Posté : jeu. déc. 12, 2013 4:45 pm
<center>”Fredelige Nord” - « Paisible nord »
Taverne, Hølen
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/889084paysagelochlann.jpg[/img]</center>
[url=http://www.youtube.com/watch?v=k-_lQ1UQoyU&list=RD0k01zY822dk]Musique d’ambiance[/url]
Assis devant sa bière, Gunnar se laissa bercer par le son de la musique qui commençait à s’élever depuis le fond de la salle. La décoration était rustique ; traditionnelle plutôt. Les poutres de bois étaient apparentes. L’endroit était resté intact. Ses murs en pierre, peints en rouge, l’enseigne en fer forgé, le feu qui dans la cheminée crépitait. Tout semblait être resté intact depuis des siècles. Autour de lui les hommes et les femmes en habits traditionnels se mettaient à danser et à chanter. L’ambiance elle aussi tout à coup paraissait être ce qu’elle fut surement il y a longtemps. Une sorte d’insouciance s’était installée au Lochlann. Les ennuis paraissaient s’évaporer. La joie de vivre emplissait chaque jour un petit peu plus les cœurs. On en venait à oublier les tracas du quotidien. Du moins le temps de quelques heures. Dehors la nuit était tombée depuis une bonne heure. La fumée des cheminées voisines s’élevait dans le froid de ce mois de novembre débutant. Bientôt les premières gelées feront leur apparition.
Le chaud du lieu, ajoutée à l’ivresse du moment laissaient Gunnar songeur. Bientôt, la tête posée sur son point refermé, il ferma les yeux.
<center>~~~~~</center>
Il faisait chaud. Tout du moins il ne faisait pas froid. Gunnar était debout au milieu d'herbes verdoyantes qui lui montaient jusqu'aux mollets. Les marguerites clairsemaient les vastes étendues. Ses joues, sous l'effet du vent qui fouettait son visage, devenaient toutes roses. Au loin, il pouvait apercevoir les glaciers de Trøndelag. Leurs cimes blanches fascinaient l’œil. Combien de siècles avaient-ils vu passer avant qu'il ne vienne ici ? Le soleil se reflétait sur les flans. La lumière étincelante en devint presque aveuglante. Une rangée d'arbres parcouraient la ligne d'horizon. Elle semblait défier le temps. Sombre, cette forêt de bouleaux semblait contempler les étendues d'eau et de glace, impassible aux souffles du vent. Seules quelques frêles branches s'agitaient, secouant les feuilles encore vertes qui s'accrochaient désespérément à elles. Sans doute l'hiver serait-il rude ne put s'empêcher de penser Gunnar. A cette idée, un vieux poèmes lochlannais qu'il avait appris durant ses jeunes années, sur les durs bancs de bois de son école communale, lui revint à l'esprit. Fermant les yeux, il le récita en murmurant. Le clapotis de l'eau parut lui répondre. Puis le sifflement du vent vint fredonner comme une douce et suave mélodie.
Une nuit de printemps
La nuit de printemps calme et fraîche
Embrasse le vallon qui dort.
Les ruisseaux fredonnent les chants
Les longs chants qui bercent, et apaisent.
Les fées murmurent
Devant les lys:
«Oh ! capturez-nous !»
La lueur argentée des monts
Révèle que la lune est proche ;
Sur les pins serrés, des nuages
Volent, planent comme des cygnes.
Bientôt de doux rayons
Glisseront sur cette splendeur
Que tu pressens.
Pourtant ne ferme pas les yeux,
Troublés par le souvenir !
Là, tandis que tu es assis,
S'ouvre la scène des esprits,
De douces ombres
Vont venir et saluer
Sous les branches luisant de lune.
Ecoute-les te murmurer
Ce qu’a rêvé ta nostalgie,
Tendrement, vois : elles ramènent
Un reflet de jours bien plus beaux !
Que brille tout cela,
Soulageant
La douleur des regrets et des plaintes.
A l’œil nouveau, ces paysages ne s'offraient pas facilement. La beauté froide de l'endroit épousait parfaitement la mer qui bordait les glaciers, les forêts et les plateaux couverts de leurs fourrures d'herbes vertes. Ces trésors de la nature, Gunnar eut pu en profiter des journées entières durant. Pourtant, un spectacle nouveau allait bientôt s'offrir à lui. Alors que dans le ciel les premières aurores boréales se mettaient à danser, offrant à ses yeux fascinés une sorte de ballets des astres, ses pas le conduire dans un village à proximité. Quelques maisons de bois, des cheminées fumantes, le bruit de ses chaussures qui résonnait dans les rues. Au loin seul les vagues et les flots daignaient lui répondre. La glace craquait sous les bottes. Derrière une porte de la musique folklorique retint son attention. Gunnar poussa la porte. La chaleur qui frappa son visage frigorifié fut la seconde claque de son évasion.
Celle-ci eut raison de ses songes, le tirant de sa torpeur. Autour de lui le tavernier finissait de rincer ses derniers verres. Il jeta un regard à son dernier client, encore surpris de son évasion.
