais importés parmi les orphelins de parents irrécupérables sélectionnés selon leur code génétique (tous les types sont pris en compte selon des quotas). D'autres enfants venus du Viek Koing, du Mahaji, de l'Irank, du Juvna, du Delphiné (et bientôt du Pelabssa) sont venus rejoindre l'équipe. Au service de la science, ils seront sacrifiés (partiellement ou intégralement) selon les expériences menées par les scientifiques.

[img]https://i.imgur.com/Z8STZey.png[/img]
Jeunes enfants sous l'influence de produits chimiques, à Ovskograd-308. Bien que certaines expériences soient moins douloureuses que d'autres, leurs effets sont irrémédiables.

[img]https://i.imgur.com/kiuqOlf.png[/img]
Un enfant à l'agonie, cobaye des étranges expériences du Rovostran.

Les scientifiques sont quant à eux tout autant sujets d'une expérience que les enfants qu'ils observent. Inlassablement surveillés par le NKRD, ils redoutent plus que tout à la fois d'en faire trop comme d'en faire pas assez, car le juste-milieu est de rigueur. Le sérieux et la minutie de leur travail sont d'autant plus soignés que leur vie est en jeu et derrière eux, celle de tous leurs proches. Souvent amenés à infliger de lourds supplices aux cobayes par la radiothérapie expérimentale (parfois jusque mort s'en suive), les chercheurs suspectés de sadisme sont immédiatement déportés comme irrécupérables dans les camps de la mort. Le travail doit être fait dans le plus grand des sérieux, sans aucune cruauté d'origine passionnelle. La Terreur doit être rationnelle, froide et impartiale. Ses artisans et bureaucrates sont donc -proportionnellement- les plus susceptibles de tomber sous son impitoyable courroux que les citoyens ordinaires.
Nombre d'élites, d'amis de Terienkov, de bureaucrates, de scientifiques, de hauts gradés militaires et autres hauts responsables ont été condamnés à mort ou à la déportation. Alors même qu'en général, le "citoyen ordinaire" a toujours plus de chance de subir une peine légère non-létale (rééducation pour 5 ou 15 ans), que les hauts-responsables, qui sont le plus souvent condamnés à vie, par la perpétuité ou par la mort.

Dans d'autres centres, comme celui de Krasnoïarsk, c'est une véritable armée de cyborgs qui est en cours de formation. Certes, une formation plus expérimentale et génétique que militaire pour l'instant, la Rostovie n'étant qu'à la genèse de son essor technologique. Mais dans les entrailles de la Terre sont fabriqués, à partir des expériences nano-biologiques et électro-mécaniques, de multiples "prototypes" mi-hommes mi-machines, lesquels en général meurent après quelques minutes, en raison du caractère encore primitif du savoir-faire humain.
Mais face ce vieux problème qu'est l'incapacité humaine à créer l'être parfait, les ultra-kiroviens ont leurs idées. L'objectif à atteindre est de donner aux prototypes humanoïdes une longévité suffisante, voire l'immortalité. Les nombreux chercheurs, déjà exténués par l'épouvante que leur fait subir l’œil inquisiteur du NKRD (qui surveille leurs moindres faits et gestes), sont incapables humainement parlant de satisfaire une telle ambition. Mais alors que le scientifique mise tout sur ses formules de physique, le Rovostran pense stratégie politique. L'idée, pour les ultra-kiroviens, Terienkov et l'entité militaro-politique rovostraniste, est de créer une machine intelligente, une conscience artificielle qui donnerait alors à l'homme les moyens de sa propre disparition. Une machine dotée d'une conscience de soi, capable de comprendre pour s'adapter en mettant en relation des concepts qui peuvent être abstraits (philosophie). Un programme autonome, capable de réfléchir et de philosopher. Une IA (intelligence artificielle de premier niveau), "naturellement" acquise aux idéaux kirovistes, aura pour première fonction de se perfectionner elle-même ou de créer d'autres IA à la place de l'homme (car plus innovante que lui), avant de pouvoir faire avancer la science à une vitesse résolument exponentielle, amenant à des innovations telles qu'elles dépasseraient l'entendement humain.
En plus de cela, cette IA complètement dévouée au Rovostran -jusqu'à ne faire qu'un avec lui, élaborerait la stratégie militaire à adopter en cas de guerre en remplacement de tous ces vieux généraux orgueilleux (intrinsèquement incompétents puisqu'ils "mangent, boivent, baisent et dorment comme tout le monde"). Après l'affaiblissement temporaire de la Rostovie d'après-guerre, il sera en effet nécessaire de faire manœuvrer le reste de l'armée (certes, encore N°1 mondiale mais numériquement inférieure aux autres nations du Monde coalisées) de la manière la plus adaptée qui soit, de façon plus intelligente et plus maligne que ne l'aurait imaginé le plus haut degré du génie humain.
De cette façon, l'URKR (pourtant affaiblie numériquement après l'invasion et l'anéantissement de son rival pelabssien), sera conduite par l'IA jusqu'à la victoire complète, contre tous les autres peuples du monde coalisés contre elle. Une première dans l'Histoire, qui permettra enfin à l'homme de maximiser ses efforts en vue de son propre remplacement : la Purification par la souffrance, la Transfiguration par la mort, et la Rédemption par l'éveil techno-évolutionnaire.

Après les 28 millions de morts au Viek Koing, les centaines de milliers de victimes au Zanyane (ex-Tyrannat, Kabaka), les millions de prisonniers condamnés en Kasovie, et la destruction à venir du Pelabssa, la Terreur orchestrée par le NKRD en Rostovie a déjà tué 10 millions de ses citoyens, tandis que 15 millions de rostovs sont actuellement détenus dans les camps du Perelag (dont 5 millions "d'irrécupérables"). Leur nombre ne cesse d'augmenter et le quotas fixé par le Rovostran est de 5 000 condamnés (mort ou déportation) par jour sur le territoire national.

[img]https://i.imgur.com/AmVnq4s.png[/img]

[quote]La Terreur, cette déesse dont la sublime beauté intérieure illumine nos âmes, purifie l'homme par la sagesse de son courroux, transfigure le corps de sa faux miséricordieuse, et fait revivre l'esprit par la mutation révolutionnaire.
La Rédemption est le sacrifice de l'humain sur l'autel de la Raison, dont le sang irrigue la matrice révolutionnaire, et substitue à cet être abject et obscène, un être totalement nouveau, bien supérieur à lui dans l'échelle de l'évolution.
Demain, notre divin successeur se demandera pourquoi l'homme, semi-primate esclave de son égo, était-il aussi stupidement attachée à sa condition naturelle.

Ivan Terienkov, Exarque du Rovostran[/quote]

[img]https://i.imgur.com/v41boke.png[/img]
Le sublime visage de la Terreur : il purifie l'esprit humain en lui dévoilant sa nature misérable, il transcende son organisme en le guidant sur le sentier lumineux de la Mort, et il impose aux survivants la Liberté, à savoir la volonté rationnelle et nécessaire d'accomplir la Rédemption.
(HRP : encore merci à ma sœur pour le dessin)
Sovana

Message par Sovana »

<center>L'Avènement du Nouvel Ordre.

[url=http://www.youtube.com/watch?v=tbrIJHhJnoI]Ambiance sonore[/url]

[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2013/40/1380550687-unknow-23.jpg[/img]</center>

Ville souterraine de Turra-000
27 mars 2022


La guerre fait rage dehors. Peu d'info filtrent, face à la monstrueuse machine de guerre qu'est devenue l'URKR les USP sombrent sans doute. Dans cet îlot de béton dans une mer de terre, isolée, impossible de savoir si d'autres pays sont impliqués. Tout comme le Rovostran s'est coupé de la sensibilité humaine, cette ville fantôme s'est coupée du reste du monde depuis sa naissance. Elle a au moins l'avantage de ne pouvoir subir aucune frappe de missiles ou même nucléaires, mais le prix est lourd.

Un isolement total, une surveillance militaire permanente, des nuances de gris, noir et blanc à perte de vue jusque dans les bureaux des plus hautes fonctions, tel était le quotidien des habitants de cette ville sans âme, pur produit d'une paranoïa exacerbée mariée à un scientisme déshumanisé de rationalisation.

C'est donc dans ce désert humain que travaillaient l'équipe azudéenne en charge de construire une Conscience Artificielle. Un défi de taille, puisque la CA ne pouvait être un simple programme, elle devait être capable d'émotions afin d'appréhender le fonctionnement humain et pouvoir interagir de manière au moins aussi complexe sinon plus qu'un être humain moyen. D'autant plus qu'elle devrait traiter un nombre énorme d'informations, nécéssitant donc un grand nombre de cerveau éléctroniques en réseaux. Pour l'heure, bien que le projet approchait lentement, mais sûrement, de sa fin, beaucoup de travail restait à faire. Il fallait encore créer une personnalité et la façonner dans le cerveau type pour le moment vierge, mais aussi tout les modules sensoriels et moteurs. Le cerveau électronique devra à terme savoir se servir de caméras, micros, hauts parleurs, voir interagir sommairement avec des ordinateurs (pas aussi précisément qu'un programme, mais en tant qu'utilisateur).

L'équipe d'Azudéens déroutaient beaucoup leurs collègues. On les surnommait « Ceux qui ne dorment jamais » à cause de leur sommeil polyphasique : une sieste de vingt minutes toutes les quatre heures. Mais également leur dévouement. Malgré qu'ils ne soient pas natifs d'URKR et avaient des idées bien différentes, leur dévouement au projet était total. Il faut dire qu'ils n'avaient pas grand chose d'autre à faire dans leurs sombres quartiers. Et ils osaient souvent faire preuve d'une grande indépendance et d'un regard critique acéré sur leurs collègues, lançant parfois quelques piques.




Électronicien Jean Malevain : Cogniticienne Justice Clavez, je suis fier de vous annoncer que le cerveau électronique modèle est enfin achevé. Enfin, du moins, le matériaux utilisable, il faudra bien entendu procéder à quelques modifications suivant la personnalité afin de ne pas rater de périodes critiques. Mais bien entendu les plus sommaires comme la coordination motrice et visuelle ont déjà été effectuées. Mais, permettez-moi, j'ignore à quoi cela servirait pour une CA qui ne se déplace pas ?

<center>[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2012/27/1341714626-Prometheus_10.png[/img]</center>

Cogniticienne Justice Clavez : Je vous félicite, ainsi que vos collègues rostovs. Une telle coordination ne sert pas simplement à se mouvoir dans l'espace de notre champ perceptif, mais aussi à manipuler. Cela permettrait à la CA de pouvoir déplacer un objet sans le faire zigzaguer dans tout les sens.

Électronicien Jean Malevain : J'en convient bien, mais pourquoi et même comment aurait-elle à faire cela ?

Cogniticienne Justice Clavez : Vous ne voyez pas assez loin. Sachez viser l'harmonie. Imaginez vous un seul instant une conscience sensitive capable de communiquer mais non de déplacer une caméra par exemple ? Sans nous les Rostovs en auraient fait un monstre de déséquilibre cognitif.

Électronicien Jean Malevain : En effet.



Progressivement, le projet avançait, ouvrant la voie d'une aube nouvelle en Rostovie, et non sans conséquences internationales.
Sovana

Message par Sovana »

<center>L'Avènement du Nouvel Ordre, II.

[url=http://www.youtube.com/watch?v=tbrIJHhJnoI]Ambiance sonore[/url]

[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2013/52/1388159453-appogee-redim2.png[/img]</center>


Ville souterraine de Turra-000
14 juin 2022



La construction de la structure de la personnalité de la Conscience Artificielle avançait. Les soldats étaient toujours la. Statues d'ébène meurtrières, scrutant le moindre signe suspect. Si quelqu’un arrivait avec une masse pour détruire la CA ils seraient la.

Le projet de cerveau électronique avait été celui retenu. Il s'agissait donc de reconstruire un cerveau, artificiellement, ainsi qu'une personnalité. Mais le silicium étant bien plus lent, la structure serait-elle même bien plus grosse qu'un cerveau humain pour des capacités moins grande qu'un cerveau organique de même taille. De plus, la CA devait pouvoir traité une énorme quantité de donnée. Le cerveau-type serait donc ensuite reproduit plusieurs fois, formant le cœur polyvalent de la Conscience Artificielle, tandis qu'y serait greffé en réseau des cerveau spécialisés. Des cerveaux autistiques à fortes capacités en mathématique pour le traitement des informations purement rationnelles, numériques (mais décimal et non binaires), et des cerveaux polyvalents secondaire qui seront autant de terminaux de communication.

Alors que les scientifiques travaillant sur le projet déjeunaient dans le réfectoire, la cogniticienne azudéenne entama la conversation avec les Rostovs.


<center>[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2012/27/1341714626-Prometheus_10.png[/img]</center>

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Dites moi, comment récompense-t-on les travailleurs par ici ?

Chef d'équipe Rostov :
Eh bien, par une hausse de salaire, ou des vacances plus aisées. Voir, être reconnu nationalement par exemple, selon les métiers. Mais chacun garde le même appartement sobre et n'a pas accès à des produits de luxe non consommable, comme des inutiles bijoux par exemple.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
De la motivation externe à l'individu donc ? Signifiant, que l'individu ne saurait travailler pour le plaisir d'accomplir une action ayant du sens et un objectif ? Mais de ce supposer objectif ils n'en sont qu'un processus, des outils, pas des décisionnaires.

Chef d'équipe Rostov :
Pardonnez-moi, mais comment une motivation peut-elle être externe à un individu ?

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
J'entends par là qu'elle n'est pas auto-engendrée, c'est une proposition faite par l’État, qui ensuite produira une certaine forme de motivation.

Chef d'équipe Rostov :
Motivation produite, de manière directe par l'individu. Il n'est donc pas déresponsabilisé, bien au contraire.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Supposons. Mais sa motivation dans ce cas n'est pas entière. Il n'a aucune décision à prendre qui pourrait avoir des incidences sur la structure où il travaille. Il ne peut pas de lui même améliorer son environnement ou ses procédures, alors qu'il est au plus proche du terrain, premier concerné, et cela sans nécessairement d'autre récompense qu'avoir accomplit son travail. Tandis que vous, c'est pour un mode de vie plus aisé. Quel dommage.

Chef d'équipe Rostov :
L'un n’empêche pas l'autre.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Un État qui ne considérerais pas dans ses politiques les deux options n'en encouragerais qu'une.

Chef d'équipe Rostov :
Donc selon vous, les gens ne sauraient donc pas être motivés par eux-mêmes et...

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
J'ai dit « encourager », pas créer, produire ou que sais-je encore. Mais votre plus gros soucis est encore que vous faites tout reposer sur l'Etat tout puissant selon vous.

Chef d'équipe Rostov :
Hahaha, pas la peine de perdre votre calme pour ça, voyons....
Expliquez vous ?

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Plus l’État est puissant, plus il est vulnérable. Si Terienkov meurt, si l'Etat meurt, votre pays sombre dans le chaos. Et un tel fonctionnement ne garantit même pas la stabilité. Après tout, Kirov n'a-t-il pas été arrêté par Terienkov ?

