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Posté : sam. août 24, 2013 8:18 am
par Michou92
<center> Chroniques citoyennes ou la vie quotidienne des Franconiens.</center>
Ici seront publiées des chroniques relatant la vie au quotidien de différents citoyens Franconiens, montrant ainsi, à travers leurs yeux, les évolutions que connait le pays, les difficultés qu'il rencontre et l'impact des décisions prises par le pouvoir en place.
Posté : sam. août 24, 2013 9:37 pm
par Michou92
Il était 19h passé de quelques minutes lorsque Joseph rentra chez lui. Il habitait dans un petite maison du bourg de Selgun, petite ville situé à une soixantaine de kilomètres au Nord d' Hellange, en Semptarnie. Il revenait de la mine de Ludoc, à deux kilomètres plus à l'Est. Selgun vivait des mines. Le charbon était une ressource abondante en Franconie, particulièrement dans cette région, et près de la moitié des 7000 habitants travaillés pour la Compagnie des mines d'Hellange, groupe regroupant tout les gisements des alentours. Il avait la quarantaine, mal rasé, la face et les habits noircis par le charbon. Il salua sa femme, Catherina avant d'aller prendre une douche pour se laver de la crasse qui lui collait à la peau. Pendant ce temps, Catherina prépara le dîner après avoir vérifié que les deux jumeaux de 10 ans avaient faits leur devoir pour le lendemain. Jeremiah, l’aîné de 21 ans, aidait sa mère à la tâche. Ce soir, c'était côte de bœuf et carottes. La vie n'était pas facile, mais au moins, il n'y avait pas de problèmes d'alimentation, la Franconie faisant partie de ces pays qui ont la chance de produire assez de nourriture pour tout le monde et en plus, à des prix raisonnables. Elle demanda aux enfant de mettre les couverts et apporta le plat fumant sur la table. Jospeh, débarbouillé, les rejoignît.
-Comment s'est passée la journée ma chérie? Cet entretien au service d'emploi, ça a été?
- Oui plutôt, mais la dame m'a dit de ne pas se faire d’illusion, il n'y a pas beaucoup de travail en ce moment, les usines n'ont toujours pas été reconstruites et les seules qui marchent n'embauchent pas en ce moment. Tu sais si il y a du travail à la compagnie?
-Je ne pense pas, peut être en tant que trilleuse, il faut voir, mais Ludwie me disait que tu devrai voir avec Lucien, il parait que ça va embaucher dans les champs si la loi sur les engrais passe, en plus ils forment tout les agriculteurs à l'utilisation des nouvelles machines du Thorval, ça pourrai être bien, en plus, les salaires sont très correctes, et il parait que les conditions de travail dans les champs s'est amélioré justement grâce à la mécanisation.
Joseph fut coupé par un panne de courant, qui d'après ce qu'il voyait depuis la fenêtre, était générale dans la ville. Les jumeaux crièrent, l’aîné grommela. Joseph repris :
- Oh mais c'est pas vrai ça....on fournit le charbon pour les centrales électriques et on est même pas foutu d'avoir une journée sans coupure.
-C'est la troisième depuis ce matin, c'est tout de même mieux qu'il y a quatre ans, il faut relativiser. Les enfant arrêtés de faire les marioles bon sang !
Le courant revenu.
-Papa, il est 20h, annonça Jeremiah.
Le père se leva et alluma la radio avant de revenir à table. La famille fit le silence pour écouter les informations tout en terminant leur plats.
"Lors d'un déplacement ce matin, le Président Lefèvre a réaffirmé sont souhait de créer la SNDC ou Société Nationale de la Distribution du Carburant mal grès l'opposition d'une certaine partie de la Majorité. Le Secrétaire Général de l'UDL, Paul Mercand, interviewé ce midi au journal télévisé, a insisté sur le fait que cette décision était "la meilleure pour le peuple franconien et que les députés frondeurs ne devaient pas se laisser aveugler par leur vision trop libéral, en désaccord avec le bien de la population. Selon un sondage, une grande majorité de la population soutient la proposition du Chef de l'Etat. Interational, le futur représentant franconien à l'Assemblée Nationale Xénocratique de Tel Erib est maintenant connu, il s'agira de Vincent Courneuve. Agé de 46 ans, le conseiller du Président au relations avec Tel Erib sera [...]"
