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Posté : mer. nov. 06, 2019 7:35 pm
par Lychaka
[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2019/45/3/1573068860-bannrpinterne.jpg[/img]

Au coeur de l'Ölan - RP interne[/center]

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Posté : mer. nov. 06, 2019 10:53 pm
par Lychaka
[url=https://www.youtube.com/watch?v=GGL2rdGROfY]Musique[/url]
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« Un loup apprivoisé n'en fait pas un agneau. »
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Proverbe arménien[/center]



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Markar Avakian silonnait l'Ölan depuis presque un mois. Le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1392&t=18267#p358682]décret n°16[/url], publié la veille par le gouvernement par intérim à Eski n'avait été que l'aboutissement légal de l'oeuvre d'unification des nombreuses et diverses forces armées ölanaises au lendemain de la fin de la guerre civile. Le gouvernement par intérim l'avait nommé dans ce but : général auréolé par la gloire de la guerre populaire, ayant notamment commandé les forces révolutionnaires lors de l'ultime bataille d'Eski, son autorité devait lui permettre de soumettre les différentes milices et forces armées qui agissaient certes de concert au sein de la Coalition pour la guerre populaire mais restaient jusqu'ici autonomes, à l'exception du noyau armé de la coalition, composé de forces de l'ancien régime ralliés à la révolution au début de la guerre civile, notamment les marins grecs.

Globalement, les partis révolutionnaires communistes, qui venaient en plus d'obtenir un véritable plébiscite lors des élections de l'Assemblée constituante, n'avaient pas posé de problèmes, voire encourageaient ce mouvement d'unification des milices et des différents groupes armés et de création d'une armée nationale, vu comme la garantie de la sécurité du nouveau régime. En-dehors de quelques officiers orgueilleux le général arménien n'avait pas eu de problème majeur jusque là. Mais sa route le conduisait, inévitablement, jusqu'aux confins du territoire ölanais. Le Rohilat, province perdue & désertique au sud-est de l'Ölan, risquait de lui poser bien plus de problèmes. Là, c'était le règne des tribus, qu'elles soient kurdes ou arabes, et celles-ci entretenaient des relations compliquées avec le nouveau pouvoir, car leurs liens avec l'ancien régime avaient été tout aussi ambigües, entre détestation du centralisme turc et semi-soutien à la dictature face à la crainte de voir les révolutionnaires communistes perturber l'ordre social tribal et clanique régnant dans cette partie du pays.

Le commissaire des armées du gouvernement par intérim n'appréhendait pas de devoir signifier aux tribus que leurs troupes devaient intégrer l'armée ou désarmer, mais il ne s'attendait pas à ce que la partie soit facile. Si les chefs de clan avaient officiellement reconnu le nouveau régime en place à Eski, leurs relations avec celui-ci restaient teintées de méfiance mutuelle. D'autant plus que ces tribus n'étaient pas non plus sans poids. Si leur Comité des Tribus Libres (KEA), liste politique présentée aux élections de la constituante, n'avait obtenu que 3% des suffrages et dix députés, ce n'était qu'en raison du faible poids démographique de cette province historique du pays, largement désertique et peu peuplée. Localement le KEA avait obtenu des résultats notables et contrôlait la plupart des communes à l'exception de quelques centres urbains que le PK et le TYG étaient parvenus à lui ravir. Les tribus possédaient donc une réelle assise dans ce territoire et une capacité de mobilisation des masses dans cette province.

Tandis que la dizaine de 4x4 kaiyuanais de son convoi fonçaient et traversaient le reg à toute vitesse, Markar Avakian était pensif. Il devait rencontrer un représentant du Comité des Tribus Libres l'après-midi même, dans une oasis inhabitée du pays. Il s'attendait évidemment à rencontrer un des chefs de clan qui aurait pris le leadership sur les autres, mais il ne savait absolument pas à qui s'attendre. Ses renseignements n'étaient pas en capacité de savoir ce qui se tramait chez les tribus et cela le frustrait autant que cela le plaçait dans une situation de méconnaissance et d'infériorité agaçant pour son esprit de militaire.

La colonne de 4x4 ralentit soudainement.

- Nous y sommes, déclara simplement le soldat turc qui conduisait le dernier véhicule de la file, celui où se trouvait le général.

Les soldats, vêtus de l'uniforme et des insignes de la nouvelle Armée Nationale Populaire, descendirent rapidement des véhicules, armes en bandouillère, pour escorter le commissaire des armées. Trois hommes, portant les tenues traditionnelles des tribus kurdes, vinrent à leur rencontre. Ils reconnurent en Markar Avakian le plus gradé et l'un d'eux s'adressa à lui en turc :

- Suivez-nous, Dilşad vous attend.

Le général arménien se reprit soudainement, il connaissait ce nom. Il avait à faire à l'un des chefs de tribu les plus puissants du Rohilat et ce n'était donc pas très étonnant que ce soit lui qui représente le KEA. L'expédition du jour lui sembla soudainement moins un traquenard et plus une recontre dans les règles, bien que le lieu en soit étonnant et que sa signification en reste un mystère pour le commissaire des armées.

Avakian et ses soldats suivirent les trois hommes. Ils longèrent l'oasis et ses palmiers sous le soleil brûlant du pays. De l'autre côté quelques tentes avaient été installées et cinq 4x4 étaient aussi stationnés là, des miliciens en faction les observèrent passer et se diriger jusqu'à une tente placée en position centrale et qui était un peu plus grande que les autres.

L'homme qui avait parlé redressa un pan de la tente pour permettre d'entrer et déclara :

- Vous entrez seul, Général.

