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Posté : mer. mars 27, 2019 5:11 pm
par Galaad
[center]Centre de documentation
Grande encyclopédie du Jernland


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Paysage du comté de Fjordane, dans la région de Hoveland[/center]


[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=349496#p349496]I- Présentation générale[/url]
[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=349632#p349632]II- Géographie et population[/url]
[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=350246#p350246]III- Histoire[/url]
IV- Institutions
V- Culture

Posté : mer. mars 27, 2019 5:50 pm
par Galaad
[center]Présentation générale

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A. Principales données

Nom officiel : Etat du Jernland
Système politique : République
Système économique : libéralisme

Capitale : Røros
Autres grandes villes : Kongsvinger, Trondheim, Bodø
Langues officielles : Jernmål
Autres langues et dialectes locaux : vieux dialectes et vieux jernmål
Gentilé : Jernlander
Population globale : 32 765 924 millions d'habitants (2038)
Superficie totale : 372 390,20 km² km²
Densité de population : 87,99 hab/km²

Monnaie : Daler (ð ; DAG)
Produit intérieur brut (PIB) : 60 Mrd$ (2038)
Produit intérieur brut par habitant : 1846,15 $/hab (2038)
Fête Nationale : 15 juin (unification du Jernland en un royaume unique)


B. Symboles nationaux

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[justify]Le drapeau national est communément appelé Nordlige Kors - qui signifie Croix du Nord. C'est le drapeau historique du royaume de Jernland, depuis son unification en 1313 après le Kamp av de tre sverdene - bataille des trois épées, et qui est resté inchangé jusqu'en 1921, avec l'abolition de la monarchie. Seul y a été ajouté le Valknut (Noeud des occis), référence évidente au Valhalla, lieu où sont amenés ceux tombés sur le champ de bataille. Mais c'est également le symbole de ce qui lie passé, présent et avenir. Il s'agissait alors pour les militaires de réaffirmer les racines odiniques du Jernland, qui s'étaient effacées au profit de la christianisation du pays.

La croix bleue, rouge et blanche est une référence à la chrétienté, dont Erik hárfagri a été le premier monarque baptisé au Jernland. Le bleu et le blanc se réfèrent directement au ciel, aux lacs et à la mers, éléments omniprésents dans la culture nationale, tandis que le rouge renvoie directement au sang versé par les valeureux guerriers.

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Les armes du Jernland reprennent les couleurs du drapeau national. S'y ajoutent toutefois les quatre figures mythiques protectrices du pays, à savoir le géant, protecteur du peuple viking, un taureau, protecteur des terres du Hoveland, un griffon, protecteur du Nordland et un dragon, protecteur de Midtøya. L'ensemble repose sur un bloc de glace, élément avec lequel les guerrier et peuplades nordiques ont appris à vivre au cours des siècles.

Les quatre figures mythiques sont reprises de la saga des rois de Jernland, aussi connue comme la Heimskringla (orbe du monde), et qui retrace l'histoire légendaire de la création du peuple viking dont les fils jernlander se disent descendre d'Odin.


[center][url=https://www.youtube.com/watch?v=k-_lQ1UQoyU]TRIUMF AV HJEMLANDET[/url][/center]

Le Triumf av Hjemlandet - Le Triomphe de la patrie - est l'hymne du Jernland depuis la fondation du royaume en 1313. Il a la particularité d'être instrumental. Selon la légende, l'air aurait été composé par le dieu Bragi, dieu de la poésie de la famille des Ases et fils d'Odin pour célébrer Njörd, principal membre de la famille divine des Vanes et qui est le maître de l'abondance, du vent et de la mer. C'est à lui qu'est associé la fertilité des sols et des eaux du pays. Particulièrement mélodieux cet air est l'objet d'un grand respect de la part des Jernlander qui ne l'entonne que pour les grandes célébrations et occasions.

