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Posté : lun. juin 25, 2012 8:20 pm
par Vladimir Ivanov
PHILOSOPHIE : COMPRENDRE L'ESSENCE DU KIROVISME
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Le kirovisme : une "religion" universaliste qui ambitionne d'éradiquer "la tyrannie du hasard", et d'étendre le socialisme à toutes les nations du Monde pour les unir, en vue de former une civilisation mondiale à la fois communiste et rationaliste, tournée vers le progrès scientifique.
INTRODUCTION
Le Kirovisme est une idéologie "d'extrême gauche" théorisée par le rostovien Vladimir Kirov. Elle a été officiellement adoptée par la Rostovie après la Révolution du 7 Novembre 1949. Néanmoins à cette époque, seul le marxisme doctrinal athée "pur et dur" dominait la vie sociétale et politique. Le Kirovisme n'a véritablement imprégné le pays qu'un demi-siècle plus tard, à la suite de la seconde Révolution du 9 Octobre 2006.
Ainsi le Kirovisme est-il une branche spécifique du marxisme-léninisme, qui s'éloigne du marxisme originel quant à certains de ses moyens politiques et conceptions philosophiques. Par exemple, contrairement à la pensée de Kirov (pour laquelle l'Etat est une fin en soi), le marxisme traditionnel souhaite -après l'accomplissement du socialisme- la disparition de l’État pour fonder la fameuse "société communiste". Malgré son aversion envers le socialisme utopique, Marx a commis beaucoup d'erreurs à ce niveau : il existe en effet dans le marxisme des origines, une forme évidente d'utopisme ! Tout simplement parce qu'une société ne peut vivre sans État... en raison de l'imperfection inné de la nature humaine, et ce même si le "capitalisme" (au sens très étroit du terme) a été éradiqué de la surface de la Terre. Telle était pourtant l'objectif fondamental de l'ancienne URSR : anéantir le système bourgeois pour bâtir sur long terme le post-socialisme, à savoir la société sans classe et sans État. La différence entre ces deux communismes touchent également à la métaphysique : le marxisme est purement matérialiste, alors que le kirovisme se revendique comme religion nouvelle, une spiritualité révolutionnaire, "celle des prolétaires, de la Science et de la Vertu".
Le Kirovisme est pourtant bien plus qu'une simple sociale-démocratie progressiste : il est une forme extrême de communisme... mais un communisme raisonnable ("extrémisme modéré"). Ce paradoxe est clairement défini par l'Histoire contemporaine : l'hebertisme n'est qu'une forme extrême et fanatique du robespierrisme, tandis que le maoïsme n'est qu'une forme extrême et fanatique du stalinisme. Pourtant le stalinisme et le robespierrisme sont déjà en soi des extrémismes... mais des extrémismes raisonnables, à mi-chemin entre les fanatiques passionnés immatures et les modérés opportunistes stipendiés. Et le fanatisme est bien souvent l'ennemi le plus dangereux de l'idéologie qu'il prétend défendre : il est donc totalement condamnable, surtout quand il touche son propre camp.
Le Kirovisme est tout sauf un fanatisme puisqu'il se base entièrement sur le concept de Raison. Il est une forme modérée de l'ultra-gauche. Une sorte de communisme rousseauiste fondé sur l'idée de l'infini progrès, qui revendique un État omnipotent et tout-puissant, sans lequel aucun citoyen ne pourra accomplir sa destiné, devenir digne et sociable. Cet État "totalitaire" est formé par le célèbre "Contrat Social" entre les citoyens, lesquels abandonnent la totalité de leurs libertés naturelles (envies passionnelles, pulsions animales...) en échange d'une liberté nouvelle profondément humaine, sociale et citoyenne : celle qui apprend, celle qui fait évoluer, celle qui donne la dignité. Ce Contrat Social assurera le baptême d'une société sans classe, qui n'empêchera nullement la spécialisation professionnelle dans le cadre de la division du travail, indispensable au progrès de la Science, et garantira l'unité par la fraternité collective, et la paix par l'uniformisation étatisée.
_ Une masse d'hommes qui marchent inégalement de manière désordonnée est semblable à un troupeau de bêtes sauvages : abrutissement et faiblesse marquent chacun de ses membres réifiés par leur nature propre. Le tout forme un monstre horriblement laid, qui n'a aucune finalité ontologique (relativisme) et n'a de dessein que la perdition programmée ("déconstruction" de l'humanité). Il s'agit là de l'état de nature (Hobbes), régie par le seul égoïsme pulsionnel de chaque individu.
_ Une masse d'hommes qui avancent au pas de manière ordonnée, est capable de faire s’écrouler des ponts et des immeubles : grandeur et dignité marquent chacun de ses membres. Le tout, constitué par ledit Contrat Social, forme un sublime Léviathan que rien ne peut arrêter. Un monstre si puissant et de si grande beauté qu'il parvient à élever l'homme au rang de semi-Dieu, au moyen des "rapports de production" (au sens marxiste du terme), c'est à dire l'ensemble des rapports humains que sont la transmission, l'apprentissage et la solidarité, le tout régie par la Vertu altruiste.
Cette élévation spirituelle consiste à octroyer à l'homme une dignité, à savoir l'humilité personnelle en tant qu'individu mortel naturellement subjectif et l'orgueil collectif en tant qu'esprit immortel rationnellement objectif. Et c'est en s'appuyant sur les travaux du penseur makaran Mozi, le théoricien de l'Amour universel, que l'on peut comprendre la logique kirovienne : seule la solidarité volontaire pour l'intérêt général mène à l'amour pur et désintéressé. Ce qui nécessite évidemment la fierté d'appartenir à un groupe humain, unifié et uniforme. « Pratiquer la vertu d'humanité, cela consiste à s'employer à promouvoir l'intérêt général et à supprimer ce qui nuit à l'intérêt général » Mozi. Peut-être pourrais-t-on résumer le kirovisme par cette simple citation : "l'amour, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction !"
Mais le Kirovisme, c'est avant-tout l'aspiration au progrès technologique. Car seule la Science pourra libérer l'homme de sa prison naturelle que constitue le corps biologique, trop faible et limité pour être admiré. La sélection naturelle a fait de l'homo sapiens l'espèce dominante de la Planète : il est temps que l'Homme en profite pour anticiper l'avenir, au moyen de ses formidables capacités intellectuelles. Le bonheur de l'homme ne dépend pas du niveau de développement atteint, mais de son accroissement : à partir de là tout est dit. Une autre citation, on ne peut plus simple et célèbre, résumerait parfaitement cette philosophie : "on n'arrête pas le progrès". Vu comme inévitable, le Progrès de l'Esprit Humain et des techniques artificielles constitue le cœur même de la pensée kirovienne de part sa volonté d'aboutir à la Dignité Suprême en élevant l'homme vers... Dieu ?
En définitive, le Kirovisme est tout à la fois une branche modérée de l'extrême gauche marxiste-léniniste, et une forme extrême du centrisme syncrétique "gauche sociale/droite morale". La gauche sociale pour la Justice et le Bien Commun, la droite morale pour l'Ordre et la Vertu comportementale.
Plus concrètement, le Kirovisme est une philosophie qui considère le Temps et l'Histoire comme une ascension progressive des êtres vivants vers la puissance intellectuelle à l'état pur. La sélection naturelle en est le processus, et l'être humain représente de très loin la forme la plus aboutie de cette évolution. D'où son attachement viscéral à la Science et au progrès technique.
Opposant la volonté raisonnable à l'envie naturel, l'égoïsme communautaire (racisme) ou individualiste (capitalisme) à l'amour universel "moïste", le kirovisme se veut tout à la fois l'idéologie de l’Universalisme, de l'Humanisme, du Progrès et de la Raison.
"L'espoir repose dans la seule Science, par laquelle l'Homme pourra accomplir son Ascension.
La Dignité comme but, la Raison comme chemin, le Progrès comme moyen et l'Universalité comme champ d'action." (Kirov.)
Posté : ven. juil. 06, 2012 11:29 am
par Vladimir Ivanov
CONTEXTE : LA NAISSANCE DU RELATIVISME LIBÉRAL
L'interrogation fondamentale : pourquoi la vie humaine ? Et sa parallèle indispensable : quelle est sa valeur ?
