Page 1 sur 1
Posté : sam. janv. 12, 2019 5:16 pm
par Arios
Faits et renseignements sur l'Épibatie
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/12/190112061819580084.png[/img]
Une fillette épibate et sa sœur[/center]
Posté : sam. janv. 12, 2019 6:06 pm
par Arios
Espaces en Épibatie
Les limites officielles de l'Empire d'Épibatie en font un État aussi grand que la Ligue de Lébira dans son ensemble. Mais il s'agit d'un territoire très éclaté, aussi bien par le relief et la géographie physique, que par le partage effectif de l'autorité en son sein, la géographie humaine. Pour des raisons historiques, donc ethniques, administratives, pratiques, le contrôle réel de la capitale impériale, Gighida, est terriblement restreint en terme de superficie. L'administration impériale a pris l'habitude de déléguer, de confier, de céder en autonomie à des communautés, à des corps, qui parfois n'ont pas attendu l'autorisation centrale pour se mettre en situation de coupure de fait avec les ordres centraux.
Cernée par la forêt plus ou moins vierge, autrefois administrée par les immondes Mocatanghe (Mukatangais), envahisseurs venus des mers et du sud, l'Épibatie ethnique a construit sa culture dans une ambiance de forteresse : la montagne assiégée par les démons des vaux et les démons des cieux, par les sauvages et par les êtres paranormaux, par les étrangers sanguinaires et par les catastrophes précipitées par le Dieu vengeur de la Bible. L'Épibatie est surtout un Empire fatigué, qui s'il a hérité d'un vaste territoire reconquis à l'époque moderne, a raté la locomotive du progrès économique et trop cherché à dissimuler qu'il perdait de la puissance au profit des commerçants occidentaux, et échoué continuellement à éradiquer la menace des sauvages.
L'Épibatie est un Kaiyuan de l'Algarbe qui n'aurait jamais eu la force, l'intelligence ou la volonté de récupérer les comptoirs cédés - qui n'aurait jamais eu l'industrie, la démographie ou la philosophie de terminer sa conquête intérieure. C'est une terre de colonisation jamais mise en valeur ; trop lourde, trop escarpée, trop humide, trop vaste, trop étouffante, trop dangereuse, trop mystique. Depuis l'arrivée du Christianisme, aux alentours du troisième siècle, dans les bagages d'évangélisateurs hellènes et d'anciens combattants indigènes de l'Empire latin, le pays s'est construit sur la base d'un peuple autour d'une Foi, pendant des siècles isolée, sinon de l'Illythie chrétienne.
Vieux peuple et vieil État ; tous deux devenus dans un sens minoritaires face à leurs protégés hissés au rang de concurrents. Aujourd'hui la souveraineté de l'Épibatie est très partagée, bien que théoriquement dépendant de l'Empereur, et serviteur du Christ, Iacono Salomone Malacchi, troisième. Entre un périmètre où l'Empire répète ses rites symboliques d'opération du pouvoir, une périphérie où l'administration impériale conteste l'efficacité dynastique, de très larges campagnes où le seul État subsistant est l'Église, le cœur du pays est divisé. À ses marges, de plus en plus pressante, la pression de la colonisation économique et technique des étrangers, occidentaux et illythes, s'accentue sur la base d'un appétit minier et forestier renouvelé. Répétant l’œuvre empirique des générations anciennes, les Épibates continuent d'articuler leur destin sur la conquête de nouvelles montagnes, plus à l'Est, de nouveaux bassins versants au profit de leurs troupeaux, de leurs enfants. Mais que trouveront-ils vraiment là-bas qu'ils ne finiront pas par perdre à l'Ouest et au Nord ? Pendant que Prêtres et préfets se disputent, les militaires de l'Armée impériale font régner la corruption et les pillages dans les propres proto-États qu'ils ont su constituer le long de frontières fixes, surveillées, notamment longtemps sur la Mer, où ils étaient positionnés en face de la menace luciférienne et esclavagiste.
[center][url=https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/12/190112063420542177.png][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/12/190112061817434339.png[/img][/url][/center]
Pour comprendre l'Épibatie, il faut sans doute penser comme un Épibate. Malgré le christianisme, déjà ancien, la structure mentale de compréhension du territoire n'a pas beaucoup évolué, selon certains chercheurs, depuis la lointaine Préhistoire. Si la mer n'a jamais été comprise comme un territoire à très fort potentiel pour se reconnecter avec l'Occident, partager avec la Cérulée ou entrevoir de nouveaux horizons, c'est qu'elle s'inscrit dans une dimension spatiale toujours négligée, et même crainte, par les Épibates. La mer, correspondant au niveau le plus bas de l'espace, était d'abord très lointaine par rapport au cœur de naissance de la civilisation pastorale épibate - contrairement aux bergers céruléens, s'étant dispersé le long des côtes et ayant toujours travaillé avec les littoraux. La mer, inatteignable, a toujours été vu comme un monde au bord du monde, et à plus forte raison dangereux lorsqu'il servit à l'établissement de communautés étrangères, de pirates, tout au long de l'Histoire et jusqu'à l'établissement des Occidentaux, sur cette côte quasiment sauvage, au XVIIIème siècle (ils avaient été précédé par les Berbères musulmans, en certains endroits). Les cieux, la très haute montagne, par nature inhabitable, a toujours quant à elle été reléguée à l'espace des esprits (plus ou moins bons, selon l'époque) - elle aussi inatteignable, lieu de tous les fantasmes, elle n'a que rarement été vue comme un potentiel passage vers d'autres vallées... mais comme une barrière derrière laquelle l'univers était terminé (cette vision a pu voir sa paternité attribuée aux Céruléens antiques, qui fixaient là une limite de la Terre).
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/12/190112061817361608.png[/img][/center]
Aujourd'hui l'horizontalité a davantage de place dans la compréhension de l'espace épibate. La plupart des Épibates, parce-que cette histoire de mobilité (issue de la tradition pastorale) et l'encouragement à l'agrandissement de la communauté (par l'Église, appuyée sur la Bible, et par le fait de la tradition), comprennent désormais qu'il y a un Couchant, qui est déjà habité, et un Levant, qu'il reste à mettre en valeur. Doucement, palier par palier, en montant ou en descendant, les Épibates avancent vers l'Est, défrichent, cultivent et font paître, construisent de nouveaux villages et aménagent de nouvelles Églises - mais cette avancée prend plusieurs générations pour être effective. Cette extension théorique vers l'Est est le parallèle à un dépeuplement discret mais progressif de certains endroits, à l'Ouest, fuis par les Épibates contre des compensations financières, sur l'ordre d'autorités locales plus ou moins corrompues, la menace des troupes impériales reconverties en forces d'application des directives fixées par les firmes occidentales dépendantes des régions autonomes, anciens comptoirs peuplés d'étrangers. Diamants, terres rares, uranium, coltan, bois... minerais et grands espaces attirent les investisseurs, qui contrairement aux Épibates n'ont peur ni des lions, ni des tigres d'Algarbe, ni des loups ou autres animaux importés, ni même des sauvages, génériques pour qualifier des communautés dont l'humanité fait débat.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/12/19011206181852996.png[/img][/center]
Le pays n'est donc pas construit autour d'un grand fleuve, ou d'une grande route. Il est l'héritage d'une volonté, impériale, de défense des Chrétiens face aux barbares, le long de pentes montagneuses constituant l'habitat d'un antique peuple pastoral. Descendant de l'Église non-chalcédonienne, isolée, avec l'Illythie, de l'Orthodoxie par les invasions musulmanes en Algarbe du Nord, puis la reconquête des Croisés, enfin esseulée par le rattachement des Coptes d'Illythie à l'Église latine, l'Épibatie chrétienne ne partage aucune communauté d'esprit avec les autres États indigènes algarbiens - elle ne se considère évidemment ni comme catholique, ni même comme noire, et répète inlassablement sa résignation à ne voir aucun bénéfice en l'altérité, son regret d'un âge d'or jamais advenu, vaguement confondu avec une réinterprétation de quelque Évangile apocryphe.
