Posté : sam. nov. 05, 2011 5:46 pm
<center>[img]http://4.bp.blogspot.com/_A0iSR5sQu_c/TSOe5h_LEEI/AAAAAAAAAA4/w9ZcnL2czdc/s1600/Daemmerung2.jpg[/img]
Opération Crépuscule</center>
[HRP]Ceci est un RP collectif entre Yuwen (Kaiyuan) et moi (... Ravendel). Nous sommes cependant éventuellement ouverts à d'autres, mais nous avons déjà une certaine feuille de route. Fin', tout se discute, mais a priori c'est bouclé.
Pour voir les prémisses, ils sont:
Au Ravendel: [url=http://www.simpolitique.com/post127434.html#127434]ici[/url], [url=http://www.simpolitique.com/post127686.html#127686]ici[/url], [url=http://www.simpolitique.com/post130176.html#130176]ici[/url] et [url=http://www.simpolitique.com/post132230.html#132230]ici[/url] (mon RP interne)
Et [url=http://www.simpolitique.com/post128855.html#128855]ici[/url] (archéologie sous-marine) et [url=http://www.simpolitique.com/post128371.html#128371]ici[/url] (la frontière ravendelo-cecopienne [F23/F22] (dans mes médias ceux-ci)
Au Kaiyuan: [url=http://www.simpolitique.com/post127983.html#127983]ici[/url](RP interne de Yuwen)
[HRP]
<center>Central Opérationnel - Forces armées du Ravendel, souterrain du ministère de la défense, Akron, Ravendel</center>
Jan Verstorniek venait de sortir de la salle stratégique principale du ministère des armées. Un briefing général avec les chefs des services et des armes venait d'avoir lieu. Il y avait pas mal de choses à discuter, avec un certain nombre de grandes guerres en cours dans le monde, mais aussi de la modernisation d'une partie du matériel militaire, et, le plus important, la réfection et remise en route du Réseau-B, ce réseau de transport ferroviaire alternatif et secret qui couvrait une bonne partie du pays depuis les années 50, et qui désormais devait offrir une protection effective des structures de commandement et des lignes de communication en temps de guerre, en plus naturellement de permettre à l'armée et aux services secrets de mener leurs activités en toute sérénité.
Lorsque l'essentiel des afférants du briefing s'étaient dispersés, Vertorniek, en tant que patron de la Section 21 de la Sûreté, Gela Stend'ele, directeur de la division 3 de la Sûreté, celle des opérations extérieures sur le continent, Gustav Celadan, le vice-commandant suprême des forces armées, et Grove Sedorius, le conseiller "opérations spéciales" du président Saint-Luys; Leur bref conciliabule avait porté sur une action ciblée qui représentait une nécessité stratégique du moment, l'opération Crépuscule. Celle-ci comprenait de nombreux aspects, bien plus qu'il n'y paraissait. Pour l'instant, il s'agissait avant-tout de ce qu'ils avaient prévu au Cecopia. Le transport d'uranium que les services de renseignement avaient détecté allait bientôt avoir lieu, et ils avaient une équipe sur place, prête à intervenir. C'était prévu de longue date, et Vestorniek superviserait tout cela lui-même.
Il s'arrêta devant les ascenseurs. Le central était situé sous terre, à côté de la gare souterraine d'Akron du Réseau-B. Celle-ci était encore en activité; même pendant la période de fermeture du réseau; on avait gardé actif ce tronçon afin d'avoir un moyen de rapidement évacuer le gouvernement, du centre d'Akron vers une base militaire située en périphérie de la cité.
Une partie des afférants de la réunion se dirigeait par là, une autre remontait vers le rez-de-chaussée du bâtiment du ministère des forces armées. Subitement, il y eut une présence à droite de Vestorniek, qui tourna les yeux, et et remarqua la silhouette maîgre et tout en raideur de Gustav Cemadan.