Les réponses à ces questions tournent indubitablement vers la théologie et plus largement vers la métaphysique... là où seules la foi, les passions sentimentalo-spirituelles et les croyances abstraites ont leur place. Là où la Vérité raisonnable et la certitude scientifique sont sensés ne plus être accessibles. C'est pourquoi les hommes y ont renoncé. En effet, à force de séparer le pourquoi spirituel du comment scientifique, nous en sommes venu à supprimer le premier -incompréhensible- au profit du second -plus réceptif au psychisme humain par l'expérience, ce qui provoqua la destruction de notre raison d'être en tant qu'humain par l'absence de but et de sens à la vie. Ce qui à son tour posa la question suivante à l'homme : pourquoi apprendre, pourquoi chercher, pourquoi faire évoluer la science et les techniques si la vie n'a plus de sens ?
Paradoxalement, c'est la philosophie moderne, et en particulier le positivisme d'Auguste Compte, qui a rendu la vie humaine profondément triste puisqu'absurde. Tel le mythe de Sisyphe, la vie serait un cycle infernal qui n’aboutit à rien. Sans but ni raison d'être, l'homme se doit logiquement d'être soumis à la Nature afin de s'adapter pour bien vivre. L'objectif, selon l'idéal libertaire, est donc de « rendre heureux » Sisyphe, celui qui pousse la pierre sans aucune raison objective. L'homme, vivant dans l'absurdité totale de son existence, n'a plus qu'une ambition : jouir des plaisirs naturels de la vie. C'est par conséquent une conception philosophique à la fois naturaliste, hédoniste et individualiste.
L'homme, conscient de sa faiblesse, est donc contraint d'abandonner ses ambitions d'universalité sociale et scientifique, se soumettre aux lois de la nature, de l'instinct animal et aux passions existentialistes, donc naturellement à une brutale méritocratie égoïste régie par la loi du plus fort.
Cette résignation à un idéal de puissance pure et rationnelle, se traduit de différentes manières selon les domaines.
_ Politiquement, c'est la loi, cadre abstrait qui assure la cohésion de la société, qui remplace la morale. D'où la démocratie parlementaire (voix circonstancielle d'un peuple influençable et désuni) et « l'état de droit » (primauté du droit sur le devoir, de l'intérêt particulier sur le bien commun, d'une passion communautaire sur la raison d’État).
_ Culturellement, cette logique conduit au relativisme. Mais le paradoxe est que cette relativité culturelle ne laisse aucune place aux conceptions philosophiques issues de ce qu'il y a de plus humain en l'homme, ce qui précisément le distingue de l'animal : la Raison. La finalité logique d'un citoyen libertaire est de bien vivre, il cherchera donc son bien personnel et éventuellement celui de ses proches. Il ne respectera la loi que s'il est sûr d'être sanctionné. Mais du moment qu'il en aura la possibilité, il se conduira objectivement mal (d'où l'inévitable déclin des tyrannies primitives, sous la pression d'un peuple en quête d'avoir et de bien-être). Il cherchera ses intérêts propres, bien souvent au détriment des autres et de la société toute entière. La passion se substitue à la raison, les envies égocentriques instantanées effacent les volontés communes basées sur le long terme, et les sentiments circonstanciels remplacent la logique immuable. L'homme devient un « animal désordonné », avide de satisfactions biologiques dans un cadre bien artificiel.
_ Économiquement, c'est le libéralisme qui doit naturellement s'imposer : l'homme est un animal qui doit se battre pour gagner ses droits matériels (et même sociaux) comme tout être vivant dans la Nature. Il se doit d'être compétitif et d'écraser les autres -légalement- afin d'accéder aux jouissances de la contingence naturaliste sans pour autant déstabiliser la société. L'avidité pour la satisfaction d'avoir, l'esprit de compétition pour la satisfaction de voir les autres perdre. Celui qui réussit devient un animal consommateur, celui qui échoue devient un objet qui s'échange. Le travail est fourni par les deux entités : l'animal travaille pour lui, l'objet travaille pour les autres. Que le faible perde, que le fort gagne. C'est la méritocratie brutale d'un capitalisme qui fonctionne parfaitement. L'aspect économique est sans aucun doute le plus important étant donné son influence directe sur les comportements humains. Le libéralisme est le géniteur du relativisme culturel, il est le point de départ de toute les perversions qui réduisent l'homme à l'état de simple animal stupide et égoïste.
_ Philosophiquement, c'est une conception cyclique du temps qui doit imprégner les esprits de chacun. La vie n'a plus de sens, l'homme n'a plus de but rationnel. Il tourne sur lui-même en respectant les cycles de la nature, en n'ayant pour aspiration que son bien-être individuel. De par son immanence, l'objectif n'est donc que superficialité. L'individu cherche ses plaisirs personnels en ne faisant du bien qu'un moyen. En réalité, si l'écologie est si populaire en société capitaliste c'est justement parce que le système ultra-libéral est naturaliste par essence. Le capitalisme est un système naturel, il est la déification de la Nature, il est la soumission de l'homme à la nature puisqu'il reconnaît son animalité... et abandonne peu à peu son humanité.
Avec le capitalisme et sa société libérale-libertaire qui a naturellement succédé à l'ère chrétienne, nous sommes passés du "Pourquoi vis-t-on ?" au "Comment bien vivre ?". Nous ne cherchons plus pourquoi nous sommes là mais comment nous devons vivre. D'ici découlait l’athéisme ou le déisme naturaliste, d'où l'absurdité de la vie. Cette logique empiriste et adaptative de soumission aux lois de la nature aboutit nécessairement au renoncement de la Vertu, de la Raison et du Bien Commun, à la déconstruction progressive des peuples et des nations, au retour à l'individualisme pseudo-rationnel et réducteur, au nomadisme économique, à un néo-féodalisme mondialisateur, à la subjectivité bestiale, aux frivolités perverses, aux superstitions ancestrales et aux rituels "magiques", et enfin et surtout à la rétrogradation de l'esprit humain à sa condition d'animal.
Le premier objectif du Kirovisme est d'abolir cette civilisation abjecte. Le but est de donner à l'être humain un sens à sa vie, de le ré-humaniser, de lui redonner une valeur supérieure à l'animal, puis de les réunifier et des le faire avancer ensemble, dans la même direction. Une direction qui réconcilie la Vertu, la Science et le Bien Commun, lesquels devront dominer la Nature, abolir ses faiblesses, ses limites et sa laideur.
Posté : dim. mars 31, 2013 8:03 pm
par Vladimir Ivanov
Ce texte n'est pas une attaque contre le Wapong, mais une réponse indirecte au texte azudéen violemment anti-kirovien. Excusez-moi pour les références IRL (grands auteurs), mais je peux difficilement faire sans avec les citations. Il est enfin une réponse générale aux accusations HRP dont mon idéologie RP fais souvent l'objet de la part d'à peu près tout le monde.
LE KIROVISME ROUSSEAUISTE
Le Kirovisme est une idéologie mal-comprise. Cette incompréhension profonde, parfois volontaire, d'hommes qui la dénoncent sans cesse avec zèle, les mènent jusque dans la haine. Une haine qui jaillit de leur cerveau de petit homme effrayé. Une haine superficielle résultant à la fois de la peur de l'inconnu, et de leur extraordinaire faiblesse face à la souffrance.
« Toute méchanceté vient de faiblesse » disait Rousseau. Nous voyons déjà nos ennemis retourner cette citation contre nous. « Faibles », nous le sommes tous, et ce tant que les descendants de Gilgamesh n'auront pas accomplis LA quête suprême de l'Homme : l'Immortalité. Tout simplement parce qu'avec la mort en perspective inévitable, l'homme, toujours limité par sa biologie, ne peut pas se définir comme divinité. Ce que l'on pourrait aisément considérer comme une méchanceté, dans notre manière de gouverner, provient effectivement de cette faiblesse, qui consiste à ne pas pouvoir passer d'un jour à l'autre, d'un mois à l'autre ou même d'une année à l'autre, de l'état lamentable d'un palais lorsqu'il est en construction, au sublime de son état final, achevé, au prix souvent de sacrifices humains, directement ou indirectement.
Il est profondément stupide de considérer que les moyens bafouent le but sous prétexte qu'ils sont contraires. Mais nous verrons que l'immoralité, contraire de la morale, est une vision enfantine et erronée du kirovisme.
