III) La Culture azudéenne
A) Structures informelles
1) La Famille
La famille l'unité sociale de base de la société azudéenne. Elle est considéré comme insécable et élémentaire. La notion de famille contient également la belle-famille. En effet, un individu ne vivra jamais seul, il sera toujours en appartement, avec soit sa famille soit sa belle-famille. L'intimité sociale est une chose rare que l'on ne trouve que dans sa chambre, dont la porte est souvent ouverte. Ainsi la famille constitue totalement une unité sociale, une brique sociale, de base, dont les individus n'en sont que des extensions. On remarque donc dans ces cas la une forme de lien social mécanique au niveau purement intra-familial. Il est notable que les grands-parents jouent un rôle, en second plan mais non secondaire. Si les parents s'occupent de l'éducation primaire, la bienséance, la politesse, les grands-parents entretiennent un rapport privilégié quand il s'agit de rapports humains, lors du début de l'adolescence notamment.
C'est également la famille qui s'occupe de l'équivalent du mariage (fêter chaque année l'anniversaire de la création du couple, et plus le temps passe, plus la fête est importante). Mais elle s'occupe aussi de bien d'autres procédures informelles. Mais aussi elle qui veille à la bonne intégration sociale de ses individus, elle est un mécanisme de régulation sociale et de socialisation à part entière, et fondamental. Elle est souvent le premier mécanisme régulateur, placé bien avant la loi. Ce qui explique la relative liberté de celle-ci avec des mœurs néanmoins fortes et contraignantes. La famille joue donc un rôle social primordial, elle est principalement en charge de la conservation des traditions et des mœurs.
2) Relations intergénérationnelles
A contrario de nombre de pays libéraux ou les personnes âgées sont considérées comme « dépassées » et souvent abandonnées, plus, à partir d'un âge avancé, celui-ci est grand, plus le respect l'est aussi. Car il est considéré que le plus anciens ont plus d’expérience, et donc de nombreuses choses à apporter aux plus jeunes, souvent à la manière de mentors. De même, les « jeunes », plus que immatures ou inexpérimentés, sont considérés comme des sources de dynamisme, de renouvellement et d'innovation, dans un groupe. Bien entendu, celle-ci est encadrée, car il y a innovation en tant que renouvellement, et innovation en tant que rupture avec le passé, jugée souvent plus néfaste. Il s'agit ainsi plus de créer un changement que de détruire le passé. Cette vision expliquant donc le mélange habile de nombre de traditions conservées ou adaptées, sans freiner pour autant des évolutions nécessaires ou positives.
3) L'individu
L'individu, s'il n'est pas considéré comme une unité sociale autonome de tout autre êtres, est tout de même reconnu comme partiellement autonome. C'est ce qui créer ainsi l'évolution sociale et la créativité. Les diverses moyen de régulation au niveau individuel sont donc très accès incitatif plus que par la coercition du règlement, bien qu'à l'heure actuelle les deux cohabitent fortement. Un cadre général plus ou moins coercitif est créé (obligation de travailler) mais dans ce cadre il existe beaucoup d'incitatifs (évolutions salariales par exemple). De plus, l'individu est de plus en plus amené à se spécialiser et devoir innover. Mais il doit pour cela choisir une branche lui plaisant, dont il est le seul à pouvoir décider, bien qu'il faille prendre en compte la répartition des postes de travail. Ainsi donc si la motivation au travail repose sur son aspect social, progressivement se rajoutera l'idée de défi et de résolution des problèmes par la création, volonté de résolution vers laquelle sera tournée toute la société.
4) Autrui
Les maîtres mot des relations inter-individuelles sont : réciprocité, confiance mesurée, égalité de dignité, responsabilité envers la communauté. Quand les Azudéens apprennent dès l'enfance qu'ils sont une singularité faisant partit d'un tout, d'un réseau sociologique, qu'ils sont interdépendants des autres, et qu'on les fait raisonner en rapport aux autres, il n'a rien d’étonnant que l'empathie et le lien social soit ensuite en moyenne plus fort que les moyennes normales. Chaque individu est donc conscient et relié à l'autre, même si le tout n'atteint pas toujours le niveau d'un Empathe qui est, en plus, hypersensible et d'une extrême droiture. Ainsi les Azudéens prennent conscience des autres comme un « autre moi » et agissent en conséquence. C'est une des raisons principales qui a permis l’émergence d'un humanisme fort, bien que les deux processus se soient renforcés l'un l'autre.
