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Posté : mer. mars 27, 2019 4:34 pm
par Galaad
[center]Guds Sverd
Epées des dieux
[img]https://zupimages.net/up/19/13/nd8l.jpg[/img][/center]
[justify]Les Guds Sverd - épées des dieux – sont une sculpture magistrale de bronze érigée en 1323 pour célébrer les dix ans de la victoire du roi Erik hárfagri, que l’on traduirait par Erik à la Belle Chevelure, sur les chevaliers de l’Ordre Töttern venu depuis le Saint-Empire pour évangéliser le sud de ce qui constitue aujourd’hui la région du Hoveland (Terre principale). Ce monument, haut lieu de la culture populaire, et autour duquel la monarchie, puis l’armée ont fait un site fort du récit national, se compose de trois épées mesurant chacune dix mètres de haut et représentant symboliquement les armes des deux chefs de guerre qui se sont affrontés, avec d’un côté Erik hárfagri et de l’autre le maître local de l’ordre, envoyé pour soumettre les « barbares païens » du nord des Thorkjeder. La troisième épée, légèrement plus grande que les deux autres, symbolise la puissance d’Odin, dont les Jernlander revendiquent une filiation mythologique.
Cet événement historique, s’il n’a dans les faits opposé que quelques centaines d’hommes de part et d’autre, et ne constitue pas dans la chronologie militaire une référence du genre, incarne toutefois dans l’imaginaire collectif du pays l’acte de naissance de la nation du Jernland en tant qu’entité unie. En effet, après 1313, les chefs tribaux et de clans ont reconnu la suzeraineté d’Erik hárfagri, couronné roi du Jernland et père de la dynastie des Tryggvasson, qui règneront sans discontinuer jusqu’à leur déposition en 1921.
Les Guds Sverd sont à la base un monument célébrant la victoire militaire et l’anéantissement des espoirs du Saint-Empire de s’étendre au-delà des montagnes qui formeront sa frontière du nord pour les siècles suivants. Néanmoins, plantées dans le sol elles symbolisent également une forme de trêve, puisque n’ayant pas vocation à en être retirées ; ce qui dans les faits se vérifiera. Durant les quinze ans de règne d’Erik qui suivront, le royaume ne connaîtra plus la guerre avec ses voisins, à quelques escarmouches près. Cette période marque aussi la fin des raids vikings sur les terres voisines. Début d’une ère de prospérité et de développement des arts locaux, le règne d’Erik marque un tournant dans la construction du Jernland, à présent royaume reconnu par ses voisins, unifiés et de plus en plus acteur dans les échanges régionaux.
Depuis 1921, les militaires se sont réappropriés progressivement ce symbole pour l’intégrer dans leur propre récit du roman national. Ainsi les Guds Sverd incarne le passé glorieux des armées nordiques face aux menaces venant du sud, qu’elles soient culturelles, politiques ou militaires. Cette rhétorique sur la glorification du passé et de l’histoire jernlander s’est accélérée depuis 2035 avec l’accession à la présidence du général Magnuss Løvenskiold, qui y fait organiser tous les ans de grandes processions et fêtes populaires, dont la renommée nationale est croissante.[/justify]
Posté : ven. mars 29, 2019 9:04 am
par Galaad
[center]Bunad, tradisjonell kostyme
Le Bunad, costume traditionnel
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[justify]Le Bunad est le costume traditionnel du Jernland. Dans l’histoire moderne, les premières traces de cet habillement folklorique remontent au XVIIIème siècle. Toutefois, les historiens peuvent attester de l’existence d’ancêtres de cet accoutrement déjà au XVème siècle, dans les campagnes et villages de l’arrière-pays et des Thorkjeder (Chaînes de Thor). Très prisé dès sa création par les milieux paysans et des travailleurs des champs pour la grande liberté qu’il offre, il était originellement fait de matières peu coûteuses et surtout particulièrement résistantes. Ce n’est que progressivement et avec l’essor de l’industrie du textile que ce vêtement s’est enrichi, tant dans la composition de ses tissus que dans le raffinement de ses motifs.
Les costumes témoignent de traditions artisanales extrêmement riches, d’une créativité et d’une exubérance remarquable chez des gens ordinaires qui menaient - et mènent en bien des aspects encore - une vie souvent paysanne et difficile par ailleurs. Aujourd’hui, la majorité des Bunad sont tissés à partir de matières naturelles, à savoir du coton ou du lin pour les chemisiers et de soie pour les foulards. Les jupes quant à elle sont le plus souvent en laine, de même que les chaussettes, les vestes et les pantalons (pour les versions masculines). Le costume traditionnel, parsemé de broderies florales et de couleurs vives, est ainsi d’une finesse remarquable et adapté à toutes les saisons.
Si beaucoup de paysans et de familles des classes les plus populaires continus de l’arborer comme un habit pour le travail des champs ou une tenue quotidienne, le Bunad est alors plus simple, moins richement décoré et fonctionnel. Toutefois, il est entré aussi à présent dans le folklore et comme le vêtement de fête par excellence au Jernland et lors des grandes festivités dominicales, locales ou nationales – comme le 15 juin, Jour de l’Unité, qui est la fête nationale. Très prisés par toutes les strates de la société, le Bunad permet ainsi également de marquer son appartenance géographique et d’indiquer son origine sociale. Dans les grands rassemblements nationaux, il n’est donc pas rare de voir côte à côte des vêtements très différents par leur composition, leurs coloris et leurs matières.
