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Posté : sam. févr. 16, 2019 6:09 pm
par Arios
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L'Empire d'Épibatie réaffirme sa souveraineté sur Raggia - 18|05|38
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Le Colonel Saia annonce l'expulsion des Illythes de la ville
Raggia, petite cité de montagne perchée à 1 200 m d'altitude, était le théâtre ces dix dernières années d'une "vraie politique de substitution ethnique" de la part des Illythes, d'après les propos du Colonel Saia, en charge de la mission de restauration des droits des Épibates sur cette ville qui ne fait pas partie du périmètre d'autonomie des Illythes d'Épibatie. Dans les faits, les familles Illythes ne composaient que 10% de la population en 2025, et près de 60% en 2037... mais ce peuplement, encouragé par l'attrait de l'exploitation forestière, s'est fait totalement légalement, de nombreux Épibates ayant loué, puis finalement vendu leurs biens aux Illythes contre monnaie sonnante et trébuchante.
Pourtant, à la fin 2037, le feu a été mis aux poudres de la situation de Raggia, lorsque la municipalité, où siègent de nombreux Illythes bien que le chef soit toujours un Épibate, a décidé d'ouvrir l'exploitation forestière sur une zone de montagne habituellement utilisée par les éleveurs pour le pacage, et comportant de nombreuses sources utiles à plusieurs bergeries. Les jeunes Épibates ont commencé à se soulever, à brûler des biens appartenant aux Illythes, à menacer certaines familles et à dégrader les portes de maisons habitées par des Illythes. Ces derniers ont pris la décision de s'organiser pour des tours de garde, sans oser aller jusqu'à la répression.
Mais pour l'Armée, en quête d'affirmation de la souveraineté de l'Empire sur ces terres, cette réaction vive des Illythes, dans une ville où ils n'ont théoriquement pas voie au chapitre, était une occasion idéale. C'est donc fait, les Illythes sont chassés manu militari de Raggia. Beaucoup ont pris la direction, à pieds, d'Amosciderenat, même si d'après les militaires il peut demeurer une petite communauté à Raggia... mais la confiance n'est plus là. La Haute-Illythie a réagi en critiquant vivement ce qu'elle considère comme un manque de respect des droits et marchés fondamentaux.
Posté : sam. févr. 16, 2019 6:45 pm
par Arios
[right]18/05/2038[/right]
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La Congrégation des Sœurs enseignantes de Notre-Dame d'Abarra annonce dépasser les 12 000 écoliers
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Écoliers de Teccogli[/center]
Comme toutes les congrégations catholiques, celle des Sœurs de Notre-Dame d'Abarra, appelées également Sœurs Abarrines, n'est présente que dans les villes épibates du nord de l'Empire... l'animosité du clergé épibate copte à l'égard des ordres catholiques, autant pour leur forme monastique inconnue des Épibates préférant l'érémitisme et les typicons orthodoxes masculins traditionnels, que pour leur fond dogmatique et rituel, empêche la pénétration de ces ordres plus en amont.
Peu répandues territorialement, les Sœurs enseignantes Abarrines n'en ont pas moins une action puissante qui porte ses fruits dans le domaine de l'instruction des jeunes épibates, dans un croissant allant de Maturone à Gighida. À Agglieca, plus en amont de l'Ibabbi, une école fondée par les Abarrines en 2024 avait finalement dû être fermée l'année dernière sous la pression du clergé copte, dénonçant un prosélytisme dont les Sœurs se défendent. La congrégation entend en effet distribuer une instruction et une éducation gratuite aux enfants épibates, sur les plans de la lecture, d'un peu d'écriture, des fondamentaux du calcul et du comportement - mais ne pas se mêler de religion...