Posté : sam. mars 30, 2019 7:45 am
par Galaad
[justify][center]Géographie et population

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Vieille carte d'un autre monde tel que se l'imaginaient les vikings du Jernland


A. Géographie

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[url=https://zupimages.net/up/19/16/odgf.png]Cliquez pour agrandir[/url]*[/center]

Le Jernland est situé au nord de la Dytolieà l'ouest de terres d'influences norroises, avec le Royaume de Thorval comme voisin oriental et le Tvarnlarn comme voisin occidental. Composé de trois grandes régions - le Hovedland (Terre principale), le Midtøya (Ile du Milieu) et le Nordland (Pays du Nord) - le Jernland dispose de frontières naturelles majeures, avec les Thorkjeder au sud, qui délimitent le pays avec le Gänsernberg et le Valaryan. A l'ouest, l'Alta, fleuve majeur, et l'Altadal (Vallée de l'Alta) est le rempart entre culture norroise et töttern.

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[url=https://zupimages.net/up/19/25/k8kd.png]Cliquez pour agrandir[/url]*[/center]

Pays relativement plat à proximité de ses côtes, le Jernland peut toutefois se targuer de disposer de plusieurs belles chaînes montagneuses, dont le point culminant est le Halti, à 2 569 mètres de hauteur. Sur les côtes nord du Hovedland et sud de Midtøya, les âges ont contribué à creuser et tailler la terre, donnant naissance aux [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=350032#p350032]fjords jernlander[/url], réputés dans le monde entier pour être parmi les plus impressionnants et spectaculaires. Nés de la glaciation puis de l'érosion glaciaire, ils sont alimentés par les glaciers et la fonte des neiges en altitude.

Par ailleurs, à Midtøya, les montagnes de Galdhøpinggen sont un élément topographique importants et qui se sont formée plusieurs millénaires avant notre ère. Seule la chute de la météorite Komsa en -95000 avant Jésus-Christ a ensuite profondément transformé la partie occidentale de l'île, au point de créer ce qui est la dernière trace géographique d'un cratère d'impact. C'est d'ailleurs également l'une des raisons expliquant la présence de certains minerais dans la région, dont notamment de l'or.

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B. Climat

D'un point de vue des températures, si elles sont plutôt tempérées de manière générale, favorisant l'activité humaine, l'île Nordostrundingen, morceau de terre jernlander le plus septentrional et rarement exposé à des températures positives, est soumise à un climat polaire, avec des périodes glaciaires importantes et la présence de gel et de neige pendant de longs mois dans l'année. De manière générale, elles connaissent d'assez faibles variations tout au nord, avec quelques rares jours où le mercure dépasse les 0 degrés, tandis que sur le continent, les précipitations sont plus nombreuses tandis que les températures estivales sont en moyenne de 17 degrés en juillet. La dérive nord dytolienne se sépare en deux branches, l'une partant vers le Nordland, modifiant le climat polaire arctique l'autre partant vers le Hovedland. Ainsi, entre les températures moyennes mensuelles les plus extrêmes vont de -17,5 degrés en janvier à Tønsberg à 17,3 degrés à Røros en été. Le plus fort pic ce chaleur a été de 33,7 degrés au début du siècle précédent, et la plus froide de -50,1 degrés à Nesbyen.

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Ces fortes variation de températures et les phénomènes météorologiques permettent également d'observer, généralement pendant les périodes hivernales, de belles aurores boréales dans les parties les plus septentrionales du Jernland.

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C. Faune et flore

Cette diversité du climat et des paysages a favorisé l'apparition d'une faune et d'une flore particulièrement riche et variées. Les vallées fertiles du continents et de Midtøya ont par ailleurs facilité le développement de l'agriculture. Par ailleurs, la forêt tient une place importante dans l'occupation des sols, où les épicéas représentent environ 45% des arbres, les pins un tiers, tandis que les feuillus comptent pour un quart. Néanmoins, ces derniers ont tendance à augmenter dans certains comtés du Jernland par rapport aux résineux. Pour maintenir un équilibre sylvicole, les autorités plantent chaque années plusieurs millions d'épicéas. Au milieu de cet environnement riche, coexistent environ 60 000 espèces animales différentes ainsi que dans les eaux bordant le Jernland, parmi lesquels plusieurs milliers d'inscetes et de champignons.