Dans un pays où le régionalisme culturel reste encore très fort, surtout lors des temps de festivités, les habitants de certains comtés en ont fait un attribut de revendication. C’est par exemple le cas du comté de Thorvalmark, à la frontière avec le royaume voisin, où nombreux sont les habitants à l’arborer presque quotidiennement pour revendiquer leur culture jernlander, que leur mode de vie ou leurs habitudes alimentaires rapprochent souvent du Thorval.
Enfin, les bijoux viennent encore enrichir le costume traditionnel. Dans un pays où les mines d’or n’ont été découvertes que très récemment c’est longtemps l’argent, importé des pays voisins par voie maritime, qui s’est imposé pour leur confection. Riches et variés, le fermier Jernlander n’hésite pas à investir une partie de sa – souvent maigre – fortune dans des bijoux pour les costumes. Ils font d’ailleurs encore l’objet de grandes superstitions. Il n’est donc pas rare par exemple de voir de petites barrettes d’argent sur les chemises des nouveau-nés et des jeunes enfants. Elles sont supposées éloigner les gnomes et autres créatures maléfiques de la forêt. Aujourd’hui, les familles les plus riches ont remplacé l’argent par de l’or blanc qui provient des mines de Mitøya.
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Posté : mar. avr. 02, 2019 10:18 am
par Galaad
[center]Stavkirke
Eglises en bois debout
[IMG] https://zupimages.net/up/19/14/wopz.png[/IMG] [/center]
[justify]La stavkirke est sans doute l’une des constructions les plus caractéristiques et les plus typiques du Jernland. Ainsi, des fouilles et recherches archéologiques ont permis d’établir qu’il y en aurait eu jusqu’à 1 300 de ce type au cours du Moyen-Âge. Il n’était d’ailleurs pas rare que ce genre d’édifice ait été recensé ailleurs, dans d’autres pays de la sphère norroise, de par l’influence et les contacts qu’ont pu avoir les tribus vikings avec les archipels boréales avoisinantes. On dénombre à ce jour encore une trentaine de stavkirke en bon état au Jernland ; la plupart étant protégées au titre du patrimoine historique. Dans les plupart d’entre elles, des offices sont d’ailleurs encore célébrés, malgré le reflux des rites et traditions chrétiennes dans le pays.
Les stavkirke représente l’une des constructions les plus élaborées, et les mieux conservées, au regard de l’époque médiévale à laquelle elles ont été construites. Le bois utilisé, particulièrement résistant et souffrant moins que d’autres espèces est majoritairement issu des forêts locales. Certaines églises ont pu atteindre des tailles particulièrement impressionnantes, comme c’est le cas par exemple à Flåm, dont l’ensemble de la population municipale médiévale pouvait tenir à l’intérieur. Elle est un modèle du genre, avec un étage interne, et elle est ceinte d’une galerie extérieure couverte, également à l’étage.
Leur construction s’inscrit dans le contexte de la christianisation progressive du royaume de Jernland unifié par Erik hárfagri, premier roi du pays, et qui donna naissance à l’une des dynasties continentales à la plus importante longévité (1313-1921). En effet, après avoir repoussé les chevaliers de l’Ordre Töttern venus du sud des Thorkjeder pour imposer la religion du Christ, le royaume a toutefois été l’objet d’une influence croissante du monothéisme chrétien, au point qu’au début du XVIIème siècle, presque un Jernlander sur deux pratiquait le catholicisme. Plusieurs rois ayant embrassé la foi chrétienne, l’Eglise a soutenu leur pouvoir, y voyant le moyen de propager son influence au nord. Plusieurs stavkirke ont ainsi été financées directement par le pouvoir royal, mais également par le Saint-Siège. L’apogée des stavkirke est atteint autour de la fin du XVIIIème siècle, où on en dénombre plus de 800 dans tout le pays. Les petits villages n’ayant pas forcément eu les moyens de construire en pierres avaient en effet privilégié le bois et son approvisionnement facile à proximité. Des cartes de l’époque montrent d’ailleurs que nombreuses sont les églises dans les zones peu peuplées, vallonnées ou montagneuses, les villages forestiers, de pêcheurs sur les îles et les petits fjords reculées par rapport aux grands centres urbaines. De plus, alors que dans le reste de la Dytolie c’est la construction en pierre qui prévaut, le Jernland fait exception en raison des communications difficiles, de lieux de culte nombreux et très dispersés, ainsi que de petite taille. Ces églises bénéficient en conséquence de l’expérience des charpentiers et sculpteurs dans leur édification, inspirée aussi de la construction navale viking.
Pourtant, les origines précises de ces stavkirke sont largement controversées, mais un consensus historique s’est dégagé pour dire que les anciennes pratiques locales et vikings ont eu leur influence sur l’architecture des bâtiments. Les dragons ancestraux surmontent ainsi par exemple souvent les pinacles de ces églises un peu particulières et les thèmes de la mythologie nordique se mêlent à ceux de la Bible. Les décorations intérieures sont d’ailleurs un aspect important de l’art et de la peinture médiévale dytolienne car ce type d’art sur bois est particulièrement bien conservé. Aujourd’hui, nombre de stavkirke font davantage l’objet de visites par les touristes et voyageurs curieux, bien que des offices religieux y soient encore célébrés très régulièrement. Le gouvernement prend ainsi grand soin de leur entretien, permettant une conservation de haute qualité. [/justify]
Posté : sam. avr. 06, 2019 7:41 am
par Galaad
[center]Innkvartering kunst
Art de se loger
[IMG]https://zupimages.net/up/19/14/uute.png [/IMG][/center]
[justify]Au Jernland, se loger constitue à proprement parler un art. Dans un pays où le climat est souvent rude, et où la topographie des paysages ne l’est pas forcément moins, il a fallu plusieurs siècles pour que les populations locales trouvent le meilleur moyen de construire leurs maisons. Si aujourd’hui elles semblent répondre à une logique parfaite, il n’en est rien en réalité. Et il n’y a en vérité pas une manière de construire au Jernland, mais des manières de construire. Si la plus connue reste surement celle en bois et peinte de couleurs vives, les méthodes employées varient souvent d’une région historique à une autre. Celles-ci dépendent souvent de la finalité qui doit en être faite. On retrouve toutefois quelques caractéristiques communes à toutes les habitations.
