La Réalité en Tcherkessie

Alexei

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[url=http://www.youtube.com/watch?v=A8qakI4mDII&list=RD02HK2lNuiD7gM]>> Musique de fond <<[/url]

<center>~ Miskolce - Otdeli de Prešk ~

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/25438079rp.png[/img]

Parachutistes sur le pied de guerre</center>

Le port de Miskolce avait été touché le plus touché par les bombardements inconnus qui avaient frappé la Tcherkessie la veille. C'était là aussi qu'il y eut le plus de panique, pendant cette nuit d'hiver, lorsque les explosions avaient tonné, tout le monde crut à une invasion de la Varlovie, les soldats, prenant peur, se mirent en position aux batteries côtières directement, près à ouvrir le feu sur l'ennemi, bien que ces batteries soient obsolètes.
Ce fut une nuit agitée, en mer, la Première Flotte de l'Amiral Perewsky faillit commettre l'irréparable, heureusement, on signala au "Vzbúrenec" (le mutin), le navire-amiral de la flotte que les tirs ne venaient pas de la Varlovie.
Pendant ce temps-là, à Miskolce, les soldats tentaient de rétablir l'ordre, les civils fuyaient en tout sens, certains avaient même fait leurs valises. Mais les forces de la Garde Rouge aux portes de la ville les avaient empêché de partir pour ne pas répandre la panique dans le pays, l'angoisse de l'invasion déclencha de petites fusillades entre soldats qui croyaient avoir affaire à des ennemis. On signala quelques pillages vers les docks, les fautifs pris en flagrant délit étaient exécutés devant la foule par les policiers les plus fanatiques. Mais cela ne suscita pas que peur et angoisse ; des habitants, majoritairement jeunes, patriotes se retrouvèrent pour former des groupes peu armés dans le but d'aider la police et d'attraper les pillards ou de lutter contre les soldats varloviens si c'était bien une invasion, il y eut même des nationalistes, croyant leur heure arrivée, qui sortirent de l'ombre et attaquèrent les forces de l'ordre qui les maîtrisèrent bien vite.
Au total, tout ça dura deux heures, vers 3 heures du matin, des renforts Jednotky et de la Garde Rouge arrivèrent en ville et rétablirent l'ordre brutalement tandis que le Grand-Représentant du Peuple était en route pour donner espoir aux habitants. Cette manoeuvre politique marcha à merveille, on photographia le président Zemko s'adresser aux citoyens inquiets dans le centre-ville et constater les dégâts. Pendant le discours, il déclara qu'en cas d'agression varlovienne, Miskolce serait le symbole de la résistance contre le fascisme et la haine que le Jeekim suscitait pour le peuple tcherkesse, toutefois, il appela à l'apaisement le temps que des experts tcherkesses et de nations membres du Pacte conduisent une enquête. Ce discours fit remonter considérablement le moral des Miskolsiens qui avaient remplacé la peur par une grande détermination, si grande qu'il y eut des agressions contre des citoyens portant seulement un nom de famille à consonances varloviennes, le "travail volontaire" récemment mis en place attira des milliers de personnes pour reconstruire les parties du port détruites, le lendemain, une fermière de la banlieue de Miskolce affirma que "Si les Varloviens entrent, ils ressortiront avec la tête sur une pique", une grande part des habitants ne pouvant être appelée sous les drapeaux s'enrôla dans les Brigades Rouges pour combattre l'ennemi de l'intérieur si celui-ci attaquait Miskolce.
Mais Miskolce n'était pas la seule dans ce cas, dans beaucoup d'autres villes côtières, la panique fit place à la détermination et à un formidable patriotisme, presque inattendu.

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<center>[img]http://img4.hostingpics.net/pics/636246rp2.png[/img]

Affiche de propagande sur les murs de toutes les villes de la côte ouest.</center>
Alexei

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[url=http://www.youtube.com/watch?annotation_id=annotation_758795557&feature=iv&src_vid=zq54msMu3Sc&v=KxcP7TRY178]>> Fond musical <<[/url]

<center>~ Tcherkovo - Otdeli du Mesto Tcherkiá ~

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/85397963rp.png[/img]</center>

Libena Kirilenka se leva.
La sonnerie stridente du vieux téléphone sur la table de nuit la tira du lit conjugal où elle dormait seule depuis maintenant une semaine, Milan Zemko faisait la tournée des troupes dans chaque otdeli.
Elle s'étira légèrement puis répondit au téléphone avec rapidité.

Toukhatchevski : Le camarade Zemko se rend à Nova Revucà dès 10h pour inspecter l'aérodrome thalibossien installé il y a peu, mais il y a autre chose...

Libena Kirilenka : Quoi ?

Toukhatchevski : Il veut lancer un raid contre la flotte varlovienne, c'est la guerre assurée...

Libena Kirilenka : Merde. Bon, préparez la bombe dans l'avion le plus vite possible, si nous entrons en guerre, nous sommes perdus.

Toukhatchevski : Bien.

La future veuve raccrocha le combiné et se leva directement, elle qui était habituée à être impassible, elle sentait une sourde tension s'emparer d'elle, elle n'avait pas le droit à l'erreur, se répétait-elle en allant se préparer.

