Posté : mer. déc. 25, 2019 7:57 pm
[center]LE CYCLE DES POLITICIENS
- Chapitre 1 : Les ruines de l’Ancien Monde -
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https://i.ibb.co/WPBWVmP/rebecca-lilith-bathory-9f90405e-6c98-4a85-be5d-22102d59722-resize-750-1577303761-14906.jpg[/img][/center]
Les débris de bois grinçaient sous le poids des bottes des soldats. Un air humide se répandait dans ce qui avait été jadis le bureau du Président de la République. Désormais, ce lieu n’était qu’un espace dévasté, mis à sac et ruiné. Le bureau sur lequel tant de décrets avaient été signés était renversé et brisé en deux. A travers les fenêtres panoramiques, on pouvait voir les ruines du quartier présidentiel, détruit tant de fois dans le cadre de cette longue guerre civile. Le désastre était complet et la victoire obtenue en ce jour par les rebelles amère.
Youri Jansman se tenait à l’entrée du bureau, escortée par trois soldats à chaque flanc. Observant ce lieu si symbolique, il conclut.
« Décidemment, je m’étais imaginé ce moment nettement plus solennel. »
Il s’avance dans la chambre, regardant une sculpture dont la tête avait été détruite et le corps mitraillé. Certainement une déesse antique, quelque chose de bien trop kitsch pour les tropiques. Jansman continu.
« Je pense que l’expression régner sur tous les cendres gagne toute sa signification ici. »
Il se penche pour ramasser un livret à moitié cramé. Une copie de la constitution de la Commonalité.
« Voilà qui risque peu de nous servir. Doux l’âge où les guerres étaient celles entre politiciens se battant pour des articles sur un bout de papier. »
Il lâche le document, le laissant retomber sur le sol. Au contraire de ce que pensent les idéalistes, le pouvoir des serments et papiers avait la vilaine habitude de succomber à une balle de 9 millimètres.
Un autre homme entre en scène, la cinquantaine, aux traits négroïdes et dotée d’une barbe crépue cendrée. Mechiel Ahlers porte l’uniforme noire des Fils d’Adam, une des nombreuses factions militaro-religieuses du pays.
Une bonne guerre civile était un excellent puit de fanatisme, générant les énergies créatrices que seule la destruction la plus irrationnelle sait enfanter. C’est dans le chaos que nait la conviction d’un nouvel ordre ; dans le sang qu’émerge la Roue de la renaissance civilisationnelle. Une année de guerre enlève toutes les inhibitions, tous les tabous, tout ce qui gangrené un peuple pendant une trop longue période de temps.
« Deus vult » lance Ahlers. Dieu le veut, un cri de guerre qu’il prononce sans fureur, avec une voix ferme, mais qu’on penserait presque douce. Il avait cette capacité à ordonner des exécutions avec la même sérénité qu’un grand-père racontant une histoire à ses petits-enfants.
« Il aura décidemment beaucoup de travail de reconstruction à faire. » conclut le Bourreau de Goldstad, souriant en direction de Youri Jansman. Ce dernier se contente de répliquer.
« Je crains hélas que ce palais sera loin d’être une de nos premières priorités. Et à quoi bon vouloir s’attacher au passé ? Les ruines d’époques révolues ne nous intéressent pas. Les temples de demain ne peuvent que mal reposer sur les fondations sinueuses de constitutions idéalistes, mais incapables de subvenir aux contraintes de la nature humaine.
On a trop longtemps pensé que nous pouvions créer le Paradis sur Terre. En vérité, il convient aux dirigeants de prévenir l’Enfer, la lutte de tous contre tous. C’est ainsi que notre nature nous oblige à user de la force afin de prévenir le chaos naturel. »
Mechiel Ahlers hoche les épaules et répond à ces paroles.
« Je ne serais pas si pessimiste. Certes, ceux qui ont vécu ici étaient bien naïfs de croire que la liberté absolue rendrait l’homme heureux, mais l’Homme est un être perfectible. Il peut par une éducation sévère mais juste atteindre un stade d’élévation moral supérieur. Nous pouvons par une culture de la fermeté enchainer la Bête qui est en nous afin d’acquérir une nouvelle liberté, celle de ne pas être esclave de nos instincts et désirs. Toutefois, je crains que nos débats philosophiques n’aideront peu en cet instant précis. »
Il s’avance dans le bureau et proclame.
