Dans la vie quotidienne fepuvo [RP]

Soiouz

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C'était le matin dans la banlieue sud d'Izigor. Une berline sombre de la marque nationale se gara au niveau de l'entrée d'un immeuble qui avait bien besoin d'être restauré. Cela faisait des années que les esmarkiens se plaignaient entre eux d'avoir des logements insalubres mais rien ne bougeait car tous avaient peur d'évoquer publiquement cette affaire. Mais ce n'était pas pour cela que deux agents de la PSDT descendirent de la voiture et montèrent par les escaliers jusqu'au cinquième étage.
L'un d'eux frappa à l'une des dix portes qui étaient sur le palier :


Agent : madame Minarez. Madame Minarez, ouvrez c'est un ordre.

On entendit bouger à l'intérieur de l'appartement. Une petite voix se fit entendre de l'autre côté de la mince plaque de contreplaqué qui faisait office de porte :

Madame Minarez : oui qui est-ce ?

Agent : camarade-lieutenant Sistio de la Police Secrète de Défense des Travailleurs. Nous voulons voir votre fils Diego.

Madame Minarez : Diego n'est pas là, il est au travail. Repassez ce soir camarade vous le verrez sûrement.

Agent : madame nous savons que votre fils n'a pas quitté votre appartement ce matin. Ouvrez ou nous enfonçons la porte.

Un grand silence s'installa. On ne distinguait aucun bruit en provenance de l'appartement. Puis une clé se tourna dans la serrure et une porte s'ouvrit :

Madame Minarez : s'il vous plait, ne lui faites rien. Nous avons toujours été des partisans fidèles du camarade Vatazy. Mon mari fait même partie de l'APT. Vous devez sûrement vous tromper.

Tout en disant cela madame Minarez tentait de bloquer le passage aux deux agents :

Agent Sistio : madame Minarez, poussez-vous ou nous faisons en sorte que votre fille perde sa place à l'Université Populaire Nationale I d'Izigor où elle étudie la médecine il me semble.

Les deux agents poussèrent sans ménagement la pauvre femme et se dirigèrent vers les chambres. En poussant l'une des portes, ils surprirent un jeune homme d'environ 25 ans en train d'essayer visiblement de cacher des documents :

Agent Sistio : je suppose que voilà Diego. Nous vous cherchions le camarade-agent Guya et moi-même. Diego Minarez vous êtes suspectés de terrorisme capitaliste, atteinte à l'unité nationale et à la démocratie esmarkienne.

Diego : non ce n'est pas du tout ce que vous croyez, je suis un fidèle défenseur du socialisme et des...

Agent Guya : silence salopard (et tout en disant cela il prit le bras gauche de Diego et lui tordit derrière le dos). Tu crois quand même pas qu'on va croire tes mensonges.

Pendant ce temps, l'agent Sistio commença une fouille en règle de la petite pièce qui servait de chambre à Diego. Cinq minutes environ après, les résultats tombèrent :

Agent Sistio : une dizaine d'exemplaires du journal Le Démocrate...

Diego : ce journal n'est pas interdit! J'ai le droit de l'avoir.

Agent Sistio : vous avez raison mais c'est déjà un signe avant-coureur. 3 exemplaires de Vérité, journal terroriste interdit sur notre territoire. Et je garde le meilleur pour la fin, un exemplaire du Journal d'Esmark, le journal des minezistes. Je crois que nous avons nos preuves. Camarade Guya, passez-lui les menottes, nous l'emmenons au siège.

Diego : oui, je hais votre régime! Nous ne vivons pas dans une démocratie! Vous nous mentez depuis trop longtemps! Je vais la dire moi la vérité! C'est...

L'agent Sistio arrêta Diego d'un coup de poing dans la figure. Puis les deux agents le descendirent, le firent monter dans la voiture et s'en allèrent. Une demi-heure s'était passé seulement mais tout allait être différent à partir de ce moment. Toute la famille serait surveillé et ne devrait plus compter sur l'aide de ses voisins. Car comme le disait un proverbe populaire : là où la PSDT passe, ne met pas les pieds ensuite.
Soiouz

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La scène se passe au nord-est de Suque dans une mine. Trois mineurs étaient en train de faire leur pause de midi. Ils travaillaient dur mais ce métier leur permettait de pouvoir vivre à peu près décemment selon les standards esmarkiens ainsi que leur famille. Tous avaient des enfants et tous avaient envie que ceux-ci fassent des études. Un quatrième homme arriva, ils le connaissaient bien c'était le Représentant Local du Syndicat des Mineurs, syndicat qui faisait lui-même partie de l'énorme Confédération Syndicale du Peuple Esmarkien, seul syndicat autorisé. Ils n'avaient que peu d'estime pour le syndicaliste, son poste faisait qu'il ne travaillait pas à la mine et de ce fait ils avaient du mal à comprendre comment cet homme pouvait se prétendre leur égal et leur représentant. Mais jamais aucun n'aurait osé protester :

Le syndicaliste : salut les gars, vous allez bien ? (Réponses vagues de trois hommes) Si je viens vous voir, c'est pour la cotisation annuelle pour pouvoir être syndiqué. Cette année cela vous fera 10 PE.

Un des hommes qui s'appelait Parac prit la parole :

Parac : mais ça a encore augmenté! Comment ça se fait ?

Le syndicaliste : la raison c'est que les temps sont durs pour tout le monde et même pour les syndicats, les partis, le gouvernement... Les capitalistes almérans et nord-vicaskarans avec leurs transactions dérèglent tous les marchés mondiaux et imposent même aux nations socialistes comme nous des temps plus durs.

Parac : écoute, tu es bien gentil, mais moi je vais me passer du syndicat pour cette année. J'ai eu des triplés il y 6 mois et j'avais déjà 2 enfants qui ont à peine la dizaine d'années.

Le syndicaliste : (surpris, alors qu'il récupérait la cotisation des deux autres hommes) tu penses réellement survivre sans le syndicat pour te défendre ? Tu penses que le sort des travailleurs va s'améliorer en procédant de cette manière ?

Parac : écoute on vit déjà dans un pays où le travailleur est roi donc théoriquement il n'y a plus besoin de syndicat.