On peut résumer la vision de l'humain par : optiréalisme. Une contraction d'optimisme et réalisme. L'on sait que l'être humain est potentiellement tourné vers le bien. Mais l'on sait aussi que cette relation, bien que première et ineffaçable, n'est pas une relation nécessaire, qui peut être masquée par bien des processus, et que un cadre est nécessaire au bon développement de la bonté naturelle.
5) La Nation
La Nation est vue comme, non la somme des citoyens, mais l’intérêt général de la société azudéenne. Elle représente également ce qui lie les Azudéens : les valeurs communes, le territoire commun, et ainsi de suite. Autrement dit, plus qu'un sentiment d'appartenance à quelque chose de commun, cela est plus profond, il s'agit d'un sentiment de lien entre chacun des individus, à la manière d'un réseau.
6) L’étranger
Souvent raconté parfois une sorte de mythe de peuples vivant en « moindre harmonie », la question de l'étranger pose celle du regard qu'il est possible de porter sur ce qui nous est différent mais aussi ce que l'on peut permettre à quelque chose de diffèrent, sur le territoire commun. Cette question ainsi résolu grâce à un relativisme modéré. Si la société est adaptée à elle-même et vivable, les critiques seront faibles et les nationaux prendrons sur eux. En revanche si les politiques ne semblent pas adaptées à la culture en place, ou que la société est vouée à périr par dissolution du lien social par exemple, les critiques se feront probablement vivaces et acides. De même , l'ethnocentrisme (juger une autre culture selon ses propres valeurs) abusif (car l'ethnocentrisme nul n'existe pas) est très mal perçut en Azude.
Quant à ce que peut faire un étranger sur le sol du Peuple des Plaines, la réponse est simple. Il ne lui est pas demandé de connaître à la lettre tout les protocoles, formels et informels. Mais s'il ne vient pas dans un plein esprit de coopération, transparence et honnêteté, celui-ci à intérêt à repartir le plus rapidement possible.
7) La tradition, les protocoles informels, et codifications sociales
On observe dans la culture azudéenne nombre de comportements codifiés, bien plus encore que dans la plupart des pays almérans. Il y en a de toutes sortes, à tout moment de la journée, pour quasiment toutes choses. On ne se comporte pas de n'importe quelle façon à table ou en réunion, avec des supérieurs, égaux ou subalternes, selon sa branche, et ainsi de suite. Si cela peut être bien entendu le cas dans d'autres cultures, la codification est plus minutieuse et plus fournie en Azude. Le regard, la gestuelle, les mots, préfixes et suffixes, l’interaction avec l’environnement matériel... Quasiment tout est inclus et réglé dans ces normes informelles. Cela proviens des premiers temps d'Azude où la hiérarchie était très forte. Il était alors nécessaire à chacun de se montrer un respect réciproque, mais de manières différentes. Actuellement, si la hiérarchie n'est que rarement pyramidale, elle n'en reste pas moins importante car devenue fondée sur la compétence et l’expérience au lieu du simple savoir, cette dernière constituant parfois plus de rapports de forces pour un consensus moindre.
C'est ainsi que l'idée d'une explicitation des valeurs communes et de leur mise en application mi sociale mi administrativo-juridique, par la Constitution Culturelle, fut quasiment considérée dès sa proposition comme une idée allant de soi, dans la continuité des traditions, tout en étant un renouvellement, et même un renforcement, mais aussi un moyen d'affirmer l'indépendance nationale face à l'empire du Quantar.
