Posté : ven. août 23, 2013 1:52 pm
Le modèle kirkstanais : Le Socialisme Vertueux
Dans ce petit opuscule rédigé par Vladimir Stramine lui-même, ce dernier y expose point par point la théorie du Socialisme Vertueux, nouveau, démocratique et vigoureux. Il est le fruit d'une longue expérience dans le domaine de la philosophie de l'Histoire et d'une solide connaissance dans les domaines économiques et sociaux, couplé à un long exercice du pouvoir. L'ouvrage se décompose en différentes parties, en commençant par l'analyse du fondement même d'une société, le travail, et se terminant par les perspectives d'avenir pour un monde meilleur. Un régime socialiste vertueux se veut l'initiateur de l'avènement d'un homme neuf, nettoyé de tous les vices que les sociétés corrompues d'aujourd'hui lui ont apporté. Il s'agit de se servir des erreurs humaines pour créer un monde où ces erreurs ne pourraient même pas se produire, tant l'environnement serait idéal. Cependant, la plus grosse erreur que l'on puisse faire en politique, c'est de croire sa construction éternelle. Tout système s'effondre un jour, mais aucune conception ne disparaît : on posera sur ces papiers les Idées qui ont menés une Confédération unie vers une société indivisible, heureuse, et qui avance dans la prospérité et la confiance. Que cette théorie et que ces Idées traversent les siècles et que le Bien qu'elles ont construit resplendisse de magnificence à travers les âges !
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Du Travail et de la Technique
Définitions
Le travail est l'action entreprise par l'être humain conscient afin de transformer la nature pour adapter cette dernière à ses besoins.
De fait, le travail est un engrenage indissociable de la formation culturelle.
La technique représente l'ensemble des moyens (matériels et immatériels) employés par l'être humain conscient pour parvenir à ses fins.
Des intérêts et questions sur le travail et la technique
Quelle est la dimension humanisante du travail ?
Dans quelle(s) mesure(s) le travail et la technique aliènent-ils l'être humain conscient ?
Le travail n'est-il pas au final une nécessité empêchant l'épanouissement de l'Homme ?
La technique n'est-elle pas justement l'expression la plus flagrante de l'esprit humain ?
Les dimensions aliénantes du travail et de la technique sont-elles irrémédiables ?
Ces dimensions sont-elles au contraire inhérentes au développement de la civilisation ?
L’Homme doit-il alors accepter cela pour approcher le Réel ?
Le Socialisme Vertueux apporte des réponses et des solutions à ces questions, détaillées par la suite.
Le travail et la technique comme transformation de la nature
Le travail a chez l'Homme une dimension spécifique qui le rend notamment supérieur aux animaux.
Il est vrai que les progrès de l'anthropologie et de la primatologie montrent que certains animaux sont capables de transformer les matières premières afin de les adapter à leurs besoins. Ce qui différencie radicalement l'Homme de l'animal, c'est la manière de transformer ces matières premières. En effet, alors que l'animal agit dans un contexte de travail immédiat, l'Homme agit par le biais de sa conscience. En somme, il pense avant de se mettre au travail, un plan se dessine dans son esprit avant sa réalisation. Là repose toute la spécificité de l'idée de travail chez l'être humain conscient. La technique, quant à elle, est la représentation de cette intelligence médiatrice. Elle est l'ensemble des moyens non-naturels fabriqué par l'Homme pour la satisfaction de ses besoins.
L'Homme ne peut donc pas être un « animal évolué », il est Homme.
Il a su, au cours des années, dompter la matière par la force de son esprit. La conscience de l'Homme, couplée à des besoins naturels, le rend supérieur à tout autre forme de vie sur notre planète. L'Homme doit donc en partie se plier à la nature, se servir d'elle, la transformer par ce qu'elle lui a donné, pour se créer une histoire.
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Le travail et la technique comme transformation de l'Homme
Le travail immédiat propre aux animaux n'offre aucune possibilité « d'humanisation », contrairement au travail réfléchi.
Un homme qui travaille utilise ses facultés. Ces dernières vont se développer selon différents facteurs aussi variés que : la durée du travail, le temps d'exercice, le type de travail etc... . Le travail a alors une dimension humanisante dans le sens où il permet à l'Homme de s'accomplir, de développer ses capacités, de se cultiver, et surtout, de progresser. Alors s'écrit l'histoire comme processus. Le travail aide l'Homme à s'accomplir, à devenir maître de son entourage, à s'émanciper de la tutelle de la nature, et en somme, à élever sa condition d'homme. Une société sans travail est un concept délirant en soi, car aucune société ne peut se créer et encore moins se maintenir sans une idée émancipatrice et libératrice de travail. Un monde sans travail serait un monde où chaque homme serait bloqué à un stade quasi-animal, coincé dans les besoins naturels immédiats et dans l'incapacité de s'accomplir. Cela s'appelle une perte.
