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Posté : jeu. janv. 18, 2018 4:25 am
par Vladimir Ivanov
L'âme du Karmalistan [culture]
[img]https://i.imgur.com/tKwO8GV.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/RGUErBV.png[/img]
Posté : dim. janv. 28, 2018 3:54 pm
par Vladimir Ivanov
Chants traditionnels karmali
https://youtu.be/4ytdy-iLF-Y
Posté : sam. févr. 17, 2018 5:33 am
par Vladimir Ivanov
Les animaux symboles du Karmalistan (1)
[img]https://i.imgur.com/jumlGXn.jpg[/img]
Le Markhor mâle, symbole des Tojiks
Le symbole de l'ethnie majoritaire du Karmalistan, les Tojiks musulmans persanophones (farsi), est le markhor. Il s'agit d'un bovidé caprin sauvage, parfois dénommé la "chèvre-antilope". La principale caractéristique de l'herbivore, sont ses défenses : deux énormes cornes en spirale chez les mâles, pouvant atteindre jusqu'à 1,5 mètre de longueur. Le dimorphisme sexuel est important puisque celles des femelles sont plus petits (25 cm).
Sa taille est comprise entre 135 et 180 cm (longueur) ou de 65 à 115 cm (hauteur au garrot), cela pour un poids allant de 35 à 115 kg. Sa longévité est d'environ 12 ans.
Son habitat est la montagne et les milieux arides de hauts-plateaux, notamment sur les chaînes du Kormal et de l'Ala-Tau, à une altitude comprise entre 800 et 4 000 mètres.
[img]https://i.imgur.com/WTGA9RC.jpg[/img]
Si les femelles vivent en troupeau (avec les petits), les mâles sont solitaires. Animal crépusculaire (actifs à l'aube et au crépuscule), les markhors s'adaptent aisément à leur milieu, ils sont vigoureux et agiles, capables de grimper et de sauter à travers autant de zones pentues ou difficiles d'accès. Ils peuvent communiquer par des cris d'alarme. Leur pelage les protège du froid (il s'épaissit en hiver) et leur apporte une certaine discrétion (couleur grise et beige qui se confondent avec les rochers). Ils doivent en effet se méfier de quelques ennemis : loup, panthère des neiges et surtout l'homme.
Victime du braconnage (ses défenses sont particulièrement recherchées), c'est une espèce protégée au Karmalistan.
Particulièrement respecté dans la société islamique patriarcale des Tojiks, le markhor mâle symbolise, chez l'homme, la vie en milieux hostiles, la capacité d'adaptation, la force et l'indépendance.
Sa représentation céphalique est notamment reprise par [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=314844#p314844]le KhAD, les redoutables services de renseignement du Karmalistan[/url].
[img]https://i.imgur.com/26fjmno.jpg[/img]
Posté : ven. févr. 23, 2018 8:44 am
par Vladimir Ivanov
Les animaux symboles du Karmalistan (2)
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Le Chameau bactrien (camelus), deuxième symbole des Qarlouks
Le chameau est un mammifère herbivore surtout connu dans l'Histoire karmale comme moyen de transport. On le confond souvent avec le dromadaire, ou "chameau d'Arabie". Davantage implanté à l'Est, sur les terres des Turcs orientaux (Qarlouks), Perses orientaux (Tojiks) et Mongols (Syirs), ils ont deux bosses (le dromadaire arabe, plus occidental, n'en a qu'une).
Il est plus lent (de 10 à 20 km/h) et plus petit (1,8m aux épaules, 2,0m aux bosses) que son cousin dromadaire. Mais il est davantage trapu (sa fourrure supérieure le protège du froid) et endurant.
Son habitat est réservé au Sud de la Natolique, à l'Est du Marqaz et à l'Ouest du Wenlei. Il serait tout bonnement originaire du Nord du Karmalistan (désert de l'Arkadyriane). A l'état sauvage, il est inexistant en Algarbe ou en Nayoque, où c'est le dromadaire qui le remplace.
