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Posté : jeu. juin 22, 2017 12:54 pm
par Djinndigo
[center]Attività Interne
[Activités Internes]

[img]http://www.naples-napoli.org/wp-content/uploads/2013/05/naples_palaisroyal_5065.jpg[/img]
La Galleria della Storia, dans le Palazzo Reale di Palepoli.

~[/center]
[justify]Archives de toutes les communications et activités internes au gouvernement du Royaume des Deux-Lucagnes. Informations secrètes, communiqués internes, rencontres officieuses et toutes les choses qui ne peuvent être officielles s'y côtoient. Les murmures au Palazzo se font nombreux.

Trames de récits :
  • Missives internes au gouvernement
    Missives internes au gouvernement du Royaume des Deux-Lucagnes. Pour l'instant, elles concernent uniquement la lutte anti-aminavienne car le danger de l'Aminavie est un sujet récurrent dans la politique officieuse des Deux-Lucagnes.
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p314056]Missive interne au gouvernement[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p314232]Missive interne au gouvernement[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p315094]Missive interne au gouvernement[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682-15.html#p320370]Missive interne au gouvernement[/url]

    Guerre de mafias
    Une guerre de mafias oppose les mafias palepolitaine et napolitaine à la mafia augustoise, sous l'action d'un ancien padrine que la plupart croyaient mort.
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p315747]Guerre de mafias[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p316060]Guerre de mafias[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p316175]Guerre de mafias[/url]

    Le bataillon pénal
    L'Esercito reale du Royaume des Deux-Lucagnes a réuni sur une île-prison perdue en pleine mer de Tyrrhenia cent prisonniers tueurs à gages afin d'en faire de soldats expérimentés pour les utiliser au combat. Reste à savoir s'ils seront utiles à la nation...
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p318757]Le bataillon pénal[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p318790]Le bataillon pénal[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p318804]Le bataillon pénal[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p318847]Le bataillon pénal[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682-15.html#p320333]Le bataillon pénal[/url]

    La grande évasion
    Trois individus coupables de crimes majeurs s'évadent de la prison méridionale degli Angeli della Virotta.
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p319584]La grande évasion[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p319813]La grande évasion[/url]

    De Palepoli à Sariari
    Deux espions sont envoyés dans le cadre d'un projet politique top-secret par le gouvernement des Deux-Lucagnes dans les îles Mezzogiornini afin de récolter des informations sur ces dernières.
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p319761]De Palepoli à Sariari[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682.html#p319992]De Palepoli à Sariari[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682-15.html#p320113]De Palepoli à Sariari[/url]

    Giuseppe Scilli
    Le général lucanien Giuseppe Scilli se hisse au sommet de la hiérarchie lucanienne grâce au sentiment nationaliste patriote irrédentiste lucanien convaincu de ses idéaux.
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682-15.html#p321467]Giuseppe Scilli[/url]
  • [url=http://www.simpolitique.com/activites-attivita-interne-t14682-15.html#p322588]Giuseppe Scilli[/url]
[/justify]

Posté : jeu. juin 22, 2017 1:21 pm
par Djinndigo
[center]Missive interne au gouvernement

[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/23/1496670845-flag-xxxxsmall.png[/img][/center]

Type : Ordre militaire
Classification : Secret d'Etat
Envoyeur : Gouvernement lucanien, Chancelier Agostino di Pulia
Destinataire : Gouvernement lucanien, Ministre des Armées Battisti Luviccini

[justify]Nous ordonnons au général Saforio Gastoni d'embarquer avec 20 000 soldats depuis la métropole et le port de Taorminia pour la Triplotanie, au port militaire de Salseli, afin de prendre place le long du dispositif frontalier d'Algarbe du Nord afin de contrôler les différents passages de la frontière destinés à intercepter les échanges des différentes mafias triplotanienne avec l'étranger.

Si des armes sont trouvées lors de ces contrôles, cette information doit rester confidentielle mais le gouvernement estime que les troupes sur place devront prendre des mesures radicales vis-à-vis des témoins. Le gouvernement estime que cette information est capitale car elle entraînerait des tensions avec une nation voisine d'Algarbe du Nord.

