Page 1 sur 4

Posté : dim. juil. 28, 2019 10:03 am
par Plutark38
[center]L'expansion de la vague communiste[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/5q8W7.jpg[/img][/center]


Asha Lota et Ranbir Nandlah profitaient d'une soirée de repos à deux, si rare depuis leur entrée au gouvernement. Le couple était désormais public et même reconnu comme le plus puissant du Gandhari. Elle, Première ministre et cheffe du Parti Communiste, lui ministre de l'Industrie et des Mines et numéro 2 du PCG. Ils avaient quelque part en eux l'impression d'avoir entre leurs mains la destinée du pays qui avait traversé tant de turbulence depuis le début de l'année. Le chemin avait été si long et difficile pour en arriver là.

Ranbir avait commencé sa carrière politique à Gollokurunda, dans la clandestinité et meneur des brigades clandestines communistes. Il se souvenait de l'exaltation qu'il ressentait à tenir des armes au nom des idéaux qu'il portait. Cette vie pleine d'adrénaline lui manquait déjà. Son statut de Numéro 2 du Parti lui donnait un statut privilégié pour s'exprimer et sa voix était entendue par les médias. En cas de soucis pour Asha, il avait été décidé que ce serait lui qui lui succéderait à la tête du gouvernement et du parti. Il endossait son rôle d'héritier sans trop d'appréhension car il savait que sa compagne allait réussir.

Asha était déjà marquée par trois mois de gouvernance à la tête du pays. Elle ne savait plus où donner de la tête tant elle avait de dossiers à gérer. Mais alors que la fin de ses cent premiers jours approchait, elle avait quelques motifs de réjouissance. Les journaux diraient que son bilan actuel c'était la lutte contre la fraude fiscale, l'abolition de la peine de mort, la création puis le succès déjà avéré des zones franches, une diplomatie d'ouverture efficace et enfin une réforme agraire subite qui actait la fin d'un modèle capitaliste néfaste pour la condition humaine. Tant de choses avaient déjà été faites, il suffisait de si peu de temps pour changer le visage d'un pays...

Tandis que les deux amoureux savouraient un calme reposant, la porte des appartements de la Première ministre s'ouvrit avec fracas, faisant sursauter Asha et Ranbir. Des pas lourds traversèrent le couloir et la silhouette du Général Kachela se dessina dans l'encadrement de la grande porte du salon, accompagné de quelques officiers. Asha releva la tête et dévisagea son chef d’État-major. S'il entrait en fracassant presque la porte c'est qu'une urgence requérait son attention.
Ranbir, désireux de laisser les deux autres s'entretenir commença à se relever pour quitter la pièce. Asha le retint.


Asha Lota: Non, reste.

Son compagnon s'exécuta tandis que le Général prit la liberté de s'asseoir. Ses officiers l'imitèrent. Asha garda le silence puis laissa son chef d’État-major s'expliquer.

[center][img]https://i.goopics.net/9qZ51.jpg[/img][/center]

Mohinderpratap Kachela: Madame la Première ministre, Monsieur le ministre, ma venue ici requiert votre attention car un évènement qui doit retenir votre attention se déroule actuellement en Vasconie. Comme vous le saviez déjà, la situation était déjà très tendue et menaçait de s'envenimer. C'est chose faite. La Vasconie semble basculer dans une révolution communiste. L'hôtel de région de Conflanie a été pris d'assaut tout comme l'hôtel de ville de Conflans. La région est presque entre les mains des communistes. Nous savons aussi que le régime actuel de Vasconie risque d'employer la répression et de tirer à balles réelles.

Asha Lota se leva subitement, croyant à peine ce qu'elle venait d'entendre. Si elle pensait que la situation en Conflanie était explosive, elle ne pensait pas que ça finirait en insurrection contre le pouvoir établi. Elle commença à faire les cents-pas.

Asha Lota: Nous ne pouvons pas abandonner nos camarades communistes ni les laisser se faire écraser par la répression. Que penseriez-vous d'envoyer du soutien ?

Ranbir Nandlah: Une intervention militaire du Gandhari pour soutenir les insurgés ? Est-tu sérieuse ?

Asha Lota: Non, nous n'enverrons pas d'hommes combattre. Nous allons nous inspirer de ce qu'à fait la Ligue du Lébira au Thorval. Nous allons envoyer des porte-aéronefs dans les eaux internationales de l'océan Déchinésien au large de la Vasconie. Nous enverrons des avions survoler le pays et nous larguerons des armes et des vivres depuis le ciel en ciblant les zones déjà sous contrôle des communistes.

Le général Kachela se mit à réfléchir.

Mohinderpratap Kachela: La stratégie me semble solide, peu de prise de risque, nous ne menaçons la souveraineté maritime de personne et nos avions pourrons survoler sans peine un pays en proie à une insurrection. Une intervention indirecte me semble un bon compromis. Nous n'intervenons pas directement mais nous apportons du soutien aux insurgés. Avoir un allié communiste en Dytolie est très intéressant pour les intérêts stratégiques du Gandhari.

Ranbir Nandlah: Vous oubliez peut-être que l'Ennis risque de tomber entre les mains de l'Amiral Lúi Ó Móráin qui n'hésitera pas une seule seconde à intervenir pour empêcher le communisme de s'installer. De surcroît on risque d'intégrer sa liste noire des pays à corriger.

Asha Lota: L'Amiral est assez intelligent pour éviter de se mettre à dos l'Eashatri, les pays de la Ligue Islamique Mondiale et les pays de l'Internationale Communiste d'un seul coup. Puisqu'il n'hésiterait pas à envoyer chars et soldats, profitons que l'élection ennissoise soit dans quatre jours pour agir. Général, donnez l'ordre d'envoyer 2 porte-aéronefs de 30 avions de chasse chacun vers les eaux internationales de l'océan Déchinésien au large de la Vasconie. Faites aussi embarquer des caisses de riz et d'armes automatiques qui seront larguées par les avions au-dessus de la Conflanie.

Un officier: Je dois vous informer que le risque de provoquer une panique en Ennis est forte. L'Amiral est donné perdant mais un tel évènement risquerait de jouer en sa faveur.

Asha Lota: Prenons le risque. Je préfère un nouveau gouvernement communiste assorti d'un autre anticommuniste que rien du tout.

Le général et les officiers saluèrent la Première ministre et quittèrent la pièce. Ranbir Nandlah regarda sa compagne d'un air hébété mais un sourire apparut sur ses lèvre.

Ranbir Nandlah: Quelle folle tu fais, mais en même temps il faut un peu faire preuve de folie pour se distinguer non ?

Elle sourit et ils s'embrassèrent.

Posté : lun. juil. 29, 2019 9:41 pm
par Plutark38
[center]La fin d'une Première ministre[/center]


L'opération avait été une catastrophe, une humiliation internationale. Personne ne comprenait ce qu'elle avait fait. Elle avait voulu jouer à la grande justicière rouge et elle avait perdu. Son sort ne tenait qu'à un fil, elle le savait, mais elle ne voulait pas lâcher.
La porte s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître la silhouette du ministre des Affaires Extérieures, Vikam Kawera.
Hors de lui, tout rouge il jeta un regard mauvais à Asha Lota et explosa comme une baudruche qu'on a trop pressée.


