Posté : ven. févr. 19, 2010 9:08 pm
Journal télévisé du 26 mai 2011, à vingt heures - Telediario del 26 de mayo de 2011, a las ocho de la tarde
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Pilar del Bravo, principale présentatrice de la télévision numancienne
Pilar del Bravo : Messieurs dames, bonsoir à vous tous à nouveau pour la suite de notre édition du journal de vingt heures. Comme promis, nous avons invité sur notre plateau un jeune philosophe et spécialiste des régimes politiques numancien, Don Gregorio López y Olfato, récemment diplômé de l'Université Royale Canoviste d'Hispalis et auteur avec Don Baltasar Márquez y Villalobos de la doctrine Márquez.
Bonsoir, Don Gregorio.
Gregorio López y Olfato : Bonsoir, Doña Pilar.
Pilar del Bravo : Vous êtes, comme je viens de le dire, le coauteur de la doctrine Márquez, mais vous êtes également notre plus brillant philosophe et politologue actuel, l'un des soutiens indéfectibles de la politique antilibérale et antiimpérialiste de Sa Majesté Sérénissime et vous venez de publier, aux éditions Mapamundi, un ouvrage intitulé Hacia el fin del liberalismo, Vers la fin du libéralisme. Le titre est éloquent, mais l'on se demande finalement : pourquoi croire en la fin du libéralisme ? Qu'est-ce qui vous pousse à croire à l'effondrement prochain du bloc libéral, alors que l'Union Démocratique est en train de se reconstituer ?
Gregorio López y Olfato : Il ne faut pas se laisser duper par les apparences, Doña Pilar. Le prétendu renouveau de l'Union des Démocraties libérales n'est en réalité que le chant du cygne du libéralisme et de l'impérialisme occidentaux. Les pays libéraux, comme les États-Unis de Pelabssa, la Fédération des Nations Unies de Shawiricie ou la République d'Adélie, savent pertinemment que leurs jours sont comptés. Elles sont peu à peu rongées par l'appât du gain, la course effrénée vers une nouveauté aux belles apparences mais vide de contenu, défendent des valeurs éculées auxquelles elles ne croient même plus et ne savent même plus se défendre convenablement.
Pilar del Bravo : Pourtant, à en juger par les récentes déclarations d'Albert Silverstein, politologue adélien émérite, il semblerait que ces nations que vous combattez avec tant d'ardeur soient toujours aussi réactives, non ?
Gregorio López y Olfato : Il est intéressant que vous citiez l'intervention d'Albert Silverstein, donc je connais très bien la carrière et dont j'ai étudié la quasi totalité des ouvrages. En réalité, Monsieur Silverstein ne fait que débiter des mensonges que veut entendre le Président Sallinger (aux côtés de tous ses alliés) et avec lesquels le pouvoir adélien entend gaver une fois de plus son peuple comme une oie. Mais ne vous y trompez pas, la pensée politique et idéologique de Silverstein est d'une faiblesse incommensurable et il ne fait qu'enfiler les poncifs sans jamais réfléchir ni citer aucune autorité valable.
Pilar del Bravo : Reprenons point par point, si vous le voulez bien, cette intervention sur la chaîne adélienne ABC, afin que vous puissiez nous montrer en quoi la pensée de Monsieur Silverstein ne tient pas la route. Que lui répondriez-vous s'il vous disait en face que les pays démocratiques, dont il se veut un héraut et qui sont selon lui menés par les États-Unis de Pelabssa, défendent des valeurs héritées de l'humanisme tandis que les pays antilibéraux et antiimpérialistes sont des dictatures répressives qui oppriment leur peuple ?
Gregorio López y Olfato : Que voilà une pensée manichéenne sans aucun argument sérieux et remplie jusqu'à la gueule de clichés dignes d'un mauvais film pelabssien de série B (pardon pour le pléonasme) ! La doctrine des droits de l'homme, que prétendent défendre les démocraties libérales et impérialistes, n'a rien de commun avec l'humanisme et n'est d'ailelurs même pas une doctrine. Il ne s'agit que de sentences pompeuses désarticulées, sans liant, sans lien logique, sans pensée forte et systémique, bref, sans conviction et sans vérité. L'humanisme, qui, je le rappelle, est une invention latine (puisqu'il est né dans les trois pays que forment aujourd'hui la Ligue Panlatine, à savoir le Logroño, la Palombie et le Numancia), n'a jamais proclamé les droits de l'homme ! Et d'ailleurs, d'éminents érudits latin du XVIème siècle, comme Pío de Miranda, né à Hispalis, combattraient aujourd'hui cette pensée nauséabonde, ce salmigondis qui sert à justifier les pires exactions ! L'humanisme replace certes l'homme au centre des préoccupations humaines, mais ne le sépare pas de Dieu, ce qu'ont fait depuis longtemps des pays devenus fous, comme l'Adélie. L'impiété et l'athéisme de telles nations n'ont rien d'humanistes et je pense que Monsieur Silverstein ferait bien de réviser ses classiques, car les ouvrages de Pío de la Miranda font autorité dans le monde universitaire aussi bien latin qu'anglo-saxon !