-Ah, on a des problèmes d'électricité, mais au moins, bientôt, le problème de l'essence sera réglé ! S'exclama Jospeh, soulagé comme si on venait de lui retirer une épine du pied.
- Oui papa, j'ai vu qu'il ne nous resté plus que deux bidons d'essence, on va tenir jusqu'au prochain ravitaillement?
-Deux bidons? S'étonna Catherina. Il n'y en a plus que deux? Mais, alors on ne va pas pouvoir aller à Hellange ce Week End, j'avais promi à Laura de passer......
-Ne t'inquiète pas Cath', j'ai lu sur le mur des annonce qu'un camion devrai passé d'ici deux jours, ça ira. Mais bon, vivement que ce système bancal s’arrête et qu'on puisse à nouveau avoir autant d'essence que besoin ! Bon, et alors donc, Jeremiah, comment ça se passe à la base?
- Tout va bien, on nous a annoncé que l'on ferai parti des troupes qui profiteront dès l'année prochaine des nouveaux équipements commandés par le Gouvernement. Des armes fiémançaises ! De la qualité, c'est pas comme notre vieil équipement. Ah et d'ailleurs, pendant que je parle de ça : mon régiment va surement faire partie du grand exercice militaire commun dans les montagnes tchoconaliennes. Je vais pouvoir voir du pays.
-Ah? Mais c'est quand ça? Demanda Catherina
-C'est pas encore officiellement daté, vers février ou mars environ.
-C'est une bonne nouvelle ! Si les soldats sont mieux préparés ils auront moins de chance de se faire tuer.
Un Silence se fit. Jeremiah savait très bien que ses parents étaient fiers de lui, mais qu'ils étaient aussi inquiets. Bien que la paix intérieure était revenue depuis quelques mois et que les militaires étaient moins exposés depuis la dissolution du MNS, il y avait toujours un risque. Ce risque il le connaissait et il l'acceptait. Il n'avait pas fait la guerre, trop jeune à l'époque, et ses parents lui avaient interdit de résister, de peur de le voir exécuter. Ils les avait écoutés, bien qu'il sache très bien que son père n'était pas totalement étranger à plusieurs sabotages dans la région. Ils finirent de manger et vaquèrent à leur occupations avant de se coucher pour une longue nuit de sommeil, plus que méritée
Posté : mar. sept. 03, 2013 7:35 pm
par Michou92
Le Soleil rayonnait dans le ciel de Prétorus en cet après-midi de janvier. Il était passé 17h et Louis, étudiant en fac de droit, sortait de cours. Il quitta ses amis devant l'école, eux vivant dans la banlieue Ouest et prenant leur voiture et lui habitant dans le centre de la capitale. Il remonta jusqu'à la place Saint Louis, qu'il aimait particulièrement car portant le même nom que lui et passa devant le palais du même nom, siège du pouvoir exécutif. comme chaque jours, il ralentit, pour voir si il n'apercevrai pas aux fenêtre le Président mais, son observation pris vite fin lorsqu'il rentra dans un un groupe de gardes présidentielles qui passait par là. "eh petit fait attention un peu !" cria l'un d'eux, puis, ils passèrent leur chemin. Il longea ensuite l'avenue Vernère, où se trouvait le théâtre Victorin, le plus grand et le plus réputé de la ville. Les affiches annonçaient le début du "Cycle Fivard", auteur Tel Eribéen qui commençait à être connu à Prétorus. Après demain, ce sera le première de "l'Obligé". Louis se rappela qu'il devait allé voir cette pièce avec des amis, plus tard, d'ici deux semaines, pour une des dernières représentations de la pièce. Quelques minutes plus tard, il était presque chez lui. Il s’arrêta devant une vitrine contenant plusieurs écrans télés. Mais ce n'était pas les écrans qui l'intéressaient mais ce qu'ils diffusaient . Un débat avait lieu entre deux journalistes d'opinions. Luc Ferdinand, Rédacteur en chef de La Voix