<center>--- Polietsevo - Otdeli du Mesto Tcherkiá ---</center>

Pendant ce temps là, à 100 km, Milan Zemko s'apprêtait à prendre l'avion à Polietsevo, le le lieutenant le suivant reçut le signal "Engels", cela signifiait que la mission était maintenue. Pendant que le Grand Représentant du Peuple partit se prendre un café, on donna discrètement une mallette à l'attaché-militaire, puis, Zemko embarqua dans son jet, il y aurait à peine une demi-heure de vol.
Sous les yeux inquisiteurs des Jednotky, le lieutenant Nikolà Klaus, un beau jeune homme aux yeux bleus, passa avec la mallette contenant le précieux chargement. Sans même qu'on lui précisât, Klaus comprit instinctivement que les Jednotky que ne voyaient pas les choses du même oeil que l'armée, toutefois il passa. C'était dans l'avion que sa mission devenait plus délicate, au dernier moment, le président lui demanda de venir avec lui, ce qui n'était pas prévu, Klaus blêmit intérieurement, il s'excusa auprès du président qui le regardait pesamment, le jeune officier fut sauvé par le pilote qui intima au Grand Président de se dépêcher, celui-ci lâcha donc prise et embarqua dans l'avion sans se douter qu'une bombe se trouvait dans la petite soute à bagage.
Après quelques minutes, Klaus partit de l'aéroport, la bombe était rudimentaire, c'était ce qui l'inquiétait, "et si elle ne se déclenchait pas ? Et si il la découvrait ? Et si elle se déclenchait trop tard ou trop tôt ?", mais fort heureusement, l'avion finit par décoller. La bombe était programmée pour se déclencher vingt minutes après activation, cela rentrait donc parfaitement dans le temps imparti, il n'avait pas de quoi s'en faire.
Milan Zemko ignorait encore qu'il faisait route vers sa mort, il se trouvait à l'arrière et révisait les fameux plans d'attaque sur la flotte varlovienne, tandis que l'avion montait à 1 000 pieds, Le Grand Représentant du Peuple eut une soudaine envie de lire, il se dirigea donc vers la soute à quelques mètres, c'est là où il se rendit compte que quelque chose clochait ; il était parti avec seulement deux valises, une pour travailler, une autre pour ses effets personnels, or, il y en avait une troisième. Tout naturellement, il pensa qu'elle appartenait au pilote, mais pourquoi aurait-il pris des affaires sans le déclarer ? L'homme décida de regarder ce qui se trouvait dans cette valise. Il était loin de se douter qu'il trouverait un minuteur et de la dynamite rattachée à celui-ci, et encore plus loin de se douter qu'il ne lui restait que 8 secondes à vivre.
Le dirigeant prit peur, criant "Bombe !" et instantanément, toute sa vie défila devant ses yeux, il repensa au lieutenant Klaus qui avait refusé de l'accompagner et il comprit tout de suite que c'était un complot, et que...
L'avion se désintégra, le pilote avait tenté de faire demi-tour vers Slávnica, mais il était trop tard, sur la côte, on put apercevoir l'avion exploser dans une boule de feu, on demanda d'où venait cet avion et que transportait-il, "c'est Zemko !" répondit un contrôleur aérien paniqué.
À Tcherkovo, on contacta le Général Masaryk qui appela Libena Kirilenka sur une ligne non-sécurisée :

Masaryk : La bête ailée n'est plus. J'attends vos ordres.

Dit-il lorsque l'on décrocha.
Le complot avait marché, Milan Zemko n'était plus, il n'y aurait pas de guerre, Libena Kirilenka en fut émue, puis, se souvenant que tout n'était pas finit, elle reprit :

Libena Kirilenka : Appliquez l'ordre 25, comme prévu.

Masaryk raccrocha directement, dans les bureaux de l'APR, l'agitation était palpable, le général Masaryk savait qu'il n'avait pas toute la journée, il composa donc le numéro du QG de la 1ère Armée de choc.

Masaryk : Transmettez ceci au général Soňerčik...

<center>--- Nevšovo - frontière Coorland-Tcherkessie ---</center>

Desiatnik (caporal) Šizlek : Mon général..

Le général Soňerčik buvait son café en scrutant les plans de la frontière sur une table de bois dans sa tente du campement n°3 proche de la frontière Coorland-Tcherkessie, il était vêtu de son uniforme de général avec une écharpe blanche autour du cou, sa casquette était également posée sur la table.

Soňerčik : Caporal ?

Desiatnik Šizlek : J'ai ici des ordres de l'état-major suprême à Tcherkovo, les voici...

Le caporal lui tendit un papier qu'il prit et lu en buvant une gorgée de café.

Soňerčik : Hmm... que me veulent-ils encore... "1ère armée de choc.. j'ordonne.. le.. retrait des troupes ?!"

Soňerčik leva la tête vers le caporal et lui lança un regard surpris, puis il lança :

Soňerčik : On plie bagages, camarade. Va informer les autres.

Desiatnik Šizlek : À vos ordres, mon général !