Posté : mer. janv. 23, 2019 11:51 pm
par Arios
Anthropologie - Épibates, traits principaux
Il existe plusieurs types de population en Épibatie :
- les populations dites occidentales, issues de la colonisation récente (XVIII-XXe s.) ; qui résident dans l'Ouest
- les populations noires liées à l'aire bantoue appelées génériquement à tord Mocatanghe (br/fr : Mukatanga), issues de peuplements plus anciens (V-XVe s.) ; qui résident dans l'Ouest comme dans l'Est, avec des traces au Nord - la plupart des traditions locales n'en font pas des êtres humains
- les populations humaines non-répertoriées, le plus souvent antérieures à notre ère ; qui seraient principalement établies dans l'Est
- les populations non-humaines non ou peu répertoriées, au peuplement estimé très ancien ; qui résideraient en divers endroits de l'extrême sud, et de l'Est du territoire - l'appartenance ou non à l'humanité fait débat sur un grand nombre de communautés, si bien que malgré leur impact historique, de nombreuses tribus Mocatanghe ne sont pas estimées comme humaines de la part de leurs voisins épibates, ou occidentaux
- les Épibates, à la présence prouvée sur le territoire depuis le premier millénaire avant J-C ; principalement établis, traditionnellement, dans le centre géographique du pays
L'Empire d'Épibatie a été bâti par les Épibates. Il s'est construit notamment, au travers du dernier millénaire et demi, par le Christianisme, sur la base d'une population sémitique, ayant développé ses propres traits et connu de nombreuses adaptations et variations historiques locales en faisant un peuple relativement divers morphologiquement.
Les Épibates sont unis, au-delà de leurs différences physiques prononcées et accentuées par les reliefs abondants du pays, ayant composé de nombreuses situations particulières et goulets d'étranglement génétique au cours de l'Histoire, par un rameau linguistique commun : l'Amharique, langue officielle de l'Empire d'Épibatie, et langue administrative et véhiculaire de la plupart des territoires peuplés d'Épibates en Épibatie, à l'exception de zones où le Clergé copte lui préfère le Copte (Illythe), ou le Grec, imposant cette préférence à l'administration du peuple.
L'étymologie et la linguistique témoigne de l'origine sémite de la population épibate. La génétique et l'anthropologie raciale également. Les foyers les plus centraux de l'aire d'utilisation de la langue épibate portent les traces phénotypiques les plus rapprochées des populations sémitiques du bassin céruléen, et ce en des zones où il est peu probable que les origines de ces traits soient liées à des mouvements de migration postérieurs au milieu du premier millénaire.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115842397608.png[/img]
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115843818580.png[/img] [img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115844335578.png[/img] [img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115843326153.png[/img]
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115845107251.png[/img][/center]
Ces phénotypes se distinguent aussi bien dans les agglomérations le long des principaux fleuves, que dans des campagnes reculées. Les traits plus fins que dans le reste de l'Algarbe centrale sont à rapprocher de caractéristiques morphologiques semblables dans les populations sémites céruléennes.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115843578348.png[/img]
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115842739930.png[/img]
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115842477501.png[/img][/center]
Plus on s'éloigne du cœur géographique de l'aire de locution de la langue chamito-sémitique épibate, plus les teints s'assombrissent ; mais pour autant, les traits demeurent particuliers et très différents de ceux que l'on rencontre dans le reste de l'Algarbe dite noire. Les populations épibates peuvent posséder une peau parfois très sombre, mais en la plupart des endroits conservent des traits proches de ceux des populations céruléennes sémites voire caucasiques.
Néanmoins aux marges de l'aire de peuplement épibate, on constate l'augmentation de la fréquence d'apparition de traits à rapprocher de ceux des populations bantoues, et ce malgré des communautés parlant toujours des dialectes appartenant, sans presque de contestation possible, de la famille linguistique amharique, donc sémitique. Ces traits sont spontanés dans des populations endogènes, et augmentent à mesure que l'on s'éloigne du foyer central historique des Épibates. Ils sont rares dans le centre du pays, fréquents et majoritaires dans de nombreuses marges. Ces divergences morphologiques ne sont pas vécues par les habitants comme un frein à l'identification au peuple épibate, dans un pays où l'identité est avant tout un phénomène local, tribal et communautaire, plutôt qu'un vecteur de société plus large, ou de nationalité. Certains anthropologues maintiennent néanmoins la thèse d'une identification à la tribu plus forte à mesure que l'on s'éloigne du centre du pays, par rapport à une identité "nationale" épibate, liée à la religion et au sentiment d'une ethnie commune.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115844598094.png[/img]
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/190123115844921779.png[/img][/center]
Par ailleurs, les populations centrales urbaines ou villageoises fortement influencées par les organes traditionnelles "nationales" épibates, à savoir l'Église copte épibate et l'administration politique civile impériale, ont une forte tendance à ne pas reconnaitre dans les frontières de la langue amharique celles d'une population unique, étant souvent à l'origine d'un racisme, ou du moins d'un rejet de l'apparence physique des populations amharique des marges, comme partie intégrante du spectre morphologique épibate - accusant le métissage avec les bantous, même lointain, d'être à l'origine de ces différences d'apparence. Le poids d'une Histoire sanguinaire longue et chargée entre l'Empire d'Épibatie et les Mocatanghe explique en partie cette xénophobie, à l'encontre de ce qui rappelle l'ennemi héréditaire, pour les populations centrales étant de fait les plus éduquées.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/1901231158434916.png[/img]
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/23/19012311584448851.png[/img]
Les populations mocatanghe sont rarement approchées. Elles présentent des traits bantous caractéristiques. En miroir, elles aussi sont parfois sujettes à résurgence de traits liés à des apports ethniques épibates, à certains moments de l'Histoire, par exemple à l'occasion de politiques militaires de viols, ou à des épisodes de fraternisation entre populations forestières, plus fréquente qu'on ne le croit.[/center]
Posté : ven. févr. 01, 2019 3:12 pm
par Arios
Meggi, histoire du peuple artificiel
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201103315536824.png[/img][/center]
Meggi, ou Miksi en Amarantin... Plusieurs millions de personnes, dans la plus grande "réserve naturelle" du monde. Occupés à l'agriculture, à la pêche, à l'artisanat, au travail, à la source de familles, de villes, d'une société ; scrutés, étudiés depuis leur plus jeune âge ; charriant une spiritualité propre, alliant christianisme, éléments animistes, et dévotion parfois sincère envers leurs "créateurs", qui les inventèrent un beau matin à partir du meilleur de la forêt, et du meilleur de la mer.