Pilar del Bravo : Outre cet athéisme, cette impiété, qu'est-ce qui vous pousse à disqualifier le recours des pays libéraux à l'humanisme ?
Gregorio López y Olfato : Tout d'abord, leur forme de gouvernement et de société; ces pays, bien que leur titre officiel cherche parfois à faire croire le contraire, ne sont pas des républiques mais des démocraties au sens où l'éminent philosophe antique Aristóteles l'a démontré dans son Ética a Nicómaco : des dictatures d'une majorité inculte, abreuvée de stupidités télévisées, de pornographie et d'appels à l'achat compulsif, sur une minorité encore sensée mais désarmée face à la complicité du pouvoir. Contrairement à l'Adélie, nous ne cherchons pas à critiquer vainement une forme de gouvernement juste (comme la monarchie ou la république), mais à rappeler que la démocratie est considérée durant toute la philosophie politique antique comme une déviation, un vice de la république. Et Aristóteles ne cesse de rappeler dans son ouvrage qu'il faut le combattre.
Pilar del Bravo : Concernant les nations qui ont adhéré à la doctrine Márquez, croyez-vous comme Albert Silverstein qu'il s'agisse de dictatures qui ne tiendront pas longtemps ?
Gregorio López y Olfato : On ne peut qu'esquisser un sourire face à tant d'ingénuité et un semblable comportement puéril; Silverstein aurait-il eu, comme je le pense, son diplôme dans un paquet de lessive en poudre ? Je tiens à rappeler à ce "brillant" politologue que des pays comme le Numancia, le Logroño ou la Palombie sont des régimes où le peuple s'exprime librement par les urnes - au contraire de l'Adélie, où un flot d'âneries noie ses quelques restes d'intelligence - et a toujours conforté les décisions prises par les gouvernements. Le Royaume du Thorval, pour prendre un autre exemple, défend ardemment les valeurs chrétiennes, qu'elles soient catholiques ou orthodoxes, face à la non-valeur que représentent les nations libérales et impérialistes. Leurs "droits de l'homme" dissimulent bien mal ce qui régit véritablement leur pays : le rejet de toute axiologie, le règne de Mammon et de l'argent-roi, le culte de la personnalité et de leurs prétendues "idoles" (car ils sont idolâtres par-dessus le marché et vénèrent des célébrités comme les peuples anciens ont vénéré le veau d'or !), le règne du mensonge diffusé à plein régime par des médias à la solde de multinationales capitalistes et sans scrupules.
Au vu de ces constatations, qui donc vit dans un régime libre et qui donc opprime son peuple ? Il est vrai que des pays comme l'Adélie ou le Pelabssa peuvent se draper de respect des libertés car ils laissent faire tout et n'importe quoi aux pires criminels, mais ils imposent un totalitarisme de velours à leur peuple : le totalitarisme de la pensée unique. Cette pensée unique, aussi subtile et subreptice soit-elle, ne trompe plus personne en Numancia.
Pilar del Bravo : Vous affirmeriez donc que c'est le bloc de la doctrine Márquez qui résistera à l'épreuve du temps tandis que l'Union Démocratique s'effritera vite ?
Gregorio López y Olfato : C'est l'évidence même pour quiconque tâche de réfléchir vraiment (ce qui exclut d'emblée Monsieur Silverstein, il faut bien le dire) ! L'apparente unité des démocraties libérales et impérialistes ne doit pas nous rouler dans la farine; ces nations ne sont unies que pour conserver leurs valeurs boursières, engraisser leurs milliardaires et faire tourner la machine économique, même à vide ! Mais la recherche de la suprématie les poussera tôt ou tard à s'affronter, que ce soit militairement ou économiquement. Comme le dit le verset 24 du chapitre 6 de l'Évangile selon saint Mathieu (ça y est, les maigres connaissances théologiques de Silverstein sont dépassées...), les libéraux ont choisi de cesser de servir Dieu et ont pris pour maître la puissance pécuniaire. Dans ma thèse de doctorat ("tesis doctoral"), intitulée El Coloso de Pies de Barro - Crónica de un derrumbe anunciado (Le Colosse aux Pieds d'Argile - Chronique d'un effondrement annoncé), je reprends l'idée de "subversion du christianisme", que l'on doit à l'éminent théologien Jacques Ellul. Cette théorie est lumineuse et permet d'expliquer l'évolution de pays comme la Shawiricie, l'Adélie ou le Pelabssa : leur nation, il ne faut pas croire, a eu un jour une flamme religieuse, un but noble qui l'a animée. Les États-Unis de Pelabssa ont d'abord été fondés par des colons protestants qui croyaient en quelque chose; aujourd'hui, ils ne croient plus que dans le fric ! Alors ils rechercheront ce fric jusqu'au bout, quitte à s'exterminer l'un l'autre, alors que les nations regroupées autour de la doctrine Márquez ont encore une axiologie qui guidera leurs pas et les mènera vers la prospérité antilibérale.
Pilar del Bravo : La diversité des nations antiimpérialistes ne serait donc pas un frein à leur alliance et leur développement ?