Le commissaire des armées acquiesça et donna l'ordre à ses hommes d'attendre à l'extérieur. Il baissa la tête et entra dans la tente. Les tapis disposés au sol et quelques coussins étaient tout le confort que son interlocuteur avait décidé de leur accorder, en semi-nomade qu'il était. Il aperçut tout de suite Dilşad, le chef de tribu kurde était d'âge avancé, sa barbe blanche et son corps sec en attestaient, mais son regard restait particulièrement vif.

Les deux hommes se saluèrent sans froideur ni chaleur excessive. Ils s'étaient déjà rencontrés, plusieurs années plus tôt, à l'époque Dilşad était indécis, très conservateur, le chef kurde n'avait soutenu les forces révolutionnaires qu'à demi-mot et Avakian tout comme le gouvernement par intérim étaient convaincus qu'il avait joué un double-jeu. Mais sans preuve, et alors que tous souhaitaient le retour au calme, il était plus sûr d'éviter la confrontation et d'obtenir une intégration progressive des tribus à la nouvelle société ölanaise.

- Ne nous perdons pas en banalités, proclama tout de suite le général, en turc, allons au vif du sujet si vous le voulez bien. Nous savons tous les deux que c'est cette histoire d'armée qui m'amène chez vous.

Le vieux l'observa quelques instants puis répondit tout en leur servant tous les deux un thé noir :

- Très bien, vous avez raison. Si le KEA a tenu à ce que vous veniez en personne, vous le savez, c'est afin de pouvoir relayer nos revendications au gouvernement d'Eski sur cette question.

Markar Avakian prit une gorgée de thé noir, il était très fort. Il décida de présenter les choses de façon très frontale, il savait que son interlocuteur était du genre à temporiser.

- Nous avons en effet cru comprendre que les tribus ne souhaitaient pas désarmer et ne pas faire appliquer le dernier décret du gouv...

Le chef le coupa :

- Ce n'est pas la question, ce n'est pas que nous ne souhaitions pas appliquer la loi. Mais nous trouvons que ce décret est injuste à notre égard et ne tient pas compte de nos spécificités. Vous n'ignorez pas que les tribus ont toujours vécu de façon autonome, et elles ont toujours été armées. Nous ne voyons pas pourquoi cet état de fait changerait aujourd'hui, ni pourquoi il faudrait que nous déposions les armes.

- Il ne s'agit pas de vous en particulier, il s'agit plutôt de sécurité intérieure et de contrôle des groupes armés afin que le pays puisse s'apaiser.

- Cela signifie que les tribus sont pour vous une menace ?

La réponse du Kurde prit Avakian de court, il ne sut quoi répondre et il crut voir un sourire sur les lèvres de son interlocuteur pendant un bref instant. Comme il ne répondait pas celui-ci poursuivit :

- Vous avez pourtant tout intérêt à ce que les tribus, qu'elles soient Kurdes ou Arabes, restent armées et soudées sous l'autorité de votre gouvernement. Nous avons été historiquement les gardiens des frontières de ce territoire et aucune armée nationale ne pourra se substituer à nous dans ce rôle, vous le savez : Cybistrie au Nord, Kars au Sud, un territoire si vaste, si peu peuplé, si riche en ressources, vous avez besoin de personnes capables de se battre ici, sur leur terrain, chez eux.

- Je comprends bien ce que voulez dire, reprit finalement le commissaire des armées, mais il ne s'agit pas pour nous de vous désarmer. Nous souhaitons seulement intégrer vos forces à l'armée nationale et à la chaîne de commandement qui en dépend, mais nous sommes prêts à voir, bien entendu, des officiers issus des tribus dans cette armée, et pourquoi pas des régiments tribaux spécifiques.

Dilşad hocha la tête, comme si la proposition lui semblait acceptable. Mais il continua :

- Très bien, mais cela ne règle pas tous les problèmes. Les tribus ont toujours eu leurs propres forces armées, ne serait-ce que pour assurer leur sécurité, celle de leur bétail, de leurs biens. L'armée ne sera pas derrière chaque clan.

- Le port d'arme ne sera pas totalement interdit, il restera accessible sous conditions, et nous pouvons envisager des dérogations pour le port d'armes pour les chefs des tribus et des clans.

- Cela ne sera pas suffisant, les chefs des tribus et des clans ne peuvent pas à eux seul assurer leur sécurité et celle des leurs.

- Il est envisageable que ces dérogations pour le port d'armes s'étendent à leurs escortes, tant que le gros des forces armées tribales, et en particulier tout le matériel de guerre, intègre l'Armée Nationale Populaire.

Le chef de tribu resta pensif un instant puis répondit :

- Cela me semble convenable. Nous souhaitons cependant avoir la garantie que nos chefs militaires, issus de l'aristocratie, obtiennent dans cette armée les grades correspondant à leur rang dans les forces actuelles. Cela sera autant une nécessité afin d'assurer que leur prestige reste complet auprès de leurs hommes, mais aussi afin que nous soyons certains que le lien avec le gouvernement d'Eski ne soit pas rompu.

Avakian comprit qu'il s'agissait surtout pour les tribus d'assurer à leurs chefs militaires de bonnes places dans la hiérarchie militaire pour s'assurer un certain contrôle dans l'armée. Mais leur nombre était de toute façon négligeable face à la masse qu'elle était et il était prêt à consentir à cela comme il avait fait des chefs des milices des cadres et des gradés de la nouvelle armée, en attendant mieux.
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Posté : ven. nov. 15, 2019 7:07 pm
par Lychaka
[url=https://www.youtube.com/watch?v=-AEumk2gh9U]Musique[/url]
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Passage de flambeau au Parti des Travailleurs[/center]



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Quelques jours après sa dernière prise de parole en tant que Secrétaire Général du Parti des Travailleurs (PK) annonçant [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1392&t=18259&p=358922#p358772]sa démission[/url] dans le quotidien officiel du parti, Eyaz Kéjal devait assister, en tant que membre du bureau politique, au choix de son successeur à la tête du principal parti communiste kurde.