<center>--- Tcherkovo - Otdeli du Mesto Tcherkiá ---</center>

Deux Nosilac entrèrent dans la cours du Palais présidentiel, à la grande surprise des Jednotky en faction, c'étaient des soldats de la Garde Rouge, ces-derniers descendirent dans le crissement du gravier et escortèrent le général Miroslav Tŕenčik, chef suprême des Brigades Rouges, qui était là en personne. Ce-dernier dit aux Jednotky à l'entrée "J'aimerais nous adresser à la camarade Kirilenka", les gardes acquiescèrent et ouvrirent la porte à la vingtaine d'hommes et au général, tandis que la putschiste s'attendait à ce qu'ils viennent l'arrêter pour complot, Tŕenčik serra la main de la femme.

Miroslav Tŕenčik : Nous venons jurer fidélité à la nouvelle Grande Représentante du Peuple nommée d'urgence par le Parti, vous, camarade.

Libena Kirilenka ne répondit rien, elle était soulagée intérieurement, à Preškovo, les navires rentrèrent sans tirer le moindre obus, le coup d'Etat avait fonctionné comme prévu, Libena Kirilenka était désormais la dirigeante légitime de la République Populaire de Tcherkessie.
Alexei

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<center>☭ LA TCHERKESSIE, UNE DEMOCRATIE ? ☭
ACTE I


[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2013/35/1377959182-milit.png[/img]</center>

Libena Kirilenka : Nous sommes d'accords, camarade, je te laisse contrôler cet institut pour ton expérience dans le domaine, mais tous tes sondages, analyses et élections devront laisser le socialisme au pouvoir, c'est bien compris ?

Nikolà Klaus : Bien entendu, camarade, jamais je n'oublierai ce que vous avez fait pour moi.

Libena Kirilenka : Bien, je compte sur toi camarade.

Libena Kirilenka raccrocha le téléphone, elle se trouvait dans le palais présidentiel, dans son bureau, un curieux visiteur lui faisant front, ce-dernier était calme et froid, mais il avait une autre particularité...

Le visiteur : C'est un bel endroit que vous avez là, mais, pourquoi m'avez-vous appeler ?

Libena Kirilenka : Pour vous proposer un poste, Slavomir.

Slavomir : et, pourquoi me donneriez-vous un poste ? Je ne suis qu'un taulard -ricannant légèrement-

Libena Kirilenka : Vous avez surement entendu parler du programme de rééducation commencé par mon défunt mari, il avait secrètement développé des camps d'internement, plus grands que les asiles, les transferts étaient en cours, je vais vous demander plus.

Slavomir Franz était né dans une ferme du centre de Sankt-Vladislav et faisait parti de la communauté albionaise s'étant mélangée aux slaves il y a des siècles, mais sous son iroquoise, Franz avait la face couverte de tatouages indescriptibles, lui donnant un teint grisâtre, autant dire qu'il était dur de ne pas le remarquer, toutefois, Slavomir Franz était parfaitement redoutable, connu pour s'être taillé une véritable réputation de boucher pendant la guerre civile, Milan Zemko l'avait fait emprisonné durant son mandat éphémère. Consciente des qualités de ce maniaque au coeur de glace, La Grande Représentante du Peuple allait lui confier un rôle des plus importants.

Libena Kirilenka : Vous serez chargé de gérer ces camps de concentrations où nous enfermerons les vieux zemkoïstes et les ennemis politiques ainsi que les "idiots inutiles" (reprise de l'expression rostove), vous devrez les affamer et les faire travailler jusqu'à l'épuisement, ils devront se racheter auprès de la nouvelle société marxiste en exécutant divers travaux comme construction d'autoroutes et de chemins de fer, vous vous en sentez capables ?

Slavomir Franz : Ce sera avec plaisir, à condition que vous me laissiez sélectionner les gardiens. -souriant sadiquement-

Libena Kirilenka était persuadée que ce psychopathe s'épanouirait pleinement dans son nouvel emploi, le fait qu'il veuille choisir les gardes est aussi bénéfique, après tout, les capitalistes et les ennemis du Peuple ne méritent aucune pitié.

Libena Kirilenka : C'est entendu, camarade. Mais j'exige que vous fassiez cela le plus discrètement possible, nous sommes censés être une "démocratie", nous n'allons pas le rester éternellement, mais quand le monde le comprendra, il n'aura plus aucun pouvoir sur le peuple tcherkesse qui sera, tous l'espérait, entièrement "rééduquer". </center>
Alexei

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<center>★ On ne naît pas puissant, on le devient ★

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/48223762rp.png[/img]

« Les Kirkstanais sont d'excellents soldats et les meilleurs des camarades, nous avons beaucoup à apprendre d'eux » - Journal de Benno Martín, caporal dans l'APR.</center>

« La manoeuvre commença par une préparation d'artillerie, sous la gouverne des instructeurs kirkstanais qui observaient tout en donnant leurs ordres. À côté de nous se trouvaient eux-mêmes les artilleurs almérans qui nous entraînaient, leurs tirs et les nôtres étaient, sans surprise, bien différent, eux étaient capable de tirer plus vite tout en visant mieux, c'en était à s'arracher les cheveux, mais nous continuions [...]

Notre instructeur était un grand homme au crâne rasé nommé Mikhaïl, il en demandait toujours plus, nous tirions toujours plus d'obus dans nos vieux mortiers datant de 50 ans et des poussières, ensuite, il nous a fait essayer les Volk-1 kirkstanais, modernes et facilement maniables, le résultat était bien différent, c'est simple, l'obus touchait la cible presque à chaque tirs, nos camarades artilleurs d'Alméra étaient impressionnés de la manière dont nous nous sommes vite accoutumés à ces engins, il nous les fallait, tout simplement [...]