Une société qui produit trop est préférable à une société qui ne produit plus rien, car la société qui ne produit rien se pose face aux dangers de la déshumanisation progressive de l'Homme, à savoir un brutal retour à l'état primitif, qui n'est ni souhaitable, ni même envisageable, car alors il y aurait des sociétés en retard sur d'autres, et l'égalité entre chaque homme serait mise à mal. Dans ce développement des sociétés, il y a un autre phénomène qui contribue à la transformation de l'Homme : il s'agit de la progression de ses connaissances en terme de technologies. Dans une logique de progression de la pensée humaine, les moyens techniques utilisés pour rendre efficace le travail sont sans cesse dépassés par mieux. Il faut trouver la juste mesure, savoir quand l'Homme arrive à ses limites et savoir quand il faut réfléchir, se reposer face à la matière et se demander de quelles manières l'exploiter de façon plus performante, c'est à dire en conservant la dimension humanisante du travail. Le processus historique a ainsi débuté par « l'Homo faber », celui qui fabrique pour déboucher sur l'homme moderne. Ce dernier arrive à ses limites et doit pouvoir les comprendre pour les dépasser.
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De la dimension libératrice du travail
Nous avons donc vu que le travail transforme la nature elle-même et l'homme lui-même.
Il est en plus de cela un autre avantage que procurent le travail et la technique. L'homme se dégage progressivement, dans le processus historique, des nécessités primaires liées à son essentialisme. Le travail et la technique permettent alors à l'homme de s'affranchir de longues heures à peiner et du temps libre apparaît. Nous le développerons plus loin, la culture est aussi un moyen parmi tant d'autres « d'humaniser » l'Homme, de l'affranchir de la tutelle de la nature. Cette dernière est pied à pied vaincue et maîtrisée par l'Homme, car les besoins de ce dernier sont plus rapidement et plus efficacement satisfaits par les progrès techniques. Il peut alors retrancher à sa journée des heures de travail et s'adonner notamment aux loisirs, à l'art, autres lieux d'expression de ses capacités propres. Le travail et la technique permettent donc à l'Homme de marquer le plus de distance possible entre lui et l'animal, car ce dernier demeurera dans un rapport immédiat avec les choses, contrairement à l'Homme. Le rapport de l'Homme aux choses qui l'entourent (matériels et immatériels), dont la nature, est modifié, médiatisé par le travail.
Le travail est avant tout un accomplissement matériel des pensées humaines, permettant à l'Homme d'être libre.
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Des dangers liés à l'aliénation due au travail
Les dangers liés au travail et la technique sont des problèmes qu'il est important de résoudre.
La nature, nous l'avons déjà vu, rend le travail humain et le développement des sociétés possibles en fournissant matières premières et lois universelles (mécaniques, physiques, biologiques...). Serait-ce alors une forme de domination de la nature sur l'Homme, ce dernier ne pouvant alors se passer d'elle ? Toute possibilité de développement des sociétés est encadrée et limitée par la nature, car il est impossible pour l'Homme de dépasser la nature, qui est la source de tout progrès. De même, le progrès technique peut amener une décadence morale qu'il faut endiguer et repousser. L'Homme croit dépasser la nature, et, se sentant ainsi plus fort et affranchit d'elle, va étendre sa domination à tous les êtres vivants, y compris ses semblables. On notera par exemple les épisodes de chocs de civilisations. En effet, deux peuples technologiquement éloignés se rencontrent, et leurs codes moraux ayant été modifiés par le progrès, ils ne peuvent réellement se comprendre et s'unir. Il en est de même pour la nature et, plus précisément, la faune et la flore. Tous les phénomènes catastrophiques pour la nature ont été initiés par l'Homme.
Il est alors nécessaire de contrôler le développement technologique de l'Homme afin de l'orienter dans le bon sens.
Un autre facteur pouvant être négatif s'est développé à outrance dans les pays « démocratiques occidentaux ». Il s'agit de la massification des machines, liée à la chosification de l'être humain. Les conditions de travail se sont considérablement dégradées au cours des siècles précédents à cause de cela. L'Homme n'est plus qu'un auxiliaire de travail et non plus l'acteur primaire, on se sert de la mécanisation du travail pour minimiser l'impact de l'être humain sur la production et donc, diminuer son salaire. Il devient alors impossible pour l'Homme d'atteindre la dimension humanisante du travail, car toutes les facultés qu'il doit y développer sont spoliées par les automates. Le maigre salaire des ouvriers ne peut alors pas leur permettre de s'épanouir en dehors du travail (culture , loisirs etc...). Le travail n'est dès lors plus un lieu où l'Homme peut exprimer ses facultés propres, il est le bien d'un autre.
