LA CITE DE DIEU [ROLEPLAY]

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Amaski

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<center>LA CITE DE DIEU
- Partie 1 : Unum contra omnes - 

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Jeskan prenait depuis presque huitante ans soin de la Grande Bibliothèque de Titanua et ceci avec une délicatesse que personne, même les plus fous, osa mettre en doute. Le secret fut qu'il aimait ce lieu et qu'il avait adopté ses millions de livres comme les enfants que lui et sa femme n'avait jamais pu avoir. Huitante ans, quelle temps consacré parmi ces livres retraçant trois mille d'années d'histoire ! Il se souvenait encore comme il avait été choisi le jour ou il atteignit les trente ans pour devenir le Gardien de la Bibliothèque. Ce fut un honneur qu'au début il se croyait pas digne mais il avait au fil des décennies comprit que les Dieux avaient fait un bon choix. Tant de prêtres rêvaient de ce honneur mais c'était sur lui, un fils de tapissier que les Dieux avait jeté leur regard. Le vieil homme traversa les couloirs entre les étagères à pas rapide. Son haut âge dépassant la moyenne humaine de loin , un des cadeaux offert par les Dieux à ceux qui consacraient leur vie à ce lieu, n'avait pas alterné ni la vitesse de ses pas ni la vivacité de son esprit. La Bibliothèque avait des dimensions énormes et un pas rapide fut nécessaire pour s'assurer que tout fut en ordre. Le complexe allait loin sous la terre. Certains prétendaient même que les étages les plus bas dataient d'avant la fondation de la ville. Un beau mythe selon Jeskan mais qui savait. Titanua fut une ville mystérieuse, une cité dont les sous-sols étaient des nombreuses fois plus complexes et étendus que la ville à la surface. On prétendait que des couloirs mènerait jusqu'à Riga. D'autres croyaient qu'une autre ville se trouvait plus bas datant de l'époque avant l'Empire d'Orkmon.

Soudainement une lumière apparue et aveugla le vieillard. Jeskan laissa tomber sa lanterne, le cristal de théodian à l'intérieur se brisa et sa lueur se tut. Face à lui, au fond du couloir une lumière blanche l'aveugla. D'ou venait cette lumière ? Il n'y avait personne durant la nuit dans la bibliothèque. Était ceci l’œuvre d'un démon ? La force de la lumière diminua et il pouvait voir une apparence humaine sortir de la lumière. Ce fut un homme qui avança vers lui portant une toge blanche. Sa peau était brune claire et ses cheveux noirs pendaient des côtés. Jeskan remarqua que l'homme avait une légère barbe et portait un livre dans sa main avec le titre de «Confessiones». L'homme sourit et Jeskan fut envahi d'un sentiment de paix. Toute peur, tout soucieux se dissipa comme emporté par un doux vent de printemps. L'homme s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule. Ses os meurtris par l'âge cessaient de clamer. Son rhumatisme sembla disparu comme s'il avait jamais prit possession de ce corps. Qui fut cet homme ? Etait-il un dieu ? Un des héros ? Aucun entre eux ressemblait à cet être d'amour pur. Toute la puissance des Dieux s'évanouit devant la grâce et la simplicité de ce étranger. Jeskan ne reconnu aucune des divinités qu'il priait en cet homme. Un démon ? Mais les démons ne guérissent pas les mortels. Un héros ? Les héros mourraient en bataille et aucun d'eux avait des telles blessures comme lui.


C'est alors que la divinité s'adressa à lui. Sa voix fut douce, égal à l'eau qui rafraîchit la gorge d'un assoiffé. Le meilleur parmi les nectars pour l'oreille.

Apparition : Es-tu Jeskan Gran, gardien de ce lieu et descendant du frère de celui qu'on nomme aujourd'hui Saint-Thomas ?

Jeskan ne sut pas quoi dire. Il fut fasciné par ce qu'il vivait et son âme fut envahie par des sentiments de joie et de plénitude. Il lui semblait de goûter à un bout de paradis. Quand il put se ressaisir, il répondit d'une voix jeune et pure.

Jeskan Gran : Mon nom est bien Jeskan Gran mais le nom de Saint-Thomas m'est inconnu. Nombreux sont mes ancêtres.

L'étranger sourit, un sourire de compréhension. Il continua alors à parler à Jeskan.

