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Posté : jeu. mars 22, 2018 8:10 pm
par Caton
[center][img]https://i.goopics.net/v0Vnb.png
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[center]Préface de Flavius Julius Prospero, sénateur du Parti Populaire Réformiste (traditionnellement présenté comme de centre-gauche)[/center]
Je me souviens avec émotion de la première fois où Marcus Albanus, alors jeune chercheur, m’a contacté il y a maintenant une vingtaine d’années. L’ambition qu’il avait m’avait alors paru folle : écrire et éditer un ouvrage tendant à l’objectivité sur l’histoire de notre nation. Si cette ambition m’avait paru folle, c’est parce que le contexte d’alors n’était pas véritablement à l’objectivité, il ne l’est d’ailleurs toujours pas. Les manuels historiques distribués à nos enfants dans les écoles publiques sont, nous le savons tous, très clairement orientés, et prétendre leur opposer un ouvrage neutre semblait en ce temps-là un pari pour le moins risqué, c’était s’attaquer à la majorité des clans patriciens, s’attirer les foudres des puissants.
Pourtant, vingt ans plus tard, force est d’avouer que le pari a réussi, preuve qu’éditer un tel ouvrage répondait à un besoin, était vital pour la dynamique de démocratisation et de réforme du pays. Pas même le plus conservateur des sénateurs ne pourrait nier, aujourd’hui, la référence considérable que constitue l’ouvrage de mon ami Marcus Alban, une œuvre sans cesse modifiée selon les derniers apports de l’historiographie contemporaine, et rééditée encore et encore, achetée tant par des étudiants que par des chercheurs étrangers, lue par des hommes politiques ou simplement par des citoyens concernés.
Ne vous y trompez pas, vous tenez fermement entre vos mains ce qui s’approche le plus de la vérité en ce qui concerne l’histoire éteraine. Cette histoire est riche de trahisons, de révolutions, de contre-révolutions, de grandeur et de moments moins glorieux, mais cette histoire, c’est assurément celle de tous les éterains, et c’est cela qui la rend précieuse. Alors lisez, et n’oubliez pas que lire le passé n’est qu’une manière d’écrire l’avenir.
[right]Préface pour mon ami Marcus Alban,
Flavius Julius Prospero
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[center]SOMMAIRE[/center]
Chapitre 1. Ab origine fidelis . Ab urbe condita. Vraiment ?
Chapitre 2. L’envol du Phaeton
Chapitre 3. La guerre de douze ans
Chapitre 4. D’une guerre civile à l’autre...
Chapitre 5. Les invasions barbares et la cité solitaire
Chapitre 6. La seconde monarchie Tarse
Chapitre 7. Une histoire populaire d’Etera
Chapitre 8. La Contre-révolution et l'Empire Italique
Chapitre 9. Pactum Eterae : une nouvelle république pour un nouveau monde
Chapitre 10. Histoire contemporaine et perspectives : Etera aeterna ?
Posté : sam. mars 24, 2018 7:17 pm
par Caton
[center]Chapitre 1 : Ab origine fidelis ? Ab urbe condita ?
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[justify]S’il est un sujet de discussion maintes et maintes fois évoqué, débattu et choisi par de nombreux historiens éterains, c’est bien celui des origines de notre nation. En effet, celles-ci se perdent dans un chaos de mythes, de légendes narrées génération après génération sans réelle recherche sur la véracité de ces belles histoires. En effet, toutes ces légendes, qui remontent à un temps où l’écriture était à la fois un outil balbutiant, mais aussi et surtout un outil au service du pouvoir, ne sont véritablement étayées par aucune découverte archéologique notoire. Cependant, en conclure que toutes ces légendes, propagées et alimentées par les pouvoirs successifs désireux de se légitimer, ne sont qu’un ramassis dépenaillé et incohérent d’histoires sans fondements serait tout autant se fourvoyer que de les prendre aux mots. Ces histoires, de par ce qu’elles révèlent des enjeux de l’époque, de la vie et des intérêts de nos ancêtres, sont tout aussi intéressantes fausses que vraies. Quant à leur véracité proprement dite, la vérité se situe comme souvent, dans un fond d’histoire réel mais déformé au cours du temps par les intérêts propres aux évolutions des populations, de leurs perceptions et conceptions.
