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Posté : lun. oct. 01, 2012 9:08 pm
par Iskupitel
Dans une salle noire, deux bureaux rétro-éclairés dont les occupants sont drapés dans le mystère et la nuit qui les entoure.
Bonjour.
Bonsoir.
Je ne vous demande pas si vous allez bien, nous connaissons tous deux le mal qui nous consume contre notre gré.
En effet, nous le savons.
Que s'est-il passé, aujourd'hui ?
Il était encore de mauvaise humeur.
C'est de pire en pire, on dirait.
C'est le moins que l'on puisse dire, oui. Ce nouveau Prince n'a que des mauvais aspects, apparemment.
C'est ce que vous pensez ?
Clairement. Pas vous ?
Non. Je pense qu'il doit avoir des bons côtés, au moins, dans les relations directes avec les dirigeants étrangers, même s'il fait mourir Tel-Érib avec lui. Je pense qu'il a une suffisante capacité de communication et de confiance en lui mêlée à de la suffisance pour être le Prince. Dommage que ce Prince ne soit celui que nous espérions.
Savez-vous, d'ailleurs, ce qu'ils ont fait de la recrue la plus prometteuse pour nous ?
Non. Éclairez-moi.
Avec plaisir. Plutôt que de la laisser avec les autres dans les caves du premier monastère princier du pays, ils lui ont ordonné de sauter de la falaise.
Il l'a fait ?
Non, un de mes hommes était là et a éliminé ses détracteurs directs. Malheureusement, ils n'étais pas seuls et mon homme a péri. En revanche, ils ont promis de ne jamais faire sortir de nouveau le parfait Prince.
C'est vrai ? Où l'on-ils mis, alors ?
Dans un cachot, tout en bas de la montagne. Autant dire qu'il est impossible de le récupérer dans ces conditions-là sans que cela s'ébruite.
Rien ne s'ébruitera, puisque je vous rappelle qu'ils contrôlent les médias.
Ah oui, c'est vrai. Alors, nous pourrions faire cela.
Je refuse, et cela pour deux raisons. Premièrement, nous n'avons pas assez d'effectifs, et le peu d'hommes de confiance que nous avons ne sont pas suffisamment armés et entraînés pour mener à bien cette mission. Secondement, nous avons intérêt à ce que cela s'ébruite.
Je suis d'accord avec vous pour l'aspect matériel, mais je ne vous comprends pas pour le second point.
Si cela s'ébruite, le Peuple saura combien mauvais était le régime, et la liberté que nous pouvons leur offrir.
Mais nous ne voulons pas lui offrir la liberté.
C'est vrai, mais si nous voulons pouvoir nous asseoir suffisamment pour ne pas souffrir des possibles débordement qu'une récession du nombre de libertés entraînerait, nous devons leur promettre des libertés et les leur donner progressivement, jusqu'à ce que nous soyons Dieu.
Ah. Soit, je vous fais confiance. Mais alors comment souhaitez-vous que cela s'ébruite, si les médias sont tous contrôlés ?
Tout simplement en privatisant ces institutions.
Comment faire cela ?
Un gouvernement, c'est fait d'être humains qui souhaite nourrir sa famille. Or, nous avons de l'argent. Voyez-vous le rapprochement ?
Oui, bien sûr, mais le gouvernement gagne déjà beaucoup, non ?
Vous avez raison, mais j'ai une informations supplémentaire qui rend possible mon idée.
Dites.
Dans deux jours, le Prince fera voter une loi diminuant de 75% les revenus du gouvernement, pour consolider sa propre fortune colossale.
Vous êtes sûr de votre information ?
Oui, évidemment. Je ne vous l'aurais pas communiquée si ce n'était le cas.
Je préfère vérifier. Maintenant que je suis rassuré, je peux vous assurer que ce sera fait. Je convaincrai mes collègues de voter en faveur de cette proposition, et ils ne feront pas de difficultés, car bien qu'ils ne soient qu'une dizaine à être fidèles au Prince, la majorité est constituée de moutons ou d'infidèles fidèles à notre cause qui se cachent en étant des moutons. Tant que cette loi ne concerne pas les salaires de mes collègues et moi-même, tout se passera bien.
Justement, j'oubliais... Elle risque également de vous concerner.
Si c'est le cas, je ne peux rien faire, abandonnez l'idée. L'assemblée est constituée de pingres qui ne veulent que de l'argent, se contrefichant clairement de l'avenir de notre beau pays. Je suis bien le seul à être concerné par la chose, il me semble !