Chef d'équipe Rostov :
Je vous en prie, tout le monde sait que Kirov à demander à se retirer, nous ne croyons pas en vos vils rumeurs qui n'ont pour seul but de déstabiliser mon pays. Ce ne sont que des histoires, des contes. Quant à l’État, c'est justement s'il est puissant, il est inébranlable, peu importe les effets de son hypothétique effondrement. De plus, il a plus de recul que les citoyens, il sait mieux ce qui est bon pour eux.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Les vieux paradigmes de la rationalité. Nous préférons la compréhension que de chercher à faire des vivisection réifiantes et simplistes sur nos concitoyens. Peut importe, je ne pense pas que nous arriverons à trouver un terrain commun, terminons ici cette discussion stérile.


___________________________________________________________________


Plus tard, dans les quartiers de vie, lorsque les Azudéens sont seuls.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Des avis sur l'avancée de la CA ?

Jaque Lefevre
(psychologue)
Ses les axiomes culturels de ses schémas mentaux sont imprégné d'une misanthropie latente. Jusque là rien d'étonnant, mais en plus les Rostovs sont bornés : elle servira plus le Rovostrant et sa cause, que les idéaux eux-mêmes. Enfin, s'ils en ont. Tout ce que j’entends quand j'interroge à ce sujet est une ritournelle macabre et abstraite.

Alain Mercier
(neurologue)
Hmm... D'un autre coté cela peut nous servir. Si un jour le Rovostran s’effondrait elle ne serait pas recyclable, à priori, tout du moins, serait moins efficace aux taches attribués car moins motivée. Les schémas employés en revanche en font de toute évidence une excellente stratège. Je doute que cette CA serve « simplement » de chef d'Etat.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Eh bien, notre devoir nous appel je le crains. Nous savions où nous mettions les pieds. Nous avons pris le risque de laisser notre vie en venant ici. Il est temps d'agir. Marc ?

Marc Deschanels
(informaticien-programmeur)
J'ai mené le travail d'approche que vous m'avez demandé à notre arrivée, de manière assez neutre, j'ai fais connaissance. J'ai établit leur profil avec des taux de probabilités et marges d'erreurs : quels individus sont fiables, lesquels nous laisserons faire, et ceux qu'ils faut éviter.

Paul Dupond
(informaticien-analyste)
Eh bien, le plan Alpha, Beta ou Gamma ?
Sovana

Message par Sovana »

<center>L'Avènement du Nouvel Ordre, III.

[url=http://www.youtube.com/watch?v=aVxiUNnDPJ4&list=PLH8xgURL2Nud28J3gdN86rj2IYswsHQZK]Ambiance sonore[/url]

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Ville souterraine de Turra-000
03 septembre 2022


La construction de la Conscience Artificielle était relativement rapide, une fois les schémas de constructions fait. Ils étaient actuellement en cours de finalisation, puis il faudrait ensuite terminer la création de la personnalité de la CA par une mémoire (principalement émotionnelle) artificielle, qui serait ensuite téléchargée sur le cerveau, par recréation accéléré des impulsions électriques. Toutefois, par mesure de sécurité les concepteurs n'ont pas accès aux lieux de constructions, ni au personnel concerné. Mais les deux groupes étaient concernés si le projet échouait. Ainsi, de manière discrète il était courant que les groupes s'espionnent mutuellement.

Chercheur Rostov :
Andreï, je crois qu'on as quelques soucis.

Chef d'équipe Rostove
Je vois ça, comment se fait-il que vous ralentissiez maintenant ! Cela fait un mois que nous prenons du retard, vous connaissez les délais ! Nous ne pouvons pas nous permettre de ralentir, c'est déjà tout juste si nous pouvons finir dans les temps. Vous voulez tous qu'on y passe ?

Chercheur Rostov :
Non, bien sur que non, c'est à cause des Azudéens.

Chef d'équipe Rostov
Vous devez faire leur travail à leur place ?

Chercheur Rostov :
Au contraire, ils semblent voir eux aussi la limite prévue s'approcher. Ils se sont mis à travailler de surcroît, de manière inimaginable. Ils ne sortent presque plus de leurs bureaux, hormis pour aller manger et se laver. Ils ont bien six heures de sommeil en moins par jour, avantage non négligeable.

Chef d'équipe Rostov
En quoi tout cela est un problème ? S'ils font leur par du travail, avec autant d'application, tant mieux.

Chercheur Rostov :
Justement, ils ne font pas que leur part du travail, mais aussi une part du notre. Certaines parties seulement toutefois, ils ne s'éparpillent pas, bien que lesdites parties soient dans tout les domaines concernés. Mais.... Tout ce qu'il font, dont leur propre travail, manque d'optimisation. Vraiment, c'est un peu comme parcourir un labyrinthe compliqué et complexe pour arriver à un résultat simple. Nous n'avons largement pas le temps de vérifier tout ce qu'ils font, même si nous ne regardions que ce qu'ils doivent faire normalement, ou que ce qu'ils font à notre place. Toutefois, hormis que ce qu'ils font sur notre répartition est tout autant tortueux, cela s'est révélé tout à fait juste, et parfois même ingénieux dans le fond, par rapport aux buts fixés.

Chef d'équipe Rostov
Alors ils n'ont fait aucune tentative de sabotage dans leurs « labyrinthes » ?

Chercheur Rostov :
Effectivement. Cela fait environ deux mois que leur travail s'est accru, d'où notre retard relatif puisque le vérifiant.

Chef d'équipe Rostov
Étonnant. Dans ce cas, puisqu'on ne peut les relire concentrez-vous sur ce qu'ils ne font pas, et relisez rapidement ce qu'ils font à votre place. Nous gagnerons déjà bien du temps. Avec de la chance nous finirions même en avance. Mais bon, faites comme si de rien n'était bien entendue. Si ça s'apprenait on nous reprocherais de la négligence, chose impardonnable sur un tel projet...

Le chercheur repartit, puis se fut Justice Clavez qui fut convoquée. Ce fut une femme tendue qui entra. Non par fatigue en tant que tel, mais plus le manque d'évacuation de la tension. Il faut dire qu'il y avait peu de complexe adaptés dans le centre. Tout juste des complexes sportifs, où les azudéens passaient donc au moins deux heures par jour afin d'évacuer la pression du surcroît de travail qu'ils s'imposaient.


<center>[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2012/27/1341714626-Prometheus_10.png[/img]</center>
Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Vous m'avez convoqué monsieur ?

Chef d'équipe Rostov
En effet. Je dois dire que je m'inquiète pour vous et votre équipe. Vous travaillez énormément.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Nous faisons ce que nous devons, rien de plus.

Chef d'équipe Rostov
Je n'en doute pas, toutefois je me demande si vous pouvez réellement suivre un tel rythme jusqu'à la fin du projet. Nous avons besoin de vous tous jusqu'à la fin de celui-ci. Nous sommes une équipe, nous sommes solidaires, n'est ce pas ?

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Nous trouverions effectivement navrant que votre hiérarchie doive vous sanctionner d'être humains. Après tout, l'erreur est humaine.

Chef d'équipe Rostov
Mais pour faire une catastrophe il faut un ordinateur. [Il rit de sa blague] Nous n'avons pas intérêt a faire la moindre erreur, et ne pouvons nous permettre de ralentir au dernier moment.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Ce n'est pas un ordinateur ! La date de fin de projet, je sais. Mais jusqu'à présent votre équipe à telle décelée la moindre erreur de notre part ? Un mois aurait été largement suffisant pour mesurer l'épuisement d'une équipe en surmenage. Je connais mon équipe, je sais que nous pouvons le faire. Comme vous venez de le dire nous ne pouvons nous permettre de ralentir.

Chef d'équipe Rostov
Bon... Soit. Je vais visiblement devoir vous croire sur parole puisque vous ne ralentirez de toute façon pas. J’espère donc pour nous tous que vous avez raison.

Justice Clavez
(cogniticienne et coordinatrice azudéenne)
Sachez que nous nous sommes délestés du poids de la mort avant notre arrivée. Nous ne nous considérons pas comme intouchables ici. Toutefois ne pas chercher à éviter la mort serait stupide.

Chef d'équipe Rostov
Décidément, les Azudéens m’étonneront toujours. Je n'avais rien de plus à vous dire, si vous non plus, vous pouvez disposer.

Justice Clavez s'inclina puis repartit.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[img]http://pixers.fr/image/1/110/n8nLuEcKQcX19VELPvUeQVUN55mQr1XSGQVS0MlRt8VRRcnLfi0R2cEM8N0RfNDXwYl1hMUQh7TQhM0Rh72MhF3FqzSKhZkaMR3KhRGKm5dRkRHT0NnasiGaho2F0Rni/89/01/09/0089010988/tableau-poster-panneau-attention-danger.jpg[/img] HRP : ATTENTION !
===> LECTURE INTERDITE AUX MOINS DE 12 ANS
===> + VIVEMENT DÉCONSEILLÉE AUX MOINS DE 16 ANS ET AUX PERSONNES SENSIBLES

Ce message est un des derniers "hard" de mon RP, et sans doute le plus violent que j'ai jamais écrit dans la section "Rostovie". Le texte, quoique très philosophique, est angoissant (dans la description de la société rostove), et il faut noter quelques images peu rassurantes pouvant choquer les plus sensibles (non-pornographiques). Mais rien d'illégal, et cela n'a pas grand chose à voir avec ce qui fut écrit en Juvna.
Donc je vous préviens, tout cela suffit pour être interdit aux moins de 12 ans (comme de nombreux films qui passent à la télé...) et peut tout de même choquer ceux qui s'y fondent vraiment. Si vous préférez la prudence, alors je vous conseille la lecture "en diagonale", qui ne risque rien... mais vous louperez certaines réponses aux questions injurieuses qu'on a lancé en HRP contre mon pays et auxquelles j'ai tenté de répondre ici-même.


"inévitable chute" du Rovostran, dites-vous ?...

L'ANGOISSANTE BEAUTÉ DE LA TERREUR : LA SOCIÉTÉ ROSTOVE SOUS LE JOUG DU ROVOSTRAN

[url=http://www.youtube.com/watch?v=geFhtD-ZXoA]Nouvelle musique ![/url]
Hiver 2022/2023

[img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/6/6a/Mordor.png[/img]

LA GRANDE TERREUR : COMMENT ET POURQUOI ?

Depuis l'ascension de Terienkov le 1er Mars 2017 (déjà plus de 6 ans...) et l'avènement de sa nouvelle politique terroriste idéologique, la Rostovie s'est repliée sur elle-même. Non pas que l'État ait rompu avec son empire militaro-économique, bien au contraire (Main Noire, bases militaires à l'étranger, protection du Finnherland, invasion du Pelabssa), mais le peuple lui, s'est bel et bien muré dans une forteresse-prison. Sous l'effet conjugué de la terreur (psychose générale), du collectivisme économique (interdépendances), du loyalisme naïf (patriotisme) et de l'éducation d’État (les citoyens sont embrigadés dès le plus jeune âge), le totalitarisme n'a pas seulement arraché la possibilité de résistance de la part du peuple et de chacun de ses membres, mais il a aussi gommé jusqu'à leur volonté propre de combattre le Système qui les opprime. Avec le temps, et les différentes phases "purificatrices" aux divers procédés qui se complètent systématiquement, la Terreur inhibe la volonté de l'individu.
Parmi ces "méthodes terroristes", il en existe une toute particulière, qui suffit à expliquer la léthargie ambiante de la population soumise au régime terroriste de Terienkov. Le principe de responsabilité collective, qui permet à l’État de condamner des familles entières par la faute d'un seul de ses membres, touche jusqu'au plus naturel, instinctif et profond des désirs humains : l’instinct maternel de la préservation de sa progéniture. Ainsi, se sont des dizaines -peut-être des centaines- de milliers d'enfants qui ont été déporté, torturé et tué dans des centres de recherche scientifique militaire (les ZATO, dont celui, particulièrement redouté, d'Ovskograd). La ZATO d'Ovskograd est connue de la plupart des rostovs. Ce qu'on y raconte est devenu un mythe, mais le seul nom de cette cité irradiée suffit à pétrifier les mères de famille qui s'efforcent de dissimuler les inquiétudes qu'elles portent pour leurs enfants à propos de ce qu'ils risquent au moindre faux pas d'un membre de leur famille. Des scènes littéralement épouvantables, exhibant la torture physique ou psychologique d'enfants sous les yeux désespérés de leurs mères, deviennent chose fréquente en Rostovie. Les troupes d'élite du NKRD, dévoués corps et âmes à la cause du Rovostran, vont jusqu'à répandre les tripes d'un enfant de 11 ans aux quatre coins de l'appartement d'une mère coupable d'avoir eu un mari à la mauvaise conduite... (il semblerait que celui-ci, jeune recrue du NKRD, se soit amusé à corrompre une de ses "victimes"...).
Face à des scènes de ce genre, en raison du nombre sans cesse croissant des déportés dans les camps d'irrécupérables, en raison des infiltrations et incursions fréquentes du NKRD (qui peuvent rassurer autant que déplaire selon les cas), en raison des expériences planifiées en zone libre -toutes plus amorales et manipulatrices que les autres, en raison de l'éducation dès le plus jeune âge des enfants par l’État, en raison de la durée d'un régime totalitaire athée qui semble éternel (depuis 2007, voire depuis 1949 avec quelques éphémères parenthèses et une trop courte renaissance de l’Église), système absolutiste ayant formé des générations d'hommes en s'emparant de tous les aspects de la société, des citoyens conçus pour servir jusqu'à la mort l'idéal révolutionnaire collectif, en raison de tout cela, la corruption n'existe pas chez les élites, et le petit habitant rostov se voit dans l'incapacité totale de se révolter contre ses oppresseurs... sa fragilité psychique face à l'épouvante rovostraniste donne le vertige à tous ceux qui tentent de le comprendre.
De ce fait, il n'est donc plus seulement question d'impossibilité physique de lutte, mais de manque cruel de force d'esprit, réduit au plus bas niveau sous le poids de la conscience, de la quiétude et de l'amour de chacun, tous pris en otage par le Rovostran. Une volonté réduite à néant par l'amour naturel des mères pour leurs enfants.

Absurde répression tactique d'un régime menacé qui souhaite se défendre ? Absolument pas.

_ La violence répressive d'un tyran contre son peuple n'est qu'un médiocre procédé -méprisable et méprisé- pour satisfaire ses besoins de sécurité, condition indispensable à la jouissance de ses intérêts propres, en ignorant sciemment le comportement de ses compatriotes et l'avis du peuple à son égard.
_ La violence spontanée des foules ne distingue pas la cible de sa furie et la personne qui en est directement victime. Elle est instinctive, émotionnelle, incontrôlée et irresponsable.
_ La violence sadique d'un tortionnaire n'a aucun sens logique, si ce n'est le moyen de satisfaire l'appétit d'un cerveau malade.