I. XV-XVIème siècles : la sélection avant la sélection
A. La quête de bons esclaves
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201104035794250.png[/img]
Un marchand amarantin représenté avec un chef algarbien[/center]
La Mer d'Algarbe intérieure reste dominée et exploitée par les marins arabes, puis arabo-berbères, jusqu'à la fin du XVème siècle. Si les Chrétiens ont pu reconquérir le nord de la Nazalie depuis deux siècles, y sont à la tête de puissantes cités faisant revivre l'héritage antique de la province algarbienne de l'Empire latin, le sud de l'actuelle province lébirienne n'est repris aux Musulmans, qui contrôlent le détroit, que dans la décennie 1490. C'est à partir de ce moment-là que les Céruléens chrétiens ont à nouveau accès à cette Mer, mais aussi que les Amarantins semblent changer de camp : privilégiant désormais les Chrétiens que les Musulmans dans leurs alliances. Une aubaine pour les commerçants chrétiens, qui peuvent déléguer les basses-oeuvres, à commencer par la capture et le commerce d'esclaves, aux Amarantins demeurés païens.
Forts de relations déjà bien établies parmi les sociétés arabophones de la moitié nord de l'Algarbe, et de la volonté des marchands berbères, notamment originaires de l'île de Degirba, de poursuivre leur travail en dépit de la nouvelle géopolitique (avec la prise d'Al-Lebyr par les Croisés nazaliens en 1495), les Amarantins s'infiltrent très rapidement dans les anciens couloirs marchands des dynasties arabes, et deviennent les nouveaux financiers, protecteurs et patrons de flottilles de capture, mouillant non plus dans les comptoirs arabes de l'actuelle Épibatie, mais dans ces mêmes comptoirs passés sous la bannière honorable des Amarantins.
La situation en Épibatie, lorsque les Amarantins viennent y remplacer les arabo-berbères, n'a guère changé depuis trois siècles. Le Roi des rois chrétiens épibate n'est toujours pas en contact avec les Occidentaux, il vit avec son peuple à l'abri derrière les montagnes, au cœur de l'actuel territoire épibate. Depuis le début du millénaire, les Épibates ont perdu beaucoup de territoires, face à la poussée démographique, parfois violente et conquérante, des peuples bantous, venus de la rive opposée, et du sud. Si l'armée orthodoxe noire rencontre ses premiers succès, dus à sa restructuration et à diverses crises écologiques ayant perturbé le développement des Mocatanghe, ennemis jurés des Épibates, la nouvelle du remplacement des Arabes par les Amarantins le long du littoral est plutôt accueilli comme une bonne nouvelle, car l'appétit esclavagiste de ces derniers ne sera pas accompagné du désir d'islamisation qui caractérisait leurs prédécesseurs. Les Épibates vont dès lors tout faire pour faciliter la vie des Amarantins, non seulement accepter qu'ils établissent de multiples comptoirs, mais à peine soixante ans plus tard commencer à leur fournir des troupes, des éclaireurs et des connaissances pour intensifier les rapts contre les populations forestières, non-chrétiennes, et surtout non-épibates.
Cette course à l'esclave est motivée par l'expansion du marché. Les Amarantins revendent les esclaves noirs jusqu'en Marquésie orientale. Mais aussi et surtout en Aminavie actuelle, qui n'a plus accès à la Mer intérieure dominée par les Chrétiens. Un siècle plus tard, la demande commence à enfler pour les colonies établies en Olgarie, et en Dorimarie. Jusqu'à l'établissement solide de sociétés de capture sur la côte ouest de l'Algarbe noire, les Amarantins jouissent d'un certain monopole, développent leurs comptoirs et établissent des peuplements permanents sur le littoral épibate, commençant à y installer des colons.
Durant un siècle et demi, les vallées d'Épibaties occidentales sont drainées, parcourues, exploitées pour leur "bois noir" ; sur la côte, les sites d'habitation s'agrandissent, les mangroves sont rasées, les bois défrichés. On commence à exploiter de nouvelles ressources : la terre, les rivières, les bois. Dès la moitié du XVIème siècle, de nombreux amarantins acquièrent pour eux-même des esclaves, qui demeurent ainsi sur le littoral et travaillent pour la colonie. Les hommes les plus vigoureux sont arrachés à leurs territoires, installés de force au travail sur la côte, dans l'arrière-pays les villages de femmes et de vieillards sont parfois éliminés. Pour ne pas gâcher la marchandise, et à mesure que l'export rapporte moins (offre de la côte occidentale en essor), les Amarantins préfèrent désormais garder les meilleurs éléments sur place. Le souci de gestion de la ressource les pousse à commencer à s'intéresser à la reproduction et à la survie de ce "capital humain". C'est la naissance d'un souci de sélection, qui n'intervient que plus d'un demi-siècle après l'arrivée amarantine en Épibatie.
B. Gérer la ressource : le développement interne du marché
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201110341253892.png[/img]
[/center]
Et à la chasse succéda l'élevage. Les Musulmans mirent peu de temps à organiser de nouvelles routes, allant capturer leurs esclaves au fin fond de la Natolique centrale à mesure de l'extension de leur Foi, plutôt que restant dépendant des païens en Cérulée. De même, les empires ibériques et gallo s'étendant bientôt sur les deux rives de l'Océan déchinésique, délaissèrent la filière céruléenne de capture. Le souci des marchands amarantins, alors même qu'un nombre croissants de leurs compatriotes en Cérulée préféraient une main d’œuvre servile "nationale" à des esclaves algarbiens, fut de développer la demande propre à l'Épibatie, aussi bien en esclaves blancs que noirs (le littoral épibate fut alors une grande terre d'importation d'esclaves céruléens, amarantins essentiellement).
Les vallées bantoues d'Épibatie avaient été totalement déstructurée par la pression esclavagiste, mais également par les rencontres microbiennes avec les Céruléens, dans des zones où jusque-là la forte consanguinité des forestiers les avait isolé du reste du monde. De mémoire de chasseur, c'est tout un monde qui s'effondrait : "on ne trouve plus les bêtes que l'on trouvait auparavant", prête à un baroudeur expérimenté le Comte Alessandro Emilio de Casapalloj dans ses Mémoires australes (1612).
Le "minerai" humain se trouve désormais sur le littoral, et non plus dans les vallées sauvages de l'intérieur. Il se trouve dans des fermes, chez des particuliers, chez des professionnels. Les établissements amarantins prennent conscience du souci écologique, et du potentiel qu'ils tiennent entre leurs mains. Beaucoup d'entre eux, bien que devenus parfois aisés, connaissent la vie rurale, la réalité de l'élevage que eux-mêmes ou leurs parents et grands-parents ont quitté en abandonnant les campagnes d'Alilée. L'avenir de l'esclave "épibate" se trouve dans les écuries et les greniers amarantins du littoral, et non plus dans les forêts dépeuplées, qui dans leur limite orientale se trouvent petit à petit grignotées par les Épibates, y bâtissant églises et hameaux.
Les Amarantins se lancent donc dans l'accroissement de leurs colonies agricoles, et s'appuient sur une main d’œuvre servile dont ils prennent un soin particulier à organiser la reproduction et la sélection. Plusieurs cités séparent juridiquement le droit d'user des esclaves, avec le droit d'en abuser. Certaines autorités font payer une taxe à un propriétaire pour le rachat d'un nourrisson. D'autres tiennent des cahiers d'enregistrement des accouplements. En certains endroits, les propriétaires sont sommés de fournir à l'autorité un certain nombre de nourrissons par an, dont ils ont la garde mais non la propriété. De véritables fortunes administratives se créent en cheptel humain, en l'espace de quelques décennies. Vers la fin du XVIIème siècle, les forêts de proximité qui jadis étaient des terres d'exploration et de capture, deviennent des terres de colonisation au profit des fermiers et de leurs esclaves.