Je vais tenter d'arranger la chose, ne vous inquiétez pas. Je vous recontacterai lorsque j'aurai l'assurance que les autres membres du gouvernement auront convaincu le Prince que c'est une mauvaise idée que de baisser les salaires de l'assemblée. Cela ne devrait pas être très long.
Je veux la réponse avant demain soir.
Si vous le souhaitez, je ne dépasserai pas les délais.
Et ne me trahissez pas.
Sur ce point, n'ayez réellement aucune inquiétude, je n'ai aucune raison de vous trahir : Je perdrais ma source principale de revenus, et je perdrais la seule chance qui s'offre à Tel-Érib de changer de régime.
C'est vrai. Faites tout de même attention et hâtez-vous.
Comme vous voudrez.
Les lumières s'éteignirent, laissant place à un silence plat et seul.
Posté : mar. oct. 02, 2012 7:13 am
par Iskupitel
Bonjour.
Bonsoir.
J'ai la réponse que vous attendiez.
Laquelle ?
Celle concernant la loi que veut faire voter le Prince.
Ah, c'est parfait. Alors ?
J'ai convaincu le Prince de ne pas vous affecter. Il fera voter la loi cet après-midi, alors hâtez-vous de rendre docile l'Assemblée.
Faites-moi confiance.
Je ne fais que cela. Donc, si je me souviens bien, une fois la loi acceptée, nous paierons le gouvernement pour restaurer la liberté des médias ?
Pas exactement. En fait, j'ai réfléchi et je me suis dit que corrompre le gouvernement ne servirait à rien. C'est pourquoi il nous suffira de soudoyer l'Assemblée. Pour ce qui est de la liberté des médias, c'est là votre boulot, M. le ministre.
Bien, comme vous voudrez. Mais a-t-on réellement besoin de dilapider votre argent dans des pots de vin pour les membres de l'Assemblée ?
Écoutez, je vais tenter de résoudre la situation sans argent "dilapidé", comme vous dites, mais sachez que je compte sur vous pour que cet incompétent Prince soit remis dans le droit chemin de nos idées.
N'ayez aucune crainte. Je me demandais pas ailleurs quel serait celui d'entre nous qui monterait au pouvoir si votre fils avait été assassiné par les hommes de cet infâme régime ?
Comment ça ?
Eh bien, si nous prenons le pouvoir et que votre fils ne vit plus, qui mettrons-nous sur le trône de Tel-Érib ?
Moi, évidemment.
Puis-je vous demander pourquoi ?
Il est évident que je suis le plus compétent pour cela !
Je ne suis pas d'accord.
D'accord, j'y réfléchirai.
Merci. Avez-vous recruté depuis notre dernière conversation ?
En effet. Nous avons recruté cinq cents miliciens fidèles à notre cause. Nous les avons armés et ils sont à présent en phase d'entraînement. Nous avons d'ailleurs creusé de grande galeries dans la roche, de façon à entraîner les troupes au combat en intérieur rocheux, pour mener à bien une possible mission de sauvetage du prisonnier.
C'est parfait. Je dois vous laisser, il va être heure pour moi d'annoncer la mesure importante dont je vous avais parlé, et qui devrait nous permettre d'asseoir notre domination future.
Faites, et bonne chance pour votre prise de parole publique.
Merci.
Posté : sam. oct. 06, 2012 1:14 pm
par Iskupitel
Bonjour.
Bonsoir.
L'opération de récupération est-elle prête ?
Oui, je m'en suis moi-même occupé.
Parfait. Quand aura-t-elle lieu, si je peux me permettre ?
Je l'ai organisée pour dans deux jours.
Pourquoi si tard ?
Un choix de ma part. J'ai pensée que vous revoir avant l'opération et me laisser le temps de réfléchir ne serait que bénéfique.
Cela se défend.
En effet. D'ailleurs, je me suis posé une question...
Laquelle ? Peut-être pourrai-je y répondre.
Que font-ils du Prince devenu vieux ?
J'ai ouï dire qu'ils le mettaient sous clé, au même endroit que les nouveaux.
Cela me semble illogique. Si les nouveaux peuvent voir ce que sont devenus les anciens, ils ne doivent pas agir de la même façon.
Vous avez raison. Il doit donc y avoir un système de séparation des vieux et des nouveaux, pour éviter le problème que vous venez d'évoquer.
