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Posté : jeu. nov. 22, 2012 5:38 pm
par Rezzacci
Face au géant tout puissant qu'est la Rostovie, il est parfois bien malaisé de distinguer son minuscule voisin, Stalagmanque. Déjà qu'autrefois, elle n'était qu'une simple république assez effacée sur la scène internationale, voilà qu'elle est réduite au statut de cité-Etat. De quoi paraître bien ridicule face au rouleau compresseur rostov.
Rencontre historique autant qu'incongrue : le plus vaste pays du monde face à la plus petite nation reconnue à nos jours, le chef de file de Pacte face à l'effacé membre de l'Alliance, le Stratège militaire tout-puissant face aux pacifistes patriciens...
Tant de différences qui n'étaient pas forcément de bonne augure, surtout pour la Sérénissime, qui devait vivre avec ce qui pourrait devenir, en cas de guerre mondiale, comme son pire ennemi et plus proche voisin.
C'est pourquoi il fallait agir en premier, et proposer une agréable neutralité et non-ingérence mutuelle le plus longtemps possible entre ces deux nations. Que le silence gênant depuis la chute des Tsars soit enfin dissipé.
Pour une rencontre de telle importance, le service de greffe du Sénat avait mandaté sur le terrain Mercato Parasiti, le meilleur diplomate et le plus sensé - du moins l'imaginaient-ils. Ce dernier était donc au port de Stalagmanque, attendant patiemment que le navire rostov arrive.
Il espérait que tout le monde était en place. Il fallait faire bonne impression, bien entendu, mais il ne fallait pas non plus montrer trop d'inégalités entre citoyens, ce qui mettrait les négociations sur la mauvaise pente. Ainsi, sur le trajet que la délégation ferait à travers la cité, les mendiants avaient été gentiment délégués à d'autres canaux ; on avait fait passer le message afin que les citadins revêtent leurs plus beaux atouts, mais non les patriciens, afin que moins de différences puissent être visibles du premier coup d'oeil sur les badauds. Cependant, on ne pouvait y faire autrement, les trottoirs bordant les canaux grouillaient toujours de monde. A se demander si les quarante et quelques milles habitants de la cité étaient jamais chez eux.
Mercato Parasiti se retourna. L'orchestre de salon tout spécialement réquisitionné était présent et prêt à entamer les hymnes nationaux dès que le représentant rostov poserait le pied dans la cité.
Donc, à présent, comme on le dit au service de greffe, il n'y a plus qu'à attendre et à se détendre. Pourvu que rien de fâcheux ne puisse arriver, et que tout se déroule correctement.
Posté : sam. nov. 24, 2012 7:05 am
par Vladimir Ivanov
Les diplomates rostovs n'étaient pas venus dans la nouvelle cité-Etat de Stalagmanque dans une perspective d'intimidation militaire... bien au contraire. Les autorités rostoves voulaient traiter en collègues, d'égal à égal.
Surtout que la Rostovie n'était pas si grande qu'on voulait bien le croire... un géant aux pieds d'argile, meurtri par les divisions internes au Parti Communiste lesquelles ne cessèrent de durcir le totalitarisme à l'intérieur, et l’isolationnisme à l'extérieur.
Le Stalagmanque était un tout autre pays, avec un autre modèle, un autre peuple, en fait, une autre civilisation pourtant au cœur du monde slave. Une sorte d'îlot catholique "latino-italien" perdu en Extrême Orient. Mais cette proximité avec la Rostovie, si elle devait représenter une opportunité d'ouverture de Novgorod vers une autre culture, elle n'en demeurait pas moins un potentiel danger, surtout après l'intrusion de la Sainte-Alliance dans la région.
Iaropolk Pankratov, Chef d’État Major de l'armée et Narkom aux affaires étrangères par intérim, arrivait au port de Stalagmanque avec bonne humeur, sans doute influencé par le doux climat mi-océanique de ces régions plus australes du littoral de la Mer de Caru...
Posté : jeu. nov. 29, 2012 4:33 pm
par Rezzacci
A l'arrivée du diplomate, un laquais le fit entrer dans le hall du port, où l'orchestre entama les deux hymnes nationaux : en premier l'hymne rostov, et en second celui stalagmantin. Puis une fois ce court hommage terminé, Mercato Parasiti se présenta à Iaropolk Pankratov, et lui tendit la main en signe d'accueil.
