Posté : ven. sept. 24, 2010 6:27 pm
La délégation kirepienne s'était levée de bon matin, le jeu en valait la chandelle. Aujourd'hui, les camarades devaient rencontrer les autorités des îles de Sand. Deux peuples, une nation, c'est de l'impérialisme. Deux nations, un peuple, c'est le Kirep, se répétait Gak, encore et toujours, obstiné dans sa quête de l'unification des deux pays. L'objectif de la rencontre, il n'était on ne peut plus simple : les dirigeants sandois devaient être convaincus qu'une unification était la seule, unique, inaliénable, inaltérable et incontournable solution actuelle pour le peuple yougoslave. Les tentatives "d'unification" dans le monde ne manquait pas, toutes maquillées de néo-colonialisme, d'impérialisme. Les états puissants ne cessaient d'imposer aux états faibles leur vision des choses. Ils parlaient d'unification devant leurs voisins, mais face à leur subalterne, parlait de soumission immédiate. Rien n'était plus cohérent, les anciennes métropoles annexaient désormais leurs anciennes colonies, les grands mangeaient les petits, sans gloire et sans vergogne.
Au milieu de tout cela, le cas Kirep-Sand faisait figure d'exception : le fait qu'un peuple, qui au cours de son existence n'aura jamais subi aucune division culturelle, linguistique, historique, demeure divisé est un fait fâchant, triste et désolant. Il n'y a pas un peuple kirepien, un peuple sandois, il y a un peuple yougoslave, un kirep continental, un kirep insulaire, mais pas deux peuples. Deux nations, toutes deux fictives et bringuebalantes. L'une allait humblement tendre la main à l'autre, dans un espoir que les bureaucrates laisseraient, une fois n'est pas coutume, la priorité aux peuples, et mettraient leurs soucis administratifs de côté.
Gak arrivait, accompagné de spécialistes de l'histoire du Kirep et des îles de Sand, de linguistes renommés, du ministre Serapion, de Boris Novak, le chef du gouvernement. Il fallait montrer aux frères slaves du sud que le Kirep souhaitait par tous ses moyens une union, fraternelle et splendide, égalitaire et réciproque.
Mais nul dans la délégation kirepienne ne se faisait ni d'a priori, ni d'idée reçue : ils n'étaient pas en terrain conquis. Il fallait des offres concrètes, des offres véritables, qui offriraient au peuple des bénéfices, des gains, des acquis, des bonus, qui le pousserait à suivre l'unification. Il fallait aussi concrètement offrir des propositions plausibles aux délégués sandois. Les malettes étaient remplies de dossiers, pleines à craquer, des plans, des notes, des schémas, des feuilles de compte, des projets de construction, d'accords économiques. Chacun avait mille idées en tête, chacun voyait déjà de l'autre côté de la mer s'agiter tout un peuple afin de retrouver son frère continental, bondir des gratte-ciel, ils voyaient déjà le pharamineux idéal d'un pont reliant Kirep et Sand, continent et îles, unifiant le peuple yougoslave.
Au milieu de cette effeverscence intellectuelle, Gak n'avait lui pas d'étoiles plein la tête. Il reformulait une enième fois son discours, filé au mot près, qui ne devait laisser aucune ouverture aux contestations. Tout était prévu. C'était comme si l'union était déjà faite. Rien ne l'empêchait. Il fallait la concrétiser, jouer avec la rhétorique, user du charisme politique, de la rigueur géostratégique et de la ferveur révolutionnaire. De la verve, la tête froide, les propositions en mains, et tout fonctionnerait comme une démonstrations mathématique.
Il fallait garder en tête l'ordre des thèmes. La cohésion culturelle des pays. La similitude ethnique, linguistique, historique. Un peuple, deux pays. Les accords économiques. La rédaction d'une constitution. L'aide du Kirep aux Sand. Une aide énorme. Et enfin, l'unification nationale. Les projets concrets, les propositions au gouvernement, les besoins du Kirep. Ainsi, aucun argument ne pourrait pénétrer cette démonstration.
