Pèlerinage vers Bardaran

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Amaski

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<center>PELERINAGE VERS BARDARAN
- Partie 1 : Préparatifs - 

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Hawa, reine du Drogo, se promena dans les jardins magnifiques du palais en compagnie d'un vieux moine nommé Abbad. La souveraine profita que son époux fut occupé avec le conseil pour passer le temps dans la fraîcheur matinale des jardins. Le soleil s'était levé il y a peine quelques heures et donc ses rayons n'avaient pas encore toute la force qu'ils avaient vers le midi solaire. Il fallait dire qu'elle avait du s'adapter à un rythme de vie plus contraignant. Teheb se levait bien avant le soleil et le palais avec lui. Il avait un dédain certain pour l’oisiveté, une attitude héritée de son passé et sa jeunesse plus qu'active. Alors que jadis elle pouvait dormir bien au-delà du levé du soleil, elle dut se résigner à faire de même que Teheb et se lever aux heures de la naissance solaire. A ceci il fallait ajouter que les soirées se faisaient longues et que le coucher ne fut pas identique au sommeil pour des raisons que connaissent tous ceux qui vivent en couple. Elle compensait ce manque de sommeil en profitant des jardins pour prendre des heures d'otium, discutant le plus souvent avec des clercs sur des questions de foi. Alors que son père avait interdit aux moines et prêtres de s'approcher du palais, haïssant cette espèce comme la peste, Teheb se montra très ouvert ou mieux dit il laissa son épouse faire librement ne montrant pas d'intérêt pour les clercs rentrant ou sortant du palais. Probablement qu'il laissa aussi faire car voyant en ceci le meilleur moyen de d'assurer que Hawa recevait l'envie de prendre en amant comme ceci fut souvent le cas pour les femmes qu'on forcer de marier des puissants au nom de la politique. La première fois que Hawa avait rencontré Abbad fut à Bedan, dans un rare moment ou son père avait diminué sa surveillance, et les deux avaient rapidement découvert un intérêt mutuel nommé dieu. Il leur arrivait donc de souvent se voir dans les jardins du palais et de se promener, lentement en raison de l'âge du moine, mais de manière constante sur les chemins entre les roses, tulipes, orchidées, buissons et palmiers. Mais aujourd'hui leur discussion ne fut pas une discussion habituelle portant sur les questions de la foi ou la passion chrétienne mais centré autour d'un sujet qui occupait les deux depuis au moins une semaine. Le projet d'organiser un voyage en terre sainte, plus précisément dans la ville de Bardaran, cité sainte de trois religions et surtout du christianisme car lieu de mort de Jésus, le fils de Dieu. Les moines de l'ordre d'Abbad projetait ce voyage depuis quelques années mais manque de fonds, il n'aboutit pas. C'est alors que la reine proposa de financer le voyage. Les moines furent alors enchantés, Abbad en premier et on proposa en remerciement à la reine de venir qui l'accepta après avoir demandé permission à Teheb qui, méfiant dans un premier instant, céda finalement nolens volens. Abbad informa alors la reine sur l'avancé des préparatifs.

« Sachez sinon que concernant le voyage vers Bardaran les préparatifs seront bientôt terminés. Nous pourrons, selon nos estimations espérer de partir dans quelques jours. Qu'en est-il de votre côté, votre grâce ? »

Hawa avait déjà fait tout préparer depuis une semaine. Le fait était qu'elle était impatience d'entamer le voyage pour voir pour la première fois de sa vie la cité sainte de Bardaran et voir les lieux de la mort du Christ et l'accomplissement de la volonté de dieu sur terre. Elle répondit par conséquence à son ami Abbad.

« Tout est prêt. Je suis impatiente d'entamer ce voyage. J'ai lu des très nombreuses livres sur la ville de Bardaran. On l'a dit magnifique en tout point. Au fond, avez-vous déjà été dans la cité de dieu ? »

Abbad y avait été mais ca faisait déjà des très nombreuses années. La dernière fois qu'il y avait été, c'était à l'âge de trente ans et ceci faisait déjà au moins quarante années. Mais il se tenait au courrant ce qui arrivait dans la ville surtout depuis que le Terdus l'avait envahie car des cet instant beaucoup de choses changeaient et pas pour le bon. Le vieux moine raconta alors à la reine.