Vikam Kawera: Il aurait peut-être fallu me prévenir non ? A ce moment-là j'aurais pu vous dissuader de faire une telle connerie. Vous venez de vous tirer une balle dans le pied. C'est fini pour vous. Le Parti Communiste va vous démettre de vos fonctions et soutenir le chef du parti travailliste, Jasbir Kejar, qui est en ce moment le seul capable de sauver la coalition. Je veillerais personnellement à ce que vous vous expliquiez devant les instances du parti. Comme vous avez tout gâché il est normal que vous deviez rendre des comptes. Vous nous avez trahi, et la douleur que vous infligez à vos camarades est cruelle.

Asha Lota: Mais je...

Il fit un geste de la main pour l'inciter à se taire.

Vikam Kawera: Je ne veux pas vous entendre ! Le Parti Communiste avait une occasion en or pour prouver sa capacité à gouverner et vous avez réduit à néant nos espoirs. Vous êtes peut-être douée pour gagner des élections du fait de vos talents de belle parleuse mais nous avons vu que vous étiez incapable de gouverner un pays. Voilà comment ça va se passer. La commission d'enquête du parlement fera son travail, les sanctions adéquates seront prises par la justice et le Parti Communiste vous renverra définitivement. Oh, avant de partir vous nous ferez un exposé de vos motivations sur ce que vous venez de faire et bien entendu un mea culpa où vous direz vos regrets.

Le ministre était satisfait de vider son sac mais il ne s'arrêta pas là.

Vikam Kawera: Ranbir Nandlah restera au gouvernement mais personne ne veut vous voir. Personne ! Donc vous jouerez le rôle d'une parfaite conjointe de ministre c'est-à-dire le rôle d'une personne qu'on ne voit jamais et qui reste invisible dans les médias. Je vous assure que beaucoup de communistes aimeraient vous tailler en pièce, encore plus au Westrait où vous venez de les décevoir à un point inimaginable. Quant à moi, je ne veux plus jamais vous croiser. Vous n'êtes plus rien et vous l'avez mérité. Adieu.

Le ministre quitta la pièce. Asha Lota restait impassible.

Posté : jeu. août 01, 2019 10:36 am
par Plutark38
[center]Sauver la République[/center]
[center]2 octobre 2039[/center]

Jasbir Kejar descendit de sa voiture de fonction stationnée dans la cour arrière du palais présidentiel. La course contre la montre continuait et il fallait obtenir des résultats convaincants pour empêcher l'armée de passer à l'attaque et prendre le pouvoir.
S'accordant quelques minutes de solitude avant d'entrer dans le palais pour rencontre Rajindar Dahalo, le Premier ministre s'alluma une cigarette. Le tableau était noir. Il était coincé entre un homme furieux à l'orgueil blessé et un autre qui ne voulait pas perdre la face quitte à ce que l'irréparable se produise. La situation semblait perdue mais Jasbir avait décidé d'abattre aujourd'hui ses dernières cartes pour réduire au maximum le risque de putsch. Il tenterait le tout pour le tout, d'autant plus qu'il n'était pas venu seul.

Jasbir jeta son mégot par terre, l'écrasa et entra par une porte de service pour échapper à tout œil de journaliste. Un majordome le guida vers le bureau présidentiel. Escaliers somptueux et vastes couloirs décorés se succédaient. Dans un corridor, les portraits de tous les Rajas du Gandhari semblaient le regarder d'un œil circonspect, comme si une responsabilité historique pesait sur ses épaules. Pressé de quitter ce couloir angoissant, le majordome et le Premier ministre arrivèrent devant de grandes portes. Le bureau présidentiel.
Les deux battants s'ouvrirent, laissant apparaître Rajindar Dahalo, assis à son bureau. Il regardait son Premier ministre droit dans les yeux, les mains posées sur le bureau. Une posture d'intimidation qui ne trompait pas mais Jasbir ayant un poids des responsabilités considérable sur ses épaules, il ne se laissa pas impressionner. Les porte se refermèrent, laissant les deux hommes seuls. Un silence s'installa, tandis que les deux hommes se regardaient, le regard fixé dans les yeux de l'autre.


Rajindar Dahalo: Le Parlement me demande de ne pas sanctionner l'armée et même de formuler des excuses. Vous cherchez à me ridiculiser en fait ?

La rencontre allait être tendue, il fallait s'adapter.

Jasbir Kejar: Je crois que vous ne saisissez pas bien la situation monsieur le Président. Votre inflexibilité est une terrible erreur et ne fait que précipiter l'issue que je m'échine à éviter depuis trois jours. Le général Kachela a fait preuve d'héroïsme en libérant Palanai des paramilitaires amrishiens, vous devez en tenir compte.

Rajindar Dahalo: Il ne m'a pas informé de la mission suicide d'Asha Lota alors que j'avais le possibilité de m'y opposer. Il est donc tout aussi responsable de ce qui est arrivé. S'il était resté à mes ordres rien de cela n'aurait pu se produire.

Jasbir Kejar: C'est votre vision des choses. Il n'en demeure pas moins qu'en refusant de céder vous faites monter la colère dans les rangs de l'armée et d'heure en heure la probabilité que nous soyons destitués augmente dangereusement. Nous sommes cernés par les flammes cher président. Il nous reste peut-être le moyen de mettre un pare-feu et d'échapper au pire, mais seulement si vous concédez du terrain et acceptez de présenter des excuses publiques au général Kachela.

Rajindar Dahalo: Un chef des armées n'a pas à présenter des excuses à ses généraux, ne soyez pas ridicule monsieur Kejar. Monsieur Kachela sera limogé comme prévu, quitte à ce que la brigade d'intervention de la police intervienne pour le mettre en état d'arrestation. L'autorité de la République doit être maintenue. Tout ce que vous proposez c'est de l'affaiblir et la donner à la merci des militaires. Vous êtes dans l'erreur.

Le Premier ministre fit une grimace et commença à faire les cents pas.

Jasbir Kejar: C'est vous qui êtes dans l'erreur monsieur Dahalo. L'armée est dans sa quasi-totalité acquise à la cause de son général. En ne cédant pas vous ne faites que provoquer ce que vous croyez pouvoir éviter en ayant recours à limogeage de l'état-major. Ne vous leurrez pas, vous ne tenez qu'à un fil et en étant inflexible vous ne faites que précipiter votre départ. Cédez et rétablissez l'honneur du Général.

Rajindar Dahalo: Je ne peux pas. Je refuse d'échanger mon honneur contre le sien. Je suis le héros de la révolution et à ce titre j'ai une plus grande légitimité encore. Vous ne me ferez pas changer d'avis.

Jasbir Kejar: Très bien, je ne voulais pas en arriver là mais vous m'y obligez.

Le Premier ministre fit claquer le talon de sa chaussure sur le sol à deux reprises. Les battants de la porte du bureau présidentiel s'ouvrirent.
[center]
[img]https://i.goopics.net/8gXrW.jpeg[/img][/center]

Parampal Kahlon traversa la pièce et alla se mettre à côté du Premier ministre. En temps normal les deux hommes ne s'entendaient pas mais ils avaient convenu de mettre leur animosité de côté pour tenter d'éviter le pire. Rajindar Dahalo semblait hébété de voir son ami apparaître ainsi et ne parvint pas à parler tant il semblait surpris.