Le syndicaliste : certes Esmark n'est pas loin du socialisme parfait mais il reste encore un peu de chemin à parcourir. Et ce chemin, nous l'accomplirons avec l'aide des syndicats.

Parac : écoute, je croyais que la décision appartenait aux travailleurs eux-mêmes. Je n'ai pas envie cette année. Ça fait plus de 10 ans que je suis syndiqué, je me re-syndiquerais l'année prochaine mais cette année, j'essaye d'économiser.

Le syndicaliste : c'est un point de vue un peu petit-bourgeois mais je n'insiste pas. Alors, je m'en vais, à plus tard camarades.

Le syndicaliste s'éloigne et s'en va voir d'autres mineurs.

Un des deux hommes qui avait payé sa cotisation et qui s'appelait Vasta s'adressa à Parac :


Vasta : mais tu es fou de lui avoir parlé comme ça! Pourquoi tu n'as pas payé ta cotisation comme tout le monde ? Il va t'apporter des tas d'emmerdes cet enfoiré!

Parac : je sais mais je pense qu'il est important qu'ils comprennent que leur système on y croit plus et on en veut plus.

Vasta : Ouais mais y'a des manières plus subtiles de le faire! On va te retrouver un matin au fond d'une fosse, on aura pas à chercher loin pour trouver les coupables.

Parac : ça c'est mon problème.

Puis il se leva et retourna travailler.
Soiouz

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Chroniques d'un étudiant sur le territoire esmarkien :

« Mesdames et messieurs, nous allons atterrir dans quelques instants sur l'Aéroport International du Peuple d'Izigor – Laïko Vatazy. La température au sol est de 28°C et il est 1:36pm, heure locale. Nous espérons que vous avez passé un agréable voyage et espérons vous revoir très vite sur notre compagnie. »

Me voici donc arrivé. L'Esmark, le pays où j'allais effectuer une année de mon cursus universitaire. Tandis que l'avion se posait et effectuait ses manœuvres de rangement, je repensais à tout ce qui s'était passé pour en arriver là.

J'étais alors étudiant à l'Université d'Adentown dans le domaine des Arts et Lettres. Durant la troisième année, plusieurs personnes étaient venues présenter des pays où nous pouvions effectuer notre quatrième année. Le choix était important : Numancia, Laagland, Rostovie, etc... Ceci m'intéressait mais je ne savais pas vraiment quoi choisir jusqu'à ce que un de nos professeurs vienne nous présenter la brochure de l'Esmark. La plupart de mes camarades ne s'intéressèrent pas à cette proposition : « trop loin donc trop cher », « pays rouge sang », « pays athée », « pays de tiers-mondistes ». Les qualificatifs ne manquaient pas pour juger un pays qui dans mon domaine avait néanmoins son mot à dire. J'en parlais alors à mes parents qui étaient très sceptiques; j'entends encore mon père me dire : « mais tu sais que l'Esmark est un pays communiste quand même ? » Oui et alors ? Bien que n'étant absolument pas de gauche, je voyais plutôt cela comme un complément intéressant sur mon CV. Je m'inscrivis donc et fis les démarches pour faire mon année à Izigor, capitale du pays. Le professeur qui s'occupait des relations avec ce pays contrairement à ceux pour d'autres pays (notamment le professeur pour le Numancia) nous aidait vraiment et faisait tout pour que notre démarche aboutisse. Mon dossier était quasiment bouclé lorsque les évènements arrivèrent. En quelques semaines, l'Esmark passa d'une nation attirante à la pire destination sur terre : la mort du leader esmarkien, Laïko Vatazy, la prise du pouvoir par les militaires... Tout cela n'envisageait rien de bon et même notre professeur faisait grise mine. Renversement populaire, Gassmen aux commandes et démocratisation du pays, tout cela se passa sans qu'on n'ait de nouvelles rassurantes concernant l'échange d'étudiants, bien au contraire. Mes camarades et ma famille se moquaient ou faisaient semblant de compatir en me disant que cela m'apprendrait à ne pas prendre les destinations habituelles. Puis en mai alors que tout espoir était quasiment enterré, mon professeur m'informa que le programme d'échanges était réouvert. Sur tout le Thorval, nous serions neuf à partir : quatre dans les arts et lettres, deux dans l'économie et trois en histoire.

L'aéroport n'avait pas l'air spécialement aux normes alméranes mais on sentait que des efforts avaient été faits. Même si les dernières technologies étaient absentes, les douanes et autres barrages possédaient des appareils tout à fait valables mais plutôt pour des aéroports nationaux par chez nous. On sentait que l'Esmark avait longtemps été une des nations symboles du socialisme vicaskaran : étoiles révolutionnaires dissimulées un peu partout, slogans a moitié effacées... Jusqu'à arriver à la statue de Laïko Vatazy dans l'entrée de l'aéroport. Une statue imposante d'environ 12m de haut socle comprise. Sur ce socle était écrit en espagnol, anglais, rostove et ce que je devinais être de l'esmarkien la phrase : « Izigor, ville socialiste, ville d'avenir ». Cela promettait pour la suite.

Je n'avais croisé dans l'avion aucun de mes compatriotes. Pourtant j'en connaissais deux, un en arts et lettre et une fille en histoire. Thomas car c'était son nom m'avait néanmoins prévenu qu'il arriverait assez tôt pour se familiariser avec le pays. Cela faisait déjà près d'un mois qu'il était à Izigor, je n'arrivais moi-même qu'une semaine avant le début des cours.

Arrivé sur le parvis de l'aéroport, je cherchai le bus qui allait jusqu'à l'université. Je le trouvai non sans mal après avoir questionné près d'une dizaine de locaux qui visiblement, selon leurs réponses, ne savaient absolument pas où ils allaient vu qu'ils prenaient n'importe quel bus. Le « bus » était en réalité un ancien camion militaire dans lequel on avait installé des bancs sur les côtés et au milieu. Au milieu de toutes ces têtes brunes, je remarquais une tête blonde, je décidai de m'assoir à côté de cette personne qui s'avéra être une jeune fille étudiante comme moi mais originaire du Quantar. Et c'est ainsi que je fis la connaissance de Maria.
Maria était étudiante en sociologie dont la grand-mère maternelle était esmarkienne. Celle-ci était partie du pays lorsque Laïko Vatazy avait pris le pouvoir. Maria avait toujours rêvé de vivre dans ce pays qui lui semblait être une petite partie de soi-même.