Appréciées par la bourgeoisie des principales villes d'Épibatie, les Abarrines n'ont dans les territoires les plus avancés rien à prouver, et le fait qu'il s'agisse de Sœurs plutôt que de Frères facilite la décision des parents de placer leurs enfants chez elle en semaine. D'ailleurs, beaucoup n'ont pas trop l'embarras du choix, les écoles publiques n'existant pas en Épibatie, et en dehors de cursus coptes visant à l'intégration future au clergé, ou l'école militaire, il faut faire appel à des précepteurs pour offrir à ses enfants une éducation qui dépasse l'instruction familiale.
Les Abarrines ont donc annoncé dépasser le nombre de 12 000 écoliers pris en charge dans leurs établissements. Un chiffre qui va croissant, au point qu'il est de plus en plus facile pour les clercs coptes radicaux de faire monter une certaine polémique sur l'influence du catholicisme, pour palier peut-être au manque d'offre copte dans le secteur éducatif.
Posté : sam. févr. 16, 2019 7:25 pm
par Arios
18/05/2038
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Environ 4 752 milliards de pierres auraient été déplacées pour construire l'Épibatie
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Un mur en pierre, parmi des milliers[/center]
Un cabinet de statistique lébirien, Creno Instituto, s'est penché sur un défi un peu particulier à l'initiative d'un doctorant : compter le nombre de pierres qui ont été déplacées, ces trois derniers millénaires, sur le périmètre de l'Empire d'Épibatie. Murs de pâtures, pierriers de nettoyage des champs, caves et maisons ou fondations en pierres sèches, ou chaulées, ponts, murets de soutènement et d'encadrement des cours d'eau, routes empierrées, églises et monastères... les usages n'ont pas manqué depuis ce temps-là pour rendre le pays habitable par les hommes. Évidemment, pour des raisons autant géopolitiques que pratiques, les étudiants et chercheurs statisticiens lébiriens n'ont pas parcouru le pays à pieds ou même en mulet pour compter les pierres et prendre des photos...
Il s'est agi de construire des modèles informatiques, de recouper des informations ethnographiques, de plonger dans les archives et d'écouter les meilleurs bâtisseurs, porteurs d'un savoir-faire parfois étiolé dans certaines vallées. Mais la science statistique à la rescousse, le résultat parait probant. L'étude n'aurait duré que 14 mois, un laps de temps à rajouter à plusieurs années d'interprétation et de mise en forme des résultats pour la soutenance finale... mais l'Empire d'Épibatie sait, grâce à ce partenariat, approximativement le nombre de pierres qui ont été nécessaires pour l'édifier - du moins, ses villages, ses voies, ses campagnes... les pierres constituant ciments et bétons n'ayant pas été comptabilisées, les ouvrages modernes mis à part donc. Depuis que les humains habitent ces contrées, ils ont ainsi déplacer plus de 4,75 milliers de milliards de pierres pour rendre l'environnement vivable, protéger leur famille, leur communauté, bientôt leur pays et leur Foi.
De ces petites pierres, ils ont construit l'Empire. Alors voyageur souviens-toi, lorsque tu croises un de ces cailloux, combien son histoire est longue, et pense aux mains qui l'ont, les unes après les autres, déplacé depuis qu'il est né.
Posté : sam. févr. 16, 2019 8:04 pm
par Arios
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18/05/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]
Littoral épibate : L'arrivée de paramilitaires britons à "Malacchi" pose question
Depuis que Gighida a donné son accord à l'installation d'une future plateforme de lancement "de secours" pour le Commonwealth, attendue par Lanfair en cas où elle devait perdre ses facilités dans son ancienne colonie janubienne du Mahajanubia, les commentaires vont bon train en Épibatie, jusque dans les villes reculées de l'Est, tenues par le clergé en faisant un argument de critique contre l'autorité temporelle. Dans cette alliance "tripartite", tendent à rappeler continuellement les différents porte-paroles et ministres du gouvernement de Gighida, l'Épibatie gagne en effet un important soutien technologique et la promesse de partenariat renouvelés, longs et productifs autant avec la Ligue de Lébira, qui profitera de la Plateforme de lancement et de la base scientifique adjacente (notamment pour ses recherches sur les missiles défensifs), qu'avec le Commonwealth, autre "lion" à la tête d'une thalassocratie toujours dénigrée, souvent attaquée, mais jamais brisée.