Cela peut entrer en ligne de compte de notre opération de récupération.
Comment cela ?
Nous sauverons également les vieux les plus aptes à témoigner, afin de ridiculiser plus encore leur magouille.
Je vous entends bien. Ainsi, c'est ce nos troupes feront ?
Je vais m'occuper de les en informer. Avez-vous d'autres informations quant à ceux qui les emprisonnent ?
Justement, j'en ai une. Ils ont fait passer un message au Général des Forces Armées de Libération disant que les nouveaux uniformes blancs étaient arrivés et que les hommes de main en étaient déjà équipés. J'ai pu apercevoir que les gradés étaient reconnaissables aux galons dorés qu'ils arboraient à l'épaule gauche.
Parfait, j'en informerai mes propres gradés. Nous gagnerons cette bataille, et cela se fera sans que le gouvernement n'en pipe mot. Si tout se passe bien, nous serons à la tête du pays dans quelques mois.
Parlez pour vous ! Moi, je suis déjà à là tête du gouvernement, et si j'en crois vos plans je ne changerai pas de poste.
En effet. Mais cela vous suffit, n'est-il pas ? Voir votre nom à côté du titre de Secrétaire d'État doit déjà ravir votre famille - ou ce qu'il en reste...
Vous avez raison. En avons-nous terminé pour aujourd'hui ?
Oui. Je vous recontacterai une fois le résultat de l'opération de récupération connu de mes services.
Merci.
Posté : sam. oct. 06, 2012 4:57 pm
par Iskupitel
PC de Escouade Alpha.
PC j'écoute.
Sommes prêts à commercer l'opération.
Bien reçu.
Terminé.
Des touffus buissons entourant leur point d'infiltration, les vingt-trois hommes s'élancèrent, mettant en courant les silencieux sur leurs pistolets et fusils. Leur chef, le capitaine Ewynn AARHETT, était secondé de deux lieutenants, suivis de vingt sergents. Tous armés de fusils d'assaut équipés de silencieux, ils avaient pour mission d'entrer dans la montagne qui se trouvait devant eux, d'éliminer tous les hommes armés ainsi que tous les hommes et femmes portant un uniforme blanc, armés ou non. Ensuite, ils devaient pour mission d'exfiltrer la totalité des civils non armés vers le point d'exfiltration, pour partir en hélicoptère. Ils s'étaient entraînés depuis plusieurs mois pour cette mission, et ils se sentaient prêts à la mener à bien. Et ils devaient l'être, car ils savaient qu'en cas de problème majeur ils étaient et resteraient seuls. Les chars espérés par le capitaine, avant la mission, avaient été gardés par leur employeur pour "une autre mission, au moins aussi importante". L'officier ne savait pas la réelle importance de cette mission, ni contre qui ils se battraient, mais il savait qu'il avait pour mission supplémentaire de rentrer sain et sauf à la base accompagné de ses vingt-deux compagnons. Selon les cartes, ils avaient environ cent-cinquante mètres à parcourir avant de rencontrer le premier poste de garde. Là seraient, d'après leurs informations, deux hommes armés, en uniforme blanc. Tâchant de mettre en pratique les techniques apprises afin de cacher le bruit de leurs pas et leurs traces par la même occasion, ils arrivèrent au poste de garde. Deux sergents s'avancèrent silencieusement, contournèrent le petit bâtiment qui cachait l'escouade à la vue des gardes, sortirent leurs couteaux de combat, les plantèrent synchroniquement en plaquant leur main sur la bouche des victimes, afin d'éviter tout bruit qui ferait frémir la nuit environnante d'une alarme quelconque. Une fois les corps jetés-bas dans la rivière qui passait non loin de là, l'escouade avança, et quelques mètres plus loin se heurta à une patrouille en uniforme blanc. C'était d'ailleurs une sacrée erreur stratégique, pour le capitaine Ewynn AARHETT, qui réfléchissait en marchant, et qui s'était dit que l'uniforme blanc durant la nuit était clairement inutile dans un contexte silencieux et secret comme celui-ci. Comme la patrouille avançait à pas lent sur un sentier de gravier, les hommes se placèrent de chaque côté de la route et, après avoir sorti leur pistolet de fabrication varlovienne, tirèrent chacun une balle dans le cœur de chaque patrouilleur. Lorsque les corps commencèrent à tomber, quelques hommes vinrent les arrêter dans leur chute et les poser délicatement à même le sol, dans le but d'éviter le bruit qu'ils auraient fait. Après cela, ils ne rencontrèrent plus d'obstacle, et quelques minutes passèrent avant qu'ils parviennent à une porte.