La principale légende concernant la fondation d’Etera, celle qui constitue le cœur de cette mosaïque de contes pour enfants et pour adultes, est sans contestation possible celle d’Eter l’enfant du ciel. En effet, encore aujourd’hui, il est rare de rencontrer quelqu’un ne l’ayant pas entendu, ne serait-ce que parce que c’est un des fondements du Credo Imperialis, la religion officielle de l’Etat et de la nation Eteraine. La première occurrence écrite du périple d’Eter que nous ayons pu retrouver se situe dans le « 42ème texte des origines », l’un des 55 textes décrivant supposément les origines et la cosmogonie éteraine, datant d’après les recherches les plus récentes du 4ème siècle avant Jésus-Christ et dont ne disposons plus que 14 sur les 55 censés avoir été écrit. Si ces 14 textes sont pour tous les historiens éterains de véritables mines d’or, nous éviterons de trop nous étendre dessus pour nous concentrer, si vous le voulez bien, sur cette fameuse légende du périple d’Eter, puisque c’est précisément cette dernière qui décrit les origines de la ville d’Etera. Puisque le texte d’origine est assez long et accessible dans de très nombreuses bibliothèques, que le lecteur m’excuse de résumer quelque peu l’histoire.
Le début de notre conte demande en premier lieu quelques précisions cosmogoniques, gageons que nous n’y passerons pas par tout le panthéon éterain. Pour rester simple donc, Maari et Maayu sont les principaux dieux du panthéon éterain, Maari représentant un homme, et les valeurs qui y sont traditionnellement attachées en Dytolie, et Maayu la femme, et les valeurs qui y sont traditionnellement attachées en Dytolie. Contrairement à d’autres cosmogonies, ces dieux-là n’ont pas créé la Terre, mais l’ont en fait découverte en errant dans les limbes. Maari créé les premiers hommes et femmes, directement adultes, ce qui les rend violents entre eux et avec la Terre. Maayu, de son côté, décide, de créer un enfant : Eter. Eter est petit, candide, empli de rêves, c’est un enfant. Maari, découvrant horrifié l’œuvre de sa femme, bannit la créature sur Terre en pensant que la violence du monde aura raison d’un être aussi chétif. Contre toute attende, Eter survit, et même mieux, parcourant le monde et rencontrant les adultes n’ayant jamais connu l’enfance, leur enseigne la contemplation, le sourire, le rêve et la confiance. De cette rencontre entre les créations de Maari et celle de Maayu, un semblant de civilisation commence à naitre : la force, la violence, se met au service du rêve, de la contemplation. Eter parcourt ainsi le monde et sème partout les graines de la civilisation, mais, les années passant, il finit par grandir. Devenu un jeune homme, Eter parcourt toujours le monde mais, un jour qu’il passe près d’une mer bleue où vit une communauté comme les autres, et qu’il contemple dans le ciel des oiseaux qu’il n’a vu nulle part ailleurs, de grands oiseaux blancs à la queue très longue et effilée en plusieurs brins, l’un d’eux descend vers lui et il se rend compte qu’il est énorme. C’est en fait Maayu qui, ayant revêtu la forme d’un très grand phaeton, lui annonce que son périple est maintenant terminé, et qu’il doit rester là où il est, car désormais il n’est plus un enfant. Eter va alors à la rencontre de la communauté qu’il aperçoit de là où il est, et avec cette dernière fonde une ville qu’il nomme Etera. Voyant sortir de terre les premiers bâtiments d’une cité des hommes, Maari et Maayu décident que dorénavant, chaque humain devra être enfant avant d’être adulte, et laissent Eter vivre en compagnie des autres hommes, développer sa ville et fonder une famille.
Ce mythe du périple d’Eter, plutôt sympathique pour beaucoup de lecteurs, est à plusieurs égards extrêmement révélateur de certains aspects de la culture éteraine du 4ème siècle avant Jésus-Christ, dont certains sont encore aujourd’hui en partie présents. En effet, l’aspect sacré de l’enfance dans la culture éteraine est plus compréhensible au regard de ce mythe fondateur : l’enfant est ici celui par lequel arrive la civilisation, ce qui explique que malgré de longues périodes de pratique de l’esclavage dans l’histoire éteraine, jamais le travail des enfants n’ait été véritablement permis, y compris en ce qui concerne les enfants nés esclaves. La lecture du mythe nous fait également mieux comprendre pourquoi toutes les familles patriciennes se revendiquent comme descendants d’Eter, c’est à la fois une manière de légitimer sa supériorité, de se décrire comme plus civilisé par le sang, d’en même temps revendiquer être le meilleur choix pour le pouvoir car moins violent, moins bestial et plus altruiste. La légende explique aussi ce qu’est l’étrange oiseau présent sur le drapeau éterain : un immense phaeton, oiseau endémique du lieu.