« J'y ait été mais ca fait très longtemps. Par contre je dois vous avertir, on dit que la ville a beaucoup changé. Les machines semblent chaque jour devenir plus présentes dans la ville car le Terdus pense bon d'y faire parvenir ce qui est nommé faussement le progrès. L'air commence donc a être empoisonné par les rejets des machines mais soyez assuré, je pense que nous ne devrions pas avoir des problèmes. La situation ne semble pas encore être trop mauvaise. Les quartiers ou se trouvent les lieux saints sont, ainsi il me semble, encore totalement épargné. »

Ce commentaire provoqua chez Hawa une très légère inquiétude. Elle avait entendu parler de ce phénomène. Partout dans le monde on construisait des machines qui empoisonnent les airs, les eaux et ravagent les forêts. Son père avait même dit que dans deux à trois siècles le Drogo pourrait être le dernier pays encore épargné par ce désastre. Elle espérait que Bardaran soit épargné par les machines et qu'elle ne soit pas empoisonné comme le reste du Monde. Elle préférait de ne pas interroger d'avantage Abbad sur le sujet et passer à un autre aspect.

« Concernant le trajet, par ou passerons ? Mon époux m'a avertis d'éviter la route de l'est vu que les hordes font des incursions dans les régions périphériques. »

Abbad avait lui aussi eu vent de ce problème et on avait, en raison des moyens financiers disponibles, décidé de faire une partie par bateau. Il répondit donc à Hawa.

« Je dois donner raison au roi. Nous allons prendre le navire depuis Baratheon jusqu'au port de la porte septentrionale. Depuis là nous passerons par le col de Al-Ahmed et tout le trajet en terre sainte se fera par caravane. De cette façon nous éviterons tout risque concernant les incursions barbares et aussi éviterons de trop nous rapprocher du Kosaria qui a été envahi par les Huns. L'invasion du Terdus à l'avantage d'accorder à la terre sainte une certaine stabilité sécuritaire et donc nous ne devrions pas nous faire des soucis des que le col d'Al-Ahmed est franchi. Soyez sans crainte. Le voyage se passera de la meilleure manière et vous allez être fasciné par la ville sainte. Elle a une aura unique au Monde. »

Soudainement un son de cloche résonna dans les jardins. Ce fut un son lointain et bas. C'étaient les cloches du monastères en dehors de la cité qui faisaient sonner les puissantes cloches de l'église monastique. Abbad savait que ceci pour lui le signer de quitter la reine s'il ne voulait pas arriver en retard pour la prochaine prière. En moyenne, un moine priait huit heures par jour, un travail à plein temps pour assurer au pays la bienveillance de dieu. Comme les aristocrates se battent pour protéger les paysans et les prêtres, le clergé priait pour la sécurité des âmes des autres membres de la société. Deux mille ans de prière n'avaient pas su éroder la ferveur des moines qui génération après génération priaient pour le salut du royaume depuis que le premier empereur urbain chargea les moines de prier pour lui et son empire. L'empire urbain ne fut plus mais les moines continuer à prier et le feront probablement jusqu'à la fin des temps. Abbad salua alors la reine et la quitta pour sortir du palais par une porte secondaire menant sur des escaliers permettant de rapidement quitter la cité. Entre temps Hawa continua sa promenade toute seul pour être après quelques minutes être rejointe par une dame de la cour qui ne pouvait pas se retenir de lui raconter des ragots les plus insignifiantes qui soit, la dérangeant d'avantage que de l'amuser.