Elle était creusée dans la roche et faite de pierre noire. Bien qu'elle se fonde dans la pierre qui l'environnait, puisqu'elle avait été construite à même la roche, elle ne se camouflait pas, et pour le plus grand bonheur des soldats, elle n'était pas gardée. Avant d'entrer en entrouvrant la porte, le capitaine ordonna à un des lieutenants de glisser une caméra-serpent en dessous de la porte pour connaître ce qu'il y avait de l'autre côté. Ainsi, ils découvrirent la présence de deux gardes en uniforme blanc, apparemment désarmés. Ils tirèrent lentement le battant de la porte, et le capitaine retint son souffle, apeuré à l'idée qu'elle grince. Heureusement, les constructeurs de l'endroit avaient bien huilé la porte, et aucun bruit ne s'en dégagea. Ils entrèrent et liquidèrent les deux gardes, qu'ils cachèrent contre la porte, dans un coin plus sombre que les autres. S'ouvrait alors devant eux un immense boyau taillé dans la roche elle-même, aux parois nues. Ils se séparèrent en deux groupes, l'un longeant le flanc gauche du boyau, l'autre longeant le flanc droit. Ils communiquaient par signe, et le capitaine se trouvait avec un des lieutenants, sur le flanc droit. Ils marchèrent quelques mètres, puis ils les deux groupes se séparèrent réellement, lorsqu'ils rencontrèrent un escalier, l'un grimpant, l'autre chutant. Le premier groupe, dans lequel ne figurait pas le capitaine Ewynn AARHETT, grimpa les marches et, à chaque étage, se battit dans le silence absolu dans l'espoir de trouver ce que leur mission leur indiquait : les civils retenus prisonniers dans cet étrange et énorme ensemble de tunnels et de salles cachées taillés dans la roche nue de la montagne, au sommet de laquelle se trouvait, coïncidence ou non, le premier monastère princier. Ils n'atteignirent pas leur but, et perdirent même un homme à cause du couteau tenu dans la main d'un des hommes en uniforme blanc qui se défendit avant d'expirer, mais en revanche ce fut le cas du second groupe, mené de main de maître par le capitaine AARHETT. Ils avancèrent petit à petit, selon la même technique que le groupe qui se trouvait au-dessus de leur tête, et alors qu'ils approchaient du dernier étage, ils trouvèrent un bureau dans lequel se trouvait un homme en uniforme blanc doté de galons dorés à l'épaule gauche. Le lieutenant accompagnant son supérieur lui conseilla de le garder comme prisonnier afin de l'interroger, et le capitaine convint que c'était une bonne idée. Il fut enfermé dans son bureau après avoir été bâillonné et attaché à sa chaise sans possibilité de mouvement. Un homme fut chargé de le surveiller, et le reste du groupe continua sa descente aux enfers.
Au fur et à mesure qu'ils descendaient, l'ambiance était plus sanglante et plus sombre, les hommes se faisaient plus robustes et deux coups de couteau devaient être donnés pour qu'ils perdent vie, des cages vides se révélèrent à leurs yeux. Quelques étages sous les premières cages vides, ils dénichèrent les premières cages occupées ; occupées par des enfants qui devaient avoir au maximum une dizaine d'années, au visage bouffi et rouge de coups. Lorsque le capitaine tenta de leur parler, ils ne leur répondirent pas, ils n'avaient pas l'air d'avoir compris. Peut-être, pensa le capitaine, ne savent-ils tout simplement pas parler, ou alors les battait-on lorsqu'ils parlaient, afin qu'ils se taisent ; l'enfant aurait alors pensé que j'étais un piège. Il contacta l'autre équipe, et elle les rejoignit devant les cages. Après avoir vidé le reste du réseau de tunnels, ils aperçurent une petite pièce, où vivait un vieil homme, ressemblant de visage au Prince Iskupitel, comme tous les autres prisonniers. Le capitaine lui parla, et le vieillard lui indiqua qu'il était lui-même le Prince, qui avait succédé à un sosie et à qui un sosie succédait. Sans se poser de questions, ils l'évacuèrent ainsi qu'un autre homme, moins âgé, qui disait les mêmes choses, et tous les enfants. Ils ressortirent sans problèmes, mais avant de sortir le gradé en uniforme blanc, ils découvrirent avec horreur que le prisonnier s'était libéré et qu'il avait donné la mort à son geôlier. Deux sergents furent envoyés vers la salle radio, où ils retrouvèrent le gradé. Il peinait à envoyer un message à ses supérieurs ; il fut arrêté avant qu'il mène son projet à bien.