Avouons cependant que la possibilité qu’Etera ait été réellement fondée par le fils d’une déesse est malgré tout peu probable. Que savons-nous des origines réelles de la cité ? L’hypothèse faisant consensus dans la communauté scientifique est aujourd’hui celle de groupes de populations venus du Sud-Est pour une raison inconnue, et qui se seraient mélangés à des groupes de populations déjà présents, ceci aux alentours du 7ème siècle avant Jésus-Christ. Ces populations vont fonder plusieurs communautés, et les communautés littorales, dégageant des excédents alimentaires grâce à la pêche, vont rapidement s’imposer. Nous verrons cependant tout cela dans le chapitre suivant.[/justify]
Posté : jeu. avr. 26, 2018 2:09 pm
par Caton
[center]Chapitre 2 : L'envol du Phaeton
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[justify]Si l’on ne peut que supposer, en observant un faisceau d’indices convergents, que les origines d’Etera remontent au 7ème siècle avant Jésus-Christ, les historiens sont en revanche beaucoup plus certains de ce qui a suivi la fondation de la ville. Du 7ème au 3ème siècle avant Jésus-Christ, Etera va en effet connaitre période de croissance constante sur tous les plans. Dans un espace où les entités proches les plus imposantes sont elles aussi des cités, Etera va peu à peu faire grandir son territoire et intégrer les autres cités qui l’entourent par des guerres, des alliances, et surtout par son rayonnement économique et culturel.
L’histoire d’Etera qui recouvre cette période est assimilable à une sorte de cercle vertueux de la puissance. Au départ petite cité parmi d’autres dans cette région du monde, l’emplacement littoral d’Etera va lui permettre de pratiquer et la pêche, et le commerce maritime céruléen. Si les activités de pêche permettent à la communauté de dégager des excédents alimentaires de plus en plus importants, et donc de faire croitre la population, le développement d’Etera vient aussi de son emplacement géographique sur la côte de la région. En effet, en plus d’être idéalement placée pour offrir une interface entre les flux venant de l’intérieur des terres et le commerce maritime céruléen, la ville est également la cité littorale la plus aisément défendable de tout le littoral de la région, et ce à la fois face aux attaques terrestres et maritimes.. Cette résistance naturelle est offerte par l’installation de la ville sur plusieurs collines facilement fortifiées par les habitants, et par le relief de la côte qui forme à cet endroit une baie pouvant abriter les navires lors des tempêtes ou des raids de pirates.
Ces particularités géographiques vont rapidement permettre à Etera de prendre le dessus non seulement sur les cités à l’intérieur des terres, mais aussi et surtout sur les autres cités tournées vers la mer. De fait, elle subit moins les raids des pillards et autres pirates, tandis que le commerce y est facilité. Le commerce attirant le commerce, la richesse attirant la richesse, la croissance de la ville va être de plus en plus importante, jusqu’à ce qu’Etera prenne finalement définitivement le dessus sur les autres cités, qui se retrouvent liées à elle par des allégeances ou des alliances. On assiste bien au cours de cette période à la naissance d’un proto-empire éterain, recoupant peu ou prou les frontières actuelles du pays, bien qu’évidemment bien moins centralisé qu’un Etat moderne.
Les institutions politiques et l’organisation sociale de la cité à cette époque sont peu renseignées, la consignation par écrit des grandes décisions et leur archivage étant une coutume peu répandue à cette époque chez les élites éteraines. Néanmoins, les quelques sources dont disposent aujourd’hui les chercheurs, principalement des mosaïques et des gravures sur des objets, permettent de poser plusieurs affirmations. En premier lieu, il est certain que les éterains pratiquaient alors l’esclavage, y compris pour dette, et que cette main d’œuvre bon marché était fortement mise à contribution pour les travaux des champs et la construction des édifices publics. En second lieu, la ville semble avoir été dirigée, dès cette époque, par une caste de patriciens divisée en grandes familles centralisant les capitaux économiques et politiques. Les gravures retrouvées témoignent également de l’importance de la mer pour les habitants de la ville. Etera semble avoir été, durant cette période, bien plus tournée vers la mer qu’elle ne l’a été par la suite, ou qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Voyant sa puissance militaire augmenter avec le temps, et son autorité sur les autres cités se renforcer, Etera se trouve dès le milieu du 4ème siècle doté d’un statut de puissance régionale qui nourrit ses appétits. Pourtant, elle n’est pas seule à revendiquer, dans la région, le statut de puissance régionale. A ses côtés, un ogre est en train de grandir, une fulgurance dont elle va faire les frais. En effet, sur la bordure Ouest du territoire éterain, la république de Morino aspire elle aussi à une certaine domination sur le commerce céruléen. Dès le 5ème siècle avant Jésus-Christ, Morino et Etera partagent une frontière commune, et une rivalité commence à naitre entre les deux cités. Alors que les deux entités se développent et que l’enjeu commercial devient de plus en plus important, cette rivalité ne fait que croitre, si bien qu’au tout début du 3ème siècle avant Jésus-Christ, elle s’est transformée en franche animosité, et que les deux villes sont à couteau tirés.
