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Posté : mer. nov. 07, 2018 9:21 pm
par Alexei
[center][img]https://www.hamzatravels.com/wp-content/uploads/2017/12/23544874610_be1acdd781_b-600x200.jpg[/img]
Ici seront postées tous les RPs relatifs aux activités intérieures de Valdaquie, utilisables sur demande ou si indiqué expressément.[/center]
Posté : sam. nov. 10, 2018 7:25 pm
par Alexei
Sur l'internet valdaque...
31 juillet 2037
Dans un contexte de perte de confiance envers l'Eglise orthodoxe (fervente partisane du roi, ayant retournée sa veste peu avant la révolution.), les critiques montent à son égard, malgré les tentatives du PNL (Parti national libéral) de la soutenir, et du FSN (gouvernement provisoire) de la ménager. Cette volonté d'apaisement n'est pas partagée par tous les Valdaques, et encore moins par les jeunes, qui se montrent très critiques envers la religion en général.
C'est donc logiquement que le clip "
Amin" (Amen en roumain), réalisé par les rappeurs Nelu & Bordea, originaire de Târgu Iulia (Olténie), a connu une popularité immédiate sur le net valdaque, où il a été partagé en masse.
[center]
https://www.youtube.com/watch?v=Mfxzzp8E4C0[/center]
Le clip, ayant suscité la colère de l'Eglise et des nationalistes du PNL, met en scène deux faux prêtres orthodoxes roulant en grosse voiture, qui jettent des faux billets par les fenêtres (le refrain
"bani tăi" signifiant littéralement "ton argent"), et qui sont entourés de femmes court-vêtues (pour montrer l'hypocrisie de la chasteté). Le passage le plus "
polémique", comme l'ont qualifié des élus du PNL, est lorsque les deux prêtres indiquent à une femme quoi voter (2:20) et qu'ils mettent ensuite le feu au bureau de vote.
Certains Valdaques y ont vu une analogie avec le PNL, qui serait aux ordres du clergé et manipulé par celui-ci...
Posté : mar. nov. 20, 2018 9:12 pm
par Alexei
Affaire d'Etat
31 août 2037
[img]http://farm4.static.flickr.com/3309/3185781440_9dfa34c74b.jpg[/img]
Petru Ursachi commençait à s'impatienter.
Cela faisait maintenant dix minutes qu'il était seul dans le bureau de Razvan Boldureanu, le très fermé chef de l'Agence nationale de sécurité (valdaque). Regardant autour de lui, il observait d'un air incrédule les tableaux de peintres valdaques s'étalant sur les murs lambrissés de la pièce, puis il jeta un coup d'oeil à la fenêtre : les voitures arpentaient en continu les rues de la capitale valdaque, tandis que diverses publicités fleurissaient sur de grands panneaux publicitaires, tout récemment édifiés. Petru Ursachi regarda sa montre, en or : quinze minutes maintenant qu'une vieille secrétaire aigrie l'avait laissé planté là, face à ce grand bureau vide. L'homme d'affaires, que l'on surnommait le "Roi du cuivre" mourrait d'envie de s'en griller une. Il lança un regard en direction de la porte : rien. "Puis merde, quinze minutes d'attente, ça vaut bien une clope", grommela-t-il. Dégaînant son paquet et son briquet, il porta nonchalamment une cigarette entre ses lèvres, avant de...
Razvan Boldureanu : Monsieur Ursachi ! J'espère ne pas vous avoir fait trop attendre, ravi de vous rencontrer !
Le maître-espion venait de faire irruption comme un diable dans son bureau. Il avait marché d'un pas énergique vers son invité, lui tendant sa main droite qu'il serra avec vigueur, avant de le gratifier d'un regard mécontent lorsqu'il vit le cylindre dans sa bouche. Razvan Boldureanu s'assit néanmoins tranquillement sur son fauteuil, l'air détendu, mais le regard froid et impassible. D'abord surpris, Petru Ursachi ne se laissa pas distraire par le comportement de son hôte, vraisemblablement non-fumeur de surcroît. Tout en reposant sa cigarette, il répondit.
Petru Ursachi : Domnule (monsieur) Boldureanu. C'est un plaisir partagé, j'imagine que vous deviez être très occupé pour me faire attendre.
Razvan Boldureanu esquissa un léger sourire.
Razvan Boldureanu : À vrai dire, il y avait un souci avec la machine-à-café.
Petru Ursachi resta de marbre devant le trait d'humour de son interlocuteur, voulant visiblement jouer au plus malin, ou du moins, le tester. C'était mal connaître le "roi du cuivre", qui ne se laissait jamais impressionné.
Petru Ursachi -souriant- : Il est vrai que la réparation des machine-à-cafés est beaucoup plus importante pour notre sécurité nationale que la lutte contre les communistes.
Un silence de plomb s'abattit sur la pièce. Les deux hommes, qui avaient rangé leur sourire, se regardaient maintenant dans le blanc des yeux avec une froideur glaciale. L'homme d'affaires, devant le mutisme de son hôte, décida de calmer le jeu.
Petru Ursachi : Allons, ne le prenez pas comme ça, je n'ai juste pas beaucoup apprécié que vous me fassiez att...
Razvan Boldureanu -le coupant brusquement- : Le problème avec les gens comme vous, Ursachi, c'est que vous croyez que tout vous est dû. Vous avez beau être le type le plus riche de ce pays et le président du PNL, vous n'êtes rien de plus qu'un cafard avec une cravate, que je pourrais écraser sur le champ. Pour la faire claire : vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais très bien, et vous devriez plutôt me remercier d'avoir caché les horreurs que vous faites au lieu de faire le mariole dans MON bureau. Car si ça n'avait pas été vous, vous seriez déjà au sous-sol avec une éponge sur le front et une batterie reliée à vos testicules. Ai-je été clair ?
Petru Ursachi resta tout simplement pétrifié devant cette sortie du chef des renseignements, "en PLS" pourrait-on dire. Lui qui avait l'habitude de tout diriger, de ses entreprises jusqu'aux voyous qui travaillaient pour lui, c'était la première fois depuis des années que quelqu'un lui parlait sur ce ton. Razvan Boldureanu, voyant qu'il avait fait mouche, changea brusquement d'humeur, et le sourire qu'il affichait en entrant dans le bureau il y a cinq minutes venaient de réapparaître, comme si rien ne s'était passé.
Razvan Boldureanu : Alors, que puis-je faire pour vous ?
Petru Ursachi mit de longues secondes à reprendre ses esprits et à retrouver son sérieux. Il dénoua légèrement sa cravate, alors qu'une goutte de sueur perlait sur son front. Stress ou chaleur ? Probablement un peu des deux.
Petru Ursachi : Eh... eh bien... j'ai en fait besoin de soutien, de votre soutien. Nous ne sommes pas partis sur de bonnes bases je l'avoue, mais je vois que vous avez la tête sur les épaules, et que savez que j'ai été nommé à la tête du Parti national libéral. Parti qui est favori pour les élections législatives de décembre, et qui arrivera en tête si nous nous allions avec les démocrate-libéraux, ce qui est certain étant donné la menace communiste.
Razvan Boldureanu : En effet, vous n'arriverez pas à avoir une majorité assez confortable seuls. Jusque-là vous ne m'apprenez rien, quel rôle l'Agence doit avoir dans cette histoire ?
Petru Ursachi : C'est au niveau des communistes que je voulais parler justement. Ils risquent d'arriver en seconde position, et cela, je ne le tolérerai absolument pas. Je vous demande donc de faire le nécessaire pour que ça n'arrive pas. Votre agence a des tentacules partout, vous avez des moyens considérables : truquez les élections partout où le PCUP pourrait obtenir un bon score, ou alors assassinez ses leaders...
Le maître-espion se laissa tomber sur son fauteuil, feignant d'écouter attentivement son invité. Lorsque ce dernier eut fini, Razvan Boldureanu se leva, et marcha d'un pas lent vers la grande fenêtre donnant sur la capitale, que Petru Ursachi regardait quelques minutes auparavant.
Razvan Boldureanu : Ce qui vous différencie vous, les libéraux, des communistes ce sont vos méthodes. Les communistes usent du terrorisme pour arriver au pouvoir, ils posent des bombes, tendent des embuscades, attaquent des commissariats, etc. Vous, vous utilisez des méthodes mafieuses : l'intimidation, la corruption, et j'en passe. Très honnêtement, je regrette parfois notre bon roi quand je vois l'état actuel de notre pays. Vous avez de la chance, je n'aime pas vraiment les royalistes, j'exècre les libéraux hypocrites, mais je hais réellement ces communistes qui me donnent la nausée. J'accepte donc votre demande, et je m'en occuperai dès que possible. Pour les élections, vous devriez vous y mettre très rapidement : j'ai bien peur que les communistes gagnent encore en puissance jusqu'au premier décembre.