-Général, fit Cemadan d'une voix sèche mais toutefois pas hostile, vous connaissez l'importance de l'opération Crépuscule. Le président Saint-Luys m'a téléphoné ce matin depuis Hellington; il m'a fait savoir que la mise à jour discrète des réseaux du nord-est est vitale à ses yeux. Vous savez que le Groupe mène également quelque chose dans ce domaine, et il va falloir ne pas se laisser couper l'herbe sous le pied.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit, et ils y pénétrèrent. Cemadan enfonça un bouton du niveau -1, Vestorniek du rez-de-chaussée.
-Je comprends, mon général, répondit sonegusement le responsable de la Sûreté, y a-t-il une menace qu'ils tentent quelque chose dans L'Baraku?
-Non, je ne crois pas, répondit le commandant-en-chef, mes informations me laissent croire qu'ils ont infiltré quelqu'un. Je ne sais pas si c'est dans votre équipe où parmi les gens du Milieu. J'ai demandé à ce qu'on vous envoie tout après cette réunion.
Il hocha la tête au moment où les portes commencèrent à s'ouvrir. un bref salut suivit, et Cemadan sortit avec son pas habituel, alerte et créant une aura d'empressement autour de lui. La cabine reprit sa route vers l'étage supérieur.
Vestorniek arriva dans l'immense hall du rez-de-chaussée, et le traversa, songeur. Il allait devait aviser.
<center>Kalibseia, Cecopia (F22)</center>
Lorsque la nuit tombait sur Kalibseia, la plus vieille ville du Cecopia, celle-ci s'éteignait. Les gens désertaient les rues, qui, à cause de l'absence de lampadaires actifs, restaient le plus souvent totalement noires. Seules quelques unes des places du centre ville étaient éclairées , à côté des postes où des miliciens loyalistes faisaient passer le temps en jouant aux cartes ou tout simplement en buvant tout en discutant de femmes, qui affalé sur une table dans sa guérite, qui derrière le volant de la vieille jeep pelabsienne des années 70 sans cesse rafistolée qui servait de véhicule de commandement. Une autre occupation consistait à chicaner les passants, jusqu'à ce qu'une poignée de dollars US ou de Kahler ravendeliens passent d'une main à l'autre.
Le port par contre était vide. Certains pêcheurs, trop pauvres pour autre chose, habitaient dans leurs barques misérables, et ronflaient fermement. Les bateaux de pêche à peu près fonctionnels étaient groupés d'un côté du port, au milieu d'un chaos impressionnante de câbles et de bidons d'essence.
Une colonne d'ombres se déplaçait au milieu de ce port. Cinq personnes se avançaient agilement, évitant les rouleaux de corde, les taches de mazout et les jambes des dormeurs, se dirigeant vers l'extrémité du quai flottant - un assemblage de fûts plus ou moins étanches et de passerelles attachées à des poteaux immergés. Chaque silhouette était lourdement chargée de gros sacs, et habillée en noir, avec jusqu'à une cagoule qui ne révélait qu'un petit espace entre les yeux. Ils ne communiquaient que par de brefs murmures ou par des signes, et aucune de leurs lampes n'étaient allumées.
Sans faire de bruit, ils descendirent dans le navire situé le plus loin, tout à l'extrémité du ponton. C'était un petit navire, doté à l'arrière de deux gros moteurs MMK ravendeliens, sans marquise, avec un profil très bas sur l'eau. Une grande bâche au dessus de l'espace arrière couvrait un tas non-identifiable de matériel. Une fois tout le monde dedans, on largua les amarres, et on quitta le port en utilisant les rames, jusqu'à ce qu'ils soient assez éloignés pour allumer un moteur, puis l'autre, sans se faire remarquer de façon notable.