« Quand l'acte accuse, le résultat excuse. » Peu de gens osent se réclamer d'une telle philosophie. Et pourtant... elle fonde absolument tout. Elle est le moteur du Progrès. Lorsque l'on veut marcher, il faut savoir tomber. Lorsque l'on veut apprendre, il faut savoir travailler, qui est une souffrance (« torture » au sens étymologique) -plus ou moins violente selon les domaines et les individus. Pour se défendre, il faut savoir encaisser les coups. Le suniste tarnois ou le technodémocrate azudéen sont de ces lâches qui se dissimulent derrière un humanisme abêti pour se prétendre cohérent. Mais en quoi est-il cohérent de vouloir le bien par le bien ? En quoi est-il cohérent de prétendre progresser sans jamais vouloir commettre la moindre erreur ? En quoi est-il cohérent de vouloir lutter contre la drogue en installant des salles de « shoot » ? Il est de ces lâches, qui refusent d'avouer l'inévitable souffrance des hommes comme nécessité impérieuse pour le progrès d'une société. Il est de ces lâches qui, si présomptueux, jugent malin de se poser en contempteur d'une idéologie qui elle au moins a le courage et le mérite de constater explicitement la faiblesse humaine, de la monter du doigt et de faire avec pour progresser.
L'Azude prétend sans doute avoir atteint le stade suprême de la société idéale, puisqu'elle prétend que le kirovisme y a échoué pour la seule raison qu'il se veut encore en « phase de transition ». Oui, nous sommes toujours dans cette parenthèse lourde et douloureuse. Nous avons le courage de l'affirmer, et de montrer au monde nos défauts, par ces camps, dont tous connaissent étrangement l’existence malgré les mesures de sécurité... notre discrétion relative au Perelag n'est donc pas une si grande priorité... surtout que le régime rostov avoue lui-même à son propre peuple et aux étrangers l’existence de ces camps. Le caractère sécuritaire des ZATO est donc plus une nécessité géostratégique qu'une volonté de cacher la douleur indispensable à notre avancée. Rappelons enfin que la Rostovie assume pleinement son totalitarisme.
Le Parti-Etat se charge de salir ses mains dans ce grand chantier qu'est la Rostovie.
Contrairement aux accusations dont nous sommes l'objet, le kirovisme, dans ses moyens, n'est pas une philosophie immorale. C'est précisément ne rien comprendre de son essence puisque l'immoralité consiste à combattre la morale comme fin. Non, elle n'est donc pas immorale... elle est bien plus encore ! L'immoralité est le comportement de celui qui s'en prend à l'autre ou à lui-même pour sa satisfaction personnelle, et là est sa seule fin. Elle est la manifestation de vices qui ne servent que des intérêts privés, toujours au détriment du bien commun. Le tyran et pervers sexuel Ahradinur par exemple, et ses oujasses contre des enfants qui n'avaient pas encore l'âge de raison, est le symbole politique même de l'immoral. On ne peut pas faire plus immoral en cette Terre, et nous défions quiconque, même les azudéens, à trouver quelque chose de plus vicieux que ses oujasses [[url=http://www.simpolitique.com/post112272.html#112272]lien[/url] -Attention ! le texte heurtera les personnes sensibles]. Le kirovisme lui, n'est pas immoral, non, il est purement AMORAL. C'est à dire qu'il peut s'en prendre à quiconque, en bien comme en mal et sans distinction, du moment que cela sert le bien de l’État, à savoir le représentant civilisé de la Volonté Générale.
En revenant à cette vision bien naïve de l'azudéen à propos du kirovisme, le caractère soi-disant immoral de cette philosophie est erroné puisqu'il ne prend pas en compte le fait que l'intention elle-même n'est que pure morale et que les buts ne sont pas forcément « immoraux ». Dans la phase transitoire, l'instant présent doit toujours servir le futur, et l'individu doit toujours servir la masse. Cela implique nécessairement de la souffrance, quoique pas seulement. Même la société capitaliste, pour fonctionner, utilise cette méthode machiavélienne. Le travailleur souffre dans l'instant présent de la construction, alors même qu'il peut ne pas en avoir envie, afin d'accomplir son objectif. Cet objectif qui, pour l'exemple d'une rame de métro ou d'une centrale thermique, servira une ville entière. La source du progrès se trouve précisément là. Elle provient toujours du sacrifice de l'individu, par le collectif. La question du « pour », à savoir le but, l'intention, dépend après du système politico-économique.
Le caractère amoral des moyens kirovistes leur donne pleine liberté pour atteindre leurs objectifs, et c'est ce qui fonde sa force, et raccourcira le délais nécessaire à l'accomplissement de l'objectif suprême. Certes, ce temps indispensable d'intermède en travaux est bien plus long que ce que peuvent imaginer les jeunes enfants azudéens. Car ce n'est pas parce qu'il reste encore dans nos camps des millions de personnes que cette transition ne finira pas. Bien au contraire, plus ces camps seront peuplés, moins le délais sera long ! Et la peur fait partie des moyens qui, sans retarder le moins du monde un soi-disant désir de révolte, permettront à l'homme d'adhérer complètement et volontairement aux idéaux kirovistes.
Cette violence que l'on dénonce chez les communistes d'origine, issue de l'amoralisme kirovien, n'a rien à voir avec la tyrannie d'un despote conventionnel. Elle est toujours couplée avec l'éducation, et surtout, le « bâton » ne rentre absolument pas en conflit avec la « carotte ». Contrairement en Occident, où la douleur de la chasteté chrétienne (fidélité à sa famille, aux traditions, à l’Église...) contredit les acquis socio-économiques hédonistes apportés par le marché libre. Ainsi, l'enfant était obligé de respecter la morale sous peine d'être battu par ses parents. Et sitôt son indépendance acquise, ce même enfant ne tardera pas à rompre avec son passé et à sombrer dans l'immoralité. Il s'agit là d'une tyrannie incohérente, faible et stupide qu'exerce alors les parents sur leur enfant... alors même que le marché libre incite ce même enfant à faire l'inverse de ce que lui a imposé son éducation.
En Rostovie, le marché libre est inexistant. Le « chemin alternatif », ou plutôt tout ce qui se trouve en dehors du chemin unique kirovien, n'existe tout simplement pas. Il n'y a pas de contradiction entre la morale de l’Église et celle de l’État, ni même entre celle des parents et celle de la société. Les vêtements, les « publicités », les copains, les épouses, les enfants, les tableaux, les arts, tous, sans exception, sont intégrés dans l'idéal kirovien puisque déterminés par l'infrastructure économique socialiste. Sitôt le principe marchand des relations économiques fondé sur le désintérêt individuel et la solidarité collective, sitôt l'individu ne connaît plus de dilemme entre moralité et tentation.
Peut-être qu'au fond, n'avons nous pas la même conception de la morale que les autres peuples. En quoi la condamnation à mort, qui libère l'âme de l'individu malade au profit d'une société assainie, est-il une "vilénie" ? On propose pourtant, dans certains pays, de tuer le pédophile récidiviste, ou le civil innocent qui sera massacré par les troupes de la gentille ADE sous prétexte qu'il faut défendre telle légalisme. Où est la morale ici ? Le relativisme n'est-il pas après tout une valeur chez les azudéens, qui contredit complètement leurs accusations ?
La morale... qu'est-ce que la morale... si ce n'est la conception que l'homme en a. Une simple affaire de goût ?
Chez les rostovs, et pour Kirov lui-même, la morale, ou plutôt la vertu, est celle du bonheur de tous sur long terme. C'est aussi l'achèvement de cet idéal à n'importe quel prix, du moment que ce prix ne remette pas en cause la réalisation de ce même idéal. Les "ultras" n'ont fait que pousser la barre un peu plus loin de ces mêmes moyens, au point de remettre en cause la biologie humaine. Car telles sont les exigences de la raison : la nature rend l'homme physique plus faible que son esprit réfléchi et travaillé.
Voltaire affirme : « la vertu est un commerce de bienfaits qui est dictée aux hommes à la fois par le sentiment et par l’intérêt. »
Voilà donc une autre conception de la vertu. Le sentiment et l'intérêt... la passion et l'égoïsme... telles sont pourtant à nos yeux les deux vices les plus létaux pour l'esprit humain. Voltaire, un des pères du capitalisme impérialiste et libéral-libertaire, fut un des ennemis jurés de Rousseau. Les deux hommes sont pourtant considérés comme les deux bras armés des idéaux des Lumières et le gentil de base à l'azudéen, ou à la tarnois, s'y revendiquera aisément, exhibant ainsi inconsciemment son ignorance. Mais les deux hommes sont les oxymores de leur époque. Si le premier était élitiste, et voulait qu'une poignée domine la masse, le second était partisan de la toute puissance de la Volonté générale, à savoir d'une démocratie uniformisée, qui ne laisse pas de place aux minorités agissantes, privilégiés déstabilisateurs ou exceptions passionnelles.