Eyaz Kéjal et ses alliés de l'aile gauche du parti avaient du manoeuvrer avec rapidité mais non sans réflexion. Les différents courants au sein du parti connaissaient une situation d'équilibre relatif, mais la fin de la guerre civile avait exacerbé les tensions internes, qui commençaient à reprendre une place plus importante dans la vie politique du parti. Le président ölanais par intérim avait escompté qu'en agissant rapidement, sans les prévenir à l'avance de sa démission, les autres tendances seraient incapables de s'entendre assez vite sur un nom unique et s'éparpilleraient en plusieurs candidatures, d'autant plus que c'était la première fois que le poste devenait vacant.

En effet Eyaz Kéjal occupait la place depuis plus de 20 ans. Les débats au bureau politique avaient été houleux plus d'une fois, et l'équilibre des forces du parti pas toujours en sa faveur, mais il avait toujours réussi à se maintenir par sa capacité à obtenir un certain consensus, même parmi ceux qui n'étaient pas sur la même ligne que lui. Même s'il était relativement épargné par les critiques depuis la fin de la guerre civile, il souhaitait mettre toutes les chances de son côté afin de faire élire celle qu'il souhaitait voir prendre sa place à la tête du parti.

Şelal Agrîn était elle aussi membre du bureau politique du Parti des Travailleurs qui comptait au total 23 membres, un pour chaque secteur où était implanté le parti. Contrairement à la majorité d'entre eux ce n'était pas une combattante. Elle ne s'était pas engagée dans les milices du parti pendant la guerre populaire même si elle avait assisté le parti dans les combats comme responsable d'une partie de la logistique. Son profil était celui d'une administratrice, d'une organisatrice civile et c'est ce qui plaisait à Eyaz Kéjal : faire élire une non-combattante à la tête du parti devait être un signal fort. Sa démission marquait la fin de l'ère combattante, celle des milices et des combats, l'élection de Şelal Agrîn symbolisait elle le retour de la paix, la reconstruction et la marche vers la construction du nouveau modèle socialiste. C'était aussi, et surtout, une façon de donner le coup d'envoi de la démilitarisation du parti : les miliciens devraient bientôt choisir entre leur activité au sein du parti et le retour à la vie civile ou l'engagement dans l'[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1392&t=18267#p358682]Armée nationale populaire[/url].

La réunion du bureau politique du Parti des Travailleurs se déroulait assez naturellement dans les locaux du PK à Mezra principale et plus grande ville kurde du peuplée, implantée sur la côte Ouest du pays. Eyaz Kéjal s'était déplacé la veille depuis Eski en camion militaire afin de venir y assister. C'est la tête encore lourde et l'esprit embrumé par le manque de soleil que l'ancien secrétaire général s'assit autour de la table avec les 22 autres membres du bureau politique qu'il avait salué au préalable. Il prit finalement la parole lorsque les chaises eurent fini de crisser sur le sol :

- Bien, en tant qu'ancien Secrétaire Général du Parti je vais présider une dernière fois une réunion de ce bureau politique au cours duquel nous désignerons mon successeur avant toute chose. Vous avez tous considérablement allourdi l'ordre du jour, mais comme le prévoient les statuts du parti l'élection passe avant, et c'est tant mieux, cela nous évitera d'arriver au moment de l'élection avec le cerveau embrouillé.

Les autres membres du bureau politique l'observaient, il distinguait des émotions bien différentes sur les différents visages qui lui faisaient face, allant jusqu'à lire sur certains une hostilité non dissimulée. Quelques mois plus tôt les mêmes étaient ses frères et soeurs d'armes et de sang, ils auraient donné leur vie pour lui et lui la sienne pour eux. Mais c'était déjà fini, la politique avait repris le dessus et Eyaz Kéjal savaient que certaines tensions au sein du parti finiraient par éclater dans les mois à venir. C'était aussi la raison pour laquelle il avait précipité sa succession qui risquait sinon de devenir difficilement gérable.

- Très bien. Si personne n'a d'objections commençons dans ce cas. Quels sont les candidats et candidates au poste de Secrétaire Général du Parti des Travailleurs ?

Une première main se leva, c'était Şelal Agrîn, la jeune cadre du parti - elle avait une trentaine d'années - lui fit un clin d'oeil que seul lui pouvait voir mais auquel il ne put pas répondre. Deux hommes se présentèrent ensuite : l'un était Jwan Kanîk, un vieillard aux cheveux blancs, presque sénile, borgne, mais qui avait malgré tout combattu pendant la guerre civile, c'était un transfuge du Mouvement pour l'Unité du Peuple (TYG) qui avait rejoint le PK à la tête d'une importante scission de son parti d'origine lorsqu'il avait compris que le PK était l'avenir du communisme kurde ölanais. Mais c'était bien la seule action audacieuse qu'il ait sans doute mené au cours de sa vie politique, il était autrement connu pour sa prudence qui flirtait avec l'attentisme et parfois même l'opportunisme. Eyaz Kéjal était même étonné de le voir se mettre autant en avant lui même, là où il aurait pensé le voir tirer les ficelles. Mais cela l'arrangeait bien car une troisième main se leva. Ferhat Nehroz était quant à lui influent dans l'aile droite du Parti des Travailleurs, mais sas pouvoir se vanter d'en être le meneur. Eyaz Kéjal retint un soupir de soulagement même si avec trois candidats il n'était pas totalement à l'abri d'une mauvaise surprise.

- Très bien. Nous avons donc trois candidats, chacun pourra prendre la parole et nous dire quelle politique il compte mener à la tête du parti. Commençons par Ferhat, à toi la parole camarade.