Gregorio López y Olfato : Absolument pas ! Il est d'ailleurs hilarant de voir Silverstein et ses petits amis embrigadés dans le libéralisme dénoncer la différence comme une entrave à l'union alors même qu'ils ne cessent de se servir dans leur propre pays d'un concept creux et inopérant : le droit à la différence. Mais de tels pisse-copie ne sont plus à une incohérence près...
Pilar del Bravo : Poursuivons un peu l'analyse du discours d'Albert Silverstein; celui-ci, en effet, pense et espère que l'Union zanyanaise finira par rejoindre l'Union Démocratique.
Gregorio López y Olfato : Qui cela pourrait-il surprendre ? L'Adélie, comme la Shawiricie ou le Pelabssa, n'espère qu'une chose : agir en colonisateur et pomper les ressources du Dogaba, du Makengo ou du Bangiso jusqu'à la moelle ! Pourquoi croyez-vous qu'Albert Silverstein appelle de ses vœux un tel rapprochement, si ce n'est pour pouvoir spolier ces nations libres, sous couvert d'aide humanitaire et de fonds de développement jamais surveillés et donc tous détournés par des potentats locaux ? Car il ne faut pas confondre ce que la Ligue Panlatine met en place avec son Fonds d'Aide au Zanyane (qui sera scrupuleusement appliqué pour ceux qui en ont réellement besoin) avec les aides libérales et impérialistes, dont le seul but est de déformer la nature zanyanaise, d'asservir les habitants de ce continent et de s'en accaparer toutes les ressources, tous les secteurs économiques avant les Zanyanais eux-mêmes.
En comparaison, nous n'exigeons pas du Makengo, du Bangiso ou du Dogaba qu'ils adhèrent à la doctrine Márquez ! Nous le leur avons proposé cordialement et ne les avons pas menacés parce qu'ils ont refusé ! Nous ne cherchons pas à les attirer vers nous pour les voler, en voilà la preuve.
Pilar del Bravo : Et lorsque Silverstein condamne la monarchie dans sa totalité comme un régime raciste et oppresseur ?
Gregorio López y Olfato : Il ne fait que démontrer une fois de plus le caractère étriqué de sa pensée bien pauvre ! Il faudrait tout d'abord lui rappeler que la monarchie adélienne, qui a fait fonctionner son pays et l'a fait prospérer durant des siècles, a été éliminée par une révolution sanglante qui prétendait amener la liberté par les armes et les massacres. Belle république que voilà !
A nouveau, que Silverstein consulte la fameuse Ética a Nicómaco; si ses capacités intellectuelles limitées lui permettent encore de comprendre la fulgurance de la pensée d'Aristóteles, il comprendra alors grâce aux explications de ce dernier que la monarchie en soi n'est pas un mauvais régime et qu'il vaut mieux un bon monarque, éduqué, cultivé, soucieux du bien de son peuple, comme notre Roi, plutôt qu'un président cupide, des "élites" basses de plafond et une horde de citoyens lobotomisés et assoiffés d'inepties !
Pilar del Bravo : N'est-ce pas ce que reproche le politologue adélien aux sujets numanciens ou thorvaliens ?
Gregorio López y Olfato : Naturellement, mais c'est le cas typique de l'homme qui fait à son prochain des reproches qu'il ferait mieux de s'appliquer à lui-même. Comme le dit saint Mathieu dans le verset 5 du chapitre 7 de son Évangile : "Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère". Il ose prétendre que les sujets de Sa Majesté Sérénissime sont aveuglés par un roi faussement bienveillant, alors que depuis que règne ce dernier et qu'il a promulgué la doctrine Márquez, notre nation n'a fait que grimper dans le classement mondial ! Pire encore : il ose critiquer l'éducation et la culture données aux Numanciennes et Numanciens, alors même que notre Royaume est le berceau de nombreux arts et courants artistiques, que notre système universitaire est reconnu et envié par beaucoup au travers du "Programa Platón" ! Il faut nous rendre à l'évidence : nous, pauvres Numanciens, ne faisons pas le poids en termes de stupidités face au débit ininterrompu d'émission bêtifiantes, de programmes de télé-réalité et de journalistes corrompus de l'Adélie !
Pilar del Bravo : Lui donnez-vous aussi tort lorsqu'il parle sur un ton plutôt dédaigneux de la renaissance du pacte de Novgorod ?
Gregorio López y Olfato : Plutôt deux fois qu'une ! Il traite la République Fédérative Communiste de Rostovie par-dessous la jambe, comme s'il s'agissait d'un quelconque État inféodé à un autre ! Je rappelle à ce brave Monsieur, qui décidément est constamment contredit par la réalité, que la Rostovie est la deuxième puissance du monde, tant en termes économiques que militaires, et qu'elle a très bien survécu à la crise firakiste. Je n'ose imaginer ce qui adviendrait de nations structurellement faibles comme l'Adélie ou le Pelabssa si elles devaient traverser de telles épreuves...