<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121129053327583068.png][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/11/29/121129053327583068.png[/img][/url]</center>
Mercato Parasiti
Bienvenue en Stalagmanque, votre excellence. Nous sommes positivement ravis de rencontrer en notre petite nation le représentant d'un si illustre pays qu'est le vôtre. Nous espérons que vous avez fait un agréable voyage jusqu'à chez nous. A présent, nous allons nous diriger vers le Palazzo Blu afin de débuter en un lieu plus propice nos relations. Veuillez nous suivre, nous vous prions.
Le vieux diplomate précéda son homologue dehors. Au bord du canal, un vaporetto aux lignes classiques attendait patiemment, sa cheminée fumant légèrement. Les deux diplomates s'y installèrent, et la petite embarcation amorça son trajet.
Mercato Parasiti fut soulagé de voir que rien sur les trottoirs ne dénotait une quelconque degénerescence de moeurs ou de flagrantes inégalités. Au contraire, les voix, les cris des camelots, les marchandages aux étals, les discussions des femmes avec leurs provisions, tout cela faisait un mélange humain agréable à l'oeil, dénotant de nombreuses différences entre individus, mais tous étaient à leur place et, d'une certaine manière, égaux entre eux : nulle part on ne voyait un puissant tyranniser un faible, mais bien tous les hommes et toutes les femmes se fairent, indiféremment de leur condition, joyeusement arnaquer par les petits commerçants.
Ils passèrent également devant les cheminées fumantes de la Guilde des Verriers, les odeurs envoûtantes de la Guilde des Apothicaires et celle des Distilleurs, le bruit infernal des rotatives de la Guilde des Métiers du Livre et les hautes tours miroitantes de l'Université de Stalagmanque.
Pendant longtemps, on a comparé Stalagmanque à une métropole de la taille d'un mouchoir de poche.
Enfin, après une vingtaine de minutes d'un voyage dans histoires, le vaporetto accosta devant le simple Palazzo Blu, siège de la diplomatie stalagmantine. Fort heureusement, le diplomate de Tel-Erib était déjà entrer, et les deux délégations ne risquaient pas de se croiser.
Ils descendirent du véhicule, entrèrent dans le bâtiment, montèrent au deuxième étage et s'installèrent dans un salon aux ouleurs sobres mais aux canapés confortables. Mercato Parasiti invita Iaropolk Pankratov à s'asseoir dans l'un d'eux avant de prendre place dans celui d'en face.
Mercato Parasiti
Nous vous renouvelons encore une fois notre souhait de bienvenue en notre capitale et pays, au nom du service de greffe, du Sénat et du Doge.
Désirez-vous un rafraîchissement ? Nous avons du vin local ou des liqueurs ; si votre constitution vous interdit ces breuvages, nous pouvons vous servir de l'hypocras ; et enfin, si vous préférez garder l'esprit totalement clair, nous avons de l'eau fraîche et pure pour vous désaltérer.
Bien. Nous pensons qu'en préambule, et afin de savoir exactement à quoi nous attendre l'un de l'autre, il serait de bon ton et tout à fait pertinent de faire un point sur nos cultures, nos idéologies et nos politiques. Nos relations diplomatiques ayant été gelées durant des décennies, il nous paraît plus que nécessaire de mettre au point cette petite notion. En tant qu'invité, nous vous laissons l'honneur de commencer.
Posté : ven. nov. 30, 2012 5:20 am
par Vladimir Ivanov
Pankratov se sentait bien en Stalagmanque. C'était une "charmante cité, beaucoup plus gaie et vivante que n'importe quelle ville rostove". Avec un honnête sourire, il entrepris parfaitement toutes les conventionalités d'une rencontre officielle entre hommes d’État, en risquant même l'excès de politesse. Néanmoins, lorsqu'on lui proposa à boire -en bon dirigeant rostov traditionnel froid et sobre, il n'opta que pour le verre d'eau fraiche. Mais il était toujours très enthousiaste à traiter avec cet îlot de richesse culturelle, sorte de perle de la Mer de Carù.