Apparition : Cette connaissance ne t'est pas nécessaire. Sache qu'un nouvel âge s'annonce, un âge de paix et de grandeur pour tous les peuples d'Orient. La couronne qui s'est brisée sous les marteaux des sans croyances sera bientôt restaurée à la plus grande gloire de ceux qui sont sous-estimés sous l'égide de l'aigle bicéphale. Une nouvelle Rome et une nouvelle église naîtra là ou le Soleil se couche. L'Empire du Soleil couchant après mille ans de paganisme connaîtra mille ans de salut et la tombe de Saint Thomas remplacera en grandeur celle de Saint Pierre. La Cité des Premiers Nés sera admiré à travers toutes les plaines et jusqu'aux plus hautes cimes noyés par le rouge du Soleil couchant. Vas donc et annonce les paroles que je t'ai offert. Annonce le nouvel âge sans crainte car à la fin ton nom sera retenu parmi les plus grands et tu vivras éternellement.

L'apparition se dissipa et Jeskan resta là avec un sentiment de vivre une expérience surhumaine. Venait-il de rêver ? Fut-il victime d'un jeu de son esprit ? Mais la certitude qu'il avait dans son cœur le dissuada de continuer dans ses pensées et d'embrasser la foi en ce qui venait d'arriver. Il ne comprenait très peu mais son cœur ne demandait pas un savoir terrestre. Son cœur était convaincu et c'était la foi qui triomphait sur la rationalité. La rationalité, source de tant d'esclavage fut vaincue par la plus simple mais aussi la plus puissante des forces : la confiance. Longtemps après ce moment, Jeskan dira au sujet de cette expérience : «Ad hoc momentum digitus dei cordi meo tetigit». Il n'en avait certainement pas tort. Enflammé par la grâce divine, Jeskan se leva. Soudainement il se souvenait d'avoir jadis vu un livre datant du premier siècle au contenu intriguant mais qui ne l'avait pas intéressé à l'époque d'avantage.

Jeskan se leva rajeunit par la volonté de Dieu exercé via son serviteur. Il se pencha alors pour ramasser les restes de sa lanterne mais il dut constater qu'elle fut intacte. Mais ne s'était-elle pas brisée ? Il la prit et s'avança vers l'intérieur de la bibliothèque dans une obscurité profonde mais qui ne le faisait pas peur. Ses pas devenaient plus rapides et soudainement il se voyait courir à travers la Bibliothèque de Titanua. Les statues des héros et des dieux sculptés dans les colonnes de la bibliothèque le regardaient, il avait l'impression de voir sur leurs visages de la rage mais aussi de la crainte. Ces mortels ayant usurpé la place du Seigneur sentaient que cet homme avait le pouvoir de mettre fin à leur supercherie et libérer toute un Monde de leur dictature infâme. Un homme contre la plus puissante nation païenne du Monde ? Un seul homme contre le Kansteltan, contre un million de soldat et des dizaines de peuples ? Il courra. Les étagères changeaient d’apparences au fil de sa course. Ils devenaient plus vieux, les livres étaient remplacés par des rouleaux de papyrus. Il descendit alors un escalier qui le mena dans une vaste grotte souterraine. Elle fut normalement fermée aux visiteurs par une grande porte en acier mais possédant la clé, elle ne put pas empêcher à Jeskan d'entrer dans la Première Bibliothèque. Ce fut comme déjà dit une grotte dont les murs étaient peint avec des motifs primitifs d'humains tout noirs chassant des animaux qui avait pour la plus part disparus. Au fond de la grotte se trouvait un petit étagère en pierre ou était une trentaine de livres. Jeskan s'en approcha avec attention. Ces œuvres avait pour la plus part deux millénaires et seul l'air rare et le froid de ce lieu les protégeait de la destruction.

Il prit un des livres qui traita sur l'histoire du Royaume de Bardas, le premier des royaumes ayant existé, bien avant l'Empire d'Aquanox et la Grande Catastrophe. La plus part des scientifiques voyaient en ce livre un amas de mythes mais Jeskan, lui, reconnu que dans ce livre reposait une vérité méconnue. On parlait dans ce livres surtout que jadis le culte adorait qu'un Dieu. Les scientifiques disaient les siècles avait dans l'Empire tarnois divisaient cette unité unique en des dizaines d'autres dieux qui furent incarnés par d'anciens héros de l'histoire tarnoise. Une simple note de bass-page de l'histoire mais si ce culte unique fut bien plus qu'un monothéisme local ? Et si ce culte unique avait été plus répandu, plus universel mais perdu dans l'Empire suite aux siècles et les distances avec les autres civilisations. Jeskan prit le livre et l'emmena avec lui. Il détenait avec ceci une source qui pouvait répondre à une question cruciale et mettre en doute les fondements du pays voir donner un tout nouvel regard.