Le voyage se passa non sans mal, le chauffeur avait visiblement des problèmes d'embrayage sur son camion et les secousses étaient nombreuses. Je râlais pour la forme tandis que Maria me rétorqua : « tu t'attendais à quoi Julius dans un pays qui commence juste à se développer et qui a connu une guerre civile il y a moins d'un an ? ».

Nous arrivâmes enfin à l'université. Celle-ci était situé au sud-ouest d'Izigor tandis qu'ils en construisaient une nouvelle au sud-est pour accueillir des étudiants toujours plus nombreux. Première étape : trouver le bureau qui s'occupait des échanges internationaux. Mission délicate, à presque quatre heures de l'après-midi, les fonctionnaires esmarkiens ne paraissaient pas débordés par le boulot mais ne savaient pas non plus nous renseigner. L'année n'ayant pas commencé, nous ne pouvions aucunement demander à des étudiants vu qu'ils étaient absents. On avait l'air malin, à nous trimballer nos gros sacs sur tout le campus. Car mine de rien, l'université accueillant plus de 20 000 étudiants, le campus était, disons les choses clairement, vaste. Enfin au bout d'un moment, nous tombâmes, totalement par hasard, sur le bon bureau. Commença alors la deuxième mission : supporter l'horrible bureaucratie chère à toutes les nations communistes. A 19h passé, soit pendant plus de deux heures, nous avions passé à fournir des preuves de notre identité, des preuves de notre niveau d'études, etc... Nous avions enfin récupéré nos clés de logement. Coup de chance, nous étions tous les deux dans le même bâtiment situé au nord du campus (les logements étudiants sont principalement situés dans le nord du campus mais il y en a quelques-uns plutôt dans l'ouest). Arrivé à ma chambre (troisième étage sans ascenseur), je ne fis même pas attention à ce qui m'entourait, je m'affalai sur le lit et m'endormir aussitôt.
Soiouz

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Chroniques d'un étudiant sur le territoire esmarkien :

Réveil vers la fin de matinée. Ma chambre a sa fenêtre qui ferme tout juste, les courants d'air arrivent à passer et un des placard fait mine de s'écrouler dès que je passe à côté sinon on est dans les normes. Niveau douche et sanitaire, c'est basique mais correct et propre et évidemment collectif. Thomas m'avait envoyé son adresse quand il était arrivé; il habite une résidence à 5min. J'allais à sa chambre mais il n'était pas là. Je décidais de me promener sur le campus, tout le monde me dévisageait, sûrement les cheveux blonds. A midi alors que je repassais devant son bâtiment je vis Thomas avec des sacs de course. Je l'appelai, nous discutâmes de chose et d'autre. Il me proposa de partager son repas. Tandis qu'il faisait cuire du blé dans la cuisine commune, Thomas me parlait de l'Esmark avec enthousiasme : « Tu te rends compte qu'ils ont fait passer le chômage qui était de près d'un esmarkien sur trois à à peine plus de 10% comme n'importe quelle nation occidentale en somme. Et comment ? Avec des recettes socialistes, c'est génial. Tout simplement génial. » Je l'écoutais sans prendre trop position. Je ne m'étais jamais vraiment intéressé à la politique contrairement à lui. Il était bien connu dans la promotion pour être un défenseur des causes socialistes et communistes. C'était un ardent défenseur de Vliduj Gak, Vladimir Kirov, Laïko Vatazy et maintenant Pedro Gassmen : « tu te rends compte que Gassmen est en train de réussir son pari de créer un système socialiste démocratique. La propagande capitaliste va prendre du plomb dans l'aile. » Nous mangeâmes rapidement puis il se proposa pour me faire visiter le campus et ses environs. Nous passâmes l'après-midi à parler et marcher. Thomas en un mois connaissait un bon nombre d'endroits et savait se faire comprendre des locaux :
« L'avantage d'être ici, c'est que tu vas apprendre deux langues simultanément en plus de l'anglais.
- Ah, ils parlent beaucoup esmarkiens ?
- Bien sûr. Ils parlent même plus esmarkien qu'espagnol. Le mieux est de montrer que tu essaies de faire des efforts pour apprendre l'esmarkien, ça leur fait vachement plaisir. »
Thomas avait donc commencé son interprétation de l'esprit esmarkien.

Durant les deux semaines qui me séparèrent de la rentrée, je passais le plus clair de mon temps à m'installer confortablement dans mon logement. J'achetais des étagères et une radio pour continuer à avoir des nouvelles du monde. Je décorais avec des tentures achetés sur un marché; je m'achetais même le drapeau actuel que j'accrochais au-dessus de mon lit. Je passais l'essentiel de mes soirées avec Thomas et Anna qui s'ils s'entendaient bien n'avaient pas du tout la même vision de l'Esmark, Anna étant plus proches des positions libérales. Les discussions s'achevaient inévitablement dans un grand débat sur le socialisme esmarkien et son adaptation au monde actuel. Discussions qui m'endormaient invariablement.

Deux jours avant le début des cours, les étudiants commencèrent à arriver en masse. J'ai une voisine plutôt mignonne qui m'a l'air très sympathique et un voisin visiblement fan de hard-rock puisque la veille de la rentrée il a passé une bonne partie de la nuit à écouter à fond un groupe esmarkien. Défaut que je n'avais pu voir et que mon voisin me révélait : une très mauvaise isolation acoustique.
Soiouz

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Chroniques d'un étudiant sur le territoire esmarkien :