De fait, il faut trouver le juste équilibre entre performance mécanique et travail humain.
Par extension, la liberté que doivent offrir le travail et la technique est perdue, à l'instar de la dimension humanisante. Les outils paradoxalement créés par l'Homme font de lui leur esclave, il en est totalement dépendant, car c'est par eux qu'un travail technologiquement plus élevé est possible. La dimension spécifiquement humaine du travail, c'est à dire sa médiatisation par l'esprit, disparaît, car l'outil devient alors le médiateur entre le corps et la production. L'esprit s'amollit alors logiquement, au même titre, et dans une moindre mesure, que le corps. De plus, les inventions faites à une époque précise sont transmises aux générations suivantes et se perpétuent à travers les âges (le meilleur exemple étant sûrement la roue). Mais à ce moment-là, l'Homme n'a plus à réinventer ce que ses pères ont faits. Il serait cependant idiot d'oublier et de détruire ce qu'ils ont réalisés, car il en découlerait une période de stagnation technologique qui empêcherait le progrès des sociétés et donc, de l'humanité. C'est pourquoi il faut un progressisme perpétuel et maîtrisé. Toutes les inventions apportent généralement une meilleure qualité de vie, et il en découle que l'Homme n'apprécie plus guère ce qu'il arrive à inventer. En revanche, il peut se trouver malheureux de ce qu'il perd.
Le progrès technique est par conséquent essentiel au développement des sociétés et de l'Humanité, à condition qu'il soit maîtrisé et bien compris.
Un autre problème se pose, et c'est là que demeure la source des antagonismes monstrueux que connaissent les pays occidentaux capitalistes ; il s'agit de celui de la division du travail. Elle n'est pas initialement mauvaise, elle est même nécessaire, car elle est la démonstration d'une hiérarchisation de la société en fonction des différents savoir-faire et des différentes facultés de chacun. Chaque Homme devrait dans cette logique bénéficier des produits de chaque Homme, et un échange équitable des biens serait possible. Mais aujourd'hui, dans la plupart des nations, cette division du travail montre son caractère aliénante, on assiste en effet à une division entre les classes sociales, et non pas à une union, on assiste à une parcellisation des tâches, et non pas à une équité logique. Le travail doit être diviser pour que chaque homme puisse exceller dans le domaine correspondant à ses facultés propres. Au lieu de ça, on assiste à une hiérarchisation des hommes, c'est à dire à l'exploitation d'un homme par un autre.
C'est ainsi que le travail perd toutes ses dimensions humanisantes et libératrices au profit de l'enrichissement et de l'exploitation.
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Des remèdes à l'aliénation
Il est du devoir des hommes de trouver le moyen de s'humaniser par le travail en évitant ses dimensions aliénantes.
Faut-il alors rejeter l'aliénation de l'Homme sur le dos du travail et du progrès technique ?
Non, ce serait nier leurs bienfaits. Il semblerait que le travail et la technique aient des qualités qui leur sont essentielles et des défauts qui leur sont accidentels. Ces derniers seraient donc le fruit du mauvais emploi que l'Homme fait du travail. L'aliénation du travail est due à une mauvaise organisation économique. Les effets pervers du travail sont alors démultipliés et exacerbés, empêchant les bons côtés de s'exprimer à travers l'Homme. La source de la corruption du travail et de la technique n'est autre que le système capitaliste lui-même ; la seule raison d'être du capitalisme est l'accumulation de richesses et le profit individuel. Les échanges économiques sont dirigés par l'argent -devant des lingots d'or-, ce qui est paradoxal. En effet, le travail et la technique n'en étant pas au même point dans toutes les civilisations, l'or n'a pas la même valeur partout. On remarquera alors que le travail -l'étalon-travail- est la seule mesure de richesses qui peut servir pour les échanges commerciaux. Travail et technique sont, en monde capitaliste, employés à asservir l'Homme, à le détruire, à rogner ses capacités spécifiques à des fins uniquement mercantiles. La nature subit alors de plein fouet le même sort que l'Homme. D'ailleurs, est-il donc correct pour les capitalistes de mettre l'Homme et la nature sur le même plan ? C'est une question à laquelle ne peuvent répondre les théoriciens libéraux. Pour contrer les effets destructeurs du système capitaliste sur l'Humanité et les sociétés, il convient à l'Homme de créer des législations sur le travail, afin d'interdire purement et simplement l'exploitation d'hommes par d'autres. Mais il serait insuffisant de légiférer, car une loi n'est autre qu'un compromis entre les membres d'une même société. Il faut alors une réflexion sur le progrès technique (par exemple, création d'un Comité National d’Éthique) dans le débat public. Son but serait de moraliser le travail et la technique afin de conserver leurs dimensions humanisantes. Si cela n'est pas envisageable pour X ou Y raison, il faudrait envisager une société sans travail et sans technique, c'est à dire sans progrès. Des sociétés obéissant à cette règle existent, on peut les qualifier de « stationnaires », leur but est en fait de produire le strict minimum pour ne pas entraver leur équilibre présent (« conservatisme »?) par le biais d'un progrès technique inutile qu'ils ont vu échouer dans d'autres pays. Ces sociétés méritent évidemment, comme tout autre société, le respect. Mais le Socialisme Vertueux se veut progressiste par l'exaltation et la mise en lumière des vertus du travail. Les sociétés stationnaires ne voient que les côtés négatifs du travail, c'est à dire les côtés vantés par les capitalistes.
