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Épopée Arcadienne 2/?[/center]
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Conférence à l'Université Historique d'Arkadiopolis, le 9 Juin 2037.[/center]
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Ioannes Sgouros, chez lui.[/center]
L’auteur du livre « Epopée Arcadienne » s’exprime longuement lors d’une conférence sur un sujet qui interpelle ses lecteurs et auditeurs. En effet, les fouilles ayant eu lieu en Alileia entre 2029 et 2037 recoupent et corrigent tout à la fois ce qu'écrivaient les auteurs de la fin du 6ème siècle dans leurs chroniques et leurs lettres sur la campagne d'occident de l’Empereur Athanase 1er. Les fouilles permettent de confirmer bien des points abordés et remettent au goût du jour les questions historiques, de vieux mythes et fascinent toujours autant par la démeusure de cette aventure qui mène l'Aigle Pourpre plus loin que jamais, de toute son histoire médiévale. Retrouvez le livre sur le site Historia.ac et ses revendeurs au prix de 34.99 pièces !
Extrait du livre de Ioannes Sgouros, Historien de l'Empire à l'ère médiévale : « [...] La mer est notre domaine, notre héritage ancestral, notre première ressource. Par-delà la mer, notre but final, l’Alleila … mais les flots de l’océan se brisent, sans discontinuer, sur les coques de nos Dromons. Rameurs et Scutaires, Cataphractaires et Mercenaires se mêlent et s’activent pour ramer, écoper, soigner les blessés et protéger les bêtes. L’arme du marin, de fortune ou de métier, c’est son cœur. Le Divin déchaîne contre nous en cette matinée les pires tourments, la tempête que nous traversons fait chavirer un navire sur dix, engloutissant à jamais des compagnons d’armes, des frères, des braves. Le Paradis, dernière demeure de ces fidèles, ouvre sans nul doute ses portes à ceux qui portent la Labarum sur leur bouclier et arborent à leur cou l’humble croix du Christ. Sortant de la tempête, c’est une masse de navires endommagés et de soldats épuisés qui s’avance et découvre à l’aube les côtes d’un pays inconnu. Se regroupant avec les survivants, hissant les voiles, notre Dromon bat le tambour, le rythme de ces derniers accélère de plus en plus et au loin apparaissent des embarcations à voiles noires. Le rythme est doublé par l’Amiral tandis que nous formons avec fébrilité nos batailles et une ligne cohérente, la lutte s’engage ! Les traits survolent le Dromon et s’encastrent dans les corps et les bâtiments adverses, ceux-ci ne profitent pas du vent qui nous est favorable et surpris par notre détermination, notre courage, notre folie d’avoir passé la tempête ils sont immobiles ou presque. Enfoncés par les éperons de nos navires, calcinés par les terrifiants Dromons lanceurs de feu grégeois, massacrés par nos Scutaires, les marins adverses partent en déroute. Balayant leurs cadavres à la force des bras, activant les rames, nos gaillards propulsent nos bâtiments vers la terre ferme. Hurlant à plein poumon, les troupes débarquent et bénissent le ciel de leur avoir épargné la vie, de leur avoir offert la victoire et désormais de leur ouvrir la porte d’une conquête, de la gloire et de la richesse ils ne manqueront pas !
Les scutaires capturent ou exécutent les marins adverses échoués sur la plage, installent un cercle de boucliers faisant office de camp sur une bute, déchargent les bêtes et les armes, vivres et équipements divers et dépêchent des cavaliers légers reconnaître les localités environnantes. A la tête de l’armée, le général Isaakios « Le borgne ». Il commande 12 000 combattants et un total de 26 000 personnels si j’inclus les personnes affrétées aux bagages de l’armée. Après deux jours de repos, la consolidation du camp qui émerge enfin et le débarquement des derniers survivants et retardataires, la marche vers l’intérieur des terres commence. Ce qui se trouve rassemblé dans la colonne se compose d’un millier de cavaliers cataphractaires, deux milliers de cavaliers médians dont la moitié à la solde du général lui-même, neuf légions dont six puissantes unités lourdes aguerries. Longeant les côtes et ralliant villes et ports avec facilité, l’armée impériale finit par détecter deux masses en mouvement, deux armées barbares dirigées respectivement par les frères Berig et Atharid. Isaac, apprenant que les chefs convergent vers un point de passage à l’Ouest de sa position, regroupe ses forces et fait mouvement vers la rivière Tortone, au sud de la cité de Milliameni.