Il faut dire que l'Épibatie a ignoré, durant un demi-siècle, son littoral, transformé en énorme no-man's land infranchissable pour se protéger de l'Armageddon promis par les Luciféristes, puissants sur l'autre rive jusqu'à il y a peu. Rendre utile cette interface avec la Mer intérieure d'Algarbe, aujourd'hui terrain de jeu de la Ligue de Lébira, n'était pas gagné d'avance et plutôt que barricader à nouveau la zone contre la "menace catholique", Gighida a choisi la stratégie de l'alliance avec Cartagina, pour lui donner ce qu'elle souhaitait : un centre scientifique le plus à l'abri possible des aléas de la géopolitique céruléenne. En concédant plus d'une centaine d'hectares à la souveraineté britonnique, argument final concerté entre Gighida et Cartagina pour convaincre le Commonwealth d'un transfert massif de technologies envers une puissance jugée "noire" par Lanfair, la capitale impériale prêtait de toutes manières le flan aux critiques internes et aux tentatives de déstabilisation.
L'arrivée de deux cents militaires du Commonwealth déguisés en vigiles sur-armés a en effet de quoi être contesté sur le plan politique. D'autant que ces petites armées privées, employées pour des missions précises par toujours davantage de gouvernements occidentaux en proie à un cycle de réduction de la dépense publique, ont un savoir-faire et des capacités qui dépassent de loin le potentiel des milices urbaines des quelques villes blanches autonomes alentours, et même celui des troupes auxiliaires de l'Empire, qui composent l'essentiel du dispositif militaire épibate le long de son littoral... si lointain.
Posté : dim. févr. 17, 2019 11:01 am
par Arios
20/05/2038
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Quand l'Empereur Sosneio IV s'armait contre les OVNIs
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Menace venue du ciel ?[/center]
L'arrière grand-père de l'actuel Roi des Rois Iaconno Salomone Malacchi III a régné sur l'Épibatie de 1932 à 1964 ; arrivé sur le trône suite à la mort accidentelle de son père, en plein milieu d'un conflit contre les peuplements amarantins du littoral, Sosneio Cresto IV était un trentenaire s'intéressant peu aux choses politiques - son prédécesseur, d'à peine cinquante ans, était en pleine forme avant son accident et n'avait en rien préparé ses fils à lui succéder. Le jeune Sosneio, élevé par différents précepteurs céruléens, n'enviait en rien le métier de son père et se réfugiait, depuis tout jeune, dans les livres, la religion, et par la voie de certaines rencontres, l'ésotérisme en vogue dans les milieux de l'aristocratie épibate de l'époque.
En août 1932, l'Empereur Cresto Aimot II décède d'une chute lors d'une chasse aux Ekongs, un des rares loisirs que s'accorde le souverain dans sa supervision décisive du conflit. Un important travail diplomatique engagé pour retourner plusieurs territoires amarantins contre leurs confrères sécessionnistes se retrouve fragilisé, menacé de ne pas aboutir. Sosneio IV, jeune Empereur, met de côté sa vie d'adulescent attardé pour parachever l'effort de son père - et grâce à plusieurs généraux de qualité, ainsi que le soutien d'importants mécènes étrangers, la situation demeure favorable à l'Épibatie, qui est dès 1934 convaincue de remporter la guerre (le conflit ne se termine que début 1940).