Autre chose ?
Petru Ursachi : Non, je vous remercie.
Razvan Boldureanu : Dans ce cas, la porte est là-bas. Faites attention à vous domnule Ursachi.
Le président du PNL ne savait pas vraiment comment prendre cette dernière phrase. Tout en se relevant et en se dirigeant vers la porte, il insultait mentalement le chef de l'ANS. "Pour qui il se prend celui-là ? Quand je serai au pouvoir, je le foutrai dehors tout de suite, non mais vraiment pour qui il se prend...". Se sentant subitement éreinté par cette courte, mais pénible, entrevue, il ne se sentit mieux qu'en sortant à l'air libre, où il put savourer une cigarette bien méritée.
Posté : lun. nov. 26, 2018 2:52 pm
par Alexei
[justify]Ennemis d'hier...
[url=https://www.youtube.com/watch?v=xaEuXPo4bMw]Musique d'ambiance...[/url]
17 Septembre 2037
[img]https://media-cdn.tripadvisor.com/media/photo-s/07/de/83/73/hot-air-balloon-trip.jpg[/img]
Un vent tiède balayait les plaines dobrogèves en cette fin d'été 2037.
Dans un champ de blé qui venait à peine d'être moissonné se tenait un homme, seul. Il était petit, pas bien épais. Ses vêtements noirs masquaient sa silhouette malingre, son chapeau -noir aussi- couvrait des cheveux gris qui dépassaient péniblement sous les bords. Le visage était ridé, froid, impassible. Des lunettes de soleil noires cachaient des yeux toujours alertes malgré l'âge avancé de leur porteur. La bouche était fermée et exprimait une certaine dureté qui s'était déchaînée sur tout une nation pendant des décennies. Le roi déchu Charles de Valdaquie, qui était recherché partout dans le pays, se trouvait là, dans ce champ de blé, les bras croisés. Tandis qu'au loin s'élevaient les hautes montagnes noires de Dobrogévie, rien ne bougeait à des kilomètres à la ronde. La chaleur ondulait sur la vieille route à proximité où aucune voiture ne passait jamais : c'était là que l'ex-souverain regardait, semblant attendre quelque chose.
Les secondes et les minutes passaient, mais rien ne bougeait. Cela faisait maintenant 30 minutes qu'il était là, visiblement son interlocuteur était en retard. Charles songeait à partir, à retourner dans les forêts humides d'Ardélie où il attendrait son heure, une semaine après son 80ème anniversaire. Peut-être avait-il assez vécu ? Peut-être que la Mort, qu'il avait donné à un nombre incalculable d'innocents, l'avait oublié ? Ou peut-être était-il trop narcissique pour se résigner à laisser tomber et à mourir en vieillard ?
Soudain, un bruit de moteur se fit entendre. Charles fut tiré de ses pensées par l'image de deux voitures très banales, noires, qui se rapprochaient de lui à toute vitesse. Le vieillard se demanda si cette entrevue était une bonne idée, si il ne serait pas exécuté immédiatement, voir pire : fusillé ou pendu dans le centre-ville de Traianopol. Trop tard pour faire marche arrière, le convoi était arrivé son niveau. Quatre hommes en uniforme vert et armés de kalachnikov jaillirent du premier véhicule, le visage caché par un foulard noir ou rouge. Leur tête était surmontée d'une casquette arborant l'étoile rouge. Quelques secondes plus tard, la porte arrière de la deuxième voitue s'ouvrit, laissant apparaître un homme de grande taille, lui aussi en uniforme, mais ne portant pas de casquette. Un holster descendait de ses épaules jusqu'à sa ceinture. L'homme s'arrêta, dégainant non pas son pistolet, mais un paquet de cigarettes. Il en tira une qu'il alluma rapidement, puis se dirigea, avec un sourire amusé, jusqu'à Charles Cantacuzène, entouré des quatre hommes.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
"Eh bien, vous ne lâchez jamais l'affaire vous.
Charles Ier ne répondit pas. Il ôta ses lunettes pour pouvoir regarder le leader communiste dans les yeux, avec froideur et dureté, tandis que celui-ci continuait de fumer sa cigarette, toujours avec un air amusé. Le silence dura une minute. Voyant le mutisme de son interlocuteur, Vasile Tudor reprit.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Vous avez fait tout ce chemin juste pour me regarder avec cet air suffisant ? -silence- Je ne m'attendais pas à cette réaction, mais d'accord. -gardant sa cigarette entre les lèvres-
Avec la rapidité d'un serpent, Vasile Tudor dégaina son arme de son holster et la pointa sur l'ancien souverain. Les gardes rouges qui l'accompagnaient firent de même avec leurs fusils d'assaut. Le vieillard resta impassible.
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- Moi aussi j'ai fait l'armée. Votre arme n'est pas chargée.
Vasile Tudor, sachant pertinemment ce fait, baissa son pistolet, tout en aspirant et recrachant la fumée de sa cigarette.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Correct. Mais leurs armes à eux -se tournant vers ses hommes- le sont.
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- Cela m'étonnerait qu'ils pressent la détente. Je sais que vous voulez me promener dans une cage à Traianopol, et montrer au gouvernement d'Albarea que vous avez réussi à me capturer avant eux. Vous êtes intelligent, mais très prévisible "camarade". Je ne suis pas en train de me vider de mon sang par terre, et je suis encore libre de mes mouvements donc, vous avez choisi de m'écouter.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Je dois saluer votre perspicacité et votre ténacité, bunicu (trad : grand-père). Alors, qu'est-ce que vous avez de si important à me dire pour avoir fait des centaines de kilomètres jusqu'ici au risque de vous faire prendre ?
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- J'ai des informations que vous n'avez pas, et qui, je pense, seraient susceptibles de vous intéresser.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Je ne vois pas trop comment c'est possible, mais allez-y. Si ce que vous me dites est pertinent votre tête ne sera pas baladée sur une pique à Traianopol aujourd'hui.
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- Vous serez étonné d'apprendre que, malgré le fait que tout le monde me haïsse dans ce pays, je possède beaucoup d'amis très haut placés. Vous voyez, le gouvernement provisoire, avec son principe de "continuité de l'Etat" ou je ne sais quoi, a omis de purger une grande partie de ces personnes, qui ne partagent pas vraiment les vues du PNL. Vous savez pourquoi ? Parce que pendant mon règne, j'ai "chouchouté" ces fonctionnaires, je leur ai offert un bon salaire et des privilèges, mais plus encore, ils avaient l'impression de servir la société et d'être utile à la nation. Maintenant... ce sont des banquiers et des chefs d'entreprise qui ont le pognon, qui se partagent le pouvoir, qui vendent ce magnifique pays aux juifs et aux franc-maçons ! Cette sombre merde d'Ursachi, ce proxénète, ce serpent... il vend les corps de nos femmes et de nos filles à des gros porcs ventéliens et algarbiens... ces vermines qui viennent ici seulement pour les "acheter" pas cher, et les souiller pour une nuit, qui insultent notre culture avec leur musique dépravée et leur bouffe dégueulasse... je...
Vasile Tudor était resté silencieux devant le discours du vieillard. Ce dernier s'était manifestement égaré. Il tremblait, les poings serrés. Des larmes avaient empli ses yeux pendant sa diatribe, tandis que sa bouche était tordue par la haine et la tristesse. Le communiste ne souriait plus, et il regardait maintenant Charles Ier avec un regard qu'il n'aurait jamais imaginé lui porter : celui de la compréhension.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Allons, reprenez-vous. Je suis d'accord avec certaines choses que vous dites, et c'est pour quoi je me bats. Cela n'effacera jamais les crimes atroces que vous avez perpétré à l'encontre de mes frères et soeurs, et je rêve toujours que vous soyez jugé et exécuté pour ceux-ci. Heureusement pour vous, vous n'êtes pas ma priorité absolue.
Faites donc profiter le Parti de votre réseau, rachetez-vous pour ce que vous avez fait en contribuant à bâtir une Valdaquie libre, démocratique et puissante. Si vous l'acceptez, alors vous serez mis sous la protection, vous et votre famille, de la Garde rouge, et je vous promets qu'une fois que nous aurons atteint notre objectif, vous pourrez mourir en paix sur cette terre. Et le peuple retiendra le nom de Charles Cantacuzène comme celui d'un tyran, certes, mais un tyran qui a compris ses erreurs et qui a fait en sorte de les corriger.