La Raison considère la masse humaine comme un tout, pour lequel l'individu n'a que peu de valeur. Et bien souvent, par égoïsme inconscient, les philosophes s'y enferment, remettant alors en cause leur prétendue sagesse.
Le kirovisme originel, celui de Kirov, propose de refonder le Contrat Social, en extirpant l'homme de sa condition d'origine, naturelle, pour le faire baigner dans un nouveau berceau, celui de la civilisation humaine. Et il doit s'y fondre, fusionner avec l'entité représentative qui le mènera vers la vertu, les comportements et les pensées qu'elle exige. Certes, l'homme y voit une aliénation : celle de sa nature psycho et physio -logique. L'individu, qu'importe lequel, est naturellement poussé au don de soi. Le corps physique appelle de ses vœux au don, il est génétiquement programmé pour servir. Mais bien-souvent, l'homme ne comprend pas sa propre nature, de part son égoïsme inné. Il se soumet à sa biologie alors même que celle-ci n'a pas pour finalité de le voir ainsi sombrer. Alors même qu'il est programmé pour se soumettre, il essaye de dominer, d'exploiter, de prendre possession pour son propre intérêt.
Le Contrat Social kirovien, accompli le destin de l'être humain, en le soumettant totalement, par la fusion la plus extrême, non pas à un autre individu-tyran, faible par nature et exploiteur par psychopathologie, mais à un tout qui le dépasse, à un tout spirituel qui forme la masse, la puissance du Tout universel, général, total, global... à savoir le Commun institutionnalisé -puisque civilisé, donc l’État vertueux.
« Ce que l’homme perd par le contrat social, c’est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qu’il possède. Pour ne pas se tromper dans ces comparaisons, il faut bien distinguer la liberté naturelle qui n’a pour bornes que les forces de l’individu, de la liberté civile qui est limitée par la volonté générale, et la possession qui n’est que l’effet de la force ou le droit du premier occupant, de la propriété qui ne peut être fondée que sur un titre positif. On pourrait sur ce qui précède ajouter à l’acquis de l’état civil la liberté morale, qui seule rend l’homme vraiment maitre de lui ; car l’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. » Rousseau.
La "propriété" que vante Rousseau n'est autre que la propriété personnelle, à savoir les outils utilisés par l'homme à un moment donné pour le bien de la communauté universelle. Et sûrement pas la propriété privée, utilisée par l'individu pour son seul profit (gloire ou argent), et qu'importe au fond, si cette propriété privée profite ou non au reste de la population. Si la propriété privée est idéologie, la propriété personnelle est un fait, que personne ne remet en cause comme moyen. L'important encore, n'est pas le moyen mais la fin. Et si cette fin est probité (don de soi pour la collectivité), alors les moyens temporaires pour y parvenir seront excusés, comme le veut la science : il faut un travail pour obtenir un bien.
Et enfin, une "liberté morale" qui conduit à la Vertu est donc octroyée par l’État au citoyen contractualisé, en remplacement de sa liberté naturelle aliénante. La liberté réelle n'est donc pas là où l'ignorant l'imagine de lui-même.
Ceux qui liront cette citation, sorti de son contexte, estimeront par leur vanité que l'interprétation qui en est faite est erronée. Mais continuons alors, par d'autres citations du même auteur, et vous comprendrez alors la logique :
« Chacun commença à regarder les autres et à vouloir être regardé soi-même, et l’estime publique eut un prix. Celui qui chantait ou dansait le mieux ; le plus beau, le plus fort, le plus adroit ou le plus éloquent devint le plus considéré, et ce fut là le premier pas vers l’inégalité, et vers le vice en même temps : de ces premières préférences nâquirent d’un côté la vanité et le mépris, de l’autre la honte et l’envie ; et la fermentation causée par ces nouveaux levains produisit enfin des composés funestes au bonheur et à l’innocence. »
Ainsi donc vient la vérité : celle qui dit à l'homme ne te trahis pas toi-même, car tu trahiras les autres. Si l'individu se croit libre par nature et autonome d'esprit, alors sa gentillesse ne sera que mensonge et calculs, sa vertu ne sera qu'hypocrisie et manipulation.
« Montrer l'exemple » dites-vous... il n'y a pas plus orgueilleux que de se mentir à soi-même et aux autres en prétendant être moral et l'exhiber devant les autres tel un paon devant ses femelles. Le kiroviste, individuel, est le premier à reconnaître ses défauts et ses faiblesses. Il est donc le premier à reconnaître, par ses incapacités innées, le caractère indispensable de la souffrance imposée par l’État, dont il est lui-même membre, et qu'il subit selon sa propre volonté, dans le strict cadre du Contrat qu'il a passé avec lui.
La liberté naturelle, que dénonce Rousseau, est celle qui justifie aujourd'hui les inégalités sociales : le riche est sensé avoir travaillé selon son seul mérite, et le pauvre est sensé avoir été un paresseux incapable selon sa seule responsabilité. Que d'orgueils ! Que de mensonges !
Rousseau rajoutera également que la liberté n'existe pas sans l'égalité. Et c'est exactement sur quoi repose le kirovisme. Le totalitarisme kirovien est une toile d’araignée, qui capture les signataires du Contrat dans ses filets, de telle sorte que plus ils se débattent, plus ils s'enfoncent dans le piège. Une image extrêmement négative et repoussante il est vrai, du système rostov, qui par conséquent remet en cause la liberté de l'homme. Mais cette liberté est civile, elle est citoyenne, elle provient du seul État, à savoir le représentant de la masse humaine, du tout social, du Bien Commun. Où chacun aura alors les mêmes conditions d'équité pour permettre leur réussite. Puisque tous les hommes ont la même dignité, tous ont droit -ou plutôt, ont le devoir- de réussir. La liberté qui nait en l'homme par l'éducation comme une fleure qui se déploie après avoir été arrosé par l’État, est infiniment plus belle et fascinante que celle qui provient de la nature, qui illusionne, qui trompe, qui trahit et qui sépare. Cette liberté séparatrice et tentatrice, qui créée une inégalité parmi les hommes en leur faisant croire qu'il s'agit de leur seul mérite, alors que la jalousie s'empare des perdants qui deviennent alors (chose que les marxistes n'ont pas compris) complices du Système capitaliste fondé sur le darwinisme social et la divinisation de la Nature.
Le kirovisme, est l'idéologie qui protège et qui libère. Il protège contre la tentation en la pulvérisant à la source (contrairement à la tyrannie, qui empêche brutalement la victime de tomber, mais laisse la tentation à la vue du malheureux frustré), et libère celui qui n'est plus tenté, en le conduisant à la Vertu de manière à ce qu'il le fasse de lui-même. Voilà donc le retournement d'image de la toile d’araignée, qui devient positive.
La Vertu ? C'est quoi ? C'est la jeune fille pudique et humble qui vient en aide à son vieux père malade. C'est le jeune homme fort et droit, qui préfère l'enseignement du sage aux futilités d'un jeu corrompu par le vice de sa liberté naturelle. La Vertu kiroviste, c'est le citoyen, d'abord armé d'une mentalité de fer et impitoyable dans les affaires de l’État (moyens), et ensuite doté d'une humilité sans calcul, d'une empathie profonde pour le bien d'autrui et d'une naïveté enfantine (extrême gentillesse) lorsqu'il s'agit des relations directes avec ses semblables dans la vie quotidienne (finalité).
Posté : mer. janv. 13, 2016 4:20 pm
par Vladimir Ivanov
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L'AMOUR UNIVERSEL : LA PREMIÈRE VERTU DU KIROVISME
[url=https://www.youtube.com/watch?v=CAQbQHmkjBM]ambiance musicale pour qui veut[/url]
[quote]"L'Amour ce n'est pas se regarder l'un l'autre... c'est regarder ensemble dans la même direction"
Antoine de Saint-Exupéry.[/quote]
[quote]"Laissez-moi vous dire, au risque de paraître ridicule, que le véritable révolutionnaire est guidé par de grands sentiments d'amour. Un authentique révolutionnaire est inconcevable sans cette qualité."
Ernesto Guevara[/quote]
Avant d'aborder ce sujet complexe, il est nécessaire de rappeler l'axiome fondamental du kirovisme.