- On ferme !
Taverne, Hølen
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/889084paysagelochlann.jpg[/img]</center>
[url=http://www.youtube.com/watch?v=k-_lQ1UQoyU&list=RD0k01zY822dk]Musique d’ambiance[/url]
Assis devant sa bière, Gunnar se laissa bercer par le son de la musique qui commençait à s’élever depuis le fond de la salle. La décoration était rustique ; traditionnelle plutôt. Les poutres de bois étaient apparentes. L’endroit était resté intact. Ses murs en pierre, peints en rouge, l’enseigne en fer forgé, le feu qui dans la cheminée crépitait. Tout semblait être resté intact depuis des siècles. Autour de lui les hommes et les femmes en habits traditionnels se mettaient à danser et à chanter. L’ambiance elle aussi tout à coup paraissait être ce qu’elle fut surement il y a longtemps. Une sorte d’insouciance s’était installée au Lochlann. Les ennuis paraissaient s’évaporer. La joie de vivre emplissait chaque jour un petit peu plus les cœurs. On en venait à oublier les tracas du quotidien. Du moins le temps de quelques heures. Dehors la nuit était tombée depuis une bonne heure. La fumée des cheminées voisines s’élevait dans le froid de ce mois de novembre débutant. Bientôt les premières gelées feront leur apparition.
Le chaud du lieu, ajoutée à l’ivresse du moment laissaient Gunnar songeur. Bientôt, la tête posée sur son point refermé, il ferma les yeux.
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Il faisait chaud. Tout du moins il ne faisait pas froid. Gunnar était debout au milieu d'herbes verdoyantes qui lui montaient jusqu'aux mollets. Les marguerites clairsemaient les vastes étendues. Ses joues, sous l'effet du vent qui fouettait son visage, devenaient toutes roses. Au loin, il pouvait apercevoir les glaciers de Trøndelag. Leurs cimes blanches fascinaient l’œil. Combien de siècles avaient-ils vu passer avant qu'il ne vienne ici ? Le soleil se reflétait sur les flans. La lumière étincelante en devint presque aveuglante. Une rangée d'arbres parcouraient la ligne d'horizon. Elle semblait défier le temps. Sombre, cette forêt de bouleaux semblait contempler les étendues d'eau et de glace, impassible aux souffles du vent. Seules quelques frêles branches s'agitaient, secouant les feuilles encore vertes qui s'accrochaient désespérément à elles. Sans doute l'hiver serait-il rude ne put s'empêcher de penser Gunnar. A cette idée, un vieux poèmes lochlannais qu'il avait appris durant ses jeunes années, sur les durs bancs de bois de son école communale, lui revint à l'esprit. Fermant les yeux, il le récita en murmurant. Le clapotis de l'eau parut lui répondre. Puis le sifflement du vent vint fredonner comme une douce et suave mélodie.
Une nuit de printemps
La nuit de printemps calme et fraîche
Embrasse le vallon qui dort.
Les ruisseaux fredonnent les chants
Les longs chants qui bercent, et apaisent.
Les fées murmurent
Devant les lys:
«Oh ! capturez-nous !»
La lueur argentée des monts
Révèle que la lune est proche ;
Sur les pins serrés, des nuages
Volent, planent comme des cygnes.
Bientôt de doux rayons
Glisseront sur cette splendeur
Que tu pressens.
Pourtant ne ferme pas les yeux,
Troublés par le souvenir !
Là, tandis que tu es assis,
S'ouvre la scène des esprits,
De douces ombres
Vont venir et saluer
Sous les branches luisant de lune.
Ecoute-les te murmurer
Ce qu’a rêvé ta nostalgie,
Tendrement, vois : elles ramènent
Un reflet de jours bien plus beaux !
Que brille tout cela,
Soulageant
La douleur des regrets et des plaintes.
A l’œil nouveau, ces paysages ne s'offraient pas facilement. La beauté froide de l'endroit épousait parfaitement la mer qui bordait les glaciers, les forêts et les plateaux couverts de leurs fourrures d'herbes vertes. Ces trésors de la nature, Gunnar eut pu en profiter des journées entières durant. Pourtant, un spectacle nouveau allait bientôt s'offrir à lui. Alors que dans le ciel les premières aurores boréales se mettaient à danser, offrant à ses yeux fascinés une sorte de ballets des astres, ses pas le conduire dans un village à proximité. Quelques maisons de bois, des cheminées fumantes, le bruit de ses chaussures qui résonnait dans les rues. Au loin seul les vagues et les flots daignaient lui répondre. La glace craquait sous les bottes. Derrière une porte de la musique folklorique retint son attention. Gunnar poussa la porte. La chaleur qui frappa son visage frigorifié fut la seconde claque de son évasion.
Celle-ci eut raison de ses songes, le tirant de sa torpeur. Autour de lui le tavernier finissait de rincer ses derniers verres. Il jeta un regard à son dernier client, encore surpris de son évasion.
- On ferme !