L'ancien souverain s'était essuyé les yeux, et avait retrouvé son calme. Tout en regardant Vasile Tudor dans le blanc des yeux, il s'avança doucement vers lui. Les miliciens communistes levèrent leurs armes sur le vieil homme, qui tendit finalement la main droite à son interlocuteur.
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- Sachez que je n'adhère absolument pas à votre utopie marxiste. Mais je suis un vieillard, je n'ai plus la force de remonter sur un trône, et vous incarnez -à mes yeux-, le moins pire qui pourrait arriver à ce pays. Tout ce que je peux dire est qu'aux prochaines élections, nos ennemis communs vont tout faire pour vous balayer. Par les urnes, mais aussi physiquement. J'ignore encore par quel moyen, mais ils vont tout faire pour vous supprimer."
Vasile Tudor serra la main tendue de Charles Cantacuzène, en signe d'accord. Celle-ci était froide, frêle, mais une certaine force s'en dégageait encore.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Alors je ferai le nécessaire le temps venu."
Paradoxalement, le nouveau monde allait s'appuyer sur l'ancien monde pour se construire.[/justify]
Posté : lun. déc. 03, 2018 5:56 pm
par Alexei
[justify]...Amis de demain
[url=https://www.youtube.com/watch?v=R2r1UVV8z3E]La marche des légionnaires...[/url]
09 Octobre 2037
[center][img]https://i.imgur.com/6sxOsGt.png[/img]
Le symbole du mouvement légionnnaire, incrusté dans le drapeau valdaque[/center]
"Un juif et un tzigane, franchement on dirait le début d'une mauvaise blague...", s'était écrié le "caesar", qui portait une longue barbe blanche et avait facilement la soixantaine, à son "légat", qui était nettement plus jeune. Petru Ursachi et Efraim Bronstein venaient de pénétrer dans l'un des grands entrepots du port de Cernavoda, le plus important de Valdaquie. Des graffitis divers et variés recouvraient les murs ; des bris de verres étaient disposés ça-et-là sur le sol. De toute évidence, l'endroit était abandonné depuis un bon moment. En l'absence d'électricité, quelques projecteurs se chargeaient d'éclairer le centre de la pièce où une table avait été posée, avec quatre chaises. La porte d'où venaient le gouverneur-général de la Banque de Valdaquie et le président du Parti national libéral fut refermée, non sans fracas, par un "garde du corps" (qui se rapprochait plus d'un voyou) avec la clope au bec. Il y en avait 4 répartis dans toute la pièce, et deux autres cachés à l'étage, équipés d'armes automatiques, près à dégainer en cas de problème. Du côté de celui qui se faisait appelé "Caesar" et de son bras-droit, trois hommes chauves attendaient dans l'ombre. Ils étaient tatoués et armés, de nombreux tatouages recouvraient leur visage et leurs mains.
Petru Ursachi
Président du Parti national libéral
"C'est un plaisir de vous rencontrer, monseigneur.
L'homme d'affaires s'était penché vers le chef, qui avait la barbe blanche. Ce-dernier, bien qu'habillé avec des vêtements "civils", demeurait facilement reconnaissable. Il s'agissait de Daniel de Valdaquie, patriarche de l'Eglise orthodoxe du pays.
Dan Ilie Ciubotea
"Caesar" de la Légion valdaque - Patriarche de Valdaquie
- Allons, je ne suis pas ici en tant que "Métropolite de Munténie et de Targutie" ou de "Président du Saint Synode". Je suis ici en tant que citoyen valdaque qui s'inquiète de l'état de son pays.
Le contact était fait. Les quatre hommes s'assièrent. Le "légat" ne lâchait pas des yeux Efraim Bronstein qui se sentait quelque peu mal-à-l'aise et ne savait visiblement pas comment gérer cette situation. Ce dernier, après avoir posé une mallette sur la table, se releva légèrement et tendit la main droite à ses deux interlocuteurs.
Efraim Bronstein
Gouverneur-général de la Banque de Valdaquie
- Messieurs, je me présente, je suis Efraim Bronste...
Devant l'incrédulité du primat et de son bras-droit, Efraim Bronstein s'interrompit. Son sourire gêné, qui faisaient monter ridiculement ses grosses joues jusque sous ses lunettes à monture dorée, disparut complètement lorsque Petru Ursachi lui tira légèrement le bras, pour lui faire signe de s'asseoir.
Petru Ursachi
Président du Parti National libéral
- Veuillez excuser mon collaborateur, je n'ai pas pour habitude de l'emmener sur le "terrain".
Le "légat" fixait des yeux la mallette que le banquier avait posé sur la table. L'homme avait la quarantaine, les cheveux plaqués en arrière. Un tatouage en forme de croix recouvrait la partie entre son cou et sa nuque.
Horia Heinrici
Légat de la Légion valdaque
- Y a quoi là-dedans ? De la thune ? Des falafels ? Le prépuce de votre associé ?! Hahaha !
Efraim Bronstein
Gouverneur-général de la Banque de Valdaquie
- Hé ! Je suis pas pratiquant !
Le légat se mit à rire grassement, se balançant sur sa chaise devant le regard noir de Petru Ursachi. Tandis qu'Efraim Bronstein prenait un air choqué, l'homme d'église en profita pour asséner un violent coup de pied dans la chaise de son associé qui était en train de se balancer. Celui-ci s'étala lamentablement au sol, avant de reprendre ses esprits et de se rasseoir. Il s'excusa auprès du primat (mais pas d'Efraim) qui le foudroyait du regard.
Dan Ilie Ciubotea
"Caesar" de la Légion valdaque - Patriarche de Valdaquie
Du-te în pizda mătii prostule ! [approx. "va te faire foutre gros con"]... excusez-moi... un homme d'église ne devrait pas dire cela. Je me suis légèrement emporté. -se racle la gorge- Notre "ami commun" [Razvan Boldureanu - le chef des services secrets] m'a informé que vous aviez une proposition à me faire. Si il s'est permis de vous parler de notre projet, à monsieur Heinrici ici présent et à moi, c'est qu'il vous fait confiance. En conséquence... je vous accorde ma confiance également. De quoi souhaitez-vous parler ?
Petru Ursachi
Président du Parti national libéral
- Ce n'est rien, monsieur Ciubotea. Chaque être humain peut finir par perdre ses moyens, après tout, Dieu nous a fait à son image. À vrai dire, j'ai organisé ce rendez-vous car je considère que vous êtes la meilleure solution au problème communiste. Comme vous le savez, les forces de Tudor grandissent de jour-en-jour, et j'ai bien peur que les élections législatives leur confèrent une certaine légitimité. Vous l'aurez compris, si je me tourne vers vous et votre organisation, c'est parce que je ne peux pas faire confiance à l'armée, ni à la police.
Dan Ilie Ciubotea
"Caesar" de la Légion valdaque - Patriarche de Valdaquie
- Le seul problème, c'est que mon "organisation" comme vous l'appelez a presque entièrement été démantelée par le roi, il y a quelques années. Même si j'ai atteint la fonction de patriarche, et que j'ai pu recruter de nouveaux hommes, nous ne faisons clairement pas le poids contre les communistes, je suis navré.
D'un signe de tête, le "Roi du cuivre" ordonna à son banquier d'ouvrir la mallette posée sur la table. Après quelques longues et gênantes secondes, où Efraim Bronstein galéra littéralement pour déverouiller le mécanisme -sous le regard amusé d'Heinrici-, il y parvint enfin, révélant des liasses de billets. En grosses coupures.
Petru Ursachi
Président du Parti national libéral
- C'est pour cela que je viens apporter ma "maigre" contribution à votre cause. J'ai tout arrangé avec notre "ami commun" : il s'occupera de vous fournir les armes et le matériel dont vous avez besoin, tout en libérant vos légionnaires emprisonnés et en en recrutant d'autres. J'ai d'ailleurs eu vent de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=345094#p345094]l'implication de certains de vos hommes pour chasser les communistes à la Bourse[/url], et je vous en remercie. Par ailleurs, j'ai profité de mon [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1314&t=16967&p=345061#p345061]voyage au Valaryan[/url] pour nouer quelques contacts qui pourront vous aider. Qu'en pensez-vous ?
Le vieux primat resta pensif devant les liasses s'étalant devant lui, alors qu'Efraim Bronstein souriait bêtement et que Horia Heinrici se frottait les mains.