Le bibliothécaire quitta la bibliothèque et s'engouffra dans les rues bondées de la capitale impériale. Là-haut, sur le plateau supérieur, le Palais impérial trônait alors que Jeskan se trouva sur le cinquième plateau, petit parmi la foule mais détenant un grand secret. Que devait-il faire ? Soudainement il eu une idée ! Il avait entendu parler d'un moine chrétien qui vivait dans le quartier du Sénat. Ce fut, ainsi ses souvenirs, un jésuite qui jouissait la protection du Kansteltan et un homme doté d'un très grand savoir. Il se décida alors d'aller à sa rencontre.
Amaski

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<center>LA CITE DE DIEU
- Partie 2 : Colloquium sacerdotum - 

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Miguel del Molino était depuis deux années à Titanua. Le jésuite de cinquante ans connaissait bien les coutumes du pays et surtout les jeux de pouvoir qui dominaient la capitale impériale. Ce n'était pas sans raison qu'il avait été il y a quelques mois nommé comme un des nombreux conseillers du Kansteltan. Il assistait ainsi le souverain dans sa tâche délicate de diriger un pays dont la complexité politique dépassait de loin tous ce qu'on pouvait trouver en Alméra. Mais sa tâche politique était qu'une activité parmi d'autres. Principalement il devait assurer l'organisation de nombreuses communautés chrétiens parsemées dans les plaines de la Tarnosia et aussi faire du travail de lobby auprès des autorités régionales et fédérales. Mais aujourd'hui il n'était pris ni par ses activités politiques ni sa labeur religieuse mais par un invité de marque. Il entra dans le salon de sa demeure portant un plat avec des tasses et une théière. Il posa le plat sur une table basse et s'assit sur un siège devant elle. Une fois bien assit, il regarda dans le visage de son invité. Ce n'était personne d'autre que le bibliothécaire de la Bibliothèque de Titanua en personne, connu sous le nom de Monsieur Jeskan.

Il avait été surpris quand il avait ouvert la porte et avait retrouvé Jeskan lui demandant s'il pouvait entrer et lui parler. Que pouvez un tel homme vouloir de lui ? C'est alors que Jeskan avait prit place dans le salon et l'avait narré ce qui lui été arrivé. Miguel del Molino avait, pour gagner du temps, demandé s'il pouvait lui offrir quelque chose et s'était ensuite pressé à préparer du thé dans la cuisine. L'histoire fut fantastique mais elle ne surprenait pas le moine. Bien au contraire il reconnu en ce récit la main de Dieu d'une manière aussi frappante qu'il n'aurait jamais pu s'imaginer. Jeskan tenait toujours entre ses mains le livre qu'il avait dérobé des catacombes de la bibliothèque. De Molino observait le livre. Sans aucun doute ce livre était très vieux, datant probablement même avant l'Empire voir même avant la Grande Panique. Après quelques instants de silence, Miguel se décida de parler.


Miguel de Molino : Sachez que je suis profondément honoré de pouvoir vous accueillir ici. Il est rare que je puisse accueillir un invité de marque comme vous. Maintenant pour venir à ce que vous m'avez raconter. Je peux vous rassurer en vous disant que ce récit ne me semble pas être du à la folie. Bien au contraire, je pense que c'est un acte divin auquel vous avez eu le rare privilège de participer. Je ne pense pas devoir vous dire de quel dieu, le simple fait que vous soyez venu chez moi montre que vous en savez qui est l'auteur.

Jeskan écouta attentivement le moine. Il était encore sous le choc du vécu. Il se prit alors une tasse de thé que Miguel de Molino avait eu la gentillesse de remplir pendant qu'il lui avait répondu. Jeskan dit alors à de Molino.

Jeskan : Croyez-vous donc que c'était bel et bien votre dieu qui s'est relevé à moi ? Et si oui, est-ce que ceci signifie que le livre des Anciens dit vrai et que c'est le christianisme qui est le culte unique des premiers temps ?

Miguel ne répondit pas immédiatement. Il prit sa tasse et se permit une gorgée de thé avant de donner la réponse très attendue.