L'équipe à bord retira alors les cagoules, et cinq visages apparurent, trois d'hommes et deux de femmes. On ne parla pas, très professionnellement, ils entreprirent de se préparer: quatre d'entre retirèrent la bâche, dévoilant des caisses qui s'avérèrent remplies de matériel de plongée - et d'armes. Il y avait un certain nombre de pistolets et deux fusil d'assauts, qui furent prestement rangés dans des housses isolantes. En plus, quatre arbalètes firent leur apparition; c"étaient des petits modèles, faisant la taille d'un grand avant-bras, avec deux extrémités qui se répliquaient, et entre lesquelles le câble se tendait une fois cela fait. Le système de détente plus une visée laser donnaient à l'objet un étrange air moderne.
Tandis que le bateau avançait de plus en plus vite au dessus d'une mer constellée de petits vagues molles, les quatre membres de l'équipe d'action commencèrent à se préparer. En un tour de main, ils se déshabillèrent et s'engoncèrent dans d'épaisses combinaisons en néoprène, avec des gants, des bottines et une cagoule, le tout totalement noir. Ils s'affairèrent ensuite à préparer leur équipement, notamment: des recycleurs d'oxygènes, dispositifs complexes fait pour offrir une alimentation en oxygène longue durée et n'émettant pas de bulles. En plus de cela, il y avait des détendeurs adéquats, des masques en matière synthétique moulante couvrant tout le visage, avec un communicateur intégré, des ordinateurs de navigation, couteaux, lampes amphibies, câbles à grappins, des propulseurs sous-marins, des grenades de gaz incapacitant et une ribambelles d'autres instruments et outils. La cinquième personne avait entamé le démontage de l'îlot principal du bateau, afin de rendre son profil le plus bas possible.
Après une demi-heure à ce rythme, tout était prêt. Harnachée dans de multiples couches de néoprène et d'autres matériaux, le basque remonté sur le sommet de sa tête, Zoé se sentait à la fois ridicule et étonné, ahurie par cette situation. Les semaines de stage et de préparation avaient porté leurs fruits; outre qu'elle était désormais à peu près au niveau (des plus mauvais) parmi les soldats du COMS, le commando des opérations marines spéciales, elle avait également bien tenu son rôle. On l'avait présentée comme une assistante d'un des archéologues de l'université Callinicus, dont la mission d'examination des épaves de plusieurs navires simeioniens du XVIIème siècle qui étaient présentes au large de la région au nord-est du Cecopia, qui avait été pendant des siècles un territoire du Simeionion, l'Etat helladien occupant la moitié est de l'actuel Ravendel, et d'importants tronçons de territoire des pays voisins. Etant donné qu'après trois jours de descentes sur l'épave du Hagios Stefanos, un transporteur chargé de porcelaine raksasane de l'époque, les autorités cecopiennes avaient trouvé quelque chose à redire sur les autorisations du groupe, et interdit les plongées sur le site, ce qui avait tombé à pic pour leur petit commando. Pendant que le reste de l'équipe faisait soit du tourisme (même si la quasi-guerre civile qui régnait au Cecopia rendait la chose difficile) soit restaient oisivement dans leur hôtel miteux. Eux faisaient quelque chose de plus constructif de leur temps libre: ils exécutaient les instructions du Permier Cercle militaire - le haut-commandement du Ravendel.
Leur bateau s'immobilisa totalement. C'était une nuit très sombre - la lune était quasiment invisible. Toutefois, au loin, on voyait un autre navire, avec quelques lumières. Il était à l'arrêt.
-Une heure sept, début de l'opération, déclara l'homme qui avait démonté l'îlot central, je confirme au sommet dès que vous êtes en bas. Bon courage!
Tous murmurèrent un "merci" ou "pareil", et placèrent les masques sur leurs visages, assurant soigneusement la jonction entre le masque et la cagoule, afin qu'il n'y ait pas un centimètre de peau directement exposé à l'eau. Le courant marin dit "de Storos" qui parcourait la côte est du Ravendel et du Cecopia n'était pas proprement dit chaud, et déjà qu'ils ne portaient pas la combinaison étanche mais juste semi-étanche, il allaient devoir supporter l'eau glacée. Mais on s'y habituait; pour Zoé, c'était devenu presque monnaie courante.