Franconienne, journal ultra-conservateur partisan de l'intervention Fiémançaise contre la flotte de l'URCM et Kathia Hans, auteur d'un récent article particulièrement virulent envers le Royaume dans le Prétousien, journal proche du pouvoir actuel. La polémique autour de cet article le divertissait, lui qui n'avait pas grand chose à faire de ces problèmes bien lointains à ces yeux. Il rentra enfin chez lui. Il habitait dans un grand appartement d'un immeuble XIXe, d'une taille importante et situé dans un des quartier chique de la ville, dans le IIe arrondissement. Ses frères et sœurs devaient être au parc avec la nounou et ses parents ne rentreraient pas avant deux ou trois heures. Il se mit sur la grande table de la salle à manger et commença à réviser. Il s’arrêta lorsque ses frère et soeurs arrivèrent. Il les embrassa, dit bonjour à Selma qui s'occupait d'eux et alla dans sa chambre pour travailler au calme. Vers 20h10 sa mère, Jeanne, rentra, suivit de peu par son père, Marc . Ils mangèrent les restes du repas d'hier, qui avait été trop copieux. Le Père lança la conversation sur un sujet du moment.
- Tiens, ça m'a fait bizarre ce matin, de voir les agents du Gouvernement retirer les insignes de la Société d’Approvisionnement en Carburant de Prétorus. C'est effrayant ! Ils se disent libéraux et dès qu'il ne sont pas contents de quelques choses pan ! Nationalisation. Quand je penses que j'ai voté pour ce gauchiste de Lefèvre en 2017, j'aurai mieux fait de m'abstenir !
Louis réagi dans la seconde :
- Tu es bien gentil à toujours critiquer mais il faut dire que tu n'es jamais sorti de Prétorus papa, tu n'a aucune idée de comme ça se passe en campagne !
- Ah je m'y attendait à celle là, mais si on résonne comme ça il faut tout nationaliser ! Et je peu te dire que ton niveau de vie baisserai violemment si ma société se retrouvait propriété de l'Etat !
- Tu vois tout en noir...D'ailleurs à ce sujet, j'ai décidé de militer...
- ...Ah tu a enfin décider de rejoindre le Mouvement Conservateur? C'est une bonne chose tu sais et ...
- ... au PUS.
Le père s'arréta net, la mère, qui n’appréciait pas beaucoup les conflits qu'amenaient les débats, laissa tout de même paraître un sourire lorsque son fils annonça cette nouvelle.
- Chez ces gauchistes? allon voyons, déjà qu'à l'UDL j'aurai du mal mais pas au PUS ! Ce n'est pas sérieux...
- Eh bien si, je ne suis juste pas d'accord avec le Gouvernement, j'ai le droit.
- Oui mais de là à rejoindre les socialistes unis...
- En fait, je trouve que Lefèvre gère pas mal la reconstruction, mais je pense qu'il faut autre chose comme vision globale, un vision plus sociale, une politique sécuritaire et judiciaire différente, la fin des privilèges des hommes de pouvoirs, bref un changement de cap.
- ...Fais ce que tu veux mon fils mais je n'approuve pas ta décision.
- Je sais bien, mais c'est comme ça. Mais parlons d'autre chose : Mama, comment ça se passe au ministère?
- Très bien ! Tous le monde est heureux que le budget a été près à temps, il faut dire que Legrand a eu du mal à trouver un accord avec certains ministre voulant un budget supérieur, mais bon, maintenant que c'est fait, la pression est redescendue. En plus, l'ambiance est très bonne avec ces bon chiffres de la croissance, car qui dit plus de croissance dit plus de recettes et lorsqu'on travail au budget, c'est une excellent nouvelle ! De toute façon c'est le seul moyen d'avoir plus de fonds étant donné qu'on ne doit pas augmenter les impôts. Ah d'ailleurs Louis, je discutait avec Mariane qui me disait qu'il y allait avoir une grosse manifestation étudiante dans les prochaines semaines, c'est vrai?