Nous nous sommes tous retrouvés le soir au campement, les officiers discutaient entre eux et riaient, riaient, ils étaient tellement contents d'être entraînés par des pros. Nous, au coin du feu nous échangions vodka et slibàïky en interrogeant littéralement nos camarades, marié pas marié ? Des enfants ? Un chat ? Comment est le Kirkstan ? Tous répondaient à coeur-joie à nos questions quelques peu intrusives, enfin, vint le sujet de la politique, nous parlions du défunt camarade Zemko et de Vladimir Stramine, l'homme qui avait tant inspiré notre Révolution, avec sa moustache légendaire, nous parlions avec horreur des autres pays Jeekimois, l'un nous confia que son plus beau rêve était de "voir la Sébaldie en cendres et de tirer sur leurs femmes répugnantes", nous, nous restions modérés, mais lorsque l'on parla du Coorland et de la Varlovie, des mots de haine sortirent impitoyablement de nos bouches, puis Vàclav provoqua un fou rire général en déclarant "Ca se voit que vous avez jamais fait une partouze avec des rouquines coores !".
Soudain nous entendîmes des tirs et des explosions un peu plus loin, notre officier, le brave lieutenant Mellič, nous informa que c'était seulement les manoeuvres de combat blindés, ils s'entraînaient à faire des formations en pointe et à tirer sur de vieilles autos, tandis que l'infanterie les suivait à toute jambe, curieux je pus assister à l'exercice qui était fort impressionnant, je n'aurais pas voulu être en face si j'étais un ennemi du peuple [...]

Enfin dans les airs, des chasseurs passèrent dans un bruit intense, deux escadrilles étaient présentes, l'une Tcherkesse, l'autre Kirkstanaise, ils s'entraînèrent à mitrailler des positions au sol et je vis même les pilotes kirkstanais, tellement sûrs d'eux qu'ils firent des tonneaux magistraux, imités par nos gars dans leurs avions pourtant obsolètes, cet exercice se poursuivit aussi en mer d'après nos officiers, mais je n'ai pu assisté personnellement à ceux-ci [...]

Deux jours plus tard, nos camarades durent malheureusement rentrer, nous leurs serrâmes une dernière fois la main avec un sourire, ils étaient restés peu de temps mais nous nous étions attachés à eux et espérions les revoir, peut-être autre part que sur un champs de bataille.
Après tout ceci, nous nous sentions réellement invincibles, la nouvelle armée tcherkesse était bien différente de l'ancienne, comme nous le martelaient les stařec (vieux), ils avaient probablement raison [...]

Après ça, un soldat tellement monté à bloc hurla, tourné vers le nord, en direction du Coorland et d'autres pays jeekimois "Maintenant vous pouvez craindre la menace rouge !" »
Alexei

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<center>~ La mort d'un symbole ~

[img]http://img15.hostingpics.net/pics/11673973rp.png[/img]</center>

Une foule de partisans s'était massée sur la Place de la Révolution, les routes étaient difficiles à encadrer et un tel afflux de fanatiques avait fait pâlir les autorités qui avaient dû appeler du renfort pour maintenir un minimum de sécurité.
Il était 15h00 lorsque le corbillard s'engouffra sur les routes direction la Place de la Révolution avec la statue du défunt dirigeant en plein milieu du boulevard, tout autour, 2 000 soldats s'étaient rassemblés pour rendre un der nier hommage à l'homme qui avait montré la voie à la Tcherkessie, une tribune s'était mystérieusement dressée pendant la nuit où l'on attendait Libena Kirilenka, la nouvelle Grande Représentante du Peuple, on commença la cérémonie par l'écoute de [url=http://www.youtube.com/watch?v=kpPm7rcfBJU]l'hymne de la Révolution[/url].

L'orchestre était le plus qualifié du pays, à la surprise générale, les soldats reprirent, la main sur le coeur, la magnifique chanson, le public ne pouvait qu'être comblé. La cérémonie était la plus solennelle possible, tout le monde écoutait en silence, les "révoltés de la première heure" avaient les larmes aux yeux, les soldats les plus fanatiques brandirent leur poing droit vers la statue de Milan Zemko en chantant, il était dur d'imaginer à quel point la mise en scène était réussie. Après l'Hymne de la Révolution, c'est l'hymne national qui fut entonné tandis que Libena Kirilenka se plaçait au podium sous l'oeil attentif des snipers qui inspectaient les alentours dans les immeubles qui avaient été vidés par sécurité.

"Camarades, commença la nouvelle dirigeante lorsque l'hymne fut achevé.
Je vous remercie de votre présence pour ce qui est le dernier hommage à l'Homme qui nous a montré la voie, la voie de la Révolution, de l'égalité, de la justice et du patriotisme, mon défunt compagnon, mais aussi compagnon de la Patrie et révolutionnaire insoumis et intrépide, Milan Zemko ! -ses yeux s'emplirent de larmes-
Cette Révolution, nous ne la devons qu'à vous, camarades, sans vous, nous serions toujours sous l'oppression de l'immonde Igor II, sans vous des enfants mourraient encore tous les jours, sans vous nous ne connaitrions pas la Justice et le Socialisme démocratique.
Nous venons donc te rendre un dernier hommage, camarade Milan, tu nous as montré beaucoup, même si tu n'es plus, ton âme subsiste en nous par le Socialisme, jamais nous ne t'oublierons !"

