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Posté : ven. janv. 10, 2020 1:24 am
par Prexo
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Votre manuel de découverte du Khelkadesh[/center]
PAR NESKE TIMSINA | MIS À JOUR LE 28/01/41
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Alors vous avez décidé de découvrir le Khelkadesh… Mais vous ne savez pas par où commencer ? Ce guide est fait pour vous ! Nous avons tous déjà eu l’envie, parfois soudaine, de découvrir une culture de l’autre bout de la Terre ! Aujourd’hui je vous donne des conseils pour découvrir le pays des topi et des stroopwafels au sirop de mangue, sans bouger de chez vous et en seulement 2 étapes.
1ère étape : Consulter le site internet du Ministère du Tourisme du Khelkadesh
Coup de bol : vous êtes déjà dessus si vous lisez cet article. Mais ce n’est pas tout ce que le site a à vous offrir. Vous pouvez y découvrir la géographie du pays à travers plusieurs cartes, des extraits d’ouvrages uniques, conservés à la Bibliothèque Royale, mais aussi des témoignages d’autres touristes, des recettes de cuisine… n’hésitez pas à vous y promener, les surprises ne peuvent être que positives !
2ème étape : Lire la presse locale
C’est clairement la meilleure solution si vous souhaitez tout découvrir du pays, des habitudes de ses habitants, des débats qui agitent ces derniers… Petit bémol : puisque vous ne voulez pas bouger de chez vous, il vous faudra vous faire livrer les exemplaires. Toutes les éditions ne le proposent pas, mais voici une liste de ceux qui le permettent, ainsi qu’une courte introduction à chacun d’eux.
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Le Wenlij Tijden[/center]
Commençons avec le journal dont vous avez le plus chances d’avoir déjà entendu parler. Le Wenlij Tijden, comme son nom l’indique, s’est à l’origine focalisé sur l’actualité ventélienne, et par extension l’actualité du reste du monde. Cela excluait initialement la Dytolie, dont les nouvelles parvenaient via divers autres canaux d’informations, disparus depuis, jusqu’aux colons néerlandophones. Voilà donc le plus ancien hebdomadaire encore en activité au Khelkadesh. Il est imprimé à Wenlijhaven, le cœur de la culture néerlandophone au Noble Royaume et la cité de l’ouverture vers le reste du monde.
Au-delà de l’actualité ventélienne et internationale, le Wenlij Tijden est fameux pour s’être ouvert à l’écriture de fiction, et proposer périodiquement des extraits de romans – voire des œuvres entières, plus ou moins longues, réparties sur plusieurs numéros !
Contrairement à d’autres journaux qui se content d’être traduits et envoyés à l’étranger, le Wenlij Tijden dispose d’une édition internationale contenant des articles spécifiquement écrits pour ses lecteurs internationaux. Les deux éditions restent néanmoins également disponibles, en fonction de votre préférence personnelle et de votre maîtrise du khelkadeshi : il faudra en effet le pratiquer pour lire l’édition nationale, alors que l’édition internationale est disponible en néerlandais, hindi, thaï, tiànais et plusieurs autres !
Vous pourrez retrouver les diverses options d’abonnement sur le site internet de l’hebdomadaire : www.wenlijtijden.khk
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Le Dhalpur Wekelijks[/center]
Voici l’hebdomadaire le plus lu au Khelkadesh. Basé à Dhalpur, la plus grande ville du pays, il est surtout apprécié dans les régions les plus montagneuses. Ces dernières ont sûrement fait la renommée de ce papier quasiment centenaire en préférant le format hebdomadaire, plus adapté aux difficultés d’acheminement des exemplaires.
Contrairement à ce qu’indique son nom, le Dhalpur Wekelijks et ses articles sont donc très attentifs à l’actualité et aux desiderata des habitants du nord du pays. Cela n’en fait pas pour autant un journal inintéressant à lire, que l’on soit à Dhalpur ou à l’étranger, car l’actualité nationale y est amplement abordée, et approximativement étudiée sous l’angle des contrées du Nord.
Pour vous faire livrer le Dhalpur Wekelijk à l’étranger, il vous suffira de vous rendre sur son site internet : www.dhalpurwekelijk.khk ; l’hebdomadaire est disponible à l’étranger en khelkadeshi, néerlandais et hindi.
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Le Mahinagar Samacaraa[/center]
Le Mahinagar Samacaraa, qui tire son nom de la capitale du Noble Royaume, est le quotidien le plus lu du pays. C’est généralement dans ses colonnes que les homme politiques s’expriment lorsqu’ils souhaitent faire passer un message à leurs concitoyens. De plus, le Mahinagar Samacaraa dispose de huit éditions locales, chacune centrée sur une Province différente, permettant à ses lecteurs de ne pas être seulement informés des actualités nationales et internationales. Pas de panique cependant, l’édition internationale n’est pas en reste, et regorge d’informations intéressantes que vous ne trouverez nulle part ailleurs ! Cette-dernière, pour remplir approximativement le même nombre de pages, met en effet en avant de jeunes auteurs et journalistes qui sont incités à écrire sur la culture khelkadeshie, et autres sujets de découverte du pays. Même sans être khelkadeshi, vous vous sentirez sûrement concerné et intéréssé par ces articles !
Le Mahinagar Samacaraa n’ayant commencé à produire une édition internationale qu’en mars 2040, il vous faudra téléphoner afin de vous abonner. Pour ce faire, contactez (en khelkadeshi, néerlandais, tiànais ou anglais) le numéro suivant : +61.1.78.44.44.78
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Le Bhārapura Bihāna[/center]
Le Bhārapura Bihāna est un quotidien très récent. Les fondateurs de ce papier ont souhaité briser les codes installés et entretenus par les grands journaux, qu'ils jugeaient trop ennuyeux et passéistes. Ils mettent en avant des articles courts, afin de plaire aux jeunes et aux actifs, lesquels ne s'informent pas de la même manière que leurs aînés, préférant lire pendant 30 minutes tous les jours que 2 heures une fois par semaine. De plus, les pages contiennent des rubriques quasiment introuvables ailleurs dans le pays, comme "business" (inimaginable il y a dix ans), "sport" (les khelkadeshis étant très peu portés sur le sport compétitif, la rubrique se lance difficilement), "dessin de presse" ou encore "humour". Le quotidien est surtout lu par les cadres urbains se sentant jeunes et dynamiques, portant un regard sur l'international lorsqu'ils en ont le temps.