Et l'équilibre géostratégique de la région. Rien n'était moins sûr. Dans la région du golfe palorzien, les rostovs, savoisiens, callandiens, tripicanis, lochlannais, pelabssiens, agitaient leurs drapeaux, torpillaient leurs navires, fendaient les cieux. Tout cela faisait peur. La peur, c'est le principal outil de conviction. Les îles de Sand sont au coeur d'une nébuleuse géopolitique, d'un jeu aléatoire ou les décisions de quelques puissants influent sur le mode de consommation de millions d'insulaires. On ne s'en doute pas, mais le blocus du Callanda, du Savoia ou du Tripi ferait, par l'importance du commerce maritime transitant par le golfe palorzien, ferait se priver d'approvisionnement extérieur des millions de sandois.
L'avion arrivait en direction de la piste d'atterrissage de la capitale des îles de Sand. On voyait une cinquantaine de personnes amassées, préparées à la rencontre, qui attendait, en trépignant, sur le tarmacadam de l'aéroport. Le drapeau des îles de Sand flottait au vent, hissé au sommet du bâtiment principal de l'aéroport. Hissés spécialement pour l'occasion, le drapeau kirepien et les couleurs panslaves (bandes horizontales bleue, blanche et rouge), se situaient environ 15m en aval. La délégation kirepienne, une fois descendue, se précipita presque en direction des dirigeants des îles de Sand. Les îles de Sand étant une fédération, les personnes rassemblées étaient les principaux dignitaires des différentes républiques autonomes.
Le ministre Serapion en avait la larme à l'oeil, Gak non. Les couleurs panslaves flottaient encore dans ce pays. Scène émouvante, certes, si seulement les révolutionnaires savaient s'émouvoir
Tous les diplomates, spécialistes, historiens, politiciens, furent emmenés au moyen d'un très long chargement de voitures de fonction dans une salle de réunion. Là, Vliduj Gak monta sur une petite estrade ou était placée un support pour dossiers. Il sortir deux feuilles ou étaient griffonées quantité de choses, de notations, d'informations, d'anecdotes. Après que le silence se sembla fait dans la salle, un bref toussotement, et le chef d'état prit la parole, d'une voix teintée de lucidité, de froideur et de raison :
[img]http://a10.idata.over-blog.com/300x193/0/19/69/68/Enver_Hoxha.jpg[/img]
Vliduj Gak : "Camarades, frères, amis slaves, amis du Sud,
Je ne souhaite pas tergiverser, tourner autour du pot, alors que chacun sait ce pourquoi nous sommes présents, ce pourquoi vous êtes tous présents.
Aujourd'hui, je viens porter devant vous ce que nous, vous, votre peuple, notre peuple, le peuple qui se partage entre nos deux états, attendent depuis des années, des décennies, qui paraissent des siècles, des millénaires. Aujourd'hui, je viens vous proposer l'unification de nos états, la fin de la division absurde Kiro-sandoise, et la renaissance de la patrie yougoslave.
Ceci est notre objectif, notre unique objectif, nous n'avons que cela à l'esprit. Une unification, pourquoi ?
Tout nous lie. Passons en revue les différents points qui méritent notre attention commune.
Le futur état est obligatoire, par d'abord une logique historique. Nous avons été, nous serons, unis comme un seul état, un empire, royaume, fédération, une république, qu'importe les régimes, nous fûmes unis. Le temps a prouvé que les divisions font partie de cette histoire de nos pays, mais la division doit toujours paraître temporaire.
Nos pays partagent la même culture, la même langue. Et nous sommes tous d'accord, que l'unité linguistique et culturelle est la première, et souvent la plus importante condition de la constitution d'un état unique. Combien d'empires, de régimes se sont effondrés car les différentes peuplades le composant ne s'entendaient pas ? Car des intérêts divergents le déchirait ? Colonialisme, impérialisme, invasions, soumissions, unions entre peuples trop différents, brader sa liberté contre sa sécurité. Ces termes sont inséparables de la longue histoire des peuples, dans le monde entier. Ces pays sont voués à l'échec. Or, ce que je viens vous offrir n'est rien de cela. Nous formons un peuple. Nous utilisons les mêmes syncrétismes linguistiques. Contrairement à certaines unions qui se forment actuellement, aucun des deux pays n'a jamais colonisé l'autre. Nous proposons juste, simplement, la recréation de ce grand pays, de cette puissance des slaves du sud, qui s'unirent bien des fois, car ils ne sont qu'un peuple, car rien ne s'y oppose. Il faut reformer le Grand Kirep, celui qui nous trouva ensemble. C'est à vous, désormais, de voir si vous souhaitez être avec nous la plus grande puissance de toute la partie nord de l'océan barebjalien, ou si vous souhaitez rester isolés de nous, ce qui ne sera profitable à absolument personne.