La première de toutes les vérités, la seule certitude indémontrable -du moins en apparence-, l'essence suprême, l'unique base fondamentalement irrationnelle de l'idéal kiroviste est cette simple idée qu'il est absolument indispensable pour l'Humanité de donner à chacun de ses membres, sans aucune exception, une vie digne et vertueuse dans la joie partagée de tous et pour tous.
Cette idée est désignée par les kiroviens comme étant l'Amour Universel. Un Amour non-pas dénaturé ou adapté, mais conforme et sanctifié par la visée communiste : propter bonum publicum.
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, ou plutôt spéculer, l'Amour Universel au sens kiroviste du terme, n'est pas un concept abstrait qui permettrait alors de donner une légitimité superficielle à toute sorte de violence, de rage et de haine prétendument anticapitaliste.
Théorisé pour la première fois par le grand sage et philosophe kaiyuanais Mozi (prononcez Mo-tseu), le concept d'Amour Universel désigne une pensée, une mentalité, qui consiste à placer l'aspect conatif du sentiment amoureux dans une dimension universelle.
On partira en effet de l'hypothèse qu'il existe deux types d'amour :
_ l'amour affectif (celui des sens et des sentiments, du chimisme du corps aux battements du cœur : admiration béate de l'autre, sensation de manque et de souffrance lors de l'absence de l'être aimé...)
_ l'amour conatif (souci du bien d'autrui, franche volonté de rendre l'autre durablement bon et heureux jusqu'au sacrifice de soi)
Le premier, l'amour affectif, lorsqu'il n'est pas accompagné du second et surtout lorsqu'il est séparé du Bien Commun, rend aveugle et représente par excellence le fruit trop mûr produit par la liberté économique, génératrice d'Injustice en cultivant la compétition, l'orgueil, l'égoïsme et la jalousie. Sans conation, cet amour est purement instinctif, donc égocentrique, et par-là même, hypocrite. On n'aime l'autre que pour ce qu'il nous apporte. Dès lors que le cœur ne bat plus, ou plus assez, dès lors que la sérotonine commence à baisser, cet amour se dégrade avant de disparaître peu à peu. Si cet amour est important -essentiel même-, isolé, il devient non-seulement fragile, mais aussi futile, voire profondément nocif, puisqu'à la manière d'une substance psychotrope, il est responsable de grandes souffrances improductives, parfois autodestructrices car poussant au désespoir. En général, les suicides dépendent de manque affectif.
Le second, l'amour conatif, s'il est plus "élevé" que le premier moralement et humainement parlant, ne manque pas à son tour de fragilités : dénué d'affection, il peut rendre la vie difficilement supportable, voire sacrificielle. Pire, s'il n'y a pas de retour de la part de la personne aimée, ce sacrifice sera vain, du moins au premier abord. Bien souvent, les hommes n'ont pas les armes morales suffisantes pour faire face à un effondrement de l'amour affectif, et lorsque la conation s'isole, cet amour s’affaiblit jusqu'à l'abandon pur et simple. A la manière d'un amour brutal et colérique d'un père pour son fils, ou à l'image de cet adage : "qui aime bien châtie bien", l'amour conatif, sans affection et détaché des impératifs du sens commun, peut devenir une vulgaire impasse, de sa maladresse pseudo-éducatrice à sa sécheresse clanique, exclusive.
A partir de ces deux constats bien connus, les sociétés bourgeoises en ont déduis que la solution se trouvait justement dans une recette magique qui mixait ces deux ingrédients à quantité variable selon les catégories et factions internes de ces sociétés. En effet, consciemment ou non, tous les habitants d'une société bourgeoise, plus encore si elle est avancée, développée, industrialisée, sont exposés depuis leur naissance à une multitude de déterminations physiques et psychologiques, instinctives et morales. Comme le prouvent tout à la fois l'Histoire, les sciences biologiques, sociales et cognitives ainsi que le bon sens philosophique, l'infrastructure fondamentale qui détermine les consciences, les mentalités et les habitudes humaines, certes au cours d'un long cheminement spatio-temporel marqué par de nombreux filtres tous plus complexes les uns que les autres (les fameuses "superstructures"), n'est autre que le mode de production. C'est la raison pour laquelle, malgré la complexité du processus -génératrice de nuances-, les habitants de sociétés bourgeoises défendent un point de vue généralement consensuel en matière de mœurs, qu'ils soient de droite ou de gauche.
Ils seraient toutefois surpris de découvrir qu'une fois la société socialiste édifiée et la voie du communisme empruntée (avec la volonté, l'engouement et la détermination nécessaires) une nouvelle forme d'Amour est possible. La révolution politique amenant les révolutions sociales et économiques amènent inévitablement à des révolutions morales et comportementales... et parmi elles, l'Amour Universel en est le plus bel accomplissement.
Cet "amour complet" idéalisé, à la fois conatif et affectif, promu par les individus modelés par la philosophie bourgeoise, ne manque pourtant pas de défauts majeurs. Et en premier lieu, même si la conation existe en toute sincérité, même si l'affection vient solidifier cette relation, même si cet amour dure dans le temps... il existera une faille d'autant plus grave que sa dimension est moins quantitative que qualitative.
En raison de son caractère exclusif, en raison de sa manie de trier et de hiérarchiser, l'amour durable et solide, qu'il soit affectif, conatif, ou les deux à la fois, est souvent l'apanage des élus de la fortune (sens littéraire, "destinée", "hasard" ou "nature") : les riches, les beaux, les forts, les sophistes et les pharisiens. Pas de pitié pour les infortunés : victimes de pauvreté matérielle, victimes de handicaps physiques (malformations extérieures ou intérieures, dysfonctionnements psychiques...), victimes de faiblesses de toute sorte les privant de l'amour des autres, et par effet pervers à terme, de leur "amour de soi" (sens mélioratif à distinguer de "l'amour-propre", péjoratif), jusqu'à ce que les plus fragiles d'entre-eux ne finissent par devenir mauvais.
Cet amour soi-disant "authentique" est passionnel et irrationnel, il est exclusif (on aime spécialement une personne -couple amoureux- ou quelques personnes -familles, amis, communautés...-, toujours au détriment des autres). Parce que la nature nous l'impose, et par elle, notre instinct, on hiérarchise nos amours, du meilleur (l'amant) au pire (nos ennemis dans la vie privée). Cet amour exclusif est la pourriture qui déconstruit par étape les bienfaits pourtant naturels des relations humaines. Cet amour exclusif est la voie la plus sûre menant vers le communautarisme : préférer sa tribu, sa faction, sa famille... à toutes les autres. Cet amour exclusif ne distille pas seulement de la jalousie chez tous les envieux infortunés, il alimente l'Injustice en privatisant la notion même d'amour, le rendant alors vulnérable aux lois de l'offre et de la demande : et lorsque l'homme se mit à dire "ceci est à moi", il suscita chez les autres toutes sortes de pensées, gravitant alors autour d'une seule, la concurrence. Qui sera le meilleur ? Qui sera le vainqueur ? Et à force de surenchère compétitive, on en vînt à déclarer que celui qui profitera de sa terre ne sera pas celui qui la travaillera. Ainsi, dans l'Histoire, l'oppression de l'homme par l'homme commença dès lors que la propriété privée fut inventée, et la première d'entre-elle fut l'amour exclusif.
En société capitaliste, pratiquement tout le monde a adopté, consciemment ou pas, ce mécanisme de l'amour exclusif : aimer ceux qui nous font du bien et mépriser ou haïr ceux qui nous font du mal semble être d'une logique et d'une normalité... naturelles.
Et en effet, nos instincts respectifs nous poussent à entretenir un amour relatif et à géométrie variable, pouvant aller jusqu'à haïr nos prochains non-pas seulement si ces derniers nous font du mal, mais parfois simplement parce qu'ils ne nous conviennent pas ! En société capitaliste, cette mentalité s'est généralisée à la quasi-intégralité de la population. Un peuple fragmenté, parcellisé, individualisé, et finalement "dé-populisé", bref, un peuple qui n'en est plus un, et pourtant... une population plus uniforme et plus consensuelle que jamais sur les habitudes de vie c'est-à-dire les comportements, sur les questions philosophiques les plus vitales, les plus essentielles, c'est-à-dire les mentalités. Impuissant et fragile, l'individu lambda n'est alors, dans sa multitude parcellisée, qu'un misérable rat de laboratoire. Des hommes victimes de l'Injustice et de la souffrance qui en découle, des hommes poussés naturellement vers le vice.