Jour de la rentrée. Excepté les spécificités ethniques, rien ne distinguait une rentrée esmarkienne d'une rentrée thorvalienne. Les anciens qui se retrouvent et qui se racontent leurs vacances, les nouveaux un peu perdus, un style vestimentaire qui ne dénoterait pas trop même si un certain nombre portent les vêtements locaux. Je retrouvais Anna qui me proposa de m'accompagner pour trouver ma salle, elle-même ayant déjà trouvé la sienne. Heureusement le plan du campus que l'on nous avait donné au bureau des échanges internationaux était bien fait et visiblement bien à jour. On ne n'est même pas perdu. Apparemment, Anna aurait peut-être préféré que l'on se perde et passer ainsi plus de temps ensemble. Arrivés à ma salle, elle s'en alla de manière un peu brutale et me laissa seul au milieu d'un flot d'élèves qui visiblement n'avaient pas l'intention de me faciliter les choses puisqu'ils parlaient tous esmarkiens. Heureusement Thomas arriva peu de temps après. Deux filles de Celtown arrivèrent ensuite. Elles avaient décidé de prendre une colocation près du campus et ne logeaient donc pas dans les logements étudiants. Elle se demandaient néanmoins si elles avaient vraiment gagné au change, leur appartement étant presque tout aussi vétuste que nos chambres. Annabelle et Rosa ne regrettaient tout de même pas leur choix dans le sens où elles avaient déjà pu sympathisé avec d'autres jeunes habitant l'immeuble. Je demandais si c'était eux aussi des locations mais Rosa me dit qu'ils habitaient cet immeuble avec leurs familles et que l'appartement dans lequel elles résidaient avait été récupéré par l'université pour justement permettre la colocation d'étudiants étrangers : « apparemment c'était l'appartement d'un ancien militant du MPN qui a préféré s'enfuir quand la situation a commencé à devenir problématique pour Sanchez » nous dit Annabelle. Heureux pays que l'Esmark.

Le professeur nous fit rentrer, nous remarquâmes la présence de plusieurs autres étudiants étrangers : quelques numanciens visiblement, un wapongais, trois quantariens à les entendre parler et sûrement plusieurs rostovs. Le professeur parla en espagnol, spécificité de l'éducation esmarkienne : elle se fait entièrement en espagnol avec des cours d'esmarkien comme n'importe quelle langue étrangère. Ceci a pour conséquence un bilinguisme quasi-naturel chez n'importe quel esmarkien qui va à l'école. L'amphi ressemblait à n'importe quel amphi alméran avec néanmoins toujours les spécificités esmarkiennes : les portraits de Laïko Vatazy et Pedro Gassmen au-dessus du tableau avec entre eux deux une étoile rouge. Pour une nation qui est censé être devenue un modèle de démocratie et où aucune idéologie n'est censé être montré sous un jour favorable par rapport aux autres, ce discours semblait bien loin d'être tenu. Cela surprit également beaucoup Annabelle qui me fit part de la même remarque : « depuis quand dans un pays démocratique, le président précédent a toujours son portrait dans les édifices publics ? ». Elle était allé avec Rosa, il y a deux jours, à un Marché Populaire, la chaîne de « supermarchés » esmarkiens gérés par l'état, et elle me dit que là aussi, on trouvait ces deux portraits à l'entrée du bâtiment. Elle s'en était étonnée auprès de ses voisins mais ceux-ci ne paraissaient pas surpris : « tu te rends compte que leurs portraits sont dans chaque bâtiment public ou appartenant à l'Etat. Tu imagines le nombre de fois que les esmarkiens les voient ? Alors c'est sûr ils peuvent éviter de mettre trop de propagande dans les rues vu qu'à ton travail, là où tu vas faire des courses tu les vois. » L'Esmark était donc loin d'avoir encore réussi sa transition démocratique.

Pendant ce temps, le professeur continuait son laïus. Il nous expliqua le contenu du cursus de l'année, les examens, etc.

Après environ deux heures dans l'amphi, le professeur nous autorisa à nous en aller. Rosa nous proposa à aller à boire un verre dans un bar où tous les étudiants étrangers avaient apparemment rendez-vous. Nous y allâmes. J'y retrouvai Anna ainsi que Judith, une amie d'Adentown qui est en fac d'histoire. Celle-ci m'expliqua que leur filière subissait beaucoup plus la propagande que nous autres puisque tout la période dite « mineziste » est totalement discréditée et seuls ses défauts sont ressortis. Au-dessus du comptoir bar dont le propriétaire était sûrement un profond patriote, apparaissaient encore les portraits de Vatazy et Gassmen encadrant le drapeau national. Mais comment les esmarkiens peuvent supporter en permanence le fait de voir leurs dirigeants partout même dans les lieux de détente ? L'explication je l'ai eu plus tard par Emilio, mon voisin de logement : « Julius, nous on baigne dans ça depuis qu'on est tout petit. Et par rapport à ce que c'était avant, c'est rien du tout actuellement. Avant t'avais personne qui critiquait et les portraits comme ça, on pouvait en retrouver en pleine rue. Maintenant ça n'existe plus ça. »

Cette soirée me permit de goûter le fameux quitzu, la boisson nationale. Ce n'est pas mauvais mais dire qu'on a bu du quitzu c'est comme dire qu'on a bu de la bière : vu le nombre de quitzu différents qui existent il est difficile de vraiment se faire une opinion tranchée; disons que le quitzu que j'ai bu ce soir-là était bon. La salle était rempli d'une bonne trentaine d'étudiants étrangers dont une bonne moitié de numanciens ou rostovs. Environ autant d'étudiants esmarkiens dont ma voisine dont je fis la connaissance : Suzy, 21 ans, dans la même filière que moi et apparemment une des têtes de la promo. Au moins je n'aurais pas à aller loin pour avoir de l'aide si j'ai du mal.

A environ 2h du matin, le patron nous mit dehors. J'en profitais pour demander à Jan, qui vient de Celtown et qui étudie l'économie, pourquoi aller en Esmark étudier une matière que le Thorval fait étudier de meilleure manière : « j'ai voulu aller en Esmark parce que je veux connaître le point de vue socialiste sur l'économie mondiale et l'adaptation d'un système antimondialisation à justement cette même mondialisation. Mon but, par la suite, est de faire un doctorat avec cette problématique pour devenir plus tard économiste.
- Mais pourquoi ne pas aller en Rostovie ou un autre ?
- Pour le dépaysement. Et puis il fait plus chaud en Esmark ».
Cette remarque mit fin à la discussion et tout le monde rentra se coucher. Je rentrai avec Suzy.
Soiouz

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Chroniques d'un étudiant sur le territoire esmarkien :

Réveil à 7h du matin. Queue aux WC et à la douche, il faudra songer à se lever un peu plus tôt pour éviter ce problème. Je partis à la fac pour assister à mon premier cours sur la littérature traditionnelle esmarkienne. Visiblement, l'heure d'arrivée des étudiants et même du professeur correspond à un quart d'heure après le début théorique du cours. Les cours sont assez intéressants dans l'ensemble même si comme on pouvait s'y attendre l'esprit communiste règne dans les analyses des professeurs. Malheureusement chez beaucoup d'esmarkiens, cet esprit a l'air d'être quasi-inconscient.