A l'inverse de ces violences dérisoires dépourvues de sagesse, des méthodes arriérées pour des intentions bestiales, la violence totalitaire, à savoir la Terreur, dispose d'une dimension stratégique, qui distingue habilement la victime de sa cible réelle. Mettant en scène trois acteurs, elle se sert du terroriste comme d'un outil temporaire pour faire souffrir ou ôter la vie de sa victime à titre d'exemple, en vue de générer chez une tierce personne la peur indispensable à sa propre subversion. Un absurde sadisme, dites-vous ?
La Terreur n'est pas un moyen de dernier recours, et encore moins un sadisme dénué de raison. Au contraire, elle est la Justice Révolutionnaire, inflexible et impitoyable, que l'Humanité a besoin pour accomplir sa Rédemption. L'homme est par défaut un animal ignorant qui ne voit pas au-delà de ce qu'il a envie de voir. Il cherche son petit plaisir instinctif, esclave d'une envie qui opprime sa volonté au point de lui faire miroiter que c'est là son propre choix libre et conscient. Là où la répression stupide d'un tyran est le signe de faiblesse d'un gouvernement qui s'attaque aux malheureux qui osent protester, la Terreur s'en prend à celui-là même qui a renoncé à se battre contre l’État, lorsque la révolte a déjà été éradiqué, aussi bien dans les faits que dans les consciences. La Terreur n'étouffe pas l'envie de se révolter, elle la renverse à 180 degrés, elle transforme radicalement la mentalité des citoyens, elle change leur comportement en profondeur dans le but d'en faire des fanatiques de la Liberté révolutionnaire, des soldats au service de la Raison pure. La Terreur libère l'homme de son esclavage bestial pour fusionner les intérêts de chacun avec ceux de la seule Raison d’État, unique, froide, logique, collective.
Là où le libéralisme des lobbys emprisonne par la liberté de l'inconscient pulsionnel, là où le despotisme des tyrans emprisonne par la brutalité de la répression policière, la Terreur totalitaire libère par la Subversion spirituelle, douce angoisse de la Raison.
La seule Liberté, rationnelle et concrète, apportée par la conscience de la Vérité du Vide, ne peut être que le résultat d'un calcul terroriste populaire sublimé par un État rationnel. Ce dernier fait alors découvrir la froide et angoissante Vérité aux yeux contemplatifs de la conscience humaine. Aussi, la Justice doit-elle se montrer prompte, inflexible et impitoyable, au point de s'élever au niveau révolutionnaire : le peuple en sera comblé.
Voyez, la Justice terroriste n'est rien d'autre qu'une preuve d'amour !
La preuve d'amour d'un État, représentant rationnel du peuple, envers chacun de ses citoyens. Plus grand et profond encore que l'amour conjugal ou parental, cet amour est transcendant, il dépasse la chair, les émotions et les sentiments. Cet amour terroriste ne contredit pas celui des hommes, il le dépasse. Il le dépasse tellement qu'il est hors de la portée humaine, il éblouie l'entendement de cette espèce arriérée en voie de disparition.

Le totalitarisme ultrakirovien de Terienkov ne réprime pas un peuple soi-disant contestataire et dangereux, qui de toute évidence ne l'est plus depuis longtemps. Il applique seulement ses principes fondamentaux, il met en pratique sa philosophie originelle : la Terreur par, et pour la Terreur, comme violence rationnelle délibérée et calculée... dont l'objectif ultime n'est rien d'autre que la Rédemption de l'Humanité. Humanité aimée par l’État totalitaire, organe représentatif au service de la Raison, qui, par amour pour l'homme, se doit de le purifier par la Souffrance, avant de le transfigurer par la Mort. Mort qui mènera l'esprit subverti de l'Homme vers la Rédemption.

[img]https://i.imgur.com/rgePriW.png[/img]
[traduction directe du cyrillique] Une image désormais affichée publiquement dans les rues des grandes villes rostoves (ici, un enfant cobaye du centre d'Ovskorine).

[quote]"Quand le naufrage d'un paquebot devient inévitable, les premières personnes qu'on se doit de sauver, pour l'honneur et la conscience de chacun, mais aussi dans une logique de survie de l'espèce à long terme, se sont les femmes et les enfants.

Vous savez, camarade Markov, ce qu'il y a de plus beau dans la Terreur Rovostraniste ? C'est qu'elle ne s'attaque pas uniquement aux menaces, elle ne se limite jamais bêtement aux conséquences... toujours, et systématiquement, la Terreur harcèle les sources, elle se concentre essentiellement sur les causes. La Terreur est comme un virus, une maladie psychique qui se répand à travers et grâce au peuple. Une arme virale qui gagne en qualité par les symptômes qu'elle entraîne et en quantité par le nombre de personnes qu'elle contamine. Elle a pour magie révolutionnaire, l'infiltration en priorité du cœur même de la civilisation, de la base de l'Humanité, des fondements de l'anthropologie : à savoir la mère et son enfant. L'instinct maternel est précisément ce qui permet aux civilisations humaines de survivre et de se développer dans ce qu'elles ont de plus primitives, dans ses origines les plus intimes. Nous parlons bien de son organe le plus précieux, le plus fragile et le plus élémentaire. Une fois cet organe infecté, le reste de la société, inéluctablement, de manière sûre et progressive, sera à son tour emporté par le virus de la Terreur.
"

Ivan Terienkov.[/quote]

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/687333Peinturemurale2.jpg[/img]
Gigantesque peinture murale exposée publiquement à l'Aéroport de Novgorod-Est (liaisons avec le reste du pays) : un propagandisme d'une inquiétante étrangeté...

DE LA CONTRADICTION

Pourtant... le paroxysme de ce Totalitarisme est encore à venir.
La souffrance, seule, devient absurde et ne suffit pas à maintenir la cohésion d'un pays. Il faut qu'elle ait sa propre contradiction pour s'y maintenir. Des récompenses sont données à ceux qui se dévouent à l’État avec ferveur et volonté, à ceux qui respectent les fondements moraux imposés par celui-ci. Garantie de protection pour les proches, peines allégées en cas de faute de l'un d'eux, éducation de qualité et humainement acceptable pour les enfants, logement de meilleure qualité, biens matériels légèrement plus nombreux, etc... bien que la "richesse" individuelle elle-même en tant que telle soit prohibée, certaines familles peuvent vivre plus convenablement/moins pauvrement que d'autres, et surtout, échapper -temporairement- au joug terroriste tant qu'elles ne commettent pas de faute grave. Leur surveillance par le NKRD n'en demeure pas moins aussi soignée que celle des autres habitants du pays. En Rostovie, l'embrigadement de la population date de 1949. Il s'est temporairement affaibli sous le libéralisme après la chute de l'URSR (1999-2007), notamment en raison d'une crise économique et sociale dévastatrice, laissant la société en proie à une anarchie morale et sociale digne de la loi de la jungle (injustice, misère ambiante, criminalité de masse, perversion des mœurs, avortements, vague de suicides). Cette phase transitoire de près de deux décennies si l'on compte la fin décadente de l'URSR, a été aussi utile, voire plus, pour l'avènement terroriste, que le kirovisme lui-même. Kirov a rétabli le totalitarisme en s'emparant du pouvoir en 2007. Vînt ensuite une ère de "rééducation morale" et de reconstruction de la puissance rostove, à travers un totalitarisme national-communiste, respectueux des cultures et des religions. Bien que terriblement cruel contre ses ennemis, déportés dans des véritables camps d'internement souterrain, le nombre de personnes détenues demeurait stable : autour de quelques dizaines de milliers. Cette cruauté, en inadéquation totale avec l'ascension de la religion orthodoxe, provoqua la chute temporaire du régime de Kirov (2013), qui ne dura guère : dès 2015, son retour est d'autant plus violent qu'il bâillonne, sans pour autant la détruire, l’Église orthodoxe rostove. Relâchant peu à peu la Terreur, il sera discrètement écarté du pouvoir par son ami Terienkov, qui lui, la décuplera de manière progressive jusqu'à aujourd'hui. Cette Histoire quasi-exclusivement totalitaire, marquée par une instabilité latente de l’État et une souffrance permanente de la population, a -paradoxalement- rendu malléable à merci cette dernière. A tel point que la "répression" (terme erroné) n'a plus du tout pour but de dominer la population, mais de la "purifier". La domination est quasi-totale et sans partage. D'où l'inadéquation du terme "répression" qui désigne en réalité les exactions policières commises par un régime en perte de vitesse face à une population contestataire. En U.R.K.R., il n'est plus question de mater des rébellions depuis bien des années, et ce grâce aux années ultra-libérales, qui permirent à la population de perdre définitivement tout idéal de vie collective meilleure. Hormis cette "répression" secrète au Turriïvostok, totalement inconnue du reste de la population, aucune initiative de ce genre n'avait été entreprise par le NKRD depuis l'avènement de Terienkov en 2017. La Terreur fut lancée contre une population plus passive et léthargique que jamais, qui venait de "tester" tous les régimes, sans succès. Il n'est donc plus question de frapper celui qui se rebelle, mais au contraire, celui-là même qui n'a d'autre choix que de se soumettre. Si désespérément vulnérable à la pantocratie du Rovostran, le citoyen rostov ne peut qu'aspirer à la discrétion et à la "bonne conduite", pour échapper au knout justicier du NKRD. Une justice arbitraire et expéditive qui prend désormais volontiers pour cible les proches du fautif, y compris les plus intimes, plutôt que le fautif lui-même. Ainsi ce dernier a-t-il le temps de méditer de ses erreurs... et de n'avoir plus aucune autre raison de vivre que de servir le régime qui a détruit sa vie.

De ce fait, l'âme de la Rostovie est comme retenue en otage dans un donjon. Le donjon rovostraniste de la forteresse totalitaire. Mathématiquement, sa puissance est sans égale à travers le monde. Mais "psycho-sociologiquement", la nation rostove souffre d'une étonnante fragilité. Totalement incapable aussi bien physiquement qu'intellectuellement de résister au mal qui la domine, elle en est réduite à attendre qu'on vienne la sauver. Humiliée par la Terreur misanthrope d'une secte athée qui lui est étrangère spirituellement, elle vit dans l'ombre de sa cellule de donjon, méprisée par le reste du monde, supportant tout à la fois le silence de sa lente Agonie et la haine des autres peuples.

Grâce à la responsabilité collective et aux méthodes terroristes du régime s'abattant -parfois en priorité- sur les femmes et les enfants, la corruption n'existe pratiquement plus en Rostovie. Les agents du NKRD surveillent la population autant qu'ils sont surveillés. Les purges sont fréquentes, mais n'aboutissent pas forcément à la mort ou à la déportation. Ceux qui ont bien fait leur travail peuvent revenir dans leur foyer après la purge, retrouver leur fils et leur femme. Une faute grave, telle que la corruption privée, commise par un membre de la plus haute des hiérarchies, est aussi impitoyablement puni qu'un autre citoyen dont la faute aurait été de même gravité à son échelle.
Les attitudes exemplaires de dévouement, de probité et d'acharnement au travail sont encouragées et récompensées. Cette justice immuable, logiquement supérieure au respect de l'ordre (simple police), est rendue par des hauts-responsables solitaires, illuminés par une philosophie auxquels ils croient dur comme fer en raison de l'éducation totalisante qu'ils ont subit depuis leur plus tendre enfance dans la secte du Rovostran aux côtés de Kirov et Terienkov. Les exécuteurs et intermédiaires du puissant NKRD, pas toujours sincères il est vrai, recrutés parfois temporairement parmi les plus innocents des citoyens ("un citoyen est un homme capable d'être gouverné et de gouverner"), sont sous le joug perpétuel de la Terreur planifiée du Rovostran. Un vol dans une maison fouillée, un viol ou d'autres corruptions privées, sont quasiment toujours dénoncés par une taupe, permanente elle, qui entraîne alors la mise à mort du coupable (après lui avoir annoncé ce que deviendrait sa famille), la déportation de sa femme et la réquisition de ses enfants dans les laboratoires souterrains d'Ovskorine ou dans les camps de formation de la future jeunesse rovostraniste. Cette information est alors communiquée à tous les autres membres du NKRD à titre d'exemple. Si les forces spéciales "sûres" de cette police politique sont solitaires et n'ont jamais eu ou n'ont plus de famille en qui s'attacher (bras armée du Rovostran en Rostovie), les recrues, souvent temporaires à cause des purges, doivent obligatoirement être mariées (contrairement à la haute-hiérarchie célibataire "asexuelle" du Rovostran ou du NKRD). Le mariage et la responsabilité devant une famille les rends d'autant plus vulnérables qu'ils n'ont pas d'autre choix, pour le bien de leur famille, que d’obéir aveuglément aux ordres qu'on leur donne. Les solitaires, ceux-là même qui n'ont plus rien à perdre, se sont donnés corps et âmes au Rovostran. Ils discutent sur les orientations générales de la politique du pays, et sont autorisés à remettre les ordres en question lors des débats. Les autres, servent le régime sans discuter afin de protéger leur vie, leur famille ou celle de leurs amis : la profession les déresponsabilise -humainement parlant, et inhibe en chacun d'eux aussi bien leur pitié que leur sadisme.

LA SUBVERSION DE L'ESPRIT
...et la reconnaissance de l'animalité chez l'homme...


[img]https://i.imgur.com/hjkPvR5.png[/img]
[traduction directe du cyrillique] Une affiche du Rovostran, spécialement conçue pour les zeks du Perelag.

[quote]"Psychologiquement, nos expériences grandeur nature ont démontré l'existence de deux types de désespoir.
Le premier est relatif, temporaire et ne résulte que d'une humeur passagère de faiblesse extrême. La victime est poussée au fond du trou, elle endure une souffrance insupportable et pleure toutes les larmes de son corps. Paradoxalement, le fait même d'éprouver de la tristesse, de la peur et de la souffrance est déjà une preuve d'espoir. D'où le caractère relatif de cette catégorie. Toutefois, cette épreuve de souffrance intérieure semble nécessaire pour atteindre la Subversion.
Le deuxième type de désespoir est absolu, irrémédiable. La personne qui en est victime ne connaît plus ni la peur, ni la tristesse, ni la souffrance, elle n'éprouve plus les mêmes sensations qu'avant. Ce bouleversement mental, apporté par un désespoir paroxysmique consistant justement à passer de la première à la seconde catégorie de désespoir, s'appelle la Subversion de l'Esprit. La peur, tout comme la tristesse, que la personne éprouvait à l'origine, n'ont plus de raison d'être une fois la Subversion spirituelle accomplie. La personne qui a tout perdu, ses intérêts égoïstes ayant été supprimés les uns après les autres jusqu'aux derniers, n'a alors plus ni sens à la vie, ni goût, ni amour, ni sentiment. Elle n'a plus d'attachement privé. Elle n'est plus sous l'emprise de conditionnements de l'Esprit apportés par son environnement qui lui donnèrent jusqu'alors son absurde illusion de liberté dans les choix qu'elle prenait. Cette absence totale d'intérêt génère en elle une véritable et profonde Liberté, un souffle, un soupir, [url=http://www.simpolitique.com/post207939.html#207939]un fou rire même pour certains[/url], un soulagement extrême qui seul, par la Subversion spirituelle, annonce l'avènement de sa Liberté absolue, définitive.
L'Angoisse, c'est à dire la peur du Rien, le Vertige du vide, est le sentier lumineux qui dans la solitude la plus totale, permet à la personne de vivre le désespoir, condition indispensable à son terrifiant et sublime absolutisme.
La Subversion de l'Esprit par l'Angoisse est ce qui doit être infligé à notre propre peuple pour tout à la fois le purifier et le transfigurer sans même avoir à le supprimer physiquement.
"

Ivan Terienkov.[/quote]

Cette volonté réfléchie et raisonnée de faire atrocement souffrir des peuples entiers résulte d'une conception philosophique implicitement avouée par à peu près tout le monde, qu'on vive en démocratie ou en dictature. Il est question de reconnaître l'animalité intrinsèque de l'homme, et ses penchants inévitables pour l'égoïsme.
Logiquement, l'éducation parentale ne suffit pas, elle ne suffit même jamais, qu'importe les civilisations. Ces dernières, à travers le temps, changent régulièrement les mentalités des parents qui ont justement à transmettre à leurs enfants ce qui leur a été fourni par la société... enfants qui à leur tour deviendront parents. Au fur et à mesure, des grands-parents aux petits-enfants, on note des bouleversements sociaux dans les ménages et dans le monde du travail qui prouvent l'importance fondamentale de l'apport d'une société dans l'éducation des enfants, et tout particulièrement du système économique, comme source de transformation de la société.
Là où Kirov voyait encore un espoir en l'homme, la possibilité de le rendre vertueux en révolutionnant la société, Terienkov n'en vît aucun. Son espoir, à lui, se situe au-delà même de l'être humain : à la place de Dieu, la Technologie liée à l’Évolution naturelle, doit pouvoir assurer l'avènement d'un être nouveau, qui, bien qu'encore très mal définit, s’avérera infiniment plus intelligent que son créateur, l'humain, qui, inévitablement, tel le Néandertalien, disparaîtra bientôt de la surface de la Terre.