Iaropolk Pankratov : Eh bien voyez-vous, la Rostovie est un pays communiste dit "kirovien", laquelle applique un totalitarisme conforme à l'idée que nous nous sommes fait de la dictature du prolétariat. Le "totalitarisme volontaire", à savoir que le peuple rostov -dans une majorité si écrasante qu'elle devient consensuelle, souhaite plus que tout le cheminement vers le communisme. Et pour cela, chacun accepte de se sacrifier pour le bien de la communauté. L'idéologie rostove n'est au fond, rien d'autre que d'instaurer dans notre société une morale saine, un cadre de vie qui régie le comportement humain. La jeune fille convenablement vêtue, longue jupe colorée traditionnelle, toujours serviable, souvent joyeuse et souriante. Le jeune homme habillé sobrement, généralement de bonne humeur même pendant les moments difficiles et prêt au sacrifice pour les autres. Un monde où personne ne sert l'individu, mais où tous servent l’État volontairement et au sacrifice même de sa propre vie. Un sacrifice qui bien-souvent apporte le bonheur puisqu'il impose naturellement, dans chaque conscience, la solidarité désintéressée, pilier du totalitarisme volontaire kirovien. Elle est [url=http://img46.imageshack.us/img46/2959/64529120.jpg]là[/url], l'idéologie rostove, il ne faut pas chercher plus loin !
De culture slave et sir (turco-mongol), la Rostovie, bien qu’État officiellement athée, connait tout de même de grandes religions : christianisme orthodoxe pour la majorité, mais aussi l'islam soufi (celui des pieux et fidèles musulmans, pas celui des "allah akbar" qui tirent à la kalashnikov pour le compte des intérêts occidentaux), et l'animisme (encore une fois, nous parlons bien de l'animisme traditionnel véritablement ancré dans le passé, pas le néo-animisme peace-and-love vendu dans les supermarchés d'occident pour canaliser l'énergie soi-disant rebelle des écolos pseudo-anticapitalistes et autres rappeurs fumeurs de shit). Les rostovs sont très attachés à la tradition, aux cultures locales et aux religions. C'est pour cela que, malgré quelques problèmes récents, Kirov avait toujours respecté la religion tant qu'elle ne remettait pas fondamentalement en cause le pouvoir. Pays continental froid s’étirant sur d'immenses étendues de forêt boréale, la vie est naturellement difficile, et la population subit les rigueurs du climat autant que celles du travail. Mais la simplicité de vie, la solidarité chaleureuse entre les personnes, la chasteté (ou pudeur), la fidélité aux traditions et le courage patriotique permettent à nos concitoyens de vivre globalement heureux, peu importe la pression qu'exerce le régime via la police politique et les camps de rééducation, qui ne sont un mystère pour personne (la prison -considérée comme inhumaine- n'existe pas en Rostovie, les criminels subissent tous une sorte de stage de réinsertion sociale).
La Rostovie est fort mal-aimée et très mal-comprise aujourd'hui, par l'ensemble des pays du Monde. C'est pour cela que nous nous sommes dotés d'une armée formidablement lourde, afin de nous défendre face à d'éventuelles agressions venant par exemple du Pelabssa, du Raksasa ou du Schlessien. Trois puissants pays qui se disputent le monopole de l'anti-communisme, idéologie officielle du reste du monde. Si les meneurs de la politique étrangère rostove ont beaucoup de sang sur les mains, ils ont au moins le mérite de le reconnaître... contrairement à ceux de ces trois pays. En menaçant d'envahir une nation pour un simple titre et en bombardant les villageois zanyanais (Schlessien en Biturige et au Kosaria), en exterminant les arabes au gaz VX (OTH en Libertie) et en anéantissant une nation entière, toujours à l'arme neurotoxique (OTH, Blodbad au Lochlann) ces pays n'ont aucune leçon à donner à la Rostovie, et jamais nous nous excuserons pour nos actions passées.
Posté : sam. déc. 01, 2012 6:35 pm
par Rezzacci
<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121129053327583068.png][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/11/29/121129053327583068.png[/img][/url]</center>
Mercato Parasiti
Il est toujours fort intéressant de voir à quel point la nature humaine peut engendrer des idées et des concepts si différents. C'est même à se demander comment deux nations, si proches l'une de l'autre mais si différentes, ont réussi à tenir aussi longtemps sans entrer en guerre, quand on connaît le penchant humain à la guerre envers tout ce qui n'entre pas dans sa conception du monde. Peut-être est-ce un signe de paix mondiale future et dévolution des consciences. Il n'y a qu'à espérer.