Abbad arriva après une heure enfin au monastère. Juste à temps pour entrer dans l'atrium et se diriger vers l'église ou il rejoignit le rang des autres moines. Jadis il arrivait de faire le trajet en une demie heure mais les années avaient demandés leur tribut au vieillard et il avait fini par accepter de devoir prévoir plus de temps pour se diriger d'un lieu vers l'autre. Après avoir fait les chants, les moines passèrent à la messe, célébrée à chaque dimanche depuis plus que quinze siècles ou l'abbé abord dans son sermon le voyage très prochain vers Bardaran à fin de pouvoir par ce pèlerinage purifier leurs âmes et aussi visiter les lieux sacrés de l'histoire chrétienne. Abbad n'accordait pas beaucoup d'admiration pour l'abbé, pensant que ses sermons furent souvent ennuyeux et peu profond smais en ce dimanche, il du avouer que le jeune abbé faisait un excellent discours. Fus ceci causé par l'objet ? Fut ceci Dieu lui-même qui enflammait les paroles de ce jeune qui normalement radoter sans cesse, usant des mots sacrés comme d'un vulgaire fouet pour assurer la discipline dans le monastère ? Abbad écoutait le sermon et se disait en son fort intérieur que leur voyage imminent fut sous une bonne étoile.
Amaski

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<center>PELERINAGE VERS BARDARAN
- Partie 2 : Le voyage - 

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Le navire transportant les pèlerins quitta la ville de Baratheon à l'aube alors que le soleil venait juste d'annoncer sa venue. Les eaux étaient encore sombres et l'horizon rubescent dans un teint très léger entouré par une ligne de bleu sombre. Bientôt le soleil allait se lever et sur le navire, les moines préparaient déjà la première prière de la journée. Le navire fut un vaisseau de la flotte royale, pas aussi rapide que le défunt « Auréole rouge » mais en ce temps parmi les navires les plus rapides et les plus résistants. Les marins engagés pour gérer le navire finissaient par détacher les derniers voiles. Quand les moines chantaient la grâce de dieu et que le soleil apparu, le vent se leva depuis le sud et gonfla les voiles du navires. Une secousse traversa le vaisseau qui entama alors de prendre de la vitesse en traversant les vagues comme une flèche en direction du Nord. Hawa entre temps priait aussi comme elle avait l'habitude de le faire chaque jour en cette heure. Elle espérait que le navire ne rencontrera pas de pirates. Teheb lui avait assuré qu'elle ne devait pas se soucier pour ceci. La reine ne savait pas que Teheb avait donné à Kalboum la direction de la flotte pirate avec un joli cadeau d'adieu aux siens. Elle n'avait que vu il y a trois jours comme Kalboum sortit du bureau de son époux, souriant et heureux comme un enfant, avec dans ses mains un document qu'elle ne put pas identifier mais qui étaient des lettres de marque. Ces documents transformés les pirates en des corsaires au service de la couronne. L'accord fut assez simple. Kalboum prenait la direction des pirates avec en appui les lettres de marque qui ouvraient les ports du royaume aux corsaires et en échange bien évidemment les corsaires devaient s'abstenir d'attaquer des navires du Drogo et donner un quart du or capturé. Pour les pirates ce fut un excellent accord leur permettant d'avoir une vaste base d'opération pour pouvoir mener des incursions plus loin et plus longtemps. Kalboum, enivré par les lettres de marque, rêvait déjà de raids sur les navires numanciens, schlessois voir aussi de la Hylé. Peut être aussi pouvait on essayer de prendre les pétroliers venant du Barebjal  et les navires raksas du Makara? Les mers modernes furent remplis de trésors flottantes, lourdes et vulnérables face aux navires rapides et légers. Bien évidemment Kalboum n'avait pas l'intention de lancer ces attaques avec des navires en bois, trop fragiles en mer ouverte mais en armant les navires en acier pris durant les campagnes de Kaladôm. Pendant que Kalboum retournait aux iles grises pour annoncer la nouvelle des lettres des marques aux autres chefs pirates, le navire des pélérins continua sa traversé. Le navire passa après trois jours de voyage à côté des puissants montagnes du nord, vaste, interminables et contenant des richesses inouï comme l'or et les diamants. Les Tangente avait pu devenir aussi riche grâce aux mines qu'ils détenaient dans la région mais ces mines furent rien comparé aux richesses dormantes dans les montagnes. Teheb le savait et réfléchissait comment assurer le monopole de la couronne sur ces deux minéraux stratégiques.