Parmi la faune, on peut toutefois citer comme espèces principales les rennes, les ours, renards cerfs ou encore les loups et de manière générale toutes les espèces nordiques comme les lynx boréaux. Cette richesse du règne animale contribue d'ailleurs à un lien puissant entre les Jernlander et leur environnement, auquel ils sont particulièrement attachés.

Afin de protéger cette diversité, de nombreux parcs naturels et réserves ont été construits pour que les animaux puissent y trouver refuge. Toutefois, la logique prévalant est celle de la totale liberté des espèces, dans la limite des dommages qu'elles pourraient causer aux hommes. La plupart des animaux a d'ailleurs été totalement intégrée dans les modes de vie locaux. A titre d'exemple, il n'est absolument pas rare que les musher (pilote d'attelage de chiens de traîneau) croisent lors de leurs expéditions des prédateurs à l'état sauvage comme l'ours, le loup, les renards polaires ou le lynx justement. Cette coexistence n'exclut pas pour autant une relation naturelle de chasseur/chassé. Ainsi, les Jernlander sont particulièrement friands de viande de rennes et la période des chasses est l'occasion de réguler la prolifération de ces animaux.

De même, sur les mers, les habitants du Jernland conduisent une activité de pêche active, tout en veillant au maintien des grands équilibres. Après des décennies de pêche qualifiée d'intensive, une attention particulière est portée à la reproduction et à des prélèvement raisonnés. Pour n'en citer que quelques uns, parmi beaucoup d'autres, le Jernland est riche de saumons, truites des fjords, cabillauds, crustacés (langoustines, crabes, homard, crevettes nordiques) et coquillages (huîtres, moules), lieu, hareng ou maquereaux. Cette pluralité d'espèces se retrouve d'ailleurs largement dans les assiettes des Jernlander.

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D. Population et religion

Le Jernland compte 32 765 924 millions d'habitants (fin 2038) pour une superficie supérieure à 372 390,2 kilomètres², soit une densité de population de presque 90 hab/km². Il s'agit principalement d'une population particulièrement jeune, puisqu'en 2038, 47,6% de la population a moins de 25 ans. De même, le taux d'accroissement de la population de 0,84% conduit à un rapide renouvellement des générations. Le défi du gouvernement est ainsi de maintenir un fort taux d’alphabétisation (actuellement autour de 95%).

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D'un point de vue des origines ethniques, le Jernland se caractérise par un faible brassage culturel.
  • Jernlander : 85,22%
  • Autres norrois : 7,87%
  • Germano-saxons : 2,54%
  • Romans : 1,39%
  • Autres cultures dytoliennes : 0,75%
  • Hors Dytolie : 2,23%
    dont
    • Olgarie-Dorimarie : 0,3%
    • Algarbe : 0,1%
    • Janubie : 0,1%
    • Marquésie : 0,4%
    • Ventélie : 0,23%
    • Natolique : 1%
    • Nayoque : 0,1%
    • Néchinésie : 0,1%
Sur la question religieuse, la population reste encore majoritairement (relativement) chrétienne, avec pourtant un nombre croissant d'individus se déclarant soit athée, soit proche d'un culte païen originaire des temps pré-évangélisation. A noter toutefois , qu'une écrasante majorité de la population continue de se dire croyante. ce taux chute notablement lorsqu'il s'agit d'interroger la pratique religieuse. Les données ci-dessous concernent uniquement les croyants (et non les pratiquants).
  • Chrétiens : 44,36%
    • Catholiques : 26,14%
    • Protestants : 11,52%
    • Orthodoxes : 6,7%
  • Judaïsme : 2,74%
  • Islam : 1%
  • Athées : 18,78%
  • Païens : 32,12%
  • Autres cultes polythéïstes : 1%
E. Fylke et découpage administratif

[center][img]https://zupimages.net/up/19/25/qkgg.png[/img]
[url=https://zupimages.net/up/19/25/gzg6.png]Cliquez pour agrandir[/url]*[/center]

Le Jernland est divisé en treize fylke, c'est-à-dire comtés, lointains héritiers des domaines seigneuriaux des jarls qui étaient des ducs et comtes qui avaient été soumis par le roi du Jernland (voir plus bas la rubrique [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=350246#p350246]Histoire[/url]). A la tête de chacun d'entre eux se trouve un gouverneur qui veille au respect de l'autorité de l'Etat dans le territoire dont il a la charge. Sa nomination relève du Statsråd.