Entièrement convaincue ? Pas tout à fait. [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=339651#p339651]En Cérulée, l'industrialisation et le progrès scientifique s'accentuent[/url], et les pays méridionaux qui avaient jusque-là échappé à la grande révolution du rail rattrapent leur retard dans un contexte d'optimisme savant sans limites. Où s'arrêtera la science ? L'Église d'Épibatie voit ces changements en Occident comme négatifs, encore marquée par la scission avec l'Église d'Illythie, qui s'est rangée derrière le catholicisme, elle peine à proposer à ses clercs autre chose qu'un virement conservateur peu ouvert à comprendre un monde moderne dont les premiers signes atteignent l'Empire. Sosneio IV s'inscrit dans une jeunesse aristocratique qui se détourne de la cosmologie religieuse, et du spiritisme se passionne pour les formes naissantes de la science-fiction... que l'on croit alors réaliste.
Inquiet, à l'instar de plusieurs militaires parmi les familles les plus cultivées, d'un soutien massif de la nouvelle science industrielle occidentale et amarantine pour les ennemis intérieurs, l'Empereur détourne une importante partie des fonds souverains vers l'achat d'armement anti-aériens derniers cris, conscient qu'une recherche impériale dans le domaine coûterait trop de temps. Les ministres épibates se mettent à parcourir l'Algarbe-du-Nord, la Cérulée, le Moyen-Orient, pour acheter tout ce qu'il y a de plus moderne dans le domaine de la défense anti-aérienne ; l'Empereur est convaincu, les années passants, d'une attaque imminente d'OVNIs, nourri aux récits mystérieux des premiers pilotes de haut vol observant des formes suspectes et inexplicables.
La guerre se termine en 1940 mais Sosneio IV demeure en poste encore 24 ans. Durant ces 24 années, l'Épibatie alors rare pays indépendant d'Algarbe consacre des sommes folles à l'armement anti-aérien, plutôt que de rechercher à développer son territoire pour intégrer la mondialisation qui s'orchestre autour de la Cérulée. Très vite, à la menace amarantine s'est substituée la menace des Luciféristes ; l'Église, dans ce contexte et soucieuse de conserver son influence sur le politique malgré le manque de piété de l'Empereur Sosneio, indéboulonnable héros ayant conduit l'Épibatie à la victoire, soutient le programme d'armement anti-aérien... et de nombreux intermédiaires profitent de ces détournements de l'argent issu des ressources naturelles pour prendre leurs marges, en organisant toujours plus de rencontre avec les États les plus en pointe.
Après 1964, ces dépenses reculent évidemment, mais jusqu'à l'actuel règne de Iacono Salomone elles restent relativement importante. Baignés par le père et grand-père dans cet atmosphère paranoïaque, biberonnés aux premiers films SF sur les invasions extra-terrestres, nourris par les passages les plus troublants du Livre d'Hénoch et du récit des Néphilims, les deux empereurs suivants et jusqu'au père de Iacono Salomone continuent, au motif de la défense contre les Luciféristes ou les Catholiques, à consacrer une importante part des dépenses impériales à l'arsenal anti-aérien. Devant le recul indiscutable de l'autorité impériale sur ses territoires et ses propres troupes, avec l'accession de l'actuel Empereur à son trône en 2030, le gouvernement impérial pousse le pays à l'arrêt des dépenses de militarisation... dont une part non négligeable était détournée par différents relais corrompus du secteur de la Défense, pertes sèches complètes pour le pouvoir.
Posté : dim. févr. 17, 2019 11:16 am
par Arios
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Le Colonel Saia réclame des armes cachées à Amosciderenat - 20|05|38
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Les troupes impériales se sont positionnées en amont de la ville
Il semblerait que l'intervention surprise de l'armée épibate dans la ville de Raggia, que les Illythes colonisaient en dehors du cadre légal des accords d'autonomie territoriale, ait permis aux services de renseignement de l'Empereur de découvrir d'inquiétantes informations sur le niveau d'armement sous-estimé jusque-là des milices de défense urbaine de plusieurs villes illythes du nord de l'Empire. C'est du moins ce qu'on comprend du récent mouvement ordonné par le Colonel Saia, qui a fait se positionner d'importantes troupes jusqu'au sud de la ville d'Amosciderenat, haut-lieu de l'économie haute-illythe, ville illythe en Épibatie et nœud commercial puissant.