Il est donc important de moraliser le travail et le progrès technique afin d'en garder une juste mesure aboutissant à un équilibre.
Une autre question se pose, il s'agit de celle de la nature. Quel sens doit avoir le travail ? Une harmonie doit exister entre l'Homme et la nature et la finalité du travail et de la technique serait peut-être d'obtenir à terme cet équilibre. Si la nature nous offre de quoi travailler et de quoi progresser en tant qu'Homme, comment « remercier » la nature ? En la détruisant, en la pillant, en la v(i)olant ? Les richesses naturelles de notre planète sont énormes et l'Homme se doit de s'assurer leur bonne utilisation, après quoi il y aura un renouvellement et donc, une continuation du progrès de l'humanité. C'est pourquoi le capitalisme, qui détruit la nature en la faisant passer après l'enrichissement personnel, est totalement contraire aux finalités supposées du travail. On soumet par ce système absurde la nature à la raison (« arraisonnement »). Le sens du travail et de la technique, qui serait donc de développer un équilibre entre Humanité et Nature est alors menacée par la seule chose qui est infinie -avec l'univers-, c'est à dire la bêtise humaine. En parallèle, nous avons vu qu'une autre fonction du travail est l'humanisation de l'Homme à travers l'expression et le développement de ses facultés. Une fois ces objectifs « perdus de vue », l'aliénation peut mener jusqu'au suicide, ou pire, la destruction totale de l'être.
La vertu fondamentale du travail est d'essence morale : respect de la personne et de la nature.
Quel est alors le rôle des loisirs et des arts ? Le travail est quelque chose d'obligatoire à l'Humanité, car il lui permet de satisfaire ses besoins premiers et donc de contribuer à sa perpétuation dans le temps. Il sert aussi à l'humaniser, mais dans un contexte de nécessité. Qu'en est-il du travail dans un contexte de plaisir non-obligatoire ? Les capacités de l'Homme se montrent aussi à travers l'art, car il s'y humanise dans une forme de temps différente, que l'on appelle « temps libre ». Avec l'art, on travaille pour travailler, et non pas pour survivre et perpétuer l'espèce. Les facteurs d'aliénation sont cependant les mêmes, car l'art peut intégrer les lois sans pitié du marché et perdent alors toutes ses vertus au même titre que le travail. On en constate que pour conserver les dimensions humanisantes et libératrices -ou « vertus »- du travail en général, il faut le maintenir en dehors du marché, car celui-ci le corrompt. Loisir et art sont donc modèles de culture et de développement de soi, on « joue » librement, on crée des formes agréables pour les sens pour le seul plaisir de la création, qui est à la base du tout progrès.
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Conclusion sur le travail et la technique
Le travail a chez l'Homme une dimension spéciale que l'être conscient se doit alors de développer. La développer, cela signifie mettre en avant ses vertus humanisantes et libératrices en repoussant le plus possible les facteurs qui seraient à l'origine d'une aliénation due au travail. Il s'agit de développer les sociétés et l'humanité en équilibre avec la nature, sans plier cette dernière aux lois rationnelles du marché. Le système capitaliste est donc un système où tout ce qui est mauvais pour le travail est encouragé et exacerbé. Il est du devoir de l'humanité de comprendre les finalités du travail et de la technique, de maîtriser le progrès social, et donc, en somme, de maîtriser son destin et son existence.