Parampal Kahlon: Jasbir et moi avons convenu que je serais probablement la meilleure personne pour te convaincre de revenir à la raison. La situation est quasiment irréversible, Rajindar. Soit tu cèdes, soit tu t'en va. Et j'ai tendance à croire que la meilleure solution est justement que tu t'en ailles pour que l'abcès soit crevé car tu as trop attendu. L'armée en a après Asha Lota et toi. Asha t'a fait élire président donc quelque part tu restes lié à elle. Tu n'es aussi là que pour ses propres intérêts stratégiques. Elle voulait sceller l'alliance avec les travaillistes et elle a acheté ton soutien en te faisant élire président. Depuis le début nous sommes dans l'erreur.

Rajindar Dahalo ne parvenait pas à accuser le coup de voir l'ancien Premier ministre venir appuyer la position de Jasbir Kejar.

Parampal Kahlon: Ta position dans ce bureau est condamnée Rajindar. Tu as le choix, soit tu laisses le pourrissement de la situation aller à son paroxysme et c'est l'armée qui vient te chercher. Soit tu agis en homme digne et tu remets ta démission en présentant des excuses à l'armée. Avec Jasbir nous ne sommes pas certains que ça élimine totalement le risque de subir un putsch mais de nombreux soldats en colère changeront d'avis. Tu as prouvé ta valeur en défendant le peuple et la démocratie lors de la révolution. Fais ici de même en consentant à ton départ pour que la république et la démocratie soient préservées.

Jasbir Kejar: Tu devras aussi quitter la vie politique de manière définitive et te faire discret. Tout est déjà prêt pour ton départ, ta famille t'attend dans ta villa de Sojatpur. Le général Kachela consent à ce qu'une pension à vie te soit versée pour tes agissements héroïques lors de la révolution de janvier. Il exige en échange que tu retournes à l'anonymat le plus complet.

Parampal Kahlon: Coopère et cette histoire peut avoir une chance de connaître un dénouement positif pour le pays. Le Gandhari ne se remettrait pas d'une nouvelle crise avant plusieurs années.

Jasbir Kejar sortit une feuille de sa veste. Il s'agissait d'une lettre de démission déjà écrite où le président annonçait son départ et formulait des excuses pour ses attaques contre l'armée. Il faisait le vœu de sauvegarde de la République et expliquait que son départ était devenu inéluctable.

Jasbir Kejar: Signe donc cette lettre et tout se passera bien pour toi. Un chauffeur te conduira à l'aéroport Amandev Jastar pour que tu regagnes Sojatpur et ta famille. Ta démission sera rendue publique dans 24 heures.

Rajindar Dahalo regarda ses deux interlocuteurs. Il resta ensuite plusieurs minutes à fixer le vide dans un silence complet. Très patients, le nouveau Premier ministre et l'ancien le laissèrent réfléchir.
Au bout d'un moment, Rajindar Dahalo se redressa et signa la lettre de démission. Parampal Kahlon le félicita et l'accompagna vers sa voiture avec chauffeur.
Jasbir Kejar resta seul dans la pièce et sortit son téléphone crypté.


Jasbir Kejar: Mon général, il a coopéré. Terminé.

Posté : ven. août 09, 2019 6:06 pm
par Plutark38
[center]Une entente (presque) parfaite[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/XvnQ9.jpg[/img][/center]
[center]Le Président Harbir Dilbar (à gauche) et le Premier ministre Jasbir Kejar (à droite)[/center]

Les serviteurs du palais présidentiel s'affairaient pour préparer le dîner en tête à tête entre le Président et le Premier ministre. Jasbir Kejar de son côté traversait le grand couloir où s'alignaient les portraits des Rajas. Se hâtant pour rejoindre Harbir Dilbar, les portes du bureau présidentiel s'ouvrirent devant lui.
Le Président se leva et la salua en joignant ses deux mains devant son visage en s'inclinant légèrement vers l'avant. Le Premier ministre fit de même.


Harbir Dilbar: Namaste cher ami, installez vous le repas arrive. Comment vont les affaires ?

Le repas arriva et les deux hommes furent servis en curry de dinde au lait de coco accompagné de naans au fromages. Le président prit une bouché de curry de dinde.

Jasbir Kejar: La priorité du moment ce sont les élections à Palanai bien évidemment. Ma petite intervention fait son effet. La droite recule, les libéraux en profitent pour chasser des voix à droite en surfant sans l'avouer sur mes paroles. Ah ce cher Parampal... on se déteste cordialement mais ces temps-ci on marche dans la même direction sans se marcher dessus. Les sondages privés quotidiens qu'on commande nous permettent d'espérer une victoire au finish. Ce sera un succès éclatant pour nos partis de gauche, c'est moi qui vous le dit.

Harbir Dilbar avait la sale habitude de parler la bouche pleine.

Harbir Dilbar: Ce serait une excellente chose pour vous, cela vous permettrait d'avoir une assise plus forte pour aller plus loin. J'imagine aussi que la coalition en ressortirait renforcée. Vous avez toutes les cartes en mains pour rester jusqu'en 2043 Jasbir, je compte sur vous pour ne pas gâcher cette occasion et laver l'affront que nous a fait Asha Lota.

Jasbir Kejar: Eh bien, puisque vous en venez à Asha Lota, nous avons désormais la certitude qu'elle réside au Caskar et qu'elle fomente quelque chose. Nos services sont dans l'incapacité de savoir quoi et nous serons probablement mis devant le fait accompli. Je crains à titre personnel qu'elle ne tente de poursuivre sur sa voie du communisme expansionniste.

Harbir Dilbar avala une cuillerée de riz et découpa un morceau de naan au fromage qu'il fourra dans sa bouche tout en mâchant bruyamment.

Harbir Dilbar: Elle est incorrigible cette petite. Je ne l'ai jamais soutenue vous savez, même si nous étions tous les deux membres du Parti Communiste. Son truc ce n'est pas gouverner mais faire la guérilla, j'espère que le Caskar se porte bien parce que croyez-moi elle est capable d'y foutre la zizanie, ou tout au moins y contribuer avec une grande part. Les autorités du Principat sont informées j'espère ?

Jasbir Kejar n'avait pas cru bon d'informer les autorités du Caskar, après tout ils finiraient bien par le savoir. Ils le savaient peut-être déjà de toute façon. Le Premier ministre botta en touche.

Jasbir Kejar: De toute façon qui ne la voit pas arriver à l'avance ? En cas d'action fâcheuse de sa part nous avons déjà un communiqué prêt à sortir pour nous désolidariser.

Harbir Dilbar: Bien, très bien. Maintenant parlez-moi du budget, pourra-t-il être présenté à temps à cause de cette histoire de nationalisation surprise ?

Jasbir Kejar: Les équipes du ministère des Finances travaillent jour et nuit, le budget sera présenté d'ici quelques jours. Je peux déjà vous dire qu'on s'est fixé un plafond de 5% pour le déficit public. Il ne sera d'ailleurs sans doute pas atteint mais j'ai ordonné à ce qu'on se rapproche le plus possible de l'équilibre. Nous avons besoin de montrer un sérieux budgétaire sans faille. Les grands investissements autoroutiers sont programmés pour 2041, si notre croissance est excellente nous pourrons revoir à la baisse le montant des emprunts d'investissement et donc limiter la hausse de la dette.

Harbir Dilbar: Ma foi, si vous arrivez à remporter les élections de Palanai et décrocher un chiffre de croissance très satisfaisant vous vous mettrez dans une bonne situation. Un bon point pour la stabilité du pays tout ça, il va falloir vite enterrer cette funeste année 2039 et aller de l'avant. Un bon pied de nez à l'Amiral tout ça.

Le Président s'essuya la bouche avec sa serviette et commença à se curer les dents.