Les deux nations ayant des frontières territoriales avec la Triplotanie sont susceptibles de soutenir une offensive armée dans le pays à l'encontre des colons. Le but du général Gastoni sera de prendre des mesures préventives sans enfreindre le droit international ; aucune incursion en territoire étranger ne sera tolérée tant que la culpabilité d'une des deux nations suspectes ne sera déterminée. Si les soldats sous le commandement du général Saforio Gastoni viennent à traverser la frontière sans permission ou à agir de façon prématurée et sanglante, ces soldats seront châtiés et le général en prendra la pleine responsabilité aux yeux de la communauté internationale.

S'il devait y avoir un conflit, nous souhaitons ne pas l'initier et être pris par surprise plutôt que de subir les affronts des nations céruléennes qui tour à tour dénonceront une potentielle intervention en Algarbe du Nord. Nous soupçonnons la Fezzani (HRP : lot Algarbe-88) d'être le pays qui soutient les opposants, mais nous ne sommes pas à l'abri d'un réseau ayant plus d'ampleur que prévu.

Tous les moyens militaires seront mis à disposition du général Saforio Gastoni si l'opération vient à prendre une ampleur inattendue mais nous souhaitons que le général, s'il doit engager le combat, l'engage dans le désert triplotanien afin de limiter les pertes civiles et militaires tout en submergeant l'ennemi avec une technologie supérieure.

Nous souhaitons de plus faire comprendre au général que ces tensions peuvent être sources d'une attaque à l'encontre de notre nation et du territoire triplotanien et non d'une attaque à l'encontre d'une nation mitoyenne. Nous devons impérativement être les braves défenseurs et non les cruels envahisseurs.[/justify]

Posté : sam. juin 24, 2017 12:09 am
par Djinndigo
[center]Missive interne au gouvernement

[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/23/1496670845-flag-xxxxsmall.png[/img][/center]

Type : Ordre militaire
Classification : Secret d'Etat
Envoyeur : Gouvernement lucanien, Chancelier Agostino di Pulia
Destinataire : Gouvernement lucanien, Ministre des Armées Battisti Luviccini

[justify]Nous ordonnons la mise en place d'un programme top-secret de déploiement rapide d'une succession de couches de défenses en cas de guerre avec un pays voisin. Ce programme envisage tout d'abord la défense maritime et navale puis terrestre. La première étape de ce programme sera l'opération Bombardamento a Tappeto [Tapis à Bombes], ayant pour but de créer en moins de 36h un réseau complet de torpilles fixes, aussi appelées mines navales.

Les mines en question sont des torpilles dormantes, la forme de mine navale la plus adaptée pour une défense rapprochée des côtes. Nous incitons la marine de guerre et notamment les véhicules furtifs tels que les sous-marins à préparer l'embarquement de ces torpilles fixes une fois le projet mené à terme.

L'opération fait partie de façon plus large des potentielles tensions avec les pays voisins d'Algarbe du Nord. Tous les sous-marins ont désormais pour ordre de se rendre au port militaire top-secret en Triplotanie, afin d'être le plus prêt possible du théâtre des opérations. Ce dispositif de défense rapide sera complété dans le mois qui vient par une succession d'innovations du même genre afin de créer une ligne infranchissable d'obstacles en un temps réduit.[/justify]

Posté : ven. juin 30, 2017 9:25 am
par Djinndigo
[center]Missive interne au gouvernement

[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/23/1496670845-flag-xxxxsmall.png[/img][/center]

Type : Ordre aux services de renseignement
Classification : Secret d'Etat
Envoyeur : Gouvernement lucanien, Chancelier Agostino di Pulia
Destinataire : Directeur de l'Agenzia Centrale di Informazioni Alfredo Bastonne

[justify]L'opération Porta di Troyes [Porte de Troies] doit être mise en place. Tout étranger d'origine aminienne se rendant sur le territoire doit être suivi administrativement parlant. Si son comportement est suspect, l'étranger doit être suivi par des agents de l'ACI. Aucun combat ne doit être engagé mais nous nous devons de contrôler les éventuels terroristes se rendant sur notre territoire. Chaque étranger venu d'Aminavie peut potentiellement être un terroriste du groupe radical Force & Islam, un groupe sectaire islamique en Aminavie.