Maintenant, vous avez votre avis. Mais me direz vous, une unification, comment ?
Vous êtes, je suis, nous sommes tous ici, des dirigeants, des politiciens, qui connaissons toutes les ficelles de l'administration, et chacun de nous sait qu'on impose pas la fusion de deux entités étatiques ne peut se faire d'un claquement de doigts, sur un coup de tête. Ce fut la plus grande erreur de tous les impérialistes, pseudo-unificateurs. Créer un mythe, le maintenir, l'exploiter, mais rien n'aura changé pour le peuple, pour le pays, pour personne.
Afin de vous prouver vraiment que nous sommes totalement désinteressés, nous avons décidé de vous exposer nos différents projets, propositions et offres dans l'optique de l'unification des slaves du sud.
D'abord, abordons le volet politique et administratif, pour continuer par le volet économique et finir par le volet militaire.
Deux pays tels que les nôtres, aussi proches soient-ils culturellement, historiquement, en ayant les moyens de son unification, se doit de s'en donner les possibilités. Cela passera d'abord par la rédaction d'une constitution posant les bases de la politique du nouvel état, de son fonctionnement. Nos spécialistes ont élaboré depuis plusieurs semaines ce texte, en se basant uniquement sur la constitution du Kirep continental, et sur celle des îles de Sand. Nous souhaiterions établir une seule assemblée législative, qui déciderait des lois du futur état. La législation actuellement en vigueur chez vous ne serait pas remise en cause, car un trop grand chamboulement entraînerait un mécontentement de la population, que nous ne souhaitons pas. Ainsi, au bout d'un certain temps, sans doute assez court, nous aurons des lois communes, une constitution commune, et l'état aura ainsi posé ses premières fondations.
D'un point de vue économique maintenant. Nous allons vous montrer désormais que nos propositions sont entièrement désinteréssées. Votre sous-sol est riche en gaz. Ce que nous offrons est simple : grâce à nos soutiens étrangers, nos capacités actuelles, nous sommes prêts à faire tout notre possible pour vous aider à l'exploiter. Mais nous ne vous pillerons pas. Je vous donne alors la garantie absolue que le gaz que vous collecterez sera utilisé exclusivement pour l'alimentation énergétique des îles de sand. Le Kirep possède de nombreux partenaires gaziers et ne souhaite pas se servir de vous pour s'alimenter.
Nous débloquerons une très importante somme d'argent afin de construire des infrastructures, des bâtiments publics, de rénover vos réseaux de transport.
Et le meilleur arrive, mes frères : nous vous offrirons, entendez bien, gratuitement, de quoi nourrir 6 000 000 des vôtres. Cette offre est inédite, et nul ne pourra faire autant. Votre agriculture est déficiente, une partie de votre population est mal-nourrie ou sous-nourrie. Nos techniques d'agriculture vous seront offertes via une réforme agraire commune.
Maintenant, le point de vue militaire. La puissance que nous, slaves du sud, peuples barebjaliens, devons constituer, se doit d'être militaire. L'armée kirepienne et l'armée des îles de Sand doivent en cela être totalement unies. Ce point est primordial. L'armée kirepienne est de loin la plus forte, mais rien ne nous mettra en position de force. L'état major devra alors être uni, les armées de même. Alors, enfin, quand tous ces points seront accomplis, militaires, économiques et politiques, si vous le voulez, nous serons une puissance incontestable, nous aurons reconstitué l'état que nous souhaitons tous. Nous sommes un peuple, uni, bien que deux pays se le partagent. Nous souhaitons tous deux que cette anomalie prenne fin. Faisons renaître cette grande civilisation, et soyons un modèle pour le monde entier, les peuples opprimés, les oppresseurs, chacun nous craindra et nous admirera.