Dan Ilie Ciubotea
"Caesar" de la Légion valdaque - Patriarche de Valdaquie
- ...puis-je savoir d'où vient tout cet argent ?
Petru Ursachi
Président du Parti national libéral
- Je joue toujours franc jeu avec mes associés... ceci est tiré de certains revenus peu légaux [prostitution, trafic d'organes...]. Si vous réussissez à faire le nécessaire pour notre pays, une mallette similaire arrivera chez vous chaque semaine. En plus des nombreux avantages que je vous donnerai lorsque je serai président de la Valdaquie.
Dan Ilie Ciubotea
"Caesar" de la Légion valdaque - Patriarche de Valdaquie
- Très bien, alors cela me convient parfaitement. Si vous, et notre "ami commun", nous offrez les moyens nécessaires à notre croisade antibolchevique chaque semaine, nous devrions écraser ces sauvages. Par quoi voulez-vous que nous commencions ?
Petru Ursachi esquissa un léger sourire et regarda le patriarche droit dans les yeux.
Petru Ursachi
Président du Parti national libéral
- Personne n'est au courant de ce que nous préparons ici. Profitez de l'effet de surprise, et envoyez un message fort aux bolcheviques de ce pays : liquidez leur leader.
La Légion valdaque, que le Roi Charles avait naïvement cru éradiquer, allait faire un retour fracassant.[/justify]
Posté : mar. déc. 04, 2018 7:20 pm
par Alexei
La "Tactique du salami"
[url=https://www.youtube.com/watch?v=9XdyJoDyC3w]MUSIQUE ![/url]
12 Octobre 2037
[center][img]https://i.imgur.com/RbuVSeo.png[/img]
Le drapeau du Parti communiste d'Unité prolétarienne, drapeau informel de la Dobrogévie[/center]
Si les forces anticommunistes de Valdaquie commençaient à s'unir et à s'organiser pour tenter de bouter les marxistes hors de leur bastion dobrogève (et même de les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=345138#p345138] "exterminer", pour les plus radicaux...[/url]), les principaux intéressés ne chômaient pas non plus.
Devant la frustration à leur encontre, et les menaces qui se profilaient contre les communistes du monde entier (propagande anticommuniste au Valaryan et en Litavie, violences physiques institutionnalisées en Aleka...), les dirigeants du Parti communiste d'Unité prolétarienne avaient convenu qu'il était souhaitable de rester discrets, du moins, pour le moment...
Ainsi, en Dobrogévie, les partizani (comme on les appelait communément) s'enracinaient. Profitant de l'instabilité qui régnait à Albarea, ils développaient des structures de pouvoir local non-officielles comme les "sfaturi" (conseils) qu'ils utilisaient pour administrer les usines, les quartiers, etc., qui avaient leur équivalent agricole : les "colhozuri" (fermes collectives). Ce système, qui n'avait jamais été mis en place auparavant, semblait porter ses fruits et octroyaient à chaque ouvrier et paysan un droit de parole et une influence dans la prise des décisions. Cela avait pour conséquence d'augmenter les profits de ces usines/mines/exploitations autogérées de facto, mais également les pertes pour les entreprises auxquelles elles appartenaient de jure.
À côté de cela, les communistes infiltraient peu-à-peu l'administration locale : les conseils (populaires) municipaux et départementaux échappaient à tout contrôle central du fait de l'absence de préfets (les préfets royaux ayant été tués ou chassés en avril) et pouvaient, dans les faits, faire à peu près tout ce qu'ils voulaient. Néanmoins, ces conseils demeuraient inféodés au "Conseil (populaire) régional de Dobrogévie" qui était progressivement devenu un véritable Etat dans l'Etat, avec un pouvoir exécutif réel, exercé par la "Commission (populaire) du conseil régional de Dobrogévie", dont les membres étaient élu au sein du Conseil.
Ces membres, par ailleurs, n'étaient pas tous affiliés au PCUP, dans le but de préserver les apparences. Mais, derrière ce vernis démocratique que constituaient le Conseil régional et sa Commission, se cachaient en fait la main du Comité central et en particulier celle du Bureau politique du Parti communiste d'Unité prolétarienne qui, malgré sa popularité réelle en Dobrogévie, savait qu'il était beaucoup trop tôt pour confier un trop grand pouvoir à des élites indépendantes.
Ainsi, la Dobrogévie, la deuxième plus grande région de Valdaquie, son coeur minier et industriel, n'était pas [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=345138#p345138] occupée, comme le prétendait l'extrême-droite[/url] : elle était même, d'un certain point-de-vue, beaucoup plus libre que le reste du pays.
Et celui-ci était dans une optique de "containment" vis-à-vis du communisme, c'est-à-dire "l'isoler" hermétiquement en Dobrogévie afin d'éviter qu'il se propage aux parties "saines" du pays, à l'instar d'une maladie.
Néanmoins, ceux-ci se trompaient lourdement, et ignoraient que les métastases du PCUP s'étaient déjà répandues partout.
Vasile Tudor, qui se battait depuis déjà sept ans contre le pouvoir, d'abord royal puis bourgeois, avait plus d'un tour dans son sac, lui qui n'avait jamais cru au pseudo-gouvernement "d'union nationale" qu'était censé être le FSN. Depuis avril (et même bien avant...), il avait placé ses "pions" un peu partout à Albarea : dans l'armée, dans les ministères, et au sein même des autres partis. Maintenant que la plupart était bien implantée, il était temps de mettre en oeuvre la "tactique du salami".
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
"Je te félicite camarade. Pour être franc, je ne pensais pas que tu serais élue aussi rapidement. Ce que tu as accompli est d'une importance capitale, et nous te devrons notre victoire prochaine.
[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=345119#p345119]Gabriela Cardașim, la toute nouvelle premier-secrétaire du Parti socialiste[/url] sourit. Elle avait pris tous les risques pour arriver ici, dans ce petit restaurant de Traianopol dont la cuisine était réputée infâme. Cependant, ni elle, ni Vasile Tudor n'étaient là pour manger. L'enseigne n'était qu'une façade qui abritait les activités clandestines du PCUP depuis quatre ans.
Gabriela Cardașim
Premier-secrétaire du Parti socialiste valdaque
- Je te remercie, camarade. C'était assez dur de jouer la femme facile et d'aller dans le sens des pervers qui peuplent ce parti pour qu'ils m'élisent, mais le jeu en valait la chandelle, effectivement.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Ne t'inquiète pas pour eux, bien au contraire. Ils te serviront pour "suicider" le parti, nous serons alors la seule force de gauche sur l'échiquier politique. L'annonce de ton programme a déjà suscité de vives critiques, et vue la lassitude des militants socialistes et des cadres de base, ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne décident de nous rejoindre, ou de provoquer une nouvelle scission. Dans les deux cas, nous serons gagnons.
Gabriela Cardașim
Premier-secrétaire du Parti socialiste valdaque
- Je n'en doute pas, camarade conducător ("chef, guide"). Qu'attends-tu exactement de moi ?
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Vladimirescu te contactera sur ton deuxième téléphone pour te donner ses instructions. En attendant, agit comme une parfaite "sociale-traître". Ne te fait pas remarquer.
Voilà en quoi consistait la "tactique du salami" : infiltrer les rangs de ses ennemis politiques, et les détruire de l'intérieur en provoquant scission sur scission, à la manière dont on coupe du salami en fines tranches.
Si les communistes étaient beaucoup moins bruyants que les libéraux et les fascistes, la discrétion et la patience seraient leurs meilleures armes pour tenter d'achever la Guerre populaire débutée il y a 7 ans.
Posté : mer. déc. 05, 2018 5:40 pm
par Alexei
[justify]"COMARĂ"
[url=https://www.youtube.com/watch?v=14PejsN99ng]Musique d'ambiance...[/url]
15 Octobre 2037
[center][img]https://i.imgur.com/60E82Gm.png[/img]
Des jeunes commissaires du "Comară" plaisantant avec un officier-supérieur valdaque ayant rallié les troupes communistes[/center]
[justify]Sitôt qu'il en eut fini avec Vasile Tudor, le Roi Charles fut conduit à la seconde voiture du petit convoi. Après un voyage d'une heure et demi dans la campagne, en direction du nord, il fut surpris de découvrir que le chauffeur et son copilote communistes (qui ne lui avaient d'ailleurs lâché aucun mot pendant le trajet) l'avaient conduit à un endroit familier : une ancienne résidence royale, que les partizani semblaient avoir laissé intacte, et même préservée. En sortant de la voiture, le souverain déchu remarqua que les jardins avaient été entretenus un minimum, et que l'endroit n'avait -semble-t-il- pas été pillé. La seule différence résidait dans le drapeau rouge qui flottait sur la façade, en remplacement de la bannière royale, et dans la garde. Jadis composée d'hommes en uniforme de parade jaune-et-bleus impeccables avec de vieux fusils, ceux-ci avaient laissé la place à de jeunes hommes (et femmes !) en treillis, avec des armes automatiques et des étoiles rouges cousues sur leurs képits (qui appartenaient originellement à l'armée valdaque). Ces derniers n'avaient néanmoins pas l'apparence de "guérilleros", ni celle des quatre gardes rouges qui l'avaient accompagné jusqu'ici, dont les armes et l'uniforme était bien plus hétéroclite.