Le fylke le plus peuplé est celui de Thorvalmark, qui compte presque 3 450 000 habitants, tandis que celui de Røros (qui se confond avec la Kommune du même nom mais qui regroupe plusieurs autres villes de banlieue) en compte 3 024 966, dont plus d'un tiers vit dans la ville même de Røros. En effet, chaque ville est rattaché à une Kommune, sorte d’intercommunalité qui exerce l'essentiel des prérogatives locales. La voirie municipale, l'entretien des écoles et collèges sont par exemple des compétences qui lui reviennent. Chaque ville dispose d'un maire nommé par le gouvernement qui choisit également un président pour la kommune. Røros fait exception, puisque c'est un gouverneur qui administre la ville et l'intercommunalité, après avoir été désigné de la même façon.

*Un très grand merci à Frederik StLuys pour cette carte

Posté : mer. avr. 17, 2019 4:04 pm
par Galaad
[justify][center]Histoire

[img]https://zupimages.net/up/19/16/2nod.png[/img]
Peintures rupestres jernlander[/center]
A. Des premiers peuplements à l'âge viking

Les premières traces de peuplement des terres continentales aujourd’hui jernlander remontent à environ 10000 avant Jésus Christ. La fin de l’ère dite de la glaciation d’Otra – du nom du principal fleuve qui coule au Jernland – a contribué à encourager les mouvements vers les espaces non-montagneux du Hovedland. Ces populations de chasseurs-cueilleurs et de pêcheurs ont peu à peu étendues leur influence au-delà du détroit de Sargerrak pour rejoindre le Midtøya. Ce n’est que vers 4000-3500 avant notre ère que débute la sédentarisation de ces peuples, avec en priorité ceux qui réussirent à s’installer dans les fjords de l’est du Hovedland et du sud de Midtøya. Ensuite, durant tout l’âge de pierre, qui s’étend jusqu’en 1700 avant Jésus Christ, les finno-lapons sont progressivement repoussés, au point de devenir minoritaires là où auparavant ils constituaient l’ethnie majoritaire du Jernland. C’est durant cette période que sont d’ailleurs réalisés les principaux sites d’art rupestres recensés localement et dont ne subsistent qu’une infime partie d’entre eux.

L’âge du bronze, qui s’étire jusqu’en 450 avant notre ère, va être le témoin de la prolifération des bijoux de ce métal, mais également des statuettes en tout genre, principalement autour de la mythologie norroise. C’est justement à cette période que les rites païens et nordiques s’implantent dans la région, poussant une large part des population à s’en remettre à ces dieux d’abord proches de la nature et liés à celle-ci – les Vanes qui renvoient à la fertilité – et les Ases, dieux guerriers et souverains. La présence des Vanes avant les grandes migrations est attestée au travers des traces laissées par les populations originelles du Jernland, tandis que les Ases ont vraisemblablement été « importés » par les norrois lors des courants de peuplement avant l’invention de l’écriture. Mais l’âge de bronze, principalement à sa toute fin, est également celui du commerce avec le reste de la Dytolie et les premières grandes civilisations latines du sud, grâce à la route de l’ambre qui reliait le nord du continent avec sa partie la plus méridionale vers la Mer de Cérulée.

Pourtant, c’est bien avec la naissance l’âge de fer, en -450 que naît véritablement ce qui deviendra le Jernland. C’est le changement dans les pratiques funéraires mais également l’utilisation croissante de ce métal, dont les Thorkjeder sont riches, qui expliquent le basculement d’époque. Le Hovedland devient ainsi une terre majeure dans l’édification de forges et d’armes. La petite glaciation de la fin de l’âge de bronze et ses effets sur l’agriculture et l’élevage conduisent les populations à se regrouper autour de petits seigneurs locaux, souvent chefs de clans ou de famille. Les côtes, moins touchées par le refroidissement, sont dans un premier temps préservées. C’est d’ailleurs ce qui contribuera à l’affaiblissement, puis l’intégration des tribus y vivant dans les clans plus guerriers du sud qui se sont affrontés pour le contrôle des terres et des ressources alimentaires. Ces affrontements contribuent à réduire la route de l’ambre, avant de l’interrompre pendant plusieurs décennies. L’instabilité de la région pousse une grande partie des populations finno-laponnes à émigrer vers les îles plus septentrionales, y fondant de nouveaux villages. Ne reste donc vers 200 avant Jésus Christ qu’une toute petite minorité de peuples des premiers temps.