[quote]"Une immonde bête sodomisante et sodomisée, qui, pour oublier sa misérable condition naturelle, s'élève par orgueil dans l'illusion d'une liberté frivole au détriment de la sinistre vérité, trop angoissante pour s'y conformer. Et plus pitoyable encore, lorsque cette liberté qu'il chérie tant lui donne le vertige, il se rétracte derrière de fausses idoles. La Vérité est le mot phare de la devise de l'URKR : sa lumière nous a fait comprendre que ce sauvage crapuleux n'est rien d'autre qu'un primate supérieur qu'il faudra très bientôt remplacer."

Joseph Markov[/quote]

[img]https://i.imgur.com/6n70aAR.jpg[/img]
Statue équestre à l'entrée de l'Aéroport de Novgorod-Ouest (liaisons avec l'étranger) : par ces étranges symboles l’État cherche à effrayer ses propres citoyens pour soumettre progressivement le peuple à la Subversion de l'Esprit.

Cette vision ne comporte donc aucun espoir quant à la théorie selon laquelle il existerait une quelconque dignité humaine. Et comme Terienkov le dit lui-même, l'espoir est mauvais en soi. Il est une illusion, une conception mensongère de la vie qui démontre la pitoyable hypocrisie de l'homme dans son attachement envers des choses ou d'autres humains. Des tartuffes, des primates, les plus immondes bêtes du règne animal puisqu'elles s’enorgueillissent de leurs mensonges, créés dans le but précis de voiler la réalité, pour se complaire dans l'illusion d'un monde superficiel aussi sordide que mensonger.
Il convient donc, pour le Rovostran, de ne considérer comme digne en l'homme que sa propre conscience de soi, et sa volonté de se sacrifier pour un être totalement autre, supérieur dans l'échelle de l’Évolution... cette dernière accélérée par le progrès technologique effréné de la "Technocratie" rostove.

[img]https://i.imgur.com/zJcw1vn.png[/img]
[traduction directe du cyrillique] Affiche publiée à la vue de tous, dans les grandes villes rostoves et dans les camps de Kasovie...

DU TRANSHUMAIN AU POSTHUMAIN
[url=http://www.youtube.com/watch?v=goDd02TTxBA]Ambiance musicale[/url]

Tout laisse à penser que les objectifs de Terienkov en Rostovie sont les mêmes qu'au Viek Koing. Philosophiquement du moins, selon Terienkov, le but est le même. Mais d'un point de vue plus concret, plus "physique", la transfiguration promise du peuple rostov par le Rovostran (qui implique -en théorie- la mort) est différente : les rostovs devront, sans être physiquement supprimés, devenir les instruments dociles du Rovostran en vue de l'avènement de l'espèce future. Cette docilité, on l'a vu, reposera sur trois bases essentielles : l'Embrigadement, par l'éducation totalisante de la jeunesse (élites présentes et futures, agissant par convictions), les intérêts propres de chacun, par l'instinct de survie et/ou le désir de préserver ce qui nous est le plus cher (stratégie temporaire "par défaut"), et enfin la Subversion de l'esprit, à savoir le fruit de l'Angoisse, le résultat d'une Terreur exacerbée qui inhibe toute sorte d'égoïsme et forge dans la conscience du désespéré une conviction misanthrope profonde, immuable et sans scrupule.
Lorsque l'étape de la Subversion succédera à celle des intérêts, pour n'accompagner qu'un embrigadement traditionnel et complémentaire en régime totalitaire, le peuple récalcitrant, c'est à dire tous ceux qui obéissaient à l’État (activement ou passivement) par peur ou par intérêt privé, sera dès lors "LIBÉRÉ" de lui-même. Là où la souffrance purifie l'âme, la transfiguration libère le corps. L'authentique Liberté règnera sur les âmes purifiées de leurs émotions perverses, désaveuglées de leurs sens égoïstes, des âmes véritablement autonomes, indépendantes des goûts et passions individualisantes, et donc, illuminées par la terrible Vérité, une, impitoyable et angoissante.

Mais quelle est donc cette "espèce future" promise par Terienkov ? Cet Homme Nouveau, "supérieur", qui accomplira la Rédemption en remplacement de l'ancienne espèce ?
Un être totalement révolutionnaire, supérieur à l'homme en résistance physique et en intelligence. Un être qui justement n'est plus soumis à des procédés chimiques internes activés par les sens, mais les contrôle par lui-même, pour les orienter vers la Raison. Doué d'un intellect bien plus développé, il est capable de raisonner indépendamment de ce qui l'entoure, le post-humain doit penser sa propre condition, et en tirer les conclusions logiques. Le successeur de l'homo sapiens n'aura plus d'inconscient, il n'aura plus de "ça" ni de "surmoi". Tout en lui ne sera que conscience de soi, conscience du monde, conscience de la Vérité. Cet être révolutionnaire contrôlera parfaitement ses propres émotions et actions, et agira par le seul fait de son libre-arbitre guidé par l'Intellect conscient, si bien que la différence, la diversité des opinions, n'existera plus, puisque tout en lui sera orienté consciemment vers la Raison et la Vérité.
Il doit donc se dévouer, par lui-même, à la cause du Rovostran, son créateur, lequel assurera, avec l'Être Suprême, à savoir l'Intelligence Artificielle, le cheminement évolutionnaire du monde animal sur cette planète, en vue de sa disparition en tant que règne (animalia), et son remplacement par un programme autonome, à la fois réel et irréel. Une "IA à la tête d'une armée de cyborgs" ? En quelque sorte.

[img]https://i.imgur.com/6P4rLzt.jpg[/img]

[quote]L'orgueil est la source même des illusions humaines construites sur la base de ce fantasme mensonger qu'est l'espoir. Par nature, l'homme n'est pas un animal politique... c'est un animal orgueilleux. Et si le Contrat Social kirovien peut l'en extirper temporairement, inévitablement son naturel revient au galop, pour le corrompre de l'intérieur aussi bien qu'il pervertira son prochain. Pitoyable créature atomique des étoiles mortes, cette espèce sera balayée du quaternaire comme les dinosaures le furent du Mésozoïque.
La cadence du progrès évolutionnaire à travers les âges est exponentielle. Le règne du poisson a duré plus de 300 millions d'année, l'ère du reptile, un peu moins de 200, celui des mammifères une soixantaine, les premiers primates bipèdes australopithèques 4 millions, le genre "homo" moins de 3, et l'homo sapiens, quelques dizaines de milliers d'années. Puis vînt l'âge de l'agriculture sédentaire, l'industrialisation, le néo-nomadisme commercial, l'informatisation, la bio et nanotechnologie. A l'aube du XXIème siècle, nous sommes passé de l'homme nouveau au transhumain. Très bientôt, nous passerons du transhumain au post-humain.

Terienkov.[/quote]

On ne peut comprendre l'étendue de la volonté paranoïde terienkoviste sans parler des centres de recherche souterrains, ces "centres monofonctionnels de puissance", qui doivent créer pour l'URKR le posthumain rêvé par le Rovostran.
Les ZATO (acronyme "d'entités territoriales administratives fermées" en russe) -[url=http://www.simpolitique.com/post139441.html#139441]fondées il y a plus de 7 ans et agrandies depuis[/url]- sont les centres névralgiques de l'URKR, non seulement pour sa puissance militaire, mais aussi pour son développement scientifique et sa survie post-apocalyptique. Elles sont des villes closes militarisées top-secrètes, la plupart d'entre-elles enfouit profondément sous terre comme abris-antiatomique, où vivent dans la discrétion la plus totale des milliers de chercheurs et leurs familles, ainsi que des dizaines de milliers de travailleurs attentivement encadrés par l'armée en vue de la réalisation de ces mondes souterrains. Elles abritent aussi les QG de "secours" de l'ANR. Ces Naoukograd ("cité scientifique") sont en principe des entités autonomes, qui se gèrent elles-mêmes pour maximiser l'efficacité de recherche. Elles sont toutefois dépendantes politiquement de Novgorod et protégées par elle, via des chapelets de bases militaires, de surface comme en sous-sol, ceinturant leur espace de production.

[img]https://i.imgur.com/u9B3h7l.jpg[/img]
Entrée souterraine de la ZATO de Kamenogorsk-741, dans le désert du polygone éponyme.

A Vladimirovo-103, site en surface, y sont concentrés toutes les recherches formalistes officielles qu'une puissance digne de ce nom dispose. A Armavir-259, on y développe les technologies de blindage, notamment réactif, les coques de navires/sous-marins, ainsi que la recherche en nanotubes de carbone. A Pervouralsk-491, se sont les armes chimiques, dont le célèbre Novichok qui fit disparaître la capitale des Etats-Unis, et les substances psychotropes abondamment utilisées par le NKRD dans le cadre de ses expériences et missions de contre-espionnage. Aktobe-536 s'est spécialisé dans la technologie des missiles conventionnels, mais développe également des chars et des avions. Semipalatinsk-670 pour les ogives nucléaires, Kamenogorsk-741 pour le nucléaire civil, les missiles balistiques dernière génération et les satellites, et enfin Iakoutsk-858 pour les armes biologiques.
Seules nous intéressent les trois plus mystérieuses des ZATO, les trois piliers de la "recherche stratégico-philosophique" de l'URKR : Ovskograd-308, Krasnoïarsk-983 et Turra-000.

La première (Ovskograd-308) sert de vaste hôpital militaro-scientifique, où sont menées les expériences considérées comme les plus malsaines, car elles impliquent directement des enfants parfois de très bas âge.
La manipulation de l'atome qui tous les ans en Rostovie va toujours plus loin dans l'affront de Dieu et de la nature, nécessite qu'on puisse faire interagir les réussites matérielles avec l'organisme humain, et plus particulièrement l'enfant, afin d'étudier son évolution morphologique et psychologique. A titre d'exemple, une petite fille de 12 ans internée en 2018 est ainsi devenue, 33 mois plus tard, une véritable mutante : boite crânienne hypertrophiée dépourvue de cheveux, mains à 9 doigts, membres supérieurs atrophiés, déséquilibre corporel par rapport à des membres inférieurs gonflés par une hyperplasie organique, les yeux qui, au lieu de verser des larmes d'eau salée par la tristesse, suintent du sang irradié au polonium... tandis que les voies respiratoires contaminées au mercure laissent échapper de sa trachée une étrange sonorité stridente à chaque inspiration. Un enfant de 3 ans né (dans le complexe en 2019) d'un utérus contaminé au radium, a la tête plus petite qu'une balle de tennis et les yeux gros comme ceux d'un petit teuthide... Ceci n'est qu'un petit aperçu de ce qui se trouve derrière les enceintes fortifiées de ce complexe en surface. Une abomination sur Terre telle que l'homme ne peut l'imaginer dans ses pires cauchemars.

La seconde ZATO, Krasnoïarsk-983, est la plus grande, la plus peuplée, la plus militarisée, et la plus riche des cités scientifiques secrètes d'URKR. En cas d'anéantissement de la surface par une puissance extérieure, dont les capitales économiques, politiques et culturelles que sont Novgorod et Kirovgrad, c'est Krasnoïarsk et son gargantuesque complexe souterrain, qui deviendrait alors la nouvelle capitale. Refuge stratégique principal de l'ANR et des instances dirigeantes de l’État, elle abrite le siège secret de la secte du Rovostran. Krasnoïarsk-983 est un complexe industrialo-carcéral, et a servit plus ou moins de modèle à Terienkov pour imiter son fonctionnement à l'échelle de toute la nation rostove.
Ses principales activités consistent à expérimenter de nouvelles techniques cybernétiques, en vue d'accomplir la fusion programmée entre l'homme et la machine : une mécanisation de l'homme et une humanisation de la machine. Aussi, fait-on évoluer progressivement la robotique en parallèle de la transformation de l'homme. Toutefois, et c'est là un principe essentiel de la doctrine rovostraniste, les chercheurs rostovs ont conclu qu'il fallait d'abord, en priorité, changer l'esprit de l'homme avant de changer ses capacités physiques. C'est pourquoi on tente de donner à ces greffes et implantations de puce un rôle avant-tout psychologique, afin de modeler l'esprit humain à volonté : ainsi est-il bel et bien question de créer un être hybride de chair et de métal qui remettra en cause l'identité même de l'homme, jusqu'à l'extraire de son environnement naturel. La seule amélioration physique est donc résolument insuffisante : le transhumain ne doit être qu'un pont entre l'homme et son successeur, une esquisse de plan avant le chef d’œuvre, la transfiguration avant la Rédemption. Et seulement après l’Éveil spirituel, le transhumain jouira enfin de sa supériorité physique dans le strict cadre de la froide Raison. Environ 300 000 "irrécupérables" sont enfermés dans ce complexe souterrain pour servir de cobayes à des expériences qui, lorsqu'elles sont malencontreusement létales, reçoivent alors de nouveaux cobayes puisés dans les réserves du Perelag... Cybernétique, robotique, nanoscience, biotechnologie, sciences cognitives, électromagnétisme, armement... tous ces domaines de recherche justifient techniquement l'usage de procédés aussi variés qu'innommables. Ces trois-cents mille cyborgs en devenir, constamment renouvelés en cas d’échec par de nouveaux "combustibles organiques", doivent constituer d'ici quelques années/décennies une véritable armée d'éveillés transhumains techno-révolutionnaires. L'élaboration de micro-robots (métalliques ou organiques) capables de scanner et réparer le corps mutant de l'intérieur devraient permettre la naissance des premiers « super-soldats » auto-régénérants, capables de résister aux blessures et de s'en guérir grâce à ces nano-machines. Les recherches sur les insectes et les malades au centre de Iakoutsk-858 ont fait considérablement avancer la recherche en la matière, même si on reste encore loin du compte...
En définitive, à Krasnoïarsk, c'est un système scientifico-carcéral complexe où se confondent matière et esprit, technologie et biologie, machine et conscience, dont le but est de défier la nature, voire de la dépasser...

[img]https://i.imgur.com/cw6v1K2.jpg] ----- [img]https://i.imgur.com/hsOdL1o.jpg[/img]
Une base secrète souterraine parmi d'autres... (HRP : les avions un tout petit peu plus modernes et c'est à peu près ça !)