Un des commandos (un vrai lui, pas un agent de la Sûreté "recyclé"), Laurens Griscius, descendit le premier dans l'eau, sans totalement se laisser tomber mais sans non plus y aller avec une lenteur de grand-mère. Verry, le supérieur de Zoé suivit. Sans broncher, elle sauta aussi, et entendit ensuite le deuxième commando se glisser dans la mer. Après un dernier signe à l'homme sur le bateau, ils entreprirent la descente.
Au bout d'une dizaine de mètres, ils activèrent leurs lampes et leurs tubes fluorescents, s'orientèrent avec les boussoles en direction de l'autre navire, et partirent en utilisant leurs propulseurs. Ces derniers n'étaient qu'une puisse hélice montée dans un module avec un moteur électrique, qui permettaient de se déplacer rapidement sous l'eau.
Ils n'échangèrent pas de parole pendant l'approche. Le plan était clairement défini depuis l'interminable briefing à Saint-Siméion, juste avant leur départ: approche du cargo battant pavillon les Îles-Unies soupçonné de transporter la marchandise, montée à bord de l'équipe, déploiement dans les soutes afin de trouver des traces ou des papiers, prise de photos précises, puis repli. Car il fallait avoir un prétexte clair pour arraisonner un cargo de la sorte dans les eaux internationales - ou alors une parfaite chance de réussir. Les grands patrons avaient donc besoin d'être certains de ce qu'ils faisaient, d'où la présence du commando. Car la seule option était d'arraisonner le cargo; on savait qu'il attendait l'arrivée d'un homme de l'organisation "d'import", puis qu'il irait jusqu'au port de Sarlomion. Et la cargaison se perdrait quelque part dans la nature, et les chances qu'on la suive jusqu'entre les mains de l'organisation, au Ravendel, étaient minces.
Sur leurs ordinateurs de plongée, un indicateur s'illumina, affirmant qu'ils étaient presque tout le cargo à l'arrêt. Doucement ils entamèrent la montée, éteignant leurs lumières lorsqu'arrivés à quelques mètres de la surface. Là les reflets des quelques projecteurs du cargo illuminaient suffisamment pour voir où aller.
Ce dernier était assez petit - selon les standards internationaux. Une centaine de mètres tout au plus, une bonne partie passablement défraichie, avec des taches de rouille. L'ilot se situait à l'arrière, et la seule lumière de ses fenêtres était celle de sa passerelle. Le reste du pont était plongé dans les ténèbres; la lumière des rares projecteurs était efficacement rendue inutile à cause de l'enchevêtrement de containers
Ils avaient étudié les plans que la Sûreté avait réussi à leur procurer, et repéré un endroit où une échelle de sécurité s'approchait du niveau de l'eau. Ils s'approchèrent, et là, Laurens et Verry sortirent deux grappins, qui, après un petit élan, allèrent se fixer aux échelons inférieurs de l'échelle, pendant que Zoé et l'autre commando - il se nommait Veder, Veder Gon'gorda - préparaient leurs arbalètes. Les armes à feu n'étaient là que pour le cas d'urgence - par contre, les arbalètes, ne faisant presque pas de bruit et ne nécessitant pas l'encombrante housse, étaient idéales pour cette mission.
En quelques instants ils furent en haut, rapidement rejoints par les deux autres, et sécurisèrent rapidement l'endroit. C'était une petite section légèrement surélevée non-loin de la proue, accessible par un étroit escalier et où ils purent facilement dissimuler leur attirail. Se contenant de garde leurs masques sur les visages (pour le communicateur), ils y laissèrent bloc recycleur d'air, palmes, propulseur et le plus lourd. Ensuite, ils se divisèrent en groupes de deux, gardant le contact, avec chacun un plan: Laurens et Zoé d'une part, Veder et Verry de l'autre.