Environ un mois après mon arrivée, je commençai à me sentir bien dans la capitale esmarkienne. Je sortais régulièrement le soir avec ma petite bande composée de Suzy, Anna, Thomas, Annabelle, Rosa, Kim, le wapongais, et Diego un numancien. On se retrouvait fréquemment dans un bar situé à côté du campus où le quitzu était de bonne qualité et où on n'avait pas à subir la propagande de l'autre bar.

Le week-end se passait souvent doucement. Le samedi matin, je travaillais souvent avec Suzy sur les cours. Puis l'après-midi, je sortais selon mes envies : promenade en ville, piscine, etc.
En parlant de piscine, la piscine à côté du campus est véritablement impressionnante non pas dans son esthétique qui est conforme à l'architecture communiste traditionnelle avec des contours très abrupts et une forte utilisation du béton mais plutôt dans ses dimensions : 4 piscines olympiques, 2 piscines de 25m, 3 petits bassins, 2 pataugeoires, une fosse réservé à la plongée et une bassin spécial pour le plongeon, pouvant accueillir jusqu'à 15 000 personnes en même temps. Je n'avais jamais vu une piscine aussi gigantesque. Le nom officiel de ce bâtiment était lui aussi gigantesque : Piscine Urbaine Collective Populaire Olympique Erski Bokaniev ; preuve que les esmarkiens avaient du mal à abandonner leurs anciennes habitudes. J'appris plus tard par Emilio que le fameux Erski Bokaniev était un nageur esmarkien d'origine rostove qui était considéré comme l'un des plus grands athlètes du pays avec comme meilleur résultat une médaille de bronze à je ne sais plus quels Jeux Olympiques des années 80 sur un 400m. Apparemment, internationalement, il n'avait jamais vraiment été récompensé de ses efforts mais nationalement il avait le meilleur nageur pendant près de 10 ans ce qui est une durée considérable à ce niveau, même si le niveau des esmarkiens n'est pas le meilleur internationalement parlant.

Le sport en Esmark est d'ailleurs une valeur très importante : partout vous allez trouver des centres sportifs destinés à tout le monde. Les sportifs esmarkiens connus sont portés au firmament par le gouvernement : ils ont des centres sportifs à leur nom en fonction de leur spécialité parfois même des places ou des rues, ils passent régulièrement à la télévision ou dans les journaux, chaque esmarkien a son ou ses sportifs favoris. Emilio a pour idoles Juan Fernandez, athlète pour le saut en hauteur et Tomio Pilaki, pilote de F1 tandis que Suzy vénère Tanis Gasten, nageuse et Eva Tumez, capitaine de l'équipe féminine de football. Au Thorval aussi bien évidemment tout le monde a un ou des sportifs qu'il préfère mais les proportions prises en Esmark sont assez impressionnantes. Evidemment tous ces sportifs ont un excellent pedigree idéologique puisque la plupart fréquentent ou ont fréquenté les cercles communistes vatazystes.

Je me réjouissais, au mois d'octobre l'été commençait à peine, alors qu'au Thorval, ils avaient déjà sortis depuis longtemps les doudounes et les manteaux chauds. Izigor possède un certain nombre de plages plus ou moins côtées ;celle du campus est très fréquentée ce qui veut dire qu'elle a une bonne popularité. Elle est évidemment fréquentée par une majorité d'étudiants le soir après les cours, c'est l'occasion rêvée pour se détendre entre amis, discuter, boire un coup (coutume nationale d'après ce que j'ai pu constaté), etc.

Un après-midi alors que je rentrais des cours, je fus interpellé par un jeune d'un stand. Celui-ci était tenu par deux garçons et une fille et je pouvais apercevoir par derrière eux le nom de l'organisme responsable de ce stand : l'Association Etudiante Esmarkienne :
«camarade, aurais-tu cinq minutes ? Nous avons à te parler»
Je me tournais afin d'être sûr que c'était bien à moi qu'il s'adressait puis ne voulant pas prendre le risque de les contrarier et d'avoir des ennuis par la suite, je m'approchai. La fille vient se planter devant moi :
«salut camarade. Comme tu as pu le constater, nous sommes militants et à l'Association Etudiante Esmarkienne et nous aimerions t'en parler davantage.
- Mais c'est que je ne suis pas esmarkien...
- Aucune importance. Même un étudiant étranger peut adhérer à notre mouvement. De quel pays viens-tu ?
- Du Thorval.
- Et bien nous avons justement un étudiant thorvalien qui nous a rejoint...»
Pendant qu'elle continuait son laïus, je me dis que Thomas avait franchi un nouveau pas dans son combat pour le prolétariat :
«... et c'est pour cela que j'espère que tu adhéreras à nos principes et par la même occasion à notre mouvement.
- Euh non merci, sans façon, ça ne m'intéresse pas.»
Je coupais court à la discussion sans en mettre les formes et rentrais à ma chambre.