Jasbir Kejar: Je ne cherche pas à provoquer le président enissois vous savez. Lorsque je l'ai rencontré il m'a paru dégager une certaine sérénité et un peu de prestance voyez-vous. La rencontre a été cordiale, nous avons tout à gagner à entretenir des relations stables avec la République Fédérale d'Ennis.

Harbir Dilbar: Vous avez peut-être raison. M'enfin si je vous ait convoqué c'est avant tout pour vous annoncer que je me rendrais au Westrait en 2040 pour participer à l'Internationale Communiste, je représenterai le pays moi-même, ce sera un symbole fort.

Les yeux du Premier ministre s'arrondirent, il ne s'y attendait pas du tout.

Jasbir Kejar: Il est vrai que je suis travailliste donc cela ne me concerne pas directement mais croyez-vous vraiment qu'il soit opportun que le Chef d'Etat du Gandhari aille se promener au Westrait à l'occasion de l'Internationa...

Harbir Dilbar: Je suis têtu vous savez. Je tiens à y aller et ce sera pour moi l'occasion de rencontrer Julius Blackwell, le Président du Présidium de la Chambre Populaire. Ce sera un beau symbole d'union entre nos deux pays face à une adversité qui ne fait que croître.

Jasbir Kejar: Je ne suis pas convaincu de votre coup et cela anéantirai probablement mes efforts pour normaliser nos relations avec Ennis.

Harbir Dilbar: Ne perdez pas votre temps en conjectures, vous êtes à la tête d'un gouvernement rouge, vous devez donc accepter tout ce qui en découle.

Le Premier ministre but son verre de vin santognais sans piper mot.

Posté : dim. août 11, 2019 9:17 pm
par Plutark38
[center]Vers une Révolution de Novembre 2039 ?[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/7PwvQ.jpg[/img][/center]
[center]Le Président Harbir Dilbar [/center]


Harbir Dilbar, Jasbir Kejar et Ranbir Nandlah étaient rassemblés dans le bureau présidentiel et discutaient de la situation à Dolangana. La situation allait probablement faire tâche d'huile et il s'agissait de devancer le mouvement pour que la volonté populaire aboutisse. Le PCG n'avait jamais voulu initier lui-même un mouvement de masse et avait préféré attendre que ça vienne spontanément. C'était probablement ce qui était en train de se profiler...

Harbir Dilbar:
Président de la République du Gandhari

Bien ! Je suis heureux que nous nous réunissions. Comme vous le savez la défaite de la droite à Palanai a déclenché un emballement pour le moins inattendu parmi les ouvriers et les paysans. Heureusement, ils ont des alliés à la tête de l’État et nous allons accompagner la nouvelle révolution qui se profile et la cueillir comme un fruit mûr. Quelle est la situation camarade Nandlah ?

Ranbir Nandlah:
Directeur du Comité transitoire du PCG

La nouvelle administration de Dolangana a été mise en place. Maire et élites locales ont fui la ville par crainte de voir leurs biens confisqués. D'ici quelques jours le Conseil représentatif des Conseils Ouvriers et Paysans sera élu. Ils s'occuperont d'administrer la vie dans les usines et les exploitations agricoles quand la Commission municipale s'occupera des compétences ordinairement dévolues aux communes.

Le Président but une gorgée de thé en acquiesçant de la tête.

Jasbir Kejar:
Premier ministre du Gandhari

Et la Vice-Première ministre Ikna Omara m'indiquait ce soir que d'autres villes de la région de Palanai s'apprêtaient à suivre le mouvement. Nous aurons probablement d'ici quelques jours un fleurissement des conseils d'ouvriers et de paysans et donc un effondrement de l'administration locale qui a cours depuis le début de la République. Pour l'instant seule la région de Palanai est concernée mais les services de renseignement pensent que la région du Centre et Gollokorunda seront vite touchés.

Ranbir Nandlah:
Directeur du Comité transitoire du PCG

Ce sera assurément la première grande ville touchée. Et c'est là que le gouvernement devra sortir du silence. Ce sera le bon moment pour appuyer ces mouvements.

Harbir Dilbar:
Président de la République du Gandhari

Effectivement, quand les usines et les mines de Gollokorunda seront en grève nous allons dégainer une arme efficace qui nous permettra de couper court aux violences qui pourraient survenir dans le cadre de cette révolution. Monsieur le Premier ministre ?


Jasbir Kejar:
Premier ministre du Gandhari

Oui, nous allons passer par un référendum et donc profiter de l'opinion publique qui est largement en notre faveur. Le référendum sera donc constitutionnel et permettra de revoir l'organisation régionale et municipale. Les traditionnelles cinq régions seront abolies et remplacées par douze régions qui seront dirigées par des Conseils suprêmes d'Ouvriers et de Paysans, eux-même élus par les Commissions municipales qui enverront des délégués. La moitié des sièges des Conseils suprêmes sera donc réservée aux délégués des conseils et l'autre moitié directement élue dans le cadre traditionnel.
De manière pyramidale on aura donc Conseils d'ouvriers et de paysans au niveau de l'usine, Conseil représentatif des Conseils d'ouvriers et de paysans pour les questions relatives aux activités économiques de la ville, la Commission municipale qui sera pour moitié désignée par le conseil représentatif et chargée d'administrer la commune et enfin le Conseil suprême qui sera constitué de délégués issus des commissions municipales. Les élections municipales seront maintenues et permettront d'élire la moitié des membres de la Commission municipale.
L'organisation de la tête de l’État restera inchangée, au moins jusqu'en 2043. Cependant on peut en profiter pour changer le nom du Gandhari en "République Populaire du Gandhari" et installer ce drapeau qui est déjà popularisé.

Ranbir Nandlah:
Directeur du Comité transitoire du PCG

Très belle organisation ma foi ! Cependant en expropriant les élites locales on risque de s'attirer quelques foudres à l'internationale.

Jasbir Kejar:
Premier ministre du Gandhari

C'est bien pour ça qu'on va passer par un référendum. S'il passe on applique la volonté populaire, sinon on convoque de nouvelles élections législatives avec une forte probabilité de gagner à nouveau. L'opposition est faite comme un rat, on ne peut pas nous empêcher de suivre la volonté populaire qui grimpe.

Harbir Dilbar:
Président de la République du Gandhari

Et le calendrier ? Si le référendum est validé il faudra avancer les élections municipales et régionales pour compléter la moitié manquante des conseils. Vous tablez sur quelle période ?

Jasbir Kejar:
Premier ministre du Gandhari

Le référendum sera programmé pour le 15 décembre. Il me semble important de laisser à la première moitié des conseils le temps de s'installer et le nouveau système s'infuser dans l'esprit des gens. Je table donc sur des élections territoriales des conseils pour Avril 2040. Pendant ce temps le gouvernement continuera à travailler comme il le fait actuellement et à dérouler son programme.
Nous serons peut-être conspués parmi les pays anticommunistes du monde mais on n'en tiendra aucune rigueur. Ce que nous faisons chez nous nous regarde nous et seulement nous.
Ah oui je précise, les zones franches resteront zones franche et de droit international. Le gouvernement s'opposera à tout désordre dans ces zones car nous devons garantir les conditions promises aux investisseurs étrangers.
Oh et l'assemblée élue pour la région de Palanai sera maintenue et donc non concernée par les élections territoriales des conseils et se proclamera Conseil Suprême au lendemain du référendum.

Le Président de la République et le chef du PCG acquiescèrent.