Très vite, devant l'attrait de certains individus à qui l'ont fait parcourir des kilomètres par centaines tout au long de leur vie, à travers bras de rivière et sentiers, on estime que la vigueur du cheptel tend à diminuer. En 1683, le grand édile de Zumejo tire la sonnette d'alarme : "devan l'affaidissemen e perte de la viggor d'antan devons aveiller a truver nouvelles mainières a l'amelioration de la rasse d'iceux".
II. XVII-XIXème siècles : sélection et physiocratie, le bon ménage des plantations algarbiennes
A. Améliorer les esclaves épibates en les croisant avec des aliénés céruléens
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201013954255579.png[/img][/center]
Comme le suggérait depuis un moment déjà de nombreux planteurs, en 1702 la première caravelle pleine d'aliénés amarantins destinés au mélange avec les esclaves des colonies amarantines d'Épibatie parvint, en règle, à Parjsporgue, en Nouvelle-Caducée actuelle. L'entreprise soutenue par la bourgeoisie commerciale locale, et les grands planteurs des campagnes, pouvait enfin être mise en place malgré les grandes difficultés diplomatiques qui l'entravaient jusque-là. L'affaiblissement de l'esclavage en Cérulée, l'extension du christianisme dans les arrières-pays slaves, un certain recul de la Foi pour des considérations plus naturalistes en Occident, avaient fini de radicaliser les autorités chrétiennes sur leur opposition à l'esclavage des Dytoliens... de même, après certaines déconvenues militaires et économiques, les Nazaliens ne pouvaient plus se permettre le contrôle du détroit de Degirba. Les Amarantins, de protégés intéressants des Chrétiens, devinrent leurs adversaires désignés ; mais ceux-là étaient en position de force, financière surtout, et purent établir sans trop d'obstacles leur grande traite des Blancs à destination de l'Algarbe.
Les propriétaires d'esclaves en Épibatie accueillirent volontiers la politique de mélange. Elle leur permettait d'étouffer les prétentions libertaires de certains esclaves noirs qui avaient gagné en culture et moyens d'expression, et de renforcer une population servile qui commençait à montrer des signes inquiétants de mauvaise sélection due à une consanguinité subie. Pendant une cinquantaine d'année, les colonies amarantines tentèrent de systématiser le métissage de leurs groupes d'esclaves avec des aliénés céruléens, amarantins essentiellement, mais aussi certains chrétiens rachetés aux Musulmans dans divers ports de Cérulée - ce qui ne fut pas sans être à l'origine de nombreuses querelles diplomatiques. Petit à petit, les idées physiocratiques et naturalistes se répandaient comme une trainée de poudre sur l'Occident, non sans épargner des villes amarantines se prenant d'une passion sincère pour une juste et rationnelle mise en culture de l'environnement, voulant utiliser le meilleur des esclaves blancs, et le meilleur des esclaves noirs.
L'importation de très nombreuses aliénées amarantines, ne valant plus grand chose en Cérulée du fait de l'éradication de l'esclavage des blancs dans de nombreux pays, permis une reproduction très rapide, bien organisée et efficace, des meilleurs éléments masculins désignés par les propriétaires, et les gentilhommes férus de mesnagerie humane. Augmentant le nombre de reproductions, donc l'obtention de nourrissons croisés, les propriétaires les plus engagés purent rapidement augmenter significativement la valeur de leurs possessions, sélectionnant les enfants les plus robustes, pour en faire des travailleurs, et parfois eux-mêmes de bons reproducteurs, sur des esclaves toutes origines confondues. Des familles entières se spécialisèrent, en plusieurs générations, dans ce travail qui devint plus professionnel et tendit à se séparer du reste des activités d'élevage.
B. La prise de conscience d'une séparation d'avec la nature
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201015802376872.png[/img]
Une troupe en mouvement pour la colonisation d'un nouveau vallon[/center]
Alors que l'Occident adoptait les théories naturalistes et séparait le monde entre l'Homme et la Nature, les Amarantins d'Épibatie constataient que les esclaves dont ils disposaient n'étaient plus des éléments naturels sortis de leur environnement pour le travail, donc pas des animaux, bien qu'ils ne pouvaient certainement pas être des humains - autant pour leurs origines aliénées dytoliennes hautement méprisables selon eux, que pour leurs origines forestières épibates. On prit conscience du caractère exceptionnel, alors que les découvreurs d'empires du monde entier collectionnaient les oiseaux, les fleurs et les pierres, de la population esclave des colonies amarantines.
Des familles entières de chasseurs-captureurs s'étaient transformés en sélectionneurs-éleveurs. L'esclave amaranto-épibate gagna en crédibilité, attira bientôt les investisseurs occidentaux déchristianisés, fit des envieux jusque dans les harems les plus éloignés du Karmalistan. On louait, dans toutes les chancelleries, parfois sous le manteau tant l'objet pouvait paraitre honteux dans les royaumes les plus conservateurs, ses qualités hybrides, sa très grande déférence, sa force hors-du-commun - bien qu'on pouvait regretter son coût d'entretien important. L'aliéné d'Épibatie renversait même le marché amarantin en Cérulée.
A la Grande Conférence Naturaliste de Lanfair en 1867, on présenta les aliénés d'Épibatie comme une "race à part, artificielle, née des intérêts humains, mélange de sous-hommes des forêts, et de malheureux esclaves céruléens". Paradoxalement, ils servirent très souvent d'argument pour les opposants à l'esclavage, qui y voyaient la démonstration de la perméabilité ethnique et culturelle entre les populations dytoliennes et algarbiennes. De nombreux penseurs nord-olgariens, britons, occidentaux, achetèrent de ces Aliénés pour les libérer, et s'en faire accompagner dans leurs voyages au service des idées anti-esclavagistes qu'ils défendaient.
Dans le même temps, avec la montée des sentiments eugénistes et la découverte de la théorie de l'évolution, les Amarantins d'Épibatie se sentirent saisis d'une double angoisse : - à effacer la barrière entre les sauvages et les blancs, ils avaient rendu compatibles les deux populations et craignaient qu'à force des mariages mixtes entre aliénés d'Épibatie et Amarantins d'Épibatie, ces derniers disparaissent ; - dans les campagnes, la récurrence des unions entre aliénés marrons et sauvages noirs cassaient les efforts des éleveurs/propriétaires, faisant perdre trop souvent une ou plusieurs gestations à différentes esclaves. A partir de 1843, puis définitivement dès 1864, les Amarantins introduisirent le loup dans le pays, espérant qu'il puisse lutter contre les dernières traces de la populations forestière originelle dans les environs, et nettoyer le terrain pour la propagation des Meggi, travailleurs au service des colonies amarantines.
III. XIX-XXèmes siècles : sélection et anthropologie, les esclaves face à l'ère industrielle
A. Le dangereux glissement vers le folklore
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201031310879448.png[/img]
Belle esclave miksi, Nouvelle-Caducée, par Arturo Plenoj (1899)[/center]
Alors que plusieurs pays dytoliens ont perdu des territoires dans le Nouveau-Monde et cédé à la rentabilité de la machine à vapeur, la valeur de la main d'oeuvre servile se déprécie. Bien sûr, les campagnes de l'Amarantie épibate sont encore loin d'être parcourues de multiples chemins de fer... mais l'essor du commerce maritime à vapeur accélère les échanges et les colonies amarantines deviennent importatrices de biens, et très nombreux services, de la Cérulée plus avancée technologiquement. De plus, l'accélération de l'immigration de classes ouvrières ou rurales déclassées depuis les campagnes amarantines de Cérulée rend, en Épibatie, le travail salarié parfois plus rentable que l'esclavage lui-même.