Ferhat Nehroz était un quarantenaire sec, de petite taille, et un des rares hommes autour de la table à ne porter ni barbe ni moustache. Il se leva et prit la parole :

- Très bien camarades. Vous me connaissez tous alors je ne me présenterai pas. Je tiens avant tout à remercier le camarade Eyaz Kéjal pour tout le travail qu'il a accompli à la tête de notre glorieux parti pendant les vingt dernières années. Toutefois je tiens à porter votre attention sur le moment historique que nous vivons, et notre rôle au sein de celui-ci. Le camarade Eyaz nous quitte, mais seulement pour mieux porter la voix de notre parti au niveau national, tandis que notre parti a obtenu des résultats très bons, à la fois à l'Assemblée constituante et aux élections locales du 3 Juillet. Plusieurs opportunités s'offrent à nous, d'abord donner une nouvelle immulsion au parti, mais aussi liquider définitivement le Mouvement pour l'Unité du Peuple (TYG) qui continue, malgré son nom, à freiner l'unité de nos frères kurdes sous une seule bannière communiste. En cela je désapprouve la politique d'alliance locale avec les élus du TYG, je crois sincèrement que nous devons délaisser ces coalitions afin de demander de nouvelles élections locales, mettre les électeurs devant leurs responsabilités, et marginaliser définitivement le TYG. Je désapprouve également la politique de désarmement de nos milices, je crois que le gouvernement par intérim a confondu vitesse et précipitation en demandant l'union des anciennes milices afin de constituer une armée nationale, aussi j'aimerais que nous portions ce débat à l'Assemblée constituante afin d'enrayer ce processus qui semble plus que précipité. Bien sûr en-dehors de cela notre parti doit continuer à soutenir le gouvernement par intérim dans la reconstruction du pays, sans le moindre doute.

Il se rassit presque aussitôt après avoir fini et Eyaz Kéjal réprima un grognement face à ce programme insensé. Mais il n'en dit rien et continua :

Puisqu'il a fini, c'est à toi Jwan.

Le vieillard se leva sans se presser et jaugea du regard l'assemblée qui l'observait avant de commencer :

- Je serai pour ma part tout aussi bref que le camarade Ferhat, bien que je ne partage pas beaucoup de ses idées. Je voudrais également dire merci à Eyaz : merci camarade, tu nous as guidé pendant toutes ses années, et je crois sincèrement qu'aucun de nous n'aurait fait mieux que toi. Toutefois, puisqu'il faut aujourd'hui te désigner un successeur, je tiens à me présenter. Je ne dirai pas que mon âge est un argument, mais enfin... il est au moins la garantie que j'ai une certaine expérience. Si je devais reprendre le camarade Ferhat sur un point, ce serait d'abord la question du TYG, il n'est nul besoin de procéder par de telles manoeuvres, la brutalité nous résoudra pas nos divisions avec nos camarades. Comme vous le savez, je suis moi-même issu du TYG et j'ai beaucoup de reproches à faire à mes anciens camarades, malgré tout je suis pour la poursuite des pourparlers et je suis certains qu'à force de négocier nous parviendrons à une unification. Je partage toutefois ses vues sur la question de la constitution de l'armée nationale, qui est selon moi précipitée, et ce débat doit clairement être porté à Eski pour permettre, même à long terme, que les partis conservent des forces armées, pour assurer l'autonomie des différents peuples ölanais et leur capacité à se défendre, nous n'avons que trop vécu sous le joug d'une armée nationale au service d'une seule population et de sa domination. J'aimerais aussi ajouter, et même si c'est déjà la ligne de notre parti, que le combat pour le fédéralisme devra être poursuivi à l'Assemblée, et même en dehors si besoin est. J'ai parlé.

Il se rassit à son tour.

- Très bien, finissons par la camarade Şelal avant de passer aux votes.

La jeune femme se leva. Elle était la cadette du bureau politique et une des seules civiles, mais cela ne l'effrayait pas.

- Pour ma part je ne souhaite pas remercier le camarade Eyaz pour ces longues années passées au service du parti. Je propose mieux que ça : je compte assurer la continuité de sa politique au sein du parti et je ne m'en cache pas. Notre objectif principal, celui que nous devons gardons en tête au-dessus de tous les autres, c'est la reconstruction du pays et la mise en place d'un système socialiste réel, capable de répondre aux besoins de tous les Ölanais. J'entends les camarades Ferhat et Jwan nous parler avant tout de manoeuvres très partisanes, ce n'est pas mon projet. Non que je veuille liquider le parti, mais je ne souhaite pas entrer en conflit avec le TYG pas plus que je ne souhaite entraver l'unification du pays, y compris militaire. Nous avons besoin de constituer un état socialiste, alors mettons y notre force, mobilisons les masses qui sont entrées massivement à l'Assemblée constituante et dans les conseils communaux sous nos couleurs et continuons le combat. Ca sera tout pour moi.

Autour de la table plusieurs membres du bureau politique firent la grimace face au discours peu consensuel de la jeune femme. Mais Eyaz Kéjal intervint avant que l'un d'eux ne puisse réagir :

- Très bien, passons au vote. Les statuts prévoient que les membres du bureau politique désignent le nouveau Secrétaire Générale à main levée. Le vote se fait successivement en faveur chaque candidat, chaque membre du bureau politique, candidats compris, peut voter pour autant de candidats qu'il le souhaite. Allons-y.
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Posté : jeu. déc. 12, 2019 8:41 pm
par Lychaka
[url=https://www.youtube.com/watch?v=ub9SEbSQDTE]Musique[/url]
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L'argile fondamental de notre oeuvre est la jeunesse.
[img]https://www.zupimages.net/up/19/50/s9uw.png[/img][/center]


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"Oser lutter ; savoir vaincre.", ces mots, immenses, peints en rouge vif sur le fronton du vieil immeuble de la banlieue de Mezra, accueillaient Samal tous les jeudi après-midi. Du haut de ses douze ans le jeune kurde prenait son rôle au sein des Aiglons Rouges au sérieux. Il avait été particulièrement marqué par la guerre civile, il n'avait que 6 ans lorsque le conflit avait débuté et la plupart des souvenirs de sa courte vie étaient liés à cette guerre. C'était peut-être la raison pour laquelle le garçon ne manquait jamais ces rendez-vous du jeudi après-midi comme la plupart de ses jeunes camarades après la sortie du collège.