Puis tout alla très vite, la crise vicaskaranne surprit tout le monde par son ampleur, surtout devant l'implication d'abord diplomatique puis militaire de l'Esmark. De nombreux étudiants avaient de la famille mobilisé et même parfois pire encore. J'appelais ma famille au Thorval et je sentis bien au son de la voix de mon père que tout cela ne lui plaisait pas et que l'Esmark ne remontait pas dans son estime.
Néanmoins excepté les affiches vengeresses et les informations nationales principalement axés sur les conflits, la guerre paraissait peu présente au sein de la société esmarkienne. Puis elle ne parut plus du tout l'Esmark reconnaissant sa défaite même si des mouvements comme l'AEE continuait à faire la promotion de l'intervention. Ce fut ensuite un autre climat dans le pays. Les mouvements nationalistes jusque-là ultra-minoritaires commencèrent à se faire entendre parallèlement à un véritable racisme envers toutes les personnes d'origines makirane. Kim, le wapongais de la bande, était souvent insulté ouvertement et nous avions du plusieurs fois faire bloc pour éviter qu'il ne se fasse casser la figure. Je sais bien que le Thorval possède lui aussi un mouvement nationaliste très fort mais cela fait plutôt partie de notre culture tandis que là c'était complètement nouveau et d'un point de vue alméran ces manifestations néo-fascistes semblaient incongrues dans un pays comme l'Esmark.
Soiouz

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Chroniques d'un étudiant sur le territoire esmarkien :

Je fêtais donc le nouvel an pour la première fois éloigné de ma famille. C'est également la première fois que j'allais fêter le nouvel an en tee-shirt par plus de 30 °C. Nous avions décidé de faire une petite fête toute la bande plus quelques autres personnes avec qui nous nous entendions bien. Le quitzu était bien évidemment à l'honneur et Thomas avait sorti une bouteille d'alcool thorvalien, autrement dit une eau de vie totalement imbuvable à moins d'avoir un certain nombre de grammes dans le sang.

Le pays se refermait toujours plus sur lui-même. Pour la première fois de son histoire, l'Esmark semblait visiblement en proie à une grogne sociale. Des embryons de grève avaient même été entamé dans certaines usines, ils s'étaient néanmoins terminé rapidement. Pourtant cela ne se voyait pas beaucoup dans la presse, la Voix Sociale, premier quotidien du pays, ne parlait que très peu de ces mouvements et la radio et la télévision ne s'attardaient pas dessus. Même l'opposition ne faisait pas la promotion de ces mouvements qui n'étaient souvent encadrés par aucun syndicat ou parti.

Les nationalistes esmarkiens ne s'étaient pas tus, notamment à Izigor. Et les provinciales ne firent que le montrer : près de 6% dans la province de la capitale. Chez les moins de 25 ans, le score de Force Nationale frôlait même les 10%. Kim avait préféré rentrer chez lui, lassé de se faire insulter toute la journée et d'avoir à justifier sa nationalité.

Durant tout ça, je tentais de suivre les JO mais les esmarkiens, pourtant passionnés de sport, faisaient une sorte de boycott de ces JO, dans un pays ennemi. Les cérémonies d'ouverture et de clôture n'étaient ou ne seraient pas diffusés et les médias diffusaient peu de direct. Il fallait attendre jusqu'à 3 jours pour connaître les résultats dans certaines épreuves.

L'équipe nationale de handball était la grande fierté des esmarkiens, c'était le seul sport qui était diffusé en direct. Deuxième équipe mondiale, triple championne du monde, pour la première fois, les esmarkiens espéraient une médaille d'or que le pays n'avait jamais remporté. Les qualifications montrèrent une équipe peut-être pas aussi fringante que prévu, se qualifiant avec le même nombre de points que le Raksasa éliminé, elle se retrouvait en quart de finale face au Schlessien, la meilleure équipe mondiale. Un choc des titans que remporta l'Esmark de justesse. L'équipe se retrouvait en demi-finale face au Thorval. C'était l'unique occasion pour moi de voir des thorvaliens durant ces JO. Tous les étudiants thorvaliens plus la bande habituelle, nous allâmes dans un bar qui diffusait le match. Dès le début du match, l'équipe esmarkienne s'écroula, la mi-temps se termina avec une différence de 7 buts d'écart en faveur du Thorval. Certains supporters avaient déjà quitté le bar, en refusant «de voir jouer plus longtemps une équipe de bras cassés comme ça». Nous ne préférions pas nous faire remarquer vu que le degré d'alcool que semblaient avoir certains esmarkiens. Ce fut durant la deuxième mi-temps que les langues se délièrent : «du temps de Laïko Vatazy, ça ne se serait pas passé comme ça, ils sauraient ce qui les attendraient au retour», «moi je dis, CRVS, pour toutes ces merdes. C'était très bien ce système, je ne vois pas pourquoi on l'a supprimé», «on a la deuxième équipe mondiale et on échoue face à n'importe quelle équipe qui a une bonne cohésion de jeu. Il faut virer tout le monde et mettre du sang neuf», etc. Cela nous rassura, les esmarkiens préféraient passer leur colère sur leurs joueurs. A la fin du match, alors que l'équipe nationale ne perdait que de deux buts, les esmarkiens huèrent leur équipe et quittèrent rapidement les lieux. Certains nous félicitèrent au passage. J'étais néanmoins très satisfait pour ma part du score final mais contrairement à eux, je trouvais que l'équipe avait bien joué mais manqué de réussite dans les tirs. Les esmarkiens qui nous accompagnaient faisaient grise mine ; ils espéraient tellement quelque chose que cela apparaissait comme un échec national. J'essayais de les consoler en leur disant que la médaille de bronze était possible : «tu parles d'une consolation» mais la meilleure prévision me vient de Diego, le petit copain d'Anna ici : «l'équipe n'aura aucune médaille, j'en prend le pari. Elle a tellement donné pour en arriver là qu'elle ne se remettra pas de cette défaite. Elle sait très bien que de toute façon les esmarkiens n'auront rien à foutre d'une médaille de bronze ou de rien du tout, cela restera comme un échec de toute façon. Je pense même qu'il vaut qu'ils repartent sans rien car personne ne leur pardonnera d'avoir perdu le match qu'il ne fallait pas perdre. C'est comme ça, tout le pays va s'agiter pour ça, on va trouver des responsables et on repartira de l'avant. Ne pense pas que tous les esmarkiens sont comme tous ces vieux schnoks, le CRVS était une très mauvaise solution pour le sport, cela permettait juste aux gens de soulager leurs nerfs sur quelqu'un. L'Esmark met trop de pression sur des sportifs qui n'y sont pas forcément préparés. Ce n'est pas pour rien que le pays repart sans médailles dans tous les domaines où il en espérait. Et encore, les sportifs s'en sortent bien, vu que ces JO là sont peu diffusés». Et ce qu'il avait prédit se produisit, l'équipe nationale finit quatrième (match qui fut déprogrammé au dernier moment), le comité de direction de la Fédération Esmarkienne de Handball ainsi que les entraîneurs furent tous limogés. J'en parlais avec Annabelle : «c'est marrant comment une nation qui reste marginale dans de nombreux domaines n'accepte pas la défaite dans les domaines où ils s'estiment bons. Tu veux que je te dise, les esmarkiens sont trop sentimentaux, c'est pour ça qu'ils n'arriveront jamais au sommet. La moindre défaite d'une équipe est vécu comme une tragédie personnelle. La preuve, quel pays aurait déprogrammé la petite finale sous prétexte qu'ils avaient le niveau pour gagner la médaille d'or ? Je ne suis pas fâché de rentrer, vivre dans un pays peut-être plus froid mais au moins je n'aurais pas tout ça à supporter».