Ainsi, les maisons traditionnelles du Jernland sont le plus souvent construites avec des panneaux de bois issu des forêts qui ont pu ou se trouvent encore dans les alentours. De même que pour les stavkirke, les Jernlander ont développé avec les âges des compétences dans le travail du bois, notamment grâce à la construction de leurs drakkars à l'Age des Vikings. Et il n'est pas rare que les maisons soient peintes de couleur vive ou particulièrement tape-à-l’œil (rouge, jaune, bleu, blanc). Cette coutume qui n'est toutefois apparue que plus tardivement - la peinture coûtant excessivement chère avant le XIXème siècle du fait qu'elle devait le plus fréquemment être importée. Dans les villes, ces habitations sont construites de façon exiguë, et mitoyennes, avec des pièces de taille modeste. Cette coutume trouve, à nouveau, son explication dans le climat local. En effet, pour garder la chaleur, les habitants ont ainsi pris l'habitude de privilégier le chauffage - assuré grâce à une cheminée ou un poêle-à-bois au centre de la maison dans presque trois maisons sur quatre - au confort des grands espaces intérieurs.
De plus, autre point commun: les toits en ardoise, dont l'inclinaison, comme les couleurs varie d'une région à une autre. Très pentue dans les contrées les plus septentrionales, elle est moindre lorsqu'on se rapproche du sud, avant de redevenir forte dans les zones très neigeuses des Thorkjeder (montagnes des Chaînes de Thor). Le choix de l'ardoise pour construire les toits s'explique facilement par l'existence d'importants gisements ardoisiers en bordure des reliefs montagneux du pays. Bon isolant, c'est pourtant avant tout sa longévité - jusqu'à 300 ans ! - qui a généralisé son usage dans les régions de Hovedland et du Midtøya.
Certaines différences notables s'observent néanmoins sur l'île de Nordland - qui signifie littéralement "Terre du Nord", et qui constitue la dernière des trois régions historique du Jernland. La colonisation tardive de cet archipel, et les influences des autres peuples nordiques de la Déchinésie - plusieurs contacts sont attestés avec cette partie de la Dytolie jusqu'au XIVème siècle, à partir duquel le Jernland unifié a commencé à s'imposer comme une puissance dominante dans cette région boréale - expliquent en grande partie les différences culturelles qui continuent parfois de se ressentir dans certains modes de vie. Les maisons d'herbe, si elles gardent les caractéristiques clefs (petites fenêtres, construction en bois, mode de chauffage, etc.), sont toutefois beaucoup plus sobres d'un point de vue de leur décoration. Avec le temps, et l'acculturation avec le continent, l'ardoise a fini par s'imposer. Mais il n'est ainsi pas rare de voir des constructions avec un toit végétalisé, qui a la particularité de très bien conserver la chaleur et d'être un excellent isolant thermique; ce qui présente un net intérêt dans cette partie la plus froide et polaire du Jernland. Ou même, parfois de voir au détour d'un chemin, une très vieille bâtisse entièrement végétalisée et avec des murs de pierre que les années se sont charger de couvrir de mousse qui, elle aussi, isole très bien.
Cette capacité à s'adapter à son environnement dans son mode de vie et dans la Innkvartering kunst (voir titre) - qui est reconnue comme un trait culturel à part entière - s'observe en réalité toutefois partout dans le pays. Ainsi, à titre d'exemple, au Midtøya (Ile du Milieu) ou dans les fjords continentaux du Hovedland (Terre principale), il est d'usage de voir des maisons anciennement ou encore de pêcheurs partiellement sur pilotis et s'avançant dans l'océan. Le gouvernement veille d'ailleurs tout particulièrement à préserver cet art de se loger et soutient au travers d'aides généreuses les constructions traditionnelles qui préservent l'âme de la nation et entretiennent ses racines vikings.
Posté : mar. avr. 09, 2019 3:32 pm
par Galaad
[center]Jerlander Fjorder
Fjords jernlander
[IMG]https://zupimages.net/up/19/15/f7xk.jpg[/IMG][/center]
[justify]Si les fjords sont connus par nombre de voyageurs et d’amateurs de vastes étendues sauvages, ceux du Jernland constituent l’illustration parfaite de ces bras de mer étroits et escarpés et ramifiés qui s’avancent dans les terres sur parfois plusieurs dizaines de kilomètres pour les plus longs. Formés au fil des millénaires, ces vallées se sont creusées à mesure de l’érosion glaciaire. Au fur et à mesure des glaciations et des âges de grand froid, les côtes du Jernland se sont progressivement couvertes de fjords qui font aujourd’hui la renommée de certaines contrées et de plusieurs comtés, dont de très nombreux au Fjordane. Au total, sur l’ensemble du pays, on en compte plus d’une centaine, différents par leur profondeur, leur longueur ou même les paysages qu’ils offrent en spectacle.