8) La régulation sociale
La régulation sociale est un processus normal de toute société humaine régulant les comportement vers la norme attendue. Néanmoins, cette régulation prend en Azude, une forme partielle formelle. La partie informelle est bien entendue pour une bonne partie la famille, comme déjà dit. Mais pour trouver la 2ém partie informelle, il faut passer par le formel. En effet, sont institués en Azude les concours de conformités, depuis 1935. Ils ont pour but de vérifier que l'individu suit bien conformément la Constitution Culturelle, valeurs nationales explicitées auxquelles toute la population adhère depuis des siècles. Si les concours sont important dans la vie formelle (possibilité ou non de tirage au sort au parlement ou sur certains métiers très spécifiques comme juge), il en existe aussi la face informelle. Ce sont les inspecteurs de conformités. A l'image de l'inquisition, ils vérifient que les comportements soient globalement semblable aux scores obtenus aux concours. Néanmoins, l'appareil politique azudéen reconnaissant l'humain comme généralement faillible et dans l'impossibilité d'un comportement pleinement irréprochable chaque seconde passant, ils ne sont pas là pour sanctionner. Les poursuites pour infractions sociales sont devenus des outils désuets et inutilisés. Les inspecteurs sont devenus des poste plus proches des familles, permettant ainsi d'en savoir plus, et se contente de réprimandes lorsque nécessaire. Il a ainsi un rôle semblable à celui de certains religieux dans d'autres pays : celui, léger, de garde-fou, de rappel à l'ordre.
Mais le gouvernement lui aussi, est un acteur de la régulation sociale. A un autre niveau que la famille néanmoins, il s'occupe de la bonne santé sociétale. Cette régulation passe bien sur par les lois et la justice, mais aussi par tout ce qui concerne la promotion des valeurs de la Constitution Culturelle.
Concernant ceux qui ne respectent pas les normes et valeurs, il s'agit donc de "Déviants" (sociaux) terme sociologique. Ils ne représentent désormais plus que quelques pourcentages de la population, et sont pour la plupart des antisociaux, narcissiques, et autres troubles de la personnalité incompatible avec la culture azudéenne.
Le barème et traitement selon le score est comme ceci :

Score de conformité minimal nécessaire pour être juge, ou inspecteur social : 80%

Score de conformité minimal nécessaire au tirage au sort politique : 75 %

Norme minimale : 60%

Déviance légère : de 60 à 50 % (l'individu suis un encadrement particulier)

Déviance moyenne : de 50 à 40 % (un stage de socialisation intense est obligatoire)

Déviance inquiétante : de 40 à 30 % (l'individu est envoyé un an en communauté religieuse non prosélyte afin d'y apprendre la vertu du travail, de la coopération, de la transparence et de la sobriété)

Déviance irréversible : moins de 30% (Autrefois l'individu est automatiquement exilé, ou stérilisé puis envoyé en ville close, selon son choix, désormais il occupe des postes fantoches sans réelles responsabilités, en vue de minimiser les risques (beaucoup de déviants sont des sadiques ou narcissiques) tout en favorisant une certaine intégration)
Les villes closes (aujourd'hui fermées) : Les déviants y étaient chimiquement stérilisé afin d'éviter leur reproduction sociale. Ils avaient l'interdiction de pénétrer dans le reste du territoire, sauf s'ils n'ont pas de travail auquel cas ils iront faire leur Service de Travail Obligatoire dans les secteurs manquants de main d’œuvre. Elles étaient fortement surveillées afin d’empêcher les entrées des citoyens conformés ou les fuites de communication. Aussi les déviants avaient leur propre réseaux de télécommunications fournis par l’État.
Néanmoins, rassembler des antisociaux et des narcissiques ne faisant ni une micro société saine, ni une bonne économie il à fallu équiper chacun d'armes afin de maintenir une relative sécurité, et les administrateurs locaux ne vivent plus dans l'enceinte des villes closes depuis bien longtemps, quoique la plupart des décisions soient déléguées à la volonté des population de chacune des villes. Aussi donc, les Stalagmantins ont établit des comptoirs afin de prendre en charge les déviants en les faisant d'abord travailler. Les résultats sont encourageants. Aujourd'hui ce comptoir existe toujours, et l'on y envoie encore des narcissiques, sadiques et autres déviants.