Au sud des Thorkjeder, l’émergence de l’empire latin n’est pas sans conséquence pour les tribus et royaumes naissants, puisqu’elle permet la reprise du commerce et certaines influences civilisationnelles. Ces dernières restent toutefois limitées, les chaînes montagneuses constituant un rempart naturel entre les deux cultures. Le renforcement de cette nouvelle puissance méridionale est un facteur expliquant la fin des migrations entre nord et sud, et contribue à accélérer la constitution des petits états norrois. Quoi que restant encore très morcelé, le futur Hovedland devient alors une terre de commerce intensif et les premières épées y font leur apparition.

Durant tout le millénaire de l’âge de fer, les villes jernlander commencent à naître et à se développer, avec à proximité la constitution de véritables complexes techno-économiques, et cela, malgré l’indépendance dont continue de se prévaloir les dizaines de royaumes « barbares ».

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[center]Drakkars vikings quittant les côtes jernlander avant l'un de leurs raids
[/center]

B. Les vikings, âge d'or du Jernland

Pourtant, le Jernland commence à véritablement se faire connaître de ses voisins seulement bien plus tard, au XVIIIème siècle, avec le début des raids vikings et les premiers pillages sur les côtes de Dytolie et de Déchinésie. Selon l'historiographie jernlander, le peuplement norrois des terres entre la Dytolie et l'Olgarie s'expliquerait d'ailleurs très fortement par ces expéditions guerrières, mais également de colonisation. Pourtant, malgré un phénomène massif pendant plus de 300 ans, difficile de parler d'événement coordonné et organisé, tant l'organisation territoriale clanique du Jernland de l'époque était complexe. En effet, le pays comptait presque autant de comtés qu'il n'y avait de grandes familles. A leur tête, le patriarche portait le plus souvent le titre de « Jarl » (comte ou duc selon l'endroit où l'on se situe) et commandait à toute une tribu, le plus souvent constituée en fylker (comté).

Si au début les expéditions servaient avant tout à s'approvisionner et à piller sur les côtes voisines, avec le temps, elles sont devenues un outil pour réguler également la pression démographique croissante. De nombreux jarl déchus, et soumis par leurs rivaux, tentaient alors leur chance de se reconstituer un clan sur une nouvelle terre, loin du Jernland. c'est ainsi que se sont par exemple installé au Thorval ou au Royaume des Iles Dearmàd pour y fonder une dynastie locale. Il ne faut toutefois pas s'imaginer que toutes les expéditions avaient initialement une finalité belliqueuse et le plus souvent, aux origines, elles s'assimilaient bien davantage à des échanges commerciaux. C'est pourtant autour de 780 que le modèle du raid s'est imposé, lorsqu'un officier de la province de Britonnie voulut les taxer, les prenant pour des commerçants classiques. L'équipage tua l'impétueux soldat et s'en prit aux villages alentours. Cet événement marque véritablement le début des pillages sur toutes la côte de la Dytolie, jusqu'aux Iles Lorthon et la Britonnie.

S'appuyant alors sur des bateaux rapides, longs et particulièrement manœuvrables - les drakkars - tant sur mers que sur les fleuves qui s'y jettent, les raids ont permis aux premières tribus de s'enrichir substantiellement, au point de provoquer des rivalités, et d'inciter d'autres clans à se lancer dans cette aventure. Loin d'être un mouvement uniforme, ils ont également été la cause d'affrontements entre les clans et des expéditions contre des tribus jernlander rivales. Néanmoins, dans l'ensemble, les historiens s'accordent à dire que cette période a constitué un âge d'or pour la culture marchande jernlander ainsi que pour les territoires sous contrôle des tribus norroises. Les pillages ont ainsi permis de rapporter de l'or (avant la découverte des premiers gisements du Nordland), des bois et métaux précieux d'ailleurs, mais également des tissus et poteries, mais également des esclaves venus des pays celtes et latins, capturés parmi les soldats locaux et les villages pillés.