Parmi les plus remarquables, on peut citer celui de Kålfjord (en illustration) dont la couleur des eaux s'explique par un mélange entre l’eau de mer, salée, et les eaux provenant des rivières et cours d’eau qui s’y jettent, et donc naturellement plus douces. Ces affluents sont alimentés par les glaciers et la fonte des neiges lorsque revient le printemps. De nombreux touristes, y compris jernlander, profitent ainsi de cette saison de l’année pour se rendre sur place et admirer la vue depuis les sommets et des pics qui entourent les fjords. C’est ainsi que s’est développé au fil du dernier siècle une infrastructure pour accueillir des foules toujours grandissantes, au point que le gouvernement a été contraint de mieux réguler ces afflux, afin de préserver le patrimoine naturel et la faune et flore sauvage locales.
Le premier week-end suivant l’équinoxe vernal (de printemps, autour du 21 mars), de grandes célébrations et fêtes populaires sont organisées. A cette occasion, les fjords sont souvent les lieux de rencontre pour les bals, feux de joie et autres folklore populaire. Les habitants des environs en profitent alors pour revêtir le Bunad et célébrer pendant deux jours le retour des beaux jours et le renouveau de la nature.
Dans la tradition héritée des vikings, le radoucissement progressif de la température et la fonte des mers du nord gelées pendant de longs mois permettaient également la reprise des expéditions vers le sud le long des côtes et la reprise des activités guerrières et commerciales avec le reste de la Dytolie méridionale. Ces festivals et réjouissances sont également, dans la survivance païenne norroise, l’occasion de célébrer le retour des animaux migrateurs et la floraison des plantes. Ainsi, dans certaines communautés, ils donnent lieu à des rites et festivités bien locales.
Ces fêtes permettent également d’honorer la déesse Freyja, qui incarne la beauté et l’amour, mais qui est également chargée d’accueillir la moitié des guerriers qui sont tombés au combat dans sa halle personnelle ; l’autre moitié se rendant au Valhalla, chez Odin. C’est d’ailleurs avec les hommages qui lui sont rendus, lors de « son » jour, le vendredi, que débute les célébrations de l’équinoxe vernal. Son mythe en ayant fait la déesse de l’amour et de la fertilité, ces festivités sont également souvent l’occasion de mariages et de nombreuses unions charnelles, dans l’espoir d’une descendance nombreuse.
Ainsi, si les fjords sont évidemment une attraction touristique majeure du Jernland, ils représentent dans la vie quotidienne des habitants bien plus que de simples lieux paradisiaques où prendre des photos pour réseaux sociaux en tout genre et adoration de veaux d’or et faux prophètes.
Posté : jeu. avr. 11, 2019 12:09 pm
par Galaad
[center]Olav Heiberg
Peinture expressionniste jernlander
[IMG]https://zupimages.net/up/19/15/v0gx.jpg[/IMG][/center]
[justify]Olav Heiberg est sûrement l'un des plus célèbres et plus marquant représentant de l'art expressionniste jernlander, sinon son chef de file. Né en 1862 à Lillestrøm, dans le comté de Granskerud, et resté non baptisé toute sa vie, il est à partir de la fin du 19ème siècle, considéré comme l'un des pionniers, et avant-gardiste de l'expressionnisme et de la peinture moderne.
Olav Heiberg a été élevé et a grandi dans une famille aux revenus modestes, dont le patriarche, Henrik Heiberg, était alors officier dans l'armée royale. Bien que fréquentant la bourgeoisie, d'autres grand noms prestigieux du Jernland et puritaines, il est très tôt confronté à de nombreux historiens, artistes et autres hauts fonctionnaires de l'administration de la monarchie. Son oncle, Kurt Heiberg a ainsi par exemple été le premier historien à avoir eu accès aux archives royales en 1856. Pourtant, de par la profession de son père, qui était fréquemment obligé de changer de lieu de résidence, Olav Heiberg aura eu la chance de se confronter très tôt à la réalité économique et sociale d'un Jernland en pleine mutation et vivant sa première grande phase d'industrialisation. Sa mère, fille d'une riche famille de propriétaires fonciers, mais durablement affectée par la maladie, qu'elle transmettra d'ailleurs à sa fille, cadette de trois ans d'Olav Heiberg, sentant chez lui et Kristina une sensibilité artistique, l'initiera dès ses jeunes années à la peinture. Pourtant, affaiblie par la maladie et après six grossesses, elle s'éteint à l'âge d'à peine 45 ans, laissant ainsi la famille dans le désarroi et inachevée la formation de son fils.
C'est cet événement, qui l' marqué durablement, qui l'incite à s'inscrire à ses seize ans à la Kongelig Normal kunsthøyskole (école royale normale supérieure d'art) pour y poursuivre son apprentissage de la peinture et des arts picturaux. Mais le malheur le frappe à nouveau, seulement trois ans après le décès de sa mère, puisque c'est au tour de sa sœur Kristina, dont il était le plus proche, d'être emportée par une pneumonie. De cet événement, il restera très marqué et il influencera profondément l'ensemble de son œuvre. Comme une fatalité, trois autres frères et sœurs sont emportées par la mort, dont le suicide des suites d'une dépression grave. Avec son frère, premier cadet de la famille, ils sont les deux seuls à atteindre véritablement l'âge adulte. Cette succession de malheurs fera revenir Olav Heiberg souvent vers le thème de la maladie, de la mort et de la tristesse dans son œuvre. Det syke barn (L'Enfant malade, cf. ci-dessous), suite de six tableaux, résonne d'ailleurs comme un formidable clin d’œil à cette fratrie de six frères et sœurs, déchirée par la mort et la maladie. Son auteur résumera d'ailleurs plus tard dans ses mémoires que « dans la maison familiale nichaient la maladie et la mort. Je n'ai jamais surmonté ce malheur qui a été déterminant pour mon art ».