Les applaudissements se furent prolongés, tandis que des soldats de la Garde Rouge impeccables faisaient descendre le cercueil recouvert du drapeau national dans le caveau funéraire, ultime domicile du Grand Représentant du Peuple défunt, tandis que les soldats de la Garde Rouge s'écartèrent, cinq hommes armés de vieux fusils se mirent au garde-à-vous sous les yeux de leur officier qui tentait de masquer son émotion.

"Oheň !", cria-t'il.

Les soldats tirèrent simultanément dans le ciel, l'opération se reproduit cinq fois, puis on recouvrit le caveau. La cérémonie dura toute l'après-midi et fut retransmise sur toutes les chaînes et dans tout le pays. Des représentants de tous les pays du Pacte assistèrent à la cérémonie, à la surprise générale, un représentant tchoconalien fut envoyé par Kûrial et d'autres pays plus neutres comme le Kirep avaient assisté aux funérailles nationales les plus grandioses de l'Histoire de la Tcherkessie.
Alexei

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<center>☭ LA TCHERKESSIE, UNE DEMOCRATIE ? ☭
ACTE II


[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=796123carte.png][img]http://img15.hostingpics.net/thumbs/mini_796123carte.png[/img][/url]</center>

Slavomir Franz n'avait pas perdu de temps.
Le tatoué s'était mis directement au travail lorsqu'il eut quitté la camarade Kirilenka.
Au total, ce sont 6 camps de redressement (ou "internory") qui se sont ajoutés aux 7 camps de redressement mentaux (ou "asily") construits sous l'ère zemkoïste.
Les nouveaux camps sont principalement situés dans des forêts et regroupent les prisonniers politiques tcherkesses et étrangers, on dénombre déjà 110 000 incarcérés, dont 4 000 coors et 2 000 liethuviskiens, principalement raflés dans l'est de Sankt-Vladislav. Les conditions de ces camps ne sont pas, paradoxalement, inhumaines, Franz ayant été clair dessus, les commandants appliquent une politique saine, sans violer de conventions. Néanmoins, il y a des exceptions...

<center>[img]http://img4.hostingpics.net/pics/51500073rp.png[/img]</center>

Luboslav lécha pour l'ultime fois le fond de sa gamelle.
Autour de lui, ses camarades s'activaient, ils se nourrissaient frénétiquement de leur soupe, si chèrement payée, celle-ci ne dépassait pas la vingtaine de centilitres, mais c'était déjà mieux que rien.
Luboslav était Sébalde, il était arrivé ici il y a à peine deux jours, et il se sentait déjà harassé.

Prisonnier #252A : Hé, tu es nouveau toi ?

Luboslav leva la tête, devant lui trônait un homme de haute taille, noir, il avait un air juvénile et était également revêtu de l'uniforme réglementaire des "odporcovia" (opposants), ce-dernier lui tendit la main.

Prisonnier #252A : Moi c'est Jamie, j'suis du Coorland, dis-moi, ça fait combien d'temps qu't'es là ?

Luboslav -qui fut surpris de l'origine du noir- : Deux jours...

Jamie : Et t'es déjà dans cet état ? Merde alors, t'es bon pour le mur !

Luboslav -qui ne comprenait pas- : le mur ?

Jamie : Ouais, le mur, c'est là où ils s'occupent des faibles.

Tout était tellement surnaturel. Deux jours auparavant, il était tranquillement installé avec Sandra, qu'est-ce qu'il la regrettait... tout avait été bouleversé si vite... Luboslav eut envie de pleurer, pleurer de répit, mais Jamie, instinctivement, s'assit près de lui.

Jamie : Hé ho, mec, c'est pas l'moment d'chialer ! Si tu veux sortir d'ici, c'est pas en amadouant les gardes, ça j'te l'dis, et puis...

Garde : Hé, le nègre et le Sébalde, vous avez pas entendu la cloche ?! Au travail, sinon c'est la bassine !

Les deux hommes se levèrent et prirent l'ascenseur qui les faisait descendre dans les ténèbres. Au pied des montagnes de Ketchevie, ils descendaient, lentement mais surement vers l'une des mines les plus riches du pays. Dans l'ascenseur -qui ressemblait plus à un monte-charge- se trouvait 8 autres prisonniers. Descendre par ce moyen était loin d'être un privilège, car ils allaient au plus profond de la mine, là où l'air était irrespirable et où le plafond était le plus exiguë. Les gardes affectionnaient peu cet endroit où l'on testait les nouveaux prisonniers.

Garde : Terminus, tout le monde descend !