Une fois de retour au quartier général grâce à deux hélicoptères militaires revêtus d'un noir mate, ils firent les comptes :
- Deux soldats morts,
- Tous les ennemis morts,
- Aucun blessé,
- Tous les civils sauvés.
Posté : sam. oct. 06, 2012 10:15 pm
par Iskupitel
Quels sont les résultats ?
Meilleurs qu'espérés. Nous avons néanmoins perdu deux hommes.
A-t-on récupéré un gradé ?
Oui.
Parfait. Vous pouvez disposer.
À vos ordres.
Vous voyez que tout se passera bien.
Pour l'instant, c'est le cas, je l'avoue de bon cœur. Mais peut-être que les choses changeront à présent : ils ne vont pas être très contents.
En effet. Et alors ?
Votre fortune, M. BEGAWAR, ne suffira pas à tout faire oublier.
Nous avions convenu de ne pas donner de noms !
Pensez-vous sincèrement que cette conversation est écoutée ?
On ne sait jamais, et on n'est jamais trop prudent.
Votre prudence ne me semble pas très utile, d'autant plus que vous avez nommé mon poste, la dernière fois ; cela me désigne directement.
C'est vrai. Nous sommes quittes, donc. Ne parlons plus de ce malentendu. J'aurais besoin de vous.
Pour faire quoi ?
Rassembler nos partisans et organiser une marche pacifique encadrée discrètement par notre milice dans les rues de la capitale.
Quel intérêt ?
Montrer au gouvernement que nous ne sommes pas seuls, et leur montrer que nous sommes décidés à aller jusqu'au bout.
Pardonnez-moi si je désire ne pas participer à cette marche ; je ne souhaite pas être exécuté en place publique parce que j'aurai été découvert.
Vous êtes tout excusé ; mais nos partisans ne le seront pas. S'ils refusent de venir, vous tuez un de leurs proches ; ou en tous cas vous faites semblant de le tuer. Nous leur révélerons la réalité une fois notre hégémonie officielle.
Ah, parce que maintenant nous avons une hégémonie ?
Laissez tomber. Je dois y aller, au revoir.
Posté : mer. oct. 10, 2012 9:29 pm
par Iskupitel
Quand serons-nous prêts ?
Ne soyez pas si impatient. Notre victoire arrivera, et elle arrivera car notre action sera parfaite. Si nous nous hâtons comme vous voudriez le faire, nous ne vaincrons pas.
Vous avez raison, comme toujours. Est-ce que vous avez reçu toutes les armes ?
Oui. Vous êtes sûr que le Prince ne s'en rendra pas compte ? Enfin, pas le Prince, aveugle et manipulé comme il est, mais vous voyez ce que je veux dire...
J'en suis sûr : ils sont trop occupés à chercher comment réparer les dégâts que nous avons fait faire dans leur propre fief pour se poser des questions quant au mouvement de quelques milliers d'armes.
Je vous fais confiance, alors n'ayez pas tort.
Ça devrait aller. Vous voulez qu'on en commande d'autres ou vous avez suffisamment ?
Les armes que nous avons sont des armes que le gouvernement n'a pas, et qui ne peuvent être utilisées contre nous.
Je vois. Je vous ferai livrer encore deux mille fusils, provenant des stocks secrets. Mais quand je vois la liste de l'armement national, je me dis que c'est de la folie que d'affronter une telle puissance.
C'est-à-dire ?
Si vous voyiez le nombre de chars, vous seriez horrifié.
Nous n'avons pas besoin d'avoir peur des chars ; les soldats à l'intérieur n'oseront pas tirer contre la population. D'ailleurs, le soldat reste un homme, et l'homme est corruptible.
Dois-je vous rappeler que vous n'êtes pas capable de corrompre la terre entière ? On dirait que c'est votre réponse à tout.
C'est normal, c'est la meilleure réponse qu'on puisse donner. Évidemment, je dois vous donner raison, je ne pourrai pas faire cela éternellement. Mais je peux bien le faire avec quelques uns si besoin est.
Et concernant les relations diplomatiques, vous comptez les continuer ?