- "Nous savons qu'Amosciderenat abrite d'importantes caches illégales d'armes en faveur des milices urbaines illythes. La détention de ces armes est contraire aux lois d'autonomie. Nous réclamons à la Haute-Illythie qu'elle livre cet armement... rapidement." extrait de l'ultimatum lancé à Amosciderenat par l'armée.
La Haute-Illythie, qui a vivement protesté il y a quarante-huit heures contre l'expulsion des Illythes de Raggia, a publiquement contacté Gighida pour lui demander si les troupes du Colonel Saia étaient véritablement sous les ordres de l'Empereur, ou si les militaires dans le nord du pays répondaient de logiques et de décisions autonomes... L'Armée a laissé sept jours à Amosciderenat pour livrer les armes, que la ville annonce ne pas détenir.
Posté : dim. févr. 17, 2019 4:17 pm
par Arios
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21/05/2038[/right]
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Les attaques de sauvages ont diminué de 20% en un an
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Une bergère épibate en lisière du territoire sauvage[/center]
Dans les territoires peuplés d'Épibates, le gouvernement n'a comptabilisé que 340 attaques, 47 morts et 38 disparus en 2037, c'est un nombre d'attaque moins important de 20% qu'en 2036. La plupart de ces attaques engagent des éleveurs, qui vont pâturer en lisière de forêts et dans des vallons où l'absence de sauvages n'est pas garantie. Les forestiers, chasseurs-cueilleurs, sont souvent mobiles, nomades, peuvent parcourir de grandes distances et laisser certains territoire pendant plusieurs années avant d'y revenir. Si pendant des siècles, de nombreuses disparitions avaient pu être attribuée à des êtres surnaturels, la connaissance du danger de ces non-civilisés bien humains se répand dans la population, surtout depuis que l'Église encourage les familles plutôt instruites à s'exiler aux marges du territoire des Épibates, pour construire une mise en valeur saine de ces pays.
Les raisons de cette diminution tiennent surtout à la cartographie des espaces de colonisation. Faute de relais assez puissants du gouvernement civil dans les grandes vallées de l'Est qui concentrent l'effort de peuplement, c'est bien souvent l'Église qui organise ces migrations, défrichements et installations, avec un certain sens de la rationalité.
- "Il faut sortir du mythe des colons épibates qui s'aventurent au hasard sur la face cachée de la colline d'en face. Depuis quinze ans, il n'y a plus de mouvement anarchique de colonisation, tous les déplacements sont prévus, organisés de sorte à quadriller le mieux possible le terrain, et à étouffer économiquement certaines tribus que nous savons présentes..." explique le père orthodoxe Giorgi Adascia, spécialiste de l'évangélisation des vallées orientales.
De plus, l'Église et les colons peuvent compter sur le savoir-faire technologique de plusieurs entreprises occidentales, qui aident à mettre en valeur le territoire de l'Empire d'Épibatie en transférant d'importantes données de photographies aériennes, évolutives, aux autorités. Ces scans satellitaires sont transférés à Gighida, où l'Église dispose de ses bureaux les plus sophistiqués, pour traiter ces données, parfois en faisant appel à des techniciens étrangers. Grâce à cette couverture aérienne, le mouvement de colonisation peut se tenir au courant des évolutions géographiques, mais aussi supputer sur la présence et la densité des peuplements barbares, en fonction des modifications artificielles du couvert végétal.
Technologie et technique permettent aujourd'hui aux Épibates d'avancer sur l'espace sauvage, qui n'avait cessé de gagner du terrain entre la fin du premier millénaire et le XXème siècle. Les experts estiment qu'en une quinzaine d'années, si les capacités démographiques des Épibates se poursuivent, l'aire de peuplement pourrait compenser les pertes dues aux colonisations céruléennes de l'époque moderne sur le littoral de la Mer intérieure d'Algarbe. Cela n'évite pour l'instant pas certaines tensions entre populations épibates et populations blanches ou métisses dans l'Ouest, sans même parler des barbares qui y demeurent présents en bien des endroits.