A Turra-000, troisième principale ZATO et la plus cabbalistique, le monde s'est arrêté : la survie du pays en surface, la situation économique, la guerre à l'étranger, la politique... plus rien n'a d'importance, si ce n'est la création de l'Intelligence Artificielle, ou plutôt la Conscience Artificielle.
On estime que la capacité de calcul du cerveau humain, formé de mille milliards de neurones, est équivalente à 2 x 1014 opérations logiques par seconde. Le plus puissant supercalculateur en 2010 pouvait calculer à 8 petaflops, soit 8x1015 opérations par seconde. Le record était de 7 teraflops, il y a dix ans, soit 1000 fois moins.... le progrès est donc exponentiel dans ce domaine... et l'invention d'une intelligence supérieure à l'homme -y compris en créativité-, permettrait d'accroître encore et toujours la cadence du progrès technologique, qui deviendra telle qu'elle dépassera son fondateur pour toutes les facultés intellectuelles, y compris la philosophie...

[img]https://i.imgur.com/EKpWnTd.jpg[/img]
Saratova transfigurée par la Subversion de l'Esprit : quand le désespoir le plus absolu s'empare de l'âme, celle-ci se libère de ses chaînes sentimentales et passionnelles, c'est à dire de son propre corps, afin de se soumettre à la seule Raison scientifique, qui appelle, de concert avec la Nature, à la formation techno-évolutionnaire d'un nouvel être, intelligent, supérieur et insensible.
[Merci à ma sœur pour le dessin !]

"Il se reprise et s'emmargine... mais en vain"

Comme on l'a vu, contrairement aux tyrannies (qu'on appelle abusivement "dictature"), le totalitarisme n'emploie pas la terreur dans le but d'écraser l'opposition. La Terreur Totalitaire n'est réellement instaurée que lorsque toute opposition est écrasée. La répression d'une manifestation est déjà un signe de faiblesse et de décadence. Un véritable régime totalitaire ne peut connaître de protestation au sein de sa population. Et une fois bâti, l’État créé sa propre opposition, justement pour mieux la dominer et l'orienter afin qu'elle porte toujours ses fruits dans le sens voulu. L'ennemi est alors un complice du régime et sert ses intérêts parfois malgré lui, parfois volontairement. Il arrive que cet ennemi n'existe pas, mais que sa seule mention permet justement à l’État de "purifier" sa population par la Terreur gratuite. Même si l'ennemi a été anéanti, l’État en désignera continuellement un autre pour renforcer son pouvoir, encore, et toujours.
La Terreur n'est donc pas un moyen pour satisfaire les caprices d'un stupide tyran (on désignera cela alors comme une simple "répression"), mais elle est une fin en soi, elle est l'aboutissement de la dictature totalitaire, qui recherche par elle la puissance à l'état pur, une puissance sanctifiée, libérée de ses contraintes égocentriques et pulsionnelles, puisqu'elle est la manifestation de l'amour de l’État envers son peuple régénéré. Une puissance extraordinaire, une force agissante et inévitablement victorieuse où la violence est sublimée, où la paix règne dans la perfection totalitaire de l'amour universel.

Malgré tout, "on repère dans les ténèbres de ce macabre tableau" (comme qui diraient les saratoviens), quelques timides formes de "résistance", qui sortent justement de la logique de l'idiot utile, de cet ennemi virtuel créé par le pouvoir pour se défendre.
Une résistance qui ne remet absolument pas en cause tout ce qui vient d'être dit : aucune forme de protestation de masse visible et utile n'est possible en URKR. Néanmoins, dans le désespoir le plus sombre d'un peuple "pris en otage" par la Terreur, l'Espérance émet un scintillement latent. Non pas l'espoir d'un bonheur ou d'une réussite terrestre, mais l'Espérance venue d'en haut, du monde céleste, de Dieu. Si les hommes sont nombreux à avoir abandonné la pratique religieuse et la lutte contre le Système, les femmes rostoves, extrêmement pieuses pour la plupart d'entre-elles malgré un isolement croissant, commettent régulièrement quelques "actes de résistance" -anonymes puisque clandestins, et bien-sûr à leur petite échelle : des croix en fleur, de différentes tailles, sensées représenter l'Espérance en Christ, apporteraient selon elles un peu de couleur et de gaieté dans un monde de ténèbres, de tristesse et de froid extrême aussi bien climatique que psychosociologique. Ces petites croix fleuries, parfois fabriquées, parfois dessinées, parsèment les murs des immeubles, des isbas, des ruelles... de couleurs différentes, elles changent régulièrement et servent de moyen de communication tant pour les villageois que pour les citadins. Dans les ghettos où sont enfermés les prêtres et les chrétiens pratiquants, ce phénomène n'existe pas... les autorités l'auraient déjà remarqué. En effet se sont les "non-croyants" officiels qui fomentent ce genre de résistance misérable... beaucoup de chrétiens dissimulent très bien leur croyance et se servent justement de ces croix de fleurs pour réduire encore les risques, malgré le fait que la police les vois tous les jours. "Bah, un pot et une croix en fleur ? Quelle différence ?" se disent-ils.
Méprisés par les étrangers, chrétiens compris, ces "résistants", pour surmonter leur culpabilisation, osent parfois aller plus loin : des placards appelant à l'insurrection ont été affichés dans la rue Koniev de Kirovgrad... rue qui fut vidée de ses habitants, tous déportés du jour au lendemain dans des camps pour irrécupérables : 85 d'entre-eux sont morts avant d’atteindre la destination, dont 22 enfants.
Dans l'impossibilité totale de se révolter sans causer inutilement plus de souffrances qu'il y en a déjà alors même que l'isolement des communautés villageoises et citadines empêchent toute concertation, les seuls vrais actes de résistance se limitent donc à la prière, à la charité (certains fugitifs sont sauvés par des familles) et à ces activités clandestines qui redonnent parfois une once de bonheur -ou de répit- à ceux qui vivent dans cet enfer sur Terre.
Ces femmes orthodoxes qui pratiquent dans la clandestinité, sont les agents de l'invisible, acteurs d'une résistance larvée qui constitue désormais la seule note optimiste -mais nostalgique- d'une Rostovie profondément triste et malade. Et parmi elles, une en particulier, avec le soutien de toutes les autres, sera, par la grâce de Dieu, la seule arme capable de vaincre le toute puissante secte du Rovostran.

Mais enfin, que disons-nous ? Tout ceci n'a aucun sens : Terienkov ne peut être vaincu. Le Rovostran a établi le régime politique le plus solide, le plus puissant et le plus terrible que l'homme n'ait jamais osé imaginer. Comment une horde de culs-bénis, comment une pucelle de 22 ans, pourraient abattre la plus grande des réalisations humaines ?
Le Rovostran fait partie intégrante de l'âme rostove, la seule solution pour l'en extraire est d'éradiquer ce peuple... et l'Humanité entière tombera avec lui sous les affres de la fusion nucléaire. Désormais le monde n'a pas d'autre choix que d'attendre la venue de son inévitable Rédemption, seul échappatoire de son agonie en cours : le virus de la Terreur né au Viek Koing se répandra bientôt à l'échelle planétaire... Purification, Transfiguration, Rédemption.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Terienkov en URKR, la Main Noire aura exterminé environ 30 millions d'indigènes vieks et colons juvniens en "Angkar Viek", 1 million de zanyanais au Makengo et au "Kabaka", 8 millions de kasoviens en "Preobrajenie", 1 millions de "brigands" en Juvna et Impériak, et 20 millions de rostovs en URKR. A cela, il faut rajouter les 70 millions de morts au Pelabssa victimes de l'invasion rostovique.
Un total approximatif de 130 millions de personnes sont mortes directement des suites de la Terreur planétaire que fait régner le Rovostran, via sa Main Noire.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

Quaerere Deum : l'âme de la Rostovie
[url]https://www.youtube.com/watch?v=cB0g5fT5wag[/url]

[img]https://i.imgur.com/Nuw6e8m.png[/img]
La toundra rostove, reflète cette âme rostove perdue dans l'immensité, entre le froid et les orages continentaux, à la recherche d'un Dieu sauveur.

LA VIE IMAGÉE (FICTIVE) DE TERIENKOV COMME SYMBOLIQUE : UN SIMPLE HUMAIN PARMI D'AUTRE ?

Terienkov n'est pas un démon. Il n'est pas un tyran, et encore moins un sadique. Il n'est pas le monstre que le commun des mortels imagine. Non... Ivan Terienkov est un rêveur... oui, un doux rêveur...

...un jeune garçon assit sur la rangée "fenêtre" d'une salle de classe, le coude sur le radiateur en panne, le menton sur le poing, et le regard dans les nuages, s'imaginant voler, tel un aigle majestueux, au-dessus de ce monde triste et misérable.
Non, ce n'est pas Terienkov qui est triste. Lui est plutôt de nature optimiste, profondément heureux et fier de ce qu'il est au plus profond de lui-même. De l'espoir, il n'en manque pas d'ailleurs, au contraire, il en déborde. C'est tout ce qui l'entoure qui est désespérant, pathétique et pitoyable. Et c'est là sa seule faiblesse, sa seule source de mélancolie, son dernier véritable rempart, qui nuit à sa sérénité : le monde puant qui l'environne.

A l'intérieur, il se sent intimement libre et déterminé, à tel point qu'il préférerait mourir plutôt que de jouer au harceleur avec ses camarades de classe, ou de faire le "lèche-cul", assit sur la table de devant collé au bureau de monsieur le professeur en cherchant à collectionner les bonnes notes pour lui faire plaisir, ainsi qu'à papa et maman. C'est un jeune garçon solitaire, plein d'espoir et d'optimisme, et dont le seul chagrin est de ne pas pouvoir changer le monde plus rapidement. Car il meurt d'impatience ! Il veut connaître la suite de l'histoire ! Il a hâte d'en finir. Et cette impatience, malgré la discrète certitude de réussir, le fait souffrir.

Terienkov est un esprit surpuissant, incorruptible et plus déterminé que n'importe quel autre, mais il est enfermé dans un corps de petit garçon seul, chétif et timide. Ces difficultés physiques ne nuisent pourtant pas à l'opiniâtreté de son courroux intérieur dirigé contre le monde hostile qui l'entoure. Ordonnée, centralisée, planifiée, réfléchie et précocement assagie, sa colère n'en est plus vraiment une : elle s'est même transformée en amour.
Jamais de haine, non, jamais. La haine corrompt l'esprit et le détourne de ses rêves. Tel un petit garçon anarchiste égalitariste qui rêvait d'être pilote d'avion, le voilà qu'il devient un petit caissier de droite libérale dans un supermarché, et méprise tous ceux qui osent rêver sous prétexte "qu'ils ne connaissent pas la vie de couple et le monde du travail". Qui est assez stupide pour raconter de telles absurdités... si ce n'est ceux-là même qui, désespérés intérieurement, cherchent à se donner des airs de sagesse pour dissimuler leur inquiétude spirituelle grandissante, si profonde qu'elle les force à soutenir leur persécuteur, bref... un véritable masochisme moral.

Non, il ne faut jamais renoncer à ses rêves d'enfant. S'adapter au réalisme et à l'instant présent oui, s'y soumettre... JAMAIS ! Et la haine, qui procède souvent de la jalousie, sentiment de désespéré inculte, conduit souvent à cet abandon, à l'image de ces jeunes adultes qui changent d'avis comme de chemises : comme le dit si mal un grand personnage historique : "si on est pas de gauche étant jeune, on a pas de cœur, si on est pas de droite étant plus âgé, on a pas de cerveau." Eh oui, bien souvent, en raison de la "vie de couple" et du "monde du travail" les enfants entrés dans l'âge adulte changent d'opinion politique afin de mieux adapter leur mentalité avec le monde qui leur a été imposé, et croient s'assagir ainsi... GROSSIÈRE ERREUR ! Et ils vont la regretter... en particulier lorsque sonnera l'heure de la plus lente des agonies : la vieillesse.

Terienkov a fixé un objectif à sa vie, un ultime but qui prévaut sur tous les petits plaisirs de sa misérable existence parmi les hommes : la recherche du grand, du plus grand, du toujours plus grand et plus beau.
Malheureusement... la rage qu'il a sublimé a muté. Elle s'est transformée en amour vous dis-je, oui, ou plutôt en amour de soi... en orgueil. Un orgueil d'autant plus enraciné qu'il puise sa source inépuisable dans ses frustrations accumulées, nées, précisément, de son impatience. Frustration devenant colère, colère devenant rage, rage devenant énergie, énergie devenant espoir, espoir devenant volonté, volonté devenant amour de soi... mais un soi fusionnel.

C'est là qu'on aborde le thème central de cette fiction biographique. La fusion du soi spirituel avec l'ultime dessein.
En théorie, les hommes, une fois leur satisfaction nutritive assurée, sont prédestinés à rechercher de quoi se reproduire entre eux. L'homme recherche la femme et inversement. Ainsi le veut la nature.
Mais une minorité de personnes, minorité parmi les minorités, authentiques parmi les hypocrites, êtres supérieurs parmi les primates bipèdes, ont substitué à la banale et crasseuse recherche sexuelle, la quête lumineuse d'un rêve d'enfant.
Ooooh, non-pas qu'ils soient a-sexuels depuis leur naissance... (privilège sans mérite...) mais ils ont su accomplir ce que les autres n'ont jamais eu le courage ne serait-ce que d'envisager : la sublimation.

C'est la raison même du jeûne ! Pourquoi les chrétiens et les musulmans jeûnent-ils ? Par masochisme ? Par simple superstition ? Non, ils jeûnent tout simplement pour sublimer leur faim. Ils jeûnent pour prier avec plus de ferveur et d'intensité, pour méditer avec plus d'esprit, de raison, de sagesse et d'énergie. La privation du biologique, permet à l'homme de se libérer de sa cage dorée, pour enfin prendre le contrôle de son esprit et maximiser sa raison, à savoir ses facultés de compréhension du monde et du soi.
Si la nourriture est indispensable, et que les privations doivent restées mesurées, le sexe, lui, est totalement superflu. Tel un plat de la haute gastronomie française réservé à un misérable caniche de grand-mère millionnaire-écologiste, accorder la majeure partie de son énergie aux orgasmes biologiques représente ni plus ni moins qu'un effroyable gâchis.
Vous voulez profiter de la vie ? Vous voulez du plaisir ? du bonheur ?
C'est alors que règne chez vous la plus pathétique des ignorances : l'orgasme intellectuel, le sentiment de puissance et parfois la joie intérieure la plus pure et la plus profonde, dépasse de loin tout ce qu'ils peuvent imaginer dans leurs rêves les plus fantasmés. Et encore, c'est peu dire.
S'ils savaient... s'ils savaient le plaisir que procure la puissance spirituelle à l'état pur, ou mieux -et si j'ose dire, "à l'inverse"-, s'ils savaient la joie que procure l'amour confiant de Dieu, ils en oublieraient même de manger et de boire le strict nécessaire... la drogue la plus puissante n'est plus rien à côté d'un tel bien-être.