Mais ce reproche, qui une fois de plus est le résultat d'une pensée ne fonctionnant que par lieux communs, ne m'étonne aucunement. Face à la doctrine Márquez ou au pacte de Novgorod, les démocraties libérales et impérialistes hurlent à l'endoctrinement (beau substantif qui finalement ne signifie pas grand'chose dans leur bouche), mais sont incapables de formuler une quelconque doctrine. A peine ressassent-elles comme des robots de vieux clichés dépassés ! Bel exemple de pensée "libre" qui ne sait même plus produire des concepts opérants !
Pilar del Bravo : Pour finir, que vous inspire la réponse d'Albert Silverstein à la dernière question du présentateur adélien ?
Gregorio López y Olfato : De la pitié, essentiellement pour les peuples opprimés par les démocraties libérales, mais également pour ce pauvre pantin de Silverstein.
Le pire est que, sous couvert de plaisanterie, il touche du doigt une vérité, mais ne sait pas la reconnaître : ce qu'il a déclaré à propos de l'attitude néocoloniale de l'Adélie envers le Quantar est on ne peut plus vrai ! En construisant routes, autoroutes ou autres infrastructures dans un pays économiquement et politiquement plus faible, Sallinger a réussi à asservir le pouvoir quantarien, qui réagit maintenant à l'image de son nouveau maître. En lui imposant son diktat économique - non pas par la contrainte, mais par la nécessité : comment le Quantar pourrait-il se développer par lui-même ? -, il lui a même fait promettre de construire une ligne militarisée à la frontière avec le noble Royaume du Nordreich, qui n'avait pourtant pas menacé le Quantar ! Quel scandale !
Par ailleurs, Silverstein en revient toujours à des arguments économiques, il ne sait parler que d'argent car l'argent, c'est tout ce qu'il connaît ! Mais ce qu'il dit au sujet des constructions adéliennes en Quantar est très révélateur : l'Adélie s'est emparée de marchés, a trouvé des débouchés à ses entreprises, mais ne s'est certainement pas comportée de manière altruiste envers son voisin. Il ne s'agissait là que d'exporter ses entreprises à l'étranger, pour que le Quantar ne puisse pas disposer des siennes et mener son développement comme il l'entendait ! Face à tant de mauvaise foi et de cupidité, je ne puis que bâiller.
Cela dit, Silvertsein reconnaît lui-même le défaut que je lui ai souvent imputé : il admet être un toutou fidèle et loyal des États-Unis de Pelabssa, et visiblement, ça ne lui pose pas de problème ! Il en est au stade de servitude volontaire qu'évoquait Joachim du Bellay durant la Renaissance (comme quoi, l'humanisme n'a rien à voir avec les nations libérales !) : il aime la main qui le nourrit et la laisse qui l'entrave ! Comment pourrions-nous prendre au sérieux l'accusation d'instinct grégaire qu'il porte ensuite, alors qu'il se disqualifie lui-même en tant que roquet sans volonté propre ?
Pilar del Bravo : Que répondriez-vous à ses accusations d'antisémitisme ?
Gregorio López y Olfato : C'est le bouquet final, le clou du spectacle !
Silverstein, en bon automate écervelé qu'il est, hurle à l'antisémitisme dès que l'on critique l'Aîshren. Or, pour toute personne de bonne foi, il est évident que les propos de Thomas X, Roi du Thorval, à propos de cette nation libérale et impérialiste, n'ont rien d'antisémite et ne font que décrire une situation de fait. L'Aîshren, n'est-ce pas cette nation qui réprime violemment toutes ses populations musulmanes, les empêche de participer à un processus prétendument démocratique et se targue par la suite de liberté ?
Oh, mais il faudrait que je fasse attention, Albert Silverstein, sans aucun doute à la solde du lobby sioniste (eh oui, mon bon Monsieur, le sionisme est une opinion politique, on peut donc la critique à l'envi, ne vous en déplaise !), va me taxer sans réfléchir d'antisémitisme. J'ai moi-même de très bons amis juifs et notre Roi permet le culte judaïque dans son pays; où sont les antisémites fantasmés par l'Adélie ? C'est un stéréotype bien pratique qui évite à Silverstein et à tous les libéraux de réfléchir : dès lors que nous ne sommes pas d'accord avec leur politique infâme, ils sortent l'artillerie lourde des qualificatifs stupides, ne supportant pas que l'on puisse avoir une opinion distincte de la leur, en bon fascistes qu'ils sont (bien plus que le chancelier Eriksson, en tout cas). Par la même occasion, ils cherchent (vainement) à discréditer leur adversaire sans jamais réfléchir, penser, analyser, synthétiser, argumenter : comme des bons moutons qu'ils affirment ne pas être.
De toute façon, pour eux, tout ce qui n'est pas bêtement libéral et impérialiste est digne du nazisme : contemplez un peu le vide béant de cette pensée...
Pilar del Bravo : Je vous remercie pour votre participation, Don Gregorio, et rappelle que votre livre, Hacia el fin del liberalismo, vient d'être édité chez Mapamundi.
Gregorio López y Olfato : C'est moi qui vous remercie, Doña Pilar.
Pilar del Bravo : Dans tous les cas, nous nous retrouverons demain, à vingt heures, Mesdames et Messieurs, pour un nouveau journal télévisé. Ce soir, au programme sur TV Numancia, un film de Lorenzo Botones, Los Campesinos (Les Paysans), drame poignant sur la condition rurale durant la République autoritaire. A demain !