Si des attentats venaient à être commis sur le sol lucanien, métropole ou non, des sanctions se verraient appliquées par le Royaume des Deux-Lucagnes au pays d'origine du terroriste. Si la racaille nord-algarbienne ne peut pas gérer toute seule ce chien-dent nous nous en occuperons nous-même. Redoutez essentiellement des attaques en Triplotanie, mais ne vous reposez pas sur vos acquis et surveillez constamment tous les fiefs lucaniens.

Si un attentat venait à être commis sans que vous ne puissiez l'empêcher et sans même avoir surveillé le terroriste, des sanctions seront appliquées sur l'ACI et l'armée prendra en charge la traque des terroristes et/ou la surveillance étroite de tous les touristes aminiens afin qu'une telle erreur ne se reproduise plus. Il en est de votre devoir envers la nation lucanienne, votre patrie, de faire le meilleur pour que le pire n'arrive donc pas.[/justify]

Posté : mer. juil. 05, 2017 10:42 pm
par Djinndigo
[center]Récit : guerre de mafias[/center]

[justify]Voilà deux heures que Michel attendait. Tandis que dans sa main il tenait un sac aux vagues dimensions, il scrutait attentivement les coins d'un éclat de verre qu'il avait trouvé en quantité abondante, éparpillés quelques mètres plus loin. Sans doute une erreur préjudiciable à quelque bougre à qui l'alcool avait conté fleurette. Mais l'heure n'était pas à la tendresse et Michel se ressaisit. Encadré de ses deux acolytes patibulaires, il attendait impatiemment l'arrivée de son interlocuteur, envoyé par le Caporale, le tristement célèbre chef de la mafia néapolitaine, en constante opposition avec les mafias taorminienne et palepolitaine. Chacune cherchait à récupérer l'empire de l'autre, mais depuis quelques années la police donnait du fil à retordre aux différents membres des mafias, et chacune essuyait mensuellement des restrictions d'effectifs, car certains des membres finissaient très rapidement en prison après quelques actions rapides de la police nationale.

Elle était belle à voir, la mafia. Les trois chefs se tiraient mutuellement entre les pattes dans l'espoir qu'un miracle les place en tête de liste du testament de l'un des deux autres. Les mafieux, autrefois redoutés de tous les gangs de quartier et de tous les voyous en tout genre, n'étaient plus que l'ombre d'eux-même, si ce n'était [url=https://www.youtube.com/watch?v=i2wmKcBm4Ik]l'ombre de leur ombre[/url]. Mais voilà toujours que la pensée vagabonde de Michel ne s'égarait de nouveau, et il reprit donc toute sa conscience avec calme tout en revoyant mentalement sa vie peu épanouie et son testament clair et concis, bien que peu fourni. Ce n'était pas faute d'avoir essayé, mais dans sa jeunesse, entreprendre, exister et faire de son métier son gagne-pain rentable n'était pas aussi aisé qu'aujourd'hui. Plusieurs échecs avaient menés Michel à la faillite, mais le Tenente l'avait sorti du trempe, Michel lui était redevable de façon éternelle et perpétuelle, selon ses propres paroles.

Voilà qu'une berline noire dont l'âge a dépassé l'année de fabrication s'engage dans la sombre allée, et les différents membres du trio de mafieux rapprochent discrètement leurs mains de leurs armes, dans l'espoir de ne pas avoir à dégainer et d'essuyer un entretien simple et efficace. Avec ce faux espoir en tête, les trois mafieux se détendent alors qu'en un instant, trois des portières du véhicule s'ouvrent et trois hommes sortent de la berline dont le moteur ne vrombit plus. Des coups de feu éclatent, du sang jaillit, des balles vides tombent au sol, des corps s'affaissent. Le bain de sang est terminé, les trois tireurs s'approchent avec circonspection de leurs victimes et inspecte les corps. Les deux sur les ailes sont morts, celui du milieu est vivant, simplement atteint à la jambe. Les tireurs ont un message précis à faire passer : au Tenente, ils souhaitent dire qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps et que le Maresciallo d'Augusta revient.[/justify]

Posté : sam. juil. 08, 2017 3:12 pm
par Djinndigo
[center]Récit : guerre de mafias[/center]