- Tout à fait oui, et je vais y participer d'ailleurs -le père leva les yeux au ciel- En fait, c'est au sujet du budget justement, on va manifester contre le trop petit budget du minsitère de l'Education.
- Il ne faut pas oublier les régions qui ont un rôle important dans le système Educatif.
- Oui, mais même en rajoutant les régions ça fait peu par rapport à des pays qui ont compris l'importance de l'Education, la Ménovie a tout compris par exemple !
-Oui mais bon, ils ont un budget représentant une très forte du PIB aussi...
-Certes, mais la Franconie devrait faire plus en matière d'Education. C'est bien jolie d'acheter des armes pour se défendre contre des énnemis qui pour le moment n'existent pas alors que l'Education est aussi peu prise en compte dans le budget !
Les sujets s'enchaînèrent, on resta à table jusque 22h puis tout le monde se sépara. Les parents partirent lire, les enfants au lit et Louis s'en alla rédiger un long devoir jusque tard dans la nuit.
Posté : mer. nov. 13, 2013 1:06 pm
par Michou92
Salle Dorée du Palais Werin,
Prétorus
7 août 2022
<center>[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=601932aroplocgarnierfoyer.jpg][img]http://img4.hostingpics.net/pics/601932aroplocgarnierfoyer.jpg[/img][/url]</center>
Le Palais Werin faisait parti de ces palais de l'Ouest Prétorusien qui avaient gardés tout leur charmes même après plusieurs siècles. Pouvant être visité la journée, il est souvent réservé pour de grands déjeuner ou dîners mondains par des membres de la haute société. Ce soir, il s'agissait du dernier grand dîner mondain avant que tous partent prendre un peu de repos au quatre coins du monde. De nombreuses personnalités du Gotha Prétorusien était présentes. Le Comte de Prétorus, des grands banquiers, certains grands patrons, des journalistes du Dauphin Dorée, des hommes d'influences et bien d'autres. Les sujets abordés durant ce dîner furent nombreux mais toujours en rapport avec la politique, l'économie ou l'actualité en général.
- [...]et il faut bien prendre en compte que le sursaut économique que nous connaissons ne sera pas un facteur suffisant pour assurer la victoire au pouvoir en place. Tout le monde à la table écoutait Nicolas Martins, conseiller de plusieurs grands dirigeants d'entreprise et très apprécié pour ses compétences en la matière.
- Et j'espère bien que cela ne suffira pas, à titre personnel je n'ai absolument pas envi que Lefèvre repasse. Vous avez entendu les rumeurs qui circulent depuis quelques semaines? Un rapprochement avec la gauche, une implication dans la défaite de ce cher Rodolphe Finckel lors des dernières élections, un possible revirement sociale démocrate dans les prochains mois? Non c'est une catastrophe depuis déjà longtemps.
- Oh vous m'avez l'air bien remonté Louise- lui répondit Victorin de Darsac, lobbyiste influent dans le domaine des engrais chimiques.-
Louise Sécourt, épouse de Daniel Sécourt, ancien dirigeant de la compagnie de l'Essence, nationalisée dans le cadre de la nationalisation des moyens de redistributions du carburant, reprit la parole.
- Mais j'espère que vous l'êtes également ! Ce Gouvernement devient vraiment agaçant. Vous vous rendez compte qu'il a imposé à Daniel la nationalisation forcée de la compagnie ! C'est un scandale !
- Oui il va falloir tout faire pour s'en débarrasser. Je vais tout faire pour y contribuer, si non les engrais chimiques vont disparaître et ce serait une chose terrible, pour l'agriculture comme pour moi.
Nicolas Martins écoutait la conversation mais se leva afin de saluer son ami Ferdinand de Prétorus, Comte de la Capitale.
- Ferdinand comment vas-tu? Viens t'asseoir avec nous !
- Avec plaisir. Il salua les autres convives et s'assit.
- Nous parlions du camarade Lefèvre et de son Gouvernement, je crois que tu les apprécie autant que nous !