9) Uniformité et diversité
Deux mots à priori antinomiques, et qui pourtant cohabitent de manières très forte en Azude. De la même manière que le lien social mécanique et organique cohabitent. En réalité, tout cela ne cohabite justement pas, mais on leur champ d'action précis. Ainsi si au niveau des valeurs l'uniformité est très grande, l'application de celles-ci consensuelles, c'est au niveaux plus individuels que la diversité devient importante. Tout ce qui relève du global ou sociétal est assez uniforme, et tout ce qui relève de l'individuel, ou local, est très divers. On observe ainsi non pas un style de musique ou de vêtements plaisant à tout le monde, comme dans les courses à l'audimat des pays libéraux, mais une multitudes de styles plaisant à de petits nombres. Si les valeurs sont assez identiques, les goûts, ou choix personnels par exemple, le sont bien moins. Cela pourrait donc se résumer par « La diversité dans l'union ».
10) Raison et émotions
Si de part la philosophie cartésienne il est pendant longtemps advenue en occident une dissociation de l'esprit et du corps, de la raison et de l'émotion, ce ne fut que peu le cas en Azude. La médiation et l'exercice entretiennent tant le corps que l'esprit, se complètent l'un l'autre dans un équilibre, et ces deux choses sont souvent pratiqués en Azude. Il est notable qu'il s'agit plus d'un mode de vie que de simples exercices de loisirs. Il est donc communément admis que « L'on peut raisonner les émotions brutes, mais l’émotion subtile sensibilise la raison. » Car l'on distingue en effet plutôt que de s’intéresser aux nombres d'émotions, les Azudéens s’intéressent à leur qualité. Car les émotions sont ce qui pousse un être à se mouvoir, et mieux vaut apprendre à bien se mouvoir que ne pas se mouvoir du tout. Ou encore « La Raison seule n'est que conscience sans objet d'attention, comme si penser pouvait être autre chose que trier ce que nous percevons réel, selon nos valeurs, qui ne sont que des émotions cristallisées. » Critique de l'ancien courant rationaliste tombé en désuétude totale au cours du 20ém siècle, cette citation rappelle le rôle naturel des émotions dans la prise de décision, mais aussi que les valeurs, fondamentaux humains, sont une discrimination [Non pej.] émotionnelle. Autrement dit, la raison est basé de manière sous-jacente sur les émotions. Comment peut-on dire que la Justice serait « De manière absolue objective et rationnelle » alors qu'il est tout naturel de ressentir l’injustice ? Une question insensée pour un Azudéen. Ainsi donc l'émotion est reconnue comme la base de nombreux systèmes cognitifs, humains ou non, et il deviendrait absurde de vouloir la supprimer ou la tronquer, il est bien plus préférable de cultiver la sensibilité humaine dans la culture azudéenne que de vouloir la détruire.
11) Les loisirs
Le mot loisir désigne en français azudéen les moments de temps libre. Plus que le simple amusement ou divertissement il désigne plus précisément le temps social, le loisir au sens aristotélicien de travaux intellectuels divers, ou encore le temps consacré à toutes sortes de créations dans le cadre du temps personnel, que cela soit artistique, scientifique, ou bien plus humble comme par exemple une nouvelle recette culinaire. Le loisir au sens de pur divertissement est peu existant. Il est souvent mêlé à un sport, généralement pratiqué en groupe, ou encore de divers jeux sur plateaux. Il s'agit donc de formes de temps social, mêlée à la pratique sportive ou sociale. Ainsi, la plupart des jeux ou sports sont peu compétitifs. Le sport le plus populaire est l'escalade : pas de course, pas de compétition, juste de la coopération. Au niveaux des jeux sur plateaux par exemple les échecs sont peu populaires, on y préfère bien plus des variantes du[url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_go]jeu de go[/url] ou encore du [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Abalone_%28jeu%29]sumito[/url].
Il s'agit donc plus d'esquive ou d'encerclement que d’affrontement direct, révélateurs de modes de pensé azudéen.
B) Structures formelles
1) L'Etat
L'Etat est traditionnellement considéré comme l'extension et la cristallisation de la société dans une entité gardienne. Souvent, gardien des valeurs, mais surtout, de la paix, tant dans les institutions et la population que dans les cœurs des citoyens. Il doit donc s'assurer de la cohésion sociale de la société, et donc qu'aucune logique de compétition ou d'isolement ne vienne remplacer celle de solidarité.