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Pilar del Bravo, principale présentatrice de la télévision numancienne
Pilar del Bravo : Messieurs dames, bonsoir à vous tous à nouveau pour la suite de notre édition du journal de vingt heures. Comme promis, nous avons invité sur notre plateau un jeune philosophe et spécialiste des régimes politiques numancien, Don Gregorio López y Olfato, récemment diplômé de l'Université Royale Canoviste d'Hispalis et auteur avec Don Baltasar Márquez y Villalobos de la doctrine Márquez.
Bonsoir, Don Gregorio.
Gregorio López y Olfato : Bonsoir, Doña Pilar.
Pilar del Bravo : Vous êtes, comme je viens de le dire, le coauteur de la doctrine Márquez, mais vous êtes également notre plus brillant philosophe et politologue actuel, l'un des soutiens indéfectibles de la politique antilibérale et antiimpérialiste de Sa Majesté Sérénissime et vous venez de publier, aux éditions Mapamundi, un ouvrage intitulé Hacia el fin del liberalismo, Vers la fin du libéralisme. Le titre est éloquent, mais l'on se demande finalement : pourquoi croire en la fin du libéralisme ? Qu'est-ce qui vous pousse à croire à l'effondrement prochain du bloc libéral, alors que l'Union Démocratique est en train de se reconstituer ?
Gregorio López y Olfato : Il ne faut pas se laisser duper par les apparences, Doña Pilar. Le prétendu renouveau de l'Union des Démocraties libérales n'est en réalité que le chant du cygne du libéralisme et de l'impérialisme occidentaux. Les pays libéraux, comme les États-Unis de Pelabssa, la Fédération des Nations Unies de Shawiricie ou la République d'Adélie, savent pertinemment que leurs jours sont comptés. Elles sont peu à peu rongées par l'appât du gain, la course effrénée vers une nouveauté aux belles apparences mais vide de contenu, défendent des valeurs éculées auxquelles elles ne croient même plus et ne savent même plus se défendre convenablement.
Pilar del Bravo : Pourtant, à en juger par les récentes déclarations d'Albert Silverstein, politologue adélien émérite, il semblerait que ces nations que vous combattez avec tant d'ardeur soient toujours aussi réactives, non ?
Gregorio López y Olfato : Il est intéressant que vous citiez l'intervention d'Albert Silverstein, donc je connais très bien la carrière et dont j'ai étudié la quasi totalité des ouvrages. En réalité, Monsieur Silverstein ne fait que débiter des mensonges que veut entendre le Président Sallinger (aux côtés de tous ses alliés) et avec lesquels le pouvoir adélien entend gaver une fois de plus son peuple comme une oie. Mais ne vous y trompez pas, la pensée politique et idéologique de Silverstein est d'une faiblesse incommensurable et il ne fait qu'enfiler les poncifs sans jamais réfléchir ni citer aucune autorité valable.
Pilar del Bravo : Reprenons point par point, si vous le voulez bien, cette intervention sur la chaîne adélienne ABC, afin que vous puissiez nous montrer en quoi la pensée de Monsieur Silverstein ne tient pas la route. Que lui répondriez-vous s'il vous disait en face que les pays démocratiques, dont il se veut un héraut et qui sont selon lui menés par les États-Unis de Pelabssa, défendent des valeurs héritées de l'humanisme tandis que les pays antilibéraux et antiimpérialistes sont des dictatures répressives qui oppriment leur peuple ?
Gregorio López y Olfato : Que voilà une pensée manichéenne sans aucun argument sérieux et remplie jusqu'à la gueule de clichés dignes d'un mauvais film pelabssien de série B (pardon pour le pléonasme) ! La doctrine des droits de l'homme, que prétendent défendre les démocraties libérales et impérialistes, n'a rien de commun avec l'humanisme et n'est d'ailelurs même pas une doctrine. Il ne s'agit que de sentences pompeuses désarticulées, sans liant, sans lien logique, sans pensée forte et systémique, bref, sans conviction et sans vérité. L'humanisme, qui, je le rappelle, est une invention latine (puisqu'il est né dans les trois pays que forment aujourd'hui la Ligue Panlatine, à savoir le Logroño, la Palombie et le Numancia), n'a jamais proclamé les droits de l'homme ! Et d'ailleurs, d'éminents érudits latin du XVIème siècle, comme Pío de Miranda, né à Hispalis, combattraient aujourd'hui cette pensée nauséabonde, ce salmigondis qui sert à justifier les pires exactions ! L'humanisme replace certes l'homme au centre des préoccupations humaines, mais ne le sépare pas de Dieu, ce qu'ont fait depuis longtemps des pays devenus fous, comme l'Adélie. L'impiété et l'athéisme de telles nations n'ont rien d'humanistes et je pense que Monsieur Silverstein ferait bien de réviser ses classiques, car les ouvrages de Pío de la Miranda font autorité dans le monde universitaire aussi bien latin qu'anglo-saxon !
Pilar del Bravo : Outre cet athéisme, cette impiété, qu'est-ce qui vous pousse à disqualifier le recours des pays libéraux à l'humanisme ?