- Ah ne m'en parlez pas ! Ce petit Républicain qui tente de faire passer son système politique dérisoire ne mérite pas d'être à sa place. Et vous voyez comment les autorités nous traitent? Ils ont évincés plusieurs de mes amis, et également des votre, des hauts postes de l'administration. Il se fichent de notre avis et nous méprise sans s'en cacher ! C'est une honte d'être gouverné par ces guignols ! Une honte !
- Avec un peu de chance, monsieur Finckel va réussir à prendre la tête du Mouvement Conservateur et remettre un peu d'ordre dans tout ceci ! S'exclama Daniel Sécourt.
- Il le faut ! C'est la seule chance de remettre le pays sur le droit chemin ! Il est partisan de la fin de la "laïcité", de l'interdiction du mariage homosexuel et de l'interdiction de la Nationalisation par décret. Résuma son épouse.
- Sans oublier qu'il veut un changement de cap total dans la politique étrangère du Gouvernement. Il est pour la ratification du Protocole d'Alma et pour l’arrêt des collaborations avec les pays technocrates. Ajouta le lobbyiste.
- Tout à fait ! Dit le comte. Mais pour parler d'un autre sujet, êtes vous allez à la dernière représentation de "Venzuld"?
- Bel opéra oui, j'y ai d'ailleurs croisé Mari-Thérèse. Répondit le conseiller.
- Ah comment va-t-elle? Cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu ! Savez-vous donc pourquoi? [...]
Posté : dim. déc. 21, 2014 11:23 am
par Michou92
Quartier "Semptra-Est",
Semptra
28 novembre 2025
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=161893b84be19ac6ad11e1ab6b72c20a49152f800x532.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/161893b84be19ac6ad11e1ab6b72c20a49152f800x532.jpg[/img][/url][/center]
Le soleil baissait dans le ciel en cette fin d'après-midi bien que sa lumière était en grande partie voilée par les épais nuages qui survolaient la ville. Le quartier de Semptra-Est, n'était que partiellement reconstruit. Considéré comme la zone urbaine ayant été le plus endommagée par la guerre civile, ce quartier était devenu le symbole de la reconstruction de la Franconie par la République. Commencé sous la Présidence d'Henri Lefèvre, les travaux de reconstructions se poursuivaient depuis près de 5 ans. Il s'agit en effet d'un surface représentant 11% de la capitale provinciale et qui accueillait avant sa destruction plus de 130 000 habitants. La zone sud du chantier est aujourd’hui terminée. La zone nord l'est partiellement. Dans cette dernière, ce sont plusieurs milliers d’ouvriers qui travaillent d'arrache pied pour que tout ceux devant vivre dans des conditions difficiles à l'extérieur de la ville puissent avoir un logement. Karl, l'un de ces ouvriers si importants pour l'avenir de la population locale, venait de terminé son travail. Depuis 7h ce matin jusque maintenant, il n'avait fait que travailler dans le froid de cette fin de novembre afin de finaliser l'immeuble "C-28" du plan de reconstruction de Semptra Est. Il avait ce sentiment de fierté qu'ont les hommes quand ils accomplissent quelque chose qu'ils croient noble. Il alla rejoindre quelques camarades dans l'un des bars du chantier, lieux de rendez-vous des ouvriers après une bonne et longue journée de travail. Il trouva Bernart et Gerald au comptoir. (la discussion suivant est en allemand)
Karl: Ah vous voilà ! Vous êtes parti plus tôt?
Gerlad : Tiens, Karl ! Comment vas-tu mon ami? Eh bien oui, nous avons terminé plus rapidement la pose des échafaudages au niveau supérieur du C-21. Vu qu'il faisait froid et qu'il restait peu de temps pour en poser d'autres sur le C-22, le chef nous a libéré un peu plus tôt.
Karl : Ah c'est vrai qu'il fait froid et ça n'est pas près de s'arranger : les températures vont encore baisser la semaine prochaine. Quel boulot...Mais c'est pour la bonne cause, et puis ça sert à nourrir la famille.
Bernart : Effectivement ! Comment va Amélie?