Harbir Dilbar:
Président de la République du Gandhari

Ma foi, mon déplacement au Westrait lors de la réunion de l'Internationale Communiste sera un grand moment de communion. Et l'avion présidentiel floqué aux couleurs du nouveau drapeau... quelle allure ça aura !

Ranbir Nandlah:
Directeur du Comité transitoire du PCG

Je me disais bien que ce drapeau était voué à connaître rapidement un destin formidable...

Posté : mar. août 13, 2019 6:54 pm
par Plutark38
[center]Vers une Révolution de Novembre 2039 ?[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/7PwvQ.jpg[/img][/center]
[center]Le Président Harbir Dilbar [/center]


Harbir Dilbar:
Président de la République du Gandhari

Dites monsieur le Premier ministre, au vu du soutien populaire que remporte la grève des travailleurs et l'enthousiasme suscité par l'annonce d'une possible proclamation d'une République des Conseils, ne croyez-vous pas qu'il serait possible d'accélérer les choses et de se passer du référendum ?

Le Premier ministre se versa un verre d'alcool de riz, but une gorgée et se mit à réfléchir, le regard vide.

Jasbir Kejar:
Premier ministre du Gandhari

Au vu du soutien massif, l'opération est assez peu risquée, mais nous sortirions du cadre de la démocratie du point de vue des critères internationaux et cela pourrait être perçu, à tort, comme un Coup d’État. C'est à mon sens le seul point vraiment préoccupant. L'opposition ne fera que jacasser, comme d'habitude.

Jasbir Kejar reprit une gorgée de son alcool de riz, le regard toujours vide et lointain.

Vous savez, si on décide d'agir maintenant on sera perçus comme des héros du prolétariat et on assurera notre place pour un bon moment. Il y a plus de points positifs que négatifs à agir maintenant. On coupera l'herbe sous le pied de l'opposition qui n'aura pas le temps d'organiser une opposition structurée au projet de République des Conseils.

Harbir Dilbar:
Président de la République du Gandhari

Les élections territoriales pourront aussi être avancées et vous serez tranquilles jusqu'en 2043 avec aucun scrutin prévu d'ici là. Ce sera un gage de stabilité, croyez-moi. Si nous proclamons la République des Conseils du Gandhari maintenant cela mettra un terme à la grève, ce qui limitera l'impact sur la croissance. Des chiffres très bons nous donnerons de la crédibilité sur le plan international, faisons qu'ils soient le meilleur possible.

Jasbir Kejar:
Premier ministre du Gandhari

Vous avez raison, vu l'emballement du mouvement qui ne cesse de se répandre il faut agir maintenant car le nouveau régime pourrait être proclamé par les grévistes à notre place. Nous devons garder la main !

Harbir Dilbar:
Président de la République du Gandhari

Eh bien dans ce cas nous allons préparer une intervention commune et en tant que Président de la République je ferais ce qui doit être fait. Les drapeaux de la République des Conseils du Gandhari sont prêts à être hissés.

Le Président et le Premier ministre trinquèrent.

Jasbir Kejar et Harbir Dilbar:

A la République des Conseils du Gandhari !

Posté : dim. août 18, 2019 8:43 pm
par Plutark38
[center]Essayer de prendre l'avantage[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/Ay5kw.jpg[/img][/center]
[center]Ranbir Nandlah et Jasbir Kejar en pleine discussion animée[/center]

[justify]
Le Vice-Président du Conseil des Commissaires du Peuple et nouveau dirigeant du Parti Communiste avançait d'un pas rapide vers le bureau du chef du gouvernement. La révélation d'un immense système de corruption entretenu par les vieux partis mettait en danger la coalition au pouvoir et il voulait s'assurer que tout serait mis en place pour mettre de la distance entre le PCG et les actes de corruption du PTG. Le rendez-vous s'annonçait musclé entre le numéro 1 et le numéro 2 du Conseil des Commissaires du Peuple. Ranbir Nandlah frappa brièvement et entra dans le bureau de Jasbir Kejar. Il salua brièvement le Président du Conseil à la mode janubienne puis adopta un air sévère.


Ranbir Nandlah
Vice-Président du Conseil des Commissaires du peuple, Chef du PCG

Ecoutez-moi bien Jasbir, les révélations de la presse et les fouilles du Conseil ouvrier et paysan de Sojatpur sont en train de ruiner l'image de votre parti. Je ne veux absolument pas m'ingérer dans vos affaires mais il serait approprié de se séparer des éléments mis en cause. Par chance aucun commissaire travailliste n'a trempé dans des affaires douteuses mais vous savez bien que l'amalgame sera vite fait et qu'en absence de réactions on réclamera leur départ puis plus tard le votre. Vous devez vite réagir ![/justify]

Le chef du gouvernement avait totalement conscience de la situation et était agacé par les leçons données par le nouveau grand manitou du PCG.

Jasbir Kejar
Président du Conseil des Commissaires du Peuple, Chef du PTG

Je vous remercie Ranbir, je suis parfaitement au jus de la situation. J'ai lancé personnellement des procédures de radiation et je m'adresserai à la presse en leur donnant assez à manger pour qu'ils puissent épiloguer pendant trois jours sur une purge au sein du PTG initiée par le chef du gouvernement. Cela vous convient-il ?


Ranbir Nandlah
Vice-Président du Conseil des Commissaires du peuple, Chef du PCG

Mais finalement, ne serait-ce pas le bon moment pour que le PCG retrouve le lead au sein de la coalition ? L'histoire qui mouille le PTG dans de grosses affaires de corruption peut compromettre sa crédibilité et quelque part un peu la votre. Si le PTG garde la tête du gouvernement la coalition serait mise en danger et il faut donc couper l'herbe sous le pied aux détracteurs pour que la coalition résiste.

Jasbir Kejar fixa le Secrétaire Général du PCG pendant quelques secondes, les yeux ronds, et éclata de rire.

Jasbir Kejar
Président du Conseil des Commissaires du Peuple, Chef du PTG

Je savais que vous aviez de l'ambition, Ranbir, tout comme vous avez du talent mais vos dents rayent le parquet. Certes le PCG est en position de force au sein de la coalition mais je vous rappelle que mes troupes sont celles qui décident de sa pérennité. Soyez patient, vous serez à ma place un jour, c'est indéniable. Ceci dit je vous conseille de faire preuve de plus de modestie si vous voulez éviter le sort de votre copine. Le Gandhari a besoin de stabilité et personne n'y comprendrait rien si le gouvernement changeait encore. Le Président me fait confiance, malgré les affaires de corruption ma crédibilité est intacte et je compte bien continuer à assumer mon rôle, d'autant plus que je suis un homme honnête et intègre. Une réforme agraire est dans les cartons, une loi énergie également ainsi qu'une réforme territoriale permettant le passage à 12 régions contre 5 aujourd'hui. Nos liens avec le Westrait se renforcent de jour en jour et en plus nous faisons progresser les droits de l'Homme à vitesse grand V. Les westréens viennent de légiférer sur les droits LGBT et nous avons un magnifique coup à jouer avec cette carte des libertés renforcées. Quelque chose ne vous convient pas ?

Ranbir Nandlah
Vice-Président du Conseil des Commissaires du peuple, Chef du PCG

Non, c'est juste que le PCG ne supportera pas de jouer les seconds rôles sous votre gouvernance, je tenais juste à vous le dire. Nous avons gagné les élections, c'est nous qui avons donc gagné le droit de gouverner le pays. Heureusement vous vous pliez au programme commun de la coal...