Les cimes blanches des montagnes saluaient les moines et marins, fiers monarques qui trônaient depuis des millions d'années, immuables et craignant rien. Le navire contourna la vaste péninsule montagnarde pour quitter le cours du Nord et se diriger vers l'Est, en direction des montagnes orientales. A partir de là le paysage montagnard céda aux profondes forêts et plantations de café et de blé interminables dans leur extension. La terre dans cette région fut riche grâce à une pluie généreuse et un climat doux. Mais cette vue fut avant tout pour satisfaire les âmes des marins et de Hawa car les moines s'avéraient trop occupés par leurs prières aussi nombreuses et diverses qu'elles pouvaient que plaire le seigneur. Les hommes de dieu étaient d'une régularité spectaculaire, fruit de centaines d'années de tradition. Alors que l'ère moderne anéantissait les arts, les cultures et les savoirs pour les enfermer dans les profondeurs des musées et les enterrer sous la masse de produits médiocres en tout forme, la tradition conservait et raffinait les apports du passé dans une stabilité réellement bénéfique au progrès. Le voyage durait plusieurs jours et lentement mais sûrement les plantations cédait à la sécheresse. Au cinquième jour seulement une vaste plaine rocheuse et sèche se présenta aux côtes. Ce furent les territoires de l'est, habitat des tribus les plus sauvages. De loin on pouvait voir les montagnes orientales, puissantes et protégeant le Drogo des barbares vivant de l'autre côté. C'est alors que deux jours plus tard le navire arriva dans un petit port. Ce fut un village modeste et simple entouré par une muraille en pierre datant d'une autre ère. Les pèlerins accostaient et descendaient dans la petite ville. A part quelques gardes, peu de gens vivaient dans ce lieu. Juste assez pour permettre d'assurer l'entretien minimal du port. L'est avait de tout temps était une région mystérieuse et sauvage en même temps. Mais ce furent les hauteurs des montagnes occidentales et la dureté du désert de roche qui permettait d'offrir une protection certaine contre les barbares de l'autre côté. Après avoir repris des forces dans la ville portuaire, les pélérins et Hawa se mirent en marche vers le col d'Al-Ahmed. Le début col n'était qu'a une demie heure de la ville et ce fut d'avantage une petite vallée traversant les montagnes occidentales qu'un vrai vol mais par simplicité on avait préférait pas débattre sur les aspects topographiques. Au cœur du col se trouvait une puissante muraille en pierre érigée après la première croisade et dont la porte principale gardait l'entrée du col, empêchant les barbares de prendre ce chemin. Dans la montagne avaient été aussi construit il y a un siècle des puissants canons dirigés vers l'est et prêt à bombarder ceux qui tenteraient de vouloir prendre la porte d'assaut par la force ou la masse. La porte occidental avait une garnison de plusieurs centaines de soldats, la plus part des criminels envoyés aux portes pour assurer leur sécurité. Une bonne discipline et des milliers de lieux de désert assurait que la garde restait sur place et obéissait aux ordres. Le groupe de pèlerins arriva à la porte après une journée de marche sur le chemin pavé du col. Les montagnes offraient une ombre douce et protégeant du soleil même si vers le soir cette douceur devenait rude.