Il n'existe pas d'édition internationale du Bhārapura Bihāna, mais il vous est possible de vous faire livrer en fin de semaine un paquet contenant les 6 derniers numéros, en langue originale. Pour cela, n'hésitez pas à contacter l'imprimerie du Bhārapura Bihāna à www.bhaabihaa.khk
Posté : ven. janv. 17, 2020 7:42 pm
par Prexo
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Le 21 février 2041
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Sa Majesté Pragannath Prawal Dhamala
De possibles festivités pour les 10 ans de la mort du père de Sa Majesté[/center]
[justify]Le Palais royal de Mahinagar est visiblement très occupé depuis plusieurs semaines. Entre les annonces d’une ouverture, dans un futur proche, des frontières du Noble Royaume, alors même que celui-ci est resté strictement hermétique aux étrangers pendant un siècle entier, les annonces d’établissement de relations diplomatiques avec le Karmalistan voisin, ou encore les rumeurs de mariage prochain du Prince héritier Adhanalaya Prawal avec une femme aux nom et visage encore inconnus, les fonctionnaires du Palais royal n’ont guère le loisir de s’ennuyer. Le Roi Jagannath Prawal a décidé de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière et de réveiller le Khelkadesh endormi sur lui-même, que cela soit pour le meilleur ou pour le pire – nous n’en saurons pas plus avant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Toutefois, malgré toute cette agitation et dans le ballet incessant des allées et venues des différentes personnalités invitées au Palais afin de donner leur expertise, leur conseil ou simplement pour exécuter la volonté de Sa Majesté, d’aucuns purent remarquer la discrète venue au Palais du frère et de la sœur de Sa Majesté. Ils étaient accompagnés de plusieurs porteurs et moines, vêtus de manteaux épais et d’un topi trouvable sur n’importe quel marché du pays, loin de l’attirail cérémoniel auquel ils ont droit en tant qu’éminents membres de la dynastie régnante. Bien que rien n’ait encore été annoncé officiellement, la raison de leur venue ne fait aucun doute, et leur discrétion ne fait que confirmer nos suppositions. Sans aucun doute se réunissent-ils en prévision de célébrations le 24 mars prochain, l’anniversaire de la mort de feue Sa Majesté Sudhakar Tribhuvan Dhamala. Dix ans auparavant jour pour jour, en effet, le père de Sa Majesté s’éteignait dans des circonstances controversées mettant fin trop tôt à un règne qui aura duré 26 ans. En amont de célébrations qui se préparent sûrement, revenons sur les événements d’il y a dix ans.
Cette histoire commence à la fin du mois de novembre 2029, alors que le Khelkadesh est alors fermé depuis 88 ans, et feue Sa Majesté est assise sur le Trône d’Or et de Platine depuis 24 années. Il n’est pas jeune, toutefois, car il a fêté ses 81 ans peu avant. Auprès de ses conseillers les plus proches, il fait état de son sentiment d’atteindre les dernières années de sa vie, et de sa volonté d’utiliser la sagesse qu’il estime avoir accumulée, soit en lui soit sous la forme de conseillers et d’experts, pour rester dans le souvenir de ses sujets comme un bon Roi et de transmettre une certaine modernité au Noble Royaume, en préparation pour la montée sur le trône de son fils Jagannath Prawal. Il se lance alors dans une tournée nationale afin d’aller à la rencontre du plus grand nombre possible de ses sujets, du plus humble habitant aux plus grandes autorités. La tournée, dont la durée envisagée était de quelques semaines, s’étalera finalement sur un peu plus de 15 mois. Volontaire pour rencontrer et discuter avec l’ensemble de ses concitoyens, feue Sa Majesté ne pouvait se contraindre à refuser de rencontrer ceux qui demandaient à le voir ; et dans un pays comptant alors un brin plus de 50 millions de personnes, c’est un vœu pieu que d’imaginer pouvoir s’asseoir à toutes les tables et aborder tous les sujets en si peu de temps – si tant est que cela soit tout simplement humainement possible.
Le fait est que, malgré sa force mentale et sa volonté sincère de poursuivre la tournée, cette-dernière prit subitement fin le 24 mars 2031. Alors que feue Sa Majesté sortait de chez un commerçant s’étant constitué une petite fortune en vendant du thé parfumé et d’autres épices transformées dans la ville de Sidu, dans la périphérie directe de Mahpatan, où il résidait également, et qu’elle se dirigeait vers le temple bouddhiste du centre-ville afin d’y faire ses prières quotidiennes en amont d’un déjeuner qui avait été organisé avec de nombreuses familles qui pourraient toutes discuter soit avec le Chef d’État, soit avec ses conseillers les plus proches, ceux-ci l’accompagnant pour des raisons évidentes de continuité de la gestion des affaires du Noble Royaume, pouvant ainsi raisonnablement espérer que leurs attentes et peurs soient entendues par le pouvoir – ou, à tout le moins et de manière plus réaliste, notées quelque part dans un immense ensemble désorganisé de carnets de doléances qui demandera des décennies de tri –, et avant qu’elle atteigne ledit temple, feue Sa Majesté s’écroula, entourée de sa suite et de nombreux passants. Dans la panique générale relativement gérée par la garde personnelle et militaire du bien-aimé Maharajadhiraja et pendant que les passants, qui paraissaient plus nombreux encore que quelques minutes auparavant, s’étalaient sur le sol en supplication et pleuraient déjà la mort de leur souverain, feue Sa Majesté fut transportée jusqu’au temple par des moines faisant partie de sa suite, et on l’enferma dans une salle gardée à l’intérieur et à l’extérieur par des hommes armés, dans l’attente de la venue des médecins locaux. Bien que le pays soit fermé aux étrangers, certains experts triés sur le volet étaient régulièrement envoyés dans divers pays du monde afin d’en apprendre la technologie, et les avancées de la médecine moderne faisaient partie des connaissances les plus précieuses aux yeux bienveillants de l’héritier de la dynastie Dhamala.