Là, dans les murs du vieux bâtiment une autre forme d'éducation les attendait. Une éducation politique que le Parti des Travailleurs ne se cachait pas de fournir à tous les enfants de familles volontaires. Le mouvement de jeunesse était née pendant la Guerre populaire et à l'époque même les plus jeunes avaient été mis à contribution dans le conflit contre le régime fasciste. Si aucun enfant n'avait officiellement pris les armes, ils avaient malgré tout aidé le Parti et les combattants en assurant des fonctions logistiques ou de guetteurs dans les instants les plus critiques.

Désormais, avec la fin de la guerre, les choses avaient bien changé. Le Parti des Travailleurs continuait d'encadrer les activités de l'organisation de jeunesse mais les jeunes aiglons, qui pouvaient rester dans l'organisation jusqu'à l'âge de 19 ans, étaient amenés à prendre de plus en plus de responsabilités internes, notamment vis-à-vis de leurs cadets. Ainsi Samal faisait partie d'un groupe de dix jeunes de 10 à 13 ans sous la responsabilité de Esmer, une jeune fille de 17 ans qui, croyait-il avec ses autres camarades, avait combattu pendant la guerre vue la cicatrice qui lui barrait le front.

Ce jeudi après-midi du 8 Novembre 2040 Esmer les attendait déjà dans la cour intérieure du bâtiment lorsque ses cadets arrivèrent. Ils n'étaient que neuf, l'un d'entre eux ne viendrait pas. La jeune fille les salua un à un, elle n'était ni vraiment leur supérieure, elle entretenait avec eux une relation amicale, ni vraiment leur égale, du fait de ses quelques années de plus qu'eux. Elle était plutôt une sorte de coordinatrice.

- Bon. On fait quoi aujourd'hui ? Dites moi, vous avez le choix. Je vous ai parlé la semaine dernière du cinéma bykovien et du Cuirassé, j'ai réussi à trouver une copie du film si vous voulez le voir. Et après on continuera la lecture de la lettre d'Eyaz Kéjal à moins que vous vouliez faire l'inverse.
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Posté : lun. déc. 23, 2019 12:34 pm
par Lychaka
[url=https://www.youtube.com/watch?v=Zo8B3IzZo_M]Musique[/url]
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[img]https://www.zupimages.net/up/19/52/vx49.png[/img]
Manifestation spontanée de soutien au PK à Mezra après la divulgation des résultats des élections[/center]


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Une semaine venait de passer depuis les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1392&t=18366]élections législatives[/url] en Ölan. Alors qu'au niveau de chaque République fédérée les partis tentaient de s'entendre sur les coalitions de gouvernement, Eyaz Kéjal et le Parti des Travailleurs négociaient activement avec les différents patis communistes du pays afin de tenter de reconduire ce gouvernement d'unité de l'ancienne Coalition pour la guerre populaire pour poursuivre et mettre en oeuvre le socialisme ölanais.

Si les communistes souhaitaient tous continuer à gouverner le pays ensemble, chaque parti avait ses revendications à faire valoir auprès d'Eyaz Kéjal via les membres de son gouvernement qui en étaient issus. Les divergences, bien qu'encore peu nombreuses, existaient, et l'inaction du gouvernement face à l'émergence du Parti de la Liberté (ÖP) avait particulièrement mécontenté le parti communiste turc Travail et Justice (IA) et le Parti Marxiste-Léniniste (MLK) arménien. Ceux-ci réclamaient ouvertement l'interdiction de ce parti et la tête de ses meneurs. La situation était d'autant plus tendue que les rassemblements et les actions à l'encontre de ce parti et de ses membres se multipliaient, semblant donner raison aux deux partis.

Mais avec à peine 13% des voix au niveau national le Parti de la Liberté (ÖP) était loin de pouvoir renverser le socialisme. Il pourrait se placer comme parti d'opposition à la politique communiste, mais sans avoir les moyens de rien faire de plus. Sur le terrain, la guerre était finie, toutes les armes étaient entre les mains de la nouvelle Armée nationale populaire. La vigilance était de mise, mais les ennemis du socialisme en Ölan ne possédaient plus aucune assise militaire ni économique dans le pays. Cela n'empêchait pas le MLK et IA d'être particulièrement virulents.

C'est Markar Avakian, commissaire des armées, qui avait été choisi par le MLK pour défendre l'idée d'une répression et d'actions fortes contre le Parti de la Liberté, Eyaz Kéjal l'avait déjà reçu plusieurs fois avant les élections, mais c'était la première fois depuis l'annonce des résultats que le sujet était à nouveau mis sur la table, cette fois dans l'optique d'une entente sur la reconduite du gouvernement de coalition.

- Nous en avons déjà discuté longuement camarade Markar, nous ne pouvions pas nous permettre d'empêcher ce parti de se présenter aux élections. Nous sommes un État démocratique, ne reproduisons pas les méthodes de l'Union nationale. De plus comme je te l'ai déjà dis l'ÖP a eu un rôle de thermomètre, pour nous permettre de mesurer quel pourcentage des Ölanais sont réellement opposés à la voie du socialisme. Et ce nombre est particulièrement faible tu le reconnaîtras.