Dans ce petit opuscule rédigé par Vladimir Stramine lui-même, ce dernier y expose point par point la théorie du Socialisme Vertueux, nouveau, démocratique et vigoureux. Il est le fruit d'une longue expérience dans le domaine de la philosophie de l'Histoire et d'une solide connaissance dans les domaines économiques et sociaux, couplé à un long exercice du pouvoir. L'ouvrage se décompose en différentes parties, en commençant par l'analyse du fondement même d'une société, le travail, et se terminant par les perspectives d'avenir pour un monde meilleur. Un régime socialiste vertueux se veut l'initiateur de l'avènement d'un homme neuf, nettoyé de tous les vices que les sociétés corrompues d'aujourd'hui lui ont apporté. Il s'agit de se servir des erreurs humaines pour créer un monde où ces erreurs ne pourraient même pas se produire, tant l'environnement serait idéal. Cependant, la plus grosse erreur que l'on puisse faire en politique, c'est de croire sa construction éternelle. Tout système s'effondre un jour, mais aucune conception ne disparaît : on posera sur ces papiers les Idées qui ont menés une Confédération unie vers une société indivisible, heureuse, et qui avance dans la prospérité et la confiance. Que cette théorie et que ces Idées traversent les siècles et que le Bien qu'elles ont construit resplendisse de magnificence à travers les âges !
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Du Travail et de la Technique
Définitions
Le travail est l'action entreprise par l'être humain conscient afin de transformer la nature pour adapter cette dernière à ses besoins.
De fait, le travail est un engrenage indissociable de la formation culturelle.
La technique représente l'ensemble des moyens (matériels et immatériels) employés par l'être humain conscient pour parvenir à ses fins.
Des intérêts et questions sur le travail et la technique
Quelle est la dimension humanisante du travail ?
Dans quelle(s) mesure(s) le travail et la technique aliènent-ils l'être humain conscient ?
Le travail n'est-il pas au final une nécessité empêchant l'épanouissement de l'Homme ?
La technique n'est-elle pas justement l'expression la plus flagrante de l'esprit humain ?
Les dimensions aliénantes du travail et de la technique sont-elles irrémédiables ?
Ces dimensions sont-elles au contraire inhérentes au développement de la civilisation ?
L’Homme doit-il alors accepter cela pour approcher le Réel ?
Le Socialisme Vertueux apporte des réponses et des solutions à ces questions, détaillées par la suite.
Le travail et la technique comme transformation de la nature
Le travail a chez l'Homme une dimension spécifique qui le rend notamment supérieur aux animaux.
Il est vrai que les progrès de l'anthropologie et de la primatologie montrent que certains animaux sont capables de transformer les matières premières afin de les adapter à leurs besoins. Ce qui différencie radicalement l'Homme de l'animal, c'est la manière de transformer ces matières premières. En effet, alors que l'animal agit dans un contexte de travail immédiat, l'Homme agit par le biais de sa conscience. En somme, il pense avant de se mettre au travail, un plan se dessine dans son esprit avant sa réalisation. Là repose toute la spécificité de l'idée de travail chez l'être humain conscient. La technique, quant à elle, est la représentation de cette intelligence médiatrice. Elle est l'ensemble des moyens non-naturels fabriqué par l'Homme pour la satisfaction de ses besoins.
L'Homme ne peut donc pas être un « animal évolué », il est Homme.
Il a su, au cours des années, dompter la matière par la force de son esprit. La conscience de l'Homme, couplée à des besoins naturels, le rend supérieur à tout autre forme de vie sur notre planète. L'Homme doit donc en partie se plier à la nature, se servir d'elle, la transformer par ce qu'elle lui a donné, pour se créer une histoire.
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Le travail et la technique comme transformation de l'Homme
Le travail immédiat propre aux animaux n'offre aucune possibilité « d'humanisation », contrairement au travail réfléchi.
Un homme qui travaille utilise ses facultés. Ces dernières vont se développer selon différents facteurs aussi variés que : la durée du travail, le temps d'exercice, le type de travail etc... . Le travail a alors une dimension humanisante dans le sens où il permet à l'Homme de s'accomplir, de développer ses capacités, de se cultiver, et surtout, de progresser. Alors s'écrit l'histoire comme processus. Le travail aide l'Homme à s'accomplir, à devenir maître de son entourage, à s'émanciper de la tutelle de la nature, et en somme, à élever sa condition d'homme. Une société sans travail est un concept délirant en soi, car aucune société ne peut se créer et encore moins se maintenir sans une idée émancipatrice et libératrice de travail. Un monde sans travail serait un monde où chaque homme serait bloqué à un stade quasi-animal, coincé dans les besoins naturels immédiats et dans l'incapacité de s'accomplir. Cela s'appelle une perte.