Aujourd'hui à l'heure où Azude rentre dans sa propre modernité, l'Etat doit également se faire le garant de la possibilité pour tous de « réaliser son potentiel ». Il ne s'agit donc pas de rechercher le plaisir pour lui même, chose prohibée socialement, mais la créativité.
Mais l'Etat, à l'heure de la sur-anticipation individuelle dans les pays libéraux, devient l'anticipant global. Il n'est pas seulement garant du présent, mais aussi du futur. Futur environnemental bien sur, et social, mais aussi désormais technologique. Quelle technologie, et quelle utilisation de celle-ci ? C'est une des questions ardues à laquelle l'Etat doit répondre, sans entrer en conflit avec le passé sociétal.
2) L’Administration
L'on différencie souvent l'administration et l'Etat. Si certes la première est au service du second, elle dispose d'une autonomie relative, assez décentralisée, et il fut même un temps où elle ne fut pas dépendante de l'Etat. Néanmoins, pour des raisons d'efficacité, récemment celle-ci s'est restreinte au suivit individuel ou collectif, la collecte et trie des données étant assuré par l'Organisme de Collecte des Données Nationales. L'Administration est devenue très décentralisée, la hiérarchie se dissolvant dans des cellules spécialisées géographiquement. Elle est en charge de tout ce qui concerne les procédures institutionnalisées au niveau de la gestion des dossiers individuels : demandes économiques, demandes sociales (dossiers scolaires principalement, plus rarement l'envoie d'assistants sociaux ou éducateurs), coopération avec la justice et la police. Bien qu'elle traite aussi tout ce qui est relatif à la Constitution Culturelle : concours, inspecteurs de proximité par exemple. Mais elle est aussi en charge de s'assurer du respect des règles économiques : recensement de celles-ci et inspections principalement.
Contrairement aux croyances populaires, l'administration ne brasse pas un nombre impressionnant de données, et n'est pas non plus un monstre bureaucratique. C'est en revanche le cadre de l'Etat qui est indéfinissable. L'Etat est l'ultime cadre de la société tout entière, mais non le seul cadre : il en existe de non institutionnalisés et d'influence localisée (la famille), ce qui explique qu'il est parfois difficile de dire où l'Etat s’arrête et où le reste de la société commence, puisque l'impression est l’omniprésence de l'Etat-cadre sous de nombreuses formes, dans la sphère publique du moins. La sphère privée est respectée par l'Etat, mais encadrée par la famille.
3) L'Organisme de Collecte des Données Nationales
L'OCDN, rare institution à être abrégée par « l'Organisme » et non simplement son acronyme. Ceci pour une raison bien simple : son fonctionnement est totalement organique. Pas de hiérarchie, où légère et représentative uniquement. Le tout formant un tissu, un réseau de cellules spécialisées sur différents niveaux, dans différents départements. Si un organigramme complet devait exister selon le parcours de l'information, il serait en réalité en trois dimensions, à l'image des neurones du cerveau. Cet Organisme s'occupe en revanche d'un traitement de données gigantesques. Des données individuelles aux données sociétales, tout est trié puis archivé. Les données ne sont pas toutes publiques en revanche. Les données dites « administratives » ou « formelles » sur les individus le sont, mais la sortie de données personnelles est strictement filtrée. Cet organisme coopère donc avec l'administration, la justice, la police et les sciences humaines, sur demande.