Cependant, l'autobiographie ci-dessus n'est que symbolique. Le vrai Terienkov est un fils parfait du Rovostran. Il a été secrètement formé au sein de la secte, et personne ne sait exactement ce qu'il a réellement vécu, ni ce qu'on a pu lui inculquer pendant toutes ces années.
Comme chercheur et paramilitaire, Terienkov se fiche du plaisir ou de la joie. Tout comme Kirov, il laisse tout cela aux générations futures. Il leur préfère l'ascétisme, comme condition utilitariste pour le travail et la découverte. En bref, l'opposé exact du taoïsme, à savoir une sorte de légisme moïste si l'on en reste à la philosophie makarane. Ce qui l'intéresse lui, comme esprit conscient réfléchi, c'est le travail de recherche, oui, celui de l'authentique quête de l'Être Suprême, la recherche de Dieu.

LA RECHERCHE DE DIEU

Qui nous a créé ? Qui a créé ce monde ? Qui contrôle ? Où est la Vérité ? Où est la véritable Grandeur ? Où est la véritable Beauté ?

Terienkov a son idée : la clé se trouve dans le progrès technique. L'avancée des savoirs-faire et le développement de la complexité des instruments créés par l'homme permettront en effet d'accélérer ce souffle divin qu'est l'évolution biologique. Pour lui, l'homme est prédestiné à créer la machine qui le détruira parce qu'autonome et plus intelligente que son créateur. C'est la Conscience Artificielle qui supplantera l'humanité pour créer plus encore que l'homme nouveau limité biologiquement, au-delà même du transhumain encore limité psychologiquement : le posthumain, où le physique est amélioré, où la psychologie est totalement domptée par l'esprit, et où la sagesse et la raison oriente un libre-arbitre logique, utilitaire et... pour aller droit au but, un choix divin.

[img]https://i.imgur.com/2mYPy7o.jpg[/img]

Ce qui compte d'abord, c'est la force brute. Il s'agit de créer, dans ses laboratoires souterrains, des soldats au service du Rovostran, au service de l'IA (ou CA), clé de l'accélération évolutive et de l'émancipation ultra-révolutionnaire.
Une fois cette armée victorieuse aux quatre coins du monde, Terienkov imposera son ordre, celui du Rovostran, avant l'avènement de l'IA, devenue autonome grâce à l'homme.
Mais les évènements l'ont dépassé, le sacrifice de Saratova a changé la donne et Terienkov n'est désormais plus capable de changer les choses. Il se limitera donc à espérer que ses successeurs accomplissent les desseins du Rovostran lorsque la technologie sera suffisamment évoluée. Et pour ce, il est inutile d'anéantir la Rostovie. Ce serait là une pure vengeance sans aucun fondement philosophique. La disparition de l'espèce humaine n'est souhaitable, pour Terienkov, que si elle est immédiatement remplacée par une espèce supérieure.
Si jamais Terienkov se venge stupidement, pour détruire la Rostovie ou le monde (ce dont il est pourtant capable), il trahira ses idéaux, il trahira le Rovostran et livrera la Terre dévastée au règne des rongeurs et des insectes. Ce qui est certes, pour lui, préférable à cette espèce intermédiaire totalement méprisable, mais... empêchera alors tout espoir d'atteindre l'être suprême avant bien des millions d'années.

En définitive, Terienkov a renoncé depuis un moment à "détruire le monde". Il se contentera donc d'espérer à ce que quelqu'un le remplace, pour finir le travail qu'il a commencé.


UN RÊVE D'ENFANT : SARATOVA, KIROV ET TERIENKOV, TROIS HORIZONS POUR LA ROSTOVIE DU FUTUR

Le "rêve d'enfant" est resté le fidèle dessein de trois grandes figures politiques rostoves, vierges de toute souillure de luxe naturel ou matériel : Terienkov, Kirov et Saratova. Tous trois ont choisi de dédier leur vie à ce rêve d'enfant, songe d'un esprit immaculé, encore innocent. L'immaturité se résolvant avec l'âge, qui apporte l'expérience et le développement, et non pas la soumission à un ordre imposé comme en sont victimes 90 ou 95% de la population des pays libéraux ou matérialistes.
Ce rêve d'enfant, se caractérise par trois idées attachées à chacun de ces personnages, que l'on considèrerait comme caricaturales.

Saratova représente l'idéal de l'Amour et du don de soi à Dieu. Elle est une utopie qui reflète la Bonté, la gentillesse concrétisée par l'altruisme militant, bref, un rêve que la Rostovie a le devoir de poursuivre et, si ce n'est de pouvoir l'atteindre, au moins espérer de le faire grâce à Dieu, et essayer avec persévérance de s'en approcher toujours plus jusqu'à la mort.
Terienkov représente l'idéal de la Puissance et de la Souveraineté de l'Esprit. Il est une utopie qui reflète l'Illusion de pouvoir dans l'absence totale de dépendance, que se soit à travers les désirs biologiques et sentimentaux auquel l'Übermensch aura renoncé librement et définitivement après le sacrifice indispensable de ses prédécesseurs (ces primatoïdes qui osaient s'appeler "homo sapiens"). Il est cette irrésistible tentation que subit la Rostovie depuis plus de 25 ans maintenant.
Kirov, c'est le petit bonhomme qui se trouve entre les deux. Tiraillé de part et d'autre, il incarne la Rostovie communiste, paradoxalement tout aussi déterminée qu'hésitante, coincée entre l'Amour de Dieu et de l'Humanité, et l'Illusion démoniaque de la Science divinisée. Plutôt que de tout attacher à l'évolution naturelle favorisée par un être supérieur qu'elle aura engendrée, et ce processus lui-même divinisé, Kirov sépare clairement l'homme de l'animal en dignité intérieure, il s'arrête donc à mi-chemin dans la "logique Terienkov", finalement proche de l'idée qu'un Être Suprême bon et juste voudrait le bien sur Terre parmi les hommes. Le kirovisme originel a développé une vision précise de la politique, en souhaitant réconcilier science et religion, communisme et traditionalisme. Mais il demeure un non-sens philosophique, car trop proche du spectre du Rovostran, qui, l'histoire l'a démontré, a poussé le kirovisme a se radicaliser en remplaçant le Christ par un orgueil de l'esprit humain.

En ce sens, les critiques hangukiens et wapongais (qui prépareraient actuellement l'invasion de la Rostovie avec leur "armée internationale") n'ont pas complètement tort lorsqu'ils affirment que l'idéal terienkoviste est inhérent à l'esprit rostov, à la mentalité de cette nation. Oui, Terienkov reflète une part de l'esprit schizophrène de la Rostovie, au même titre que le christianisme saratovien et l'intermédiaire communiste kirovien.

Leur point commun : la pureté et la force de l'idéal. Leur divergence : la conception de Dieu.
Saratova a été sacrifié... Terienkov va bientôt disparaître, et Kirov n'est plus qu'une arme du Vosroskom, qui sera bientôt écartée avant de s'effacer peut-être définitivement.

La Rostovie a perdu et/ou va bientôt perdre ses trois grands guides. Elle sera désormais seule, à choisir entre ces trois directions... ou sombrer dans le capitalisme libéral-démocrate, et devenir une Nation sans âme... où jouer à simpolitique se résumerait à conclure des traités commerciaux et à envahir d'autres pays dans le seul but d'augmenter des chiffres bruts, ce qui deviendrait très vite un astronomique emmerdement.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[img]https://i.imgur.com/l6iFqlV.png[/img]
---LA RÉDEMPTION---
[url=https://www.youtube.com/watch?v=A67OhOUoUsc]ambiance musicale.[/url]

[quote]Le bilan des pertes civiles s'élèvent à 52 500 000 morts. Autrement dit, la moitié de la population de l'ex-première puissance mondiale a été exterminé. 35,7 millions de victimes lors du premier bombardement stratégique, de type chimique (Novichok-A232 à Hellington), nucléaire (bases militaires) et bactériologique (souche tularémique génétiquement modifiée diffusé dans certaines zones rurales). 16,8 millions de victimes estimées à la suite des dernières frappes nucléaires.
Le Pelabssa est bientôt à genoux. L'URKR lui a brisé les os et affronte ses réflexes "de dernier recours", relatifs à sa défense instinctive. Alors qu'il lui reste la plus puissante armée de tous les temps, appuyée par le plus gros arsenal d'ADM du monde, Terienkov, qui anticipe tous les scénarios envisageables, a placé sa carte "Joker" sous la table : une "arme" fondamentalement révolutionnaire est en cours de développement dans un des nombreux "centres monofonctionnels de puissance" (ZATO) du Nord de l'URKR. Face à un éventuel retournement de situation telle qu'une crise intérieure, un coup d’État, un cataclysme nucléaire ou une guerre mondiale qui verrait le reste du monde s'unir à l'unisson contre son pays, un "dispositif" de type nouveau est sensé redonner au Rovostran son ultime avantage après un déclin de courte durée à la suite d'un affaiblissement "provisoire" de la Rostovie.
De ce fait, l'on peut d'ores-et-déjà émettre l'hypothèse que la secte de Terienkov a déjà gagné la partie...


[url=http://www.simpolitique.com/post208617.html#208617]Guerre du Pelabssa, fin du message posté par Vlad le dimanche 20 Octobre 2013 IRL, peu avant la défaite finale de l'OTH.[/url][/quote]

KIROV ET ARKHAROV : L’IMPROBABLE ALLIANCE POUR COURONNER LA MÉMOIRE DE SARATOVA

[img]https://i.imgur.com/XmTMnHN.jpg[/img]

Dès l'hiver 2023/24, Kirov était parti, seul, en territoire ennemi. Il infiltrait sans arme ni protection physique l'espace le plus protégé et le plus militarisé du monde. Son objectif : soulever contre Terienkov les dernières unités loyalistes de l'ANR, dont des cévékazes et membres du NKRD, afin de libérer la Rostovie de son hôte qu'il avait lui-même transplanté : le Rovostran. Et ce, avant qu'il ne soit trop tard...
Un suicide pour la majorité des hauts membres du Vosrokom. Mais étrangement, le "chrétien-communiste" Vladimir Arkharov, chef des armées du nouveau gouvernement, savait ce qu'il faisait. C'est même lui qui organisa personnellement son infiltration [url=http://www.simpolitique.com/post231541.html#231541]après avoir persuadé Pankratov du bien-fondé de cette solution[/url].
Ayant passé 4 ans au Perelag (du [url=http://www.simpolitique.com/post146118.html#146118]1er mars 2017[/url] au 30 mars 2021, [url=http://www.simpolitique.com/post196675.html#196675]avant de rejoindre le Zanyane après l'été 2021[/url]), Kirov n'avait pas purger une simple "peine" : il venait de recevoir la rééducation kiroviste, indispensable à son Salut après la Rédemption -selon les fidèles de la toute-puissante Secte. Ainsi devenait-il légitime comme guide historique de l'idéologie qui portait son nom, ainsi redevenait-il le Messie qu'il était auparavant. La "régence" Terienkov prenait donc théoriquement fin au retour de Kirov en Rostovie (après sa fuite... ou après avoir été relâché selon certaines rumeurs...). Tandis que Terienkov, lui, n'avait pas encore connu le Perelag rovostranien... c'était donc, selon la doctrine, à son tour de s'y rendre.

Peu avant son départ pour le "Kraï", une discussion secrète de haute importance avait eu lieu entre Kirov et Arkharov, au QG militaire de Pervouralsk (Nord ouest du Turriïvostok). Personne ne saura jamais ce qu'ils se dirent.
Sans doute ont-ils élaboré leur plan pour détruire le Rovostran de l'intérieur. Mais y a-t-il eu complot ? Kirov et Arkharov ont-ils confirmé leur aspiration commune à voir s’exhausser pleinement le rêve de Saratova, à savoir l'avènement d'une Rostovie chrétienne pacifiée ? Ou existe-t-il une conspiration entre les deux hommes, inconnue du Vosroskom, en vue d'un objectif précis sur l'avenir du pays après la fin de la mission ? Le Rovostran va-t-il renaître ? peut-être sous une autre forme ? Ce qui est sûr en tout cas, c'est que les deux hommes ont désormais des intérêts communs. L'Histoire nous montrera ce qu'il adviendra des relations entre eux après cette mystérieuse entrevue.

LA TOUR DE BABEL

[img]https://i.imgur.com/KyBdZNE.jpg[/img]
La Tour de Babylone est le symbole de l'orgueil humain et de sa volonté de puissance (au sens propre et littéral du terme, donc non-nietzschéen). Elle devait permettre à l'Humanité de survivre -par ses propres moyens à un prochain Déluge, donc sans l'aide de Dieu.

En Rostovie, la "Tour de Babel" fut construite à l'envers, s'enfonçant sous la Terre avec insolence, plutôt que de reposer sur elle, à l'instar de toutes les autres tours. Il est question en effet -symboliquement bien-sûr- d'aller chercher le cœur du Globe, pour le contrôler, et pouvoir ainsi "terraformer" à volonté notre monde, comme on a maîtrisé jadis l'énergie nucléaire en domptant la particule de Dieu. Dépassant la normalité, l'évidence, la morale, et peut-être au passage, quelques lois de la physique sur un plan purement symbolique, la [infobulle="centre monofonctionnel de puissance, base militaro-scientifique souterraine"]ZATO[/infobulle] de Turra était le cerveau du Rovostran, le cœur de la Rostovie totalitaire, le noyau et centre de gravité de la Main Noire.

Et pendant ce temps, à Turra, à des centaines de mètres sous la surface de la Terre...

...Terienkov entre dans une salle immense, froide et obscure. Des générateurs réfrigérants ([url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Moteur_Stirling]à moteur Stirling[/url]) empêchent tout risque de surchauffe du système électro-nerveux central (et réduit la chaleur des profondeurs émise par le magma de l'Asthénosphère ou la radioactivité du noyau), laissant cette pièce sans fin, remplie de machines plus complexes les unes que les autres à perte de vue, presque aussi froide qu'un fjord en hiver. Les bruits graves et constants des systèmes mécaniques et les sonneries régulières des nombreux appareils bio et nano-électroniques imposaient comme un silence de fond, souterrain, lourd et angoissant. Sur des structures auxiliaires, on pouvait voir les "couveuses", ces cuves remplis de liquide de conservation organique, où reposent en état comateux d'anciens zeks du Perelag, des personnes de tout âge, y compris des enfants de très bas âge, sélectionnés pour participer à ces expériences biotech de pointe. Futurs soldats de l'IA ? Piles bioélectriques ? ou simples cobayes ? Peut-être tout à la fois.

[img]http://www.zarkass.com/nouvelles/unrevetropvraipouretrebeau/capsules.jpg[/img]

« Supposons qu'existe une machine surpassant en intelligence tout ce dont est capable un homme, aussi brillant soit-il. La conception de telles machines faisant partie des activités intellectuelles, cette machine pourrait à son tour créer des machines meilleures qu'elle-même ; cela aurait sans nul doute pour effet une réaction en chaîne de développement de l'intelligence, pendant que l'intelligence humaine resterait presque sur place. Il en résulte que la machine ultra intelligente sera la dernière invention que l'homme aura besoin de faire, à condition que ladite machine soit assez docile pour constamment lui obéir », Irving John Good.