Les pèlerins firent une journée de pause auprès la garnison de la porte ce qui permit d'échanger les nouvelles sur la situation de Baratheon avec la situation à la porte. Hawa fut intéressé par les nouvelles concernant la situation plus à l'est comme l'invasion des Huns et de la terre sainte. Beaucoup de réfugies avaient tentés de passer par la porte mais la garde ne l'avaient jamais ouverte laissant les gens retourner dans leurs pays dévastés par la guerre. De toute façon ceci aurait été sans sens car les gens n'auraient pas survécus à la traversé du désert. Il aurait fallu des bateaux pour les transporter et ceci ne fut pas possible. Mais la porte ne fut pas infaillible. Certains arrivaient à passer en montant dans les montagnes. Ceux qui se faisaient pas déchirer par les ours ou mouraient de froid, arrivaient de l'autre côté pour s'installe sur les maigres bandes fertiles au pied des montagnes et face au désert. Autour de certaines oasis il avait même des villages qui se formaient, inconnus et pas visités mais ils se formaient et les gens arrivaient à se refaire une vie convenable avec des fois même la chance d'être rattaché aux routes de caravanes. Après, certains décidaient de passer au nomadisme et d'avancer ainsi lentement vers l'ouest, étape par étape, des fois même génération après génération vers les terres fertiles. Il se pouvait ainsi que certaines migrations duraient des siècles entre leur événement déclencheur jusqu'à ce que des réfugier arrivait dans les terres fertiles du Drogo. Ce n'était pas un secret que pour une maison construite par un réfugier à Baratheon, cinquante tombes ornaient l'Est. Après la journée de repos, les pèlerins se remettaient sur la route descendant le col lentement mais sûrement pour enfin arrivait au fleuve qui séparait le Drogo de la terre sainte. Les pèlerins franchissait le fleuve par le pont que le roi Tarek avait traversé il y a mille ans pour aller libérer la cité sainte des musulmans. Le pont en pierre et jadis construit par les urbains, portaient ainsi les pèlerins qui ensuite suivaient l'ancienne route pavée vers Bardaran. Les jours suivants étaient marqués par les chants, auxquels Hawa osa même quelques fois se joindre, timidement mais elle le fit face aux voix puissantes et pures des moines.

C'est alors qu'après une semaine de marche, ils arrivaient à leur destination. Montant sur une colline, les moines et la reine virent la ville de Bardaran s'étaler devant eux. Les puissantes coupoles, minarets, toits de synagogues et les tours d'églises ornaient la ville encerclée par une puissante enceinte. Ils voyaient les gens entrer et sortir dans la ville, certains même dans des voitures mais la plus part à pied. De loin on entendait le son des chants, des appels à la prière des musulmans et les cris des marchands même si probablement ce dernier fut plus le produit de l'imagination fertile des observateurs qu'autre chose. Hawa fut fascinée par la cité, sa beauté, sa splendeur mais surtout la force spirituelle qu'elle diffusait. Il semblait que toutes les prières du Monde et de tous les peuples se réunissaient dans un seul lieu. Les palais côtoyaient les huttes ; les prêtres, les rabbins et les gens de toute nation, de toute couleur, religion et passion vivaient ensemble dans une ville qui pourrait sans aucune difficulté devenir la capitale du Monde occidental et oriental. Enfin ils étaient à leur but. Ils étaient à Bardaran. Abbad souriait pour sa part. Après tant de décennies il était de retour dans la ville de dieu. Mille ans avaient changés la face du Monde mais pas celle de la ville sainte.
Amaski

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<center>PELERINAGE VERS BARDARAN
- Partie 3 : La gloire de la cité sainte - 