Ainsi, alors qu’à l’extérieur du temple la vague nouvelle de la tragédie subie par feue Sa Majesté se répand aussi vite auprès des fidèles que ceux-ci se répandirent en prières de bonne santé pour leur souverain en occupant les rues du centre-ville dans ce que les visiteurs dytoliens verraient comme un mauvais flashmob, à la limite entre le kitsch et le burlesque réunissant des centaines de khelkadeshis de toutes provenances prosternés dans la poussière tandis que plusieurs, dont des moines, récitent de manière coordonnée des mantras, de toute leur voix et les yeux fermés. Le bâtiment se révèle dès lors inaccessible aux secours, et c’est donc dans un hélicoptère militaire, escorté de deux appareils identiques, que feue Sa Majesté sera exfiltrée du Grand-Temple de Sidu et emmenée à l’hôpital de Mahpatan, à quelques kilomètres de là, afin d’être soignée pour ce qui est annoncé à la foule massée à l’extérieur du Grand-temple comme étant une « faiblesse soudaine du cœur », c’est-à-dire une crise cardiaque. Hélas, plus aucun citoyen moyen ne verra le visage animé de vie de feue Sa Majesté Sudhakar Tribhuvan Dhamala. En effet, c’est lors du voyage entre Situ et Mahpatan qu’elle s’éteindra ; et les médecins de l’hôpital ne purent que confirmer la mort du souverain devant, en tous cas l’imagine-t-on, les membres de sa famille ayant fait le rapide déplacement de Mahinagar à Mahpatan par avion. Parmi ceux-ci, celui qui vient de succéder à son père, Sa Majesté Jagannath Prawal Dhamala, qui fera sa première annonce officielle en tant que souverain à l’extérieur de l’hôpital, annonçant, les yeux humides, le décès de son père.
Très vite, toutefois, des rumeurs émergèrent quant aux circonstances de la mort de feue Sa Majesté. Si certains, amers, affirmèrent que c’était son fils qui en était responsable, qu’il avait sûrement demandé aux médecins d’oublier leur serment et de ne pas tenter de réanimer son père, cela semble hautement improbable, et nul khelkadeshi ne pourrait affirmer cela sérieusement tant cela serait un outrage envers la dynastie Dhamala et le Noble Royaume tout entier. D’autres, et l’hypothèse est plus plausible, estiment que la crise cardiaque ne serait pas due à l’âge de feue Sa Majesté, mais à un poison qui lui aurait été administré à son insu. Cette thèse rapidement été adoptée par beaucoup, et leurs craintes furent étayées par des déclarations à demi-mot de certains médecins ayant côtoyé le souverain dans ses derniers instants. Dans ces déclarations, deux médecins, l’un de l’hôpital de Mahpatan, l’autre de Situ et ayant fait partie des premiers à examiner le souverain, au Grand-temple bouddhique, évoquèrent que s’ils étaient convaincus que feue Sa Majesté était atteinte d’une crise cardiaque, en ce sens que son cœur avait cessé de battre au moins quelques instants, ils étaient plus que dubitatifs quant à ce qui avait causé cette crise. Bien que l’autopsie ait été de manière tout à fait compréhensible refusée en bloc par la famille Dhamala, ces-derniers souhaitant que le défunt soit traité comme le veut la tradition du rite funéraire aérien et donc déposé en haut d’un sommet pour être laissé aux animaux sauvages, peut-être aurait-elle pu permettre de découvrir les circonstances de la faiblesse cardiaque du souverain. De plus, considérant le nombre de personnes chez qui il avait mangé ces derniers temps, la prévisibilité de ses visites et le fait qu’il laissait à ses hôtes le soin de préparer la nourriture, afin d’analyser par la nourriture aussi le quotidien de ses sujets, il faut reconnaître que la situation était on ne peut plus dangereuse, et que l’administration d’un poison n’aurait pas été une grande épreuve pour un opposant mal intentionné. Ainsi, la prédiction de feue sa Majesté, en amont de sa tournée nationale, quant à la fin proche de ses jours s’est-elle réalisée, trop tôt et bien tristement.
Avant d’achever cet article, j’aimerais adresser un message aux potentiels complotistes : si rien de tout cela n’est ne serait-ce qu’étudié par les nouvelles autorités, cela ne veut pas dire qu’ils cachent quelque chose, mais bien qu’ils sont aujourd’hui encore endeuillés et dans l’incompréhension face au décès soudain d’un père aimant et aimé, la mémoire duquel sera sûrement, en tous cas l’espérons-nous, bientôt célébrée. Que des festivités soient annoncées par Sa Majesté ou pas, elle vient, en compagnie de l’Assemblée Parlementaire, de rendre un immense hommage à son père, en commençant la prise de mesures dans l’objectif de rouvrir aux étrangers les frontières du Khelkadesh ; cela est tout à son honneur, et ne fait que renforcer l’excellente image qu’a Sa Majesté en son Noble Royaume. Espérons que sa popularité reste au beau fixe et que sa sécurité ne soit jamais un problème, pour le bien du pays et de ses habitants, car l’instabilité n’est jamais une bonne nouvelle. De plus, même si aucune fête nationale n’est annoncée, de nombreuses municipalités et groupements de citoyens ont déjà annoncé divers événements, de l’inauguration d’une place à un festival durant plusieurs jours, en mémoire de feue Sa Majesté et son action pour le pays.[/justify]
[right]Tushar Khadka,
Journaliste.[/right]
Posté : sam. janv. 18, 2020 9:47 am
par Prexo
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Le 23 février 2041,
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Sa Majesté lisant l’allocution.