En Occident, l'esclavage a énormément reculé. Il est désormais presque absent d'anciens bastions olgariens de la traite humaine. L'esclave n'est plus perçu comme une bête, notamment à la faveur du rapprochement entre l'Algarbe noire et certaines puissances coloniales dytoliennes, mais comme un homme sous-cultivé, qu'il appartient d'émanciper et d'intégrer. Le Miksi devient l'objet artistique d'un certain fantasme romantique, il est celui qui dans sa chair porte toute une histoire d'exploitation, comme un pêché originel dont il ne peut se libérer.
Au début du XXème siècle, beaucoup cherchent à vendre leurs esclaves pour embaucher des salariés. De nombreux Miksi sont ainsi contraints à l'exil, et s'établissent dans une forme de quasi-liberté dans les arrières-pays forestiers, rejoignant parfois des communautés d'anciens échappés ou émancipés. Plusieurs fondations occidentales encouragent et financent ce qui est perçu comme une "colonisation meggi", en quête d'une terre promise qui promet à ce peuple nouveau, issu des fermes amarantines, la liberté. L'esclave n'est plus rentable, il devient un sujet romantique, un genre littéraire... et l'objet de toutes les intentions évangélistes de la part de nouvelles congrégations chrétiennes, notamment liées à d'autres peuplements le long de la côte épibate.
B. Entités rurales contre entités industrielles
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201031309166393.png[/img][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/19020103130952137.png[/img][/center]
L'esclave qui ferait couler plus d'encre que de sang, c'est là une vision chère aux humanistes, bientôt socialistes occidentaux. Si certaines entités amarantines d'Épibatie s'avèrent enthousiastes à l'idée de repousser les Meggi/Miksi pour établir de fières sociétés "développées" autour du salariat et de leur authentique culture occidentale retrouvée, d'autres ne croient encore pas tout à fait aux mérites du charbon, demeurent alliées aux importants consortiums esclavagistes qui opèrent dans les territoires voisins, ou continuent de trouver dans les pays musulmans en proie à la résistance face aux colonialismes occidentaux des clients fidèles pour l'achat d'esclaves haut-de-gamme parfaitement sélectionnés.
Dans les guerres qui éclatent entre les entités amarantines, entre 1870 et 1940, plusieurs capitales ont un recours massif aux effectifs serviles. Qui dit utilisation, dit aussi production : il faut continuer de s'assurer du renouvellement des générations parmi les groupes serviles. Le mouvement hygiéniste, en Cérulée, hérité des conceptions évolutionnistes de certains naturalistes acquis désormais aux théories racistes, se couple avec les idées productivistes issues du monde industriel en essor. Les "puissances rurales" des années 1910, qui s'opposaient par conservatisme économique aux "entités industrielles", deviennent à leur tour des relais de la rationnalisation... au service de l'idéologie esclavagiste. Comme jamais auparavant, certains territoires vont organiser des campagnes de recensement exhaustif des effectifs d'aliénés dont ils disposent, parfois rattacher directement la propriété de ces effectifs à l'autorité administrative, mettre en place des réseaux de maisons de reproduction et surtout s'inspirer des dernières avancées médicales et hygiénistes afin d'accroître l'essor démographique du bloc meggi... sur fond de querelles fratricides entre entités amarantines, d'Algarbe comme de Cérulée.
Le Miksi n'est plus seulement une bête de travail. Il est devenu un homme aliéné, qui s'assume travailleur invétéré, artisan, agriculteur, mais aussi soldat, acrobate à ses heures perdues, administrateur en charge de villages miksi un temps indépendants puis rattachés parfois par la force à certaines entités côtières. Il devient un relai de l'autorité amarantine, il devient un Amarantin, parfois un eugéniste convaincu lui-même, qui pourra avoir sous ses ordres des chargements entiers d'aliénés amarantins dérobés à l'ennemi en Cérulée.
C. De l'intégration à la guerre
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201033556850362.png[/img][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201033557395195.png[/img]
Familles bourgeoises de la communauté Meggi - 1910-1920[/center]
Un événement va venir perturber l'essor de l'Amarantie épibate. En 1928, les autorités amarantines établies sur le littoral de l'Épibatie, dont certains se trouvent extrêmement proches du pouvoir amarantin en Cérulée, sont sommées par l'Empereur d'Épibatie de renouveler leur allégeance. En effet, depuis le XVIème siècle, les peuplements amarantins le long de ces longues vallées côtières se sont faits avec la bénédiction et l'accord des autorités chrétiennes épibates, qui revendiquaient depuis le Moyen-âge ces territoires perdus à la faveur des invasions bantoues. Les marchands amarantins, mus par le souci de faire du profit plutôt que de faire rayonner leur métropole, n'avaient qu'à de rares exceptions près lier ces colonies au pouvoir métropolitain de l'Amarantie, elle-même toujours divisée en de multiples territoires légaux. Cette sommation de la part de l'Empire épibate, dont la révolution industrielle est alors soutenue par les Italiques, très nombreux en Illythie même et le long du Naos, mets le feu aux poudres entre les entités amarantines algarbiennes. Aux conflits territoriaux et économiques qui ponctuaient l'actualité de ces vallées depuis le milieu du dix-neuvième siècle vient s'ajouter un conflit plus profond, et plus mécanisé, au cours duquel le sort de la population miksi issue de l'esclavage se joue.
Jusqu'aux années 1920, les Meggi avaient su reprendre le fil d'une histoire quasiment commune aux populations noires en voie d'émancipation sur le continent. Et métisses par essence et par volonté de leurs maîtres depuis plusieurs siècles, ils profitaient d'une certaine avance culturelle, d'un accès facilité à la prise de conscience d'un souci de dignité - surtout, ayant bénéficié des premières politiques d'émancipation de la part d'autorités en manque de bras, ils avaient parfois trouvé dans leur liberté le cadre d'une rapide ascension sociale... bien qu'étant vus par certains, notamment par le mouvement socialiste algarbien, comme les dociles reproducteurs du modèle bourgeois occidental au service des oppresseurs, ou par les mouvements indigénistes eux-mêmes comme des étrangers indésirables, pâles ou plutôt sombres copies de leurs anciens maîtres. Lorsque le conflit éclata, les Meggi émancipés choisirent leur camp : beaucoup firent le choix de servir la cause de l'indépendance de plusieurs entités, industrielles ou rurales, amaranto-épibates, contre les autorités chrétiennes de l'Empire. Mais c'était ignorer la forte capacité de plusieurs capitales régionales à changer de camp au cours du conflit.
Durant une vingtaine d'années, Amarantins d'Épibatie et Épibates entrent en conflit. Plusieurs pays chrétiens apportent une aide financière à l'Empire orthodoxe dans ce qu'il présente comme sa lutte contre les païens esclavagistes. L'objet esclave, même émancipé, paye souvent le prix de sa nature devant les nouveaux soldats du Christ noir, accusé de collaborer avec les sécessionnistes ou d'en être simplement un relai de fait. Dans les faits, les Épibates voient ce conflit comme celui d'une expansion ethnique, une reprise des territoires perdus au Moyen-âge face aux invasions mocatanghe. Le nettoyage ethnique se fait, au détriment des Meggi et en faveur des Épibates coptes, en de nombreux endroits, à mesure que l'Empire replace sous sa juridiction des territoires que les Amarantins tentaient de lui soustraire. A mesure qu'ils avancent, les Épibates se trouvent de nouveaux alliés : des entités amarantines soldant de vieux conflits avec leurs voisins et frères de nation, souvent prétendument hostiles elles aussi à l'esclavage : anti-esclavagisme et fervent racialisme allant souvent de pair dans ces micro-sociétés désireuses de se rapprocher du monde occidental, dans lequel on place alors souvent l'Épibatie chrétienne en plein développement.