[justify]Le plat de pâtes du Tenente refroidissait, mais ces dernières ne l'intéressaient plus. Voilà quelques jours que la nourriture ne lui était devenu qu'un élément secondaire dans sa vie, lui qui raffolait pourtant de toutes les excentricités gastronomiques que les cuisiniers du monde entier pouvaient lui offrir. Il y a de cela une poignée de jours, déjà trop pour que le Tenente les compte - il était mauvais en calcul, et cela l'avait déjà desservi un grand nombre de fois, et puis il se considérait lui-même plus comme un manuel qu'un intellectuel -, trois de ses hommes de main avaient été abattus, dont son bras droit, Michel di Castrioti, un lointain cousin de la famille noble du même nom, et cet événement tragique avait attristé et apeuré le Tenente. Non, il ne pleurait pas la mort de son acolyte ni la perte de quelques sous-fifres insignifiants issus de la lie palepolitaine, mais c'était essentiellement une des informations gravées sur la peau d'un des deux gardes du corps de Michel qui l'inquiétait : en effet, un de ses anciens partenaires et rivaux, le Maresciallo d'Augusta, était de retour dans la lutte entre mafieux.

Ce retour effrayait le Tenente, car il avait tenté d'éliminer le Maresciallo plusieurs fois par le passé, effrayé par son talent et son sang-froid. Le Maresciallo d'Augusta, né dans une petite bourgade en périphérie d'Augusta dans l'est de la Lucagne insulaire, avait assisté au meurtre de ses parents par des mafieux locaux qui accusaient injustement le père du Maresciallo, commerçant de son état, de ne pas avoir payé le Pizzo, l'impôt que les mafieux lucaniens prélevaient lors de l'âge d'or de la Mafia lucanienne, vers la fin du XXème siècle. Le Maresciallo avait grandi avec une haine et un revanchisme qui lui vaudront le meurtre de l'ancien chef de la mafia d'Augusta, Giovanni di Fuoco, célèbre pour sa participation active dans toutes les industries de la ville. Ce dernier était un des piliers de la ville d'Augusta et sa mort entraîna la chute vertigineuse d'Augusta, qui fut rapidement devancée par ses rivales, Taorminia et Palepoli. Une fois sorti de prison grâce à son ingénuité, le Maresciallo n'avait pas dit son dernier mot : en quelques assassinats, il se propulsa en second de la mafia d'Augusta avant de tuer de plein sang-froid son unique supérieur, ce qui le plaça en chef suprême de la mafia locale. En quelques mois il relança activement Augusta dans la lutte entre mafieux, déstabilisant jusqu'à la mafia palepolitaine, dirigée à l'époque par l'oncle du Tenente.

Finalement, après plusieurs alliances, les tireurs d'élite des mafias de Taorminia, Palepoli et Napoli abattirent le Maresciallo, soucieuses de se maintenir en tête du classement sans être déstabilisé par un Padrine si puissant et talentueux qu'il menaça l'ordre national. Après sa mort, qui finalement n'en était pas une, le Tenente assassina son oncle comme dans la plupart des cas de succession mafieuse, après quoi la mafia palepolitaine étendit paisiblement son empire sur la moitié du territoire lucanien avec des activités commerciales, illégales ou non. Mais les récentes actions de la police lucanienne qui ne cherchait plus à laisser tranquille les mafieux en échange de leur cachet mensuel avaient remarquablement diminué les effectifs de la mafia, autant d'un côté du détroit que de l'autre. Le retour du Maresciallo, avec toute sa rancœur et sa haine, risquait de briser définitivement la Pace di Mafioso [Paix Mafieuse]. Le Tenente devait agir, et vite, s'il ne souhaitait pas perdre sa place douillette au sommet de la mafia palepolitaine. Des assassins ne feront pas l'affaire, il devra se salir les mains lui-même.[/justify]

Posté : lun. juil. 10, 2017 1:43 pm
par Djinndigo
[center]Récit : guerre de mafias[/center]