Les 7 hommes du Skupina (groupe) B quittèrent le monte-charge qui les avait amené ici, parmi eux, on retrouvait principalement des nouveaux prisonniers qui étaient paralysés par la peur et qui étaient presque tous destinés "au mur". Jamie, de par sa force et son ancienneté devait les former. Parmi le groupe, il y avait deux Tcherkesses dont un était le "Kapi" (chef de groupe revêtant toutefois le même uniforme, mais dispensé de travail et avec de meilleurs rations, celui-ci est généralement tcherkesse et n'est pas un prisonnier politique) et le deuxième son adjoint. Dans cette galerie, il n'y avait que deux gardes, mais ceux-ci étaient armés jusqu'aux dents et inatteignables au niveau du monte-charge. Le kapi s'arrêta pour discuter avec eux. Le groupe se mit en place et creusa, avec des pioches, cherchant l'or dont la Tcherkessie recelait, une fois que la moindre pépite était trouvée, le détenu devait le signaler, si celui-ci ne le faisait pas et s'emparait illégalement d'or, il était passible de torture.

5 heures plus tard, le skupina B sortit de la mine. Luboslav était transit de fatigue, tout comme Jamie. Le groupe rejoint une grande file encadrée par 10 gardes composée des autres skupina, il leur restait 5 kilomètres de marche avant le repos tant attendu.

Arrivés au camp, Jamie obligea Luboslav à combattre sa fatigue et à prendre sa ration de soupe, qui était vitale. Cette-dernière était plus consistante que celle du midi. Une heure plus tard, c'était l'extinction des feux dans des baraques de bois pouvant contenir 30 prisonniers qu'un kapi surveillait.
Luboslav n'arrivait toujours pas à croire que la lente agonie qu'était le camp continuerait, encore et encore...
Alexei

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[RP reposté]

AU NOM DU PÈRE, DE LA SOEUR ET DU SAINT-ESPRIT.

<center>[img]http://img15.hostingpics.net/pics/37962415rp.png[/img]</center>

Le kapitan Niměk gravit les escaliers de métal menant à la cabine de commandement. Le soleil commençait à décliner sur le port de Preškovo, un coucher de soleil printannier s'annonçait, l'atmosphère était si calme et silencieuse... peut-être n'était-ce que le calme avant la tempête ?
Le capitaine n'eut pas besoin de toquer, lorsqu'il posa la main droite sur l'écoutille, la porte s'ouvrit devant un opérateur qui voulait faire visiblement une pause cigarette, ce-dernier se mit instantanément au garde-à-vous avant que Martin Niměk n'entre. Dans la cabine, une agitation inhabituelle avait lieue, peut-être à cause de la "récolte de champignons" de ce soir ? Quoi qu'il en soit, l'admiral Škrtel était, comme à son habitude, entrain de siroter un café noir en provenance du Khaldidan, celui-ci leva la tête lorsque le capitaine -plutôt grand- vint lui faire face.

Admiral Škrtel : Asseyez-vous, kapitan.

Kapitan Niměk -qui s'assit- : Pourquoi m'avez-vous appeler, mon amiral ?

Admiral Škrtel : Pour vous confier une mission.

Kapitan Niměk -dubitatif- : Hum... laquelle ?

Admiral Škrtel : Allez voir le lieutenant Seta et dites-lui que vous prenez sa place. Vous allez diriger un raid.

Kapitan Niměk : Je ne comprends pas... où un raid ?

L'amiral finit de boire son café, puis, il reprit d'un ton toujours aussi détendu et confiant.

Admiral Škrtel : Sur la ville de votre choix en Varlovie. La guerre au Finnherland ne va pas durer, mais notre pays est embourbé dedans. Alors autant donner une bonne leçon aux Varloviens, surtout après ce qu'ils ont fait à Miskolce.

Ce mot sembla faire peur au jeune capitaine qui sentit une sourde haine monter en lui. Tandis que l'amiral l'analysait de ses yeux froids, le capitaine repensait à sa soeur défunte, tuée à Miskolce dans une fusillade entre l'armée et des fascistes. Bien qu'ils n'y soient pour rien, les Varloviens semblaient être les coupables idéals pour lui. Cette opportunité que lui offrait son supérieur était celle qui permettrait de se venger une bonne fois pour toute, il lui laissait même le choix.

Kapitan Niměk : Je saurai m'acquitter de ma tâche, camarade.
Alexei

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SUR LES ONDES...

<center>[img]http://www.avis-de-deces.com/pub/content/celebrites/d2eb820804.jpg[/img]

Soldat, entends-tu le cri sourd des bouchers dans nos plaines ?
Soldat, entends-tu les appels de la patrie qu'on malmène ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le coût du sang et les larmes.

Sortez des usines, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, l'étendard, les grenades !
Ohé, les tueurs à la balle ou au poignard, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ta meilleure amie : dynamite...

C'est nous qui brisons les chaînes de nos frères...
La haine à nos trousses, le courage qui nous pousse, et la guerre.
Il y a la patrie où les gens au creux du lit font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Soldat, si tu tombes un camarade sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang fasciste séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit le Peuple nous écoute...
</center>
Alexei

Message par Alexei »

<center>RÉUNION DE CRISE DU COMITÉ CENTRAL DE L'ETAT

-Tcherkovo le 25 avril 2022-

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Libena Kirilenka : L'heure est grave, messieurs.