En deux décennies de conflit, au cours duquel chaque camp met en place ses propres campagnes de "réduction" des populations sauvages forestières, l'aire de répartition des Meggi se trouve diminuée en même temps que celle des bantous, mais surtout leur capacité d'émancipation diminue. En cause est la victoire militaire de l'Épibatie chrétienne est aussi celle des entités les plus libérales. Celles-ci avaient fini par faire le choix du ralliement et de la reconnaissance de la souveraineté de l'Empereur, et par soutenir la fin du recours à la main d’œuvre servile tout en refusant d'accorder une liberté pleine aux populations meggi, reléguées par la ségrégation et la partition territoriale à des zones indépendantes et des contre-sociétés.
Dans l'Épibatie redécoupée, les Meggi obtiennent une forme d'autonomie territoriale au sein d'un système de réserves naturelles, importé du Nouveau-Monde qui l'utilise déjà dans sa gestion des indigènes olgarindiens. Renvoyés à l'écart de la société mondialisée des ports ou des grands fleuves, des femmes et des hommes sont ainsi relégués au second rang, alors parfois même que Chrétiens, ils servirent la cause anti-esclavagiste de l'Épibatie et de ses entités amarantines alliées, et vassales, les plus libérales.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201040156228910.png[/img]
Meggi dans la grande armée alliée, quelques mois avant la fin de la guerre - 1939[/center]
Posté : ven. févr. 01, 2019 4:11 pm
par Arios
Meggi, histoire du peuple artificiel - seconde partie
IV. Second XXème siècle : de l'intérêt économique à l'intérêt scientifique
A. Et la vie reprit son cours...
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201043745384629.png[/img][/center]
L'après-guerre fut l'occasion sur la côte d'un boom économique semblable à celui de la fin du XIXème siècle. Mais cette fois-ci, au lieu de profiter aux immigrants venus d'Amarantie, il profita aux anciens esclaves, sobrement "Aliénés" désormais, qui avaient accédé à un certain nombre de droits et souvent quitté certaines campagnes, annexées par les Épibates, pour se réfugier dans les villes amarantines les moins défavorables. L'Épibatie, bien qu'à l'origine du conflit de souveraineté et l'ayant remporté, entra dans une crise politique interne qui condamna la croissance à être captée par le littoral, peuplé par des communautés non-épibates, et non par le cœur du pays impérial. Victorieuses ou défaites, les villes amarantines connurent donc une expansion économique semblable dans les années 1940 et 1950, et de nombreuses familles de Meggi en profitèrent.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201043747492.png[/img][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201043742667697.png[/img][/center]
Bien que l'essentiel de cette population demeurait à l'écart des grands centres économiques, en pays rural, sur la scène médiatique le Meggi devint comme un symbole culturel de ces territoires amarantins, qui s'ils n'avaient pu échapper à la souveraineté officielle de l'Empereur d'Épibatie, s'imposaient dans un monde en voie de douce libéralisation comme des territoires dans la cordée de tête de la croissance économique à l'occidental. Dans le domaine de la chanson, des arts et des lettres, sur la scène culturelle en général, les Meggi furent nombreux, à l'image des Noirs olgariens, bien que ne possédant comme eux que peu de droits par rapport aux autorités dominantes.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201043744429135.png[/img]
Silvia Pantoja, crooneuse des années 1960[/center]
B. Choc pétrolier et découverte de l'ADN
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201050340332859.png[/img][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/19020105034155529.png[/img][/center]
L'année 1962 fut caractérisée par un premier choc pétrolier en Algarbe, lié à plusieurs révolutions socialistes sur le continent et dans le monde musulman, qui se mit à contrôler les cours au détriment des puissances occidentales, relais et fournisseurs d'essence. La décennie 1960 fut dès lors celle d'un basculement progressif des autorités amarantines dans le camp d'un certain conservatisme, voire d'un certain révisionnisme alors même que l'Épibatie chrétienne, suite à la défaite italique de 1953, entamait une deuxième décennie de récession économique et se couper toujours davantage de l'extérieur. Depuis la vallée d'Aznella, ville italique occupée depuis 1950 par les troupes de la Britonnie puis du Commonwealth, les autorités britonniques d'occupation faisaient pression sur leurs voisines amarantines pour qu'un frein soit mis au rapprochement et au mélange des populations - échauffées par leur expérience en Algarbe-du-Sud.
Avec le soutien, dit-on, des services secrets britonniques, plusieurs renversements politiques permirent l'arrivée d'autorités urbaines et territoriales ségrégationnistes, qui préférèrent l'endettement et certaines politiques fiduciaires plutôt que poursuivre le recours à la main d’œuvre d'origine meggi. L'immigration en provenance des territoires meggi fut bientôt suspendue, et l'on renforça une politique de partition territoriale. De nombreux couples mixtes furent envoyés au-delà des limites proprement amarantines, et certaines entités tournèrent définitivement la page de l'aliénation - à l'image de ce qui pouvait se produire en Cérulée au même moment, pour d'autres raisons.
Dans le domaine scientifique, c'est aussi en 1962 que plusieurs chercheurs céruléens firent une découverte qui révolutionna le monde de l'étude biologique : l'ADN. Les allégations anthropologistes étaient relancées, désormais "génétiques". L'opinion publique se passionna pour l'avancée des études génétiques et les thèses eugénistes séduisirent à nouveau, sous un angle plus technoscientifique qu'à l'âge des ruban-mètres et des chaises à mesures. On inventa également le mythe de la soucoupe volante, et les Amarantins d'Épibatie se passionnèrent pour la sous-culture autour des "extra-terrestres", travaillant leur rapport à une altérité désormais fantasmée à la télévision, en pleine expansion, dans des long-métrages vantant les explorations affreuses et à moitié magique de la jungle épibate au XIXème siècle.
De "sous-salarié", l'Aliéné meggi reprit vite la figure de l'alien, de l'être hybride créé par les Docteurs Frankenstein en culotte de la fin du XVIIIème siècle. Le fossé culturel que la société de consommation naissante et que le show-biz embryonnaire avaient commencé à combler se creusait à nouveau dès le milieu des années 1960. Renvoyé à ses origines d'être de cirque artificiel, le Meggi fut parfois davantage déprécié encore que ne pouvait l'être l'immigrant noir, présent aussi dans ces sociétés.
C. Et les baby-boomers arrivèrent à l'âge des rancœurs.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/01/190201050538589282.png[/img][/center]
Quelle ne fut pas la stupéfaction de cette génération lorsque ces vingtenaires et trentenaires, nés après le conflit armé terminé en 1940, prirent conscience du rôle qu'avaient joué leurs parents durant le conflit. Comment des gens se prétendant Amarantins avaient pu être les alliés fidèles d'un Empire chrétien absolutiste ? Où étaient les antiques valeurs du peuple amarantin vivant en communion avec les dieux réels et la nature ? La révolution hippie déferla sur l'Amarantie épibate avec une certaine connotation identitaire. Il fallait renverser le vieil ordre bourgeois singeant les habitudes des chrétiens. Le complet veston à papa faisait honnêtement pitié, et la compromission d'une société toute entière avec des basses considérations d'argent donnait la nausée à ces jeunes. On prétendait revenir aux antiques valeurs du mâle Amarantin, et de sa cosmogonie virile et différenciée.