[justify]Perché au plus haut étage du Palazzo di Castrioti, le Tenente était soucieux, encore plus qu'auparavant. Il était venu rendre visite à la famille du défunt Michel di Castrioti en tant qu'un de ses amis proches, n'en étant pourtant pas un. Il cherchait juste à s'éloigner de l'influence néfaste que sa demeure fortifiée avait sur lui, puisque la paperasse n'était pas son fort et qu'à chaque heure, des nouvelles encore plus alarmantes que les précédentes déboulaient pour bouleverser ses plans. Comment le Maresciallo pouvait-il être au courant de tout ? Comment un homme, sorti du néant, peut-il se propulser en grand maître et unifier les mafias alors qu'il n'était qu'au départ un simple citoyen sans aucune initiation mafieuse ? Il avait sans doute appris les subtilités du crime organisé en cours de route mais tout cela n'avait ni queue ni tête. Pourquoi le Maresciallo lui en voudrait-il ? N'était-il pas celui qui avait ordonné qu'on ne l'abatte qu'une balle symbolique et non qu'on le criblasse de balles ?

De toute façon, ce n'était pas le moment pour se flageller ou demander le pardon ou la grâce divine : le Tenente était dans de beaux draps, sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Ce fil, c'est une corde sur laquelle le Tenente de Palepoli ne peut pas miser, puisqu'il s'agit de la corde de la pitié. La pitié il n'en voulait et il enverrait bouler le prochain qui lui parlerait de spiritualité et de religion, puisqu'il était condamné à errer sur cet enfer de terre. Mais voilà qu'un pneu crisse, qu'une luxueuse voiture s'engage dans la prestigieuse allée du Palazzo di Castrioti, que la limousine s'arrête et que, sous son regard ébahi, le Tenente voit une poignée d'hommes armés s'extraire du véhicule. Tous munis du [url=https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/originals/53/9b/8c/539b8c58ef1f1063eac9e2c2accfeb63.jpg]fameux PPSh[/url], un fusil distribué dans le monde entier au même titre que l'AK-47 après la Grande Guerre, ils ouvrirent le feu instantanément. Les quelques valets réunis à l'entrée du Palazzo n'eurent pas le temps de se disperser et furent tous fauchés.

La contre-attaque se mit en place, et uniquement grâce aux précautions du Tenente, qui avait mit un effort considérable dans la tâche de l'entraînement des recrues afin que ces dernières puissent se défendre en cas d'attaque des autres mafias. La prudence prévaut, telle est la devise du Tenente de Palepoli. L'erreur n'était plus permise. Descendant rapidement les escaliers quatre par quatre, il dégaina son pistolet, un modèle Smith & Wesson de 1997, et prit connaissance de la situation : cachés derrière un bar, trois de ses hommes tiraient à l'aveugle par dessus le comptoir dans l'espoir d'effrayer un adversaire voire même d'en toucher un. Au sol, une dizaine de corps sans vie étaient étalés en plein centre du salon, tués dans les premières salves et laissés pour morts par leurs camarades. Ah la famille, ce n'était pas le fort du Tenente non plus, mais il n'était pas du genre à abandonner les siens.

Tirant avec une précision douteuse, il parvint tout de même à atteindre un des tireurs ennemis, action qui attira leur attention tandis que ses troupes purent s'extraire du comptoir pour se diriger vers une couverture plus sûre. Le Tenente se replia avec ses hommes tout en couvrant abondamment les tireurs ennemis de balles à l'aide d'un fusil trouvé au sol. Arrivés au pied du grand escalier menant aux différents étages composant la grande baraque, les mafieux grimpèrent rapidement les marches, bientôt suivi par des coups de feu arbitraires et des cris, sans doute des jurons. S'arrêtant au troisième étage, qui était aussi l'avant-dernier étage, le Tenente et ses hommes entrèrent en toute hâte dans une pièce qu'il barricadèrent avec une armoire, qui semblait être la barricade la plus judicieuse. Le Tenente n'avait pas eu le temps de se pencher sur la situation en profondeur, occupé à fuir, mais il pouvait désormais se pencher dessus : ils étaient quatre, tous munis d'armes plus ou moins puissantes, et les ennemis ne semblaient pas être plus nombreux ni avoir des armes précises ou efficaces.