"Vous serez à votre aise ici, 'majesté'", avait lâché le chauffeur -qui n'avait pas lâché un mot du voyage- devant l'ancien monarque déconcerté. Après avoir rencontré un "haut-gradé" (qui avait le même uniforme que les mystérieux gardes, mais avec des gallons différents) qui lui a promis qu'il serait en sécurité ici et que sa famille allait le rejoindre d'ici les prochains jours, il avait pris ses quartiers. Il fut rapidement surpris par l'égard que lui faisaient les communistes : ceux-ci avaient retrouvé (on ne sait comment) le personnel de maison d'avant la révolution, et le vouvoyaient, l'appelant même "Votre Majesté", comme si rien n'avait changé. À croire que Vasile Tudor avait totalement anticipé la venue de Charles de Valdaquie.
Néanmoins, les jours passaient, et toujours aucune trace de sa famille.
Carol avait un mauvais pressentiment. Les gardes ne faisaient que lui répéter poliment que ses enfants allaient le rejoindre, qu'il était dur de les transporter jusqu'ici sans éveiller les soupçons des "autorités bourgeoises". Coupé du monde extérieur, l'ex-souverain ne savait pas ce qu'il se passait dans son pays, sauf grâce aux exemplaires du journal (communiste) "Scînteia !" que les gardes lui fournissaient. Souhaitant voir autre chose que les jardins qu'il connaissait par coeur, Carol avait essayé de passer le portail de la propriété, sans succès : l'officier en charge de sa sécurité l'informa qu'il ne pouvait pas s'aventurer hors du domaine, "pour des raisons de sécurité. Vous n'êtes pas sans avoir que l'ANS vous recherche dans tout le pays, mon roi". C'était donc cela : Charles de Valdaquie était en fait l'otage des communistes, et même si sa prison était dorée, elle restait une prison. Le vieux monarque se résigna et, tous les jours, -sous bonne garde- il passait des coups de téléphone à ses fidèles les plus loyaux, leur demandant des informations et essayant parfois de les convaincre de travailler directement pour les communistes qui l'aideraient à "remonter sur le trône", expliquait-t-il, tout en sachant que cela n'arriverait sûrement jamais.
Accomplissant sa besogne (très répétitive) quotidiennement, n'ayant pas le droit de se déplacer et étant -surtout- sans nouvelles de sa famille qui devait le rejoindre depuis un mois, il trouva que c'en était trop. Pris de colère, il exigea de parler à Vasile Tudor et menaça de se suicider si l'on accédait pas à sa demande. L'officier lui promit alors qu'un membre influent du PCUP viendrait le voir le lendemain.
Cette fois-ci, les gardes avaient tenu promesse, et une voiture noire pénétra dans la cour du manoir le lendemain midi. Un homme, jeune, en sortit. Il portait le même uniforme que les gardes de la propriété, mais ses gallons indiquaient qu'il était haut-placé dans la hiérarchie de cette énigmatique garde. Souriant, mais avec des yeux clairs et froid, il s'avança vers Carol qui l'attendait sur le perron.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
"C'est un plaisir de vous rencontrer, Votre Majesté. Ne vous inquiétez pas, votre famille va bien et est en route. Je suis prêt à répondre à toutes vos questions.
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- J'en ai assez de vos sollicitudes à la con. Vous allez m'amener mes enfants sur le champ, sinon vous pourrez dire au revoir à mon aide.
Mihai Vladimirescu jeta un regard noir au roi déchu. Si cela ne tenait qu'à lui, il n'aurait pas perdu son temps à venir jusque ici, et le vieux croulant qui se tenait péniblement en face de lui serait déjà dans un trou, criblé de balles. Néanmoins, les ordes de Vasile Tudor étaient clairs : le roi était très utile pour la cause révolutionnaire, et devait être ménagé en conséquence.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Je vous l'ai dit : je comprends votre inquiétude et je vous expliquerai tout. Mais allons boire quelque chose, je vous avoue que mon voyage m'a donné soif.
De mauvaise grâce, Charles Cantacuzène suivit l'officier jusque dans le salon, où une bonne s'empressa de servir le thé. Après avoir bu une gorgée, Mihai Vladimirescu alluma une cigarette et croisa les jambes, sous les yeux incrédules du noble.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Deci [alors], par où voulez-vous commencer ?
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- Eh bien, vous pourriez d'abord m'expliquer qui vous êtes.
Vladimirescu émit un léger rire. Il est vrai qu'il était très peu connu du grand public, ainsi qu'au sein même du PCUP (dont il était tout de même membre du Bureau politique, soit, du sommet), néanmoins, il était d'une importance capitale pour le parti, beaucoup plus même que Teodora Maurer, qui était pourtant ministre au sein du FSN et qui symbolisait le visage "présentable" du PCUP. À l'inverse de cette dernière, Mihai Vladimirescu agissait dans l'ombre, et avec une dévotion totale pour son idéal.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Je n'ai pas l'habitude de parler de moi, mais soit. Je suis le commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire, qu'on appelle plus communément "Comară". C'est en quelque sorte l'équivalent communiste de l'ANS [services secrets de la République de Valdaquie], mais en beaucoup plus large. En deux mots : le comité que je préside est chargé de protéger la révolution en Dobrogévie, et de l'étendre clandestinement dans le reste du pays. Les gardes qui protègent cet endroit sont tous sous mon autorité, mais il n'y a pas qu'eux. D'autres "commissaires" sont chargés d'encadrer nos forces (para)militaires, ainsi que les principales structures économiques et politiques de la région. Ceux-ci sont triés sur le volet, et je ne réponds de mes actes que devant le camarade Tudor. C'est tout ce que vous devez savoir à mon sujet : je n'ai pas de famille : seulement des camarades. Je n'ai pas d'amis : seulement des ennemis. Je n'ai pas de femme, mais seulement un idéal suprême et un but à accomplir : la Révolution et la libération du peuple valdaque.
Charles de Valdaquie resta stoïque. Si Vasile Tudor lui apparaissait comme un homme assez intelligent et capable de raisonnement, le "commissaire-général" assis en face de lui semblait être un véritable fanatique, dévoué corps et âme à son idéologie. Charles Ier ne fut pas rassurer d'être sous la "protection" d'un tel homme qui, malgré sa courtoisie, devait sûrement avoir comme projet de l'exécuter une fois que le drapeau rouge flotterait à Albarea.
Mais à quoi bon lutter ? À 80 ans, Charles de Valdaquie espérait simplement offrir un avenir paisible à ses enfants, héritiers d'une longue dynastie que tout le monde souhaitait voir morte.
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- ...et pour mes enfants et mes petits-enfants ? Quand arriveront-ils ? Sont-ils vivants au moins ?
Vladimirescu savoura la fin de sa cigarette et une gorgée de thé, esquivant la question de l'ancien roi, et faisant carrément comme si ce dernier n'existait pas. Ce qui avait le don d'agacer l'intéressé qui serrait nerveusement les poings et se retenait de lui balancer sa tasse dans les dents. Toutefois, le commissaire-général se décida enfin à répondre, après deux longues minutes.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Vous les verrez très bientôt, ne vous en faites pas. À vrai dire, j'ai un petit service à vous demander qui pourrait grandement accélérer leur voyage jusqu'à cet endroit.
Charles Cantacuzène comprit. Si sa famille était bien vivante, les communistes l'utilisaient comme une "monnaie d'échange", en lui faisant perpétuellement miroiter l'espoir qu'elle le rejoindrait. C'était probablement une manière de s'assurer de la loyauté de l'ancien souverain, qui n'aurait peut-être pas aidé aussi bien les partizani avec sa famille à côté. Vladimirescu, cynique et manipulateur, était très certainement derrière cette combine.