Assis en face du chef du gouvernement à son bureau, le chef des armées n'avait pas pour autant quitté son uniforme militaire, il ne faisait que passer à Eski pour plaider la cause de son parti :

- Nous l'avions bien compris camarade. Mais maintenant que les élections sont passées, nous sommes nombreux à vouloir casser ce thermomètre. Et non pas pas seulement parce ces chiens souhaitent la mise à mort de notre socialisme, mais aussi parce que ces gens-là, pour la plupart, même s'ils ne tenaient pas d'armes, signaient les ordres et nourrissaient ceux chargés de tuer nos soeurs, nos frères, nos pères et nos mères pendant la guerre civile. Il ne peut y avoir de paix avec ces gens-là, et le MLK n'apportera pas son soutien à la reconduite de la coalition si aucune mesure n'est prévue pour mettre fin à l'impunité de ces traîtres.

Eyaz Kéjal ne put s'empêcher de croire à une tentative de bluff du MLK, remettre en doute la coalition pour cette seule affaire semblait pour le moins extrême sinon puéril. Mais il était de toute façon prévu d'agir contre le Parti de la Liberté, ou en tout cas certains de ses membres, et il espérait que cela contenterait les mécontentements.

- Nos services continuent d'obtenir de nombreuses informations, et les interrogatoires des prisonniers de guerre nous apportent des renseignements précieux, dont certains sont de nature à nous permettre de mettre en accusation plusieurs meneurs du Parti de la Liberté. Les procès ne s'ouvriront pas avant le début de l'année prochaine, mais avec une bonne médiatisation de certains procès et de certains éléments, nous devrions être capables de décridibiliser totalement ce parti et d'envoyer une bonne partie de ses cadres devant la justice à leur tour. C'est bien plus sage que d'interdire arbitrairement le parti. Est-ce que cela vous convient ?

Le commissaire des armées acquiesça, voilà qui réglait un problème pour reconduire la coalition.
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Posté : jeu. janv. 09, 2020 2:19 pm
par Lychaka
[url=https://www.youtube.com/watch?v=cXvoNtuZS4s]Musique[/url]
26 Janvier 2041
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Réunion de crise[/center]


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- Ca fait longtemps que j'avais pas vu un aussi gros paquet de merde si bien emballé.

Eyaz Kéjal laissa retomber la feuille sur laquelle on lui avait imprimé la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1392&t=18261&p=360805#p360805]dernière missive[/url] de l'Ennis. Après avoir décidé de multiplier par trois les effectifs de sa base militaire à deux pas des côtes ölanaises, voilà ce que la République fédérale d'Ennis répondait aux propositions de dialogue du gouvernement ölanais.

Face à lui Rojda Siwan, la Commissaire des Affaires étrangères et de la coopération internationale, avait un air grave, un peu sonné. A côté d'elle Markar Avakian, le Commissaire des Armées, toujours en uniforme militaire, semblait agité et nerveux.

- Qu'est-ce que je leur réponds ? demanda finalement la Commissaire, brisant le silence qui devenait pesant.

Eyaz Kéjal s'apprêtait à parler lorsque Markar Avakian le fit à sa place :

- Qu'on leur dise de bien aller se faire foutre ! Putains de doryphores roux.

Il accentua ses paroles en déchirant son propre exemplaire de la missive imprimée avant de rouler en boule les morceaux.

- Non, continua Eyaz Kéjal, camarade Rojda, dis leur que nous ne pouvons accepter leurs demandes absurdes mais ajoute deux ou trois propositions afin que nous n'apparaissions pas comme ceux qui auront rompu le dialogue. Même si je crois que de toute façon ce n'est pas la peine de discuter avec un gouvernement aussi entêté et suffisant. Rappelle leur que notre armée est défensive, que nous sortons de 7 années de guerre civile, et qu'on a autre chose à foutre que de couler des porte-containers pleins de parapluies tous les trois matins pour s'amuser. En plus poli évidemment.

Markar Avakian fit la grimace et contesta :

- Je ne vois pas pourquoi on resterait polis avec ces bouffeurs de pommes de terres. On ne devrait même pas se fatiguer à leur répondre. On pourrait être aux Ménechmes et les virer de ces îles sous 24h, on en profitera aussi pour civiliser ces dégénérés, tant qu'à faire.

- Non, répéta le président, nous ne cherchons pas à déclencher une guerre. Il faut leur répondre de façon ferme mais sans leur offrir d'angle d'attaque, nous devons être irréprochables afin qu'ils ne soient pas en mesure de justifier une quelconque agression contre nous, nous sommes incapables de leur faire face sur la scène internationale. Mais si vraiment ils tentent de venir nous apporter les bienfaits de leur régime politique par la force, qu'ils n'oublient pas qu'il y a encore moins d'un an nous nous battions contre les fascistes, et que nous avons reconquis ce pays oasis par oasis, village par village et ville par ville. Qu'ils viennent.
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Posté : dim. janv. 19, 2020 10:43 am
par Lychaka
26 Février 2041
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Réunion au sommet[/center]


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Assis derrière son bureau Eyaz Kéjal évaluait les trois personnes qui se tenaient face à lui. Il y avait bien entendu Rojda Siwan, la commissaire des Affaires étrangères et de la coopération internationale. Mais aussi Markar Avakian, le commissaire aux armées, qui avait retrouvé son calme relatif depuis l'apaisement des tensions avec la République fédérale d'Ennis. Et enfin Awar Jîrê, le discret directeur de la YUVA (les services de renseignements ölanais). C'était le groupe de personnes qui se réunissait de façon informelle de plus en plus souvent pour traiter des questions de géopolitique internationale.

Plusieurs sujets les réunissait ce jour-là. D'une part les services de sécurité cybistrienne, par l'intermédiaire de leur directeur général, avaient proposé à la YUVA et à l'Ölan leur soutien en cas d'actions, symboliques ou concrètes, face "aux Latins et aux Occidentaux". Cette proposition reçue au plus fort des tensions entre l'Ölan et l'Ennis n'avait toujours pas reçue de réponse, preuve de l'embarras dans laquelle elle mettait le gouvernement ölanais en réalité.