Tentant le tout pour le tout, le Tenente tendit l'oreille. Au loin, il entendait des sirènes de police, indice évident que la situation risquait de dégénérer dramatiquement, bien qu'ils soient déjà dans une posture très fâcheuse. N'entendant aucun bruit dans le manoir et entendant des bruits de pas à l'étage, il supposa que les tireurs inconnus étaient montés plus haut en pensant les trouver au dernier étage. Fort de cette conviction, il ordonna qu'on retire l'armoire de son chemin et il ouvrit la porte avec précaution, sans bruit. Il inspecta rapidement les environs. Rien, ni à gauche ni à droite. Il courut, se couvrit derrière un pot de fleur majestueux aux dimensions gargantuesques. Il indiqua d'un geste clair à ses acolytes de le suivre. Il sortirent, coururent. Un éclair. Deux éclairs. Puis trop d'éclairs pour les compter. Fauchés, ses acolytes étaient. Sonné par le bruit des balles, le Tenente ne put que tenter de fuir désespérément tandis qu'une main se refermait avec vigueur et haine sur son son costard neuf, repassé pour l'occasion. Le Tenente de Palepoli se retourna, effrayé, et ne put que constater. L'homme qui le tenait était encagoulé et pointait un des fusils susmentionnés vers son visage. L'homme souleva sa capuche. Un visage connu, oui, le Tenente le connaissait. Mais cela faisait longtemps, et il ne put voir ce visage que dans un instant fugace qui dura une éternité pour lui. Un éclair. Un corps qui se fige, qui se tord, qui se détend brusquement. Du sang. Beaucoup de sang. Un homme qui en lâche un autre. Un cadavre qui tombe. Le Tenente n'était plus.[/justify]

Posté : lun. août 07, 2017 4:26 pm
par Djinndigo
[center]Récit : le bataillon pénal
21 octobre 2033 - SECRET D'ÉTAT[/center]

[justify]Le capitaine Innocenzo Rotelli attendait, un verre de whisky wildhornais à la main, que son subordonné, le lieutenant Vodingo Pepi, entre dans son bureau. Cela faisait déjà dix minutes qu'il l'attendait et son retard manifeste l'exaspérait de plus en plus. Il tapotait doucement de la main sur son bureau tandis qu'il sirotait le contenu de son verre avec nonchalance. La onzième minute de retard du lieutenant se déroula silencieusement. Déçu, Innocenzo baissa la tête pour mieux la relever lorsque trois coups brefs furent frappés contre la porte de son office. D'une brève onomatopée, il indiqua avec subtilité à son subordonné de rentrer. Ce dernier ouvrit la porte rapidement, hors d'haleine, et déposa le contenu de ses bras sur le bureau rudimentaire du capitaine Rotelli. Innocenzo ne broncha pas et tourna la tête vers le lieutenant.

« Vous voilà enfin ! Je commençais à penser que vous ne méritiez clairement pas votre place. Vous venez tout juste de m'offrir le bénéfice du doute à ce sujet. Attaquons tout de suite le vif du sujet », dit le capitaine Rotelli. « Nous savons, vous comme moi, que si nous sommes assignés à cette tâche, c'est que nous avons une valeur inestimable aux yeux des généraux plus haut gradés. Accomplir cette besogne ne sera pas aisé mais cela nous vaudra de belles primes et un prestige inégalable. Vous imaginez ? Peu de gens ont fait ça auparavant, autant que nous sachions. »

Le lieutenant répondit : « Mon capitaine, sachez que je suis ravi de devenir votre bras droit dans ce fabuleux projet. C'est effectivement quelque chose d'inédit auquel nous allons assister. Par contre, il me semble avoir mal compris le courriel électronique que vous m'avez envoyé ce matin à ce sujet. Pourriez-vous être plus clair ? »

Le capitaine, après avoir bu une gorgée de whisky, répondit avec une lueur dans les yeux : « Vodingo, nous allons créer, pour le bien de la nation lucanienne, un corps d'élite. Mais pas n'importe quel corps d'élite, puisque ce dernier sera uniquement composé de prisonniers condamnés à la prison à perpétuité pour des crimes d'envergure. Il ne s'agira pas de jouer aux tendres avec eux, puisqu'ils sont parmi les hommes les plus dangereux de notre système pénitencier. »

Interloqué, le lieutenant balbutia : « Des... Des... Des prisonniers ?! En quoi des prisonniers sont-ils plus forts, plus efficaces et plus talentueux que des soldats de notre glorieuse armée, que cela soit des soldats aguerris ou des simples bleus ? »

