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Posté : lun. août 14, 2017 12:03 pm
par Djinndigo
[center]D'Augusta à Movopolis
[img]http://www.thenerdelement.com/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/Gotham_107_Falcone_sWarehouse_10207_preview.png[/img][/center]
[justify]Il était quatre heures de l'après midi et le soleil était au zénith. Les rayons de ce dernier venaient frapper avec force sur la terrasse du ferry sur lequel Prudenzio Ortolano avait embarqué il y a de cela quatre heures à Augusta, avec l'accord du gouvernement lucanien, qui lui avait fourni un passeport et de la monnaie amarantine, en tout cas assez pour vivre confortablement pendant un bon moment. Le baron Ortolano, tel était son titre à présent, bien que lui-même le trouvasse très pompeux à utiliser au quotidien.
Le navire progressait docilement sur la mer céruléenne, sur une eau calme et plate. Quelques vagues coulissaient de temps à autres le long de la paroi du bateau sans y laisser aucune trace. Prudenzio scrutait sa montre avec attention quand il vit au loin une terre se profiler. Il leva les yeux pour l'inspecter avec plus d'attention et put confirmer avec soulagement qu'il s'agissait bien de la ville amarantine de Movopolis. Il était heureux d'avoir pu quitter la Lucagne insulaire en collaborant avec la police lucanienne, bien que cela lui coûtasse ses relations avec la mafia d'Augusta.
Il venait à Movopolis pour une raison précise : il souhaitait échapper à ses poursuivants en partant dans un nouveau pays où il pourrait s'assurer ses arrières en se créant un nouveau réseau, de toute pièce. Il comptait bien devenir le padrine de Movopolis et sa mégalomanie avait peu de limites. Mais voilà que le ferry s'approche de Movopolis, et Prudenzio peut déjà discerner les digues qui entoure le port de la grande ville amarantine.
Voilà déjà quelques jours qu'il était devenu titulaire, par achat, du titre de baron à Movopolis, comme beaucoup de nouveaux nobles ici d'ailleurs. Il avait acheté ce titre pour quelques millions de lires et s'estimait heureux d'avoir ce nouveau titre à porter, qui lui donnait un air encore plus mystérieux et prestigieux. Il aimait bien ça, Prudenzio, le mystère et le prestige. Il revint à la réalité lorsque le bateau entra dans le port, franchissant les digues, et vint s'amarrer le long des quais. Prudenzio Ortolano ne s'était jamais senti aussi chanceux que maintenant.[/justify]
Posté : lun. août 14, 2017 6:37 pm
par Djinndigo
[center]D'Augusta à Movopolis
[img]http://www.thenerdelement.com/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/Gotham_107_Falcone_sWarehouse_10207_preview.png[/img][/center]
[justify]Une fois sur la terre ferme, Prudenzio scruta les alentours. Les ruelles étaient bondées de monde et les badauds étaient nombreux. Il pourrait sans aucun doute passer inaperçu s'il se débrouillait. Il entendit une voix crier son nom, et la reconnaissant, il se rua vers elle, bousculant passants et obstacles pour arriver devant cette personne. Il arriva devant son acolyte de travail, lui aussi exilé, Bruno Caselli, qui le cherchait encore du regard dans la foule tout en hélant son prénom.
Il lui couvrit la bouche et se mit en face de lui rapidement afin que ce dernier n'attire plus l'attention comme ça. Il retira sa main puis lui tendit pour que son acolyte puis la serrer. Plutôt que de lui serrer la main, ce dernier le prit dans ses bras, un geste plus chaleureux que l'accueil qu'avait prévu Prudenzio Ortolano. C'est vrai que cela faisait longtemps, mais l'heure n'était pas aux sensibleries. Il s'écarta brutalement de Bruno, qui toussota de gêne.