Jasbir Kejar le coupa violemment.

Jasbir Kejar
Président du Conseil des Commissaires du Peuple, Chef du PTG

Ah oui et il est où le problème ? Dites-moi où est le problème alors que je respecte le contrat de gouvernement. Ce n'est pas de ma faute si la direction provisoire de votre parti a refusé de vous nommer Premier ministre au motif que vous étiez le compagnon d'Asha Lota. Moi on est venu me chercher, je n'ai pas manifesté mes ambitions mais maintenant que je prend mes aises dans mon rôle, le PCG vient me demander des comptes et me dire qu'il est temps de rendre le tablier alors qu'Asha Lota qui est sans doute morte revient en grâce dans le cœur des gens ? J'ai été mis là pour durer. Vous attendrez donc 2043 pour diriger le pays. Les Travaillistes ne se laisseront pas couler par des fautes commises par des gens qui ne sont même plus dans la politique. Les députés du PTG sont acquis à la cause du PCG, je vous suggère d'éviter de les contrarier et de compromettre la coalition. Je vous croyais bien plus intelligent que cela Ranbir !

Jasbir Kejar se mit à réfléchir puis reprit la parole.


Jasbir Kejar
Président du Conseil des Commissaires du Peuple, Chef du PTG

Même si vous provoquez la dissolution de la Chambre, il vous faut plus de 50% pour gouverner seul et vous ne les atteindrez jamais. Ne faites donc pas de bêtise et grandissez un peu. Vous avez 37 ans bon sang ! Vous aurez tout le loisir de monter tout en haut des marches un jour. Néanmoins je suis affligé de voir que votre propre carrière vous intéresse davantage que le Peuple et la République des Conseils. Nous avons réussi quelque chose d'extraordinaire alors veillez à ne pas tout compromettre et finir dans les poubelles de l'histoire. Prenez un peu de plomb dans la cervelle, détendez-vous et revenez me voir quand vous aurez les idées à nouveau en place ! Nous avons un pays à gouverner et des réformes à mener pour prouver l'efficacité de notre nouveau modèle politique au monde entier. Mettez donc votre égo de côté et retroussez-vous les manches ! Cette conversation restera entre nous !

Jasbir Kejar avait haussé le ton, devenant presque menaçant. Il ne cachait pas sa colère.
Venant de recevoir une leçon d'humilité et de sens de l'honneur, Ranbir Nandlah quitta le bureau en tremblant. Jasbir Kejar serait indéboulonnable.

Posté : jeu. août 22, 2019 8:44 pm
par Plutark38
[center]Duel au sommet[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/dOaQd.png[/img][/center]

Jasbir Kejar travaillait seul à son bureau lorsqu'on frappa à la porte. Il regarda l'heure. 22h57. Mais qui diable pouvait venir le déranger à cette heure tardive où il pouvait toujours traiter ses dossiers en toute quiétude ? Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit. C'était la Commissaire du Peuple à la Défense Nationale, Tara Mamrai.

Jasbir Kejar: Tara ? Que me vaut une visite si tardive ? J'étais en train de signer les derniers décrets visant à valider les conseils d'ouvriers et de paysans dans les régions qui ont été les dernières à s'en doter. Enfin bon peu d'importance, tu n'as pas bonne mine dis-moi. Un incident dans l'armée ?

La Commissaire avait un air sombre. Membre du Parti Travailliste, elle était l'une des plus fidèles du Président du Conseil. Tout cela n'annonçait rien de bon.

Tara Mamrai: Désolé de te déranger Jasbir mais c'est important. Ça concerne Ranbir, il est sur le point d'attirer au PCG quelques députés travaillistes. Cela risque fort de nous mettre en difficulté si nous ne réagissons pas. Il veut ta place et fait toutes les manœuvres nécessaires pour y parvenir. Son objectif est d'annexer le PTG, de te délégitimer à ton poste puis de prendre ta place. Il ne fera jamais ça de façon frontale mais de manière insidieuse. Ses sbires font du lobbying auprès de nos députés pour les convaincre du bien fondé de quitter le PTG pour le PCG. Il semble en passe de gagner quelques soutiens.

Jasbir baissa les yeux puis se laissa tomber dans un fauteuil. Il ne lâcherait donc jamais le morceau ce petit con d'arriviste. Il fallait se poser et réfléchir calmement sans prendre de décisions précipitées.

Jasbir Kejar: Assieds-toi, je vais te faire apporter un thé.

Il fit tinter une petite cloche. Un serviteur apparut et Jasbir réclama une grosse tasse de café et du thé gandharien. Le garçon s'exécuta et disparut aussi vite qu'il était arrivé.

Jasbir Kejar: Nous n'allons pas nous laisser abattre. Dans la semaine on va faire une réunion à huis clos où je vais rappeler la nécessité pour nous de rester unis. Des élections arrivent dans quelques mois. Nous devons continuer à faire bonne figure pour disputer à Ranbir la suprématie qu'il prétend vouloir imposer sur l'échiquier politique.

Tara Mamrai: Si le PCG fait un score phénoménale tu pourras dire adieu à ton poste Jasbir. Tu dois créer une dynamique et une cohésion pour disputer au PCG son leadership à gauche. Nos visées sont similaires mais avec moins de radicalité. Pour commencer tu dois purger le parti des derniers éléments qui ont trempé dans la corruption. Tu dois te faire une réputation de Monsieur Propre. Ensuite il faudra absolument remporter des régions pour peser au futur Conseil Suprême et freiner Ranbir Nandlah dans son ascension. Quand sera présenté le découpage ?

Jasbir Kejar: Au début de l'année. Nous passerons à 12 régions mais Ikna (Commissaire aux Affaires Intérieures et Ecolo) va s'arranger pour que le PCG ne soit pas trop avantagé au détriment des autres partis. L'ambition trop forte de Nandlah risque d'agacer les Verts, il faudra jouer dessus et les mettre dans notre poche.

Tara Mamrai: Je crains pour la solidité du gouvernement tu vois. Nous avons besoin de stabilité, il faut à tout prix éviter une énième valse de cabinet. Nous devons durer au moins deux ans, c'est l'objectif qu'on s'était fixé.

Jasbir Kejar: Si le PTG fait un score honorable en avril et que nous tenons nos troupes il ne se passera rien et le gouvernement pourra continuer à exister. Le seul moyen de tout arrêter serait que le PCG décide de mettre un terme à la collaboration avec nous mais ce serait suicidaire. Il ne ferait jamais les 55% nécessaires pour remporter la majorité absolue seul. Je m'arrangerais personnellement pour que le système électoral reste tel quel pour éviter que Ranbir n'en profite pour se hisser à ma place après des élections qu'il aura provoquées.

Tara Mamrai: Nous avons donc toutes les cartes en main pour freiner son appétit de pouvoir. Ton calme m'étonnera toujours.

Jasbir Kejar: Je préfère mille fois voir Asha Lota revenir que de voir son compagnon gravir les marches du palais à ma place. Cet homme est talentueux, il fait jeune et dynamique mais ses dents rayent le parquet et son arrogance ne pourra que le perdre. Nous allons donc faire le nécessaire pour empêcher des députés travaillistes de filer chez les communistes et crois-moi, le PTG fera plus de 20% aux élections d'avril. Ranbir ne pourra pas me jeter comme une vieille chaussette, il devra encore ronger son frein.