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https://www.youtube.com/watch?v=lYUZsy_U8IE[/center]
Au matin du 18 mai 522, la tête de colonne de l’armée impériale atteint les faubourgs d’une cité en ruine, calcinée par des éclaireurs et des éléments d’avant-garde ennemi. Les ennemis de l’Empire, innombrables, se trouvent en plein franchissement de la rivière et sur cinq points, formant des colonnes fluctuantes de hideux bestiaux en armes. Atteignant ce qui va devenir le point haut de sa défense, Isaac place son armée sur la colline dominant le passage, établissant son camp dans la cité en ruine tandis qu’accourent au pas de course ses soldats. Il place ses cavaliers les plus lourds en réserve tandis que l’infanterie forme six batailles flanquées à l’Ouest et à l’Est par des éléments de cavalerie scythes, des mercenaires plutôt lourds et des cavaliers légers Arcadiens. Les cors de guerre et les cris fusent, la rivière faisant face à Isaac et ses hommes n’est qu’à huit cent mètres, seuls les lignes de vergers et les murets séparent ces masses en mouvement de la petite armée Arcadienne. Passant en revue ses lourds vétérans aux cheveux grisonnants, Isaac constate leur appréhension face à près de 40 000 adversaires se rassemblant face à eux. Exhortant ses soldats à tenir la ligne pour l’Empire, la richesse et la gloire, il motive ses gaillards tout en laissant l’ennemi approcher. Ponctuant son discours d’insultes adressées aux barbares, il parle le langage de sa troupe, un grec vulgaire et sans fioritures. Il décrète péremptoire : « Je pisse sur ces merdes, cette terre est celle de l’Empereur et on va la lui rendre ! » et ajoute « C’est la victoire ou la mort ! ».
Les ennemis s’approchent à deux centaines de mètres et décochent des flèches, gravissant les pentes de la colline et enserrant d’avantage le dispositif des batailles arcadiennes. Les fantassins légers arcadiens font des ravages mais rien n’y fait, les barbares approchent inlassablement. Soudain, les rangs de deux batailles arcadiennes au centre du dispositif s’ouvrent et s’organise alors un coin de cataphractaires menés par Isaac. Hurlant à plein poumon, la troupe pousse des cris d’enthousiasme couvrant le galop de centaines bêtes de guerre surblindées et le fracas régulier des masses enferrés montées sur leurs animaux. Un millier de chevaux poussés à 40km/h, leur masse alliée à leur vitesse s’impose au bout d’une lance lourde de 7 mètres. La charge qu’il opère déstabilise la masse barbare qui s’arrête momentanément, mais il est trop tard, un torrent de chaire et d’acier s’abat sur leur centre et brise leurs rangs opposés aux cataphractaires. Exultant, la troupe à pieds lance l’assaut sous les ordres d’officiers impétueux, pas un pas en arrière ! Le combat fait rage, les pertes grimpent énormément à droite et la gauche peine à contenir la masse barbare qui tente de prendre de côté ce flanc de l’armée Arcadienne. L’assaut au centre triomphe pourtant des masses barbares, portant sur une lance la tête du chef barbare Berig. Le frère aîné est mort et le frère cadet est blessé, en fuite il abandonne son armée alors dans une mêlée indescriptible. Poursuivis par les ailes de cavalier légère, Atharid précède des milliers de barbares en fuite se ruant vers les passages sur la rivière. Retournant ses cataphractaires épuisés pour une ultime charge, Isaac broie les flancs toujours au contact der ses troupes et parachève la victoire. La poursuite s’engage ! Avançant du haut de la colline et déferlant les pentes, les scutaires et cataphractaires achèvent à chaque mètre des centaines de blessés et prisonniers barbares. La furie Arcadienne n’a plus de limite. Atteignant la rivière, les arcadiens trouvent l’armée ennemie entrain de se reformer et donne dans le tas. Massacrés par paquet, acculés et décimés, égorgés entrain de remparer ou empalés par les lanciers arcadiens, les barbares saignent si abondamment que l’eau devient rouge, la chaire ensanglantée forme des ponts voir des amoncellements de cadavres de hordeux.
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Le général Isaakios « Monophtalmos » à la poursuite des barbares.[/center]
La bataille est gagnée, l’aile d’or et la pourpre dominent les cadavres des ennemis de l'Empire.. Les cavaliers descendent de leurs moutures et les troupes rejoignent fièrement le camp. Acclamant leur chef, ils ramènent avec eux le butin. Ayant vidé les poches de leurs innombrables victimes, ayant saisit des milliers de prisonniers, futurs esclaves, des animaux de trait et de guerre et bien évidement le trésor des barbares. Cette prise est hors de toute proportion et permet au général de récompenser ses soldats et officiers, rémunérer ses mercenaires et s’enrichir en toute légalité. Déplorant mille pertes définitives et deux mille blessés, touchés à divers degrés, l’armée Arcadienne, a tué en ce jour de mai et notamment dans les eaux de la « Rivière Pourpre » 10 000 barbares et capturé 9 000 personnes dont 2000 hommes. Le reste a réussi à fuir vers Milliameni.
De retour dans sa tente, le général Arcadien porte à son comble le prestige de l’armée impériale arcadienne, l’Empereur paraît alors bien lointain et des officiers songent alors à le proclamer Empereur, avec ou contre son gré … [...] ».