« Fouillons ce lieu, trouvons ce qui peut nous être utile et retournons au siège. Je pense que nous sommes tous d’accord sur le fait que le temps presse. Plus vite nous pourrons remonter un appareil gouvernemental opérationnel, plus vite nous pourrons commencer la reconstruction du pays. »
- Chapitre 1 : Les ruines de l’Ancien Monde -
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Les débris de bois grinçaient sous le poids des bottes des soldats. Un air humide se répandait dans ce qui avait été jadis le bureau du Président de la République. Désormais, ce lieu n’était qu’un espace dévasté, mis à sac et ruiné. Le bureau sur lequel tant de décrets avaient été signés était renversé et brisé en deux. A travers les fenêtres panoramiques, on pouvait voir les ruines du quartier présidentiel, détruit tant de fois dans le cadre de cette longue guerre civile. Le désastre était complet et la victoire obtenue en ce jour par les rebelles amère.
Youri Jansman se tenait à l’entrée du bureau, escortée par trois soldats à chaque flanc. Observant ce lieu si symbolique, il conclut.
« Décidemment, je m’étais imaginé ce moment nettement plus solennel. »
Il s’avance dans la chambre, regardant une sculpture dont la tête avait été détruite et le corps mitraillé. Certainement une déesse antique, quelque chose de bien trop kitsch pour les tropiques. Jansman continu.
« Je pense que l’expression régner sur tous les cendres gagne toute sa signification ici. »
Il se penche pour ramasser un livret à moitié cramé. Une copie de la constitution de la Commonalité.
« Voilà qui risque peu de nous servir. Doux l’âge où les guerres étaient celles entre politiciens se battant pour des articles sur un bout de papier. »
Il lâche le document, le laissant retomber sur le sol. Au contraire de ce que pensent les idéalistes, le pouvoir des serments et papiers avait la vilaine habitude de succomber à une balle de 9 millimètres.
Un autre homme entre en scène, la cinquantaine, aux traits négroïdes et dotée d’une barbe crépue cendrée. Mechiel Ahlers porte l’uniforme noire des Fils d’Adam, une des nombreuses factions militaro-religieuses du pays.
Une bonne guerre civile était un excellent puit de fanatisme, générant les énergies créatrices que seule la destruction la plus irrationnelle sait enfanter. C’est dans le chaos que nait la conviction d’un nouvel ordre ; dans le sang qu’émerge la Roue de la renaissance civilisationnelle. Une année de guerre enlève toutes les inhibitions, tous les tabous, tout ce qui gangrené un peuple pendant une trop longue période de temps.
« Deus vult » lance Ahlers. Dieu le veut, un cri de guerre qu’il prononce sans fureur, avec une voix ferme, mais qu’on penserait presque douce. Il avait cette capacité à ordonner des exécutions avec la même sérénité qu’un grand-père racontant une histoire à ses petits-enfants.
« Il aura décidemment beaucoup de travail de reconstruction à faire. » conclut le Bourreau de Goldstad, souriant en direction de Youri Jansman. Ce dernier se contente de répliquer.
« Je crains hélas que ce palais sera loin d’être une de nos premières priorités. Et à quoi bon vouloir s’attacher au passé ? Les ruines d’époques révolues ne nous intéressent pas. Les temples de demain ne peuvent que mal reposer sur les fondations sinueuses de constitutions idéalistes, mais incapables de subvenir aux contraintes de la nature humaine.
On a trop longtemps pensé que nous pouvions créer le Paradis sur Terre. En vérité, il convient aux dirigeants de prévenir l’Enfer, la lutte de tous contre tous. C’est ainsi que notre nature nous oblige à user de la force afin de prévenir le chaos naturel. »
Mechiel Ahlers hoche les épaules et répond à ces paroles.
« Je ne serais pas si pessimiste. Certes, ceux qui ont vécu ici étaient bien naïfs de croire que la liberté absolue rendrait l’homme heureux, mais l’Homme est un être perfectible. Il peut par une éducation sévère mais juste atteindre un stade d’élévation moral supérieur. Nous pouvons par une culture de la fermeté enchainer la Bête qui est en nous afin d’acquérir une nouvelle liberté, celle de ne pas être esclave de nos instincts et désirs. Toutefois, je crains que nos débats philosophiques n’aideront peu en cet instant précis. »
Il s’avance dans le bureau et proclame.
« Fouillons ce lieu, trouvons ce qui peut nous être utile et retournons au siège. Je pense que nous sommes tous d’accord sur le fait que le temps presse. Plus vite nous pourrons remonter un appareil gouvernemental opérationnel, plus vite nous pourrons commencer la reconstruction du pays. »