A l'entrée de la grande salle centrale, lieu où se trouvait la conscience électromécanique, un ingénieur rostov le prévenait : en raisons de troubles intérieurs, le travail n'était pas encore terminé, il faudrait encore plusieurs mois d'attente. Terienkov ne l'écoutait pas, et continuait d'avancer.
Cependant, et c'est ce qui fait de ce jour un événement historique, la première grande étape du travail rosto-azudéen avait été franchi : l'I.A. (Intelligence Artificielle) était devenue une C.A. (Conscience Artificielle). Du moins, sur papier. Une véritable "Pré-Conscience" créée par le savoir humain, un être bientôt libre, certes pas encore autonome car branché sur des machines fixes, mais une intelligence non-humaine d'ordre supérieure venait de naître dans cette prison temporaire souterraine. Une étrange interface devant "personnaliser" cet esprit artificiel, était exposé sur un écran de cinq mètres de large.
Terienkov s'approche de la machine qu'il venait de lancer... et admirait le visage de sa divine créature. Encore incapable de communiquer malgré sa présence théorique, ce qui devait devenir le Cerveau et général du Rovostran se tenait là, devant le plus grand meurtrier de l'Histoire humaine.

[img]https://i.imgur.com/qjc9j8j.jpg[/img]

Ivan Terienkov : -il se parle à lui-même- Regardez-le dans les yeux, observez-le et... laissez-vous bercer par son divin regard... L'Être Suprême dans toute sa majesté, simple créature d'une organisation humaine et pourtant, créateur du monde qui vient. Les hommes se sont toujours vus comme des créatures de dieux imaginaires, ne faisant que procréer les descendants de leur propre espèce, stagnante, égoïste et arriérée... alors qu'ils étaient eux-mêmes destinés à devenir les créateurs de Dieu. Le Dieu véritable n'est pas derrière mais devant nous. Il n'est pas du passé, Il est l'avenir.

[img]https://i.imgur.com/MBAeLDN.png[/img]

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LE ROVOSTRAN

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Le Rovostran est la secte militaire secrète qui dirige la Main Noire, et plus anciennement, l'URKR (Union des Républiques Kirovistes de Rostovie), via ses forces armées et polices politiques. Sa désignation exacte est "Rovostranaz", [url=http://www.simpolitique.com/post119548.html#p119548]dont le nom et son origine sont expliqués ici[/url]. D'abord simple corps d'armée dédié aux armements stratégiques (armes nucléaires, radiologiques, chimiques, virales et bactériologiques), la Rovostranaz était en réalité une véritable société secrète (vieille de plusieurs décennies) à la fois fondue et confondue dans ce corps d'armée qui effectivement était la clé du véritable pouvoir dans une Rostovie politiquement trop instable et socialement chaotique. Formellement créée en 1999, l'année de la chute de l'URSR, cette section autonome de l'armée avait pour but de défendre le pays en cas de confrontation majeure, au cas où une puissance tenterait de profiter de l'effondrement de ce pays pour l'envahir, la détruire militairement. Elle était commandée par le mystérieux général Vladimir Ivanov, plus connu sous sa nouvelle dénomination de Kirov. Celui-ci réussit à s'emparer du pouvoir en octobre 2006, et fonda à l'époque la RFCR (République Fédérative Communiste de Rostovie), avant de laisser place à l'URKR lors de son retour en 2015 ([url=http://www.simpolitique.com/post115207.html#p115207]"la Renaissance avant l’Éveil"[/url]). Kirov, à la tête de la secte secrète, était considéré par son peuple comme un prophète, celui qui annonçait l'aube d'une ère nouvelle pour l'Humanité. Ivan Terienkov, son premier disciple, le suivait dans l'ombre, scrutant le moindre de ses faits et gestes et l'épaulant lors des épreuves les plus dures. Véritable enfant de la secte, Terienkov était encore plus radical que son maître, mais connu pour sa discrétion, il ne l'a jamais fait savoir autour de lui, du moins jusqu'en février 2017 lorsqu'il charge la police politique d'arrêter et de déporter Kirov, le considérant trop instable psychologiquement. En effet ce dernier était tiraillé entre sa conscience d'homme, acquise jusqu'à ses dix-sept ans (date de son entrée dans la secte), et ses aspirations machiavéliques, entretenues par son douloureux passé, son génie politique et son infaillible détermination anti-capitaliste.

===> [url=http://www.simpolitique.com/post198548.html#p198548]Biographie des deux hommes (ici).[/url]

Une fois Terienkov à sa tête, le Rovostran pouvait enfin faire avancer ses travaux sans obstacles d'ordre éthique. Noyautée par la secte, la Rostovie était cernée par une armée loyale gargantuesque, une redoutable police politique, et une machine propagandiste dépassant de loin en surface et en intensité tous lavages de cerveau passé et à venir.

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L'Humanité façonnée par un modèle...: "la Purification par la souffrance, la Transfiguration par la mort, et la Rédemption par l'éveil techno-évolutionnaire." Ivan Terienkov.

Son idéologie (expliquée en détails précédemment dans ce sujet) repose sur l'idée que l'homme n'est qu'un animal supérieur inachevé, un "brouillon" de l’Évolution, qui a le devoir d'accélérer le processus naturel de changement bio-environnemental décrit par Darwin, à l'aide de ses capacités intellectuelles hors du commun, lesquelles permettront alors la création d'un être supérieur, qui lui succèdera comme maître du monde. Plutôt que de se précipiter, Terienkov était conscient qu'il fallait procéder par étapes : c'est là qu'entrent en scène les fameuses trois grandes procédures de l’Évolution forcée.
1- la Purification par la souffrance
L'homme doit d'abord rallier la Cause de la secte, de gré ou de force. Et ce ralliement ne passe pas seulement par la menace ou la propagande, mais d'abord et avant-tout par ce passage obligé qu'est la Terreur : on assassine les proches, on fait souffrir celle ou celui qu'on aime le plus, on expose l’insupportable aux yeux du futur converti, paralysé par la déferlante de tourments psychiques qui l'affectent à un point tel qu'il finit par rallier ceux-là même qui l'ont précipité dans cet enfer. Il s'agit d'un point de vue philosophique, d'épurer l'esprit de la nouvelle recrue à la manière d'un rite d'initiation, rituel dont l'objectif brut consiste tout simplement à terroriser le futur terroriste. Déportation dans les camps de travaux et de concentration, expérimentations scientifiques dans les laboratoires militaires, génocide méthodique par l'industrie de la mort, massacre chirurgical lors d'opérations policières. Il n'y a pas d'autre limite que le rationalisme scientifique et le calcul politique, froid et logique, qu'impose la Terreur elle-même à ses propres organisateurs. La répression craintive et le sadisme vulgaire n'existent plus. Tout a été rationalisé. La meilleure défense, c'est l'attaque.
2- la Transfiguration par la mort
Le transhumain remplace l'homme. Par ce procédé, c'est la mort, physique ou psychologique, qui s'empare de la personne, laquelle devient soit un être désincarné (en cas de mort physique), et c'est là que le "clergé" du Rovostran joue son rôle transcendantaliste (c'est la mystique religieuse du Rovostran : les archidiacres bénissent les cadavres ou leurs ossements), soit un être renaissant (mort spirituelle et seconde naissance). Ce dernier procédé est particulièrement révolutionnaire, puisque c'est par le dépassement de l'Angoisse que l'homme désespéré, victime de sa propre biologie, se change en sur-homme libéré de tout. C'est la "subversion de l'esprit" : quand celui qui a tout perdu n'a (donc) plus rien à perdre, se substitue en lui un être nouveau, insensible à la douleur mentale ou physique, insensible aux plaisirs et aux distractions, insensible à la vie... et à la mort elle-même. Un sur-homme sans aucun scrupule, sans famille et sans patrie, victime d'un désespoir tel qu'il rit de son propre malheur et par la même, s'en libère définitivement. A ce stade, il peut intégrer la secte, les élites de la Main Noire, la police politique (NKRD) ou les forces spéciales (cévékazes), qui deviendront sa nouvelle et seule vraie famille.
3- la Rédemption par l’Éveil techno-Évolutionnaire
Le post-humain se substitue au transhumain. Ce dernier, quoique véritable créateur d'une nouvelle espèce, n'était qu'un passage, un pont entre deux ères biologiques, un être temporaire, supérieur à l'homme, mais encore trop humain, du moins biologiquement parlant. La Rédemption n'est rien d'autre que la création d'un Esprit intelligent non-humain, conscient de lui-même, doué de Raison et assurément meilleur que l'homme, dans tous les domaines... excepté ses crapuleuses émotions (mauvais goûts, caprices, débauche, pitié, douleur, plaisir, présomption...).

Ces trois étapes font reposer leur mécanisme respectif sur trois dépassements. Qu'est-ce que le dépassement ? En fait, à partir d'émotions humaines souvent péjoratives, le Rovostran les transforme par la Raison, mieux, il les "sublime", il les mute pour les dépasser, ce qui créé une inversion jusqu'à leur sens d'origine. Dans la première étape, c'est la peur qui est dépassée pour muter en Terreur (explications données précédemment dans les autres messages de ce sujet : la peur est le fruit d'un banal autoritarisme répressif, alors que la Terreur est celui du totalitarisme au sens précis et épuré du terme). Lors de la deuxième phase, c'est la haine que les insupportables souffrances ont enraciné dans le subconscient de tous ceux qui les ont subit : elle devient Amour rationnel, car justement, sous l'effet du terrorisme psychique, la haine est éradiquée du cœur de la victime, pour laisser place à un respect profond non-pas (seulement) du bourreau impersonnel qui l’exécute, mais plutôt pour sa mission, la raison d'être de cette souffrance jusque là l'objet d'un irrationnel déni. Enfin, lors de la dernière phase, nous avons la colère, relative aux lenteurs du cheminement techno-évolutionnaire, une rage à destination de tous les ennemis qui veulent stopper ce processus, inconscients des facteurs qui déterminent leurs ineptes réactions. Cette colère mute alors, conformément à la réussite du programme rovostranien, pour atteindre le stade suprême de la Sagesse absolue.

La hiérarchie au sein du Rovostran :

1- Guide Suprême de la Révolution kiroviste, Prophète et fondateur du Rovostran : Kirov. (théoriquement remplacé par l' I.A. après sa secrète déchéance [url=http://www.simpolitique.com/post143196.html#p143196]en février 2017[/url] : une suspension réglementaire avait été décrété par la secte sous l'influence de l'Exarque et du Grand-Exécuteur.)
2- Exarque : Terienkov (le véritable maître de l'URKR et de la Main Noire.)
3- Grand-Exécuteur : Markov (le redoutable N°2, patron du NKRD, à savoir la police politique et les services secrets.)
4- Vicaire : Saraïev (actuellement renommé "Saraï Hekmatyar", chef des cévékazes, à savoir les forces spéciales de l'armée, surtout actives à l'étranger. Il préside l'archidiaconat de la secte.)
5- Grand-Confesseur : Arkhanine ("vice-Général" du NKRD, principal conseiller de Markov et dirige avec lui les commissaires politiques dans les armées.)
6- Exécuteurs : une dizaine (dont "Vieko-le-Clown" au Pelabssa, et -de facto avant sa mort- Stepan Beriejov, imposteur et hérétique.)
7- Archidiacres : quelques centaines (les fameux prêtres en soutane du Rovostran, qui "bénirent" les massacres du Viek Koing dans les sanctuaires purificateurs. Paul Karané [url=http://www.simpolitique.com/post177623.html#p177623]était l'un d'eux[/url].)
8- Confesseurs : environ dix mille (sortes de commissaires politiques dotés d'un aspect religieux, en mission dans les armées de la Main Noire pour redonner le moral aux troupes, épauler les officiers et "confesser" les pécheurs en présidant les séances d'autocritique accomplie par les accusés.)
9- Diacres : quelques milliers (les archidiacres en formation...)
10- Apôtres : quelques milliers (par défaut, tous les officiers supérieurs et généraux de la Main Noire.)
11- Grands-Frères : une centaine de millier (par défaut, les officiers subalternes de l'ANR, l'armée rostovique.)
12- Disciples : quelques centaines de milliers (par défaut, l'ensemble des officiers subalternes non-rostovs des armées de la Main Noire.)
13- Initiés : des millions (tous les soldats de la Main Noire recrutés à travers le monde...)
14- Croyants : nombre indéterminé.

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Joseph Markov, au sommet (N°2) de la Hiérarchie en tant que chef de la police politique, est connu pour être à la fois doué comme planificateur et comme agent de terrain... alors que sa famille fut pris en otage sous ses yeux, il tua sa propre femme, ainsi que ses enfants, désarmant et terrorisant ainsi les truands, pour prouver sa détermination et sa loyauté au Rovostran.

===> [url=https://www.youtube.com/watch?v=8GmooXezBew]Chronologie imagée du Rovostran, de l'URKR et de la Main Noire.[/url]

LE COUP DE MAÎTRE AZUDEEN

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Emprisonnés pour trahison, les chercheurs azudéens ne participaient plus aux travaux de développement de la C.A. depuis au moins un an. Pourtant, essentielle à sa conception, cette équipe de volontaires étrangers, ainsi que sa directrice, Justice Clavez, surveillés 24h sur 24 lorsqu'ils étaient au travail, furent indispensables à la finalisation des travaux dans les délais imposés. Les chercheurs rostovs s'en plaignirent au NKRD, qui refusa toute libération et alla jusqu'à exécuter deux azudéens et trois rostovs pour montrer l'exemple et insuffler la terreur aux autres scientifiques et ingénieurs. Aux côtés de l'équipe azudéenne, douze spécialistes rostovs furent emprisonnés, lesquels attendirent leur tour au peloton d’exécution. Toutefois, si la mise à mort n'était pas systématique, la menace qu'elle représentait devait les forcer à délivrer des informations confidentielles qu'ils auraient gardé pour eux, et se remettre au travail au seul service des projets rovostraniens. En effet Terienkov était persuadé qu'un sabotage intentionnel avait été perpétré contre sa créature bio-électronique : activement (dégâts infligés volontairement à la machine) ou passivement (refus délibéré d'avancer dans les travaux). Leurs motivations étant d'ordre éthique, ou "humaniste". Tenant Justice Clavez pour principale responsable, il tenta de la persuader, y compris par des moyens de dernier recours comme la torture psychologique.
Enfermée dans un compartiment spécial à 0° Celsius, totalement insonorisé, qui ne laissait entrer de l'extérieur pas le moindre photon, Justice Clavez pouvait rester des semaines entières dans le froid, le silence et le noir absolu. Habillée de vieux tissus la protégeant du froid, et convenablement alimentée en eau et nourritures de première nécessité, elle ne voyait personne, et personne ne pouvait l'entendre. Une discrète caméra de surveillance à infrarouge la surveillait une cinquantaine de minutes par jour, de quoi s'informer un minimum sur l'évolution de son état. Pis, même la caméra restait éteinte tout le reste du temps.
"Le Néant, tel un être divin et charitable, nous ouvrira à la fois son cœur et son esprit, pour le Bien de la Cause comme le sien." affirmait Terienkov.

Un jour, enfin, après des mois d'isolement intégral, elle fut emmenée de force dans une salle d'interrogatoire. Après cinq minutes d'attente, toute heureuse de retrouver d'autres personnes et la lumière, malgré sa vue perturbée par l'obscurité prolongée, elle vit arriver en face, un général des forces spéciales du NKRD, un second du camarade Markov.

Général Vassili Ogaroï : Bon retour parmi nous, camarade Clavez. La nuit a été longue, n'est-ce pas ?