Gregorio López y Olfato : Tout d'abord, leur forme de gouvernement et de société; ces pays, bien que leur titre officiel cherche parfois à faire croire le contraire, ne sont pas des républiques mais des démocraties au sens où l'éminent philosophe antique Aristóteles l'a démontré dans son Ética a Nicómaco : des dictatures d'une majorité inculte, abreuvée de stupidités télévisées, de pornographie et d'appels à l'achat compulsif, sur une minorité encore sensée mais désarmée face à la complicité du pouvoir. Contrairement à l'Adélie, nous ne cherchons pas à critiquer vainement une forme de gouvernement juste (comme la monarchie ou la république), mais à rappeler que la démocratie est considérée durant toute la philosophie politique antique comme une déviation, un vice de la république. Et Aristóteles ne cesse de rappeler dans son ouvrage qu'il faut le combattre.
Pilar del Bravo : Concernant les nations qui ont adhéré à la doctrine Márquez, croyez-vous comme Albert Silverstein qu'il s'agisse de dictatures qui ne tiendront pas longtemps ?
Gregorio López y Olfato : On ne peut qu'esquisser un sourire face à tant d'ingénuité et un semblable comportement puéril; Silverstein aurait-il eu, comme je le pense, son diplôme dans un paquet de lessive en poudre ? Je tiens à rappeler à ce "brillant" politologue que des pays comme le Numancia, le Logroño ou la Palombie sont des régimes où le peuple s'exprime librement par les urnes - au contraire de l'Adélie, où un flot d'âneries noie ses quelques restes d'intelligence - et a toujours conforté les décisions prises par les gouvernements. Le Royaume du Thorval, pour prendre un autre exemple, défend ardemment les valeurs chrétiennes, qu'elles soient catholiques ou orthodoxes, face à la non-valeur que représentent les nations libérales et impérialistes. Leurs "droits de l'homme" dissimulent bien mal ce qui régit véritablement leur pays : le rejet de toute axiologie, le règne de Mammon et de l'argent-roi, le culte de la personnalité et de leurs prétendues "idoles" (car ils sont idolâtres par-dessus le marché et vénèrent des célébrités comme les peuples anciens ont vénéré le veau d'or !), le règne du mensonge diffusé à plein régime par des médias à la solde de multinationales capitalistes et sans scrupules.
Au vu de ces constatations, qui donc vit dans un régime libre et qui donc opprime son peuple ? Il est vrai que des pays comme l'Adélie ou le Pelabssa peuvent se draper de respect des libertés car ils laissent faire tout et n'importe quoi aux pires criminels, mais ils imposent un totalitarisme de velours à leur peuple : le totalitarisme de la pensée unique. Cette pensée unique, aussi subtile et subreptice soit-elle, ne trompe plus personne en Numancia.
Pilar del Bravo : Vous affirmeriez donc que c'est le bloc de la doctrine Márquez qui résistera à l'épreuve du temps tandis que l'Union Démocratique s'effritera vite ?
Gregorio López y Olfato : C'est l'évidence même pour quiconque tâche de réfléchir vraiment (ce qui exclut d'emblée Monsieur Silverstein, il faut bien le dire) ! L'apparente unité des démocraties libérales et impérialistes ne doit pas nous rouler dans la farine; ces nations ne sont unies que pour conserver leurs valeurs boursières, engraisser leurs milliardaires et faire tourner la machine économique, même à vide ! Mais la recherche de la suprématie les poussera tôt ou tard à s'affronter, que ce soit militairement ou économiquement. Comme le dit le verset 24 du chapitre 6 de l'Évangile selon saint Mathieu (ça y est, les maigres connaissances théologiques de Silverstein sont dépassées...), les libéraux ont choisi de cesser de servir Dieu et ont pris pour maître la puissance pécuniaire. Dans ma thèse de doctorat ("tesis doctoral"), intitulée El Coloso de Pies de Barro - Crónica de un derrumbe anunciado (Le Colosse aux Pieds d'Argile - Chronique d'un effondrement annoncé), je reprends l'idée de "subversion du christianisme", que l'on doit à l'éminent théologien Jacques Ellul. Cette théorie est lumineuse et permet d'expliquer l'évolution de pays comme la Shawiricie, l'Adélie ou le Pelabssa : leur nation, il ne faut pas croire, a eu un jour une flamme religieuse, un but noble qui l'a animée. Les États-Unis de Pelabssa ont d'abord été fondés par des colons protestants qui croyaient en quelque chose; aujourd'hui, ils ne croient plus que dans le fric ! Alors ils rechercheront ce fric jusqu'au bout, quitte à s'exterminer l'un l'autre, alors que les nations regroupées autour de la doctrine Márquez ont encore une axiologie qui guidera leurs pas et les mènera vers la prospérité antilibérale.
Pilar del Bravo : La diversité des nations antiimpérialistes ne serait donc pas un frein à leur alliance et leur développement ?