Ils savaient quels étaient les containers qu'ils devaient examiner. Maintenant, restait plus qu'à les trouver - et vite.
Opération Crépuscule</center>
[HRP]Ceci est un RP collectif entre Yuwen (Kaiyuan) et moi (... Ravendel). Nous sommes cependant éventuellement ouverts à d'autres, mais nous avons déjà une certaine feuille de route. Fin', tout se discute, mais a priori c'est bouclé.
Pour voir les prémisses, ils sont:
Au Ravendel: [url=http://www.simpolitique.com/post127434.html#127434]ici[/url], [url=http://www.simpolitique.com/post127686.html#127686]ici[/url], [url=http://www.simpolitique.com/post130176.html#130176]ici[/url] et [url=http://www.simpolitique.com/post132230.html#132230]ici[/url] (mon RP interne)
Et [url=http://www.simpolitique.com/post128855.html#128855]ici[/url] (archéologie sous-marine) et [url=http://www.simpolitique.com/post128371.html#128371]ici[/url] (la frontière ravendelo-cecopienne [F23/F22] (dans mes médias ceux-ci)
Au Kaiyuan: [url=http://www.simpolitique.com/post127983.html#127983]ici[/url](RP interne de Yuwen)
[HRP]
<center>Central Opérationnel - Forces armées du Ravendel, souterrain du ministère de la défense, Akron, Ravendel</center>
Jan Verstorniek venait de sortir de la salle stratégique principale du ministère des armées. Un briefing général avec les chefs des services et des armes venait d'avoir lieu. Il y avait pas mal de choses à discuter, avec un certain nombre de grandes guerres en cours dans le monde, mais aussi de la modernisation d'une partie du matériel militaire, et, le plus important, la réfection et remise en route du Réseau-B, ce réseau de transport ferroviaire alternatif et secret qui couvrait une bonne partie du pays depuis les années 50, et qui désormais devait offrir une protection effective des structures de commandement et des lignes de communication en temps de guerre, en plus naturellement de permettre à l'armée et aux services secrets de mener leurs activités en toute sérénité.
Lorsque l'essentiel des afférants du briefing s'étaient dispersés, Vertorniek, en tant que patron de la Section 21 de la Sûreté, Gela Stend'ele, directeur de la division 3 de la Sûreté, celle des opérations extérieures sur le continent, Gustav Celadan, le vice-commandant suprême des forces armées, et Grove Sedorius, le conseiller "opérations spéciales" du président Saint-Luys; Leur bref conciliabule avait porté sur une action ciblée qui représentait une nécessité stratégique du moment, l'opération Crépuscule. Celle-ci comprenait de nombreux aspects, bien plus qu'il n'y paraissait. Pour l'instant, il s'agissait avant-tout de ce qu'ils avaient prévu au Cecopia. Le transport d'uranium que les services de renseignement avaient détecté allait bientôt avoir lieu, et ils avaient une équipe sur place, prête à intervenir. C'était prévu de longue date, et Vestorniek superviserait tout cela lui-même.
Il s'arrêta devant les ascenseurs. Le central était situé sous terre, à côté de la gare souterraine d'Akron du Réseau-B. Celle-ci était encore en activité; même pendant la période de fermeture du réseau; on avait gardé actif ce tronçon afin d'avoir un moyen de rapidement évacuer le gouvernement, du centre d'Akron vers une base militaire située en périphérie de la cité.
Une partie des afférants de la réunion se dirigeait par là, une autre remontait vers le rez-de-chaussée du bâtiment du ministère des forces armées. Subitement, il y eut une présence à droite de Vestorniek, qui tourna les yeux, et et remarqua la silhouette maîgre et tout en raideur de Gustav Cemadan.