[center][img]https://zupimages.net/up/19/15/gcpd.png[/img][/center]
Mais c'est bien avec une autre de ses œuvres qu'Olav Heiberg explose aux yeux du grand public et se fait un nom dans le monde artistique. Son tableau Skrik (Le Cri, cf. ci-dessus), débuté au début des années 1880 et achevée vers 1893, lance sa carrière et fait de lui le précurseur de l'expressionnisme et de la peinture moderne norroise. Cette œuvre rencontrant un succès inconnu jusqu'alors parmi les peintres encore vivants, Ola Heiberg en réalise en réalité cinq versions, dont deux pastels et une lithographie. L'originale, la mère de toutes les autres, est toutefois exposée à la Olav Heiberg Galleri (Galerie Heiberg) à Røros. Ce tableau se confronte à nouveau avec les angoisses existentielles de son auteur, symbolisant l'homme moderne confronté à ses peurs. L’inspiration est venue au peintre lors d’une promenade le long du fjord de la capitale avec deux amis. [url=https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ae/Edvard_Munch_-_Anxiety_-_Google_Art_Project.jpg/698px-Edvard_Munch_-_Anxiety_-_Google_Art_Project.jpg]Son tableau Angst (Anxiété)[/url] emprunte le même fond que le Skrik, reprenant le colori rouggeoyant du fjord de Røros, y ajoutant toutefois une foule de personnages plus nombreuse, pour en renforcer l'approche oppressante.
Ce mouvement artistique, né dans la peinture jernlander, se traduit notamment par une représentation particulièrement subjective de la réalité et se fonde sur une vision angoissante. Cette approche doit se comprendre dans le contexte historique de l’époque, avec les tensions sociales et politiques croissantes et la crainte d’affrontement dégénérant en guerre civile. D’abord fortement décrié par les mouvements artistiques et culturels de la fin de la monarchie, le changement de régime a d’abord permis un assouplissement des pratiques picturales, dont a profité l’existentialisme jernlander. Ce dernier s’est fortement développé en profonde rupture avec l’impressionnisme, de manière d’ailleurs souvent brutale au travers de couleurs plus brutales ou de lignes plus marquées.
Dans son testament, d’Olav Heiberg fait le choix de léguer l’essentiel de sa collection au gouvernement du Jernland, qui s’empresse de la rassembler au sein d’un musée qui est entièrement dédié à l’artiste peintre. Cet élément de culture nationale constitue d’ailleurs l’un des musées les plus visités du pays, avec plusieurs centaines de milliers d’entrées par an.
Posté : jeu. mai 02, 2019 4:05 pm
par Galaad
[justify][center]Røroshus slott og festning
Citadelle de Røros
[IMG]https://zupimages.net/up/19/18/rlf7.jpg[/IMG][/center]
Avec la forteresse de Lovenshus, il s'agit de la deuxième grande citadelle de Røros, la capitale du Jernland. Historiquement sa construction a débuté au XIIIème siècle pour ne s'achever qu'environ 75 ans plus tard. Elle avait été à l'origine pensée pour servir de résidence aux rois du Jernland, avant d'être progressivement transformée partiellement en prison lorsque les souverains ont choisi de s'installer dans un palais citadin, plus à même de servir leur rayonnement et l'impression qu'ils voulaient renvoyer à la noblesse et aux cours étrangères. Au fil des ans, la citadelle a toutefois été transformée pour être toujours adaptée aux besoins du moment. De nombreux styles architecturaux se superposent ainsi avec par exemple des bastions caractéristiques de la Renaissance norroise tout autour de la bâtisse principale. Ces bastions ont tout à la fois servi à renforcer la fonction de forteresse et garnison militaire, mais également à agrandir les espaces d'habitations de la cour.
Mais cette utilisation à des fins de résidence n'a pas empêché l'édifice de servir également de forteresse face aux éventuelles invasions étrangères. En effet, Røros se situant en façade maritime, au bout d'un fjord, la ville risquait d'être exposée à d'éventuelles attaques par la mer. C'est ce qui a conduit les rois à la doter de puissants canons dès son invention, au tout début du XIIIème siècle, dès sa construction. Ainsi, on peut encore voir sur les murailles d'enceinte différents modèles exposés et conservés par les autorités pour témoigner de la destination également militaire de l'ouvrage. Le ministère de la guerre a d'ailleurs conservé des plans pour une transformation rapide de l'édifice en installation servant à la défense de la ville en cas de besoin, avec par exemple un accès potentiel pour les sous-marins (puisque la citadelle est construite le long des quais maritimes) ou des installations pour des batteries anti-aériennes.
Ne servant à partir du XVIème siècle plus qu'à la résidence temporaire des monarques, une église moins imposante que celle originellement prévue a été construite et fut consacrée en 1752. Restaurée puis finalement quand même agrandie, elle a trouvé sa forme actuelle à la fin du XIXème siècle. Depuis le coeur de l'église, on accède par ailleurs à la crypte des rois du Jernland. Elle accueille ainsi l'ensemble des monarques qui ont ceint la couronne royale depuis Erik hárfagri, le fondateur du royaume unifié au début du XIVème siècle. Si la plupart des gisants et des tombeaux sont d'une simplicité qui contraste largement avec des ornements plus riches que l'on peut trouver dans d'autres cryptes du genre à travers le continent, d'autres marquent le visiteur par la finesse des sculpture ou la richesse des marbres utilisés. L'accès à la crypte, longtemps réservé à quelques rares privilégiés, a été facilité après que des travaux de restauration et de consolidation permettant l'accueil du public ont été réalisés.