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Posté : jeu. avr. 26, 2018 2:12 pm
par Caton
[center]Chapitre 3 : La Guerre de Douze Ans
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[justify]L’animosité qui oppose Etera à Morino va dégénérer au 3ème siècle avant Jésus-Christ, lorsque les élites éteraines proclament le système dit des « voiles de garance ». Les éterains ayant découvert comment teindre en rouge des grandes quantités de tissus grâce aux fleurs de garance, qu’ils ont rapporté de Marquésie et planté avec succès en Dytolie sur leur territoire, et prétendant à la régulation du commerce maritime dans la région, décident de vendre des voiles de navire rouges aux armateurs commerciaux. Dans un premier temps, disposer de ces voiles rouges serait le gage, pour le navire équipé, d’une assistance sans faille de la flotte éteraine contre les pirates. Une façon, en quelques sortes, de reconnaitre de loin les navires dotés d’une « assurance » achetée au prix fort. Néanmoins, il s’avère rapidement qu’en plus des voiles rouges, les élites éteraines vendent également des lettres de marque pour attaquer et piller sans inquiétude les navires dont les voiles seraient d’une couleur quelconque.
Dès lors, le réel but du système est mis au jour, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une taxe imposée à tous les navires de commerce souhaitant éviter la piraterie à coup sûr. Dans un premier temps, la pratique des « voiles de garance » rapporte des sommes considérables aux grandes familles éteraines, mais en revanche, et c’est peu dire, elle agace prodigieusement les dirigeants de la république de Morino, dont les navires sont régulièrement pillés par des pirates agissant sous la bénédiction éteraine. En 283 avant Jésus-Christ, excédés, Morino décide d’une guerre contre Etera, une guerre qui va durer près de douze ans.
Le conflit, dont la durée a été particulièrement longue, est décrit comme particulièrement sanglant par les chroniqueurs moriniens de l’époque, et va se dérouler sur terre et sur mer. Sur terre, les légions moriniennes, bien entrainées, équipées et encadrées, vont rapidement surclasser les troupes éteraines. Sur terre, le tempo du conflit sera donc donné par les récurrentes expéditions des armées moriniennes, qui mettront tout de même près de douze ans et plusieurs essais avant de réellement atteindre Etera. Sur mer, la flotte éteraine, tient en revanche les moriniens en respect, leur infligeant à quelques reprises de sévères déconvenues navales.
En 271 cependant, l’expédition romaine de Lucius Anicius Gallus, la 4ème en douze ans, finit, par une manœuvre habile, à contraindre l’armée éteraine à une bataille rangée à Scodra. La bataille est couteuse en hommes pour les moriniens, mais leur discipline et leur art militaire finit par l’emporter. L’armée éteraine, disloquée après un contournement par sa droite, est en déroute. Les moriniens ont gagné, et l’Eteranie devient une province morinienne.
Sans tarder, la latinisation de la région commence, d’abord par les élites, descendant ensuite aux peuples urbains, puis aux campagnes. Les élites éteraines se reconvertissent rapidement en nouveaux potentats morinisés et appliquant les décisions prise au sénat morinien. Dès lors, la culture éteraine originelle s’hybride avec la culture latine pour former les bases de ce qu’elle est aujourd’hui. Cette période, celle de l’Etera province morinienne, va durer plus de deux siècles.
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Posté : jeu. mai 31, 2018 3:41 pm
par Caton
[center]Chapitre 4. D’une guerre civile à l’autre…
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[justify]Nous l’avons dit dans le chapitre précédent, la période de l’Etera morinienne va durer près de deux siècles : de la fin de la Guerre de douze ans, en -271, à la bataille des Ponts de Flores, en -42. La question est donc de savoir pourquoi, alors que les éterains se sont finalement intégrés progressivement sans difficultés à l’Empire Morinien, ils éprouvent le désir de s’en détacher à partir, grossièrement, de -52 avant Jésus-Christ.
Pour commencer, il est important de souligner ici que ce désir de retour d’une indépendance face à Sergamo est avant tout un souhait des élites, et ce principalement à cause de son origine, qui ne se trouve pas tant chez les éterains que chez les moriniens. En effet, vers -60, pour des raisons internes à sa politique, l’empire morinien se trouve en difficulté, notamment à cause de dissensions politiques qui menacent sa stabilité politique. Ces animosités internes, conjuguées à des campagnes militaires laborieuses pendant cette période, force les dirigeants moriniens à augmenter les impôts provinciaux, dont, évidemment, ceux de la province d’Etera.
Les élites éteraines, dont la prospérité était jusqu’ici assurée par la « Pax Morinia », se trouvent soudainement face à un changement de paradigme, avec de nouvelles taxes qui menacent leurs intérêts financiers. De cette menace renait un désir d’indépendance des élites, qui voient de plus en plus, les années passant, la sécession comme un moyen de protéger leurs intérêts financiers. Cependant, les impôts moriniens pèsent moins sur le peuple, et l’indépendance de la cité ne peut se gagner sans le soutien du peuple. Toute l’action des élites éteraines sera alors de faire renaitre chez un peuple morinisé le désir de souveraineté, à travers le mécénat à des dramaturges populaires en faveur de la sécession, à travers des discours, la désignation des problèmes sociétaux comme résultats de l’occupation morinienne… Cette action des élites n’est pas à proprement dit qualifiable de « concertée », elle s’installe peu à peu comme un phénomène semi-volontaire résultat de la politique fiscale morinienne.