Toutefois la proposition cybistrienne avait fait son chemin dans l'esprit d'Awar Jîrê et de Rojda Siwan, aussi ceux-ci étaient venus faire une proposition au chef du gouvernement :


ROJDA SIWAN | Après mûre réflexion nous souhaiterions accepter la proposition cybistrienne. D'une part pour réaffirmer la nécessité d'une Marquésie unie face à l'extérieure, notamment l'Ennis, mais aussi face à ce qu'il se passe en Dranavie, et qui nous laisse supposer une intervention prochaine de la Slézanie dans les affaires internes de ce pays, chose que nous ne pouvons pas accepter si près de chez nous. En ce sens le soutien cybistrien pourrait nous être utile.

Eyaz Kéjal tenta de ne pas montrer sa surprise. Il ne s'attendait pas à une telle audace de a part de la commissaire, d'autant plus au regard de l'avis de l'opinion public en Ölan sur la Cybistrie. Il réfléchit un instant puis répondit d'une voix posée.

EYAZ KÉJAL | Si je te laisse faire ça, ça sera certainement la dernière chose que tu feras en tant que commissaire aux Affaires étrangères et à la coopération internationale. En plus je ne vois pas que avantage nous pourrions en retirer concrètement. À part mettre notre gouvernement en mauvaise posture et en difficulté, en plus de voir les députés demander votre démission, sinon l'obtenir, je ne vois pas ce que tu cherches à faire.

ROJDA SIWAN | C'est vrai, je suis consciente que cela risque de causer pas mal de problème, et je suis prête à partir si je ne parviens pas à défendre cette vision des relations internationales face aux Ölanais. La Cybistrie me semble être un moindre mal dans l'immédiat face aux énissois ou même face à l'arrivée des slézans à nos portes qui n'est sans doute qu'une question de temps.

EYAZ KÉJAL | C'est ce que j'ai cru comprendre camarade, mais de quelle façon penses tu que la Cybistrie nous sera d'une quelconque aide ? Je ne vois pas les Cybistriens faire quoi que ce soit.

Rojda Siwan jeta un oeil à Awar Jîrê comme pour demander l'approbation du chef des services secrets, celui-ci hocha la tête, et elle poursuivit.

ROJDA SIWAN | Nous en avons beaucoup discuté avec le camarade Awar. Il nous semble indispensable de demander le soutien de la Cybistrie de deux manières. D'abord de façon symbolique, et qu'il me faudra défendre auprès des nôtres, en signant une déclaration commune sur le rejet des ingérences extérieures, notamment dytoliennes, en Marquésie. Et ensuite en fournissant une aide commune au JTA en Dranavie face à ce qui s'annonce. La Slézanie est peut-être la première puissance militaire au monde, mais nous savons, nous, comment mener un conflit asymétrique et gagner avec des fusils antédiluviens contre des missiles derniers cris. La Slézanie gagnera peut-être, à la fin, mais nous nous assurerons que son armée et son opinion publique ne s'en remettent jamais.

EYAZ KÉJAL | Vous avez tous les deux mon accord de principe pour cette déclaration commune en ce cas, à condition que les services cybistriens apportent également leur soutien au JTA. Mais pour ce qui est de l'implication slézanne, nous avions d'autres plans avec le camarade Markar, il va vous les exposer.
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Posté : jeu. janv. 23, 2020 12:35 pm
par Lychaka
07 Mars 2041
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Compte(s) à rebours[/center]


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EYAZ KÉJAL | Je crois qu'Héraclée déraille.

Eyaz Kéjal venait de lire la dernière missive du gouvernement cybistrien adressé au commissariat des affaires étrangères de Rojda Siwan.

ROJDA SIWAN | Oui, surtout que nous avons déjà publié un communiqué de soutien à la Ligue d'Apamée dans cette affaire face à la CND. Ce message n'a vraiment pas de sens.

EYAZ KÉJAL | Héraclée est aux abois, voilà tout. Certains membres de la Ligue d'Apamée ont refusé de retirer leurs troupes des territoires de l'ex-Ligue de Lébira et la CND risque de leur sauter à la gorge d'une minute à l'autre. Ils veulent certainement s'assurer qu'on est pas aussi en train de la leur faire à l'envers et d'essayer de les prendre au dépourvu. Ils ne perdent pas le Nord, et ils ne nous feront jamais vraiment confiance. Mais ils surestiment largement nos ambitions, la Dranavie nous occupe déjà bien assez.

Il ponctua la dernière phrase d'un rire nerveux. Il ne souhaitait surtout pas la guerre avec la Cybistrie, ni maintenant, ni plus tard, du moins tant qu'Héraclée serait ouverte au dialogue et raisonnable.

ROJDA SIWAN | C'est ce que je leur ai répondu camarade. Mais que fera-t-on si la CND débarque en Cybistrie ?

Eyaz Kéjal resta un moment à réfléchir, défendre la Cybistrie face aux Dytoliens serait une nécessité, mais il était certain de ne pas pouvoir entraîner les principales forces politiques et réussir à y envoyer des troupes et ce malgré toute la rhétorique déployée en faveur de la défense de la Marquésie indépendante depuis des semaines. Au mieux les services de la YUVA pourraient sans doute se rendre utiles et frapper là où cela pourrait faire mal à la coalition dytolienne.

EYAZ KÉJAL | Je ne sais pas. Pour être tout à fait honnête je crois qu'il n'y aura rien. Au moins pour l'instant l'Assemblée ne va pas revenir me demander ta tête, cette guerre en Dranavie accapare aussi toute leur attention. Cette guerre là, par contre, on ne pouvait y couper et les choses se déroulent en notre faveur jusq...

On toqua à la porte et une milicienne du PK (Parti des Travailleurs) entra dans la pièce et s'adressa au président de l'U.R.P.Ö en kurde :

? ? | Ozen Guven demande à te voir camarade président.