Sa Majesté se veut confiante et optimiste quant à l'avenir du Khelkadesh[/center]
[justify]Hier dans la journée, les grands médias d’information étaient réunis, sur demande de Sa Majesté Jagannath Prawal Dhamalam, dans le Salon d’Accueil du Grand Palais de Mahinagar, afin de comprendre, retransmettre et commenter la prise de parole du souverain de notre Nation. En plus des journalistes envoyés par une quarantaine de journaux de plus ou moins grande importance, généralement habitués à être conviés à ce genre d’événements, s’ajoutaient une grosse dizaine d’envoyés d’émissions radiodiffusées d’information. Une première, signe sans doute de la volonté de Sa Majesté de montrer l’exemple de la modernisation des habitudes du pays, qu’il estime nécessaire autant que son ouverture au reste du monde.
En effet, dans sa courte annonce, lue avec une conviction empreinte de calme et de patience, Sa Majesté évoqua longuement les problèmes du pays, montrant la connaissance qu’il a de ses terres et de ses sujets. Ainsi, après avoir conventionnellement remercié les journalistes et autres auditeurs pour leur présence, il a immédiatement dit sa tristesse personnelle de voir tant de ses sujets vivre dans une pauvreté extrême, que nul humain ne devrait vivre. « Si la recherche du profit est une habitude humaine devenue si naturelle qu’elle s’approche à présent de l’instinct et qu’elle ne peut plus, en bonne intelligence, être reniée, au Khelkadesh tout du moins, l’observation de ses conséquences est nécessaire. En tant que souverain, je ne puis accepter de voir tant de mes sujets en souffrir. » Sa Majesté a ainsi reconnu qu’il lui semblait intenable de savoir un quart de la population, soit environ 15 millions de personnes selon une estimation récente menée par la Commission Parlementaire à la Démographie, vivre dans une pauvreté extrême. Sans le dire, il a ainsi fustigé le manque de possibilités offertes à nos concitoyens pour se sortir de la pauvreté par leurs propres moyens.
Bouddha nous a entre autres appris la compassion ; il ne fait aucun doute qu’en tant que société nous nous sommes laissés aller et avons fermé les yeux sur les difficultés vécues par notre propre sang collectif. De la même manière que nous considérons que tout organisme vivant mérite à la fois de vivre et d’être traité comme un membre de notre propre famille, il est insupportable de voir un quart des khelkadeshis vivre dans la pauvreté extrême. Si les possessions matérielles ne doivent jamais être regardées comme nécessaires au bonheur et à l’éveil, il me semble que nous pouvons nous accorder collectivement sur le principe de croissance commune, selon lequel si les plus fortunés d’entre nous connaissent une amélioration de leur niveau de vie, la même évolution doit être connue par nos concitoyens les plus pauvres, et tous ceux entre les deux également. C’est le niveau de vie de la société toute entière, c’est-à-dire de toutes ses strates, que nous devons améliorer. L’argent n’est qu’une preuve matérielle de la puissance de quelqu’un, elle ne doit pas déterminer sa capacité à vivre.
Il semblerait que l’Assemblée Parlementaire ait passablement oublié ce principe, pourtant introduit par le grand-père de Sa Majesté, feue Sa Majesté Tenzen Thaila Dhamala, lorsqu’il annonça sa décision de demander aux Parlementaires que lui soit accordé le droit de fermer nos frontières aux étrangers, il y a tout juste un siècle. Il ne semble pas que Sa Majesté, en revanche, l’ait oublié, tant son allocution était vibrante de l’amour qu’il porte à ses sujets et de la prospérité qu’il leur souhaite et pour laquelle il souhaite tout mettre en œuvre. Là où l’allocution de Sa Majesté devint réellement intéressante intervint peu après. En effet, de la même manière que cet argument fut utilisé pour annoncer la fermeture des frontières, Sa Majesté l’utilisation cette fois, dans une phrase formulée de la même précise manière que son grand-père, mais cette fois pour demander à l’Assemblée Parlementaire le droit de rouvrir les frontières aux étrangers – et aux khelkadeshis souhaitant en sortir. Ainsi, sans jamais mettre en cause la décision de feue Sa Majesté Tenzen Thaila, en réutilisant même ses tournures de phrases pour montrer la reconnaissance et la continuité jusque dans les pauses qu’il respectait afin de reprendre son souffle, Sa Majesté annonça la décision positive des parlementaires quant à la ratification de son décret royal demandant la mise en œuvre de mesures qui amèneront à la réouverture des frontières du Noble Royaume le 1er juin 2041 à midi (OMT+6). Comment ne pas être émerveillé de voir la beauté des mots et celle de leur utilisation si précise, si minutieuse, si poétique ? Presque tel un poète nippon et sans jamais remettre en cause la décision de son ancêtre, en la validant même, voilà Sa Majesté décidant de changer de direction, estimant le moment venu. Et me voilà moi, humble journaliste, bien embêté à l’idée de devoir rapporter ces propos le plus justement possible. Je ne puis retranscrire une telle beauté.