Au cours du temps, le désir d’indépendance renait donc, mais cela n’induit pas que la sécession soit militairement envisageable. Etera n’a, pour ainsi dire, plus de structures militaires propres depuis son intégration à l’empire morinien. Les élites moriniennes, pour gagner l’indépendance, ont en fait saisi une double opportunité. La première face de cette opportunité s’axe autour des dissensions internes moriniennes, qui mènent, en -44, à l’explosion d’une guerre civile meurtrière et affaiblissant considérablement les capacités militaires de l’Empire, siphonnées par les affrontements fratricides. La deuxième face de l’opportunité est l’existence sur le marché, à cette époque-là, d’effectifs considérables de mercenaires, qui vont permettre aux élites éteraines, encore dotées de fortunes considérables, de disposer rapidement d’une armée capable de mener la lutte. Ces mercenaires, associées à des masses citoyennes massivement enrôlées, vont engager avec les forces moriniennes une guerre courte, violent, dynamique, qui aboutira, après la bataille des Ponts de Flores en -42, à la signature du « Traité des Républiques », un acte reconnaissant l’indépendance d’Etera et la coexistence des deux républiques sur des frontières presque correspondantes aux séparations actuelles.
De -42 à 446, les chemins morinien et éterain vont ainsi progressivement s’écarter, sans que jamais les liens ne soient complètement rompus de par les frontières communes, les liens culturels et commerciaux. Néanmoins, il ne faut pas imaginer qu’Etera a vécu, pendant toute cette période, une époque sans crises et affrontements, car après la guerre civile morinienne, Etera vivra elle aussi la sienne. Une guerre civile cependant bien particulière, qui trouve sa source dans les évolutions religieuses de cette fin de l’antiquité.
Pour comprendre la Guerre Civile Eteraine, il est nécessaire de revenir sur le détail de la pratique religieuse de l’époque. Les éterains sont traditionnellement polythéistes, leur religion, le Credo Eteranum, étant, nous l’avons vu, une hybridation entre les mythes fondateurs pré-moriniens et les apports moriniens. Cependant, à partir de la fin du premier siècle après Jésus-Christ, le christianisme commence à se répandre en Dytolie, avec l’existence avérée, à cette époque, des premières sectes chrétiennes. Cette croissance du Christianisme à l’échelle dytolienne provoque partout des réactions diverses. A Etera, les chrétiens sont violemment persécutés dès l’apparition des premières sectes chrétiennes, car en plus d’être vue comme une hérésie, le christianisme est aussi perçu comme un refus des conventions et devoirs citoyens. Ostracisés, persécutés, les premiers chrétiens éterains sont poussés à la clandestinité. Mais cette clandestinité n’empêche pas une croissance de la nouvelle religion monothéiste, qui malgré les mesures violentes prises par les autorités, rassemble de plus en plus de fidèles.
La bipolarisation religieuse à Etera pose des problèmes grandissants à mesure qu’elle sépare en deux groupes religieux distincts d’importance la société éteraine. La situation devient encore plus complexe lorsque les conversions finissent par concerner les élites patriciennes. Dès lors, le christianisme n’est plus un phénomène populaire circonscrit, mais instruit une véritable fracture religieuse de l’ensemble de la société. Cette fracture religieuse aboutit fatalement, alors que la puissance des deux pôles s’égalise progressivement, à l’éclatement d’une guerre civile qui vient résoudre la tension qui traverse l’ensemble d’Etera.
Cette guerre civile est extrêmement violente et s’apparente par moments à un véritable conflit d’extermination : on estime qu’un tiers des éterains vont périr durant la guerre, soit parce que les affrontements embrasent l’ensemble du territoire, soit parce que les deux camps mènent, dans les zones qu’ils contrôlent, une politique plus ou moins planifiée selon les endroits d’épuration des populations dont la religion diffère. Là où cette guerre civile affiche sa particularité est dans son résultat. Alors qu’en Dytolie, les conflits religieux de l’époque trouvent leurs résolutions dans des victoires chrétiennes plus ou moins marquées, la Guerre Civile Eteraine a pour dénouement l’extermination d’une grande part des populations chrétiennes, et l’instauration de persécutions toujours plus fortes envers ces dernières. Les historiens spécialistes du sujet expliquent cette conclusion atypique par le déclenchement du conflit alors que les chrétiens n’étaient pas encore majoritaires, et qu’ils ne disposaient pas des ressources financières du pays, puisqu’une seule une faible part des élites patriciennes était convertie.
Cette guerre civile, son déroulement et son résultat symbolisé par la défaite chrétienne des collines de Milvius en 312 expliquent en partie la situation religieuse actuelle de la nation éteraine, où les chrétiens forment aujourd’hui une minorité rassemblant un cinquième de la population environ.