Karl : Eh bien elle a trouvé un emploi comme vendeuse dans un nouveau magasin dans le centre-ville ! C'est une boutique de chaussure, j'y suis allé : c'est sympa, ils ont du choix et c'est pas cher ! En plus c'est fabriqué dans le coin, à 30 km au sud.
Gerald : Ah c'est une bonne nouvelle ! Mais dis donc toi, c'est pas cette semaine que tu fêtes tes 30 ans?
Karl : Si ! Tout à fait ! On devait aller fêter ça en famille près de la rue Stefan Bertol mais le quartier est proche des décombres de l'un des supermarchés touchés par l'accident de gaz. Or vu que le restaurant avait fait ses travaux d'alimentation au gaz en même temps que ce magasin, il doit fermer quelques jours pour que Francogaz règle tout ça.
Bernart : Heureusement qu'ils sont là eux. Et puis bon le Gouvernement a assuré sur ce coup : tout de suite après les explosions la police était partout pour gérer les mouvements de paniques éventuelles et l'anti-terroriste est arrivée au cas où cela aurait été un attentat. J'ai pas voté Lefèvre aux dernières élections mais finalement il fait du bon boulot depuis qu'il est de retour.
Gerald : Ah oui sur ces questions là il est très bon c'est incontestable. Si seulement il pouvait un peu plus penser aux travailleurs et pas uniquement à la croissance. La croissance c'est bien mais c'est un indicatif. Il y a des hommes et des femmes derrières et une modernisation à marche forcée comme il l'impose au pays est difficile à vivre pour les gens, il devrait plus s'en rendre compte.
Le Barman qui entendait la conversation se rapprocha.
Barman : Il s'en rend compte, mais c'est pas son problème : il veut rebâtir une nation et pour rebâtir une nation il faut admettre que des gens souffrent au début mais qu'en fin de compte, ils auront gagné plus qu'ils n'auront perdu.
Gerald : Ah tu trouves qu'on gagne plus là? Je vis dans un petit appart à 1h d'ici avec ma femme et mes 3 gosses ! Ma femme a perdu son emplois aux mines avec la mécanisation ! Va falloir m'expliquer là ! Les immeubles qu'ont construit, il n'y en a pas assez ! Les seuls qu'on peut se payer sont pas encore construit et quand ils le seront il n'y aura pas de la place pour tout le monde ! C'est ça la réalité !
Karl : Calme toi Gerald ! Et je ne suis pas d'accord : on gagne bien plus qu'à la fin de la guerre, et même que durant le fascisme ! Je te signal qu'en 2017 on nous a annoncé qu'on allait travaillé pour presque rien, pour "intérêt du pays. A l'époque on vivait tous dans des dortoirs et on avait à peine de quoi s'acheter à manger, aujourd'hui t'as une voiture, un appartement pour toi et un confort certes imparfait mais que tu n'aurais pas imaginé il y a encore quelques années ! Alors oui c'est pas parfait mais c'est quand même beaucoup mieux qu'il y a 8 ans.
Bernart : Le vrai problème c'est Finckel. Il a tenté de ralentir les choses et tente toujours de nuire au pouvoir gouvernemental. Son "progrès traditionnel" a eu de mauvaises répercussions sur la croissance car même si c'est Mercand qui en a subit les conséquences, le ralentissement économique était la conséquence du Gouvernement dirigé par Finckel durant sa première année de présidence.
Gerald : Oh vas-y nous parle pas de Mercand ! Ce type nous a foutu dans la mouise jusqu'au cou pendant des mois. Même si ça s'est calmé je ferais remarqué que le commerce avec la Fiémance est toujours pas reparti et que même si on a recasé la majeure partie des marchandises, les exportateurs touchés ont fait grise mine !
Luc, un Illyrien travaillant dans la maçonnerie, avait entendu le mot "Fiémance" ce qui avait immédiatement attiré son attention.
Luc-en français- : Ah la Fiémance, un sale pays ça la Fiémance.
Karl : Ah ! C'est fous ça, c'est vous les francophones qui êtes cousins avec eux, et pourtant c'est aussi vous qui avez toujours les mots les plus durs à leur encontre !