Ses deux bosses lui confèrent des acides gras saturés indispensables à sa survie en milieu hostile : ils constituent en effet de véritables réserves énergétiques pour son organisme. Particulièrement peu sensible à la faim et à la déshydratation, son métabolisme exceptionnel lui permet à la fois d'optimiser sa consommation hydriques en réduisant ses pertes (condensation par les sinus, faible transpiration, bouse sèche, urine concentrée), et à économiser son énergie en augmentant la digestibilité de son alimentation (véritable "recyclage digestif"), afin de tirer des fourrages même pauvres, un maximum de profit énergétique. Ainsi peut-il jeûner pendant un mois, sans boire ni manger, et aisément supporter un climat hostile, allant de températures comprises entre -30 et 50° Celsius.
A raison de 5 km/h pour deux cents kilogrammes de charge (!), il peut marcher sans interruption de 10 à 12 heures, lui faisant parcourir jusqu'à 60 km par jour. A l'effort il peut se dispenser de boire trois jours durant.
Animal "infatigable", à l'espérance de vie particulièrement longue (de 60 à 70 ans), doté d'une exceptionnelle résistance à son environnement, sa capacité de charge à l'inaltérable endurance, font du chameau le moyen de transport essentiel des célèbres caravanes à long rayon d'action, véritable symbole de la Route de la Soie, entre Wenlei et Marqaz, et par-là même, du Karmalistan.
Posté : ven. mars 02, 2018 5:11 pm
par Vladimir Ivanov
Les animaux symboles du Karmalistan (3)
[img]https://i.imgur.com/9QrjlMT.png[/img]
Le Gypaète barbu : symbole commun des peuples syiro-qarlouks
Gypaetus barbatus, ou communément gypaète barbu, est un oiseau rapace nécrophage, un vautour plus précisément.
Si son aire de répartition est transcontinentale (Natolique, Marqaz, Wenlei, Algarbe, Janubie et Dytolie), son habitat principal traditionnel demeure incontestablement cet espace désertique, steppique et montagneux intracontinental entre Marqaz-est, Natolique-sud, Wenlei-ouest et Janubie-Nord, bref, autour du Karmalistan.
Il faut partie des oiseaux géants : à l'instar des grands vautours, ses dimensions sont supérieures aux grands rapaces (aigles royaux, pygargues à tête blanche...), et est même légèrement plus grand encore que le célèbre vautour fauve : le gypaète mesure 1m15 de long et 2m85 d'envergure pour 7 kg environ. Le dimorphisme sexuel est faible, à l'avantage de la femelle.
Pourvu d'impressionnantes ailes pointues, son bec est fort et puissant, doté d'une mandibule supérieure très crochue. Ses yeux au regard perçant, cerclés d'un masque noir, inspirent crainte et fascination. En cas de pénurie de cadavres, ce charognard peut s'attaquer à une multitude d'oiseaux, reptiles et mammifères vivants avec ses redoutables griffes noires.
En période de reproduction, il émet un sifflement pénétrant caractéristique. Il est monogame, vit en couple et sa longévité peut atteindre l'âge vénérable de 45 ans.
[img]https://i.imgur.com/9az3yEV.jpg[/img]
Ce rapace majestueux de haute montagne est surtout connu pour ses habitudes alimentaires préférées : l'ingestion d'ossements. C'est lui, en effet, qui termine les carcasses d'animaux (cadavres de moutons, de chamois, de loups... d'hommes...), après le passage des vautours fauves et autres charognards qui ne peuvent manger que la chair. Capable d'avaler des vertèbres de grande taille grâce à son gosier élastique, il brisera les plus gros os en les jetant sur des rochers à une altitude comprise entre 50 et 150 mètres. Curieusement, les ossements et ligaments ingérés ne sont nullement stériles : très riches en nutriments énergétiques, ils sont aussi nourrissants que la viande ! Cela, à condition d'être pourvu en sucs digestifs suffisamment adaptés pour dissoudre ce repas peu commun... ce qui est le cas du gypaète, faisant de lui ce rapace si particulier.