Jasbir et Tara burent leur tasse.

Posté : mer. août 28, 2019 8:26 pm
par Plutark38
[center]Altercation au palais[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/7PP8Q.png[/img][/center]
[center]Ranbir Nandlah, vice-président du conseil des commissaires du Peuple et secrétaire général du PCG[/center]


[justify]Le numéro deux du conseil avait été convoqué par Jasbir Kejar. Ses annonces concernant la mairie de Bunaghar n'étaient sans doute pas étrangères à ce rendez-vous imprévu.
Jasbir Kejar l'exaspérait au plus haut point. Lui et ses 65 députés travaillistes osaient lui indiquer la marche à suivre sans qu'il n'ait de mot à dire. Il n'oubliait pas qu'on l'avait écarté de la tête du gouvernement au prétexte fallacieux qu'il était le compagnon d'Asha Lota. Cet affront, il n'était pas prêt à tirer un trait dessus. Jasbir Kejar était pour le moment indéboulonnable mais si le PCG réalisait une énorme performance en avril, le chef du gouvernement tomberait de sa branche aussi vulgairement qu'une feuille morte séchée. Ranbir avait bien l'intention de le menacer s'il allait trop loin car il devait se faire respecter, et le PCG aussi.
Personne ne devait dicter à Ranbir Nandlah sa conduite car il était victime d'une injustice. En tant que chef du premier parti au Parlement c'était à lui de diriger le pays.
Le vice-président du conseil entra dans le bureau de Jasbir Kejar. Ce dernier ne le regardait même entrer pas tandis qu'il buvait son café. Tout à coup il leva les yeux et le regarda par dessus ses lunettes. Ranbir avait horreur de cette marque de mépris.


Jasbir Kejar: Vous savez pourquoi vous êtes ici je présume ?

Le ton était acide, sec et sévère. Ranbir était fixé. Il voulait jouer au maître d'école avec lui ? Il se trompait.

Ranbir Nandlah: Je ne suis pas ici pour jouer aux devinettes, Jasbir. Tu m'as convoqué, donc au lieu de m'interroger sur le pourquoi de ma présence alors qu'elle ne dépend pas de moi, va droit au but !

Jasbir Kejar écarquilla les yeux, ne s'attendant pas à une réponse aussi hostile.

Jasbir Kejar: Eh bien oui, puisque vous me demandez d'aller droit au but je vais m'exaucer. Il se trouve que le pouvoir doit s'astreindre à une exemplarité parfaite et se consacrer entièrement à sa tâche. Nous sommes censés avoir quitté la république bourgeoise où les responsables politiques ne sont préoccupés que par leur carrière avant toute autre chose. Vous avez l'intention de vous porter candidat à Bunaghar. Très bien mais dans ce cas vous devrez quitter le gouvernement et céder votre place à quelqu'un qui sera serviteur du peuple à plein temps. Le cumul ne sera pas toléré avec moi, chacun s'engage pleinement dans une seule fonction et cherche autre chose que le pouvoir. Vous avez encore le temps de réfléchir mais je vous préviens, je m'opposerais par principe à votre retour au gouvernement si vous êtes défait. Quitte à ce que cela précipite ma chute. Moi je ne suis pas dans les combines d'appareil du Parti Communiste qui commence sérieusement à m'inquiéter avec sa volonté de tout chapeauter et tout contrôler. Je vais même vous le dire en face, de dirigeant de parti à dirigeant de parti. Votre intolérance face à l'opposition devient de plus en plus aiguë et menace la démocratie. Parampal Kahlon veut briguer la mairie de Bunaghar, et alors ? En quoi est-ce que cela va entraver notre action au conseil des commissaires ? Si vous voulez tout contrôler eh bien amenez l'armée, déposez-moi, supprimez les élections et décrétez le PCG parti unique comme au bon vieux temps des régimes communistes totalitaires. La force du Gandhari est de pratiquer un communisme modéré et fréquentable pour l'ensemble de la gauche. En pensant d'abord à votre carrière vous mettez tout cela en péril et je le déplore. Votre ambition est dangereuse pour le Gandhari.

Jasbir Kejar garda le silence tout en regardant son rival droit dans les yeux. Malgré les coups qu'il venait d'asséner, son adversaire était loin d'être KO. Ranbir Nandlah s'avança vers Jasbir Kejar et posa brusquement ses deux mains sur son bureau dans un grand claquement sonore.

Ranbir Nandlah: Waouh, vous avez récité votre petite tirade pendant trois heures pour être sûr de me la ressortir en face ? Je dois admettre que vous êtes un bel acteur de théâtre. Vous voulez donc que je quitte le gouvernement, moi le dirigeant du premier parti du Gandhari ? Finalement vous n'utilisez l'exemplarité que pour me mettre à l'écart et continuer tranquillement votre cheminement à la tête du pays. Rappelez-vous que si vous êtes assis sur ce fauteuil, c'est parce que je le tolère encore. Je vous conseille donc de baisser d'un ton avec moi ou vous risqueriez bien de vous retrouver en-dehors du conseil des commissaires en moins de deux secondes. Votre légitimité à occuper ce poste est complètement inexistante et vous ne devez votre présence ici qu'à votre coup d'éclat le jour où vous avez [URL=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1367&t=17846&p=354015#p354015]fait un putsch contre les modérés du parti travailliste[/URL]. Vous êtes sorti de l'anonymat ce jour-là en agissant de manière opportuniste. Sachez que je ferais tout pour vous y renvoyer et on oubliera votre passage ici, ce sera juste une anecdote dans les livres d'histoire.
Je ne suis pas ambitieux, je viens simplement chercher ce qui me revient de droit: votre place.
Évidemment il est encore trop tôt car un changement de gouvernement maintenant porterait préjudice au pays. Mais je vous préviens, si le PCG fait un triomphe en avril, vos heures ici seront comptées.

Le président du conseil ne se laissa pas intimider et se leva pour dominer Ranbir Nandlah qui était plus petit que lui.

Jasbir Kejar: Je crois que vous à ma place serait terriblement dangereux pour le Gandhari. Vous êtes arrogant, impulsif et même détestable. Je vais vous le répéter une énième fois. La durée de ma mission ici m'importe autant que le nombre de fois où vous visitez les bordels de la capitale pour combler le manque de votre compagne. Je me console en me disant qu'on ne gardera pas de moi une image d'assoiffé de pouvoir, ce qui est votre cas. Votre ambition personnelle est votre seul moteur et au fond je pense que le communisme est une excuse pour justifier votre engagement politique vide de sens.
Si vous voulez m'éjecter, faites. Mais croyez-moi, rien n'est gratuit et vous en paierez le prix en vous collant une image assez peu ragoûtante.
D'ailleurs je suis curieux de voir ce que pense Harbir Dilbar de votre attitude. Le Président de la République ne cautionnerait sans doute pas votre petit manège malgré son appartenance au PCG.

Ranbir Nandlah: Soyez rassuré, vous ne finirez pas l'année 2040 ici. Quelque soit vos résultats économiques et politiques. Vous n'êtes finalement qu'un chef de gouvernement de transition comme Parampal Kahlon, que vous ne pouvez pas voir en peinture et...