Mais l'Organisme, n'est pas qu'une immense archive. Il y existe aussi un département de gestion des crises sociétales, sous toutes ses formes et ses échelons. Le Département est apte à prévenir et/ou traité des crises locales ou nationales, tant sociologiques qu’environnementales, ou encore économiques. Et si une part de l'administration s'y mélange par un flux de données constant, il s'y greffe aussi, dans l'ombre, le département de psychosociologie. Si l'Etat à le rôle du long terme, se serait le surcharger que d'y rajouter le très long terme, se rajoute à cela que les tenants et aboutissants de la psychosociologie doivent rester secret pour que celle-ci reste opérationnelle. Pour ces raisons, la justice peut tout de même enquêter avec ou sans préavis, mais ne peut rendre ses conclusions totalement publique en cas de défaillance, ni même si tout est irréprochable. Il existe également un comité de moralité interne afin de s'assurer que la psychosociologie ne soit pas détournée. Certains observateurs disent néanmoins que l'administration et le contre-espionnage auraient été phagocyté par l'Organisme, car devenu dépendant de ses flux de données.
4) Justice et peines
La Justice, devant rester indépendante, à son propre réseau d'information, hors de l'Organisme. La police tente de même, avec un succès moindre. En réalité il existe deux sortes d'entités de jugement. La Justice formelle, institutionnalisée, et celle sociale, informelle. Celle institutionnalisée est professionnelle, et indépendante. Elle est en charge de juger des écarts relativement aux lois.
La Justice azudéenne a deux particularités. Le singularisme, et le méta-jugement.
Dans un premier temps, le juge doit juger l'action de l'individu par rapport à la lettre de la loi. Mais le singularisme suppose chaque situation de délit ou de crime différente. Ainsi, il devient nécessaire d'étudier minutieusement les conditions et raisons qui ont poussé à un tel acte. Mais il ne s'agit que de la première partie. Une fois ceci fait, le juge doit analyser si l'esprit de la loi et vérifier qu'elle ne soit pas défaillante. Ceci est le méta-jugement. Il permet d'observer les dysfonctionnement législatifs ou sociétaux.
On peut donc juger un mort 100 ans après, quoique cela soit plus difficile pour la première phase. Si un individu vole un pomme en ayant à manger chez soi, il sera très sévèrement punis. S'il n'en avait point et étant démunis, mais que des systèmes alternatifs existaient, il sera tout de même punis. En revanche si aucun moyen n'existait, la justice serait face à un cas de « décohérence législative singulière ». On nomme ainsi un procès lorsque l'esprit des lois (conserver la bonne santé sociétale et la possibilité de bien-être individuel) et leur lettre s'opposent dans une situation précise. Dans ce cas l'individu est punis peu sévèrement, mais des rapports sévères sont envoyés au législatif et à l’exécutif, demandant pourquoi est-il permit qu'un individu tombe dans un état qui le pousse à enfreindre les lois.
Le principe de jurisprudence, s'il existe, est donc employé sur des situations assez similaires dans les prémisses, soit : plus rarement que la plupart des pays.
De même, selon selon le principe de « faille législative singulière » l'on peut porter plainte sur base d'une lois inexistante ou sur la modification d'une loi, sous condition d'un préjudice actuel non couvert par la loi. On parle alors de « procès hypothétique ». Le préjudice sera étudié sous l'esprit de la loi afin de vérifier sa véracité, si oui, un rapport sera envoyé au parlement et à l’exécutif. Si la loi ou modification de loi est acceptée le jugement devient un procès factuel et se poursuit, sinon il devient invalide et est abandonné.
Le Pouvoir judiciaire est donc très important en Azude, il est le maillon vérificateur, un moteur puissant d'adaptation des lois à la réalité matérielle et sociale.
Néanmoins, bien que sa marge d'action puisse être grande, la Justice à son propre contre-pouvoir : le Conseil Constitutionnel Politique.
Concernant les peines, il en existe trois sortes. Les travaux d’intérêts généraux, usés, mais peu courant. L'envoie pour une durée déterminée mais révisable en communauté religieuse afin d'y apprendre les vertus du travail, de la transparence, de la sobriété, de l'humilité et de la collectivité. C'est la peine la plus utilisé, et souvent la plus longue, souvent plusieurs années. Il reste enfin l’emprisonnement. Rarement utilisé, ou peu de temps, c'est une méthode drastique visant non pas seulement à porter atteinte aux libertés de déplacement, mais à totalement priver l'individu de ses sens principaux. Il s'agit donc de peines psychologiquement très lourdes, dont la durée dépend souvent de l'endurance de l'individu : le but n'est pas non plus qu'il devienne fou. Il n'est ainsi pas rare que des condamnés de prison ressortent bien plus tôt que le verdict prévu.