La monarchie ayant été abolie en 1921, la citadelle de Røros n'a plus de fonction d'hébergement et sert à présent de musée pour les joyaux de la couronne, propriété de l'Etat du Jernland, de crypte de musée sur la monarchie (avec un accent très fort mis sur le bien fondé de l'instauration de la république militaire toutefois) mais également de résidence officielle pour le Stortinget (Grande assemblée) qui est le parlement monocaméral du Jernland. L'institution n'a cependant qu'un rôle mineure dans la vie politique nationale et ne se réunit que lors de quelques séances pour entériner les grandes décisions prises par Statsråd, véritable gouvernement. Hors temps de séances, la citadelle sert également de résidence occasionnelle pour le chef de l'Etat qui y dispose également de bureaux de passage.
Posté : lun. mai 06, 2019 1:07 pm
par Galaad
[justify][center]Akershøyden viking gravelund
Cimetière viking d'Akershøyden
[img]https://zupimages.net/up/19/19/0dcu.jpg[/img][/center]
Situé dans le fylke (comté) de Sørdelag et dans le landsdel (région non administrative) de Mitøya, le cimetière viking d'Akershøyden, littéralement « hauteurs d’Akers », est à l'emplacement d'anciens lieux de résidence et de funérailles. Encore aujourd'hui ce site de l'âge d'or de la civilisation viking surplombe la ville d'Erikstad et constitue un haut lieu de la culture norroise et plus particulièrement jernlander. Il est sur un ancien carrefour des mouvements commerciaux et de populations de la fin du premier millénaire (entre l'an 700 et 1000 de notre ère). A l'époque viking, la cité d'Akershøyden avait été construite à proximité d'un cours d'eau qu'il n'était possible de traverser qu'à l'emplacement exact de ce haut lieu d'habitation et du commerce. Plusieurs clans vikings se sont donc assez logiquement longtemps opposés et affrontés pour le contrôle de l'endroit, jusqu'à l'unification du royaume puis son extension à l'île de Mitøya vers de la fin du XIVème siècle. Particulièrement marécageux, le lieu offrait pourtant de nombreux atouts, en matière de défense de la ville, de flux commerciaux et aussi d'agriculture, du fait des vastes étendues alors libres de toute activité humaine.
Le cimetière à proprement parlé est cependant le seul à avoir traversé les âges, la ville ayant souffert de différentes destructions dues au temps et aux affrontements des hommes. Elle a été remplacé par Erikstad au XVIIIème siècle. Au nord, sur les hauteurs, à flanc du Freyrmount (Mont de Freyr), ont été érigé les premières sépultures servant à accueillir les dépouilles mortelles des habitants d'Akershøyden. La majorité des inhumations étaient néanmoins des crémations, avant que les influences chrétiennes et l'évangélisation des terres norroises ne modifient également les rites funéraires au profit d'enterrements. Il a fallu toutefois attendre environ la moitié du XVème siècle pour que ce rite funéraire s'impose majoritairement. Les tombes y sont délimitées par des pierres placées à la manière de coques de bateau ; ce qui tend à renforcer l'importance que les viking accordaient à l'eau. Classé au titre des monuments majeurs et d'intérêt historique, le cimetière viking bénéficie d'une protection de l'Etat et d'un entretien par le ministère de l'information, de la culture et des cultes.
Il est à noter que dans le rite funéraire traditionnel viking le bateau, et plus spécifiquement les drakkars, tenaient une place absolument centrale. C'est d'ailleurs la raison qui poussait les plus puissants jarl et les plus riches membres des clans à incinérer avec leur embarcation et un mobilier funéraire nombreux, témoignage de la richesse et de la puissance du défunt et de sa famille. Tout cela faisait que la température du brasier s'élevait rapidement et ne laissait ainsi que quelques fragments d'os et de bois. L'épaisse et très dense fumée qui s'élevait du bûcher devait ainsi servir à accompagner l'âme du défunt vers le royaume céleste des morts. Les restes non consumés étaient ensuite généralement inhumés avec plus ou moins de fastes selon le statut social de la famille. Dans les temps les plus anciens de l'âge viking, il n'était pas rare que les jarl soient incinérés avec un ou plusieurs de leurs esclaves pour qu'ils l'accompagnent dans son voyage vers l'au-delà.
Les guerriers tombés sur le champ de bataille étaient quant à eux également incinérés lors d'une grande cérémonie où l'on allumait plusieurs bûchers pour envoyer l'âme des occis au Walhalla, tandis que les cendres étaient ensuite enterrées dans des tumili directement sur lieu des affrontements. Les édifices tels que celui d'Akershøyden étaient principalement à usage « civil ». On enterrait alors les dépouilles incinérées avec différents objets pouvant leur servir dans l'autre monde (bijoux, meubles, outils, armes et armures, etc.).
Aujourd'hui, alors que près de la moitié des pratiquants se déclarent chrétiens, c'est l'enterrement qui est encore pratiqué le plus communément, bien que la tendance soit un retour progressif des anciens rites funéraires avec des incinérations traditionnelles, selon les coutumes vikings. Loin d'être des cérémonies toujours tristes et larmoyantes, le rituel veut que la première journée de l'inhumation soit consacrée au deuil et au chagrin, tandis que les suivantes - le plus souvent cinq - servaient à célébrer le passage de l'âme du défunt dans l'autre monde ou alors au Walhalla pour les guerriers. Cette coutume tend à redevenir majoritaire, à mesure que le nombre de pratiquants des anciennes religions païennes redeviennent plus fortes (près d'un pratiquant sur trois se vouerait à la mythologie norroise).