« Bon alors, qu'est-ce qui t'amène ici, Prudenzio ? Toi aussi tu as fuité ? J'ai pas bien compris ton message de tout à l'heure. Tu peux m'expliquer pourquoi tu viens à Movopolis, ici, en Amarantie ? Je sais bien que tu n'es pas venu rendre visite à ton ancien frère d'armes. Qu'est-ce que tu veux ? Tu sais que tu peux tout me dire, j'étais ton bras droit. »
« Eh bien, j'ai une bonne nouvelle pour toi Bruno. Tu vas pouvoir reprendre ta place à mes côtés. Mais d'abord, nous devons trouver un lieu loin des oreilles indiscrètes. »
« Viens, suis-moi, j'ai ma voiture juste là. »
Ils embarquèrent tout deux dans ledit véhicule, puis ils prirent la route. Tandis que Bruno conduisait, Prudenzio dit : « Je suis ici car j'ai vendu la mafia d'Augusta à la police lucanienne. J'ai trahi Augusta pour le bien de notre entreprise. Je suis là pour recommencer ma vie. Mais contrairement à ce que tu peux croire, je ne suis pas là pour commencer une vie d'honnêteté. En vérité, je suis aussi là pour les affaires. Je compte bien devenir le padrine de cette ville, avec toi à mes côtés. Tu me suis ? »
« Tu sais bien que j'ai toujours été là pour mes frères d'armes. Tu veux qu'on aille chez moi ? J'habite dans un appartement pour cacher mes activités. J'ai aussi un logement plus personnel, mais je peux te prêter mon appartement de "fonction" pour quelques semaines. Qu'est-ce que t'en dis ? »
« C'est déjà une offre bien honorable. J'accepte volontiers cet appartement, mais ne t'inquiètes pas, ce n'est qu'une question de jours. Je me trouverai un logement qui conviendra plus à ma nouvelle situation de baron à Movopolis. »
Sans broncher, Bruno ne répondit pas et conduisit son acolyte jusque sur le parking de l'immeuble où il avait son logement de "fonction".Sans aucun doute, Bruno Caselli travaillait pour des réseaux souterrains, et Prudenzio comptait sur les relations de ce dernier pour se propulser dans le monde de l'ombre.[/justify]
Posté : mer. août 16, 2017 11:58 pm
par Djinndigo
[center]D'Augusta à Movopolis
[img]http://www.thenerdelement.com/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/Gotham_107_Falcone_sWarehouse_10207_preview.png[/img][/center]
[justify]Il était seize heures et Prudenzio flânait avec élégance sur la terrasse d'un bar, dans le centre de Movopolis. Après avoir accosté près de la cité movopolitaine, sur la côte ouest à quelques kilomètres de là, il était arrivé, conduit par son complice, et s'était reposé. Le lendemain, il s'était levé et était venu savourer la journée à Movopolis avant de commencer réellement son nouveau travail. Il souffla puis reprit une gorgée de son verre d'aperol spritz, une boisson italique dont il raffolait pour sa mondanité et son goût typique.
Il scrutait la rue piétonne, qui était relativement déserte, avec cependant quelques badauds qui la traversaient avec lassitude de temps à autre. Prudenzio baissa les yeux vers le journal qui était posé sur la table, un torchon tabloïd amarantin qui triomphait chaque jour de dévoiler un peu plus de la vie des personnalités célèbres tout en se vantant de découvrir des vices de plus en plus immoraux. Prudenzio Ortolano n'aimait pas ce genre de torchon peu recommandable et préféra faire tomber ce dernier par terre plutôt que de le regarder plus longtemps.
Alors qu'il avait cru s'en être débarrassé pour de bon, un jeune homme s'approcha de sa table pour lui parler. Ce dernier se saisit des feuilles de papier qui commençaient à s'éparpiller au vent, les regroupa pèle-mêle puis les déposa sur la table, devant Prudenzio, avant de s'asseoir à son tour et de regarder le mafieux en face. Il prit la parole en italien, ce qui déstabilisa le lucanien.
« Buon giorno. Ou plutôt devrais-je dire buona sera, vu la vitesse à laquelle le temps passe. » Il reprit le torchon de presse dans ses mains puis continua : « Vous savez, chez nous, en Amarantie, on ne pollue pas. Enfin, pas autant que vous, les étrangers. Chez nous on ne jette pas dans la nature, on recycle. On respecte la propriété des autres. Ce que vous venez de faire monsieur, ce n'est pas très dodécathéiste ! Si tous les movopolitains faisaient comme vous, nous serions condamnés à nous étouffer dans la pollution, comme ce qui arrive en Ventélie ces temps-ci. Vous voulez mourir comme les petits ventéliens, signore ? »
Prudenzio prit une grande inspiration, puis répondit : « Tu vois la poubelle là-bas ? La verte, avec le logo triangulaire dessus ? Celle devant laquelle le monsieur vêtu de gris vient de passer ? »
Le movopolitain commença à monter d'un cran dans les aigus : « Oui mais je ne vois pas le rapport, d'ailleurs le symbole en question c'est un ruban de Möbius et je tiens à vous signaler que... »