Aussi, va-t-il de soi que ces "citoyens-cobayes", producteurs-consommateurs, demeureront plus excusables que les plus vils et abjects des êtres, ceux qui profitent pleinement de leur fortune pour se tourner malgré tout vers la méchanceté. Parmi eux, la plupart des membres de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie, si riches, si gâtés, si puissants, qu'ils vont jusqu'à pousser le vice à son paroxysme, en s'achetant deux "images" superficielles pour acquérir l'amour de l'opinion : le mérite individuel ("riche parce qu'il a bien travaillé") et la bonté intérieure ("riche, mais généreux ! il fait de l'humanitaire !"). Des possédants qui surfent sur la privatisation généralisée y compris des valeurs elles-mêmes, de la gloire et de l'amour, pour devenir actionnaires des compagnies "Glory Corp" et "Love Inc.".
L'authentique révolutionnaire sait que face à un tel degré d'abjection, l'Amour Universel implique nécessairement une saine colère, une rage sublimée à leur endroit ; la "Sainte Haine" (seule haine justifiable) ne devant être réservée qu'au système impersonnel qu'est le capitalisme, et non pas à des êtres humains. En raison de l'Injustice dont ces élites financières, économiques ou médiatiques sont responsables, nous n'avons pas le temps ni le luxe de les aimer eux en particulier : par amour pour le peuple dans son intégralité (eux compris !), le devoir révolutionnaire exige que nous nous tournions vers la seule forme de lutte qui soit à la fois juste et productive afin de libérer les opprimés de l'emprise de leurs oppresseurs, que cette persécution soit physique ou psychologique, directe ou indirecte, consciente ou inconsciente. Cette forme de lutte a un nom que peu ose invoquer : la Terreur.
La Terreur, au service de la Vertu, est une manifestation logique de l'Amour. Par amour pour tous les hommes, on ne peut tolérer la persécution de l'homme par l'homme, et ce n'est pas par l'hypocrisie d'une aide dénuée de volonté politique qu'on arrangera la situation, aussi bien morale que matérielle d'une société injuste. Cette volonté de changer les choses concrètement, par tous les moyens, non-pas malgré la victime mais avec elle, est précisément ce qui explique et démontre l'honnêteté de cet amour pour les hommes. Ces hommes qui se libéreront eux-même en catalysant leur rage (c'est-à-dire l'accélérer pour la réorienter vers l'objectif souhaité), par ce processus révolutionnaire qu'est la sublimation de ce sentiment de colère. Plutôt que de haïr son prochain malgré ses défauts, victime lui aussi du capitalisme, nous devons haïr le système socio-économique qui les pousse à se désolidariser et à s'exploiter entre eux.
Le kirovisme estime que le vrai Amour, se situe quelque part entre l'affectif et le conatif, de sorte qu'il puisse être les deux à la fois.
_ Il n'est qu'hypocrisie et lâcheté lorsqu'il se réduit à la bonne petite pitié d'un individu "charitable" qui joue le rôle d'une mère consolatrice face à un prochain qui ne se libérera jamais de ses tourments en raison du caractère contingent de l'aide apportée, ne reposant alors que sur les circonstances hasardeuses de la rencontre, sans jamais remettre en cause les sources de la misère de toutes les autres victimes d'un même système social.
_ Il n'est que sécheresse et présomption lorsqu'il se réduit à la bonne petite colère primitive d'un individu "bienfaiteur" qui joue le rôle d'un père éducateur face à un prochain qui pourrait mal interpréter cette colère, et accentuer sa détresse, surtout lorsque cette brutalité soi-disant "juste" cherche à responsabiliser la victime (pourtant faible par essence), ou encore à cibler comme ennemi responsable un bouc émissaire parmi les personnes vulnérables parce qu'instinctivement repoussantes (une religion, un groupe ethnique...).
_ A l'inverse, l'Amour est réel, courageux et honnête, lorsqu'il cherche le Juste Milieu rationnel entre ces deux extrêmes passionnels : courageux parce qu'il pousse au sacrifice de soi dans une lutte acharnée sans aucune promesse directe de récompense, réel parce cette lutte est engagée non-pas seulement contre la tentation (l'idéal de "l'abeille"... combat vain et égoïste parce que solitaire), mais contre sa source (la ruche de Mandeville !) ; non-pas seulement contre la misère, mais contre sa source (l'Injustice capitaliste) ; non-pas seulement contre l'acte mauvais, mais contre tout ce qui y pousse. Couplé à l'affection nécessaire et à la bonté du face-à-face quotidien, il devient doux, vivable, efficace, productif et mieux encore : altruiste. C'est là qu'on découvre l'honnêteté de cet Amour, son caractère "conatif" : plutôt que d'infantiliser notre prochain par pitié pour soulager notre conscience, ou de l'infantiliser par la brutalité d'un moralisme superficiel, nous devrions prendre le risque de le mettre à nos côtés, ce "prochain", à égalité, pour lutter ensemble contre la source de cette Injustice, cette immondice qui a osé trier les "bons et les mauvais" selon les seules lois de la nature, allant du prétendu mérite personnel au Hasard.
Si l'horreur est l'émanation du Vice parce qu'elle entretient l'Injustice dans une perspective passionnelle, fataliste et individualiste, la Terreur est l'émanation de la Vertu parce qu'elle a le courage et l'intelligence de s'attaquer aux sources de l'Injustice, dans une perspective rationnelle, optimiste et collectiviste.
L'axiome de l'horreur c'est cette idée de la droite réactionnaire selon laquelle "c'est comme ça et on y peut rien", sous le prétexte facile, égoïste et lâche d'une "nature humaine" déifiée, pour finalement en déduire qu'"en attendant il faut faire le moins pire chacun de notre côté, tant pi pour ceux qui tombent".
L'axiome de la Terreur, c'est cette idée de la gauche révolutionnaire selon laquelle "ensemble, tout est encore possible", basée sur cette citation de Saint-Exupéry : "l'Amour ce n'est pas se regarder l'un l'autre... c'est regarder ensemble dans la même direction".
La Révolution, ce n'est pas un excès de colère ; c'est une rage sublimée et dépassée, une révolte contre l'Injustice qui devient un Amour Universel, non-pas seulement de la froide "masse" (chez certains marxistes dogmatiques), mais de CHACUN !
Concrètement, comment cet amour se manifeste dans la vie quotidienne ?
Plus important que l'infrastructure économique, plus important que l'idée, plus important que le kirovisme et la révolution elle-même, plus important que toute forme de politique... l'Amour au quotidien. Car tel est l'objectif suprême du kirovisme : que tous puissent s'aimer et s'aiment concrètement les uns les autres.
Cet Amour impliquant la Vertu, la Vertu impliquant la Justice, la Justice impliquant l’Égalité, l’Égalité - le Communisme, le Communisme - la collectivisation des moyens de production et d'échange, la collectivisation - la Terreur, la Terreur - la Révolution, la Révolution - la soif de Justice et cette dernière - l'Amour Universel.
Un kirovien se doit d'aimer son prochain même si celui-ci le méprise, le déteste ou même le combat. Surtout s'il s'agit des aléas de la vie privée. Un candidat rival pour une compétition quelconque, un conjoint potentiel ou un poste de travail prestigieux, un collègue désagréable ou même un voleur ou un agresseur, tous doivent être l'objet de l'amour du kiroviste.
Et cet amour doit se manifester dans la vie de façon concrète sans tenir compte des remarques, des jugements ou des préjugés : du franc sourire chaleureux, aussi souvent que possible, à l'intérêt -même béat- pour les dires d'autrui, du respect profond de manière générale envers l'autre à la disponibilité en cas de besoin ou d'appel à l'aide de celui-ci, de la compassion sincère pour sa détresse au partage de sa joie : être compatissant lorsqu'il est triste, être joyeux lorsqu'il est heureux.
Bien-évidemment, cet Amour implique des choix, et ces choix, plutôt que de consister à faire des hiérarchies définitives et fondamentales, doivent se limiter à la réalité et au bon sens. En effet cet amour ne doit pas oublier nos limites individuelles. D'où l'existence de priorités en fonction des circonstances : manifester son amour en priorité pour la personne avec laquelle on discute, ou choisir la personne la plus vulnérable, ou la plus en danger, au détriment des plus forts, de ceux qui peuvent se débrouiller seul ou qui reçoivent déjà de l'aide de la part d'autres personnes. C'est donc l'impératif absolu d'égalité qui doit cadrer cet Amour pour le rendre plus fort, plus réel et plus beau. Cette égalité implique donc l'aide envers ceux qui en ont le plus besoin, et, par réalisme pratique, à ceux qui vivent à proximité.