Posté : jeu. mai 09, 2019 3:42 pm
par Galaad
[justify][center]Hygge og koselig
Le bien-être jernlander
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S'il est bien un mot impossible à traduire, c'est celui-là. Originaire de la culture norroise, le hygge définit avant tout une forme d'art de vivre, un état d'esprit qui est résolument orienté sur le fait d'adopter une humeur joyeuse, positive, et de créer des atmosphères intimes, chaleureuses et conviviales. Souvent, cette expression idiomatique caractéristique du Jernland et de ses habitants est traduite par « confort », bien qu'elle ne permette pas d'englober l'intégralité du concept. Le hygge (ou parfois selon les comtés koselig) est ainsi un état d'esprit procuré par des moments considérés comme réconfortants et agréables.
S'il s'agit aujourd'hui d'une évidence et d'une réalité de vie pour de nombreux Jernlander, historiquement, l'idée a beaucoup évoluée au fil des siècles avant de devenir ce qu'elle est. Ainsi, il faut remonter jusqu'au Moyen-Age, à la toute fin de l'âge viking pour retrouver les premières traces écrites de cet art de vivre. Ce sont en effet les vikings jernlander qui l'ont créé puis développé. A sa création, ce mot revêtait une définition assez différente de ce qu'elle est devenue, puisqu'il s'agissait davantage de le comprendre comme « confort », « confortable ». La définition a progressivement tendue à devenir « longuement réfléchi ». Déjà à l'époque, le hygge devait répondre aux très rudes conditions de vie du Jernland et de l'hiver polaire norrois. C'est pourquoi l'expression et le concept se sont progressivement enrichis et renforcés jusqu'à prendre le sens qu'on leur connaît à présent. Au XiXème siècle, alors que l'influence jernlander sur les archipels boréales commencent à s'affaiblir et l'autorité naturelle que s'était construit le royaume à s'effriter, de plus en plus d'habitants du Hovedland, du Midtøya et du Nordland, derniers résidus de l'ancien « empire » - à comprendre davantage au sens culturel que purement politique - ont accordé une importance grandissante au mot hygge et à ce qu'il véhicule. C'est dans ce contexte que les Jernlander ont cherché à renforcer leur sentiment de se mettre en sécurité, à l'abri du monde et de ses tumultes, afin de construire un endroit qui leur appartiendrait et où ils pourraient « baisser la garde ». Ce phénomène peut en quelque sorte s'apparenter à une stratégie de survie dans un monde où tout autour d'eux s'effondrait et tout ce qu'ils pensaient immuables - à savoir leur force et autorité naturelle sur le monde nordique - s'est petit à petit délité.
Politiquement, le hygge explique d'ailleurs assez bien pourquoi le Jernland s'est progressivement enfermé toujours davantage dans un isolationnisme diplomatique, au point de finalement se recentrer uniquement sur soi-même, son territoire et à l'arrière de ses propres frontières. Pourtant, concept plus englobant que sa seule dimension internationale originelle, le hygge est devenu à présent un art de vivre qui permet surtout de rester positif pour affronter les très rudes hivers jernlander, avec un soleil ne se montrant quasiment pas au plus fort de la saison froide. Malgré l'obscurité et les températures fortement négatives, le hygge est devenu un sentiment de bien-être qui se crée par la convivialité et la chaleur entre gens qui partagent un même destin, les mêmes conditions quotidiennes. C'est une façon de concevoir le bonheur de manière non matérialiste en appréciant chaque instant du quotidien et à profiter pleinement des plaisirs familiaux, entre amis ou tout simplement le fait de partager un repas chaud, un canapé au coin d'un feu de cheminée, etc. C'est l'explication pour la réputation d'hospitalité qui caractérise les Jernlander, réputation qui s'est forgée dans les soirs d'hiver pendant lesquels ils reçoivent beaucoup, et l'importance accordée à l'aménagement des intérieurs et des habitations. Par abus de langage, ce terme est également devenu un adjectif qui permet donc de qualifier un instant, une ambiance ou tout élément qui crée du confort, du bonheur et du bien-être.
C'est de cette manière que le hygge tend actuellement encore à évoluer et à se transformer pour s'adapter aux usages que la société veut lui donner. Ces dernières années, avec l'accroissement progressif mais continu du niveau de vie, est né une « esthétique hygge ». Les ameublement des maisons, cabanes de bois en lisière des fjords ou des appartements sont conçus pour procurer un sentiment réconfortant, de chaleur et de sécurité. Il a pour objectif de protéger du froid - d'où le fait que presque toute habitation dispose de sa cheminée, son poêle à bois ou son âtre - mais aussi de faire se sentir bien les occupants, avec des décorations faites par les artisans locaux et nationaux, des bibliothèques pleines de livres, ou encore des tapis épais en fourrure de bête ou en peau animales. Tout objet qui contribue à créer une ambiance chaleureuse pour le propriétaire et sa famille est ainsi le bienvenu. Depuis quelques années, et la réouverture prudente sur le monde, de plus en plus d'auteurs se sont intéressés à ce concept, au point de contribuer à sa diffusion internationale.