Jasbir Kejar: Je ne m'entend pas avec lui mais lui au moins il a le sens des responsabilités et n'est pas bouffi d'orgueil et assoiffé de pouvoir. Le pays lui doit beaucoup. Et vous qu'avez-vous accompli pour votre pays à part vous pavaner dans vos fonctions de haut-cadre du PCG ? Aidez-moi je n'arrive pas à trouver la réponse.[URL=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1367&t=17846&start=90#p355870] D'ailleurs c'est vous qu'il semble gêner en ce moment, pas moi ![/URL]

Ranbir Nandlah: Vous êtes en train de lui passer devant, et largement.

Jasbir Kejar: Et pourtant vous avez le don de vous faire les mauvais ennemis. Finalement tous ceux qui se mettent en travers de votre chemin volontairement ou pas sont vos ennemis d'après ce que j'ai compris ? Moi je fais mon travail et depuis quelques mois on peut dire que la situation du pays s'est stabilisée avec un certain nombre de progrès dans plusieurs domaines. Vous auriez bien du mal à motiver votre décision de mettre le gouvernement à terre. Ensuite il faudrait retrouver une majorité pour gouverner et vous croyez que le PTG acceptera de vous suivre après une telle forfaiture ? Mais vous nagez en plein délire très cher ! Même en dissolvant la Chambre du Peuple vous devrez atteindre 55% pour gouverner seul, ce qui ne se produira pas. Je vous recommande de relire la constitution et de mémoriser la dynamique des coalitions parlementaires. Cela vous sera utile quand vous aurez pris ma place !

Ranbir Nandlah: Dans ce cas vous porteriez la responsabilité d'un blocage du pays. Le peuple n'acceptera pas qu'on joue avec son vote. Vous me menacez maintenant mais dans ce genre de situation vos troupes seraient les premières à venir ramper pour constituer une majorité de gauche.

Jasbir Kejar: Croyez-moi, vous-vous trompez et je vais vous en faire la démonstration. Votre ambition, votre autoritarisme et votre arrogance m'effraient au plus haut point. Le jour où vous serez en mesure de gouverner je préfèrerais mille fois appuyer Parampal Kahlon que vous !

Ranbir Nandlah tapa du poing sur la table et laissa échapper un grognement.

Ranbir Nandlah: Vous êtes une sacrée merde, votre attitude se paiera un jour ! Quant à votre exigence de démission vous pouvez vous la foutre au cul, je serais candidat à Bunaghar et numéro deux du conseil !. Je ne démissionnerai qu'en cas de victoire vous m'entendez ? Cette entrevue est terminée !

Ranbir tourna brusquement le dos et quitta le bureau de Jasbir. Il claqua la porte derrière lui, laissant le Président du conseil en plan.

Jasbir Kejar: Tout finit par se payer, oui, dit-il tout bas pour lui-même.[/justify]

Posté : jeu. août 29, 2019 11:37 am
par Plutark38
[center]Déboulonner le "Tigre Rouge"[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/OXjNw.jpg[/img][/center]


[justify]La remise du [URL=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1367&t=17845&start=15#p355912] rapport par son chef westréen des renseignements[/URL] avait fait l'effet d'une douche froide. Il avait déjà senti que quelque chose se tramait mais pas au point que le chef du PCG mûrisse le projet de s'imposer en maître absolu du pays en utilisant pour prétexte l'idéologie communiste. Heureusement ses intentions n'étaient, semble-t-il, connues que par une fraction de personnalités et la plupart des députés communistes n'y souscriraient jamais. Finalement, Jasbir Kejar restait le chef de la majorité et son influence était bien plus étendue que ne le pensait Ranbir Nandlah.
Après avoir [URL=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1367&t=17988#p354608] désamorcé un Coup d’État militaire[/URL], voilà qu'il devait déjouer les plans de celui qui gagnait peu à peu dans les cercles restreints du pouvoir le surnom de "Tigre Rouge du Gandhari".
La mairie de Bunaghar n'intéressait pas Ranbir Nandlah, le président du Conseil en avait l'intime conviction. Son plan était juste de terminer en tête, se targuer d'une légitimité renforcée puis devenir président du Conseil à la place du président du Conseil.
Ses plans pour le Gandhari étaient effrayants: société militarisée, communisme totalitaire avec parti unique, politique diplomatique agressive et belliqueuse. Ce n'était sûrement pas la voie de l'intérêt général.
Jasbir Kejar tenait le rapport de Dennis Price entre ses mains puis décida de l'enfermer dans un petit coffre fort dans un meuble de son bureau après l'entrevue qui allait suivre. Le chef des renseignements de la présidence du Conseil avait pris soin de détruire la version numérique après avoir remis l'unique exemplaire du rapport à Jasbir Kejar. Pour l'instant il était la seule personne du pays au courant en-dehors des services de renseignements mais il ne pouvait pas garder ce trop lourd secret impossible à porter seul.
On frappa à la porte.
[/justify]


Jasbir Kejar: Oui Tara, entrez !

La Commissaire du Peuple à la Défense Nationale entra. Elle vit tout de suite le masque d'inquiétude qui barrait le visage de Jasbir. Ce dernier lui fit signe de s'asseoir puis il approcha le rapport vers son coin de table.

Tara Mamrai: Nom d'une vache sacrée !

Jasbir Kejar: Ne dit rien surtout. Nous n'avons aucune idée du nombre de partisans qu'il entraîne avec lui. Il semble persuadé pouvoir réussir un coup de force dans le cadre de la constitution en brisant la coalition pour provoquer de nouvelles élections mais pour être sûr d'avoir les pleins pouvoirs il doit réformer la loi électorale, ce à quoi une bonne partie des députés communiste s'oppose. Il n'a donc aucune chance d'y arriver car les travaillistes ne tomberont pas dans son piège.

Tara Mamrai: Je peux éventuellement demander à mes services de sonder l'état d'esprit général dans l'armée pour voir si on y décèle une prise de position ou non en faveur de Nandlah. A ce stade je n'y crois pas une seule seconde.

Jasbir Kejar: Au Parti Communiste très peu semblent connaître ses intentions et je pense que très peu soutiendraient son projet de fonder un régime totalitaire avec le PCG comme parti unique. Trop de militants ont souffert de l'interdiction de leur parti pendant dix ans pour l'infliger aux autres. Finalement il est encore pieds et poings liés et n'est pas en mesure de tenter quoi que ce soit. Révéler ce rapport maintenant est inutile et aurait assez peu d'effet. Il doit être au sommet pour que la chute soit d'autant plus violente. Tout dépendra des élections d'avril.

Tara Mamrai: Il veut donc s'approprier le futur score du PCG pour en faire un baromètre de sa popularité ? Incroyable, d'autant plus que les électeurs communistes ne seraient pas aussi nombreux à soutenir la mise en place d'une dictature rouge. Il trompe tout le monde pour ses propres intérêts.

Jasbir Kejar: Les travaillistes feront cavalier seul pendant la campagne et je m'impliquerais personnellement en soutenant les candidats de notre parti. C'est le jeu de la démocratie, personne ne pourra me le reprocher. En revanche les médias verront très vite qu'il y a un froid entre lui et moi. Les spéculations risquent d'aller bon train d'ici quelques semaines or je veux que la situation reste normale, du moins en apparence. Il faudra nier catégoriquement tout conflit entre lui et moi, je ne cesserai de dire que je lui accorde ma confiance de sorte que si toute controverse éclate sur la bonne entente PCG/PTG, il sera le seul et unique responsable par des mots qu'il aurait prononcé de travers.

Tara Mamrai: Pour ma part je ne suis pas au courant.

Jasbir Kejar: Et moi j'ai l'impression de mener une barque de pêche au milieu d'un océan déchaîné...