[img]https://i.imgur.com/OPWMua1.png[/img]
Bien qu'intimidant, il est en général d'humeur peu agressive. Malgré cela, il défendra son territoire avec acharnement.
Au Karmalistan, il est vénéré par les Syirs et les Qarlouks pour sa magnificence, et la crainte qu'il inspire (les légendes -infondées- font de lui un superprédateur mangeur d'hommes...).
On dit de lui qu'il a pour mission de purifier les hommes en les sacrifiant à Dieu.
Il joue un rôle majeur dans les rites funéraires de certains syirs, lors de la fameuse sépulture céleste. Pour prouver le non-attachement au corps, on dépose le cadavre du défunt sur un haut-plateau steppique, pour être dévoré... jusqu'au dernier des os, grâce au gypaète.
Selon la légende, c'est lui qui aurait tué le grand dramaturge antique amarantin Eschyle en 456 av. J-C. Dans l'espoir de briser son appât, le gypaète jeta une tortue sur sa tête...
[img]https://i.imgur.com/K6BCisd.png[/img]
Posté : mer. mars 14, 2018 11:47 am
par Vladimir Ivanov
Le Registon de Tchardjou
Le Registon est la place centrale de la ville de Tchardjou, cité historique du Karmalistan par excellence, cœur géographique, spirituel et économique de la célèbre Route de la Soie, et capitale de l'ancien empire syiro-qarlouk.
Bâti à la fin du XIVe par le conquérant Taragaï, cette place cultualo-universitaire du nom de Registon "place sablonneuse" en langue farsi) fut le centre politique, culturel et religieux de l'empire syiro-qarluk des Taragaides, lors de son apogée à l'orée du XVe siècle. Véritable carrefour civilisationnel, son architecture est un syncrétisme culturel empruntant aux mondes janubien (indien easho-horbarien), marqazien (arabo-perse alfrano-séranien) et ventélo-natolicain (syirs). La place du Registon est auréolée par trois grandes madrasa (médrésé, école) à pishtak, portails géants sur façade creusée en forme d'arc -iwan- (voute caractéristique du style oriental). La première est Ulugh Beg, la principale université, et l'une des plus vastes du monde musulman, où fut enseigné l'astronomie dès son ouverture. De chaque côté du portail se trouve deux salles d'études à coupoles, tandis que se cache derrière une vaste cour intérieure au pourtour carré délimité par quatre autres portails à iwan. Enfin, la mosquée elle-même se trouve au fond de la cour, d'où les immenses minarets aux angles du pishtak. La deuxième médrésé, Sherdor, est placée en miroir de la première et s'inspire largement de son vis-à-vis, elle est toutefois dépourvue de mosquée. Enfin entre les deux se trouve Tilla-Qari, dont on peut apercevoir la coupole du mihrab de la Mosquée, niche architecturale semi-circulaire indiquant la qibla, soit la direction de Makkah.
Toutes superbement décorées de mosaïques colorées et d’inscriptions calligraphiques islamo-marqazes de style coufique, ces trois médrésé ont été (et demeurent encore) le centre de gravité de la tariqa naqshbandiyya, à savoir la confrérie soufie de Muhammad Baha'uddin Naqshband, dit "Bukharkadyri" (né à Arkhadyr au XIVe siècle), lui-même suivant la voie d'Abu Bakr, le premier calife rashidun ("bien guidé"), selon une chaîne initiatique de transmission spirituelle ("silsila") remontant en réalité à la fin du XIIe siècle. La confrérie (ou "voie") de Naqshband est la branche théologique dominante de l'islam sunnite chez les Qarlouks, et le Registon en fut son principal relai pour son développement tout au long de la fin du deuxième millénaire.
[img]https://i.imgur.com/RJWOzWv.png[/img] - [img]https://i.imgur.com/DWnkDq8.jpg[/img]
Les trois madrasa : à gauche Ulugh Beg, à droite Sherdor, en face Tilla-Qari.