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Posté : jeu. mai 31, 2018 3:42 pm
par Caton
[center]Chapitre 5 : Les invasions barbares et la cité solitaire
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[justify]Parmi les conséquences de la Guerre Civile Eteraine se trouve logiquement un affaiblissement considérable de sa population et de ses capacités militaires, qui fragilise la République alors même que la pression extérieure se fait de plus en plus forte. A partir du milieu du 4ème siècle, les peuples barbares venus de l’Est multiplient les incursions, les raids, et grignotent les frontières du territoire éterain. Exsangue, Etera lutte sans en avoir les moyens contres ces incursions, et parvient à limiter leur impact tant qu’elles ne sont pas massives. La cité ne parvient cependant pas à éliminer la menace, et la pression n’étant que croissante, finit par s’effondrer lorsqu’une vague de migration massive vient bousculer ses défenses fébriles. Déjà victime d’un premier sac en 398, Etera s’effondre totalement en 446, avec l’arrivée d’un peuple venu de l’Est : les tarses.
Bien que l’arrivée des tarses fût violente, le caractère migrationniste de leur arrivée empêcha le pillage total de la région et des villes. Désireux de s’installer durablement, les tarses, sous l’influence du conseil de meneurs barbares qui les dirigeait, limitèrent les destructions et les massacres. Les élites patriciennes, conscientes de leur faiblesse conjoncturelle, préférèrent tenter d’intégrer ces nouvelles populations et courtiser leurs dirigeants plutôt que de conduire un affrontement qu’elles n’avaient pas les moyens de gagner. L’on assista alors à une seconde hybridation, après celle de la culture éteraine originelle et de la culture morinienne, la culture morino-éteraine s’hybrida avec certains aspects de la culture tarse. Néanmoins, ces apports restèrent relativement circonscrits, l’aristocratie tarse se convertissant vite aux mœurs plus confortables et luxueuses des grandes familles éteraines, en commençant par adopter le Credo Eteranum.
Là où les invasions tarses eurent finalement le plus d’effet fut sur l’organisation politique d’Etera. L’on passa d’une république patricienne à un système plus oligarchique, composé de clans puissants plus centrés sur des territoires précis, complotant les uns contre les autres et dont ne tarda pas à émerger les prémices d’une véritable monarchie. Autour de l’an 500, Etera passe définitivement du système oligarchique à une structure féodalisée, composée d’un monarque qui entretient des liens de suzeraineté avec ses vassaux, établis territorialement. Paradoxalement, cette structure centrée sur le pouvoir d’un seul homme, a contribué à décentraliser Etera. Les seigneurs vassaux, établis territorialement et disposant d’un pouvoir de plus en plus fort sur leurs terres, dirigent de plus en plus leur fief comme un véritable territoire indépendant. Le roi, bien que théoriquement suzerain de tout le royaume d’Etera, n’a dans les faits pas les moyens de contraindre ses vassaux les plus forts à sa volonté, et ne doit compter que sur la bonne volonté de ces derniers et son autorité symbolique.
La première monarchie tarse, dont le règne s’étend de l’an 500 environ jusqu’à l’an 1432, soit sur près 900 ans, est au final une période de très long délitement de l’unité politique éteraine, avec des fiefs qui deviennent avec le temps de véritables petits Etats et cités indépendants. L’unité politique de l’espace éterain, gagné dans les premiers siècles d’existence d’Etera, se perd lentement avec la coutume, jusqu’à arriver à une situation où les seigneurs locaux, parfois plus puissants que le roi lui-même, en viennent à contester ouvertement son autorité. En 1432 s’ouvre une période noire pour Etera, avec le début de ce que l’on appelle l’ère des guerres intestines, ou en éterain « Al tempora bellorum ».
La période dite des guerres intestines est une période violente de trahisons, alliances détrompées et autres complots, où les seigneurs font et défont leurs amitiés sur l’autel de leurs ambitions, chacun essayant de tirer son épingle du jeu dans une ère trouble où la première monarchie tarse n’est plus capable d’assurer son rôle de figurer tutélaire et supérieure. S’étendant de 1432 à 1461, soit sur environ une trentaine d’années, elle va voir plusieurs familles aristocratiques prendre tour à tour l’ascendant puis chuter, souvent durement. Peu à peu, les familles les plus faibles sont éliminées ou ralliées à de nouveaux liens de vassalité. Les factions nobles, à force de confrontations, se détruisent ou s’incorporent les uns les autres, jusqu’à ce qu’il n’en reste finalement plus qu’une pouvant réellement prétendre à l’autorité sur l’ensemble de l’espace éterain. La famille qui prend définitivement l’ascendant est un clan du nom de Nipséens et dont le fief originel se situe à Malleanum.