Cela coule de source. Aux yeux du monde, nous devons être une technocratie classique, selon le modèle azudien ; il n'est pas dans notre intérêt de corrompre un système politique ni de le rendre inutile. Plus notre système sera parfait, plus Tel-Érib retrouvera sa gloire passée. D'ailleurs, assurez-vous juste que le Prince ne fasse pas revivre l'Axe Néo-Mondial.
Je m'en assurerai. Mais j'en reviens aux changements que vous ferez une fois à la tête du pays.
Oui ?
Que ferez-vous de la capitale ? Vous ne pouvez pas la laisser comme telle.
Physiquement, je ne lui ferai rien, par peur d'offenser le Peuple. En revanche, je changerai son nom.
Ah ?
Oui, je la nommerai Azude.
Pourquoi ?
En souvenir d'Azude, ma Patrie et la plus belle technocratie qui soit ; et, soit dit en passant, la seule véritable.
Je vois. Et que ferez-vous du Prince ?
Je l'enfermerai et je lui donnerai accès à l'information nationale et internationale, pour qu'il voie comment je gère le pays, pour qu'il désespère et qu'il voie ce qu'il aurait dû faire.
Pas bête. Où l'enfermerez-vous ? Il faut que ce soit réellement impossible de le libérer.
J'y ai pensé, et je me suis dit que vous pourriez convaincre le Prince de faire bâtir une prison inviolable, peut-être même la prison la plus sûre du monde.
Je peux essayer, cela ne me coûtera rien. Oui, je vais essayer.
Parfait.
Posté : mer. oct. 17, 2012 6:48 pm
par Iskupitel
Alors, la construction avance bien ?
Elle avance aussi vite que prévu.
C'est parfait.
Dites-m'en plus sur votre Patrie.
Que voulez-vous savoir ?
Je veux savoir pourquoi vous êtes parti.
D'Azude ?
Oui.
Eh bien... Nous en reparlerons une autre fois, voulez-vous ?
Comme vous voudrez. Tant que cela ne gêne pas nos projets, tout va bien.
En effet. Qu'en est-il de la rencontre avec le Kirkstan ?
Le Prince semble être protégé par les kirkstanais. Impossible de mettre en place le plan pour cette fois.
Je vois. Tâchez de l'envoyer dans un pays moins totalitaire, la prochaine fois.
Comme vous voudrez. Que diriez-vous d'Azude ?
Vous dites cela car j'en suis originaire.
Qui sait...
Quoi qu'il en soit, c'est un non définitif pour Azude. Tel-Érib ne devra pas prendre contact avec les azudiens tant que je ne serai pas au pouvoir. Vous m'avez compris ?
Très bien. Alors, que proposez-vous ?
Que diriez-vous du Wapong ?
Même problème que le Kirkstan : trop sécurisé.
C'est vrai. Que me proposeriez-vous ?
La Rostovie ?
Vous êtes devenu fou ? Il n'y pas pire que la Rostovie pour nos plans ! Nous voulons le kidnapper, pas le faire réduire en miettes par des malabars dopés et rostovs !
Un pays makaran ou plutôt alméran ?
Alméran, sans hésitation.
Bien. Alors, peut-être... Fiémance ?
Très bonne idée ! Fiémance sera parfaite, il ne nous reste qu'à nous arranger avec son dirigeant.
Comme vous voudrez. En avons-nous terminé ?
Oui. Au revoir.
Posté : mar. oct. 23, 2012 8:04 pm
par Iskupitel
Où en sont les préparatifs militaires ?
Ils seront bientôt prêts. Qu'en est-il des discussions avec les gouvernements des tribus ?
J'ai discuté avec les plus publiquement sceptiques quant au régime actuel. Ils étaient deux. La bonne nouvelle, c'est que ces deux-là ont accepté de nous soutenir, prêtant serment de ne rien révéler de nos plans, cela va de soit.
Parfait. Et qu'en est-il du recrutement de fauteurs de troubles pour nos petites actions des jours prochains ?
Nous avons toutes les personnes nécessaires. Les noms vous seront transférés au plus vite.
J'entends bien. Et pour le paiement ?
Comme vous l'aviez demandé. On leur a promis un paiement après leur boulot, et nous savons tous deux ce qui leur arrivera. En même temps je vous comprends, vous devez déjà corrompre la moitié de l'Etat, si en plus vous devez payer quelques piécettes quelques dizaines de casseurs et manifestants, où ira le monde ?
Je ne vous permets pas de telles réflexions. Je ne vous promets pas une place importante dans mon futur gouvernement pour que vous me contredisiez.