Malheureusement, les réserves financières manquent pour le rénover dans cette région relativement instable, bien que, régulièrement, des récoltes de dons par la population locale (et ses apprentis) a pu sauver le monument d'un probable désastre. Cela, certes, conjointement à l'ouverture par Karagol d'un petit fond annuel d'entretien en faveur du site historique le plus célèbre et mythique du Karmalistan.
Heureusement en 2033, aucune faction insurrectionnelle -pas même les islamistes de l'Emirat- ne souhaitent raser le site (pourtant soufi, donc considéré comme "kafir / mécréant" par les hanafites déobandis). Une telle destruction serait vue comme un sacrilège absolu par l'ensemble du peuple, une blessure dans l'âme karmali.
[img]https://i.imgur.com/HiQmHzQ.jpg[/img] - [img]https://i.imgur.com/QxV3FeR.jpg[/img]
Les madrasa de Sherdor et Tilla-Qari.
Posté : mer. mars 14, 2018 11:48 am
par Vladimir Ivanov
Complexe Poi-Kalon - "Le Piédestal du Très-Haut" (Arkadyr)
[img]https://i.imgur.com/d84wKvj.png[/img]
Minaret Kalon, symbole national majeur du Karmalistan.
Le complexe de Poi-Kalon comporte plusieurs sites rassemblés au centre-ville d'Arkadyr, l'une des plus anciennes cités du Karmalistan.
_ Le minaret Kalon, érigé en 917 sous le règne du tojik "bukharide" Ismoïl Sāmān-khudā, domine la ville avec ses 49 mètres de hauteur. De base octogonale, surmontée de dix anneaux de briques à la fois richement et sobrement décorées malgré l'usure du temps, il se termine en son sommet par une lanterne percée de seize fenêtres.
Il se voulait alors la plus haute tour du Monde. Véritable symbole du premier "Émirat du Kormalestan", il représente à lui seul la naissance la nation karmale, sur les ruines du Califat islamique du Khorasan. Tour multifonctions, elle jouait alors un rôle à la fois religieux, judiciaire, militaire et économique. Elle sert d'abord d'appel à la prière pour les muezzins de la Grande Mosquée, mais aussi de tour de guet pour la garnison de l'armée et de repère pour les caravaniers de la Route de la Soie. Enfin, les criminels y sont jugés et parfois condamnés à mort, dans cette tour du haut de laquelle on les jette dans le vide, moins pour punir leurs méfaits que pour dissuader les observateurs de les commettre.
_ La grande mosquée Kalon fut édifiée en 791, après la conquête arabo-musulmane. Agrandie et embellie par Ismoïl Sāmān-khudā au début du Xe siècle, elle subit plusieurs destructions, à commencer par celle des conquêtes syires, qui la rasent en 1220. Elle est reconstruite peu après.
La cour intérieure comporte quatre iwans qui encadrent une galerie de 208 colonnes supportant 288 coupoles. Son sublime mirhab attire les visiteurs du monde entier.
[img]https://i.imgur.com/As5hnaT.jpg[/img]
Centre historique d'Arkadyr, avec la Mosquée, son imposant minaret et ses galeries labyrinthiques.
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Cour de la mosquée.
_ La madrasa Mir-i-Marqaz, signifiant "bien du Marqaz". Fondée au XVIe siècle sous l’Émirat qarlouk, elle est le deuxième centre cultuel musulman naqshbandi de tout le Karmalistan, rôle partagé avec les madrasa de Tchardjou.
De plan rectangulaire, son imposante façade présente un pishtak (portail) à iwan (porche voûté ouvert), flanqué de deux gouldasta, à savoir des tours massives à deux niveaux de loggias (couloir extérieur couvert, à arcades et colonnes), surmontés de coupoles bleues-turquoises, à l'intérieur desquelles on peut admirer des pendentifs en bouclier couronnés de muqarnas (motif ornemental islamique). Bref, architecture type de la culture turque-qarlouke.