Charles Cantacuzène
Ancien roi de Valdaquie
- Espèce de salopard... j'y vois clair maintenant... si ça se trouve, mes enfants et mes petits-enfants sont déjà morts, et vous voulez juste m'utiliser. C'est terminé Vladimirescu !
Mihai Vladimirescu, sentant la tension montée, avait dégainé son arme à la fin de la tirade du vieillard. Ce-dernier, le visage déformé par la haine et la tristesse, avait saisi... un misérable couteau à beurre qui traînait, et qu'il avait pointé en direction.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- C'est moi qui décide quand c'est terminé.
De sa main libre, le commissaire-général avait tiré une photographie de sa poche, qu'il lança ensuite sur la table avec désinvolture. La photographie était datée de quelques jours, les enfants et petits-enfants de Charles Cantacuzène semblaient aller parfaitement bien (bien qu'ayant maigri un peu). Le vieillard lâcha le couteau et se rassit, mettant sa main sur son front.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Alors, vous voyez ? Ils sont actuellement à Traianopol, nous avions besoin de leurs témoignages et de toute information utile. Ils seront avec vous bientôt. Est-ce que vous allez faire ce que je vous demande, maintenant ? C'est d'une importance capitale."
Charles Ier hocha la tête, étant perdu dans la contemplation de la photographie. Il ne saisissait pas trop sur quoi ses fils et filles devaient "témoigner", mais au final il s'en fichait. Au moins, ils étaient en vie.[/justify]
Posté : mar. janv. 29, 2019 6:25 pm
par Alexei
[justify]Tic... tac...
[url=https://www.youtube.com/watch?v=jqE8M2ZnFL8]Musique d'ambiance...[/url]
Mars 2038
[center][img]https://www.telegraph.co.uk/content/dam/films/2016/12/08/USE_MM-1965_v3_by_Jason_Bell_trans_NvBQzQNjv4BqcyG6LyhsS63JuUbUYhnXPfSFQU9gQ2d3rFCuMhkfHQQ.jpg?imwidth=450[/img]
Virgiliu Dinescu, le supposé "haut-placé" du Parti communiste que Niels Ruitter devait rencontrer[/center]
La pluie frappait sans relâche le toit de l'usine Mama Dulce de Frunze.
A l'intérieur de la fabrique, dans laquelle trônaient de grosses caisse en bois estampillées du nom de la marque, un silence pesant régnait, interrompu par le seul bruit des gouttes, frappant la tôle tel un marteau, et le "tic tac" hypnotisant d'une horloge fixée sur l'une des colonnes. L'immense pièce était complètement vide, à l'exception des caisses posées sur le sol et d'une chaise métallique posée au centre. Sur cette dernière, un homme nu se tenait péniblement assis. Des ecchymoses recouvraient la quasi-totalité de son corps, rendu crispé et tremblotant par le froid. Les pieds étaient solidement attachés à ceux de la chaise par des menottes, les poignets étaient fermement ligotées aux accoudoirs, ensanglantés. L'homme n'était visiblement pas en grande forme. Son visage avait été défiguré par les coups, la fatigue et la terreur. Le nez était, de toute évidence, cassé, les yeux étaient violets, du sang perlait aux coins de ses lèvres rendues muettes par un bâillon, lui aussi couvert de sang. Il était jeune, il était blond et ses yeux remplis de larmes étaient d'un bleu profond. Tremblant comme une feuille, l'homme ne pouvait lâcher l'horloge des yeux. Il lui semblait que le temps passait à la fois lentement et rapidement. Trop rapidement. S'endormant épisodiquement, il était à chaque fois tiré de son sommeil -qui ne durait pas plus de dix minutes- par le cliquetis incessant de l'horloge symbolisant la fuite du temps. "Putain d'horloge, putain de pays de barbares", se disait l'homme. En pensant à ses filles et à son pays qu'il ne reverrait jamais, les larmes montaient et se transformaient en sanglots incontrôlables, agitant son corps blessé de spasmes et renforçant à chaque fois son désespoir. Lui qui était si brave, qui s'était rendu dans ce pays qu'il méprisait, totalement inconnu et réputé dangereux, avait finalement compris que celui-ci serait son tombeau.
Pour la première fois de sa vie, Niels Ruitter voyait la mort. Il pouvait la sentir le toucher à chaque coup qui lui était porté, il l'entendait venir à chaque "tic tac" de l'horloge, cette putain d'horloge. Le journaliste savait que son pays était bien trop présomptueux pour payer la rançon qui lui était demandée. Quand bien même, il savait qu'il n'était qu'un rat aux yeux de ses geôliers : et une fois qu'un rat est piégé, on ne le libère pas, on le tue.
Ça y est, il était brisé.
Alors que Niels Ruitter fut emporté une nouvelle fois par les sanglots, se débattait comme il le pouvait et tentait de crier à travers le bâillon, un bruit de moteur se fit entendre à l'extérieur. Quelques instants après, la porte de l'usine s'ouvrit, faisant apparaître quatre combattants communistes (masqués par un foulard noir et rouge) encadrant un homme élégant, habillé d'un costume intégralement noir. Tandis que les gardes se mirent en faction devant la porte qui se referma, l'homme en costard se planta devant Niels qui, prit d'un dernier espoir, imagina qu'il allait lui annoncer que le Valaryan avait payé et qu'il rentrait chez lui. Au lieu de ça, l'homme regarda le journaliste de haut en bas avant d'éclater de rire en voyant les attributs masculins du prisonniers.
???
??
"Visiblement, tu ne disposes pas du [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1339&p=347162#p346973]caractère génétique "gros pénis"[/url], Niels Ruitter.
Les gardes éclatèrent de rire à leur tour, dissimulés par leur foulard. L'homme en costume fit quelques pas en arrière alors que le journaliste recommença à pleurer. Il était à bout des coups et des humiliations. Il voulait simplement mourir. Niels Ruitter voulut le demander à son geôlier mais son bâillon l'empêchait de parler. L'homme en noir le lui arracha donc, intrigué.
Niels Ruitter
Journaliste valaryen
- Pitié... je vous en prie... tirez-moi juste une balle dans la tête... je ne veux plus vivre tout ça, je... je ne voulais pas...
Virgiliu Dinescu
Directeur de Mama Dulce
- Si, tu l'as voulu. Tu as demandé à rencontrer "Virgiliu Dinescu", et le voici devant toi. Si tu avais un peu travaillé ton sujet avant de venir ici, tu saurais que "Virgiliu Dinescu" est un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=346862#p346862]homme d'affaires absolument respectable[/url], qui n'a rien à voir avec le Parti communiste d'Unité prolétarienne. Or, tu m'as retrouvé malgré cette couverture. Comment tu as fait ? Qui t'a aidé ?
Devant le silence de son interlocuteur, Virgiliu Dinescu écrasa de tout son poids le pied droit du prisonnier, qui poussa un cri effrayant. Virgiliu Dinescu asséna ensuite un violent coup de pied dans le ventre du malheureux qui s'écroula avec la chaise sur laquelle il était assis. L'homme en noir vint s'accroupir par terre, à côté de lui, visiblement très énervé.
Virgiliu Dinescu
Directeur de Mama Dulce
- Est-ce que tu vas répondre à ma question sale chien ?! Qui t'a aidé à me trouver ?!
Niels Ruitter
Journaliste valaryen
- Pers... personne je vous assure ! Vous aviez l'air louche, alors... j'ai enquêté sur vous... j'ai ensuite compris que vous travailliez avec les communistes... pitié... personne d'autre ne le sait à part moi...
Virgiliu Dinescu
Directeur de Mama Dulce
- Pourtant tu as dit à ton rédacteur en chef que tu avais rendez-vous avec MOI. Virgiliu Dinescu. Cadre du Parti communiste. Tu ne te rends pas compte ce que tu m'as fait en faisant ça, ce que tu as fait à la Valdaquie. Vous les fascistes, vous êtes vraiment les laquais des capitalistes. Tu me donnes envie de vomir. En fait... je crois que je ne vais même pas attendre la fin de l'ultimatum pour te couper les couilles...
Virgiliu Dinescu, qui suintait de rage, avait attrapé par le cou le captif, redressant la chaise de ce fait et lui assénant un coup de coude dans le ventre. Tandis que Niels se tordait de douleur et que du sang sortait de sa bouche, quelqu'un d'autre fit irruption dans la pièce. Marchant d'un pas rapide et déterminé. Virgiliu Dinescu s'arrêta et se redressa, époussetant son costume noir. Le visiteur était visiblement quelqu'un d'important.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Camarade Virgiliu. Ce n'est pas comme ça que l'on accueille un touriste étranger, quand bien même il aurait des convictions "idéologiques"... erronées.