Ce grand état, nous le voyons par ailleurs comme une union totale et non partielle. Ce n'est pas une annexion, aucun impérialisme. Nous sommes dépendants de vous, de votre décision. Vous êtes dépendants de nous, de nos offres. Sachez enfin que nul autre pays, quel qu'il soit, ne vous donnera plus que nous, car rien ne nous tient plus à coeur que cette union. Nous sommes votre superpuissance, vous êtes notre superpuissance.
La parole est à vous, la balle est dans votre camp, nul besoin de se traduire, nous parlons la même langue, utilisons les mêmes termes pour désigner ce projet : le Velike Zemlje, le grand pays.
J'attend vos remarques, vos propositions. "
Au milieu de tout cela, le cas Kirep-Sand faisait figure d'exception : le fait qu'un peuple, qui au cours de son existence n'aura jamais subi aucune division culturelle, linguistique, historique, demeure divisé est un fait fâchant, triste et désolant. Il n'y a pas un peuple kirepien, un peuple sandois, il y a un peuple yougoslave, un kirep continental, un kirep insulaire, mais pas deux peuples. Deux nations, toutes deux fictives et bringuebalantes. L'une allait humblement tendre la main à l'autre, dans un espoir que les bureaucrates laisseraient, une fois n'est pas coutume, la priorité aux peuples, et mettraient leurs soucis administratifs de côté.
Gak arrivait, accompagné de spécialistes de l'histoire du Kirep et des îles de Sand, de linguistes renommés, du ministre Serapion, de Boris Novak, le chef du gouvernement. Il fallait montrer aux frères slaves du sud que le Kirep souhaitait par tous ses moyens une union, fraternelle et splendide, égalitaire et réciproque.
Mais nul dans la délégation kirepienne ne se faisait ni d'a priori, ni d'idée reçue : ils n'étaient pas en terrain conquis. Il fallait des offres concrètes, des offres véritables, qui offriraient au peuple des bénéfices, des gains, des acquis, des bonus, qui le pousserait à suivre l'unification. Il fallait aussi concrètement offrir des propositions plausibles aux délégués sandois. Les malettes étaient remplies de dossiers, pleines à craquer, des plans, des notes, des schémas, des feuilles de compte, des projets de construction, d'accords économiques. Chacun avait mille idées en tête, chacun voyait déjà de l'autre côté de la mer s'agiter tout un peuple afin de retrouver son frère continental, bondir des gratte-ciel, ils voyaient déjà le pharamineux idéal d'un pont reliant Kirep et Sand, continent et îles, unifiant le peuple yougoslave.
Au milieu de cette effeverscence intellectuelle, Gak n'avait lui pas d'étoiles plein la tête. Il reformulait une enième fois son discours, filé au mot près, qui ne devait laisser aucune ouverture aux contestations. Tout était prévu. C'était comme si l'union était déjà faite. Rien ne l'empêchait. Il fallait la concrétiser, jouer avec la rhétorique, user du charisme politique, de la rigueur géostratégique et de la ferveur révolutionnaire. De la verve, la tête froide, les propositions en mains, et tout fonctionnerait comme une démonstrations mathématique.
Il fallait garder en tête l'ordre des thèmes. La cohésion culturelle des pays. La similitude ethnique, linguistique, historique. Un peuple, deux pays. Les accords économiques. La rédaction d'une constitution. L'aide du Kirep aux Sand. Une aide énorme. Et enfin, l'unification nationale. Les projets concrets, les propositions au gouvernement, les besoins du Kirep. Ainsi, aucun argument ne pourrait pénétrer cette démonstration.
Et l'équilibre géostratégique de la région. Rien n'était moins sûr. Dans la région du golfe palorzien, les rostovs, savoisiens, callandiens, tripicanis, lochlannais, pelabssiens, agitaient leurs drapeaux, torpillaient leurs navires, fendaient les cieux. Tout cela faisait peur. La peur, c'est le principal outil de conviction. Les îles de Sand sont au coeur d'une nébuleuse géopolitique, d'un jeu aléatoire ou les décisions de quelques puissants influent sur le mode de consommation de millions d'insulaires. On ne s'en doute pas, mais le blocus du Callanda, du Savoia ou du Tripi ferait, par l'importance du commerce maritime transitant par le golfe palorzien, ferait se priver d'approvisionnement extérieur des millions de sandois.