Une société qui produit trop est préférable à une société qui ne produit plus rien, car la société qui ne produit rien se pose face aux dangers de la déshumanisation progressive de l'Homme, à savoir un brutal retour à l'état primitif, qui n'est ni souhaitable, ni même envisageable, car alors il y aurait des sociétés en retard sur d'autres, et l'égalité entre chaque homme serait mise à mal. Dans ce développement des sociétés, il y a un autre phénomène qui contribue à la transformation de l'Homme : il s'agit de la progression de ses connaissances en terme de technologies. Dans une logique de progression de la pensée humaine, les moyens techniques utilisés pour rendre efficace le travail sont sans cesse dépassés par mieux. Il faut trouver la juste mesure, savoir quand l'Homme arrive à ses limites et savoir quand il faut réfléchir, se reposer face à la matière et se demander de quelles manières l'exploiter de façon plus performante, c'est à dire en conservant la dimension humanisante du travail. Le processus historique a ainsi débuté par « l'Homo faber », celui qui fabrique pour déboucher sur l'homme moderne. Ce dernier arrive à ses limites et doit pouvoir les comprendre pour les dépasser.
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De la dimension libératrice du travail
Nous avons donc vu que le travail transforme la nature elle-même et l'homme lui-même.
Il est en plus de cela un autre avantage que procurent le travail et la technique. L'homme se dégage progressivement, dans le processus historique, des nécessités primaires liées à son essentialisme. Le travail et la technique permettent alors à l'homme de s'affranchir de longues heures à peiner et du temps libre apparaît. Nous le développerons plus loin, la culture est aussi un moyen parmi tant d'autres « d'humaniser » l'Homme, de l'affranchir de la tutelle de la nature. Cette dernière est pied à pied vaincue et maîtrisée par l'Homme, car les besoins de ce dernier sont plus rapidement et plus efficacement satisfaits par les progrès techniques. Il peut alors retrancher à sa journée des heures de travail et s'adonner notamment aux loisirs, à l'art, autres lieux d'expression de ses capacités propres. Le travail et la technique permettent donc à l'Homme de marquer le plus de distance possible entre lui et l'animal, car ce dernier demeurera dans un rapport immédiat avec les choses, contrairement à l'Homme. Le rapport de l'Homme aux choses qui l'entourent (matériels et immatériels), dont la nature, est modifié, médiatisé par le travail.
Le travail est avant tout un accomplissement matériel des pensées humaines, permettant à l'Homme d'être libre.
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Des dangers liés à l'aliénation due au travail
Les dangers liés au travail et la technique sont des problèmes qu'il est important de résoudre.
La nature, nous l'avons déjà vu, rend le travail humain et le développement des sociétés possibles en fournissant matières premières et lois universelles (mécaniques, physiques, biologiques...). Serait-ce alors une forme de domination de la nature sur l'Homme, ce dernier ne pouvant alors se passer d'elle ? Toute possibilité de développement des sociétés est encadrée et limitée par la nature, car il est impossible pour l'Homme de dépasser la nature, qui est la source de tout progrès. De même, le progrès technique peut amener une décadence morale qu'il faut endiguer et repousser. L'Homme croit dépasser la nature, et, se sentant ainsi plus fort et affranchit d'elle, va étendre sa domination à tous les êtres vivants, y compris ses semblables. On notera par exemple les épisodes de chocs de civilisations. En effet, deux peuples technologiquement éloignés se rencontrent, et leurs codes moraux ayant été modifiés par le progrès, ils ne peuvent réellement se comprendre et s'unir. Il en est de même pour la nature et, plus précisément, la faune et la flore. Tous les phénomènes catastrophiques pour la nature ont été initiés par l'Homme.
Il est alors nécessaire de contrôler le développement technologique de l'Homme afin de l'orienter dans le bon sens.
Un autre facteur pouvant être négatif s'est développé à outrance dans les pays « démocratiques occidentaux ». Il s'agit de la massification des machines, liée à la chosification de l'être humain. Les conditions de travail se sont considérablement dégradées au cours des siècles précédents à cause de cela. L'Homme n'est plus qu'un auxiliaire de travail et non plus l'acteur primaire, on se sert de la mécanisation du travail pour minimiser l'impact de l'être humain sur la production et donc, diminuer son salaire. Il devient alors impossible pour l'Homme d'atteindre la dimension humanisante du travail, car toutes les facultés qu'il doit y développer sont spoliées par les automates. Le maigre salaire des ouvriers ne peut alors pas leur permettre de s'épanouir en dehors du travail (culture , loisirs etc...). Le travail n'est dès lors plus un lieu où l'Homme peut exprimer ses facultés propres, il est le bien d'un autre.