Virgiliu Dinescu
Directeur de Mama Dulce
- Camarade commissaire-général, vous ne comprenez pas... ce fils de pute a foutu en l'air ma couverture. Son chef sait tout, et il s'empressera de prévenir Albarea. Toute l'opération est foutue.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Je t'arrête, camarade, personne d'autre à part lui ne sait. En tant que chef d'entreprise, tu dois savoir qu'il faut réfléchir avant d'agir et surtout vérifier ses sources. Regarde-le : il est complètement brisé, il a compris qu'il était dans l'erreur. Je pense qu'il a assez payé pour ses crimes, camarade.
Virgiliu Dinescu
Directeur de Mama Dulce
- Ne me dit pas que tu veux le relâcher ?!
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Tu ne m'as pas compris. Pour lui, la mort ne sera pas une sanction, mais le stade final de sa libération. Tu l'as assez puni en le frappant et en l'humiliant, maintenant nous devons lui faire une faveur : l'aider à quitter sa prison corporelle et psychologique qui a parasité son cerveau d'idées malsaines et fausses. Nous ne devons pas le voir comme un criminel mais comme un malade. Son cas étant bien trop désespéré, nous devons évidemment mettre fin à ses souffrances. Mais avant cela, nous devons le laisser profiter de ces derniers jours dans ce monde, le laisser dire au revoir à sa famille et repenser aux erreurs qu'il a commises. Rien ne sert de le torturer : le fait de savoir que ses enfants et petits-enfants seront des communistes est sans doute le pire des supplices pour lui.
Virgiliu Dinescu et Niels Ruitter étaient restés muet. Mihai Vladimirescu parlait avec une étrange douceur dans la voix, ce qui rendait paradoxalement chacun de ses mots plus redoutables.
Virgiliu Dinescu
Directeur de Mama Dulce
- Je ne vois pas les choses de cet œil, camarade, mais je me plie à cette décision. Du moment que ce porc crève.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Et il crèvera, je te le promets. Une fois que le compte-à-rebours sera terminé. Maintenant, suis-moi, nous avons des choses infiniment plus importantes à faire que de nous occuper d'un journaliste réactionnaire insignifiant. -s'adressant aux gardes- Emmenez-le. Oh et, par pitié, donnez lui des vêtements.
Alors que les deux hommes s'éloignaient, après avoir jeté un dernier regard au captif, les gardes avaient accouru vers ce dernier qui se mit à crier (certainement des insultes) en töttern. Une seconde plus tard, on lui avait remis son bâillon sur la bouche et détaché.
Niels Ruitter, alors qu'il était escorté par les gardes dans une autre pièce, lança un dernier regard à l'horloge, sachant que chaque "tic tac" le rapprochait de sa "libération".
Posté : lun. févr. 11, 2019 9:41 pm
par Alexei
[justify]"COMARĂ" (II)
[url=https://www.youtube.com/watch?v=1qXiKIM0TKA&t=99s]Ambiance musicale[/url]
Avril 2038
[center][img]https://i.imgur.com/epov2S7.jpg[/img]
Mihai Vladimirescu, le très redouté numéro un du Comité révolutionnaire extraordinaire[/center]
Les sirènes de police retentissaient jour et nuit à Marțișoara.
[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&p=347927#p347927]la mort de Niels Ruitter[/url] avait fini de mettre les autorités valdaques sur les dents, qui s'élançaient désormais dans la traque de la Brigade révolutionnaire du peuple d'Ardélie (BRA), à l'origine du kidnapping et de la mort du reporter valaryen. Une atmosphère étrange régnait dans toute l'Ardélie depuis le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=347376#p347376]déploiement de l'Armée valdaque, le 9 avril[/url], remplissant les principales villes du voïvodat d'uniformes, patrouillant jour et nuit avec la volonté de mettre la main sur des guérilleros communistes (ou même de simples sympathisants), mais surtout d'endiguer l'essor des idées révolutionnaires, de plus en plus influentes dans les campagnes, qui commençaient à éclabousser les villes pauvres de la région. A Albarea, un seul mot d'ordre : empêcher l'Ardélie de devenir une nouvelle Dobrogévie.
Car c'était bien en Dobrogévie que tout avait commencé, presque six ans auparavant. Lorsque celui qui deviendra le numéro un du premier parti de Valdaquie (en termes d'adhérents) avait fait défection de l'Armée royale avec une soixantaine de ses camarades. Alors que les idées marxistes s'étaient presque arrêtées de vivre avec la mort, ou la déportation, de milliers de leurs sympathisants dans les années 2020, elles ont été ressuscité par moins d'une centaine de militants déterminés, jusqu'à devenir plus fortes que jamais. Mihai Vladimirescu n'était pourtant pas un de ces pionniers. Enfant pauvre et très tôt tombé dans la délinquance à Iașov, grande ville ouvrière de Dobrogévie, rien ni personne ne pouvait prévoir sa dévotion future et totale envers un idéal que tout le monde croyait mort. Et pourtant, il était là.
Posté dans une cabine téléphonique dans le centre historique de Marțișoara, il avait échangé son uniforme contre un costume bien taillé et des lunettes de soleil. Le chef du Comară (le fameux "Comité extraordinaire" - l'équivalent d'une véritable police politique) préférait prendre des risques sur le terrain plutôt que de moisir derrière un bureau. Malgré les avertissements de Vasile Tudor (qui savait que son maître-espion était une cible de choix pour Albarea), rien n'y faisait. Mihai Vladimirescu, pour appréhender la situation et mener à bien les activités souterraines du PCUP, avait besoin de "se salir les mains". Néanmoins, après son entrevue avec Virgiliu Dinescu (c.f RP précédent), il avait compris que la situation était en train de déraper, et que le Parti communiste d'Unité prolétarienne aurait peut-être à re-basculer dans la clandestinité après la mort de Niels Ruitter.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
"Camarade, je pense que tu as vu les informations.
Le commissaire-général parlait tout en vérifiant qu'il n'était pas écouté ou suivi.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- En effet, camarade. Les nouvelles ne sont pas bonnes.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Dinescu a merdé. Je lui ai pourtant dit de ne rien faire au journaliste. Apparemment il ne m'a pas écouté. La situation devient précaire ici, l'armée est postée à tous les coins de rue, il y a même des checkpoints aux entrées des villes et l'ANS a ouvert un bureau ici-même, à Marțișoara. Je ne peux m'éterniser plus que ça, mais je peux m'occuper de Dinescu avant de rentrer. Il est devenu trop gênant, et je crains qu'ils ne finissent par remonter jusqu'à lui.
Vasile Tudor garda le silence pendant un long moment. A quelques centaines de kilomètres de là, à Traianopol, il semblait, pour la première fois, peu sûr de lui, et réfléchissait à la marche à suivre, tout en sachant qu'une mauvaise décision pouvait faire échouer tout le processus révolutionnaire en Valdaquie.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Non. Dinescu est imprévisible, mais il est d'une fidélité à toute épreuve pour notre cause, en plus d'être un véritable caméléon et d'avoir une place de choix auprès des bourgeois. De toute façon la police aurait fini par retrouver le Valaryen. Dinescu a en effet commis une erreur dans le sens où il aurait dû le faire disparaître dès le début. Je vais le faire remplacer à la tête de la BRA, sa position est trop compromise.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Je crains que cela ne change pas grand chose, camarade. De nombreux informateurs m'ont indiqué qu'Albarea se prépare à éliminer définitivement la BRA, puis à envoyer l'armée en Dobrogévie pour renverser le Conseil régional populaire. Nous allons perdre énormément...
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Serais-tu en train de commencer à avoir des doutes sur l'issue de notre combat, Mihai ? Je pense au contraire que retourner dans la clandestinité n'est pas plus mal : c'est ce qui nous a permis de nous développer. Le parlementarisme bourgeois n'est qu'une chimère, et n'apporte rien de concret au mouvement révolutionnaire. Nous gagnerons par les armes et non pas par les urnes. Ils le comprendront dès qu'ils entreront en Dobrogévie.
Mihai Vladimirescu
Commissaire-général du Comité révolutionnaire extraordinaire
- Je ne doute pas de la victoire finale, camarade, bien au contraire. Mais si nous entrons en guerre ouverte maintenant, nous risquons de perdre énormément et nous retrouver au même point qu'en 2030.