L'avion arrivait en direction de la piste d'atterrissage de la capitale des îles de Sand. On voyait une cinquantaine de personnes amassées, préparées à la rencontre, qui attendait, en trépignant, sur le tarmacadam de l'aéroport. Le drapeau des îles de Sand flottait au vent, hissé au sommet du bâtiment principal de l'aéroport. Hissés spécialement pour l'occasion, le drapeau kirepien et les couleurs panslaves (bandes horizontales bleue, blanche et rouge), se situaient environ 15m en aval. La délégation kirepienne, une fois descendue, se précipita presque en direction des dirigeants des îles de Sand. Les îles de Sand étant une fédération, les personnes rassemblées étaient les principaux dignitaires des différentes républiques autonomes.
Le ministre Serapion en avait la larme à l'oeil, Gak non. Les couleurs panslaves flottaient encore dans ce pays. Scène émouvante, certes, si seulement les révolutionnaires savaient s'émouvoir
Tous les diplomates, spécialistes, historiens, politiciens, furent emmenés au moyen d'un très long chargement de voitures de fonction dans une salle de réunion. Là, Vliduj Gak monta sur une petite estrade ou était placée un support pour dossiers. Il sortir deux feuilles ou étaient griffonées quantité de choses, de notations, d'informations, d'anecdotes. Après que le silence se sembla fait dans la salle, un bref toussotement, et le chef d'état prit la parole, d'une voix teintée de lucidité, de froideur et de raison :
[img]http://a10.idata.over-blog.com/300x193/0/19/69/68/Enver_Hoxha.jpg[/img]
Vliduj Gak : "Camarades, frères, amis slaves, amis du Sud,
Je ne souhaite pas tergiverser, tourner autour du pot, alors que chacun sait ce pourquoi nous sommes présents, ce pourquoi vous êtes tous présents.
Aujourd'hui, je viens porter devant vous ce que nous, vous, votre peuple, notre peuple, le peuple qui se partage entre nos deux états, attendent depuis des années, des décennies, qui paraissent des siècles, des millénaires. Aujourd'hui, je viens vous proposer l'unification de nos états, la fin de la division absurde Kiro-sandoise, et la renaissance de la patrie yougoslave.
Ceci est notre objectif, notre unique objectif, nous n'avons que cela à l'esprit. Une unification, pourquoi ?
Tout nous lie. Passons en revue les différents points qui méritent notre attention commune.
Le futur état est obligatoire, par d'abord une logique historique. Nous avons été, nous serons, unis comme un seul état, un empire, royaume, fédération, une république, qu'importe les régimes, nous fûmes unis. Le temps a prouvé que les divisions font partie de cette histoire de nos pays, mais la division doit toujours paraître temporaire.
Nos pays partagent la même culture, la même langue. Et nous sommes tous d'accord, que l'unité linguistique et culturelle est la première, et souvent la plus importante condition de la constitution d'un état unique. Combien d'empires, de régimes se sont effondrés car les différentes peuplades le composant ne s'entendaient pas ? Car des intérêts divergents le déchirait ? Colonialisme, impérialisme, invasions, soumissions, unions entre peuples trop différents, brader sa liberté contre sa sécurité. Ces termes sont inséparables de la longue histoire des peuples, dans le monde entier. Ces pays sont voués à l'échec. Or, ce que je viens vous offrir n'est rien de cela. Nous formons un peuple. Nous utilisons les mêmes syncrétismes linguistiques. Contrairement à certaines unions qui se forment actuellement, aucun des deux pays n'a jamais colonisé l'autre. Nous proposons juste, simplement, la recréation de ce grand pays, de cette puissance des slaves du sud, qui s'unirent bien des fois, car ils ne sont qu'un peuple, car rien ne s'y oppose. Il faut reformer le Grand Kirep, celui qui nous trouva ensemble. C'est à vous, désormais, de voir si vous souhaitez être avec nous la plus grande puissance de toute la partie nord de l'océan barebjalien, ou si vous souhaitez rester isolés de nous, ce qui ne sera profitable à absolument personne.
Maintenant, vous avez votre avis. Mais me direz vous, une unification, comment ?