Le système stalagmantin, comme vous pourrez le constater, est bâti sur un système bien plus oligarchique, résidu des anciens temps, quand on considérait que seule une élite pouvait gouverner. Le Sénat, en effet, est l'organe le plus important de la République, et est constitué d'individus mâles remplissant un certain nombre de critères financiers, bien entendu, mais également intellectuels, moraux et spirituels. Etre un individu sans coeur et en proie avec la Justice vous retire tout droit de siéger au Sénat.
Cependant, il ne faut pas croire que notre pays est une dictature où toutes les énergies et tous les moyens sont soumis au bon vouloir d'une caste fermée. Si les libertés politiques sont interdites aux citoyens, les libertés civiques et économiques sont presque illimitées, bien que les Lois imposent quelques interdits et quelques règles qui évitent les dérives anarchiques du capitalisme ou de l'ultralibéralisme.
Par exemple, toute guilde doit, pour continuer à exister, offrir à ses membres et leurs familles une sécurité sociale proportionnelle à son ancienneté et son talent.
Du point de vue religieux, Stalagmanque est officiellement laïque : l'Etat en tant que tel ne reconnaît aucune religion. Mais cette laïcité est considérée comme factice pour certains, car il faut être de confession catholique pour pouvoir siéger au Sénat de Stalagmanque. Les catholiques forment d'ailleurs la majorité des croyants du pays. Les 15% restants sont des calvinistes, des orthodoxes, des juifs, des musulmans et des agnostiques/athées.
Tout comme les rostovs, les stalagmantins sont attachés aux traditions, mais de manière presque viscérale, compulsive et chronique : Tradition fait force de Loi est un aphorisme que l'on répète souvent chez nous. Pour rien au monde on ne viendrait briser une tradition.
Les populations vivent également un bonheur presque constant - comme le disent les chiffres - mais, plus justement, pour la liberté d'esprit qu'on cultive chez nous. Le plus fort taux de bonheur est même enregistré chez les mendiants, ces derniers étant souvent dans leur condition de leur bon vouloir. Par ailleurs, les stalagmantins se considèrent généralement comme une seule et immense famille de 45000 membres. Si, dans les formes et en public, il est vrai que jamais deux membres de guildes différentes et rivales ne se serreraient la main, où qu'un universitaire, un ecclésiastique ou un hospitalier ne puissent rester dans une même pièce sans se lancer des invectives cruelles, ou encore qu'un patricien ne jette que rarement un regard sur les mendiants ou les artisans, chacun sait que, si on frappe à une porte et que l'on demande l'asile pour la nuit, on sera bien accueilli, avec un bon repas et un toit pour la nuit.
Sur la scène internationale, nous avons préféré rester discrets. Notre puissance militaire n'a jamais été notre fort - tout juste pour maintenir une défense plus qu'efficace - et le commerce particulier étant notre principale préoccupation, nous préférons, en général, ne pas faire trop de vagues. Nous savons que, quelque soit le régime, quelque la situation, les mentalités ou les besoins, le commerçant saura toujours se faire sa place. Excepté aux temps des croisades et des guerres furibalditaines, nous avons été en bon terme avec tous les peuples que nous croisions, si bien que nous établissions des comptoirs commerciaux sans aucun problème et qu'ils étaient administrés, généralement, sans problème véritable. C'est pourquoi, bien qu'ayant de meilleures affinités avec les nations chrétiennes, comme celles de la Sainte Alliance - dont nous sommes membres, nous tenons à vous le préciser - nous sommes généralement non dépréciés par la communauté internationale.
Sachez, entre autre, que nous ne sommes pas anti-communistes. Si nous pouvons avoir des griefs contre cette idéologie, étant souvent amalgamé à de l'anticléricalisme, et étant la source de la récente perte de la quasi-totalité de notre territoire métropolitain, nous considérons comme cette idéologie comme honnête car humaine. Jamais nous ne nous arrogerions le droit de juger chez quelqu'un d'autres. Autres peuples, autres moeurs. Mis à part le catholicisme, que nous considérons comme universel, nous savons parfaitement que à chaque peuple correspond son régime. Nous sommes conscients qu'une république oligarchique telle que la Sérénissime ne saurait convenir pour n'importe quel peuple.