Ce que je puis faire en revanche, c’est – en plus de décrire la magnificence de l’instant que, j’espère, vous aurez senti autant que moi en lisant ces lignes – commenter la suite de l’allocution de Sa Majesté, ce que je m’apprête à m’empresser de faire. En effet, après avoir, ainsi donc, montré sa compassion et annoncé la nouvelle justifiant sa prise de parole, provoquant de timides applaudissements chez les journalistes radios, hélas pour eux les derniers informés et les moins au fait du protocole à respecter, Sa Majesté adressa à la Nation un message d’espoir quant à l’avenir du Noble Royaume : « Bien que la peur de l’autre soit naturelle dans notre situation, il n’y a ici aucune raison de la laisser nous contrôler et nous perdre. Le Noble Royaume se porte bien, et il est amené à se porter mieux encore dans le futur grâce à la force de tous ses habitants, ses plus éminents à la même mesure que tous les autres ; et par les autres, j’inclus aussi certains ressortissants étrangers qui seront amenés à vivre et travailler dans notre société, sur notre territoire et selon nos lois, non dans le chaos. Si cela se révèle nécessaire, nous déplacerons l’Adhanalaya pour que cela soit respecté. » Au-delà de la confusion possible (mais peut-être involontaire, sait-on jamais) avec son propre fils, Son Altesse Royale le Prince Héritier Adhanalaya Pratha Dhamala, Sa Majesté montre bien à quel point il est prêt à se donner lui-même, corps et âme, quitte – pouvons-nous en douter ? – à abandonner sa réincarnation, pour le bien de son peuple ; quel bon Roi, quelle chance nous avons. De plus, Sa Majesté a tout à fait raison : notre terre est riche, des sous-sols au plus hauts sommets. Des sols aux importantes concentrations en terres rares ont récemment été découverts entre Vaddsulla et Sarni et seront sûrement amenés à être exploités dans peu de temps. Nos champs sont toujours plus fertiles, disposant d’engrais plus adaptés et d’agriculteurs mieux informés aujourd’hui qu’hier sur la façon de gérer leur exploitation. Quant à nos sommets, s’ils ne peuvent évoluer au rythme que souhaitent leurs riverains, s’ils disposent de peu de choses à exploiter sinon leur présence, leur magnificence et leur ampleur, au moins pourrons-nous bientôt inviter tous ceux qui n’en sont pas conscients à les contempler : ainsi, comme le sous-entendait sans doute Sa Majesté, le tourisme est une grande richesse de notre territoire que nous pourrons aisément développer, dans un futur proche, afin d’améliorer encore le niveau de vie de tous les khelkadeshis. En guise de conclusion, je me permets de vous retranscrire mot pour mot la dernière déclaration de Sa Majesté, laquelle peut être dispensée, je le pense, de commentaires ne faisant qu’obstacle à un message tout à fait compréhensible au moins lettré d’entre nous.
« Enfin, je ne pourrais conclure cette allocution sans aborder un sujet qui m’est personnellement cher, et qui je l’espère vous l’est également. Le 24 mars prochain, nous organiserons des festivités en hommage à feue Sa Majesté mon père, Sudhakar Tribhuvan Dhamala. Je me rendrai dans la matinée au Grand-temple de Sidu, où je m’entretiendrai avec certains religieux, puis aurai l’honneur d’inaugurer une installation précieuse dans un des parcs de Mahpatan. Si j’ai la chance de pouvoir me rendre entièrement disponible en cette journée chère à mon cœur, je souhaite que nous tous, en tant que récipiendaires de ses justes et avisées décisions, nous consacrions au moins une seconde à sa mémoire au cours de cette journée. Je vous remercie de votre attention. »
[right]Balram Yadav Zeeman,
Journaliste bénévole,
Professeur de littérature au lycée n°4 de Mahinagar.[/right]
Posté : sam. janv. 18, 2020 9:48 pm
par Prexo
[center][img]https://i.imgur.com/bxNUyql.png[/img]
Le 25 février 2041,
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Le Registon, à Tchardjou, une des merveilles historiques karmales.
Signature et publication d’un traité de coopération entre le Noble Royaume et le Karmalistan[/center]
[justify]Le 21 février, Sa Majesté s’est rendue à Karagol, la capitale du Shakhanat karmal, afin de rencontrer son homologue Mamta Ismaïla Shakhan, souveraine du Karmalistan. Selon les informations offertes par le Ministère des Affaires Extérieures du Khelkadesh après la fin de la rencontre, ce sont les services karmals qui ont pris l’initiative de contacter le chef de la diplomatie khelkadeshie, M. Vikram Inderpal Devadas, lequel a fait suivre la requête à Sa Majesté. Difficile de dire que c’est une mauvaise décision : il paraît logique et respectueux que de transmettre toute missive à la personne aux fonctions les plus équivalentes – protocolairement tout du moins – à celles de l’envoyeur. Ainsi, comme l’a annoncé par la suite M. Devadas, des contacts ont eu lieu entre les deux Ministères des Affaires Étrangères pour préparer la venue en la capitale karmale de Sa Majesté. Si l’humilité fait partie de ses qualités évidentes, il est un minimum de préparation et de faste qui doit lui être réservé en tant qu’invité à une réunion diplomatique ; il en est évidemment de même pour sa contrepartie karmale.
Une fois les préparatifs achevés, c’est le 20 février que Sa Majesté a fait le déplacement jusqu’à Karagol. Considérant l’absence de routes goudronnées traversant les montagnes représentant la frontière entre les deux pays, Sa Majesté se déplaça en avion, un avion de transport militaire repeint et redécoré pour accueillir notre Souverain. Selon une source au Palais royal, le transport de Sa Majesté n’avait pas été prévu en amont de cette première rencontre internationale depuis la fermeture des frontières, et l’achat d’un avion civil fait à présent partie d’une longue liste de produits dont faire l’acquisition avant de prochaines rencontres. Si nous n’avons aucune information fiable sur la manière dont se sont déroulées les discussions à Karagol ou l’état d’esprit de Sa Majesté à son retour, nous disposons de la copie du traité au bas duquel les représentants khelkadeshis et karmals apposèrent leur signature, la ratification par l’Assemblée Parlementaire, nécessaire pour l’entrée en vigueur du traité, rendant de facto public le document. Il est ainsi possible de dire que les sujets abordés furent divers, allant de la reconnaissance mutuelle à l’échange de pièces entre nos musées respectifs.