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Posté : mer. juin 13, 2018 3:36 pm
par Caton
[center]Chapitre 6 : la Seconde Monarchie Tarse
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[justify]En 1461 donc, débute la seconde monarchie Tarse avec l’accession au pouvoir des Nipséens. Ce régime, dont l’existence va s’étendre pendant plus de deux siècles jusqu’en 1698, fut beaucoup plus dur, centralisé et répressif que la première monarchie Tarse. Craintifs d’une nouvelle déliquescence de l’unité éteraine, les monarques de la dynastie Nipséenne instaurèrent au cours des années un régime de plus en plus absolutiste, reposant sur la violence comme garante de l’autorité du pouvoir, et sur le pouvoir total du monarque.
De 1461 à 1698, soit 237 ans, 12 rois se succèdent, avec des règnes plus ou moins longs. De manière générale, chacun des monarques étend un peu ses pouvoirs, si bien qu’en 1698, le roi ne peut connaitre de réelle opposition légale pour quoi que ce soit. Paradoxalement, et alors que cette volonté absolutiste est censée assurer la pérennité de la dynastie, c’est bien elle qui va provoquer sa chute. En effet, si certains des rois de la monarchie, à l’image de Regulus III, s’apparentent à des despotes éclairés, certains autres instaurent durant leurs règnes un climat de terreur et de suspicion qui fait planer sur les sujets du royaume une ombre permanente.
Si l’œuvre de la dynastie Nipséenne est effectivement le rétablissement sans exception de l’unité éteraine, cette unité se (re)construit à marche forcée. Les seigneurs provinciaux locaux sont mis au pas, les plus rétifs éliminés au profit de familles dont les liens de vassalité semblent moins lâches. Le peuple connait une perte massive de droits et toute agitation populaire est sévèrement réprimée, souvent au prix de centaines de morts. En 1602, sous le règne de Nipseus II, une révolte de viticulteurs est contenue dans le sang, causant plus de 20 000 morts. Cette révolte, connue sous le nom de « Révolte des raisins verts », restera longtemps dans les mémoires, et fait encore partie de l’imaginaire éterain comme un exemple de l’effroi possible sous un régime monarchique.
Toujours désireux de détruire tout ce qui pourrait craqueler l’unité retrouvée, les rois de la Seconde Monarchie étouffent les conflits inter-religieux de manière constante. Les prédicateurs de tous bords sont emprisonnés, tandis que les minorités catholiques sont autorisées à se construire des églises en périphérie des villes et à pratiquer leur culte dans la discrétion. Les juifs, dont le sort à Etera suit historiquement celui des chrétiens, connaissent une ère de relative tranquillité. De manière assez étonnante, et alors que la période de la seconde monarchie Tarse est celle d’un régime répressif au possible, les conflits religieux se font eux très rares pendant ces deux siècles. Cette relative tranquillité des cultes, conséquence surprenante de l’oppression généralisée, calme par ailleurs les ardeurs des monarchies catholiques étrangères et de la papauté, qui voit pour la première fois les chrétiens éterains pouvoir pratiquer leur religion sans subir de violences particulières.
S’il est, cependant, une chose à mettre au crédit des rois Nipséens, c’est bien la réussite de leur objectif de rétablissement de l’unité éteraine. Non seulement cette unité est rétablie, mais elle est même prolongée, avec une unification monétaire, fiscale, légale, qui modernise profondément le pays et créé véritablement comme une donnée de long terme une conscience nationale éteraine. Néanmoins, les politiques souvent imposées par la force provoquent l’ire des populations, et ce dans toutes les classes sociales. Si les révoltes sont toujours réprimées dans le sang, cela n’est pas moins vrai en ce qui concerne les complots aristocratiques, qui eux aussi s’organisent à plusieurs reprises durant les règnes des rois Nipséens.
En 1689, Regulus VII accède au trône, mais dès le départ, ses méthodes provoquent l’indignation des familles patriciennes et d’une grande partie du peuple. Porté sur la boisson, violent, psychotique, les sources ne manquent pas pour attribuer au dernier roi d’Etera toutes les tares possibles et imaginables. S’il est probable que ces sources soient pour la plupart très partiales, il reste certain que Regulus VII n’était pas le monarque le plus subtil qui soit. Les recherches menées sur les actes officiels pris durant son règne atteste sinon de sa folie, du moins de ses caprices fantaisistes et de son incapacité profonde à gérer sa colère. Ses choix souvent mal avisés en matière de gouvernement viennent quant à eux témoigner de son peu de talent pour la politique, et ce, sans aller trop loin dans le biais rétrospectif.