La révolte des jeunes se traduisit essentiellement par un mouvement écologiste qui traversa la société et [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=345083#p345083]permit l'établissement de certains régimes[/url] en quelques endroits de l'aire amarantine épibate. On versa dans l'obsession pour la sauvegarde et l'entretien de la nature, et dans ce contexte les bidonvilles meggi établis sur à peu près l'intégralité des affluents principaux conduisant aux villes fluviales amarantines furent bientôt vus comme néfastes. Le Meggi devenait le reliquat d'un âge bourgeois dans lequel les Amarantins s'étaient compromis, voulant imiter les Chrétiens et surtout s'en faire tolérer. L'absence de culture universaliste dans l'esprit amarantin permit que ces nouveaux penseurs, plus jeunes, ne voient pas dans l'ancien esclave un frère en l'humanité, mais un objet-humain qui n'avait plus d'utilité, bien que son exploitation avait pu ne pas être honorable (tant elle reléguait, notamment, la capacité du mâle amarantin à se comporter en homme). L'esprit de la nouvelle génération, dans les années 1970, ne supportait pas qu'on ait pu tenté et soutenir de créer un sur-homme qui dépasse l'Amarantin en soit.
Les Amarantins se mirent à vénérer la nature, et dans cette nature le Meggi n'avait pas sa place, pas plus que dans une société civilisée où l'homme libre devait revenir au cœur du jeu.
[à suivre...]
Posté : jeu. févr. 14, 2019 6:11 pm
par Arios
Le loup en Épibatie
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/14/190214065718855990.jpg[/img]
Les vastes espaces sauvages de l'Épibatie se prêtent bien à une espèce polymorphe, invasive et carnassière[/center]
Lorsque les Occidentaux parlent du loup en Épibatie, ils pensent bien souvent au loup gris - à raison. Le loup gris, loup vulgaire, a été importé par dizaines depuis la Dytolie vers la fin du dix-huitième siècle, par les colons céruléens (amarantins) qui voulaient en faire une arme contre les indigènes de la forêt. Ayant échappé au contrôle de ceux qui l'avaient amené dans leurs navires, le loup gris se mit à coloniser l'intérieur des terres et à étendre son aire d'influence au fur et à mesure des décennies, et des siècles passant. En effet, contrairement aux sous-espèces canis peuplant de façon endémique l'Épibatie, le loup gris échappait par ses mœurs et sa prolificité aux habitudes de chasse défensive des indigènes noirs - surtout, il était craint pour son caractère maléfique, lié aux esprits étrangers des colonisateurs de la côte.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/14/190214065715189208.png[/img]
Loup gris peu hybridé, à 3200m d'altitude, Épibatie
[url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/14/190214065718262651.png][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/14/190214065718262651.png[/img][/url][/center]
Mais avant le loup gris, et étendu depuis les steppes arides du nord jusqu'aux milieux de très dense forêt équatoriale et de haute-montagne, deux espèces pré-existaient à l'invasion du loup gris. Le loup rouge d'Épibatie, et le loup algarbien des steppes (cousin du Loup nazalien disparu). Le canis anthus, loup algarbien des steppes, s'étend encore aujourd'hui de la côte aride du nord-ouest jusqu'aux savanes humides en s'enfonçant dans les terres. Mais inadapté au milieu forestier, il a toujours été restreint à cette aire nord - contrairement au canis simensis, à la couleur rouge, adapté autant aux savanes qu'aux milieux escarpés et hauts, au chaud comme au froid, à l'allure de renard et connu depuis l'Antiquité par les marchands céruléens qui l'associaient à un croisement entre chien et renard.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/14/190214065717294015.png[/img]
Anthus, dans la savane
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/14/19021406571762400.png[/img]
Simensis, Loup d'Épibatie
[url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/14/190214065717519184.png][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/14/190214065717961421.png[/img][/url][/center]
Les trois sous-espèces vivent aujourd'hui dans des aires communes en bien des endroits - surtout du fait de la progression du Loup Gris, capable de vivre de proies qui ne sont pas chassées par ses cousins. Plus trapu que le Loup d'Épibatie, il perd à la course et manque d'agilité, ce qui restreint sa progression en zone de montagnes importantes. Des cas d'anthus dévorés par le Loup gris ont été rapportés, autant que des cas d'hybridation, et la constitution de meutes polymorphes, puis hybrides (entre Gris et Anthus, entre Rouge et Gris, mais pas entre Rouge et Anthus).
Aujourd'hui les trois sous-espèces posent de vrais problèmes, non seulement aux "indigènes" pour lesquels le Gris avait été introduit, mais aux Épibates eux-mêmes, ainsi qu'aux agriculteurs "occidentaux" dans l'Ouest, de moins en moins présents avec leurs bêtes. Le loup, de prédateur à combattre, et même devenu la cible d'une chasse nourricière d'envergure pour plusieurs communautés, épibates ou forestières, et mêmes parmi les Blancs. Il est à la source d'un artisanat, il influence de façon importante l'économie, et demeure porteur de légendes empruntées à la fois à l'imaginaire local, animiste ou épibate, et aux comtes et légendes céruléennes et dytoliennes. L'hybridation entre le Rouge et le Gris aurait renforcé la force de certaines meutes, autant que leur agilité, établissant un compromis entre les deux sous-espèces dont le fruit devient plus nocif encore pour les habitants.
Posté : mer. févr. 20, 2019 5:19 pm
par Arios
Le langage et l'écriture
[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/81/Ethiopian_Biblical_Manuscript_U.Oregon_Museum_Shelf_Mark_10-844.jpg/400px-Ethiopian_Biblical_Manuscript_U.Oregon_Museum_Shelf_Mark_10-844.jpg[/img]
Extrait d'une bible en Amharique[/center]
L'Épibatie est une antique terre de culture, habitée au moins depuis le premier millénaire avant J-C, et ayant acquis l'écriture dès les alentours du début de notre ère. Aujourd'hui, la pratique de l'écrit reste pourtant circonscrite à une minorité de son territoire, autant qu'à une minorité d'individus : clergé, classes moyennes hautes concentrées dans les villes, administrations dont militaire... la propagation de la presse gagne du terrain, suivant les progressions avérées de la lecture, elle-même pouvoir rare et estimé parmi la population autochtone. Les conséquences et effets des colonisations modifient le paysage épibate, les colonies de peuplement céruléen de l'Ouest ont un rapport beaucoup plus intime à l'écrit.