[quote]"Le révolutionnaire élève celui qui s'abaisse et rabaisse celui qui s'élève"
citation de sans-culottes robespierristes[/quote]
Ceux qui, par humilité et gentillesse, s'abaissent voire s'humilient (même sans le vouloir, par étourderie par exemple), doivent impérativement être relevés, réconfortés et défendus par ceux-là même qui ont profité de cette manifestation d'abaissement. L'égalité est alors respectée : placé sur un piédestal, celui qui s'est abaissé est récompensé, tandis que ceux qui en ont profité ont fait l'effort de rendre la monnaie. Cela, de sorte que peu à peu, chacun finisse par se trouver à l'égal de l'autre dans une relation équitable d'entraide et de solidarité. On est plus heureux en donnant qu'en recevant !
A l'inverse, celui qui s'élèvera par son orgueil et sa vanité au détriment d'une autre personne plus fragile victime d'une injustice flagrante, celui-ci devra être rabaissé, la violence de ce rabaissement dépendra de son degré de présomption et du mal qu'il aura semé autour de lui.
Trois exemples qui peuvent paraître idiots, mais qui sont fondamentaux. ESSENTIELS. Un soi-disant communiste qui refuserait la morale de ces trois petits scénarios serait alors considéré comme ennemi à combattre par le kiroviste. Au-delà de toute politique, au delà de toutes luttes rouges/blanches, communistes/capitalistes, factions contre factions... la Vertu révolutionnaire est quelque chose de CONCRET qui touche les gens dans chaque aspect de leur vie quotidienne.
Mettons par exemple, dans une petite pièce, un groupe de gens qui se connaissent discutent joyeusement ou calmement. Une personne isolée qui ne connait personne se tient à l'écart et y reste de peur de gêner le groupe. Une tierce personne arrive : nous. Avec qui allons-nous discuter de préférence si nous sentons que la personne isolée a besoin de compagnie ? La personne seule ou le groupe ? Vous connaissez la réponse, et nous ne devrions même pas hésiter.
Mettons, second exemple, qu'en entrant pour la première fois dans une salle d'attente, une très jolie femme -parfaitement inconnue- se tienne là, seule et disponible... de l'autre côté de cette pièce, une autre femme, moins jolie mais gentille : nous la connaissons déjà ! Un égoïste qui n'obéirait qu'à son instinct choisirai sans aucun doute de bouder la seconde, en l'ignorant brutalement au profit de la première. Un kiroviste lui, choisira la seconde et elle en particulier. C'est alors que le sourire ému qu'esquissera cette femme (pourtant "moins belle") en apprenant le choix du kirovien illuminera la vie de ce dernier... et vaudra bien largement tous les orgasmes de la première femme qui pourrait bien le laisser tomber au bout de deux ans de relation.
Mettons, troisième et dernier exemple, que vous soyez, en célibataire, avec un groupe de filles... et votre meilleur ami, moins beau et moins à l'aise que vous. Un homme qui se comporterait en réactionnaire, jouerait la carte de la concurrence pour écraser son meilleur ami, plus fragile, l'humilier afin de faire rejaillir sa supériorité sur la stupidité admirative des jeunes filles en chaleur. Parce que bien-entendu, pour le réactionnaire (qu'il soit prétendument de gauche ou de droite), une paire de seins vaudra toujours plus qu'un bon copain. La Vertu révolutionnaire dépasse cette simple comparaison. Elle exigerait d'un vrai communiste, d'un vrai antifasciste, une action à la fois déterminée et maligne : il s'effacerait volontairement au profit de son ami, ou mieux, il userait de ses qualités pour lui venir en aide. Il l'aiderait à prendre de l'assurance et l'élèverait à son niveau. Non pas un sponsoring compassionnel et infantilisant, mais un soutien réel, concret, qui porterait ses fruits pour permettre à l'infortuné d'obtenir les moyens d'accéder à la confiance en soi et au bonheur : dans la mesure où les femmes en question le seront tout autant, c'est-à-dire élevées à leur tour au rang d'égaux, d'êtres humains pensants et intéressants, en rejetant sans pitié cette ignoble mentalité selon laquelle elles ne seraient que des objets de conquête sexuelle.
Vous vouliez savoir ce qu'était un révolutionnaire authentique ? un vrai kiroviste au sens où l'entendait Kirov ? Maintenant vous savez.
Malheureusement, il y a peu de choses dans la vie qui soit plus difficile à réaliser que ce genre de comportement. Les concurrences diverses, les rapports de force, les fragilités de nos psychologies, nos vulnérabilités quotidiennes, nos amours propres, nos instincts naturels...
Eh bien qu'importe : la vie est difficile, et le propre d'un révolutionnaire est justement de miser sur la solidarité populaire pour que chacun puisse réaliser cet effort nécessaire à l'élévation morale.
Contrairement à ce que veulent insinuer les fatalistes et les pessimistes (pratiquement toujours à droite politiquement, ceux-là qui sur-estiment la force de la "nature humaine"), la solution miracle existe : elle semble se situer dans l'oubli parfait de soi-même.
Et c'est là toute la radicalité du kirovisme : pour le Bien Commun (les chrétiens authentiques diront "pour Dieu"), il est nécessaire de s'oublier soi-même, de se sacrifier pour autrui. S'il y a réciprocité, alors la société idéale, véritablement communiste, deviendra progressivement réalité... du moins à cette modeste échelle. Un petit pas pour l'homme... un grand pas pour l'Humanité.
La douceur des relations inter-humaines, la joie naïve, l'intérêt pour autrui et les petites choses de la vie, l'humilité personnelle, la curiosité pour les choses saines, l'admiration devant les banalités de la nature... un bel arbre, un ciel étoilé, un paysage, une petite et vieille isba (plutôt qu'une datcha de richoux corrompus), voilà les qualités indispensables d'un citoyen de pays kiroviste. Dénué d'amour-propre au profit d'un amour de soi qui ne remettra jamais en cause l'amour que l'on doit porter pour autrui, le kirovien aimera son prochain comme lui-même. Il aimera son ennemi dans la vie apolitique (le considérant alors comme une victime), refusera la vengeance (mieux vaut tendre l'autre joue), et il ne portera de haine qu'à destination du capitalisme, des idées réactionnaires et de l'Injustice qui en découle. Il acceptera la nécessaire priorité du réel et du bon sens dans les relations au bénéfice d'un amour concret cadré par l'égalité universelle, préférant par exemple dans les cas d'urgence, ses proches, ses connaissances, ses amis, ou alors les personnes seules, fragiles et/ou dans le besoin. Il comprendra le caractère indispensable de la lutte révolutionnaire dans une société marquée par l'Injustice, le capitalisme, le féodalisme ou l'esclavage... sans tenir compte des pertes humaines : Sainte Haine envers le système capitaliste et absence totale de pitié à l'égard de l'ennemi politique (un luxe qu'il ne peut pas se permettre d'acheter, par amour pour les opprimés).
S'il substituera à l'ignoble vengeance dans la vie privée, la légitime défense lorsqu'elle s'avérera nécessaire, il oubliera cette distinction dans le combat politique : n'éprouvant aucune pitié à l'égard des bourgeois et aristocrates qui profitent de la misère des gens pour jouir des plaisirs de la vie, il sera alors l'arme de l'Amour Universel contre ses ennemis, ses ennemis politiques. Mêmes victimes du système qu'ils défendent, ces ennemis doivent être méprisés, parce qu'ils incarnent la persécution et la souffrance des opprimés, et nous n'avons pas le temps d'éprouver de pitié lorsque des gens choisissent sciemment l'égoïsme, la violence gratuite, le luxe et la luxure.
Le kirovien fait une nette distinction entre sa vie privée et sa vie publique.
Dans sa vie privée, celle du quotidien, il est petit, doux, naïf, sensible, admiratif, curieux, proche de la nature, amoureux de tous et de tout ce qu'il y a de sain dans son environnement, de la plus petite brise légère au vaste et superbe paysage de montagne. En un mot, le kirovien est un enfant au sens noble du terme : joyeux, curieux, humble... le respect, l'intelligence et la conscience du combat politique en plus.