Posté : lun. mai 20, 2019 8:55 am
par Galaad
[justify][center]Kristendom og Røros Katedral
Chrétienté et religion
[img]https://zupimages.net/up/19/21/kig2.jpg[/img][/center]
Avec plus de 44% des personnes se définissant comme chrétiennes - dont un peu plus d'un quart de la population totale se disant catholique - le Jernland reste, malgré un fort taux d'athéisme (19%) et de païens (32%), un pays majoritairement inscrit dans la Chrétienté. Cela se voit d'ailleurs fortement dans l'aménagement des villes et villages où on peut dénombrer de nombreuses églises et cathédrales. Si les églises en bois - connues sous l'appellation de [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=349781#p349781]Stavkirken[/url] - sont particulièrement caractéristiques de la propagation du christianisme dans l'histoire et les traditions anciennes jernlander, les cathédrales en pierres sont plus rares, puisque principalement concentrées dans les grands centres urbains de l'époque médiévale. En tant que capitale du royaume unifié du Jernland, après les victoires d'Erik hárfagri sur les jarls qui s'opposaient à lui et les autres souverains étrangers à la bataille des [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=349489#p349489]Guds Sverd[/url], Røros est rapidement devenu un foyer duquel s'est propagé la religion chrétienne dans le nouveau royaume norrois.
Si l'on peut attester de la présence d'une - modeste - église en bois dans l'ancienne cité médiévale, il a fallu attendre le Moyen-Age central et le début du bas Moyen-Age pour voir se construire la première cathédrale en pierres dans la cité royale. En effet, après sa victoire sur les chefs de clans et de tribus alliés à l'Ordre Töttern qui avait tenté de conquérir les terres au delà des Thorkjeder, Erik hárfagri a proposé une alliance à la Papauté, pour consolider son pouvoir en recevant le soutien du Souverain Pontife ; en contrepartie de quoi il consentait à se convertir au christianisme et à l'imposer comme la principale religion sur ses terres et chez ses vassaux. C'est ainsi que la foi du Christ s'est imposée aux anciens rites païens, délaissés progressivement chez les nobles et à la cour du roi. Pour marquer cette nouvelle alliance, réalisée au dépend des anciennes traditions religieuses, Erik hárfagri a ordonné l'érection d'un vaste édifice religieux destiné uniquement au culte chrétien. En 1316 a été posée la première pierre de la cathédrale de Røros, et dont la construction dura un peu plus d'un siècle.
Mais la construction du bâtiment répondait également à un impératif plus temporel et politique ; à savoir l'émancipation du Jernland nouvellement chrétien par rapport au diocèses thorvaliens et de l'Empire töttern dont il dépendait encore. Ainsi, en faisant bâtir un monument capable d'accueillir son propre évêque, le nouveau roi souhaitait offrir davantage d'indépendance au pays face à ses voisins très chrétiens. Il fallut cependant attendre cinquante ans au moins après le début des travaux pour que Røros soit élevé au rang de diocèse, puis d'archidiocèse au XVIème siècle.
Architecturalement parlant, l'édifice mesure un petit peu plus de 50 mètres de hauteurs au niveau de ses deux tours, pour une longueur de 86 mètres et une largeur de 37 mètres. Construite en grès prélevé dans une carrière avoisinante de la ville, le style est principalement roman. Cette curiosité dans la construction pour l'époque - on est alors en plein âge d'or des cathédrales gothiques - s'explique principalement par le petit monument préexistant alors et qui a servi de base pour son extension et transformation en grand lieu de culte. Déconstruite, la chapelle en bois a ainsi donné son inspiration à la nouvelle cathédrale. Très sobre, elle fait figure de précurseur dans l'histoire norroise, tant elle paraît avoir anticipé les principaux traits caractéristiques du caractère des gens du nord, c'est-à-dire sans exubérance. Rénovées, les deux tours qui encadrent le portail principal n'étaient initialement pas aussi élevées. Ce n'est donc qu'au milieu du XIXème siècle que les autorités religieuses décidèrent de les remanier en profondeur pour conférer à l'ensemble de la cathédrale un style roman plus harmonieux. La cloche datant de 1513 a toutefois été conservée et constitue à ce jour le plus vieil instrument du genre, en bronze, dans tout le Jernland. Elle peut être admirée une fois l'an, lors de la grande ouverture des tours au public, qui restent sans cela fermées aux visiteurs.
Autre élément marquant, la crypte a accueilli à l'origine plusieurs tombeaux de rois et anciens jarls jernlander. Le premier d'entre-eux, Erik hárfagri, fit en effet aménager une partie des soubassements pour faire office de nécropole royale. Cela explique notamment que l'autel et le chœur de la cathédrale soient surélevés, marquant ainsi la sacralité de cette partie essentielle de l'édifice. Plus tard, sa dépouille et celles de tous les autres souverains enterrés sur place, fut déplacées à la Citadelle de Røros, tandis que ne restait que son cœur et celui de son épouse. La crypte se caractérise également par de nombreux piliers ornés de différents motifs. les principaux et plus marquants sont les sculptures de Torger le Géant, constructeur légendaire de la chapelle qui précédait, qui semble soutenir l'édifice. Sur un autre pilier on aperçoit sa femme et ses enfants qui semblent empoigner la colonne pour l'abattre et ainsi détruire l'église. Cette décoration en hauts-reliefs renvoient métaphoriquement à l'affrontement dans l'histoire du Jernland entre les cultes païens et chrétiens.
Monument religieux le plus imposant au Jernland, la cathédrale constitue à ce titre l'un des bâtiments les plus visités du pays, avec annuellement 700 000 entrées uniques.