S’ouvrant par ce qui, paraît-il, est un document de base entre les Nations, c’est-à-dire l’accord de reconnaissance mutuelle, sans lequel les relations entre les États n’auraient ni sens ni légitimité, le traité karmalo-khelkadeshi se poursuit par ce qui s’appelle dans le jargon diplomatique un « échange d’ambassades ». De par les article 5 et 6 du traité s’installera bientôt à Karagol une délégation khelkadeshie permanente, ayant pour objectif de représenter à la fois Sa Majesté, son gouvernement, l’Assemblée Parlementaire et le peuple khelkadeshi tout entier auprès des institutions karmales ; que ces institutions soient formelles ou informelles, ainsi certaines entreprises et associations, si elles souhaitent prendre contact avec le gouvernement khelkadeshi pour une raison ou une autre, pourront se rendre à Karagol et demander à discuter avec l’ambassadeur. Autant dire que c’est une mission importante, et qu’il est nécessaire de choisir correctement notre représentant. Comme annoncé par le Ministère des Affaires Extérieures, c’est à la Commission des Nominations Internes que sera attribué la tâche de nommer le chef de la mission diplomatique. Toutefois, considérant l’importance de la fonction, c’est Sa Majesté qui proposera un nom à la Commission, et si elle n’est pas obligée d’écouter la proposition royale et peut proposer son propre candidat, au moins y est-elle grandement invitée. Les discussions sont encore en cours au sein de la Commission, et le verdict ne devrait pas être donné avant encore quelques jours, afin de respecter la capacité d’information de tous les députés membres. Il est dit, toutefois, que le favori est le candidat de Sa Majesté, M. Yazdan Gakhar, qui se trouve être l’actuel maire de Padwal, la grande ville la plus proche de la frontière karmale, et une des rares personnalités officielles à être – ouvertement, en tous cas – de confession musulmane. L’idée de ce choix, selon le Ministre des Affaires Extérieures, est de faciliter la compréhension des coutumes mutuelles, de représenter un pont entre les deux cultures proches géographiquement et pourtant si distantes. Le choix de la Commission parlementaire n’est donc, une fois encore, pas une tâche aisée sans conséquence, mais une de ses plus historiques décisions : avec la mission qui l’accompagnera, l’ambassadeur au Karmalistan fera partie des premiers khelkadeshis à quitter le pays depuis un siècle, devançant ses compatriotes de trois à quatre mois.
Au mois de juin, en effet, une fois les frontières rouvertes au plus grand nombre, d’autres clauses de l’accord avec les autorités karmales pourront être mises en œuvre. Pour respecter les dispositions des accords commerciaux, quant à l’import et l’export de ressources et marchandises entre les deux pays, une route sera construite entre Padwal, et le Karmalistan, probablement la ville de Gunduz, celle-ci étant la plus proche du réseau routier khelkadeshi. L’autre possibilité, selon une source au Ministère, serait la construction d’un grand axe entre Balnagar et Khaïbar, lequel profiterait d’un relief moins contrasté que plus au nord. Il est toutefois fort possible qu’un tel projet ne soit que le résultat d’une étude sur les futures coopérations transfrontalières envisageables. En attendant, les routiers qui traverseront la frontière à l’avenir le feront sur des routes dangereuses et escarpées dans les cols du Garudaparvata, et risqueront leur vie pour transporter tout ce dont les deux pays ont trop ou trop peu : de l’argent, de l’or, du platine, du dihydrogène khelkadeshis et du charbon, des textiles, de l’acier, des tapis karmals. Il est à noter que l’accord commercial précise également que des engins de chantier modernes, à savoir des excavatrices géantes (minimum 240 mètres de long pour 96 mètres de haut), des tunneliers ou des machines pose-rail (d’autres grosses machines) devront également pénétrer le territoire khelkadeshi ; et l’on imagine difficilement lesdites machines être posées sur des camions pour traverser les montagnes karmalo-khelkadeshies, au vu de l’escarpement des voies qu’ils emprunteront. Si ces détails n’ont pas encore été abordés, selon notre source au Ministère, plusieurs solutions existent : le transport par hélicoptère, considérant le caractère exceptionnel de ces déplacements, mais aussi l’achat des pièces détachées et le montage de celles-ci sur le territoire khelkadeshi. Si la dernière est la plus probable, la précédente est peut-être la moins chère : le Noble Royaume n’a pas vocation, pour l’instant du moins, à utiliser fréquemment ce genre d’engins.