La deuxième entité de jugement est informelle, sociale. Il s'agit tout simplement de la culture, la pression sociale, les familles, bref : les mécanismes de régulation sociale. Lorsqu'un individu est fautif d'un écart grave ou très déshonorant, le suicide est vu comme un moyen de laver l'honneur de l'individu et de sa famille. Il n'est donc pas rare que, dit-on, « Les pavés des cours de Justice soient tachés de sang ». Sans être monnaie courante, dans certains cas les seppukus sont pratiqués par l'accusé, avant ou pendant le jugement du tribunal. Sans aller dans de telles extrémités, la pression sociale est néanmoins assez forte, et permet ainsi un maintient assuré des traditions et des « bonnes mœurs ». De par la nature semi-organique des institutions azudéennes, on observe donc une dé synchronie entre la sphère politique et la sphère sociale. La sphère politique sert la sphère sociale, mais chacune a son domaine de compétence propres. La bonne santé sociétale à l'Etat, les mœurs aux familles.
5) La Science
La science, sans occuper toujours une place centrale, occupe une place importante. Dans certaines périodes les plus sombres de l'histoire d'Azude il fut un temps où les citoyens étaient au service de la science. Un autre où l'on pensait que les sciences physiques pouvaient drastiquement faire avancer les possibilités humaines. Aujourd'hui l'on reconnais que la science est finalement bien limitée et relative, on ne tente plus d'y adapter l'individu mais au contraire d'étudier le fonctionnement humain, afin de savoir ce qui est « humain », afin d'adapter l’environnement social à l'essence humaine. La science sert donc l'humain, afin qu'il se connaisse mieux lui-même et vive en harmonie. A ce titre la sociologie et les sciences cognitives jouissent d'un statut social plus élevé que la physique ou les mathématiques. Les sciences de l'étude du non humain en revanche sont souvent considérés comme un simple moyen d'améliorer le confort humain, en vue de remplir ses besoins primaires pour laisser la place au temps social et créatif.
Suite aux nombreuses études des sciences humaines, il est communément admis que l'humain est avant tout apte à la coopération, la bonté, la créativité, et à... la religiosité. Celle-ci est en effet un fait universel et intemporel. L'athéisme agressif ou actes et paroles antireligieuses sont donc des comportements inexistants en Azude.
La science, si elle occupe une place importante dans l'imaginaire collectif, reste donc un outil et un moyen, contrôlé, au service de l'humain.
6) Le Travail
La valeur du travail est une valeur très récente en Azude. Son importance s'est principalement accrue lors de l'indépendance, en 1935 lors du gouvernement répressif et totalitaire. Le travail était alors devenu un moyen de donner pour la société, pour le communauté, tout en recevant en retour. Aujourd'hui cela est principalement symbolisé par le travail universel, sauf cas particuliers, en échange d'un accès universel aux soins tant qu'indispensables et nécessaires, et à l’éducation de base, devenant ensuite sélective, mais toujours gratuite. Le travail, étant chose économique, est encadré principalement par l'Etat. Néanmoins à l'heure actuelle le travail est également vue comme un moyen de réalisation. La responsabilité individuelle, ainsi que l'autonomie, y sont importante afin que chacun puisse s'investir dans son travail. Il est donc jugé important de trouver un travail qui convienne à l'individu. Mais le travail n'est pas qu'individuel, il est aussi collectif. Le travail en groupe, et la coopération, sont très valorisés. Même dans la structure éducative la coopération prend une place d'une grande importante. Ce qui ne signifie pas pour autant que le travail individuel est dévalorisé, il est parfois nécessaire, et chacun a sa place dans la structure économique.
Avec la valeur travail est également venue celle de développement, c'est-à-dire, non pas de simplement faire croître le PIB de manière mathématique, mais bien d'augmenter les secteurs humainement utiles. La santé et l'éducation, mais aussi le logement. Ainsi, la domotique draine indirectement une partie importante de l'économie. De même, quoique moindre, concernant le système médical et éducatif, restant ensuite le détail et les infrastructures.