« Eh bien, je me suis moi aussi posé cette question lorsque notre supérieur m'en a parlé. C'est une idée qui peut sembler dingue pour la plupart des gens puisque les prisonniers en question sont des tueurs en série multi-récidivistes incapables de partager la moindre des valeurs avec un être humain normal. Mais ces derniers sont une arme, et cette arme est aiguisée au point de vous tailler les veines juste en l'effleurant. Donnez leur une arme, ils vous tueront dix hommes si cette dernière ne contient que dix balles. Ils ont beau être l'oeuvre de Satan, leur folie peut nous être utile. Je ne vous le proposerez pas une seconde fois : êtes vous avec moi ? »

« Je... Je... Bien sûr, je vous suivrais partout mon capitaine, mais... Êtes-vous sûr de vouloir vous engager dans une entreprise si périlleuse ? Ce n'est pas pour rien qu'ils ont fini en prison. Ces gens ne sont ni stables, ni sains d'esprit. Mettez-les dans une cage à vos côtés, ils vous tueront sans aucuns remords. »

« Je ne vous demanderais pas votre approbation morale, puisque dans cette entreprise aucune morale n'est de mise. Toute arme est bonne à prendre : soit vous tuez, soit vous êtes tué. Je ne le répéterai pas : je me fiche des questions morales et du passé de ces hommes. Considérez que ce projet est une autre forme de punition pour eux. »

Hochant la tête en serrant la mâchoire, Vodingo s'assit et prit le dossier qu'il avait étalé sur le bureau et tenta d'en lire quelques pages. Après quelques secondes de silence, le capitaine lui prit des mains et reprit la discussion.

« Comprenez bien, mon ami, que nous ne faisons pas un pacte avec le Malin, nous nous contentons d'accomplir la volonté de nos supérieurs. Je ne sais pas d'où vient l'ordre, mais je me doute qu'il vient du haut commandement, peut-être même que cela va plus loin que ce que l'on pense. Nous nous devons d'être exemplaire et de faire de ces hommes foncièrement mauvais des hommes de bien, ou des hommes de main tout au plus. »

« C'est bien compris mon capitaine. Je ne vous trahirai pas et je serais votre fidèle bras droit. Je le jure devant Dieu. »

« Assez de toutes ces bondieuseries, je vous ai déjà dit que la morale, religieuse ou non, n'avait aucune place dans cette affaire. Qui plus est, préparez vos affaires et dites aurevoir à votre famille pour une durée indéterminée. Nous décollons ce soir au coucher du soleil pour aller au pénitencier de Padori, où plus d'une centaine de ces "spécimens" sont détenus depuis le transfert de la plupart d'entre eux il y a de cela un mois ou deux. Parmi cette centaine, nous formerons de petits corps d'élite que nous entraînerons jour et nuit. Nous en garderons normalement une vingtaine qui seront les plus endurcis de tous. Je vous dévoilerais leur profil quand nous serons dans l'hélicoptère. Vous pouvez disposer. »

Alors que le lieutenant allait partir, Innocenzo rajouta :

« Oh, et j'allais oublier, tant que nous y sommes : tout cela est classé top-secret, donc la moindre fuite impliquera la mort de la plupart des personnes impliquées dans cette affaire. Nous n'avons clairement pas le droit à l'erreur, donc pour votre absence prétextez une quelconque mission de routine à l'étranger. »[/justify]

Posté : lun. août 07, 2017 7:20 pm
par Djinndigo
[center]Récit : le bataillon pénal
21 octobre 2033 - SECRET D'ÉTAT[/center]

[justify]Le lieutenant Pepi arriva avec de nouveau un quart d'heure de retard, attendu avec impatience par l'ensemble de l'équipage de l'hélicoptère. L'équipage dudit véhicule était assez hétéroclite : le capitaine Rotelli, deux pilotes de l'armée, quatre soldats composant l'escorte et en dernier, le Vodingo lui-même. [url=http://www.helicopassion.com/images/NH90/Italie/MAS13613h.jpg]L'hélicoptère était un petit véhicule militaire aérien des années 2000[/url] capable de transporter l'ensemble de l'équipage sur la distance requise. Ni Vodingo ni Innocenzo n'aurait été capable de situer la base pénitentiaire de Padori, autant par méconnaissance de la géographie lucanienne que par méconnaissance des coordonnées géographiques du lieu.

