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Posté : lun. févr. 18, 2013 6:08 pm
par Rezzacci
<center>Comptoir de San Atorium</center>

Gouverneur : Don Benedicto Bocaccio (indisponible pour raisons de santé)
Gouverneur suppléant : Don Giorgio Albani
Localisation : République Technocratique-Démocratique d'Azude
Superficie : 27 km²
Ressources : émeraudes.
Hymne : [url=https://www.youtube.com/watch?v=ZPct-PYrsSw]Plus on est de fous, plus on est de fous, Ouverture[/url], par Hubert von Potasch.

<center>Le comptoir en bref</center>

Le comptoir du Bocal n'a pas vocation première d'être un poste commercial, ni une exploitation minière. La première mission, et elle est inscrite dans les Statuts du comptoir, est de venir en aide aux populations décrites comme déviantes par la Constitution Culturelle de la R.T.-D. d'Azude, id est des cas sociaux relevant de l'antisocial, du narcissisme ou d'autres.
Les moyens qui seront mis en oeuvre par les responsables seront principalement l'occupation spirituelle par le travail. En effet, il ressort souvent l'observation que l'aliénation mentale vient du fait que les patients réfléchissent trop et s'adonnent trop à l'introspection. Si dans de nombreuses sociétés, il est invité à la masse de réfléchir et de s'adonner à la philosophie, il est et reste certaine personnes pour qui il sera malaisé, inutile et dangereux de les laisser réfléchir.
Le travail intensif passera donc par les travaux dans la ville et l'exploitation minière d'émeraudes.
L'autre solution annexe pour aider le rétablissement mental des individus est l'utilisation de médicamentations procurées par la Guilde des Apothicaires de Stalagmanque. Ces produits ont très souvent montrer leurs effets, et il est fort à parier qu'ils viendront en aide aux résidents.

Le nom du comptoir lui provient d'un grand saint et hospitalier stalagmantin, Atorium, qui était réputé pour guérir les aliénations et altérations mentales. Qu'il puisse veiller et venir en aide sur les résidents de ce comptoir.

Posté : mar. mars 05, 2013 6:44 pm
par Rezzacci
Bureau du gouverneur, palais du gouverneur
1 boulevard du Palais, San Atorium, comptoir de San Atorium, S.R. de Stalagmanque
15 juillet 2020



Don Benedicto Bocaccio travaillait dans son bureau. La construction d'un comptoir aussi atypique relevait de la folie, même si les résultats était, il se devait de l'avouer, plutôt probants. 10% des déviants commençaient à présenter des signes sérieux de rémission, et seuls 2% des déviants nécessitaient une garde rapprochée pour maintenir l'ordre public. Nombreux étaient ceux qui travaillaient à la construction sans trop de contrainte. Don Benedicto Bocaccio était profondément optimiste sur l'avenir du comptoir.

Néanmoins, il restait quelques zones d'ombre. Notamment, il avait beau chercher, il ne trouvait nulle part l'accord du Sénat pour l'établissement d'un comptoir à Stalagmanque, et les courriers qu'il envoyait à la métropole ne recevaient aucune réponse. De plus, certains fonds disparaissaient, et il avait du mal à éclaircir ses écrits comptables. Il attendait depuis plusieurs semaines la venue d'un greffier des archives préposé à l'archivage des écrits du comptoir, mais aucun n'était venu.

Toutes ces tracasseries étaient trop pour les épaules du gouverneur. Il rêvait d'un poste tranquille, simplement la gestion commerciale. Déjà il avait refusé la gouvernance de Port-Enyah, car cette gestion plus scientifique que mercantile lui déplaisait, mais il n'avait pas eu le choix pour la gouvernance de San Atorium. Au bord de la crise de nerfs, n'arrivant pas à dormir à cause des cris et des agissements absurdes des déviants, il voulait en référer à son supérieur hiérarchique direct afin de se décharger sur lui.

Il avait donc profité de la venue opportune du Comte Luigi Rapaccini pour avoir une entrevue avec lui.

Le chancelier des comptoirs entra dans le bureau sans frapper, avec son garde du corps personnel, toujours drapé dans ses vêtements dispendieux et désuets. La mode stalagmantine étant actuellement à la redingote et col blanc sobres, il désapprouvait ce tapageur étalage de richesse. Mais bon, passons.