Les hommes étaient dans la salle de réunion du Veľký palàc, richement décorée. Comme disait la Grande Représentante du Peuple, l'heure était grave. Les ennemis fascistes étaient aux portes du pays suite à l'Opération Miskolce qui avait mal tournée. Cette réunion était surement la plus importante de l'Histoire de la République Démocratique et Socialiste de Tcherkessie, la chef d'Etat avait réuni tous les ministres, le responsable de la défense du pays ainsi que le chef des Brigades Rouges.

Libena Kirilenka : Actuellement, nous sommes encerclés de toutes parts. La vie de notre peuple, de nos coutumes et de notre révolution est menacée. Quelle est la situation, camarade Heinrici ?

Le Maréchal Heinrici était le seul de la pièce à afficher un calme olympien, ce qui contrastait énormément avec sa réputation d'homme énergique. Il était petit, portait des lunettes et n'avaient pas l'air d'un soldat. Il était toutefois un stratège hors-pair et déterminé : il ne reculerait pas.

Pavol Heinrici : Les armées viennent de finir de se mettre en position, camarade-leader. D'après les données des satellites de l'URCM, l'ennemi devrait attaqué dans le secteur de Šumickovo dans le Nord-est. Les soldats occupent les positions bâties il y a un an dans le cadre du plan Zachovanie.

Libena Kirilenka : Excellent. Quelle sera votre stratégie, camarade ?

Pavol Heinrici : Je me suis entretenu avec les camarades kirkstanais et thalibossiens : nous allons appliquer une tactique de défense statique, le but sera de ne pas laisser avancer l'ennemi sur notre territoire. Les arrières seront couverts par les unités de partisans toujours plus nombreuses. Les hommes sont déterminées à défendre le pays.

Libena Kirilenka : Fort bien. À combien s'élèvent nos troupes ?

Pavol Heinrici : Nous ne sommes pas moins de 3 millions de réguliers et environ 2 millions d'irréguliers. Connaissant la Varlovie, celle-ci attaquera en masse, mais elle se heurtera à un mur, je vous le garantie.

Libena Kirilenka se tourna vers son Commissaire à la Propagande, celui-ci venait de recevoir un curieux message de la part des autorités varloviennes...

Milos Hviezdoslav (Ministre de la Propagande) : Hum.. un message vient de parvenir au Commissariat des Affaires Etrangères, ce sont les Varloviens. Ils disent clairement que si ils entrent, ils feront un carnage dans la population civile.

La présidente serra les dents légèrement : ces cafards varloviens seraient donc des bouchers ? Elle eut une idée.

Libena Kirilenka : Rendez publique cette lettre, camarade, il faut que le peuple ait une raison de se battre et il l'aura.

Sergeï Makarov (Ministre de l'Economie) : Je me permets de vous couper pour vous exposer mon projet de sauvegarde économique : J'ai vu que le camarade Heinrici voulait appliquer la terre brûlée en cas de percée ennemie. Or, cela aurait des conséquences intolérables sur notre économie encore fragile. Je préconise donc de délocaliser les usines proches de la lignes de front dans le sud-est du pays, ce qu'on appel la "Terre déserte", cela paraît plus économique et moins radical que la terre brûlée.

Heinrici hocha la tête, suivit par les autres ministres qui firent montre de leur approbation au Ministre de l'Economie.

Libena Kirilenka : Bien, dans ce cas les usines trop proches seront démontées à la hâte. Nous n'avons pas beaucoup de temps, messieurs, il faut que chaque homme et chaque femme en place sur la ligne Milan Zemko (nom donné à la ligne de front principal) se batte jusqu'à la mort pour retarder l'ennemi.

Toukhatchevski : Que comptez-vous faire pour l'Ombërie ?

L'Ombërie, ce voisin dont on ignorait l'existence il y a à peine un an... ce-dernier avait foncé sur le territoire tcherkesse à la première occasion, mais s'y était retiré... peut-être s'était-il rendu compte du danger que la traîtrise représentait ?

Libena Kirilenka : Nous nous occuperons de ces chiens en temps voulus, mais ils ne s'en tireront pas comme ça, camarade, je vous l'assure.

Pavol Heinrici : Le problème majeur reste la flotte schlessoise qui s'approche de nos côtes...

Toukhatchevski : En effet, si elle débarque des troupes à Sankt-Vladislav, nous n'aurons aucun moyen de les arrêter. J'ai envoyé pas moins de 5 stratèges sur cette île, tous m'ont communiqué la même réponse : "le terrain est parfaitement indéfendable".

Maria Nemcova (Ministre de la Culture et de l'Education) : Nous n'allons tout de même pas abandonner l'île ?

Toukhatchevski : J'en ai bien peur. Nous laisserons l'île aux miliciens et y mobiliserons une petite force, mais je ne vous assure rien [...]
Alexei

Message par Alexei »

Espoirs blancs
Tcherkovo - 8 mai 2021


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Le Černý pelikán était un petit bar original et paisible, trois rues avant la cathédrale de Prievidza à Tcherkovo. Le "pélican noir" était, auparavant, une petite auberge où les voyageurs médiévaux trouvaient refuge un soir de pluie où ils pouvaient se restaurer à l'aide de copieuses recettes traditionnelles et de vin, avant de repartir pour leur périple, qui en Alméra, qui au Coorland, qui au Makara... Olga Olyevine était transyldave, comme le anciens propriétaires, d'où le nom de l'établissement. Le pélican noir avait gardé son ambiance d'antan sans toutefois la fonction d'auberge. Les touristes y venaient pour déguster des knedliky avec une bonne goulaš avant de visiter la magnifique cathédrale de Prievidza. L'établissement était également beaucoup fréquenté par certains dignitaires communistes et haut-fonctionnaires, ces-derniers auraient été effarés si ils avaient vu que le Pélican noir était l'épicentre de la "résistance" monarchistes.
Vilduj Borštil, malgré son prénom, n'avait rien de communiste. On pouvait le voir assit tous les jours à la même table, toujours une choppe de bière en face de lui, il était à la même table ce soir-là.