Posté : lun. févr. 18, 2019 6:02 pm
par Arios
24/05/2038
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Gighida : la centième d'une "exposition humaine" qui fait toujours autant débat
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Les "Susciasci", famille forestière "professionnelle"[/center]
Pour le centième samedi, les habitants de la capitale et les voyageurs pourront se presser pour observer l'exposition humaine qui se tient sur l'aire de foire rive droite de l'Ibabbi, aller à rencontre des vivariums accueillant ces habitants des forêts "capturés", pour certains il y a déjà bien longtemps, dans leurs vallées lointaines et amener sur les quelques villes capables de les accueillir, pour reproduire de façon artificielle des scènes de leur quotidien supposé dans la jungle.
Si chaque exposition est l'occasion d'une nouveauté, contient la promesse de choses et de personnages non encore observés jusqu'à présent afin de faire revenir le public, certaines familles à l'instar des Susciasci sont présents depuis des années dans cette foire, et ont déjà "travaillé", comme on dit, dans d'autres villes de l'Épibatie, même parfois de petites localités rurales qui ont pu avoir la chance d'accueillir le cirque qui les promène. Avec le temps, le propriétaire du cirque verse un petite salaire en numéraire aux meilleurs éléments, afin de compléter leur alimentation, mais à la condition que la dialogue ait pu être instauré avec ces hommes et ces femmes, qui ont parfois même des enfants nés après la capture du groupe.
Mais alors pourquoi ces expositions font débat ? Certains y voient une déshumanisation contraire aux valeurs chrétiennes... mais la plupart des mécontents y voient surtout une humanisation contraire à leurs croyances fondamentales, qui comprend la "ruée vers l'Est sauvage" du peuple Épibate enfin libéré de la menace barbare qui l'a contraint, durant des siècles. D'autres, simplement plus cyniques, admettent qu'il n'y a souvent plus grand chose d'authentique dans les scènes et les comportements qui sont donnés à voir dans ces représentations (comme ces demi-maisons qui permettent d'observer le quotidien domestique de ces familles, ou ces scènes de chasse après lâchage d'une antilope à quelques mètres du minuscule village d'apparat, etc.).
Ne parlons pas des quelques ethnologues qui se perdent dans ce spectacle et constatent amèrement qu'on demande à ces personnes d'effectuer des tâches à cent lieux de ce qu'ils pratiquent vraiment dans la réalité - participant à grand échelle d'une culture de la désinformation involontaire, la propagation de fausses idées sur le quotidien des populations forestières. Le gros du public n'y voit que du feu et s'amuse de ces représentations - bien que d'autres sentiments, posant davantage question, surtout aux yeux occidentaux, se joignent à cette excitation : peur, dégoût, haine... Les journées sans qu'un visiteur ne s'amuse à jeter des pierres, des mottes de terre ou un emballage d'encas sur les personnes exposées sont rares, et bien souvent le personnel du cirque doit intervenir. Il faut dire que dans de nombreuses paroisses, les prêtres continuent de véhiculer l'association innommable entre le Mal et les habitants des forêts, réduits parfois à de simples esprits.
Posté : mer. févr. 20, 2019 2:03 pm
par Arios
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20/05/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]
Région gighidienne : Contre la corruption, la féminisation du pouvoir autour des institutions impériales
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Beimnet Tigiste, nouvelle conseillère à l'instruction auprès de la sœur de l'Empereur...[/center]
Elles s'appellent Beimnet Tigiste, Meaza Meseleccie, Biciegna Ascienaffi, toutes nommées ces derniers mois à des porte-feuilles officiels par la sœur de l'Empereur, Mazaa Malacchi, de plus en plus associée au véritable pouvoir s'exerçant à Gighida - les diplomates étrangers s'en remettent désormais clairement à elle, sous couvert de discuter avec "l'institution impériale", pour contourner les embûches liées à la personne même de l'Empereur, un jeune Iacono Salomone que les spécialistes décrivent comme un souverain in-intéressé aux affaires, préférant les femmes du monde entier à la conduite d'un bon gouvernement pour l'Épibatie.
