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Posté : sam. mai 26, 2018 11:03 pm
par Hohenhoff
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La vie courante en Horbarash :[/center]

En ces lieux seront postés des textes qui dépeignent la vie en Horbarash : cela peut être des textes dépeignant la vie de la famille royale aussi bien que de petits paysans ou pêcheurs, des présentations d'événements exceptionnels ou banals, politiques et intéressants pour l'extérieur ou totalement a-politique et sans intérêt spécifique pour le reste du monde. Bref, la vie en Horbarash, dans toute sa diversité.

Posté : sam. mai 26, 2018 11:34 pm
par Hohenhoff
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Le bonheur des uns...

Sunborg. La patte de l'Empire des Janubies ne l'avait jamais touchée. Jamais un fonctionnaire du Raj Britonnique n'était venu en conquérant dans la ville lever des taxes quelconques. Près de deux siècles après l'indépendance de l'empire colonial du Vonalya, le vonalyan y était toujours la deuxième langue parlée, avec l'Hindi. Et pourtant. Pourtant ces derniers mois, et plus encore ces dernières semaines, le briton avait fait une percée en force dans les conversations locales, car le trafic maritime passant normalement par le Mahajanubia y avait été dérouté, d'abord partiellement, un an plus tôt, lors de la grande guerre entre le bloc briton et le bloc luciférien, puis totalement, pendant le mois qui venait de s'écouler, quand le Mahajanubia avait été mis sous blocus et que les flux commerciaux avaient eut le choix entre se détourner vers l'Horbarash, Sunborg en tête, ou s'annuler purement et simplement.

Le port, récemment aménagé en partie grâce à l'argent du Mahajanubia, avait donc pu amplement servir pour décharger toutes sortes de choses diverses et variées. Pour tout dire les autorités portuaires ne tenaient que vaguement le registre de ce qui entrait et sortait du port vers ou depuis le Mahajanubia : tant que les taxes étaient perçues raisonnablement, il n'y avait aucun problème, et quand il y avait la possibilité d'en avoir un, quelques pots-de-vin aidaient à ce qu'il n'y en ait pas. Les sundeborgiens avaient gardé ce trait de caractère très marqué des vonalyans de se soucier avant tout du commerce et des bénéfices, et ensuite de la morale ou du sens politique des choses. Le Mahajanubia représentait, de très loin maintenant, le premier client du port, et tout ce qui pouvait transité par-là était toujours bon pour faire tourner le commerce en pleine extension de la cité, ancien comptoir colonial qui retrouvait de sa superbe sous cet intense flux commercial.

Bien sûr, cela ne durerait qu'un temps. Déjà, ces dernières heures, les radios crachaient en boucle la nouvelle d'une débâcle de la flotte coalisée devant les côtes du Mahajanubia, chassés par quelques missiles et roquettes. Certaines étaient-elles passées par Sunborg, ou faisaient-elles toutes parties du stock mahajanubian ? Difficile à dire, et dans les bars du front de mer, on s'en souciait bien peu. Les habitants, descendants plus ou moins métissés, selon les personnes et les quartiers, de la rencontre entre les locaux et les vonalyans, des siècles plus tôt, se fichaient comme d'une guigne d'où avaient bien pu provenir les armes, et on essayait plutôt d'analyser les retombées d'une retraite de la Coalition, si retrait il y avait, et si le blocus était bien fermé.

D'un côté, cela tarirait certainement un flot de richesse continu qui avait bien profité à la ville depuis plusieurs semaines. Ansen Jorviks, dirigeant de la Cité-Libre, se frottait assurément les mains de la pluie de taxes diverses et de retombées indirectes qui étaient entrées dans les caisses de la ville, et nombre de ses administrés avaient eux aussi radicalement améliorés leur condition financière. Malgré tout, ce genre de manne devait bien avoir une fin, et surtout, la retrait de la Coalition, si retraite il y avait bel et bien, ramènerait aussi de la sécurité dans la cité qui, il fallait le rappeler, était après tout juste à la frontière, sous le regard potentiellement menaçant d'un faux mouvement de la flotte de blocus. Avec le retrait des vaisseaux, c'était certes de l'argent en moins, sans doute, mais de la tranquillité en plus... même si les tavernes bruissaient du débat de savoir si c'était mieux ou non de revenir à plus de tranquillité.

Enfin, peut-être parce que les radios qui crachaient la nouvelle étaient pour moitié des radios mahajanubiennes, écoutées par des expatriés, des travailleurs venus chercher une livraison, ou tout simplement par hasard, vu la proximité de la frontière, la nouvelle de la mise en déroute de la puissante flotte dytolienne par des groupes de janubiens décidés et sous-armés avait aussi quelque chose de profondément réjouissant. En n'annonçant aucune raison à son blocus ni aucun moyen de le faire levé, aucun qui fut venu aux oreilles du petit peuple horbarien en tous cas, les coalisés n'avaient certainement pas gagnés des points en sympathie, et leur rouste par « les forces vives de la Janubie » fit levé plus d'un verre ce jour-là. Bien sûr, ceux qui comptaient sur le blocus pour copieusement continuer à se remplir les poches à grande vitesse furent quelque peu déçus, mais bon, on ne pouvait pas contenter tout le monde.

Sunborg avait largement profité des malheurs du Mahajanubia, et aujourd'hui l'esprit janubien profitait du malheur militaire des coalisés. La question était de savoir qui allait profiter des malheurs de la flotte en débâcle sur le long terme, et aussi de voir si Sunborg saurait utiliser ces gains rapides pour concrétiser une prospérité plus durable...