[center][url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/20/190220055746382188.png][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/20/190220055746568103.png[/img][/url][/center]
Les principales langues de l'Épibatie sont sans contexte les deux langues sémitiques l'Amharique, langue rameau exclusif de la population épibate, l'Illythe dans sa version "Haute". On pourrait retrouver ensuite certaines langues bantoues, liées aux populations forestières, mais aucune étude ne prouve l'unité des langages utilisés par ces populations de chasseurs-cueilleurs. Les deux principales langues d'Épibatie ont un caractère communautaire évident dans leur pratique. C'est aussi le cas d'une langue très étendue, bien que traversées d'importantes divergences liées aux différentes localités d'origine des foyers de peuplement qui en sont à sa source : l'Amarantin, dans ses variantes diverses (plus ou moins grecques, plus ou moins slaves), au sein de laquelle on retrouve une locution très importante d'un Amarantin largement mâtiné de mots, et même d'une grammaire, empruntés aux langages bantous des ancêtres esclaves noirs des populations miksi. L'Amharique a son propre alphabet, mais peut également être écrit en alphabet latin, dans les médias ou l'informatique par exemple. L'Illythe est écrit en alphabet copte, en alphabet amharique ou en alphabet latin - de plus en plus, sous l'influence de la Province lébirienne d'Illythie. L'Amarantin est écrit en alphabet latin, parfois en alphabet grec par certaines écoles religieuses.
Comme langue parlée dans une aire importante et concentrée, on peut également citer le Caskar, écrit en alphabet caskar ou latin.
Enfin, l'Italique est la langue la moins communautaire de l'Empire épibate ; historiquement, langue des missions catholiques, principaux vecteurs d'ouverture au monde entre le XVIIIème et le XXème siècle, elle a été la langue du "progrès" qui s'est imposée à une partie des élites de l'Empire d'Épibatie au début du vingtième siècle, bien qu'elle n'en soit jamais la langue maternelle. Si la communauté italique est faible en Épibatie, sa langue connait une aire d’extension plus large : en bien des endroits, elle est une langue commerciale importante, aujourd'hui langue de la mondialisation pour l'Épibatie, rôle renforcé par l'importance de la Ligue de Lébira en Algarbe.
[center][url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/20/190220055745873780.png][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/20/19022005574617315.png[/img][/url][/center]
Le rôle principal de la langue italique en Épibatie restera d'avoir permis, ces trois derniers siècles et en plusieurs occasions auparavant, la transcription de l'épibate amharique en alphabet latin. Le passage obligé à l'alphabet latin dans plusieurs secteurs nécessaires de la modernité donne une apparente proximité entre la culture de l'Épibatie, et la langue italique ; en réalité, bien plus que la langue en soit, c'est la transcription des sons épibate vers la graphie italique qui donne cette illusion. L'italique comme langue écrite, et parlée, est néanmoins influente dans un croissant qui va des bouches de l'Anuzza, sur le littoral, à la région de la capitale épibate Gighida, au cœur du pays, où la langue est influente.
Posté : dim. sept. 08, 2019 7:56 pm
par Arios
Carte des eaux et reliefs
Pour les sommets et leurs noms, se référer à la carte dévoilée en RP.
[center][url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/08/190908094517592124.png][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/08/190908094155665343.png[/img][/url][/center]
L'Épibatie est une immense masse forestière, dominée par un massif montagneux au sud. Sa limite nord-ouest est bordée d'une bande de savane (forêt sèche puis steppe), qui se transforme en désert plus au nord. Le climat équatorial de l'Épibatie est modifié par la masse montagneuse conséquente qui la travaille et sur-élève une partie importante du territoire.
L'Empire se divise en trois bassins versants. L'essentiel de l'activité économique s'organise sur la partie basse du bassin de l'Ibabbi-Naos. Les fleuves de l'Ouest se jettent dans la Mer d'Algarbe Occidentale, qui communique avec la Cérulée. A l'Est du pays, le large bassin de l'Aramo s'étend.
Les impacts urbains sont visibles en violet.
1. Désert du Sciaursciodanacche
2. Plateau du Haut-Aramo
3. Grand Massif du Selemecci
4. Plateau épibate de l'Aghiar' (ou Moyen-Ibabbi)
1. Lac de Sciaghiste
2. Delta des Menifezzi
3. Lac du Sciarsciëvire
Liste des principaux cours d'eaux d'Épibatie :
1. Ibabbi (Naos pour les Illythes)
2. Aramo
3. Anuzza
4. Sargaij
5. Blua
6. Serena
7. Sciancalla
8. Soleb
Posté : lun. sept. 09, 2019 8:17 pm
par Arios
Carte l'activité économique
[center][url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/09/190909100708174722.png][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/09/190909100556791186.png[/img][/url][/center]
L'Épibatie est un pays fluvial. L'essentiel de l'activité économique, si l'on excepte l'agriculture vivrière de subsistance pratiquée partout où il y a des humains sédentaires ou pastoraux, se concentre dans le nord autour du fleuve Ibabbi (Naos), entre la Haute-Illythie de savane, et la région gighidienne. Sylviculture et petite industrie de transformation font la richesse de villes qui exportent par voie fluviale vers l'aval, traditionnellement. La région littorale, occidentale, a connu de forts peuplements céruléens et dytoliens à partir de la fin du Moyen-âge, mais qui plus est sous l'effet de la fermeture militaire du littoral au début du XXème siècle, ces régions n'ont jamais développé d'économie moderne de grande ampleur et sont restées à la fois rurales, et agricoles. L'économie de plantations domine ces régions autonomes, amarantines ou italiques pour l'essentiel.
L'Épibatie regorge pourtant de potentiel : à commencer par sa forêt, bien souvent primaire, qui pourrait être exploitée massivement pour la fabrication de charbons de bois, et la mise en place de vastes pâturages. Elle dispose de mines : coltan, uranium, charbon ; mais ces dernières sont mal desservies ou manquent de structures. Ses ressources majeures en eau douce, grâce à un très vaste relief et à ses neiges éternelles, coulent quasiment en pure perte faute d'exploitation hydraulique moderne. La montagne, et le haut degré d'ensauvagement de ses populations les plus reculées, handicapent néanmoins la perspective d'un développement rapide. L'Épibatie oscille entre un Moyen-âge qui ne prend pas fin, avec son armée rebelle et son Église xénophobe, et une révolution néolithique qui n'a pas fini de se répandre.
Ces dernières années, Commonwealth et Ligue de Lébira ont investi dans le pays, dont la situation géographique en fait une forteresse naturelle, y important Internet, usines et rêves de développement pour une nouvelle bourgeoisie tertiaire en germe. La Réaction militaire et dynastique a fini par éclater. En 2040, l'Empire des premiers Rois chrétiens d'Algarbe est déchiré, son avenir grandement menacé, sa sécurité et sa prospérité hypothéquées, tandis que sa souveraineté reste discutée par ceux qui voient dans ses efforts de modernisation un acte de vassalisation par la Cérulée.
Agriculture et alimentation :
[img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/08/29/170829111350483519.png[/img] - Importante foire agricole pluriannuelle
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/09/19090910002965253.png[/img] - Infrastructures sylvicoles d'envergure
Finance :
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/25/190125103315125544.png[/img] - Centre financier important
Industrie lourde :
[img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/08/29/170829111350136136.png[/img] - Mine d'envergure
[img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/08/29/170829111352663347.png[/img] - Usine d'assemblage
[img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/08/29/170829111352933619.png[/img] - Port à containers
Hautes ressources numériques et technologiques :
[img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/08/29/170829111350227978.png[/img] - Technopôles (Numérique, Internet et Satellites artificiels)
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/09/190909100028805947.png[/img] - Plateforme de lancement satellitaire
Points d'importance spirituelle :
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/09/190909100028755003.png[/img] - Sanctuaire d'importance
Réseaux de transport :
[img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/08/29/170829111351298356.png[/img] - Aéroport
------ : Route goudronnée moderne
------ : Il n'y a pas de chemins de fer en Épibatie.