Mais le vrai sujet n'est pas tant cette vacance évidente du pouvoir impérial, vite comblé par l'initiative de la propre sœur du souverain, qui selon les règles de la monarchie des "Rois des Rois" ne peut pas accéder à la fonction suprême, de par son sexe. La nouveauté est que les cadres mêmes de l'institution, les personnes membres de la dynastie, organisent la substitution à un pouvoir en déliquescence par la gestion d'un véritable gouvernement de l'ombre, orchestré par Mazaa Malacchi, qui s'entoure d'une majorité de femmes, parfois issues de rangs inférieurs de la société comme Beimnet Tigiste, nouvelle conseillère à l'instruction en charge de l'extension des réseaux d'école, qui n'était rien d'autre qu'une courtisane de l'Empereur parmi d'autres il y a quelques années...
Dans la culture épibate, la femme jouit d'une position plus importante que dans la plupart des pays subalgarbiens. Moins, évidemment, que dans des les rares matriarchies élevées au rang d'États, mais de par la christianisation ancienne elle a acquis en Épibatie un statut de personne équivalent, au moins en théorie, à celui de l'homme. Pour autant, la tradition institutionnelle de l'Empire lui réserve la portion congrue, d'autant que l’appétit du dernier Empereur pour elles a dévalué, depuis 8 ans, l'image des femmes à la Cour, dans un pays qui reste rongé par une corruption liée aux hauts cadres bien installés, presque tous des hommes, liés à l'Armée, à la planification industrielle ou aux grandes corporations forestières ou minières.
Posté : mer. févr. 20, 2019 2:24 pm
par Arios
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Getsa Memrizzi : "Ceux qui critiquent l'Empereur ne méritent pas de vivre" - 30|05|38
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Le premier Ministre de l'Empereur monte aux créneaux
Une certaine libération des mots ne plait pas à tous, à commencer par Getsa Memrizzi, forme de dernier rempart assumé à la dépossession des pouvoirs de l'Empereur. Le premier des Ministres du Roi des Rois Iacono Salomone défend ses intérêts, au péril du politique correct s'il le faut. [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=348254#p348254]Mais les libertés prisent par la presse libérale[/url] dans son ton à l'égard du Roi-prophète, indiscutablement liée à l'étranger, semble sous-estimer la résistance des "cadres dignes" dont Getsa Memrizzi fait l'éloge autour du pouvoir impérial.
- "L'Épibatie n'a besoin ni d'une fronde intérieure, ni de conseils extérieurs. J'aimerais rappeler à ceux qui en doutent que notre pays les dépasse par la longévité, l'ancienneté de notre société et de notre monarchie impériale. Personne n'est légitime pour critiquer l'Empereur, il est le relai de Dieu et il est Messie pour notre peuple. En vérité, ceux qui le critiquent ne méritent pas de vivre, car ils n'ont rien compris à l'Univers." a exprimé le premier des Ministres.
Beaucoup voient dans Getsa Memrizzi un rempart aux velléités de pouvoir de la princesse impériale Mazaa Malacchi, dont l'influence tend à rogner les prérogatives de l'Empereur, et participant à répandre les légendes "
véhiculées par les ennemis de l'Épibatie" sur le manque de sérieux, et surtout de volonté de gouverner, du Souverain. Mais d'autres affirment les liens étroits qui continuent d'exister entre le ministre et la princesse impériale, qui travailleraient tous deux pour soutenir l'Empire.