Tout en reconnaissant ce qu'elle disait, pour ma part, je me plaisais finalement dans ce pays. Même avec les nationalistes, même avec les supporters absolus, tout avait quelque chose de différent par rapport au Thorval.
Soiouz

Message par Soiouz »

Tract satirique distribué dans la rue :

<center>Faites un poutou à l'Aquanox

Parce que l'Esmark c'est rien que des vilains impérialistes qui ne pensent qu'à envahir ce si beau pays qu'est l'Aquanox avec seulement 20 000 hommes

Parce que l'Esmark c'est rien que des vilains impérialistes en général

Parce que les tarnois n'ont pas la chance de comprendre des mouvements de troupes et des stratégies militaires

Parce que l'Esmark c'est le mal (ça a été prouvé par des scientifiques tarnois parfaitement neutres et objectifs)

Parce que le peuple tarnois lui-même ne doit pas réussir à retenir tous ses dirigeants tellement ils sont nombreux et changent souvent

Faisons des gros poutous sur les jolies joues des tarnois pour montrer que les esmarkiens ne sont pas si mauvais et pour leur donner la joie de vivre</center>
Soiouz

Message par Soiouz »

<center>Réunion interne du Bureau de Direction du Parti du Peuple Esmarkien</center>

Personnes présentes :
- Pedro Gassmen, Représentant Suprême du Parti
- Sojo Urvati, Représentant Second du Parti
- Rosa de la Huerta, Représentant Tiers du Parti

- Ruben Morenti
- Oscar Avimi
- Walter Soritchaba
- Sonia Inarez
- Viviana Etchuvi
- Roberto Filmo

Absents :
- Alvaro Xorais
- Maria Raci
- Fernando Costari
- Suzana Mesquez
- José Vivarto
- Nardo Patoga
- Nemesia Rosquina
- Julia Eulo

Les personnes présentes se trouvaient dans le bureau de Pedro Gassmen au siège du parti. Celui-ci était situé dans le centre-ville d’Izigor dans un ancien immeuble issu de la colonisation numancienne. Excepté une grande partie des izigoriens et des esmarkiens en général, peu d’étrangers savaient que c’était le siège du plus important parti politique esmarkien. Les stores étaient baissés et malgré les lampes la pièce restait assez sombre. Toutes les personnes présentes étaient attablées à une longue table de travail au bout de laquelle présidait Pedro Gassmen. Celui-ci prit la parole :

Pedro Gassmen : alors prêts pour l’invasion de la Tarnosia ?

Tout le monde éclata de rire.

Ruben Morenti : je ne sais même pas comment ils ont pu croire à leurs propres conneries. Envahir un empire de plus de 100 millions de personnes dont 5 millions de soldats avec 20 000 hommes. Ce serait un exploit. L’Esmark rentrerait dans l’histoire. Surtout pour nous demander de l’aide juste après

Pedro Gassmen : il est vrai que je ne m’explique pas le pourquoi de cette annonce. C’est tout simplement ridicule, tout comme la rumeur comme quoi l’Esmark annexerait le Nueva Hispalis. D’ailleurs quelle est la situation dans ce pays ?

Oscar Avimi : les zoroken viennent de repasser la frontière alors que l’Aquanox semble vouloir leur faire la peau. C’est très bizarre et pour avoir discuté avec Juan Fayunca, nous ne savons trop que penser de ce mouvement de troupe. Nous devons envisager toutes les possibilités. Les tarnois veulent passer par le Nueva Esperanza pour envahir le Zorokan. Et cela pourrait être une raison pour rapprocher les militaires tarnois vers le D13, l’Icario, voir même l’Esmark les hypothèses sont multiples.
En ce qui concerne nos troupes, nous avons décidé d’envoyer 100 000 hommes expérimentés dans une attitude de guérilla. 300 000 autres sont de l’autre côté de la frontière.

Pedro Gassmen : que penser de l’attaque des USP ? Compte-ils l’Esmark dans leurs menaces ?

Oscar Avimi : ce serait stupide et arrogant de leur part. L’Esmark n’a fait que répondre à l’aide d’un pays voisin. J’ai même encore le message avec moi, je cite :

[quote=MJ]La 6ème armée est cependant sujette à bon nombre d'embuscades et de sabotages de latins vivant dans la région.
Ils demandent l'aide de la communauté internationale pour repousser l'envahisseur tarnois.[/quote]

Nous n’avons rien à nous reprocher. Si les autres nations ne sont pas capables de comprendre ça, je crois que nous ne pouvons rien faire pour eux.

Pedro Gassmen : et dans l’opinion, que pense le peuple de tout cela ?

Viviana Etchuvi : le peuple comme l’armée ne sont pas très chauds sur ce conflit. Après l’échec makiran et notre nouvelle diplomatie l’aile libérale commençait déjà à crier au scandale. Mais au final notre gouvernement voit sa popularité augmenter et nous commençons à avoir un soutien public de la part de personnalités libérales C’est donc très satisfaisant. Il faut reconnaître que le plan d’action était osé et a plu aux esmarkiens.

Oscar Avimi : osé mais le seul que l’Esmark pouvait se permettre. Nous avons une aviation moribonde. Il nous fallait jouer sur le nombre de soldats que l’Esmark pouvait fournir. Et cela ne suffit visiblement plus. Peut-on savoir ce que vous avez décidé au niveau de la PSDT, camarade ?