-Général, fit Cemadan d'une voix sèche mais toutefois pas hostile, vous connaissez l'importance de l'opération Crépuscule. Le président Saint-Luys m'a téléphoné ce matin depuis Hellington; il m'a fait savoir que la mise à jour discrète des réseaux du nord-est est vitale à ses yeux. Vous savez que le Groupe mène également quelque chose dans ce domaine, et il va falloir ne pas se laisser couper l'herbe sous le pied.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit, et ils y pénétrèrent. Cemadan enfonça un bouton du niveau -1, Vestorniek du rez-de-chaussée.
-Je comprends, mon général, répondit sonegusement le responsable de la Sûreté, y a-t-il une menace qu'ils tentent quelque chose dans L'Baraku?
-Non, je ne crois pas, répondit le commandant-en-chef, mes informations me laissent croire qu'ils ont infiltré quelqu'un. Je ne sais pas si c'est dans votre équipe où parmi les gens du Milieu. J'ai demandé à ce qu'on vous envoie tout après cette réunion.
Il hocha la tête au moment où les portes commencèrent à s'ouvrir. un bref salut suivit, et Cemadan sortit avec son pas habituel, alerte et créant une aura d'empressement autour de lui. La cabine reprit sa route vers l'étage supérieur.
Vestorniek arriva dans l'immense hall du rez-de-chaussée, et le traversa, songeur. Il allait devait aviser.
<center>Kalibseia, Cecopia (F22)</center>
Lorsque la nuit tombait sur Kalibseia, la plus vieille ville du Cecopia, celle-ci s'éteignait. Les gens désertaient les rues, qui, à cause de l'absence de lampadaires actifs, restaient le plus souvent totalement noires. Seules quelques unes des places du centre ville étaient éclairées , à côté des postes où des miliciens loyalistes faisaient passer le temps en jouant aux cartes ou tout simplement en buvant tout en discutant de femmes, qui affalé sur une table dans sa guérite, qui derrière le volant de la vieille jeep pelabsienne des années 70 sans cesse rafistolée qui servait de véhicule de commandement. Une autre occupation consistait à chicaner les passants, jusqu'à ce qu'une poignée de dollars US ou de Kahler ravendeliens passent d'une main à l'autre.
Le port par contre était vide. Certains pêcheurs, trop pauvres pour autre chose, habitaient dans leurs barques misérables, et ronflaient fermement. Les bateaux de pêche à peu près fonctionnels étaient groupés d'un côté du port, au milieu d'un chaos impressionnante de câbles et de bidons d'essence.
Une colonne d'ombres se déplaçait au milieu de ce port. Cinq personnes se avançaient agilement, évitant les rouleaux de corde, les taches de mazout et les jambes des dormeurs, se dirigeant vers l'extrémité du quai flottant - un assemblage de fûts plus ou moins étanches et de passerelles attachées à des poteaux immergés. Chaque silhouette était lourdement chargée de gros sacs, et habillée en noir, avec jusqu'à une cagoule qui ne révélait qu'un petit espace entre les yeux. Ils ne communiquaient que par de brefs murmures ou par des signes, et aucune de leurs lampes n'étaient allumées.
Sans faire de bruit, ils descendirent dans le navire situé le plus loin, tout à l'extrémité du ponton. C'était un petit navire, doté à l'arrière de deux gros moteurs MMK ravendeliens, sans marquise, avec un profil très bas sur l'eau. Une grande bâche au dessus de l'espace arrière couvrait un tas non-identifiable de matériel. Une fois tout le monde dedans, on largua les amarres, et on quitta le port en utilisant les rames, jusqu'à ce qu'ils soient assez éloignés pour allumer un moteur, puis l'autre, sans se faire remarquer de façon notable.
L'équipe à bord retira alors les cagoules, et cinq visages apparurent, trois d'hommes et deux de femmes. On ne parla pas, très professionnellement, ils entreprirent de se préparer: quatre d'entre retirèrent la bâche, dévoilant des caisses qui s'avérèrent remplies de matériel de plongée - et d'armes. Il y avait un certain nombre de pistolets et deux fusil d'assauts, qui furent prestement rangés dans des housses isolantes. En plus, quatre arbalètes firent leur apparition; c"étaient des petits modèles, faisant la taille d'un grand avant-bras, avec deux extrémités qui se répliquaient, et entre lesquelles le câble se tendait une fois cela fait. Le système de détente plus une visée laser donnaient à l'objet un étrange air moderne.