Il est toutefois un projet international auquel le gouvernement participera selon le Traité de Karagol, et c’est le projet des Nouvelles Routes de la Soie (NRS), dont le tracé est déjà assez fixe en Marquésie, de la Valdaquie au Karmalistan et au Liang en passant notamment par l’Atransahr, ou du Liang aux Valvatides en passant par un passage du Nord-ouest qu’appellent sûrement de leurs vœux les investisseurs liangais et valvates. Mais le Karmalistan n’a pas vocation à être la fin de la ligne terrestre entre l’extrémité orientale de la Dytolie et l’entrée de la Ventélie et de la Janubie ; c’est là qu’intervient le Khelkadesh, dont l’accès aux mers de Ventélie en fait un bon candidat au transport des biens en provenance du Karmalistan et en direction du Kaiyuan, concurrençant ainsi le « passage du Dar », cette voie d’eau partiellement artificielle séparant la Janubie de la Marquésie et de la Ventélie en passant par le canal d’Ashurdabad en Eashatri. Pour mettre en place cette route, Sa Majesté a convenu avec son homologue karmale de la construction de voies ferrées entre les deux pays, probablement allant de Wenlijhaven jusqu’au réseau ferré karmal. Si l’inexistence actuelle d’un réseau de chemin de fer au Khelkadesh rend la tâche et les investissements nécessaires immenses, cela ne peut qu’être positif pour l’économie du Noble Royaume, dont les voies fluviales, très utilisées jusque-là pour le transport de marchandises, commencent à être congestionnées. C’est pour ce projet de voies ferrées que les autorités karmales ont souhaité convenir de l’import de machines telles que des tunneliers et d’autres pouvant poser des rails ; mais creuser des tunnels dans les montagnes les plus hautes du monde ne sera pas aisé, et devrait même réveiller quelques mécontentements locaux, devant les changements radicaux que cela engendrera pour les riverains de la future ligne de chemin de fer – bien que cela puisse être contrebalancé par les prévisions de retombées économiques pour ces mêmes riverains. L’oléoduc, en revanche, ne devrait pas gêner grand monde, si ce n’est une partie du paysage, et représenter une opportunité pour le port de Wenlijhaven et les entreprises installées à proximité. Le Secrétaire au Commerce a d’ores et déjà précisé réfléchir à l’installation d’une zone économique spécifique à proximité directe du port, afin d’inciter les entreprises khelkadeshies et étrangères à s’y installer ; le projet en est à ses premières heures toutefois, et il n’a pas vocation à être utile avant plusieurs mois.
C'est sans doute à la fin de la rencontre que Sa Majesté et son homologue karmale ont abordé les sujets militaire et culturel, convenant de classiques exercices militaires communs et d’échanges pouvant choquer les plus prudes d’entre nos concitoyens. Ainsi, il sera possible, dans les mois et années à venir, de croiser des étudiants et professeurs étrangers dans les grandes universités de notre pays. En effet, en plus de s’accorder sur l’apprentissage du khelkadeshi au Karmalistan et des langues tadjik et ouzbek dans les écoles khelkadeshies, les deux souverains se sont accordés sur des échanges organisés entre étudiants et professeurs de nos universités, afin sûrement de créer un esprit de corps entre les générations à venir et ceux les éduquant. Si cela peut choquer un certain nombre de khelkadeshis, très frileux à l’idée de rencontrer des étrangers, plus par ignorance que par méchanceté, et malgré les enseignements de Bouddha au sujet de la rencontre de l’autre et de l’opportunité que cela représente pour sa propre compréhension et l’amélioration de sa compassion pour autrui, d’autres – spécialement les plus éduqués d’entre nous, soient les universitaires – peuvent avoir besoin de ce genre d’échanges internationaux afin d’ouvrir leur champ de connaissance et de ne pas rester enfermés dans un vase clos, un ensemble de schémas de pensée dommageable pour la réflexion et la recherche de l’inconnu tel qu’on les pratique dans nos universités, lesquelles sont de toute façon déjà très inspirées des modèles dytoliens depuis le début de la colonisation. Enfin, et c’est peut-être la clause la plus réjouissante à court terme, Sa Majesté s’est engagée à ce que le Musée Royal de Mahinagar envoie certaines des pièces composant sa collection au Karmalistan, en échange de pièces karmalies. Quelle chance pour nos universitaires, moines, penseurs en général, mais surtout pour les plus moyens d’entre nous, qui pourrons admirer l’art karmal de différentes époques dans des expositions y étant consacrées ! Peut-être ces pièces pourront-elles ensuite être déplacées dans d’autres musées de par le pays, car à coup sûr réjouiront-elles les habitants de n’importe quelle grande ville.
Enfin, il est certain que la coopération entre le Noble Royaume et son voisin septentrional n’est qu’à ses débuts, et qu’avec cet ensemble de traités les deux gouvernements ont dégagé le terrain, sans véritablement entrer autant dans le détail que certains l’auraient voulu. Il est tout aussi certain, ainsi, que la coopération perdurera, s’amplifiera, et qu’elle ne pourra aller que dans le sens d’une imbrication plus poussée des économies et des cultures des deux Nations. Ce futur, jusqu’ici, est plébiscité par les parlementaires, la ratification du Traité de Karagol n’ayant trouvé que 17 opposants sur les 633 membres de l’Assemblée – une grande victoire en amont de l’ouverture de nos frontières au 1er juin Au Ministère des Affaires Extérieures, la situation est également vue comme une très bonne nouvelle, notamment pour les candidats à des postes dans ce même Ministère, ses effectifs et son utilité devant être revus à la hausse dans les mois qui viennent alors qu’ils étaient au plus bas depuis 1931. D’autant plus que, de sources internes, d’autres rencontres sont à prévoir dans l’avenir. Et bien qu’aucun nom ne circule, il ne fait pas de doute que le Sengaï, la deuxième puissance locale, voisine directe du Khelkadesh au tant que le Karmalistan, doit faire partie de la liste, considérant, qui plus est, la proximité culturelle entre le Royaume du Sengaï, bouddhiste et abritant des peuples montagnards népalais et tibétains, avec le Noble Royaume de Sa Majesté.[/justify]
[right]Parvesh Kuldeep Bhasmat,
Journaliste.[/right]
Posté : jeu. janv. 23, 2020 3:24 am
par Prexo
[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/23/Headline-Bharapura-Bihana1f79d48a1bc4905c.png[/img]
Le 8 mars 2041,
[img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/23/BB-Ouverture-dune-mine-de-terres-rares-a-Pagiri.jpg[/img]
Justus Kuiper (à gauche) était heureux de rencontrer un parterre d’acteurs économiques et politiques pagiriens.
