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Posté : lun. oct. 07, 2013 10:02 pm
par Jacinto
<center>À la croisée des mondes [1]

[img]http://img600.imageshack.us/img600/4130/9zoi.jpg[/img]

[url=http://tiago82.deviantart.com/art/Ship-103154794]© Tiago82 - Crédit image[/url]</center>

Le soleil montrait ses premiers rayons et les voiles du navire n’étaient pas encore sèches de la tempête de la nuit précédente. La moitié de l’équipage se réveillait quand l’autre avait gardé l’œil ouvert toute la nuit. Les marins reprenaient chacun leur poste, à peine réveillés et encore bercés par le bruit des vagues qui se brisaient sur la coque du navire. El Imperial transperçait les océans avec une fière allure qui, justement, lui valut ce nom. La caravelle valacide effectuait son premier voyage au-delà du continent alméran, à la demande du roi Francisco II. Le bruit courrait que les navigateurs du Numancia avaient découvert de nouvelles terres par-delà les océans. Un continent nouveau, vierge, où les richesses seraient si abondantes que n’importe quel roturier y vivrait comme un roi. La curiosité des Valacides les poussa bien évidemment à partir explorer par eux-mêmes ces lointaines contrées qui nourrissaient tant de fantasmes. Lorsque Cristobal s’était porté volontaire pour mener l’expédition, sans doute avait-il sous-estimé les risques qu’un tel voyage comportait. Ce n’est qu’au bout du cinquantième jour sans voir ni côtes, ni navires que le marin chevronné s’interrogea sur ses chances de retour. Justement, en ce cinquantième jour, alors que la brise le portait, lui et son équipage, toujours plus loin, sans qu’il ne sache où, ils aperçurent la première mouette depuis leur départ du port d’Azibi. Cette apparition lui rendit le sourire. La côte n’était plus très loin et les valacides allaient fouler le sol Vicaskaran bien plus tôt qu’ils ne croyaient.

D’ailleurs pourquoi avoir nommé cette mystérieuse contrée « Vicaskaran » ? Les érudits avaient déjà par le passé imaginé l’existence d’un lointain continent méconnu des almérans. Le premier d’entre eux à avoir lancé cette thèse, qui relevait de la pure fiction aux yeux des sociétés almérane, se dénommait Vicasco Vespucci, urbain de naissance. La coutume a donc voulu que l’on appelle ce nouveau continent du nom de son premier « théoricien ». Du moins, cette version est celle habituellement enseignée dans les écoles valacides, bien qu’il existe d’autres théories concernant ce nom étrange donné à ce continent que Cristobal et ses compagnons n’étaient pas les premiers à contempler.

« Terre à l’horizon ! » entendit-on crier depuis la proue de la caravelle. Cristobal était impatient de voir si tous les récits dont il avait eu vent étaient vrais. Était-ce bien la terre source de richesse et d’abondance tant recherchée ou bien étaient-ils simplement dans un autre Royaume du vieux continent que leurs cartes ne répertoriaient pas ? Plus ils s’approchaient du rivage, plus leur peur devint aussi grande que leur excitation. Ils décernaient déjà de loin des arbres étrangement longs et fins au sommet desquels étaient accrochées d’énormes billes marron. Étaient-ce des fruits ? Ils ressemblaient à ces boules d’argiles recouvertes de cuir que l’on utilisait au Valacida dans un jeu populaire, très répandu en ce siècle, appelé « Hondias ». L’ancre fut jetée au fond de l’eau turquoise. Cristobal et une poignée de ses compagnons rejoignirent la plage en barque. Le capitaine fut le premier à poser le pied à terre. Il prit une profonde inspiration. Cet air qu’il respirait, il le sentait différent de celui auquel il était habitué. Il savait qu’il était arrivé à bon port. Il prit le temps d’inspecter les alentours. À première vue, il ne semblait y avoir aucune présence humaine. A priori