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Les pèlerins entraient dans la ville de Bardaran, la glorieuse cité terrestre. Hawa se trouvait toujours parmi les moines de Baratheon, marchant à leurs côtés. La cité n'avait rien perdu de sa gloire ces derniers siècles. Même les fameuses machines dont on parlait ne furent pas présents dans la cité. Bardaran avait encore su sauvegarder son âme. Voila donc la cité sainte, se disait Hawa. Elle fut envahie d'une extase spirituelle en voyant la cité du seigneur. Depuis la porte par laquelle ils entraient dans la ville, elle voyait la plate-forme du temple détruit par le seigneur pour punir les juifs. Les odeurs d'épices et de fruits exotiques la rappelait au marché de Baratheon ainsi que la foule marchant dans les ruelles de la ville entre les stands des marchands vantant les mérites de leurs produit, les uns utiles, les autres futiles. Ce fut une atmosphère familiale mais en même temps mystique. Trois mille ans d'histoire résonnaient dans les ruelles. L'ombre du Seigneur portant la croix traversa les rues de la plus fabuleuses des ville. Comme un mendiant, le roi du Monde porte son poids soutenu par son dernier fidèle et les femmes en pleurs tentent de nettoyer le visage du fils de Dieu avec un simple drap qui réveillera la convoitise du Monde. Ici, dans ces enceintes, la mort fut vaincue pour la première fois, quatre mille ans après qu'Adam et Eve ont croqués dans le fruit interdit. Alors que le roi du Terdus se vante de posséder les richesses exotiques de ces terres, vendant des bananes à son peuple ; alors que le roi du Schlessien compte les litres de pétrole qu'il contrôle ; la reine du Drogo se sentait détentrice du plus grand trésor de ces terres, plus valeureux que tous les épices et tout le pétrole du Monde : le souvenir du sacrifice du seigneur pour l'humanité toute entière. A quoi bon le profit du pétrole de l'Empereur, quelle utilité les fruits et la gloire de la colonie du roi du Terdus face à la majesté du souvenir du pankrator ? Ne sont pas les palais almérans de la poussière face à la tombe en pierre ou Jésus a triomphé sur la mort ? Ne sont pas ces rois et empereurs des puces face à celui dont le père terrestre fut un charpentier ? Leurs armées, leurs taux de croissance économique, leur prestige diplomatique n'est rien comparé à ce que détiennent les pèlerins venant dans cette cité sans armes et sans gloire. Le mendiant assi aux pieds du Saint-Sépulcre est plus à envier que le plus puissant des présidents ou empereurs car c'est à lui que les portes du paradis seront ouverts en premier. Hawa ne regretta pas les semaines de marche, la soif, la faim car la vue de la cité, la force l'envahissant, cet extase céleste dépassa tout effort entrepris pour rejoindre l'enceinte de Bardaran. Les moines priaient tous, sans exception, remerciant Dieu pour les avoir protegé et d'enfin être dans la ville de Bardaran. La ville les accueilli à bras ouverts comme elle le fit avec tous ceux venant non en conquérant mais en humble visiteur. Les pèlerins se dirigeaient vers le Saint-Sépulcre, lieu sacré et centre de la chrétienté. Ils traversaient les ruelles serrés d'une ville sans égal pour enfin arriver au cœur du Monde. Devant eux se dressa le Saint-Sépulcre, église de taille modeste mais la plus grande par son influence et sa beauté spirituelle. Hawa admira cet édifice non pour sa beauté matérielle mais pour la pureté céleste qu'il dégagea.

Abbad, fatigué du voyage, décida alors de s'asseoir sur les marches du Saint-Sépulcre. Ses confrères le laissaient ainsi prendre un petit repos. En tant que doyen du monastère, on avait de la compréhension pour sa fatigue. Seul l'abbé choqué par ce manque de discipline et agissant dans la fougue juvénile tenta de protester mais Abbad s'était endormi et n'écoutait pas les protestations d'un jeune inconscient de la lourdeur d'une longue vie remplie d’expérience sur les épaules d'un vieux moine. Un jeune moine tenta de calmer la situation et secoua légèrement Abbad mais il réagit pas. Rapidement des plus anciens moines arrivaient et tâtant le cou, ils constataient qu'Abbad avait rejoint Dieu le Père. Sur le visage sans vie du vieillard, on vit un sourire béat, un sourire de l'homme qui devine le paradis, sent la chaleur de Dieu le Père et la main de l'ange emportant son âme vers le ciel. Hawa comprit à son tour ce qui était arrivé. Abbad était mort. Le serviteur de Dieu avait trouvé son dernier repos aux pieds de la tombe de son fils. Pouvait-on mourir d'une meilleure façon ? Le sommeil l'avait emporté aux sphères célestes, sans douleur, sans cris, sur les marches du plus grand temple sur terre. Alors que les moines furent remplis de tristesse et joie ; tristesse de perdre celui qui fut leur père d'esprit, pour la plus part leur éducateur mais surtout joie pour voir cet homme à la noble âme recevoir une mort digne de sa vie. Mais Hawa ne fut pas aussi sereine et des larmes coulaient sur ses joues. Abbad avait été plus qu'un ami, il fut un confident dans une vie faite de politique, de conspiration et de pouvoir. Un rocher de paix dans une mer de guerre entre les Redfort, les Tangente et les Baratheon. Il était mort, emporté par le char de feu auprès de Dieu. Que devait-elle faire sans lui ? Elle ne le savait pas. Entre temps les frères hissèrent délicatement le corps vide d'Abbad et le mirent sur une grande planche pour le hisser sur leurs épaules, le portant comme un souverain, un souverain sans couronne, un roi sans autre que royaume que sa passion pour la foi et le jardinage. Les gens s'écartaient respectueusement laissant passer le cortège. Hawa suivit les moines, ne pouvant retenir sa tristesse. Les moines arrivaient enfin dans un monastère de leur ordre et attendus depuis des jours, virent la porte s'ouvrir grandement. Le portier remarqua le corps mort et jetant un regard rapide, il reconnu Abbad. Il se souvenait encore comment il avait rencontré il y a des décennies, il fut encore très jeune mais la rencontre avec Abbad fut inoubliable même après toute une vie humaine vécue. Il appela alors l'abbé qui alla à la rencontre des moines. Après les avoir salué ainsi que la reine, il fit venir plusieurs frères pour amener le corps d'Abbad dans le mortuaire. L'abbé fut très âgé et visiblement choqué par la mort d'Abbad. Les pèlerins ne savaient pas qu'il fut le frère du défunt et jamais ils allaient le savoir car Zadrem, ainsi le nom de l'abbé, n'était pas de la race à parler de ces choses. Le vieux abbé fut dix années plus jeune qu'Abbad mais ceci ne diminua pas le respect que son apparence imposa surtout au jeune abbé de Baratheon. Zadrem se méfiait des jeunes abbés souvent promus en raison de leurs alliances familiales et il avait dans ce cas pas tort de ne pas offrir le respect demandé à un jeune qui fut encore dépassé par le poids d'une charge acquise non par le talent mais le sang.