Prudenzio répondit sèchement en lui coupant volontairement la parole : « Eh bien tu sais quoi ? Des gars comme toi, dans la ville en Lucagne là où je vivais, on en tuait pour moins que ça. T'as bien de la chance qu'on soit dans un autre pays, à une époque et dans d'autres circonstances, sinon je t'aurais déjà plié en deux dans cette poubelle avant que t'ai fini ta première phrase sur l'écologie et les oiseaux dans la forêt. On ferait mieux de recycler les ordures comme toi que de récupérer les bouts de torchon dans la rue en importunant les inconnus, surtout si ces derniers sont aussi patibulaires que moi. »
L'amarantin devint rouge pivoine, et commença à s'égosiller en criant : « Je ne me laisserai pas faire par une personne aussi irrespectueuse que vous ! Sachez que ce comportement n'est aucun cas civilisé, peu importe l'endroit du monde d'où vous venez ! Et sachez que j'ai des amis et qu'ils sont... »
Le lucanien le coupa une seconde fois en haussant lui aussi la voix : « Tu vas te taire, blanc bec, oui ou non ?! Tu ne sais pas qui je suis et tu ne voudras sans doute pas savoir quand je te l'aurai montré. Maintenant vas-t'en avant que je ne décide de revenir sur ma décision de ne pas te tomber sur le coin du nez un de ces quatre. »
L'inconnu ne se le fit pas répéter : il fila, la queue entre les jambes, quittant avec précipitation la table. Prudenzio sourit avec allégresse puis finit son verre d'aperol spritz d'une traite avant de se lever et de filer à son tour, en jetant au passage le journal dans ladite poubelle.[/justify]
Posté : mer. sept. 13, 2017 1:06 pm
par Djinndigo
[center]D'Augusta à Movopolis
[img]http://www.thenerdelement.com/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/Gotham_107_Falcone_sWarehouse_10207_preview.png[/img][/center]
[justify]Prudenzio Ortolano se reposait sereinement, affalé dans un fauteuil tout de velours drapé, et attendait que le destin s'en prenne à lui. Il avait commencé à construire son empire, brique par brique. Les bonnes nouvelles arrivaient les unes après les autres, et ses connaissances en la matière lui permettait d'éviter les erreurs qu'il avait commis d'innombrables fois par le passé. Plongé dans une torpeur profonde, il arpentait la toile sur son téléphone, un modèle briton jetable. Après avoir lu quelques messages postés par les internautes movopolitains sur le réseau de la principauté, il se dit qu'il était l'heure d'y aller et il se leva de son doux fauteuil.
Il était midi moins le quart et il devait se montrer discret. Voilà déjà une heure qu'il attendait là. Il sut qu'il s'était levé au bon moment lorsqu'un de ses sous-fifres toqua à la porte. Ce dernier était grand, basané, et à la silhouette large, sans aucun doute d'origine siracuzzaine. Prudenzio alla lui ouvrir. Ce dernier entra, avec un curieux sac sur les épaules, qu'il déplaçait avec de légères difficultés. Il déposa le paquet sur le sol avec délicatesse tout en s'assurant que ce dernier reçut le choc qu'il méritait.
Prudenzio sortit un canif de sa poche, se mit à genoux, et éventra le sac, lentement mais sûrement, avec une précision clinique, dévoilant le contenu de ce dernier. Ledit contenu était un homme, jeune, sans aucun doute d'origine italique, et un ancien associé de Prudenzio répondant au nom de... Bruno Caselli. Prudenzio tâcha de réveiller ce dernier après l'avoir menotté à une chaise à l'aide du garde-du-corps en lui versant plein seau d'eau sur la tête. Cela parut efficace, car Bruno émergea.
Prudenzio, en s'adressant avec colère à Bruno, lui dit : « Alors, comment on se retrouve ? Ça fait longtemps je crois, non ? Ah non, c'est vrai, on était amis il y a pas si longtemps pourtant. C'est étrange le destin, tu ne penses pas ? Qui est pris qui croyait prendre... Et ne joue pas au menteur avec moi. Tu sais pertinent les traîtrises que tu as commis, et tu vas en payer le prix fort. Je ne te dirai pas qu'il y a une échappatoire pour toi et je ne te ferai pas de chantage car je sais déjà tout ce que je veux savoir et j'ai déjà tout ce qu'il me faut pour l'instant. Je ne te bercerai pas de douces illusions. »
Avant que Bruno ne puisse dire un seul mot, et pour le sortir une nouvelle fois de sa torpeur, il prit sa trousse à outils, l'ouvrit, en sortit un tournevis, et le planta dans le mollet de sa victime. Ce dernier poussa un cri, que Prudenzio ne tenta même pas d'intercepter. En effet, ils se trouvaient actuellement dans un immeuble désaffecté, dans une zone mal famée, où nul n'irait signaler quoi que ce soit à la police sous peine d'être entendu et exécuté de façon sommaire. La vie dans les quartiers movopolitains défavorisés n'avait rien de facile, comme partout ailleurs.