Richement décoré en mosaïques colorées et carreaux vernissés, avec motifs floraux ou géométriques, arabesques épigraphiques, et écritures koufiques d'inspiration religieuse.
[img]https://i.imgur.com/3cF3wTI.jpg[/img]
La madrasa Mir-i-Marqaz.
[img]https://i.imgur.com/zwcJEI2.jpg[/img]
Cour de la mosquée (vue sur le minaret).
Posté : mer. mars 14, 2018 11:48 am
par Vladimir Ivanov
Les animaux symboles du Karmalistan (4)
[img]https://i.imgur.com/RQokU6R.png[/img]
Le cheval syir
Le cheval en tant qu'espèce est originaire de Touranie, cette vaste région steppique à la croisée des mondes wenleiens et marqazi (axe est-ouest), natolicains et janubiens (axe nord-sud). Naturellement, la race syire est une des plus anciennes du Monde.
Au premier abord, ce cheval peut prêter à sourire : sa taille, particulièrement modeste, peut l'assimiler à un poney (à peine plus petit) ! Ce petit cheval est pourtant le résultat d'une impitoyable sélection naturelle, forgé par les tourments de la steppe : aridité, nourriture rare, hivers glaciaux, étés lourds, secs et orageux.
Petit en effet, il mesure 1m30 de hauteur au garrot, et la longueur moyenne gravite autour d'1m45. Son poids varie généralement entre 300 et 350 kg. Le mâle est plus grand que la femelle.
Sa crinière est touffue et abondante, sa queue est longue et descend jusqu'au sol. Chez les domestiques (parce qu'il existe des chevaux sauvages), celles-ci sont toutes deux nouées ou tressées.
[img]https://i.imgur.com/AnqiudW.png[/img]
Il mange n'importe quoi, n'importe quand, n'importe où. Son utilité est multiple :
_ moyen de transport matériel et de locomotion (rôle majeur)
_ production de lait, l'aïrag (qumis), breuvage fermenté (de 4 à 5° d'alcool) très riche et typique des Syirs. Après avoir pouliné en mai, on peut tirer de la jument de 3 à 4 litres de lait quotidien, en sus de la consommation du poulain.
_ production de cordes et de longes (courroies de cavaliers pour les chevaux) grâce aux crinières coupées des poulains
_ production de tissus en peaux (vêtements, couvertures, tapis, cuirs, feutres de tente)
_ production de viande
_ et même la production de bouse séchée, pour le chauffage chez les nomades !
Mais ils sont avant-tout reconnus pour leur endurance : le cheval syir peut parcourir jusqu'à 100 kilomètres par jour en conditions optimales basiques.
Sobre, trapu, docile, vigoureux et résistant, il mange toutes sortes d'herbes, supporte le grand froid et connaît peu la fatigue. Cheval idéal du guerrier nomade, il fut l'arme mobile la plus redoutable des peuples sürgüngë, syirs puis syiro-qarlouks.
[img]https://i.imgur.com/JkXibVG.png[/img]
Posté : mar. mars 20, 2018 8:27 pm
par Vladimir Ivanov
Itchan Q'ala (Akchataou) (1 : présentation)
[img]https://i.imgur.com/QfrDi7K.png[/img]
Itchan Q'ala (Ichan Q'ala ou encore Itchan Kala) est le centre historique de la cité d'Akchataou, oasis du désert d'Arkad-Koum et ville-relais des caravanes de la Route de la Soie.
Peuplée d'environ 50 000 âmes, il s'agit d'une ancienne cité fortifiée, dont le cœur, retranché derrière des murailles hautes d'une dizaine de mètres, recèle 50 monuments et plusieurs centaines de vieilles maisons.