Dans sa vie publique, celle du combat politique, il est fort, malin, travailleur, à condition qu'il s'oublie soi-même dans la lutte pour la Révolution. Il est insensible et méprisant contre ses ennemis, favorable à une maîtrise de la nature par un humanisme intransigeant, méfiant des traîtres potentiels, discipliné au sein de son organisation pour la Cause, et haineux contre le capitalisme, l'Injustice et le Mal.
Dans les deux cas cependant, on retrouve une constance : ascète, travailleur, honnête, humble et TOUJOURS respectueux face à ses amis, frères et camarades.
Bien-sûr, lorsqu'un camarade se trompe, il se doit de le lui faire remarquer, parfois durement, mais sans jamais lui manquer de respect. L'Amour, honnête et concret, doit être à la fois universel et perpétuel. Si les impératifs de sa concrétisation imposent quelques tris, ceux-ci ne doivent pas remettre en cause la lutte politique, au service de l'Humanité toute entière, de son Bien universel et perpétuel.
Mais il ne doit jamais oublier que la plus grande de toutes les qualités, est l'Amour au quotidien, parce qu'elle est la manifestation suprême de son objectif politique.
Vive l'Amour révolutionnaire, vive l'Amour concret de la vie quotidienne entre personnes, vive l'Amour de l'Humanité et de la Vertu par le combat politique jusqu'au sacrifice de soi, vive l'Amour universel.
Une vision, un objectif.
Vladimir Arkharov.
[img]https://i.imgur.com/l7Pd0BM.jpg[/img]
A suivre un post directement tourné contre le concept dé-constructeur de "population" des technocrates : la dignité du peuple.
Posté : lun. juin 06, 2016 9:13 am
par Vladimir Ivanov
Contre la fable des abeilles... la fable des babouins
[img]https://i.imgur.com/TXhqZyd.jpg[/img]
Le babouin (papio).
Cette espèce de primates est connue pour la violence omniprésente qui règne à l'intérieur même de ses organisations tribales, celle qui anime les relations entre ses membres, notamment les individus mâles de niveaux hiérarchiques différents. En plus du patriarcat, le système de classes sociales est une structure naturelle évidente chez toutes les tribus de babouins : au sommet de la hiérarchie se trouvent en effet les mâles "alphas", les plus forts, ceux qui vivent le plus longtemps, ceux qui peuvent frapper les autres sans avoir à craindre d'en subir les conséquences, ceux qui peuvent copuler avec les femelles, ceux qui peuvent manger avant tous les autres ne laissant que des "restes" aux mâles inférieurs.
Par observation discrète et approfondie, des chercheurs zoologistes sont parvenus à suivre l'histoire d'une tribu de babouins traditionnelle. On y retrouvait donc les mâles alpha qui menaient le reste de la tribu, à savoir les femelles et les mâles inférieurs de catégories bêta et oméga. Chez ces deux dernières catégories, le stress moyen, mesuré grâce à des méthodes spéciales en plus des signes cliniques observables, était évalué comme "dangereusement élevé" pour leur santé... à l'inverse des mâles alpha. Et en effet, l'espérance de vie est significativement plus courte chez les mâles bêta et oméga. Alors d'où vient ce stress difficilement supportable dans la vie de ces primates de rang inférieur ?
Bien-évidemment, son origine ne fait aucun doute... il s'agit des coups portés par les mâles alpha et la crainte qu'ils inspirent. Naturellement, ceux-ci sont de loin les plus violents, et s'amusent à frapper régulièrement leurs femelles aussi bien que leurs subordonnés mâles. Chez les babouins, la violence proprement dite, c'est-à-dire "gratuite", est devenue une caractéristique de leur espèce au point qu'on la pense inscrite dans leurs gênes. Et pourtant, force est de constater qu'ils ne le sont pas tous : ce sont les mâles alpha qui, hors de leurs 3 heures de repas quotidien, la majeure partie des 9 heures de temps libre dont ils disposent, ont pour habitude de harceler, humilier et même torturer leurs subordonnés. A l'inverse, chez les victimes, c'est la fragilité, la passivité, la soumission et la peur qui règnent. Et rien de bien anormal à cela pour les zoologistes qui observent cette espèce de primates, il s'agit d'un comportement banal, y compris pour la tribu dont nous allons vous parler.
On l'a vu, les mâles alpha ne manquent jamais une occasion d'imposer ou plutôt d'exercer leur domination : ils apprécient tout simplement cette pratique. Et leurs victimes, femelles et mâles inférieurs, souffrent au quotidien. Mais celles-ci, malgré le stress, sont aussi les plus affectueuses, les plus douces, et pas seulement les femelles : les mâles bêta et omega, que certains pourraient qualifier de "féminisés", sont décris comme étant délicats, empathiques, aidants, ils n'hésitent pas d'ailleurs à secourir leurs homologues à chaque fois qu'ils sont en difficulté. Cette attitude des dominés se distingue nettement de celle des dominants qui font régulièrement preuve de leur cruauté. Ceux qui prétendent que le sadisme n'existe pas dans le règne animal (sous-entendu, exceptés chez les hommes) ont tort : le mâle alpha babouin n'hésite pas à aller jusqu'à torturer son subordonné pour sa seule satisfaction, sans aucune raison cohérente. Il s'agit là d'un comportement observable typique de cette espèce.
Revenons à notre tribu, celle observée par les chercheurs en question.
Un jour qu'une petite carcasse d'un animal mort est découverte, c'est le grand festin du côté de notre tribu... du moins pour les mâles alpha, et en fait... seulement pour eux. Malgré la faim qui les tenailles, les autres mâles restent à l'écart, de même que les femelles, de sorte qu'il ne leur reste plus rien à manger : les dominants ont tout ingurgité !
Nous sommes bien d'accord que la violence est considérée comme naturelle chez ces animaux, de même que les strates sociales. Il en est de même pour toutes les tribus et il en restera toujours ainsi ! Eh bien détrompez-vous.
A l'inverse, mettons que vous espériez résoudre ce problème, afin de garantir, au-delà de la seule "morale", disons une santé optimale pour tous les membres de la tribu. Vous feriez sans doute le nécessaire pour leur apprendre à gérer leur stress, en leur donnant la possibilité d'être plus sûr d'eux, ou sinon à mieux encaisser les coups, du moins à leur apprendre à se défendre individuellement.
Vous avez vos solutions, celles qui consistent à limiter les dégâts tout en préservant le système oppressif... sous prétexte d'immuabilité... Et pour une fois dans ce cas particulier...
...la Nature avait les siennes.
Il s'est avéré qu'à la grande surprise des zoologistes, la viande était avariée : un bacille mortel y résidait. Quelques heures plus tard, les mâles alpha étaient décimés. Les uns après les autres, la bactérie les avait méthodiquement éliminés.
C'est alors que curieusement... dans cette tribu sans chef, personne ne repris le flambeau de la domination. Les autres mâles refusèrent d'employer la violence, et, conservant leur comportement affectueux, organisèrent ensemble (avec les femelles !), une reconfiguration sociale radicale : disposant chacun d'un égal pouvoir, leur vie était transformée. Plus de brimade, plus de violence, plus de hiérarchie. L'entraide, la douceur, les câlins dans l'égalité, l'absence totale de rejet d'un bouc émissaire ou d'isolement d'un souffre-douleur, toutes ces nouvelles choses rythment désormais leur vie quotidienne. Les signes cliniques généraux ainsi que les prélèvements cellulaires et sanguins démontrèrent clairement que le niveau d'anxiété et d'hypertension avait drastiquement chuté. L'espérance de vie était similaire à celle des alpha, mais cette fois-ci chez tous les individus de la tribu.
Au fil des mois, les nouveaux membres (des recrues naturellement violentes provenant d'autres organisations traditionnelles, c'est-à-dire fondées sur la hiérarchie), plutôt que d'apporter leur propre conception (le fort domine le faible) finirent par adopter le nouveau modèle ! L'assimilation était réussie et les nouveaux, souvent violents au début, se soumettaient progressivement aux principes de la tribu : nivellement du pouvoir, égalité totale, attitude solidaire et pacifique.
Cette "tribu égalitaire" est en réalité observée par les hommes depuis une vingtaine d'années au Zanyane. Elle prospère encore actuellement. Son degré d'agressivité est anormalement bas, l'entraide au contraire est systématisée. Cela avec une espérance de vie qui dépasse la moyenne de toutes les autres connues.
Toute ressemblance avec les sociétés humaines ne serait que purement fortuite.