Gregorio López y Olfato : Absolument pas ! Il est d'ailleurs hilarant de voir Silverstein et ses petits amis embrigadés dans le libéralisme dénoncer la différence comme une entrave à l'union alors même qu'ils ne cessent de se servir dans leur propre pays d'un concept creux et inopérant : le droit à la différence. Mais de tels pisse-copie ne sont plus à une incohérence près...
Pilar del Bravo : Poursuivons un peu l'analyse du discours d'Albert Silverstein; celui-ci, en effet, pense et espère que l'Union zanyanaise finira par rejoindre l'Union Démocratique.
Gregorio López y Olfato : Qui cela pourrait-il surprendre ? L'Adélie, comme la Shawiricie ou le Pelabssa, n'espère qu'une chose : agir en colonisateur et pomper les ressources du Dogaba, du Makengo ou du Bangiso jusqu'à la moelle ! Pourquoi croyez-vous qu'Albert Silverstein appelle de ses vœux un tel rapprochement, si ce n'est pour pouvoir spolier ces nations libres, sous couvert d'aide humanitaire et de fonds de développement jamais surveillés et donc tous détournés par des potentats locaux ? Car il ne faut pas confondre ce que la Ligue Panlatine met en place avec son Fonds d'Aide au Zanyane (qui sera scrupuleusement appliqué pour ceux qui en ont réellement besoin) avec les aides libérales et impérialistes, dont le seul but est de déformer la nature zanyanaise, d'asservir les habitants de ce continent et de s'en accaparer toutes les ressources, tous les secteurs économiques avant les Zanyanais eux-mêmes.
En comparaison, nous n'exigeons pas du Makengo, du Bangiso ou du Dogaba qu'ils adhèrent à la doctrine Márquez ! Nous le leur avons proposé cordialement et ne les avons pas menacés parce qu'ils ont refusé ! Nous ne cherchons pas à les attirer vers nous pour les voler, en voilà la preuve.
Pilar del Bravo : Et lorsque Silverstein condamne la monarchie dans sa totalité comme un régime raciste et oppresseur ?
Gregorio López y Olfato : Il ne fait que démontrer une fois de plus le caractère étriqué de sa pensée bien pauvre ! Il faudrait tout d'abord lui rappeler que la monarchie adélienne, qui a fait fonctionner son pays et l'a fait prospérer durant des siècles, a été éliminée par une révolution sanglante qui prétendait amener la liberté par les armes et les massacres. Belle république que voilà !
A nouveau, que Silverstein consulte la fameuse Ética a Nicómaco; si ses capacités intellectuelles limitées lui permettent encore de comprendre la fulgurance de la pensée d'Aristóteles, il comprendra alors grâce aux explications de ce dernier que la monarchie en soi n'est pas un mauvais régime et qu'il vaut mieux un bon monarque, éduqué, cultivé, soucieux du bien de son peuple, comme notre Roi, plutôt qu'un président cupide, des "élites" basses de plafond et une horde de citoyens lobotomisés et assoiffés d'inepties !
Pilar del Bravo : N'est-ce pas ce que reproche le politologue adélien aux sujets numanciens ou thorvaliens ?
Gregorio López y Olfato : Naturellement, mais c'est le cas typique de l'homme qui fait à son prochain des reproches qu'il ferait mieux de s'appliquer à lui-même. Comme le dit saint Mathieu dans le verset 5 du chapitre 7 de son Évangile : "Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère". Il ose prétendre que les sujets de Sa Majesté Sérénissime sont aveuglés par un roi faussement bienveillant, alors que depuis que règne ce dernier et qu'il a promulgué la doctrine Márquez, notre nation n'a fait que grimper dans le classement mondial ! Pire encore : il ose critiquer l'éducation et la culture données aux Numanciennes et Numanciens, alors même que notre Royaume est le berceau de nombreux arts et courants artistiques, que notre système universitaire est reconnu et envié par beaucoup au travers du "Programa Platón" ! Il faut nous rendre à l'évidence : nous, pauvres Numanciens, ne faisons pas le poids en termes de stupidités face au débit ininterrompu d'émission bêtifiantes, de programmes de télé-réalité et de journalistes corrompus de l'Adélie !
Pilar del Bravo : Lui donnez-vous aussi tort lorsqu'il parle sur un ton plutôt dédaigneux de la renaissance du pacte de Novgorod ?
Gregorio López y Olfato : Plutôt deux fois qu'une ! Il traite la République Fédérative Communiste de Rostovie par-dessous la jambe, comme s'il s'agissait d'un quelconque État inféodé à un autre ! Je rappelle à ce brave Monsieur, qui décidément est constamment contredit par la réalité, que la Rostovie est la deuxième puissance du monde, tant en termes économiques que militaires, et qu'elle a très bien survécu à la crise firakiste. Je n'ose imaginer ce qui adviendrait de nations structurellement faibles comme l'Adélie ou le Pelabssa si elles devaient traverser de telles épreuves...
Mais ce reproche, qui une fois de plus est le résultat d'une pensée ne fonctionnant que par lieux communs, ne m'étonne aucunement. Face à la doctrine Márquez ou au pacte de Novgorod, les démocraties libérales et impérialistes hurlent à l'endoctrinement (beau substantif qui finalement ne signifie pas grand'chose dans leur bouche), mais sont incapables de formuler une quelconque doctrine. A peine ressassent-elles comme des robots de vieux clichés dépassés ! Bel exemple de pensée "libre" qui ne sait même plus produire des concepts opérants !