Dans une société particulièrement intéressée par les arts de la guerre, la présence d'esclaves a permis d'accroître la production agricole pendant que les hommes naviguaient sur les océans à la conquête de nouveaux horizons, et la collection d'or, pierres précieuses ou tout simplement instruments utiles à la vie quotidienne. Particulièrement hiérarchisée, la société viking s'appuyait sur plusieurs règles fondamentales. Si le chef de famille était toujours un homme, la situation des femmes vikings était souvent plus enviable que celle des contrées voisines. En effet, l'homme se chargeait de conduire ou faire la guerre parmi la troupe de son jarl, tandis que la tenue du foyer, y compris la supervision des esclaves et l'éducation des enfants relevait des attributions féminines. Loin d'être un demi-citoyen, la femme viking était ainsi un maillon essentiel de l'organisation sociétale. Les esclaves en revanche ne disposaient d'aucune liberté, ne s'appartenant plus, et devaient généralement accomplir les tâches les plus ingrates ou les plus épuisantes physiquement. Certains pouvaient toutefois acquérir davantage d'autonomie selon qu'ils servaient convenablement leurs maîtres. Quelques anciens esclaves sont par exemple devenus de bons conseillers militaires pour le jarl qu'ils servaient, ou pour le chef de clan dont ils dépendaient. C'est par exemple le cas d'un ancien soldat de l'armée latine, Ursusin, qui est devenu l'équivalent d'un ministre pour le jarl Egill Eiríksdóttir, parmi les plus célèbres viking de son époque pour la victoire qu'il remporta en 832 sur les terres norroises de Déchinésie.

De manière générale, les vikings jernlander suivaient les côtes dytoliennes, préférant ne pas toujours s'aventurer au large. Quelques expéditions fructueuses vers l'Olgarie ou l'arctique ont toutefois bouleversé la manière de penser les expéditions. Avec des navires plus affinés et mieux équipés, avec des gouvernails plus performants, véritables révolutions de l'époque, ils estiment que lorsqu'ils trouvent des territoires dont ils estiment qu'ils peuvent les accueillir, ils s'installent, sans se mélanger cependant initialement aux populations autochtones. Les mélanges culturels et ethniques n'arrivant que bien plus tardivement ; donnant ainsi naissance aux peuples actuels. Les vikings jernlander ont ainsi largement privilégiés les terres du nord et les îles entre la Déchinésie et la Dytolie, y retrouvant des caractéristiques communes à leurs contrées d'origine. C'est d'ailleurs de cette manière que le Nordland et le Midtøya ont été peuplés progressivement de norrois. Les raids et la création de colonies de peuplement correspondent d'ailleurs avec une relative stabilité au Jernland, avec une baisse des guerres intestines et une possibilité de mieux se concentrer sur la lutte contre les poussées des Chrétiens et l'évangélisation au sud.

Pourtant, malgré cette étonnante pérennité pour l'époque, l'âge viking commence à toucher à sa fin vers le milieu du XIème siècle, ouvrant une période de transition de plus d'un siècle.

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Illustration de la guerre des jarls, qui aboutit à l'unification du Jernland
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C. Des jarls et fylker au Jernland uni

La transition vers l'unification du Jernland reste assez mal connue ; les seules traces historiques attestant d'un mouvement politique vers un royaume unifié étant le [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=352272#p352272]Heimskringla[/url], c'est-à-dire une saga retraçant la naissance et l'affirmation du pouvoir de la dynastie des Ásbirningar, dynastie ayant régné sur le pays de sa naissance en 1313 jusqu'à l'abolition de la monarchie en 1921, soit plus de 600 ans, une longévité exceptionnelle au regard de l'histoire mouvementée du Jernland. En effet, s'ils se sont unis fréquemment pour repousser des invasions töttern et du Saint-Empire ou pour contrer l'influence grandissante du royaume thorvalien voisin et du christianisme en pleine expansion sur le continent, les jarls jernlander sont surtout connus pour s'être livrés à des raids contre les seigneuries de leurs voisins et pour avoir conduit des conflits intestins, empêchant toute construction politique et l'installation d'un pouvoir central fort, à même de faciliter l'extension de la sphère d'influence norroise vers la Dytolie du sud.