Il n’est donc pas vraiment étonnant que, là où ses ancêtres avaient su résisté aux complots aristocratiques, Regulus VII fut lui renversé par le premier grand complot d’ampleur qui fut monté contre lui par les patriciens. La révolte des cent familles, appelée ainsi parce qu’elle rassembla une bonne moitié des familles aristocratiques, dépose Regulus VII dans des conditions plutôt troubles. D’abord forcé à abdiquer en faveur d’un conseil de régence, il disparait ensuite dans des circonstances mystérieuses, sûrement exécuté dans le secret. Evidemment, à l’étranger, personne ne se soucie vraiment d’aller sauver le trône d’une dynastie païenne, et c’est donc sans trop de protestations que s’installe calmement un régime bourgeois et oligarchique basé sur le pouvoir des régents, qui gouvernent par un conseil composé d’une trentaine d’individus.
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Posté : jeu. juin 14, 2018 1:45 pm
par Caton
[center]Chapitre 7 : Une histoire populaire d’Etera
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Le Conseil de Régence est un régime qui, partant pourtant d’une institution improvisée, va durer étonnement longtemps, jusqu’en 1856 pour être précis, soit près de 158 ans. Cette longévité camoufle cependant avantageusement un régime fragile dès le départ, et qui le reste au cours du temps. Doté de jambes d’argile dès sa naissance, la Régence ne perdure finalement aussi longtemps que parce qu’aucun vent de l’histoire ne vient la faire vaciller pendant un siècle et demi. Il n’est pas étonnant qu’à la première rafale un tant soit peu violente, le régime fut emporté dans les limbes de l’Histoire.
Si, en 1698, l’organisation sociétale éteraine est encore féodale, l’avènement d’un régime plus bourgeois et la marche inaltérable du Progrès vont profondément la modifier. Déjà, pendant tout le XVIIIème siècle, les manufactures se multiplient et les villes grandissent avec leurs faubourgs. On sent durant le siècle se mettre en place les prémices de la Révolution industrielle à suivre. L’introduction de la machine à vapeur à Etera au XIXème siècle va ensuite déclencher véritablement cette fameuse révolution. C’est à cette époque que la découverte, dans les montagnes du Nord du pays, d’importants gisements de charbon, et le besoin sans cesse grandissant de ce combustible pour alimenter les usines toujours plus nombreuses vont accoucher du secteur minier éterain.
La Révolution Industrielle amène à Etera son cortège de bouleversements, avec une croissance rapide des villes, de l’économie, mais, surtout, le développement d’une toute nouvelle classe ouvrière. Le développement de la classe ouvrière suit le développement du secteur industriel et un exode rural toutefois moins important que dans d’autres territoires. L’existence de cette classe ouvrière, ses conditions d’existence, et le développement international des premiers mouvements socialistes vont toucher le régime des Régents de plein fouet.
Historiquement moribond, compromis faible entre familles bourgeoises ne sachant trop que faire du pouvoir, la Régence non seulement ne repère pas le danger introduit pour elle par le développement des premiers réseaux de lutte ouvrière, mais parvient encore moins à ne serait-ce que gêner la construction d’organisations syndicales et de partis politiques ouvriers. Guidés par le développement international du mouvement ouvrier et la structuration grandissante de la pensée communiste, ces mouvements ouvriers éterains, au départ disparates, fusionnent peu à peu jusqu’à la création d’un parti unique : le Parti des Travailleurs d’Etera. Créé en 1847 suite à un immense congrès ouvrier, le Parti prend dès ses premiers jours un poids considérable, recrute de manière massive dans la classe ouvrière, puis paysanne.
La régence essaie bien, après avoir finalement compris la vague qui s’annonçait, de lutter contre le Parti, mais il est trop tard, et le régime, dont le charisme inexistant n’a jamais pu convaincre une large part de la société éteraine, est déjà conscient qu’il va être balayé. Dès 1852, et alors qu’on estime qu’en cette année près de 80% des ouvriers sont adhérents au Parti, les départs de familles patriciennes pour l’étranger se multiplient. La chute de la Régence ne sera une surprise pour personne, elle semble à tous inéluctable, la question est de savoir quand elle se produira. Mais qu’attend le Parti des Travailleurs, pourrait-on se demander. La réponse est plutôt simple, il attend une figure de proue, un guide capable de mener la Révolution et faire taire les dissensions internes, de faire l’unité du mouvement dans la lutte et, finalement, de prendre le pouvoir. En 1854, c’est chose faite, Alinius Ganimo, souvent appelé plus simplement Ganimo, prend le dessus sur l’exécutif du Parti suite au congrès de Lamaria. En 1856, suite à l’incendie d’une usine dans les faubourgs éterains, incident qui fait suite au refus du propriétaire de l’usine de changer des machines vétustes, l’insurrection éclate. Les manifestations se multiplient, les incidents aussi, les premiers morts font encore grossir le mouvement. Lorsque l’armée, lasse d’une Régence qui fit peu de cas de sa situation, refuse finalement toute intervention, le régime tombe. La Révolution aura duré moins d’un mois, un petit mois qui souffle en un instant un château de cartes lentement édifié par 158 ans de vacance semi-permanente du pouvoir.
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