Il vous faut comprendre, Monsieur BEGAWAR, que j'ai un côté social et que je pense que c'est un côté important dans n'importe quel gouvernement.
Je le comprends, mais ni ne le respecte, ni ne l'admets, ni ne le tolère.
Quoi qu'il en soit, quand lancerons-nous les émeutes ?
Disons... dans deux ou trois jours. Je vous recontacterai sûrement auparavant.
Comme vous voudrez ; je me tiens à votre entière disposition. D'ailleurs, où nous occuperons-nous des casseurs, une fois le travail accompli ?
Je les ferai mener sur l'île de Tel-Enyah.
C'est là que se trouvent nos camps d'entraînement, n'est-ce pas ?
MES camps d'entraînement, vous voulez dire.
Excusez-moi, ma langue a fourché.
Disons cela.
Etes-vous disposé à me parler de votre Patrie ?
Si vous souhaitez connaître Azude, rendez-y-vous ou consultez son encyclopédie à la bibliothèque nationale de Tel-Erib.
Je voulais parler de la raison de votre expatriation. Qu'en est-il ?
Pour le dire simplement, je faisais ce qui me semblait bien, mais l'on me nomma Déviant social, et après quelques temps de "stages de socialisation", j'avais à faire le choix le plus compliqué de toute ma vie : être stérilisé chimiquement, vivre en ville close avec d'autres Déviants, ou m'exiler. J'ai choisi la dernière option, comme vous vous en doutez.
Alors voilà ce qui se passe en Azude...
En partie, oui. Mais ce n'est pas tout. Azude possède de formidables points forts.
Je m'en doute, sans quoi vous n'auriez pas souhaité renommer la capitale du nom de votre Patrie.
On peut dire ça.
Posté : sam. oct. 27, 2012 11:27 am
par Iskupitel
Alors ? Lancerons-nous les émeutes bientôt ? Le délai que vous aviez donné la dernière fois est déjà dépassé, et de beaucoup.
Oui, j'ai toutes les informations nécessaires et je pense que c''est parfait : le Prince est en déplacement au Libria, pour voir pourquoi le Libria a quitté la scène internationale, donc le pays vous revient en attendant son retour. Demain sera parfait.
En effet, demain me semble parfait.
Demain matin à... disons 9:00 du matin, vous demanderez secrètement aux chefs des casseurs de se déchaîner. Ce soir, j'aurai passé un message public en cachant mon visage et en modifiant ma voix.
Pourquoi cela ?
Vous avez envie que les foules se déchaînent contre moi car le Prince saura qui je suis et qu'ils sont des moutons ?
Bien sûr que non !
Alors, je ferai ainsi. De plus, demain après-midi, en fonction du résultat de ces émeutes, j'enverrai ou non mon armée. Si le Peuple se rassemble plus massivement que jamais, alors il ne faudra pas attendre pour prendre le pouvoir, quitte à laisser filer le Prince. Dans l'autre cas, nous nous ferons un peu discrets, mais pas vous, et nous recommencerons après quelques étapes de propagande et la capture du Prince. Compris ?
Compris.
Alors, c'est parfait. Dès que cette conversation sera terminée, je lancerai mon message.
Bien reçu. Mais comment ferez-vous pour être entendu de tous ?
En tant que troisième fortune de Tel-Érib, Dieu sait que j'ai de quoi installer des écrans dans la rue. afin que les citadins m'entendent.
Vous allez réellement faire cela ?
Effectivement.
Mais vous êtes sûr que cela marchera ?
Oui. Oh, j'oubliais de vous dire : j'ai fait imprimer mon discours que je vais prononcer dans le Confédéré de demain matin.
Félicitations, je ne vous savais pas aussi fou.
Quel est le problème ,
Vous avez pensé au Prince ? Il reçoit chaque édition en avance. Il fera interdire celle-ci !
C'est le cas uniquement si le responsable de la publication est vivant et capable de prévenir le Prince de l'édition qui arrive. Sans nouvelles, le Prince pensera à une édition sans problèmes particuliers. Ne saviez-vous pas que c'est le responsable qui l'inspecte et qui la fait interdire ou non ? Il est vrai que le Prince vérifie, mais c'est tout !
Si vous le dites. Mais alors que lui avez-vous fait, à ce responsable ?
Oh rien... Je lui ai fait visiter le fond de l'océan, voilà tout...
Vraiment ?