Tandis que le bateau avançait de plus en plus vite au dessus d'une mer constellée de petits vagues molles, les quatre membres de l'équipe d'action commencèrent à se préparer. En un tour de main, ils se déshabillèrent et s'engoncèrent dans d'épaisses combinaisons en néoprène, avec des gants, des bottines et une cagoule, le tout totalement noir. Ils s'affairèrent ensuite à préparer leur équipement, notamment: des recycleurs d'oxygènes, dispositifs complexes fait pour offrir une alimentation en oxygène longue durée et n'émettant pas de bulles. En plus de cela, il y avait des détendeurs adéquats, des masques en matière synthétique moulante couvrant tout le visage, avec un communicateur intégré, des ordinateurs de navigation, couteaux, lampes amphibies, câbles à grappins, des propulseurs sous-marins, des grenades de gaz incapacitant et une ribambelles d'autres instruments et outils. La cinquième personne avait entamé le démontage de l'îlot principal du bateau, afin de rendre son profil le plus bas possible.
Après une demi-heure à ce rythme, tout était prêt. Harnachée dans de multiples couches de néoprène et d'autres matériaux, le basque remonté sur le sommet de sa tête, Zoé se sentait à la fois ridicule et étonné, ahurie par cette situation. Les semaines de stage et de préparation avaient porté leurs fruits; outre qu'elle était désormais à peu près au niveau (des plus mauvais) parmi les soldats du COMS, le commando des opérations marines spéciales, elle avait également bien tenu son rôle. On l'avait présentée comme une assistante d'un des archéologues de l'université Callinicus, dont la mission d'examination des épaves de plusieurs navires simeioniens du XVIIème siècle qui étaient présentes au large de la région au nord-est du Cecopia, qui avait été pendant des siècles un territoire du Simeionion, l'Etat helladien occupant la moitié est de l'actuel Ravendel, et d'importants tronçons de territoire des pays voisins. Etant donné qu'après trois jours de descentes sur l'épave du Hagios Stefanos, un transporteur chargé de porcelaine raksasane de l'époque, les autorités cecopiennes avaient trouvé quelque chose à redire sur les autorisations du groupe, et interdit les plongées sur le site, ce qui avait tombé à pic pour leur petit commando. Pendant que le reste de l'équipe faisait soit du tourisme (même si la quasi-guerre civile qui régnait au Cecopia rendait la chose difficile) soit restaient oisivement dans leur hôtel miteux. Eux faisaient quelque chose de plus constructif de leur temps libre: ils exécutaient les instructions du Permier Cercle militaire - le haut-commandement du Ravendel.
Leur bateau s'immobilisa totalement. C'était une nuit très sombre - la lune était quasiment invisible. Toutefois, au loin, on voyait un autre navire, avec quelques lumières. Il était à l'arrêt.
-Une heure sept, début de l'opération, déclara l'homme qui avait démonté l'îlot central, je confirme au sommet dès que vous êtes en bas. Bon courage!
Tous murmurèrent un "merci" ou "pareil", et placèrent les masques sur leurs visages, assurant soigneusement la jonction entre le masque et la cagoule, afin qu'il n'y ait pas un centimètre de peau directement exposé à l'eau. Le courant marin dit "de Storos" qui parcourait la côte est du Ravendel et du Cecopia n'était pas proprement dit chaud, et déjà qu'ils ne portaient pas la combinaison étanche mais juste semi-étanche, il allaient devoir supporter l'eau glacée. Mais on s'y habituait; pour Zoé, c'était devenu presque monnaie courante.