Hawa recu bien évidemment une cellule individuelle étant donnée qu'elle fut une femme. Habitué à dormir auprès des moines, elle fut dans un premier instant surpris mais accepta finalement. Ceci pouvait lui donner le temps de réfléchir et faire le deuil sur la mort d'Abbad. La cellule fut comme son nom indiquait loin d'être le sommet du confort. Un simple lit a matelas se trouvait accompagné d'un sceau d'eau. Hawa n'avait rien à se plaindre. Elle avait connu pire inconfort durant le voyage et cette simplicité l'était devenu familier et même souhaitable. Elle prit alors du repos dans la cellule, les autres moines allaient également se reposer pour éviter la chaleur infernale de l'après-midi et se restaurer. Zadrem se retira également mais pas pour dormir mais pour s'asseoir auprès son bureau et laisser libre cours à sa tristesse. Il ne fut pas le seul, Hawa et d'autres pleuraient la mort d'un homme d'exception et d'une piété exceptionnelle. Mais aucun malheur n'est durable. Vers le soir, tous les moines se rencontraient pour prier les vêpres dans l'église du monastère. Le chant annonçant la fin d'une journée et le début d'une nouvelle fut priée quand le Soleil entama de se coucher, abandonnant le Zanyane pour aller illuminer d'autres peuples dans un acte de sacrifice de soi-même similaire à celui du Christ sur la croix.

Mais alors que la cité sainte aspirait l'air de la prière et de la paix, le cours de l'histoire continuait sur les autres terres du globe. En Alméra la cité des empereurs urbains se trouvait être la proie aux violences les plus absolues, servant de butin aux rois, dictateurs et camarades. Hawa n'en savait rien de ces événements ni que son époux était entra de rassembler les troupes dans la vallée de l'Argevin pour marcher vers l'est et lutter contre les barbares. Tangente, Redfort et Baratheon rassemblait les troupes dans les villes et villages formant une puissance militaire devant bientôt marcher vers l'Est et mettre un terme aux royaumes barbares une fois pour tout. Hawa, elle, pleurait la mort d'Abbad sachant néanmoins que celui-ci avait été bénit par dieu lui-même dans le lieu et la façon de quitter ce monde. Elle pleurait d'avantage la perte d'un compagnon que la mort qui ne fut pas la fin mais le début d'une vie éternelle de satisfaction et de savoir absolu sans limite. C'est ainsi que la Lune se leva à l'horizon remplaçant modestement le Soleil dans sa tâche d'illuminer les yeux des humains comme illumine la foi leurs esprits jours et nuits. La nuit rafraîchit les corps et offre aux esprits un moment de repos. Un moment de tranquillité dans un monde en guerre, proie à la cupidité des dirigeants, l'arrogance des souverains et la folie des idéologues.
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