Oui. Vous voyez ce qui peut vous arriver à vous et à votre famille si vous ne faites pas ce que je veux.
... Oui...
Parfait. Vraiment, parfait.
Bonne chance pour votre discours.
Merci. Bonne continuation.
Posté : sam. oct. 27, 2012 5:07 pm
par Iskupitel
Les vans aux côtés revêtus de grands écrans plats de fabrication wapongaise s'arrêtèrent à l'endroit prévu, visibles sans bloquer la circulation déjà difficile dans les rues de la capitale. Partout dans les douze autres grandes villes de Tel-Érib, c'était la même démarche. Le responsable de la mission, un colonel chevronné à la retraite et ayant revendu ses services loyaux à la troisième fortune de Tel-Érib, attendait dans le premier van. Il prit son casque et informa tous les autres véhicules du début de la mission.
Colonel à toutes les unités. Début de la mission de communication dans 5... 4... 3... 2... 1... Lancement de l'enregistrement ! Armez-vous en cas de problèmes. N'attaquez pas ; ripostez. Accusez réception.
Toutes les unités, une à une, accusèrent réception et l'assistant du colonel nota leur présence et leur disposition. Le colonel s'arma d'une arme de poing andrésienne qu'il avait récupérée sur le corps d'un mort, au Vikland, et conservée comme un trophée. Ancien colonel de chars, il connaissait produite par l'attente interminable, ne voyant rien de la bataille, bien qu'il soit à son centre, donnant ordre sur ordre, analysant rapidement les actions ennemies grâce aux rapports visuels d'autres que lui. Ne pouvant fixer ses yeux que sur l'intérieur de son véhicule, il ressentait la bataille sans la vivre. Il frissonna, toujours debout et la main sur le cran d'arrêt de son pistolet, écartant d'un geste les souvenirs du Vikland. Le message défilait sur les petits écrans à l'intérieur du van, alors que dehors les grands écrans et leurs enceintes devaient arrêter les passants pour écouter le discours de M. BEGAWAR, exhortant à la manifestation le lendemain. Soucieux de voir la réaction des passants, le colonel délégua pour quelques instants ses pouvoirs à son second, puis sortit du van. Seules quelques personnes s'étaient arrêtées, mais une fois qu'il fut dehors, les gens allèrent le voir, lui qui avait été médiatisé comme le vainqueur du Vikland. Sa présence incita les gens à faire une pause devant le van, écoutant quelques bribes de l'espéré futur dirigeant de Tel-Érib. Une fois le discours terminé, il fit sortir ses hommes, informa les autres unités de faire de même et distribua des tracts. Des choses pouvant être jugées indignes d'un colonel de l'armée, mais le colonel lui-même le souhaitait, souhaitant par là-me montrer son engagement pour son employeur. Les gens furent nombreux à leur poser des questions et à discuter avec les soldats, visiblement rassurés par cet uniforme simple et beige ; l'uniforme d'apparat de la "Véritable Armée de Libération", majoritairement formée de nouvelles recrues fraîchement refusées à l'Armée de Libération, de citoyens engagés pour le changement ou, pour diriger, d'anciens de l'armée princière.
Alors, colonel ? Quel succès ?
Un très bon, monsieur.
Avez-vous noté ou vous a-t-on rapporté des faits de violence envers vous ?
Non, monsieur.
C'est parfait. Je crois que la population est prête pour les manifestations de demain.
Ils étaient apparemment rassurés, monsieur, par notre uniforme.
C'était l'uniforme d'apparat ?
En effet.
Merci, colonel. Vous mènerez les troupes de soutien si besoin est, ne l'oubliez pas.
Je ne l'oublie pas, monsieur.
Parfait. Vous demanderez, en cas de mobilisation demain, à vos hommes de porter cet uniforme ; en tous cas ceux qui seront à l'extérieur et donc visibles. Il faut qu'ils voient que nous sommes là pour les soutenir, pas les opprimer. Vous avez compris, colonel ?
Oui, monsieur.
Parfait. Disposez, maintenant.
Quelles sont les nouvelles ?
Elles sont parfaites, comme j'aime à le dire.
C'est-à-dire ?
Tout est prêt pour demain ; il me semble d'ailleurs que les civils sont rassurés par les uniformes que nous employons.
Si c'est vrai, c'est parfait.
C'est bien ce que j'ai dit au colonel qui m'a annoncé cela.
Nous verrons demain, alors.
En effet ; à demain.