La Mijncompagnie s’étend jusqu’au district de Pagiri, motivée par les terres rares[/center]
BUSINESS. [justify] La rencontre avec le Karmalistan, symbole de l’ouverture du pays aux événements extérieurs, ne cesse d’apporter de bonnes nouvelles ! À Pagiri, personne n’aurait pu le prévoir, et pourtant : le gouvernement a annoncé à travers un communiqué du Ministère de l’Économie l’ouverture prochaine d’une mine de terres rares au sud du district. Sur des terres qui seront rachetées aux locaux, dans des conditions qui n’ont pas été rendues publiques et ne le seront sûrement jamais, et avec l’aide financière de l’entreprise d’extraction minière Bergwenlijische Mijncompagnie, une des dernières Sociétés Associées de la Compagnie coloniale néerlandophone, s’étant maintenue à flot grâce aux mines qu’elle exploite depuis le XVIIIe siècle. Intéressant clin d’œil historique, lorsque l’on pense que la Mijncompagnie fut la première société à creuser une mine d’or au Khelkadesh. La profondeur des gisements sur le territoire du Noble Royaume couplée à la faible technologie des locaux, et à leur plus grand intérêt pour la guerre et la spiritualité, ne poussèrent jamais les khelkadeshis à tenter de creuser leurs précieuses montagnes à la recherche d’un minerai jaune dont ils avaient très peu entendu parler et n’ayant pas d’autre utilité que de rayonner au soleil. La seule valeur qu’avait l’or à leurs yeux était qu’il devait bien plus leur appartenait qu’à leurs colonisateurs.
Si l’exploitation des mines khelkadeshis fut ininterrompue depuis l’arrivée de la Bergwenlijische Compagnie et de ses Sociétés Associées, elle ne s’est pas toujours fait au même rythme et pour le compte des mêmes acheteurs. Pendant le siècle de fermeture des frontières au étrangers, bien que le port de Wenlijhaven est resté accessible aux commerçants Dhaccas et étrangers, l’or, l’argent et le platine faisaient partie des produits interdits à l’exportation, feue Sa Majesté estimant que le commerce international était un danger pour la quiétude du Noble Royaume et que cela faisait partie des raisons l’ayant poussée à ordonner la fermeture des frontières. Certaines rumeurs affirment toutefois que des quantités d'or ont réussi à quitter le pays même pendant le siècle de fermeture. Cela tient sans doute davantage de la méfiance culturelle à l'égard des Dhaccas et de leur supposée inclinaison naturelle au profit ; mais cela ne serait pas tout à fait étonnant, avouons-le. Quoi qu’il en soit, ils seront bientôt à même d’exporter légalement leurs produits miniers, transformés ou non, et donc de relancer leur production. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que les autorités de la Mijncompagnie annoncent également, dans un futur proche, différents projets de modernisation de leurs équipements et de leurs investissements, considérant la vétusté de la plupart de leurs infrastructures d’extraction ! À présent que l’entreprise dispose de débouchés assurés et d’un plan qui s’éclaircit de jour en jour quant à la façon dont le Noble Royaume rouvrira ses frontières et amorcera son retour sur la scène du commerce international, les actionnaires de la Mijncompagnie devraient être rassurés et voir enfin un sérieux retour sur investissement pointer le bout de son nez. En effet, Sa Majesté et son homologue karmale se sont accordés sur la vente d’or, d’argent, de platine et de terres rares sur le marché karmal. Le débouché étant assuré et fiable, considérant la puissance de l’économie de notre voisin occidental (plus de 142 milliards de dollars internationaux de PIB) et la force de son gouvernement au sein de ses frontières, il n’est nul doute que la Mijncompagnie va être amenée à grandir dans les mois et années à venir.
Et puisque l’or, l’argent et le platine sont déjà exploités sur le territoire khelkadeshi, il ne restait qu’à ouvrir une mine de terres rares pour satisfaire la demande karmale. Sa Majesté, dans son attention au bien-être des entreprises du Noble Royaume, a communiqué lors de son déplacement à Karagol ce que la Commission Parlementaire à la Gestion du Territoire avait fait savoir au gouvernement et aux entreprises intéressées quelques années auparavant, à savoir que des sols riches en terres rares ont été découverts à l’extrême sud du district de Pagiri. Dans cette bourgade d’à peine plus de 100 000 habitants où les activités commerciales principales sont la production de jute, la confection de tissus et la fabrication de fromages, l’ouverture de la mine est accueillie comme une bonne nouvelle. En effet, cela placera la ville sur la route d’accès à la mine, offrant sûrement du travail à ses habitants et faisant connaître leur nom qui, en dehors de cela, n’est qu’un nom de plus sur une carte des districts qui en contient déjà beaucoup et qui, puisqu’elle est affichée dans toutes les classes du pays, n’a que guère d’intérêt pour la grande majorité des élèves – et ce n’est pas moi qui les blâmerai.
M. Justus Kuiper, le Président de la Bergwenlijische Mijncompagnie, a d’ores et déjà annoncé avoir remercié le gouvernement pour le partenariat naissant entre eux en annonçant en souhaiter la longévité. Il s’est également rendu sur place, pas aussi discrètement que les locaux l’auraient souhaité, pour prendre des photos avec le maire de Pagiri ainsi que d’autres officiels et collectifs locaux, promettant des emplois et une gestion responsable de la zone et de toutes les formes de vie qui peuvent s’y trouver, ajoutant ainsi que, comme il convient de le faire, l’excavation sera doublée de la recherche d’êtres vivants, lesquels seront déplacés à l’extérieur du site tandis que des moines bouddhistes et hindouistes seront, évidemment, appelés pour accompagner ledit déplacement. M. Jayendra Amarjeet Prasant, le Ministre de l’Économie et du Travail, s’est dit confiant quant aux capacités de la Mijncompagnie de gestion responsable du site, précisant que des accords précis avaient été passés entre l’entreprise et le gouvernement afin d’entretenir le secteur minier khelkadeshi et aider à la relance de l’entreprise, laquelle est vue comme devant devenir dans les années à venir un élément important de l’économie du Noble Royaume, que ce soit en nombre d’emplois ou en rayonnement international.[/justify]
[right]Raina Subedee[/right]