Luc : Attention, je ne te parle pas des Fiémançais, je te parle de leur chefs. De un ils viennent nous emmerder avec leur reconnaissance de la Bassaxe indépendante alors que seul ce vieux croûton de Von Brandt a évoqué cette possibilité. Après ils mettent fin au commerce qu'on a avec eux, même si ça va pas trop nous toucher : l'exportation de saucisse et de patates n'est pas encore un fleuron économique franconien. Et en plus, ils tuent leur peuple comme de vulgaires barbares avides de sang pour des conneries de conflits religieux au sein de l'Eglise catholique !
Bernart : En plus n'oubliez pas que nous aurions pu avoir ça depuis que Finckel a aboli la laïcité au profit du catholicisme. Si les libéraux n'avaient pas freiné cette dérive, un conflit aurait pu naître entre les différents courants catholiques et un Etat qui aurait retrouvé un rôle au sein de la religion.
Gerald : Sûrement, mais ce n'était pas respectueux du peuple. La fin de la laïcité a été actée par référendum.
Karl : Non c'est faux. La question du référendum était juste une question de forme pour changer "République laïque" en "République catholique" dans la constitution, rien de plus. Après on interprète ça comme on veut mais cela n'engage à rien. D'ailleurs, tu as vu des cortèges de millions de personnes dans les rues pour réclamer plus de liens entre l'Eglise et l'Etat? Non.
Luc : Il n'a ps tort Gerald. J'ai voté pour au référendum car je voulais que ce pays affirme ses racines chrétiennes, mais en aucun cas je ne voulais que concrètement l'Eglise catholique retrouve une place particulière vis à vis du pouvoir politique.
Karl : D'un autre côté Luc toi tu es d'Alonville : il y a tellement d'église là bas que forcément tu es influencé au point que tu nous avez raconté que plus jeune tu voulais devenir prêtre ah ah ah !
Luc : Oh écoute ça va hein !
Karl : Bon, c'est pas tout ça mais je dois retrouver ma femme. Content de vous avoir vu. A demain.
Posté : ven. mars 06, 2015 2:29 pm
par Michou92
Bar "le bon ami"
Henzburg
16 juillet 2026
Jonathan relisait ses cours en consommant une peinte de bière venant d'une petite ville près de Wischbourg appelée Magsviller. C'était toujours le même rituel : tous les mercredis après ses cours il allait se pendre une bière dans ce petit bar tranquille situé au bord d'une petite place ombragée par des Tilleuls. Il faut dire que lorsqu'on étudiait à la prestigieuse Ecole Supérieure de Commerce de Henzburg il était de bon usage après une longue journée de passer un peu de temps au calme. Il était sur la terrasse, un léger vent lui chatouillait la joue sans que cela le dérangeait. Il lisait ses notes en buvant sa peinte en faisant toute fois attention à ne pas en renverser : il avait déjà demandé un cours à Sara la semaine dernière et il ne comptait pas lui faire le coup toute les semaines! Il fut toutefois attiré par trois hommes assit à une table à quelques mètres de lui. Ils avaient l'air sombres. Ils n'entendaient pas leur parole, mais le sujet de conversation ne devait pas être joyeux. Il les reconnus : il s'agissait de militants indépendantistes. Il s'en souvenait car tout comme lui, ils avaient pour habitude de venir ici depuis quelques temps. Il finit sa bière, prit ses cours, les rangea dans sa sacoche et alla payer à l'intérieur. C'était Wilfried, le patron, qui était derrière le comptoir.
Wilfried : Alors ça va Jonathan? Les études se passent toujours bien?
Jonathan : Très bien merci Wilf'! Et les affaires ça va?
Wilfried : Ça va, ça va.
Jonathan : Dis, tu sais ce qu'ils ont les trois dehors là? Ils font une des ces têtes...
Wilfried : Oui je sais. Je crois qu'ils perdent un peu leur nerfs à cause du vote qui se rapproche.
Jonathan : Mais ils sont favoris pourtant non?
Wilfried : Oui, mais il y a encore un sondage qui est sortit. Et ça a pas l'air de leur faire plaisir. L'écart se ressert.