Vasile Tudor
Secrétaire-général du Parti communiste d'Unité prolétarienne
- Sauf que cette fois-ci nous sommes prêts. Nous avons des armes, des camarades et l'histoire, de notre côté. Ils peuvent envahir la Dobrogévie, mais Traianopol est une forteresse imprenable. En attendant, une fois que cela arrivera, nous devrons répliquer et leur envoyer un message fort. Va prendre contact avec la BRA, c'est toi qui es aux commandes maintenant. Je te dirai quoi faire au moment opportun."
Posté : ven. mai 10, 2019 9:13 am
par Alexei
[justify]Operațiune Cantemir
29 janvier 2039
[center][img]https://static.ukrinform.com/photos/2018_10/thumb_files/630_360_1539719112-446.jpg[/img]
Un IAR-15 "Vultur" après décollage[/center]
En Dobrogévie, on sentait que le dénouement était proche. Enfin, l'affrontement tant attendu contre les libéraux-réactionnaires d'Albarea allait avoir lieu, et se conclurait, selon les plans de Vasile Tudor et Anastase Mircea -respectivement chef du Parti communiste et chef de la Milice populaire-, par une victoire totale en Dobrogévie, puis dans l'ensemble de la Valdaquie. En effet, dans la petite bourgade de Bucău, à quelques dizaines de kilomètres de Traianopol, les rebelles, soucieux de rester discrets, avaient installé leur quartier-général dans, ironie du sort, une prison de haute sécurité reconvertie à cet effet. A l'abri derrière les barbelés, les grillages et le béton armé, Vasile Tudor se sentait invulnérable, d'autant qu'un tunnel débouchant dans la forêt jouxtant la prison avait été creusé dans le cas où les chars valdaques venaient à surgir inopinément.
Les dirigeants communistes avaient alors toute latitude pour diriger leurs troupes sereinement. La [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17488&p=351035#p351035]mise en alerte de toutes les unités loyalistes de Dobrogévie[/url] n'était d'ailleurs pas passée inaperçue, le PCUP possédant des ramifications partout. Ainsi, Vasile Tudor, le jeune secrétaire-général du parti et ancien militaire, était convaincu d'avoir une longueur d'avance sur Albarea. Autant que du fait que ses troupes, rompues aux techniques de guérilla, allaient infliger une correction à des soldats ne connaissant que des tactiques conventionnelles.
Anastase Mircea :
Chef de la Milice populaire de Dobrogévie
« Camarade-secrétaire ! Les troupes bourgeoises se sont mises en route. Elles sont parties de Gora Negru, Prahova et Târguiești il y a quelques minutes. »
Vasile Tudor :
Secrétaire-général du PCUP
« Excellent, camarade. Combien sont-ils ? »
Anastase Mircea :
Chef de la Milice populaire de Dobrogévie
« Pas plus de 5 000, peu de matériel lourd d'après mes informations. »
Vasile Tudor :
Secrétaire-général du PCUP
« Bizarre... moi qui m'attendais à une attaque massive... serais-tu en train de me tendre un piège Ursachi ? »
Soudain, l'alarme de la prison se mit à retentir. L'ensemble des "officiers" présents dans la petite salle de contrôle de fortune se levèrent, surpris. Alors que les hommes et femmes s'apprêtaient à quitter préventivement la salle, pensant une offensive toute proche, le téléphone se mit à sonner. Vasile Tudor s'arrêta, se demandant bien qui cela pouvait être.
Anastase Mircea :
Chef de la Milice populaire de Dobrogévie
« Camarade, il faut y aller, viens ! »
Immobile pendant quelques secondes, le chef du Parti communiste décida de faire fi de l'avertissement, et se rua sur le téléphone.
Vasile Tudor :
Secrétaire-général du PCUP
« C'est Vasile, qui est à l'appareil ? Que se passe-t-il ? »
??? :
???
« Il se passe que vous avez perdu. Vous vous êtes cru intouchable dans votre prison, avec ses barreaux, son béton armé... vous croyez la victoire proche, mais vous nous avez sous-estimé. Vous m'avez clairement sous-estimé. Vous avez commis une erreur en décrochant ce téléphone, car cette petite conversation a réduit votre chance de survie à... zéro. Adieu, "camarade". »
[center]* * *[/center]
Quelques minutes plus tôt, et à quelques kilomètres de là, le lieutenant Sergiu Contra et le capitaine Cosmin Săpunaru fendaient les cieux à bord de leurs IAR-15 "Vultur". D'habitude plutôt loquaces, les deux pilotes étaient très silencieux cette fois-ci. Et pour cause, c'était la première fois qu'ils volaient dans un territoire réputé "ennemi", et que leurs cibles étaient humaines.
Cosmin Săpunaru :
Capitaine dans l'Armée de l'Air valdaque
« Alors, Sergiuță (surnom affectueux qu'on donne d'habitude aux enfants), stressé ? »
Sergiu Contra :
Lieutenant dans l'Armée de l'Air valdaque
« Pas le moins du monde. Pourquoi je le serais ? Après tout, je transporte juste une sorte de bombe anti-bunker expérimentale que je vais devoir larguer à deux pas d'une petite ville, je vois pas ce qu'il y a de stressant là-dedans ! »
Les deux pilotes se mirent à rire nerveusement. Ayant décollé de Dragomirești (près de la frontière dobrogève) 10 minutes auparavant, ils atteindront leur cible en un rien de temps, sans trop de dérangement. A l'exception de quelques tirs de batteries anti-aériennes obsolètes (les seules possédées par les rebelles), que leurs appareils pouvaient supporter facilement, la mission n'était pas d'une immense difficulté.
Cosmin Săpunaru :
Capitaine dans l'Armée de l'Air valdaque
« C'est bon, on y est dans quelques minutes, prépare-toi. - à la radio -, Dragomirești, ici Sabia (sabre) 1 et 2, atteignons la cible dans 5 minutes, attendons confirmation de l'ordre de détruire la cible. Terminé. »
« Affirmatif, Sabia 1 et 2, détruisez la cible et rentrez à la base. Terminé. », résonna la voix féminine dans le cockpit des deux pilotes, qui pouvaient d'ores-et-déjà distinguer les tours du pénitencier au loin.
Sergiu Contra :
Lieutenant dans l'Armée de l'Air valdaque
« Pula mea (putain), c'est vraiment à côté. Ils auraient pas pu tenter de faire évacuer le village avant ? »
Cosmin Săpunaru :
Capitaine dans l'Armée de l'Air valdaque
« Pour qu'on perde l'effet de surprise ? Sérieux, les rouges ont sûrement massacré plein de villages comme celui-ci. De toute façon c'est trop tard pour se défiler, largue la bombe, guide-la vers le cul de Tudor et tout va bien se passer. »
Quelques secondes plus tard, le lieutenant obtempéra. Une explosion terrible survint lorsque la bombe toucha terre, faisant même vaciller les deux IAR. La prison n'était plus qu'un amas de briques et de blocs concassés. Heureusement, Bucău fut en grande partie épargnée, mais le souffle de l'explosion fit voler en éclat les fenêtres des habitants, en plus de créer la panique.
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A plus d'une centaine de kilomètres de là, Petru Ursachi avait été aux premières loges. Dans une salle de réunion du Palatul Parlamentului, aux côtés de la premier-ministre, du Ministre de la Défense et de divers généraux, il avait pu suivre le parcours des pilotes et la déflagration causée par la bombe grâce à une caméra posée sous l'appareil du capitaine Săpunaru. Mais il avait aussi pu entendre l'explosion et la voix de à Vasile Tudor, qu'il avait appelé au téléphone, avant que celui-ci soit littéralement vaporisé.
Liviu Tepordei :
Ministre de la Défense
« C'est terminé. Il ne reste plus rien. Objectif atteint, monsieur le président. »
L'intéressé esquissa un simple sourire tandis que le reste de l'assistance applaudit, laissant ressortir sa joie.
Petru Ursachi :
Président de la République
« Ne criez pas victoire trop vite, mes amis, nous avons encore beaucoup à faire. Ce n'est pas parce que nous avons décapité l'ennemi qu'il sera plus facile de le vaincre. Néanmoins, je pense que nous leur avons montré de quel bois nous nous chauffions et l'ennemi est maintenant en état de choc. M. Tepordei, dites à vos hommes de passer à l'attaque. Reprenons la Dobrogévie une bonne fois pour toute. »
Sur ces mots, le Ministre de la Défense obéit immédiatement et s'empressa de décrocher le téléphone. Petru Ursachi, quant à lui, se dirigea vers le mini-bar pour se servir un verre de whiskey ennissois.[/justify]