Miguel de Molino : Pas directement mais à travers d'un de ses serviteurs. L'homme qui vous est apparu est à mon avis un homme que nous nommons Saint Augustin. Quoique je ne partage pas du tout ses positions dogmatiques, le solo-gratia principe n'est pas l'ami des jésuites, je dois avouer qu'il est probablement le mieux placé pour s'adresser à un bibliothécaire. Comme quoi Dieu ne joue pas aux dés. Si le christianisme est le culte unique ? Il faudrait pour ceci faire analyser votre livre par des experts et ceci signifie aller à Ademtown prendre contact avec le Cardinal Fetzer qui est chargé des archives du Saint-Siège et la Congrégation pour la Foi et la Doctrine. En terme de théologie positive le Cardinal Fetzer est un expert sans concurrent. Si des textes existent, prouvant la présence de missionnaires dans la région du Royaume de Bardas à l'époque, le culte unique est inévitablement le christianisme. Bien évidemment je ne vous cache pas que si ceci devrait être prouvé scientifiquement que ceci signifiera un tremblement de terre sans précédant dans ce pays. Tout l'ordre social pourrait être mit en question, ceci peut être bien ou mauvais dépendant si le Rocq est assez intelligent pour faire face à ceci.

Voilà une sacrée révélation. Jeskan ne douta pas un instant des paroles du jésuite. Fort à l'intérieur il savait qu'il avait raison mais comment le prouver ? Aller à Ademtown ? Ceci serait difficile pour lui seule, il aurait inévitablement besoin de l'aide de Molino. Il demanda alors.

Jeskan : Vous pensez donc qu'il faut aller à Ademtown ? Savez-vous s'il est possible de prendre contact avec le cardinal chargé des archives ? Nous pourrions ainsi prouver les dires du livre et aussi démontrer la véritable voie.

Miguel reconnu vite la passion du vieux bibliothécaire mais il fut contraint de le freiner dans son élan mystique.

Miguel de Molino : Je ne pense pas qu'il soit sage d'aller directement à Ademtown. Aller consulter les archives sans nous assurer d'un soutien politique pourra créer des grands problèmes. Non, Ademtown attendra pour le moment. Ce qui est le plus important est de demander une audience auprès le Kansteltan pour lui demander le droit de mener une enquête sur cette question. Ne me regardez pas avec ce regard désespéré. Vous vous trompez en croyant que le Kansteltan refusera de nous donner ce droit. Le Kansteltan est un homme bien plus sage et intelligent que croient la plus part des gens. C'est une grande erreur de le sous-estimer. L'OTH et Mushovik ont tous les deux du apprendre ceci à leur dépens.

Jeskan resta méfiant. Comment avoir une audience avec le plus puissant des hommes dans le pays ? Et surtout comment de Molino pouvait en être aussi sûr que le Kansteltan acceptera non seulement de les accueillir mais en plus d'accepter une telle enquête ne pouvant que créer des nombreux problèmes sociaux ? Il doutait de la réussite de ce projet mais rapidement de Molino mit fin à ses doutes en disant.

Miguel de Molino : Peut-être ceci ne vous n'est pas connu mais je peux avouer de compter parmi les conseilleurs de Sa Majesté et donc de jouir d'un accès simplifié. Soyez assuré, le Kansteltan sera averti d'avance sur le contenu de l'audience et surtout la rencontre sera dans le cadre le plus privé qui soit à fin de nous assurer que le clergé néoniste ne viennent pas interférer dans l'audience en notre défaveur. Même si les prêtres à la cour sont d'avantage des politiciens que des serviteurs des idoles, nous ne devons pas sous-estimer leur instinct de survie qui se battra contre la mise en dotue de l'ordre qui leur garanti prestige et pouvoir. J'irai organiser dans les jours à venir la mise en place de l'audience et vous entre temps pourrez continuer votre enquête dans la Bibliothèque. Je suis persuadé que votre livre n'est pas le seul document d'importance pour découvrir la vérité sur les origines du néonisme.

Les deux hommes continuaient la discussion mais en abordant des thèmes de moindre importance. Après deux heures de discussions supplémentaires, Jeskan quitta la demeure du moine et s'en alla pour retourner chez lui. Miguel entre temps avait rangé les tasses et la théière pour ensuite aller consulter plusieurs livres qu'il possédait. La théorie que le culte multiple soit survenu d'une religion monothéiste en crise ne fut de loin pas nouvelle mais jamais on avait eu des preuves formelles et ceux qui existaient étaient enfermés soit dans des bibliothèques en main des religieux soit longtemps détruits par ces derniers. De Molino ne douta pas un instant que ce qui venait d'avoir lieu fut l'action et la volonté divine. Comment sinon ce livre aurait pu sortir de sa prison et ainsi servir à la cause de la vérité. Comment expliquer qu'un vieux prêtre fidèle aux dieux depuis un siècle décide de venir auprès de lui apportant la clé vers la solution d'une des plus anciennes énigmes de ce pays ? Miguel décida le soir d'écrire deux lettres. Une au Cardinal Fetzer, chef de l'ordre jésuite, et une au Kansteltan pour expliquer aux deux hommes la situation en espérant de pouvoir compter avec leur plein et entier soutien.
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