Vous êtes, je suis, nous sommes tous ici, des dirigeants, des politiciens, qui connaissons toutes les ficelles de l'administration, et chacun de nous sait qu'on impose pas la fusion de deux entités étatiques ne peut se faire d'un claquement de doigts, sur un coup de tête. Ce fut la plus grande erreur de tous les impérialistes, pseudo-unificateurs. Créer un mythe, le maintenir, l'exploiter, mais rien n'aura changé pour le peuple, pour le pays, pour personne.
Afin de vous prouver vraiment que nous sommes totalement désinteressés, nous avons décidé de vous exposer nos différents projets, propositions et offres dans l'optique de l'unification des slaves du sud.
D'abord, abordons le volet politique et administratif, pour continuer par le volet économique et finir par le volet militaire.
Deux pays tels que les nôtres, aussi proches soient-ils culturellement, historiquement, en ayant les moyens de son unification, se doit de s'en donner les possibilités. Cela passera d'abord par la rédaction d'une constitution posant les bases de la politique du nouvel état, de son fonctionnement. Nos spécialistes ont élaboré depuis plusieurs semaines ce texte, en se basant uniquement sur la constitution du Kirep continental, et sur celle des îles de Sand. Nous souhaiterions établir une seule assemblée législative, qui déciderait des lois du futur état. La législation actuellement en vigueur chez vous ne serait pas remise en cause, car un trop grand chamboulement entraînerait un mécontentement de la population, que nous ne souhaitons pas. Ainsi, au bout d'un certain temps, sans doute assez court, nous aurons des lois communes, une constitution commune, et l'état aura ainsi posé ses premières fondations.
D'un point de vue économique maintenant. Nous allons vous montrer désormais que nos propositions sont entièrement désinteréssées. Votre sous-sol est riche en gaz. Ce que nous offrons est simple : grâce à nos soutiens étrangers, nos capacités actuelles, nous sommes prêts à faire tout notre possible pour vous aider à l'exploiter. Mais nous ne vous pillerons pas. Je vous donne alors la garantie absolue que le gaz que vous collecterez sera utilisé exclusivement pour l'alimentation énergétique des îles de sand. Le Kirep possède de nombreux partenaires gaziers et ne souhaite pas se servir de vous pour s'alimenter.
Nous débloquerons une très importante somme d'argent afin de construire des infrastructures, des bâtiments publics, de rénover vos réseaux de transport.
Et le meilleur arrive, mes frères : nous vous offrirons, entendez bien, gratuitement, de quoi nourrir 6 000 000 des vôtres. Cette offre est inédite, et nul ne pourra faire autant. Votre agriculture est déficiente, une partie de votre population est mal-nourrie ou sous-nourrie. Nos techniques d'agriculture vous seront offertes via une réforme agraire commune.
Maintenant, le point de vue militaire. La puissance que nous, slaves du sud, peuples barebjaliens, devons constituer, se doit d'être militaire. L'armée kirepienne et l'armée des îles de Sand doivent en cela être totalement unies. Ce point est primordial. L'armée kirepienne est de loin la plus forte, mais rien ne nous mettra en position de force. L'état major devra alors être uni, les armées de même. Alors, enfin, quand tous ces points seront accomplis, militaires, économiques et politiques, si vous le voulez, nous serons une puissance incontestable, nous aurons reconstitué l'état que nous souhaitons tous. Nous sommes un peuple, uni, bien que deux pays se le partagent. Nous souhaitons tous deux que cette anomalie prenne fin. Faisons renaître cette grande civilisation, et soyons un modèle pour le monde entier, les peuples opprimés, les oppresseurs, chacun nous craindra et nous admirera.
Ce grand état, nous le voyons par ailleurs comme une union totale et non partielle. Ce n'est pas une annexion, aucun impérialisme. Nous sommes dépendants de vous, de votre décision. Vous êtes dépendants de nous, de nos offres. Sachez enfin que nul autre pays, quel qu'il soit, ne vous donnera plus que nous, car rien ne nous tient plus à coeur que cette union. Nous sommes votre superpuissance, vous êtes notre superpuissance.
La parole est à vous, la balle est dans votre camp, nul besoin de se traduire, nous parlons la même langue, utilisons les mêmes termes pour désigner ce projet : le Velike Zemlje, le grand pays.
J'attend vos remarques, vos propositions. "