De fait, il faut trouver le juste équilibre entre performance mécanique et travail humain.
Par extension, la liberté que doivent offrir le travail et la technique est perdue, à l'instar de la dimension humanisante. Les outils paradoxalement créés par l'Homme font de lui leur esclave, il en est totalement dépendant, car c'est par eux qu'un travail technologiquement plus élevé est possible. La dimension spécifiquement humaine du travail, c'est à dire sa médiatisation par l'esprit, disparaît, car l'outil devient alors le médiateur entre le corps et la production. L'esprit s'amollit alors logiquement, au même titre, et dans une moindre mesure, que le corps. De plus, les inventions faites à une époque précise sont transmises aux générations suivantes et se perpétuent à travers les âges (le meilleur exemple étant sûrement la roue). Mais à ce moment-là, l'Homme n'a plus à réinventer ce que ses pères ont faits. Il serait cependant idiot d'oublier et de détruire ce qu'ils ont réalisés, car il en découlerait une période de stagnation technologique qui empêcherait le progrès des sociétés et donc, de l'humanité. C'est pourquoi il faut un progressisme perpétuel et maîtrisé. Toutes les inventions apportent généralement une meilleure qualité de vie, et il en découle que l'Homme n'apprécie plus guère ce qu'il arrive à inventer. En revanche, il peut se trouver malheureux de ce qu'il perd.
Le progrès technique est par conséquent essentiel au développement des sociétés et de l'Humanité, à condition qu'il soit maîtrisé et bien compris.
Un autre problème se pose, et c'est là que demeure la source des antagonismes monstrueux que connaissent les pays occidentaux capitalistes ; il s'agit de celui de la division du travail. Elle n'est pas initialement mauvaise, elle est même nécessaire, car elle est la démonstration d'une hiérarchisation de la société en fonction des différents savoir-faire et des différentes facultés de chacun. Chaque Homme devrait dans cette logique bénéficier des produits de chaque Homme, et un échange équitable des biens serait possible. Mais aujourd'hui, dans la plupart des nations, cette division du travail montre son caractère aliénante, on assiste en effet à une division entre les classes sociales, et non pas à une union, on assiste à une parcellisation des tâches, et non pas à une équité logique. Le travail doit être diviser pour que chaque homme puisse exceller dans le domaine correspondant à ses facultés propres. Au lieu de ça, on assiste à une hiérarchisation des hommes, c'est à dire à l'exploitation d'un homme par un autre.
C'est ainsi que le travail perd toutes ses dimensions humanisantes et libératrices au profit de l'enrichissement et de l'exploitation.
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Des remèdes à l'aliénation
Il est du devoir des hommes de trouver le moyen de s'humaniser par le travail en évitant ses dimensions aliénantes.
Faut-il alors rejeter l'aliénation de l'Homme sur le dos du travail et du progrès technique ?
Non, ce serait nier leurs bienfaits. Il semblerait que le travail et la technique aient des qualités qui leur sont essentielles et des défauts qui leur sont accidentels. Ces derniers seraient donc le fruit du mauvais emploi que l'Homme fait du travail. L'aliénation du travail est due à une mauvaise organisation économique. Les effets pervers du travail sont alors démultipliés et exacerbés, empêchant les bons côtés de s'exprimer à travers l'Homme. La source de la corruption du travail et de la technique n'est autre que le système capitaliste lui-même ; la seule raison d'être du capitalisme est l'accumulation de richesses et le profit individuel. Les échanges économiques sont dirigés par l'argent -devant des lingots d'or-, ce qui est paradoxal. En effet, le travail et la technique n'en étant pas au même point dans toutes les civilisations, l'or n'a pas la même valeur partout. On remarquera alors que le travail -l'étalon-travail- est la seule mesure de richesses qui peut servir pour les échanges commerciaux. Travail et technique sont, en monde capitaliste, employés à asservir l'Homme, à le détruire, à rogner ses capacités spécifiques à des fins uniquement mercantiles. La nature subit alors de plein fouet le même sort que l'Homme. D'ailleurs, est-il donc correct pour les capitalistes de mettre l'Homme et la nature sur le même plan ? C'est une question à laquelle ne peuvent répondre les théoriciens libéraux. Pour contrer les effets destructeurs du système capitaliste sur l'Humanité et les sociétés, il convient à l'Homme de créer des législations sur le travail, afin d'interdire purement et simplement l'exploitation d'hommes par d'autres. Mais il serait insuffisant de légiférer, car une loi n'est autre qu'un compromis entre les membres d'une même société. Il faut alors une réflexion sur le progrès technique (par exemple, création d'un Comité National d’Éthique) dans le débat public. Son but serait de moraliser le travail et la technique afin de conserver leurs dimensions humanisantes. Si cela n'est pas envisageable pour X ou Y raison, il faudrait envisager une société sans travail et sans technique, c'est à dire sans progrès. Des sociétés obéissant à cette règle existent, on peut les qualifier de « stationnaires », leur but est en fait de produire le strict minimum pour ne pas entraver leur équilibre présent (« conservatisme »?) par le biais d'un progrès technique inutile qu'ils ont vu échouer dans d'autres pays. Ces sociétés méritent évidemment, comme tout autre société, le respect. Mais le Socialisme Vertueux se veut progressiste par l'exaltation et la mise en lumière des vertus du travail. Les sociétés stationnaires ne voient que les côtés négatifs du travail, c'est à dire les côtés vantés par les capitalistes.