Après quelques minutes de pénibles hurlements, Prudenzio se rapprocha de Bruno et lui colla une gifle, qui laissa une trace rouge sur le visage déjà meurtri de ce dernier. Prudenzio dit : « Oh, et tant que tu es là et que j'y suis aussi, tu pourrais nous dire les quelques informations qu'on cherche encore. Ça pourrait te valoir une mort plus douce, avec un moins grand nombre de tournevis dans la viande. » Prudenzio prit un autre tournevis dans la trousse à outils, menaça Bruno avec, puis reprit : « Je te conseille de te dépêcher sinon tu sais ce qui t'attend. »
Bruno lui répondit, en larmes : « D'accord ! D'accord ! Mais je vois pas de quoi tu parles, Prudenzio ! Je te le j... » Bruno n'eut pas le temps de finir sa phrase, car déjà Prudenzio réitérait l'action douloureuse qu'il lui avait déjà infligé plus tôt. Bruno souffrait, pleurait et hurlait à tue-tête en même temps, sans savoir ce qu'il devait précisément faire. Il tentait de se balancer sur la chaise mais le sous-fifre de Prudenzio le ceintura et le remis à sa place.
Prudenzio reprit : « Hmm... Ma foi, je n'aime pas trop ceux qui jouent avec moi. Bruno, allez, tu le sais. Tu peux le faire. Je crois, nous croyons en toi. Tu peux le faire. Il te suffit de quelques mots et tu seras délivré de ta souffrance. Enfin, pour quelques minutes en tout cas. En fait, j'ai carrément plusieurs petits services à te demander. Mais d'abord, je veux une réponse. On va faire ça de manière progressive et réciproque : je t'épargne quelques minutes de plus à chaque fois que tu me donnes une réponse. Une bonne réponse. C'est honnête, tu ne trouves pas, Antonio ? », dit-il en s'adressant cette fois-ci au garde, qui malgré son impassibilité, acquiesça en esquissant un sourire malicieux.
Bruno, en larmes, répondit : « Je... Je vais tout te dire ! Mais... Comment ? Comment es-tu au courant ? Je n'en ai parlé qu'à une seule personne... Et elle ne travaille en aucun cas pour toi... »
« Chut, chut, mon enfant. Tu te fais du mal, arrête de gigoter, ça ne fait que remuer le couteau, ou devrais-je dire le tournevis, dans la plaie. Et ne poses pas trop de questions, ça risque de prolonger ta souffrance. Tu sais, il ne faudrait pas me contrarier une nouvelle fois. Je veux une réponse, et ma gratitude sera tout ce que tu auras en retour. Oh, je vais tout de même te le préciser : je ne suis pas seul, et n'importe qui peut travailler pour moi. »
« Bon... Bon je vais tout te dire. En fait, tout a commencé il y a six jours, quand... »
« Six jours tu dis ? Six seulement ? Tu as dû te tromper, tu as dû vouloir dire six ans. » Prudenzio poignarda Bruno une nouvelle fois dans la jambe, tournant les trois tournevis en même temps dans la jambe. Le sang de la victime continuait à ruisseler par terre tandis qu'il devenait tout pâle, enchaîné à une pauvre chaise en bois. Prudenzio reprit : « Tu sais, c'est vilain, très vilain de mentir. Je ne le tolérerai plus une seule fois désormais. La moindre erreur entraînera ta mort à coup sûr. Alors ne cherche pas trop à me berner et vide ton sac. »
« En fait... c'était il y a... Quatre ans... Quand on avait choisi de... Trahir le padrine d'Augusta... Giuseppe m'avait coincé un jour... Dans une ruelle sombre, et il m'a... Torturé afin que... Je te trahisse et que... Je me plie à sa... Volonté. C'est ce que j'ai fait mais... Je ne pensais pas que... J'arriverais à te trahir à ce point. En échange de mes informations... Ils m'ont laissé repartir et après... Je suis allé directement chez les... Carabiniers afin de... Vendre toutes les informations que... Je pouvais leur offrir. Maintenant... Le nouveau padrine d'Augusta... Veut venger la mort du... Précédent et il s'est lancé... Dans un massacre loufoque... »
Bruno cracha du sang par terre, puis reprit : « Je ne sais pas si tu as vu, mais [url=http://www.simpolitique.com/notizie-del-regno-t14609-30.html#p320404]récemment[/url]... Le sniper chargé de tuer l'ancien... Padrine a été retrouvé mort, tué dans un... Incendie criminel à Palepoli... » Après avoir marmonné ces dernières paroles dans une souffle presque inaudible, il s'évanouit. Prudenzio, absorbé dans les révélations de son ancien collègue, se releva avec hargne, tapa d'un grand coup de pied dans la chaise et renversa cette dernière, avec sa victime dessus. Bruno ne bougeait plus, il était mort.[/justify]