La date de sa fondation, inconnue, est biblique : elle aurait été bâti par Sem, le fils de Noé. Elle connue diverses civilisations : Scythes, Mèdes, Perses, Grecs, Indo-bouddhiques, Proto-turcs hunniques, Arabo-musulmans, Tadjiks (Iraniens orientaux), Turcs (orientaux), Mongols, Russes.
C'est également la ville du célèbre mathématicien persan proto-tojik arabophone Muhammad ibn Mūsā al-Khwârizmî (~780-850), également géographe, astrologue et astronome. Par ses écrits en arabe, traduits ensuite en de multiples langues, il contribuera à diffuser l'algèbre et les chiffres arabes dans le reste du Monde. Il donnera son nom (al-Khwârizmî) à la suite d'opérations mathématiques en vue d'obtenir un résultat : l'algorithme.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, le khanat d'Akchataou était une entité politique indépendante au sein de la Transkormalie, et comme ses voisins, le khanat d'Arkadyr et le khanat de Qoqand, était dirigé par une dynastie syire (mongole) issue des Djaghataïdes.
[img]https://i.imgur.com/VFplujj.png[/img]
Portes Sud (Tach Darvoza, "porte de pierre") et Est (Palvan Darvoza, "porte géante") de l'enceinte fortifiée d'Itchan Q'ala.
A l'intérieur de l'enceinte, on retrouve plusieurs sites d'une valeur historique et artistique inestimable :
_ la Kunya Ark ou "vieille forteresse" (1686-1688), principal lieu de résidence des khans de la cité, qui comprend :
_________ la mosquée d’été (1838),
_________ la prison (Zindan),
_________ la salle du trône -Kourinich Khana-,
_________ le bastion Aq Cheikh (le "cheikh blanc") ;
_ le Tach Kaouli ou "palais de pierre" (1830-1838), lieu de résidence secondaire ou alternatif des khans ;
_ la médersa Mohammed Rahim Khan (1871) ;
_ la médersa Islam Khodja (1908-1910) ;
_ le mausolée de Pakhlavan Mahmoud (1330-XXe) ;
_ la mosquée du vendredi Djouma (1789) ;
_ la médersa Mohammed Amin Khan (1852-1855) ;
_ le minaret Kalta Minor (1852-1855) ;
_ le mausolée de Sayid Alaouddine (~1303) ;
_ la médersa Koutloug Mourad Inak (1804-1812) ;
_ la médersa Alla Kouli Khan (1834) ;
_ la mosquée Aq ou "mosquée blanche" (1832-1842) ;
_ le caravansérail Alla Kouli Khan (1832) ;
_ le palais Nouroullah Baï (1912).
[img]https://i.imgur.com/o6P0SdK.png[/img]
Posté : mar. mars 20, 2018 11:19 pm
par Vladimir Ivanov
Itchan Q'ala (Akchataou) (2)
Kunya Ark
La Kunya Ark ou "vieille forteresse" (bâti entre 1686 et 1688, modernisé et agrandi ensuite), est le principal lieu de résidence des khans de la cité, qui comprend :
_________ la mosquée d’été (1838), dédiée au calife rashidun Abu Bakr, avec son grand iwan (porche voûté ouvert à arc persan) orienté vers le nord, doté de six colonnes soutenant un plafond coloré, aux parois recouvertes de céramiques bleues et blanches, et son sublime mirhab,
_________ la prison (Zindan),
_________ la salle du trône -Kourinich Khana- pour les audiences publiques du khan, les parois de l'iwan sont superbement décorées de majoliques aux motifs bleus et blancs,
_________ le bastion Aq Cheikh (le "cheikh blanc"), l'édifice le plus ancien d'Akchataou, construit dès le XIIe siècle, il s'agissait d'une tour de garde avec arsenal de munitions, laquelle prendra le surnom de Moukhtar Vali, cheikh vénéré du XIVe siècle.
[img]https://i.imgur.com/iOtBLPI.png[/img]
Le bastion d'Aq Cheikh de Kunya Ark
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L'iwan de la salle de réception de Kunya Ark
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L'iwan de la mosquée d'été de Kunya Ark