Il est donc important de moraliser le travail et le progrès technique afin d'en garder une juste mesure aboutissant à un équilibre.
Une autre question se pose, il s'agit de celle de la nature. Quel sens doit avoir le travail ? Une harmonie doit exister entre l'Homme et la nature et la finalité du travail et de la technique serait peut-être d'obtenir à terme cet équilibre. Si la nature nous offre de quoi travailler et de quoi progresser en tant qu'Homme, comment « remercier » la nature ? En la détruisant, en la pillant, en la v(i)olant ? Les richesses naturelles de notre planète sont énormes et l'Homme se doit de s'assurer leur bonne utilisation, après quoi il y aura un renouvellement et donc, une continuation du progrès de l'humanité. C'est pourquoi le capitalisme, qui détruit la nature en la faisant passer après l'enrichissement personnel, est totalement contraire aux finalités supposées du travail. On soumet par ce système absurde la nature à la raison (« arraisonnement »). Le sens du travail et de la technique, qui serait donc de développer un équilibre entre Humanité et Nature est alors menacée par la seule chose qui est infinie -avec l'univers-, c'est à dire la bêtise humaine. En parallèle, nous avons vu qu'une autre fonction du travail est l'humanisation de l'Homme à travers l'expression et le développement de ses facultés. Une fois ces objectifs « perdus de vue », l'aliénation peut mener jusqu'au suicide, ou pire, la destruction totale de l'être.
La vertu fondamentale du travail est d'essence morale : respect de la personne et de la nature.
Quel est alors le rôle des loisirs et des arts ? Le travail est quelque chose d'obligatoire à l'Humanité, car il lui permet de satisfaire ses besoins premiers et donc de contribuer à sa perpétuation dans le temps. Il sert aussi à l'humaniser, mais dans un contexte de nécessité. Qu'en est-il du travail dans un contexte de plaisir non-obligatoire ? Les capacités de l'Homme se montrent aussi à travers l'art, car il s'y humanise dans une forme de temps différente, que l'on appelle « temps libre ». Avec l'art, on travaille pour travailler, et non pas pour survivre et perpétuer l'espèce. Les facteurs d'aliénation sont cependant les mêmes, car l'art peut intégrer les lois sans pitié du marché et perdent alors toutes ses vertus au même titre que le travail. On en constate que pour conserver les dimensions humanisantes et libératrices -ou « vertus »- du travail en général, il faut le maintenir en dehors du marché, car celui-ci le corrompt. Loisir et art sont donc modèles de culture et de développement de soi, on « joue » librement, on crée des formes agréables pour les sens pour le seul plaisir de la création, qui est à la base du tout progrès.
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Conclusion sur le travail et la technique
Le travail a chez l'Homme une dimension spéciale que l'être conscient se doit alors de développer. La développer, cela signifie mettre en avant ses vertus humanisantes et libératrices en repoussant le plus possible les facteurs qui seraient à l'origine d'une aliénation due au travail. Il s'agit de développer les sociétés et l'humanité en équilibre avec la nature, sans plier cette dernière aux lois rationnelles du marché. Le système capitaliste est donc un système où tout ce qui est mauvais pour le travail est encouragé et exacerbé. Il est du devoir de l'humanité de comprendre les finalités du travail et de la technique, de maîtriser le progrès social, et donc, en somme, de maîtriser son destin et son existence.