Eyaz Kéjal se dit qu'il avait peut-être parlé trop vite.

EYAZ KÉJAL | Il est ici ?

? ? | Oui, il est derrière la porte camarade.

EYAZ KÉJAL | Bordel. Comment il a fait pour entrer ? Il soupira. Bon, laisse le attendre cinq minutes et fais le entrer, d'accord ?

La milicienne acquiesça et ressortit du bureau.

EYAZ KÉJAL | Très bien, on en avait fini de toute façon camarade Rojda, on se revoit ce soir avec le camarade Awar Jirê.

La commissaire aux Affaires étrangères et à la coopération internationale le salua et se déroba par une porte sur la gauche du bureau sans demander son reste, elle savait très bien qui venait de demander audience auprès d'Eyaz Kéjal.

Ozen Guven était le secrétaire général du parti communiste turc Travail & Justice, et celui-ci avait été parmi les plus critiques à l'égard de la politique internationale du gouvernement. Eyaz Kéjal se doutait bien de quel sujet celui-ci entendait l'entretenir, mais il avait décidé de rester ferme face à Ozen Guven et à ses partisans, il réfléchissait même déjà à la meilleure façon de les fragiliser politiquement, Awar Jirê était sur l'affaire.

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Posté : dim. janv. 26, 2020 2:22 pm
par Lychaka
17 Mars 2041
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Manoeuvres médiatiques[/center]


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Alors que la guerre en Al-Dranaf était temporairement occultée par l'irruption de la guerre en Cérulée, les bouleversements (géo)politiques se poursuivaient. En Cybistrie c'est le gouvernement d'extrême-droite de Ioanna Kone qui venait de perdre sa majorité au parlement. Paradoxalement le mandat de Ioanna Kone avait permis une relative détente entre la Cybistrie et l'Ölan, en faisant abstraction de la question güzélique.

Dénoncée en Cybistrie comme "laxisme" de l'ancien gouvernement vis-à-vis des États musulmans, cette détente l'était aussi en Ölan, pour des motifs similaires, notamment par les partis politiques turcs jugeant la politique du gouvernement Kéjal trop complaisante envers un gouvernement refusant toujours toute souveraineté aux enclaves turciques, continuant d'alimenter le long exil des populations turques cybistriennes.

Le parti communiste turc ölanais Travail et Justice (IA) était particulièrement investi sur la question et attaquait régulièrement la politique de Rojda Siwan, commissaire des Affaires étrangères et de la coopération internationale, à l'Assemblée ölanaise. Mais avec la chute du gouvernement de Ioanna Kone et face à l'attitude inflexible d'Eyaz Kéjal sur le maintien de la commissaire au sein de son gouvernement, l'IA avait décidé de passer à la vitesse supérieure, autant pour pousser la commissaire vers la porte, que pour porter l'attention sur la situation des turciques de Cybistrie.

Le parti Travail & Justice (IA) avait décidé de mobiliser son journal, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1392&t=18259&p=358108#p358108]Kırmızı ![/url], tirant à plus d'un million d'exemplaires quotidiens, afin de mener cette bataille contre le gouvernement ölanais et la Cybistrie. Aytac Ozkok était un des journalistes de la rédaction et en ce milieu de mois de Mars il avait été envoyé dans l'Est de la République populaire de Kuzey à la frontière cybistrienne, pour rencontrer des réfugiés güzéliques et reccueillir leurs témoignages afin de rédiger un futur article fustigeant la politique cybistrienne à l'égard des communautés turques.

Guidé sur place par des militants de l'association Güzélie Libre (proche de l'IA) Aytac Ozkok se retrouva dans la banlieue de la ville de Seben à la frontière cybistrienne, dans un quartier informel, un bidonville, de constructions faites de matériaux de récupération, habitué par des réfugiés güzéliques. Le quartier, contrairement à d'autres, était relativement récent, on y comptait, selon les militants de l'association, une quarantaine de familles avec enfants, arrivées depuis moins de 5 ans, parfois au moment-même où la guerre civile faisant rage en Ölan.

On lui indiqua l'habitation d'un certain Yucel un réfugié turcique de Cybistrie d'une soixantaine d'années. Venu seul il y a quelques années, après avoir perdu femme & enfants, le vieil homme était peu commode, mais il était sans doute la personne du quartier la plus au fait de la situation de la communauté turque en Cybistrie et avait vécu la défaite des Turcs dans sa jeunesse. On avait conseillé à Aytac de se rendre chez lui sans accompagnant, le vieillard avait été prévenu de son arrivée. Aytac toqua deux fois sur la porte à moitié dégondée et rouillée. Le vieillard, relativement petit, très sec, vint lui ouvrir quasiment aussitôt.


YUCEL | Rentre, fouille-merde. Je vais t'en filer, moi, du biscuit sur la Cybistrie pour ta feuille de chou. Ça va fuser, les potins, les ragots. C'est ma profession, moi, de témoigner. Mes témoignages c'est pas de la daube.

Aytac fut un peu décontenancé par les paroles du vieillard. Même si on l'avait prévenu, il ne s'attendait pas à ça. Les vieux c'était mystérieux. Il sortit toutefois son stylo et son calepin pour commencer à prendre des notes sur les paroles de son interlocuteur.

AYTAC | Bonjour Yucel, je suis journaliste pour Kırmızı !. Je vois qu'on vous a prévenu de ma venue. Beau temps, n'est-ce pas ? Vous ne voudriez pas que nous réalisions l'entretien dehors ? J'ai avec moi un ami photographe, cela nous permettrait aussi d'illustrer votre témoignage avec des photos du quartier.

YUCEL | Je trouve qu'il fait beau, mais encore frais, mais beau ! Alors c'est comme tu veux mon petit.
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