Jonathan : Encore?
Wilfried : Ouaip'. En plus il y a encore eu des dégradations de domiciles de leaders du MDB cette nuit. Puis il y a ces tracts maintenant.
Jonathan : J'en ai vaguement entendu parlé. Ça dit quoi ces tracts?
Le patron en sortit un de sa poche.
Wilfried : J'en ai trouvé un ce matin dans ma boîte aux lettres. -Il met ses lunettes et fronce les yeux- Alors ça dit : "Que ceux qui s'opposent à l'indépendance se préparent à notre colère-il marmonne-"La future République de Bassaxe se passera des traîtres" et cetera...je t'épargne le reste-il range le tract et ses lunettes-. Ça fait peur aux gens. Du coup pas mal de personnes qui pensaient voter oui commencent à se poser des questions, alors ça fait peur au Parti de la Bassaxe Libre et des autres indépendantistes.
Jonathan : Oui, à l'image d'Alberta Mayeur l'autre jour à la radio.
Wilfried : Ouep'. J'aime bien cette nana. J'ai pas lu tous ses bouquins mais elle m'a toujours été sympathique.
Jonathan : Tu sais pour quoi tu vas voter toi?
Wilfried : Bah tu sais moi je suis tiraillé : je pense que la Province devrait avoir plus d'autonomie mais je me sens Franconien tu vois. Et puis bon, tu sais je suis ancien résistant alors même si j'ai pas voté pour lui aux dernières élections j'aime bien Lefèvre et Lefèvre il soutient le non. Alors je sais pas. Mais si les indépendantistes commencent à déconner comme ça mon choix va être vite fait.
Jonathan : Je dois rentrer. A bientôt Wilf' !
Wilfried : Rentre bien !
Jonathan prit un bus dans une rue proche. Après 20 minutes il descendit à son arrêt. En marchant en direction de son petit appartement étudiant, il croisa des hommes en combinaison. Intrigué il leur demanda ce qu'ils faisaient dans cet accoutrement.
Dératiseur : Eh bien vous n'avez pas suivit les infos? Il y a des infestations de rats dans plusieurs quartiers de la ville. Cela fait depuis hier que nos équipes tournent pour faire chaque maison concernée, une par une...
Jonathan : Ah... Bon courage à vous et aux autres alors.
Il reprit son chemin et arriva peu de temps après chez lui. Il se mit sur son lit et alluma sa télé.
"Bonjour à ceux qui nous rejoignent il est 17h40. Principal titre : ce nouveau sondage Gemoss sortit ce matin qui confirme la tendance du précédent sondage EOF : l'écart se ressert entre le oui et le non pour l'indépendance Bassaxonne. Pour : 46%, contre : 44%, abstention : 10%. A quoi est-ce dû selon vous monsieur Lorn, politologue consultant pour FTV ?
"Eh bien je pense que trois éléments jouent : le premier, c'est la fin de campagne des "nonsites" qui est très impressionnante. A cela s'ajoute l’interview d'Henri Lefèvre sortie hier et qui promet des réformes concrètes qui auraient pour effet de faire de la Franconie un Etat bien plus fédéral qu'aujourd'hui. Enfin, et je pense que c'est ce qui joue le plus, les nombreux dérapages des indépendantistes depuis quelques jours font douter une partie de l'électorat : Entre ces agressions, ces twitts, maintenant ces tracts appelant à la haine...cela inquiète beaucoup de gens. Toutefois rappelons le : ces tracts ne sont pas issus du Parti pour la Bassaxe Libre, c'est tout du moins ce que ce parti assure."
"Merci Monsieur Lorn. J'en profite pour rappeler que certaines sources dans des instituts de sondages commencent à dire que les sondages des prochains jours pourrait voir une inversion des courbes. Toujours au sujet de la Bassaxe, demain aura lieux le meeting de fin de campagne de la chef de fil du Mouvement de Défense de la Bassaxe, Delphina Lebzung [...]
Jonathan éteignit la télé. Il resta quelques minutes à fixer l'écran noir en se demandant comment cette histoire allait se terminer puis il se remit à ses études.