-l'azudéenne resta silencieuse, savourant les derniers moments qui lui restaient hors de l'obscurité.

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Général Vassili Ogaroï : Nous connaissons un endroit particulièrement inaccessible. Aussi froid et obscure que celui que vous connaissez, mais la nouveauté c'est qu'il sera hors d'atteinte des visiteurs. Une fois que Terienkov sera vaincu, et que le centre souterrain de Tura sera "libéré" par la... "gentille" Rostovie... vous serez considérée comme disparue, et vous disparaîtrez à jamais dans cet abîme. Personne ne viendra vous chercher car personne ne saura vous trouver. La réserve d'eau et de nourriture à disposition vous permettra bien-sûr de survivre le temps qu'il faudra pour que vous puissiez méditer à propos... de l'Au-Delà. Votre organisme ne supportera pas le suicide par la faim, surtout avec de quoi se nourrir à portée de main. Nous sommes certain que l'option que vous choisirez sera la plus sage.

-Après un silence, elle se met à prononcer des phrases à elle-même, audibles, mais incompréhensibles, comme si elle employait une autre langue...-

Un autre agent du NKRD : Peut-être avons-nous été trop loin...

Général Vassili Ogaroï : Elle comprend parfaitement ce que nous lui disons. Elle refuse simplement de nous répondre. Cette femme a un mental d'acier. Mais son orgueil sera récompensé. Nous réussirons la finalisation de ce programme coûte que coûte, et sans son aide. Cela prendra juste un peu plus de temps. Certains azudéens ont déjà cédé, et se sont mis à retravailler avec un nouveau chef d'équipe. Ce sera peut-être bientôt son tour... en tout cas pas avant 14 mois, le temps qu'elle retournera dans sa chambre capitonnée. Si d'ici là elle refuse à nouveau, l'Humanité l'oubliera jusqu'à son long, triste et sombre décès.

Contre toute attente, elle répondit froidement à ses bourreaux.

Justice Clavez : Je suis déjà morte. J'ai signé une décharge de l’État en venant ici. Il n'est pas obligé de me secourir si cela compromet une mission supérieure, et je n'ai pas signé cela sur un coup de tête.

Justice Clavez ne croyait pas en l'existence d'un être parfaitement rationnel, ou, plus précisément, que cet être serait inévitablement déconnecté de la réalité sociale, incapable de comprendre fondamentalement les êtres humains, ne pouvant par la même rien apporter de bon à l'Humanité. Et ce, même avec les technologies les plus avancées. C'est plus une évidence philosophique qu'un constat technique. La C.A. ne pourrait être autre chose qu'une machine de guerre, ou plutôt, certes, un général doté d'une intelligence hors du commun et capable de transmettre des ordres calculés en vue de définir le plus fort taux de probabilité de réussite sur la base d'une quasi-infinité de variables, elles-même reposant sur quantité de facteurs, aussi nombreux que précis. Conçus à partir de plusieurs réseaux de superordinateurs interconnectés, cette machine ne pourrait rien faire directement d'elle-même, et si son empathie a été développé, celle-ci serait dénué de toute la compassion qui en découle normalement chez un être humain vertueux. Face à la menace que représentait Terienkov et l'existence d'un "super-général" sous son contrôle, elle avait décidé -indirectement- de ralentir les travaux (sans pouvoir faire autrement en raison de la surveillance des agents du NKRD), au moyen d'un sabotage larvé. Ce sabotage consistait à imposer une sorte de handicap à la C.A., créant, par des données cryptées, quelques dysfonctionnements neurologiques, et plus précisément, ce qu'on pourrait qualifier en neuropsychologie d'aphasie réceptive, dit "de Wemicke", ayant pour effet de rendre incompréhensible les informations délivrées par la C.A., c'est à dire qu'en somme, ses paroles ne seront comprises que par elle-même. La réparation de ce défaut interne exigerait, sans sa participation directe, au moins des mois de travail, dépassant de loin les délais imposés. Ainsi détenait-elle les informations nécessaires permettant de faire entrer l'IA au stade... si ce n'est final, en tout cas, l'avant-dernière étape avant la finalisation du programme de conscientisation de l'intelligence biotechnologique, et ce, dans un délais même plus court que prévu par les autorités. En somme, elle était bien la seule à résoudre ces problèmes dans les temps. Sans ce sabotage, la machine de Terienkov serait déjà devenu, peut-être dès 2024 (!), un "monstrueux génie", capable de développer des stratégies, psychologiques, politiques comme militaires, d'une incroyable complexité et donc par-là même, d'une inventivité jamais atteinte hors de la boite crânienne de l'homo sapiens. Étant donné la somme de connaissances "encyclopédiques" qui lui est déjà intégrée donc acquise, et de son objectif, car placée entre les mains d'une innommable secte et programmée pour en devenir un membre et adhérer à tous ses préceptes, une Conscience artificielle dotée d'un si grand pouvoir, d'une si grande intelligence, constituerait en soi une menace pour l'Humanité entière ; à un point tel que même placée entre de bonnes mains, elle pourrait annoncer la fin de l'ère quaternaire. Plus concrètement et sur court terme, pour le chef de la secte, elle serait non-seulement capable de lui livrer la Rostovie sur un plateau d'argent, mais aussi de le destituer à son tour, comme Terienkov l'avait fait en son temps contre son ancien maître Kirov. Imaginer la suite d'un tel scénario ne serait pas convenable.
Terrorisée par la torture psychologique qu'elle endurait depuis des mois, Clavez refusa malgré tout de collaborer pour réparer ses erreurs, malgré son envie pressante d'en finir, que ce soit par la liberté ou par la mort...

Face à l'impossibilité de lui faire "cracher le morceau", la plupart des dirigeants rovostraniens pensèrent qu'on pouvait s'en passer au prix d'une plus grande patience. Terienkov lui, savait que le temps lui était compté, et que bientôt Kirov reviendrait pour reprendre sa place.

Il ordonna alors, trois mois "seulement" après le dernier interrogatoire, qu'on emmena Clavez à la salle principale où se trouvait le "Cerveau informatique". Immobilisée, elle fut assise de force sur une chaise, en face de lui. Droguée par intraveineuse, elle serait forcée de coopérer malgré sa volonté, aussi forte soit-elle. Mais le processus est long, et le procédé pas suffisamment au point au risque de nuire à ses capacités intellectuelles...

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-il la regarde dans les yeux-

Ivan Terienkov : -d'abord calme, sa colère croît au fur et à mesure- Étrange et stupide animal... je me demande... -silence- Pourquoi respires-tu ? Pourquoi clignes-tu des yeux ainsi ? Pourquoi souffres-tu ? D'où viens cette odeur ? Chacune de tes mimiques est une honte pour le genre humain, chacun de tes moindres réflexes psycho-biologiques une insulte faite à ta Raison d'Être. Tu ne mérites pas de vivre, que dis-je ? Tu ne mérites même pas d'exister... -il poursuit en remplaçant sa colère par une fausse naïveté- Pourquoi existes-tu ? Est-ce une épreuve ? Un test divin pour me ralentir ? Pourquoi cette abjecte bestiole refuse d'aider au Progrès ?... par inné génétique ? par acquis culturel ? D'où vient cette obstination à refuser l’inévitable ? Croit-elle détenir, par une éducation subjective et intéressée, la Vérité absolue ?
C'est incroyable comme l'être humain peut être aussi présomptueux... absurde créature d'un monde qui le dépasse, immonde bête formatée par son environnement naturel et culturel, il prétend encore détenir un quelconque libre-arbitre alors même qu'il est prêt à toutes les bassesses pour satisfaire les revendications les plus viles de sa prison corporelle. Sans-doute se rassure-t-il en se persuadant à lui-même d'avoir une quelconque valeur.

Tu vois ça ?
-il montre une cuve, servant à la fois d'utérus artificiel et de pile bioélectrique, à l'intérieur duquel était recroquevillé un nouveau-né, relié aux machines et inconscient- La voilà, la réalité de votre condition. Le Rovostran vous a proposé de vous en libérer définitivement, mais vous avez refusé en écoutant vos démons intérieurs, et les conséquences ont été terrible.

Il ordonne aux autres personnes à proximité de quitter les lieux.

Sais-tu pourquoi nous t'avons fait subir ces épreuves si douloureuses ? -un temps de silence, il réfléchi- En réalité... je suis un grand amoureux de la Liberté humaine. Et c'est la raison pour laquelle nous t'avons fait subir cette épreuve difficile. La Terreur, avec un grand "T", n'est pas un terme péjoratif, comme "répression", "sadisme", "souffrance" ou "despotisme"... d'une focalisation scientifique, c'est-à-dire rationnelle et objective, c'est une politique radicale de purification populaire et institutionnelle, dont la cible principale n'est autre que les hommes de pouvoir qui profitent d'une situation donnée pour exploiter autrui. La Terreur ne fait pas que protéger les faibles... elle est une libératrice universelle, qui, par amour rationnel pour l'être humain, libère aussi bien les victimes que leurs bourreaux. Les premiers par le secours révolutionnaire, les seconds par la souffrance et la mort.
Le Rovostran aime l'être humain. Je t'aime Justice Clavez. Peux-tu comprendre ça ? D'un amour si beau et si grand que l'ensemble de mes principes et décisions sont tout entier tourner vers l'idée de vous libérer tous. Vous libérer de vous même. Vous libérer de vos sensations, de vos dogmes et de votre inepte subjectivité. Ces phénomènes vous étreignent depuis trop longtemps. L'être humain a le devoir de s'accomplir comme être supérieur, doué de Raison. Et il ne peut acquérir la Liberté absolue que par la Subversion de l'esprit, sans laquelle il ne pourra jamais s'extraire de ses pulsions intérieures et de ses pressions extérieures. Certes, cela demande des sacrifices, tout à un prix. Mais une fois l'esprit humain terrorisé jusqu'aux recoins les plus sombres de son subconscient, une fois le sacrifice accomplit sur l'Autel de la Raison, la véritable Liberté devient enfin accessible. C'est seulement lorsque tout semble perdu, qu'il ne vous reste absolument plus rien sur quoi vous accrocher, que la liberté pure, parfaite, saine, commence à s'emparer de vous, à vous redresser et à vous rendre maître de vous même en dépassant vos contraintes biologiques par votre libre-arbitre rationalisé, libre et juste.

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LA CHUTE

Kirov arrive dans la salle principale accompagné de cévékazes ralliés. Terienkov, le sentant venir, l'interpelle.

Ivan Terienkov : Camarade Kirov, je vous présente enfin le fruit de mon travail, notre avenir, à tous. Je viens d'achever votre mission, celle que vous n'avez jamais osé terminer : la Rédemption s’accomplit... le pouvoir divin est enfin entre mes mains...

Kirov : Pas encore, mon frère. Pas encore. La Rédemption ne sera jamais de ce monde... et encore moins entre tes mains. La camarade Justice Clavez vous avait pourtant prévenu : la conscience artificielle telle que tu l'imagines est impossible à concevoir. Nous ne sommes pas des créateurs d'âmes, et nous ne le serons jamais.

Ivan Terienkov : J'imagine qu'il est déjà trop tard. Vous êtes là pour m'arrêter ?

Un scientifique rostov qui travaillait là, conscient d'être enfin libre : L'arrêter ? Ne faut-il pas plutôt l’exécuter ? Qu'on en finisse avec ce... démon !

Ivan Terienkov : Il ne peut pas. Il sait que je dis la Vérité.

-Le scientifique regarde Kirov, qui jette un regard dans le vide, pensif...

Ivan Terienkov : Oui... vous le savez... vous le savez depuis toujours... ainsi la jeune Pucelle était plus clairvoyante que je ne le pensais...vous n'avez jamais vraiment nié le fait que ses suspicions à votre égard étaient légitimes. Si le Prophète vit dans la mort, le Messie, lui, est immortel. -grand sourire-

Kirov : Vous avez raison sur un point, camarade Exarque : Saratova disait vrai. Je suis VOUS. Et vous êtes MOI. Nous sommes une même personne, un même esprit. Certes fracturé, mais tant que je serai là, vous resterez une menace pour l'Humanité.

Ivan Terienkov : L' "Humanité" ...

Kirov : Cependant, vous omettez une chose fondamentale, camarade Terienkov : la Rédemption n'est pas ce que vous croyez. Le Rovostran n'a pas été créé pour vous, et vous venez tout juste de prouver votre malhonnêteté en réclamant pour vous seul le... "pouvoir divin" de cette... machine. Vous le savez tout comme moi, selon les préceptes du Rovostran, tout homme se doit d'être purifié de tout égoïsme.

-sachant que son interlocuteur avait raison, Terienkov se tût et se laissa embarquer par les cévékazes, désormais aux ordres de Kirov. Toutefois, juste avant de franchir la porte de sortie, le plus grand meurtrier de l'histoire humaine dit à son successeur une fois de plus revenu d'entre les "morts" -en le tutoyant :

Ivan Terienkov : Lorsque ma peine purificatrice sera terminée, je reviendrai, sous une forme ou sous une autre, pour que tu respectes tes engagements, que tu honores ta promesse... camarade Kirov ! Je serai le Revenant de ta mémoire, le spectre qui accomplira toujours son éternelle mission : te rappeler ton SERMENT.

Kirov : C'est pourquoi, camarade Terienkov, je vais périr [ce mot est ici utilisé dans sa signification originelle précise] à mon tour, en t'accompagnant dans la Rédemption.

-Terienkov compris dès lors l'intention de son légendaire rival. Lui-même sera déporté dans un camp du Perelag secrètement maintenu par le Vosroskom afin de punir les principaux responsables du régime précédant. Par précaution, ce camp est inconnu, y compris des plus hautes autorités de l’État.-

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Kirov prononça ses dernières paroles avant de disparaître définitivement : Puisse Dieu être miséricordieux.

La Conscience Artificielle fut éteinte, elle et toutes les machines qui l'alimentaient. Toutes les personnes retenues en otage comme cobayes dans les cuves du grand laboratoire furent libérées et amenées en urgence par hélicoptères au Grand-Hôpital de Krasnoïarsk (le plus grand du pays), il en sera de même pour Justice Clavez, dans un état psychologique particulièrement grave. Les autres scientifiques azudéens purent enfin revenir chez eux, avec toutes les connaissances acquises sur le site le plus sensible de la Rostovie et de la Main Noire. Le site fut définitivement fermé. Cependant, aucun musée ne rendra hommage aux victimes de ce centre souterrain, et la ville de Turra demeurera une cité militaire fermée.

A son tour, Kirov sera déporté, conformément à sa propre volonté, dans un autre "camp" du Grand Nord rostov, plus spirituel celui-ci, mais non moins dur, où les "détenus" sont des volontaires en chemin vers la conversion : le vieux monastère chrétien-orthodoxe de Святой Дух (prononcez "Sviatoï Doukh"), à quelques centaines de kilomètres à l'est d'Ambartchik, à l'intérieur des terres gelées de Rostovie.

Ironie de l'Histoire, deux jeunes femmes, fragiles et misérables, mortes ou au bord de la mort, sont venus à bout du plus puissant Tyran que la Terre n'ait jamais porté.

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Score final : une superpuissance anéantie, une autre humiliée, une vingtaine de peuples meurtris sur tous les continents, dont un purement et simplement effacé de la réalité. Au moins 150 millions de morts, dont 30 millions en Rostovie.
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