Pedro Gassmen : cela va être encore plus compliqué depuis l’arrivée de capitaux juvniens aux mains des wapongais. Notre budget n’inclut pas une telle somme et les habitants du D13 sont tellement corrompus par l’argent que nos agents ont du mal à développer des cellules révolutionnaires. Celles-ci existent mais restent marginales. Il sera difficile de pouvoir les alimenter comme le font les wapongais.

Ruben Morenti : en parlant du Juvna et donc de la Rostovie, je voudrais revenir sur la fermeture de leur base militaire en Esmark. Ne risque-t-on pas de les vexer en agissant ainsi ?

Oscar Avimi : bien évidemment que si. Ils sont déjà sûrement vexés mais nous acceptions cette base en tant que pays anticapitaliste qu’il soit chrétien ou communiste. Il ne saurait être question pour nous d’avoir une base d’un pays libéral dans notre pays. Autant laisser les militaires pelabssiens s’installer à Izigor et ouvrir notre marché à n’importe qui dans ce cas-là.

Pedro Gassmen : Oscar a raison, Ruben. Nous ne pouvons pas géopolitiquement parlant accepter cela. Dommage pour une fois que la droite trouvait cette base finalement très intéressante.

Il y eut quelques petits rires qui suivirent cette remarque.

Ruben Morenti : certes je ne dis pas le contraire. Mais vu les tournants géopolitiques que prend la Rostovie, qui saura dire quel régime elle aura dans un an ?

Pedro Gassmen : ce n’est pas la question. L’Esmark ne devrait même pas avoir de troupes étrangères sur son sol, ce n’est pas pour qu’elles soient capitalistes en plus. Même si dans un mois, la Rostovie a de nouveau changé de bord, il ne saurait être question de garder ces troupes chez nous.

Roberto Filmo : et au niveau du Cotan, comment cela se passe-t-il ? Vous revenez de plusieurs rencontres avec les principaux leaders nationaux.

Pedro Gassmen : tout s’est très bien passé, vous aurez un compte rendu plus détaillé dans quelques jour. Avec Luis Demoka-Perez, je n’ai pas nié le fait que notre pays n’était qu’une puissance très moyenne est aujourd’hui une naine militaire mais que nous ferions tout pour les aider au cas où.

Viviana Etchuvi : cela est-il réellement envisageable ?

Pedro Gassmen : je pense que le risque bien qu’il soit faible reste présent. Nous ne savons pas. Sinon au niveau culturel et commercial, l’Esmark deviendra bien le premier partenaire du Cotan.

Sojo Urvati : le risque étant que le Cotan se dirige vers une économie de type libéral.

Pedro Gassmen : c’est vrai mais sait-on jamais. Le Parti Unioniste ne tiendra plus très longtemps. Le départ des communistes a sonné sa fin. Tout dépend des futurs groupes politiques qui en résulteront.

Rosa de la Huerta : peut-on unifier les communistes ? Cela serait plus utile pour eux-même et nous permettrait d’avoir un véritable allié dans la région.

Pedro Gassmen : cela est en bonne voie. Malgré que ce que l’on pourrait croire, les deux partis communistes sont peu opposés entre eux et discutent beaucoup. L’adoption d’un programme commun en est la preuve. Le Parti Démocratique devrait de toute manière abandonner assez vite l’idée de rattacher le Cotan à l’Esmark.

Viviana Etchuvi : mais ne devrait-on pas rattacher le Cotan à notre pays ?

Pedro Gassmen : aucun intérêt. Ils veulent être indépendants, qu’ils le soient. Ne nous mêlons pas de leur politique.
Parlons maintenant un peu de politique nationale. Tous les conseils ont été élus et on peut dire que nous avons encore gagné.

Viviana Etchuvi : en effet. La grande majorité des Conseils Locaux Socialistes sont aux mains de notre parti ainsi que le Conseil d’État. La plus grosse surprise reste l’élection d’un CLS à majorité nationale-socialiste dans la banlieue nord-est d’Izigor. Il semblerait qu’une grande partie d’élus appartenant au PPE ait voté pour la liste Force Nationale au contraire de la liste du PSP que nous soutenions. C’est un affront direct à notre direction et il faudra y songer.

Pedro Gassmen : intéressant… Très intéressant. Que préconisez-vous ?

Viviana Etchuvi : ramener l’ordre au sein du parti. On ne peut pas laisser notre parti partir dans toutes les directions. On considère même aujourd’hui que 2% de nos militants souhaiteraient une politique libérale. C’est absolument inadmissible.

Pedro Gassmen : l’ordre et l’unité. Une chose que même Laïko Vatazy n’a jamais réussi à réaliser tout à fait. Mais vous avez raison. Mieux vaut un parti plus petit mais soudé qu’un gros parti hétéroclite. L’exemple du PUC nous le montre bien. Excluons tous les militants considérés comme peu fiables à nos idées et à nos actions. Ramenez dans le giron du parti la Confédération Syndicale du Peuple Esmarkien, les Jeunesses Populaires Esmarkiennes et l’Association Étudiante Esmarkienne. Nos idées doivent régner en maîtres dans ces quatre secteurs primordiaux. Favorisez la création d’associations d’aide humanitaire à caractère socialiste tout en étant en apparence hors de notre contrôle.

Sonia Inarez : cela est déjà en bonne voie. Il a été créé récemment l’Association d’Aide aux Peuples. Elle est totalement sous notre contrôle et elle compte beaucoup d’agents non-officiels de la PSDT dans ses rangs. Il est donc impossible pour d’autres gouvernements de la remettre en cause vu que c’est une ONG pure et dure.

Pedro Gassmen : très bien. Continuez comme ça. Messieurs, dames, camarades, je vous souhaite une bonne soirée.

Tous sortirent du bureau puis du bâtiment. Au même moment une autre personne rentrait dans le bureau du Représentant Suprême du parti.
Soiouz

Message par Soiouz »

<center>Affiche anonyme sur le référendum prévu le 16 janvier. Tirage à deux millions d'exemplaires, affiché sur tout le territoire


[url=http://imageshack.us/photo/my-images/508/nonw.jpg/][img]http://img508.imageshack.us/img508/2507/nonw.jpg[/img][/url]</center>
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