Pilar del Bravo : Pour finir, que vous inspire la réponse d'Albert Silverstein à la dernière question du présentateur adélien ?
Gregorio López y Olfato : De la pitié, essentiellement pour les peuples opprimés par les démocraties libérales, mais également pour ce pauvre pantin de Silverstein.
Le pire est que, sous couvert de plaisanterie, il touche du doigt une vérité, mais ne sait pas la reconnaître : ce qu'il a déclaré à propos de l'attitude néocoloniale de l'Adélie envers le Quantar est on ne peut plus vrai ! En construisant routes, autoroutes ou autres infrastructures dans un pays économiquement et politiquement plus faible, Sallinger a réussi à asservir le pouvoir quantarien, qui réagit maintenant à l'image de son nouveau maître. En lui imposant son diktat économique - non pas par la contrainte, mais par la nécessité : comment le Quantar pourrait-il se développer par lui-même ? -, il lui a même fait promettre de construire une ligne militarisée à la frontière avec le noble Royaume du Nordreich, qui n'avait pourtant pas menacé le Quantar ! Quel scandale !
Par ailleurs, Silverstein en revient toujours à des arguments économiques, il ne sait parler que d'argent car l'argent, c'est tout ce qu'il connaît ! Mais ce qu'il dit au sujet des constructions adéliennes en Quantar est très révélateur : l'Adélie s'est emparée de marchés, a trouvé des débouchés à ses entreprises, mais ne s'est certainement pas comportée de manière altruiste envers son voisin. Il ne s'agissait là que d'exporter ses entreprises à l'étranger, pour que le Quantar ne puisse pas disposer des siennes et mener son développement comme il l'entendait ! Face à tant de mauvaise foi et de cupidité, je ne puis que bâiller.
Cela dit, Silvertsein reconnaît lui-même le défaut que je lui ai souvent imputé : il admet être un toutou fidèle et loyal des États-Unis de Pelabssa, et visiblement, ça ne lui pose pas de problème ! Il en est au stade de servitude volontaire qu'évoquait Joachim du Bellay durant la Renaissance (comme quoi, l'humanisme n'a rien à voir avec les nations libérales !) : il aime la main qui le nourrit et la laisse qui l'entrave ! Comment pourrions-nous prendre au sérieux l'accusation d'instinct grégaire qu'il porte ensuite, alors qu'il se disqualifie lui-même en tant que roquet sans volonté propre ?
Pilar del Bravo : Que répondriez-vous à ses accusations d'antisémitisme ?
Gregorio López y Olfato : C'est le bouquet final, le clou du spectacle !
Silverstein, en bon automate écervelé qu'il est, hurle à l'antisémitisme dès que l'on critique l'Aîshren. Or, pour toute personne de bonne foi, il est évident que les propos de Thomas X, Roi du Thorval, à propos de cette nation libérale et impérialiste, n'ont rien d'antisémite et ne font que décrire une situation de fait. L'Aîshren, n'est-ce pas cette nation qui réprime violemment toutes ses populations musulmanes, les empêche de participer à un processus prétendument démocratique et se targue par la suite de liberté ?
Oh, mais il faudrait que je fasse attention, Albert Silverstein, sans aucun doute à la solde du lobby sioniste (eh oui, mon bon Monsieur, le sionisme est une opinion politique, on peut donc la critique à l'envi, ne vous en déplaise !), va me taxer sans réfléchir d'antisémitisme. J'ai moi-même de très bons amis juifs et notre Roi permet le culte judaïque dans son pays; où sont les antisémites fantasmés par l'Adélie ? C'est un stéréotype bien pratique qui évite à Silverstein et à tous les libéraux de réfléchir : dès lors que nous ne sommes pas d'accord avec leur politique infâme, ils sortent l'artillerie lourde des qualificatifs stupides, ne supportant pas que l'on puisse avoir une opinion distincte de la leur, en bon fascistes qu'ils sont (bien plus que le chancelier Eriksson, en tout cas). Par la même occasion, ils cherchent (vainement) à discréditer leur adversaire sans jamais réfléchir, penser, analyser, synthétiser, argumenter : comme des bons moutons qu'ils affirment ne pas être.
De toute façon, pour eux, tout ce qui n'est pas bêtement libéral et impérialiste est digne du nazisme : contemplez un peu le vide béant de cette pensée...
Pilar del Bravo : Je vous remercie pour votre participation, Don Gregorio, et rappelle que votre livre, Hacia el fin del liberalismo, vient d'être édité chez Mapamundi.
Gregorio López y Olfato : C'est moi qui vous remercie, Doña Pilar.
Pilar del Bravo : Dans tous les cas, nous nous retrouverons demain, à vingt heures, Mesdames et Messieurs, pour un nouveau journal télévisé. Ce soir, au programme sur TV Numancia, un film de Lorenzo Botones, Los Campesinos (Les Paysans), drame poignant sur la condition rurale durant la République autoritaire. A demain !