Un des commandos (un vrai lui, pas un agent de la Sûreté "recyclé"), Laurens Griscius, descendit le premier dans l'eau, sans totalement se laisser tomber mais sans non plus y aller avec une lenteur de grand-mère. Verry, le supérieur de Zoé suivit. Sans broncher, elle sauta aussi, et entendit ensuite le deuxième commando se glisser dans la mer. Après un dernier signe à l'homme sur le bateau, ils entreprirent la descente.
Au bout d'une dizaine de mètres, ils activèrent leurs lampes et leurs tubes fluorescents, s'orientèrent avec les boussoles en direction de l'autre navire, et partirent en utilisant leurs propulseurs. Ces derniers n'étaient qu'une puisse hélice montée dans un module avec un moteur électrique, qui permettaient de se déplacer rapidement sous l'eau.
Ils n'échangèrent pas de parole pendant l'approche. Le plan était clairement défini depuis l'interminable briefing à Saint-Siméion, juste avant leur départ: approche du cargo battant pavillon les Îles-Unies soupçonné de transporter la marchandise, montée à bord de l'équipe, déploiement dans les soutes afin de trouver des traces ou des papiers, prise de photos précises, puis repli. Car il fallait avoir un prétexte clair pour arraisonner un cargo de la sorte dans les eaux internationales - ou alors une parfaite chance de réussir. Les grands patrons avaient donc besoin d'être certains de ce qu'ils faisaient, d'où la présence du commando. Car la seule option était d'arraisonner le cargo; on savait qu'il attendait l'arrivée d'un homme de l'organisation "d'import", puis qu'il irait jusqu'au port de Sarlomion. Et la cargaison se perdrait quelque part dans la nature, et les chances qu'on la suive jusqu'entre les mains de l'organisation, au Ravendel, étaient minces.
Sur leurs ordinateurs de plongée, un indicateur s'illumina, affirmant qu'ils étaient presque tout le cargo à l'arrêt. Doucement ils entamèrent la montée, éteignant leurs lumières lorsqu'arrivés à quelques mètres de la surface. Là les reflets des quelques projecteurs du cargo illuminaient suffisamment pour voir où aller.
Ce dernier était assez petit - selon les standards internationaux. Une centaine de mètres tout au plus, une bonne partie passablement défraichie, avec des taches de rouille. L'ilot se situait à l'arrière, et la seule lumière de ses fenêtres était celle de sa passerelle. Le reste du pont était plongé dans les ténèbres; la lumière des rares projecteurs était efficacement rendue inutile à cause de l'enchevêtrement de containers
Ils avaient étudié les plans que la Sûreté avait réussi à leur procurer, et repéré un endroit où une échelle de sécurité s'approchait du niveau de l'eau. Ils s'approchèrent, et là, Laurens et Verry sortirent deux grappins, qui, après un petit élan, allèrent se fixer aux échelons inférieurs de l'échelle, pendant que Zoé et l'autre commando - il se nommait Veder, Veder Gon'gorda - préparaient leurs arbalètes. Les armes à feu n'étaient là que pour le cas d'urgence - par contre, les arbalètes, ne faisant presque pas de bruit et ne nécessitant pas l'encombrante housse, étaient idéales pour cette mission.
En quelques instants ils furent en haut, rapidement rejoints par les deux autres, et sécurisèrent rapidement l'endroit. C'était une petite section légèrement surélevée non-loin de la proue, accessible par un étroit escalier et où ils purent facilement dissimuler leur attirail. Se contenant de garde leurs masques sur les visages (pour le communicateur), ils y laissèrent bloc recycleur d'air, palmes, propulseur et le plus lourd. Ensuite, ils se divisèrent en groupes de deux, gardant le contact, avec chacun un plan: Laurens et Zoé d'une part, Veder et Verry de l'autre.
Ils savaient quels étaient les containers qu'ils devaient examiner. Maintenant, restait plus qu'à les trouver - et vite.