Si plusieurs jarls se sont étendus au dépend de leurs congénères, aucun ne réussit à véritablement prendre l'ascendant sur les autres, au point que pendant que tout le continent voyait naître les premiers embryons d'Etat, le Jernland restait une terre de petits comtes et ducs locaux, sans véritable royaume sur lequel régner. Il a donc fallu attendre la fin du XIIIème siècle et le début du XIVème siècle pour que n'émergent les premières franches tentatives de réunir entre les mains d'un seul souverain toutes les terres dont il est question dans le Heimskringla. La saga des rois jernlander, recueil dont la rédaction a débuté en 1223, à la demande du jarl de Røros, Halvdan Veidekonge, et arrière-grand père du futur premier roi du Jernland, s'appuie sur la prétendue fondation divine des terres norroises, et particulièrement jernlander. Halvdan Veidekonge utilisa ce prétexte pour se lancer dans la conquête des petites seigneuries et la soumission des clans vikings les moins forts et les rattacher à ses terres. Utilisant les mariages et les alliances pour asseoir sa puissance, il s'impose rapidement comme un jarl respecté et craint par les autres seigneurs du Jernland. A sa mort en 1261 à l'âge de 59 ans, le fylke de Røros avait augmenté sa taille de moitié, pouvant presque rivaliser avec des Etats unitaires voisins.

Pourtant, malgré cette puissance conquise à la force de l'épée, les terres les plus éloignées du Jernland d'aujourd'hui, où s'étaient installés de nouveaux clans - comme par exemple du côté de l'Uural-Liivimaa, où subsiste encore quelques minorités varègues qui fonderont plus tard Vindurhiminn, la capitale - et avec lesquelles les liens s'étaient distendus prirent leur indépendance par rapport à leur terre d'origine. Ni le fils, ni le petit-fils d'Halvdan Veidekonge ne réussirent à poursuivre l'oeuvre de leur aïeul et ce n'est qu'avec Erik hárfagri, Erik à la Belle Chevelure en raison de sa capillarité intrigante que le fylke de Røros reprit son expansion, parvenant à soumettre l'ensemble des seigneurs. Pourtant, ce n'est qu'après la bataille des jarls en 1309 qui paracheva l'union en un royaume unique, sous la couronne du premier roi du Jernland, sous le nom d'Erik I Ásbirningar - il remis le nom de la dynastie en avant après son couronnement afin d'asseoir la légitimité de sa descendance - que l'unification fut réellement parachevée. Cependant, loin de signifier la fin des affrontements, elle fit du Jernland une cible pour les forces évangélisatrices qui voyaient subitement en lui une terre de mission d'autant plus importante qu'elle représentait à présent un puissance nouvelle en Dytolie, ne pouvant échapper à l'influence du pape. En 1313, ce conflit atteint son paroxysme avec la bataille des trois épées, qui opposa les armées royales aux chevaliers de l'ordre töttern, venus convertir ces terres.

Remportant une éclatante victoire - qui marqua plus durablement l'affaiblissement de cet ordre qui finit par intervenir des siècles plus tard - Erik hárfagri n'en prit pas moins la décision d'embrasser la foi chrétienne, faisant entrer dès lors son royaume dans le concert des nations dytoliennes et l'éloignant ainsi durablement des guerres de religion. A présent il put se concentrer sur le parachèvement de l'oeuvre engagée par son arrière-grand-père près d'un siècle plus tôt, à savoir finir d'unir sous son autorité toutes les terres auparavant entre les mains des vikings ; le Mitøya et le Nordland restant encore soumis à la loi des clans et des jarls - jarls devenus vassaux du roi au Hovedland.