Olga Olyevine : Bon, plus personne, je ferme.

Borštil but une gorgée de sa bière en ne faisant guère attention aux mots de la taulière, cette-dernière était la patronne de bar typique ; bonne vivante s'exclamant d'une voix presque masculine dénuée d'élégance. Ce soir-là, quelque chose d'important devait avoir lieu, sinon, Borštil ne serait pas resté. Comme ordonné par la mairie, Olga coupa les lumières et sortit un briquet métallique afin d'allumer quelques bougies. La Tcherkessie était en guerre, et pour éviter les dégâts, un blackout avait été décrété dans toutes les grandes villes. La grosse femme tira les rideaux ensuite, puis, on frappa à la porte arrière.

Vilduj Borštil -dit-il en se levant- : Enfin !

Le client ouvrit la porte devant trois hommes qui rentrèrent, dont l'un en béquilles, précipitamment et vinrent s'installer à la table au centre du bar, tandis que Borštil fermait la porte et revenait s'installer après avoir jeté un coup d'oeil circulaire à la ruelle à l'arrière.

Olga Olyevine : Je vous apporte le dîner.

Les hommes retirèrent leur manteau et les tendirent à la patronne qui vint les accrocher derrière le bar, Vilduj, lui, but une gorgée de bière et se pencha vers ses compères, l'un était petit et barbu, avec des lunettes, le second était plus grand, plus élégant, le troisième lui, était chauve et en marchait avec des béquilles.

Vilduj Borštil : Vous en avez mis du temps. Vous avez les plans ?

Nikifor Kulik : Ouais, on a tout, il nous manque toujours la bombe par contre. Les artisans ont pris un peu de retard, et tu sais, l'armée est partout, c'est impossible de faire un pas sans se faire contrôler... heureusement qu'on a ces foutus papiers d'invalidités.

Alfred Kuta : Et toi, Vilduj, t'es sûr que Jankech marchera avec nous ? C'est bien beau de tuer la pétasse, mais faudrait pas que les autres cons se ramènent.

Vilduj Borštil : T'inquiètes, il m'a assuré de son soutien. Lorsqu'on aura fait sauter Kirilenka, il décrétera un gouvernement militaire provisoire puis le Tsar reviendra et pourra reprendre ses fonctions et mettre fin à la guerre.

Olga Olyevine -qui se grattait la fesse gauche- : Foutus rats, allez, oust !

Alfred Kuta : Et si ça foire, on fait comment ?

Vilduj Borštil : Ca foirera pas, l'armée peut rien faire car l'APR se bat déjà au Nord...

Jan Hipp : Sauf que y a la menace du Schlessien, donc y a quand même des gars au sud...

Nikifor Kulik : ...et ils nous choperont à la moindre occasion.

Vilduj Borštil -s'énervant légèrement- : Oh, je vous le dis moi, le général Jankech va nous protéger, vous vous en faites trop les gars.

Quelques minutes plus tard, Olga apportait le dîner : du gigot avec des pommes de terres et des carottes agrémenté d'un peu de vin franconien.

Vilduj Borštil : Merci, Olga.

Alfred Kuta : Et nous dans tout ça ? Quand le Tsar sera revenu, on gagnera quoi ?

Vilduj Borštil : Surement des postes de ministres et un bon paquet de fric, ce qui est sûr, c'est que les rouges resteront pas.

Jan Hipp était le neveu du Tsar Milos II et savait pertinemment que celui-ci ne tiendrait parole, ni même pour Vilduj. Hipp, lui, savait que le Tsar ne se retournerait pas contre lui.

Jan Hipp : Vous avez vu, l'Oceania a flanché face aux cocos.

Alfred Kuta : J'en étais sûr, ces kangourous sont trop cons, le Pacte aurait rien branlé, comme ici. Vous voyez une aide du Pacte ici ? Non, c'est pour ça qu'il faut intervenir et vite.

Vilduj Borštil : Pas faux, m'enfin faut se méfier, mais comme tu le dis, plus vite nous agirons, plus vite les souffrances du peuple s'arrêteront.

Nikifor Kulik -qui coupa un morceau de viande- : Amen. À quand est prévu le coup, sinon ?

Jan Hipp : Dušan nous donne la bombe demain, Kirilenka tiendra un discours après-demain. Nous devons donc nous préparer à agir.

Vilduj Borštil : C'est juste quand même, mais ça l'fera, bien, à la santé des rouges messieurs.

Les comploteurs levèrent leurs verres et trinquèrent dans un petit "tchin" en priant de manière bien optimiste que les heures de la Tcherkessie rouge sont comptées.
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