7) Les Associations à but non lucratif
Les associations sont véritablement le secteur que l'on peut situer comme le plus indépendant de l'Etat, au sens large. Mais se sont également les structures dont l'organisation est la moins réglementé, et peut donc s'adapter à de nombreuses situations. Ce secteur concentre à la fois les outils de surveillance politique, économiques ou sociale, indépendants, l'expression populaire, mais aussi une part non négligeable de l'activité économique, formant plus de la moitié des emplois tertiaires. On y retrouve également des associations d'informations, toutes indépendantes de l'Organisme. La logique concernant l'information est que sans nécessité de profit seule la motivation personnelle du travail bien fait compte, évitant ainsi l'effet de « mass médias » perdus dans une course à l'audimat avec un appauvrissement de la qualité d'information. L'association est une des structures les plus populaires, de par son impossibilité à pouvoir distribuer le profit entre ses membres. Mais cela constitue également un part importante de la vie sociale, comme par exemple les Systèmes d’Échanges Locaux : 1 heure de jardinage contre 1 heure de cours particuliers par exemple.
8) La Religion
La religion est considéré comme « fait humain » par les anthropologues. Elle est donc vue comme une activité humaine naturelle et normale, et ne saurait être totalement dénigrée, par un athéisme agressif ou des idées antireligieuses par exemple. Néanmoins, pendant longtemps celle-ci fut imposée par le saint empire d'occident, et fut donc mal vécu par la population. Par la suite lors de l'indépendance les pouvoirs politiques, répressifs et totalitaires décidèrent que la foi était une chose privée, qui n'avait pas à s'exprimer en public. On fit donc interdire toute manifestation religieuse publique de manière drastique, et, la religion étant mal implantée, cela ne fut pas remise en cause avant l'année 2018 environ, peu après l'ouverture d'Azude sur le monde. En 2018 la religion fut totalement autorisée dans la sphère publique, bien que le prosélytisme ne soit pas bien vu, entraînant de la part de l'Eglise une « conversion par l'exemple ». Par la suite, non dans un soucis religieux mais uniquement d'efficience, l'on remarqué que les bonnes sœurs et autres religieux étaient bien plus efficace au niveau hospitaliers, on fit donc une discrimination positive, puis ensuite que les petites communautés religieuses pouvaient porter secours à de nombreuses personnes égarées dans des chemins non acceptés par Azude, puisque les actes humanistes azudéens et ceux chrétiens sont sur de nombreux points semblables, quand l'un le fait par amour de son prochain, et l'autre par amour de Dieu et de son prochain, bien que l'un chercher à faire mieux vivre et par compassion, et l'autre à préparer sa vie future au delà de la mort.
Ces deux maillons inclus dans des processus non négligeable, ainsi que l'autorisation de la religion de venir dans la sphère publique, a entraîné un regain de religiosité. En premier lieu l'Azudianisme : [anglicanisme NdJ], refusant l'autorité du pape sans pour autant nier son autorité, une organisation semblable aux protestants et éparpillée, bien que finalement sans désaccords fondamentaux, hormis la question du saint-siège, avec les catholiques. En 2020 on observe 5% de catholiques dans la population, et 25% d'azudianistes. Certains observateurs prévoient une réconciliation avec les catholiques, d'autres non car l'indépendance d'esprit est une valeur importante en Azude. Jusqu'à présent les deux confessions n'ont rien eu à déplorer : les mœurs sont strictes et les lieux de cultes ainsi que les besoins primaires des religieux financés par l'Etat, mais il est très probable qu'en cas d'écarts, les reproches des deux confessions soient semblables, ce qui représenterait ainsi 30% d'opposant ou de militants dans la population envers telle ou telle politique.
La religion étant une forme de mœurs l'Etat y est actuellement indifférent, et se contente de répondre aux besoins religieux sans se soucier outre mesure du nombre de religieux tant qu'il est minimal (la religion étant fait universel son absence serait mauvais signe), préférant s'adapter en tant si nécessaire, plutôt que faire une forme d’ingérence dans un champ encore considéré comme « appartenant au choix individuel ».