« Bonjour, monsieur le Comte. Pourrions-nous nous voir seul ?
- Mon fidèle licteur ne me quittera pas. De tout ce qu’on dira, il peut être auditeur.
- Ah ? Bon, certes… »

Et cette manie de s’exprimer toujours en vers ! Profondément insupportable. Le comte possédait toutes les caractéristiques pour devenir résident permanent du comptoir, mais du mauvais côté de la barrière.

« Alors donc, Bocaccio ? Quelle est votre intention ? Avez-vous des questions, des idées, des propos ?
- Eh bien, monsieur le Comte, je dois vous avouer que j’ai quelques problèmes avec notre comptabilité et notre paperasserie. Honnêtement, je crois que nous ne sommes même pas en règle.
- Comment ça, pas en règle ? Est-ce au moins concevable ? Fi, la loi formidable nous scrute, tel un aigle.
- Je le sais, j’en conviens, monsieur le Comte. Mais force est de constater que… Certaines données manquent. J’aimerais avoir quelques précisions. Vous, en tant que Chancelier des Comptoirs, vous vous devez d’avoir accès à toutes les informations nous concernant.
- Arrêtez d’immiscer, cela ne vous sied guère. Devenez plus prospère, gagnez notoriété, gouvernez sagement et sans être curieux, vous en serez heureux et beaucoup plus gagnant.
- La perspective est alléchante, mais donnez-moi une seule raison de faire cela et de contrevenir à la Loi. Vos réticences me paraissent suspectes… »

La patience et le secret n’étaient pas des vertus du chancelier, et, après quelques secondes d’hésitation, révéla au gouverneur la vérité : son désir et ses souhaits, la raison des falsifications, l’étendue de la corruption… Don Benedicto Bocaccio ne savait pas ce qui était le pire : l’horreur de tout ce qu’il entendait, ou bien l’entendre en sixains embrassés.

« Mais… Pourquoi ? Pourquoi tout ceci ? Comment… Comment pouvez-vous ne pas respecter la Loi ? C’est inscrit dans nos gènes, c’est dans l’atmosphère stalagmantine, c’est… Oh… Je crois comprendre… »

Le comte, inhabituellement muet, le regarda fixement.

« Vous vivez depuis trop longtemps hors de Stalagmanque, vous et votre famille. Toujours à l’étranger, à voyager, le Dehors vous a contaminé, corrompu votre âme… Vous ne méritez même pas la noblesse dont vous êtes pourvus ! Mais… Mais ça ne va pas se passer comme ça ! Si vous interceptez mon courrier, je vais me rendre en personne à Stalagmanque ! Le Sénat vous démettra de vos fonctions ! Les juges vous réduiront à moins que rien ! Si vous vous permettez de violer la Loi sans vergogne, il y a encore des gens pour qui cela reste un principe de vie ! »

Sans même attendre une quelconque réaction, le gouverneur se leva et se dirigea vers la porte. Quand il prit son chapeau, une toux discrète le fit se retourner.

Le Comte Luigi Rapaccini était à présent debout, et souriait de toutes ses dents. Son garde du corps, quant à lui, toujours impassible, braquait sur lui un revolver étonnamment moderne pour un stalagmantin, mais Bocaccio reconnut ici les armes conventionnellement utilisées par la Black Mud du Conglomérat Fortuna.
Bocaccio déglutit difficilement.


« Je dois vous avouer que jusqu’à maintenant je n’avais vu de gens aussi bien engagés. Mais vous me comprendrez d’agir subséquemment ainsi, et à présent, je dois débarasser mon plan ô combien fin de votre moi présent. Comment ? En vous tuant, et sera bien malin celui qui pourra voir à travers mes écrits qui vous ôta la vie, personne ne saura. Adieu, mon cher ami, vous me fûtes utile, mais à présent futile, disparaissez d’ici.
- Que… Que comptez-vous faire ? »

Le comte fit un signe de la main, et le mercenaire s’avança, le revolver toujours braqué sur le gouverneur. Celui-ci, muet et tétanisé par la peur, ne sut réagir, tandis que le chancelier, souriant comme un dément, chantonnait une petite comptine partiellement en désaccord avec la situation.

<center>Fouine, fouine, vile ordure
Là s’achève l’aventure…
</center>