Vodingo fut accueilli avec mécontentement mais embarqua tout de même dans l'hélicoptère qui décolla quasi-immédiatement après l'embarquement du lieutenant. Tout honteux, ce dernier se carapata sur son siège en attendant que le capitaine Rotelli prenne la parole. Ce dernier ouvrit son attaché-case, qui contenait une foule de feuilles, dont la plupart semblaient couvertes d'une écriture scripte illisible. Innocenzo Rotelli lui en tendit une qui ne semblait pas trop froissée et au sommet de laquelle était écrit le chiffre un.

« Je vais vous présenter quelques-uns de nos potentiels candidats parmi les cent-douze prisonniers de Padori. Leur profil va sans doute vous effrayer tout autant que moi quand je les ai découvert il y a de cela quelques heures. Le dossier que vous voyez ici n'est nul autre que celui que vous m'avez apporté plus tôt dans la soirée. Il contenait en réalité la liste des cent-douze prisonniers et donc, par extension, des cent-douze candidats.

Tout d'abord, voici Ludano Frigo. C'est notre candidat "favori" car son casier est signe d'une grande maîtrise de l'art du combat et du tir. C'est sans aucun doute un virtuose en la matière, car il en est venu à se créer une légende en s'entourant d'une communauté de fans. Il en est carrément venu à se surnommer "il fiore del male", car il a massacré plus d'une quarantaine de personnes, dont onze en même temps.

D'après les psychologues chargés de son cas, c'est dans son enfance que son futur de tueur en série a été déterminé. Son père et sa mère le battaient et ses deux grandes sœurs le tabassaient aussi régulièrement. Une telle famille ne peut que mener à la catastrophe, et cela s'est vérifié à l'âge de treize ans lorsqu'il a massacré toute sa famille en dix minutes seulement. C'est horrible, n'est-ce pas ? Et bien ce n'est rien par rapport à ce qui est arrivé plus tard.

Après avoir été condamné à 5 ans de prison pour un acte abominable mais ayant bénéficié d'une remise de peine pour "légitime défense", il sort de la prison pour mineurs d'Augusta à l'âge de dix-huit ans. Il fréquente les quartiers les plus défavorisés d'Augusta et entretient des relations houleuses avec la mafia locale. Durant cette période à Augusta, on compte une dizaine de tués à son actif, si ce n'est plus. Aucun de ces meurtres ne lui sera attribué avant son arrestation, il faut croire que la mafia ne tenait pas à divulguer sa faiblesse.

Il prend ensuite la fuite, poursuivi par les mafieux d'Augusta. La mort du chef de la mafia d'Augusta cessera les poursuites à travers tout le pays lucanien. Arrivé à Palepoli, il sème le trouble dans une banque en y tuant cinq banquiers. Il s'enfuit encore une fois, cette fois-ci avec un important butin. Alors qu'il quittait la banque, il a tué tous ses acolytes de sang-froid. Il connaissait la plupart d'entre eux depuis une dizaine d'années.

A bord d'un fourgon blindé de la même banque, il traverse toute la ville en franchissant tous les barrages de police et arrive à s'échapper jusque dans la campagne environnant la capitale. Là, des barrières cloutées crèvent ses pneus et il fut obligé de s'arrêter. Opposant une résistance acharnée aux policiers, il tua onze d'entre eux avant que trois policiers n'arrivent à le ceinturer et le menotter. Voilà la fin de la carrière de ce scélérat, qui fut mis à l'ombre pendant un paquet de temps. C'est le parfait soldat-criminel : fort, talentueux, terrible, insensible, convaincu. A lui seul il pourrait vaincre un vingtaine de nos soldats. Si ça ce n'est pas un guerrier d'élite ! Qu'en pensez-vous ? »

Le lieutenant répondit en balbutiant : « Que... Qu'est-ce que ? C'est un véritable monstre ! Il a beau me répugner, j'avoue qu'il doit valoir son pesant d'or sur le champ de bataille... Comment peut-on tuer autant d'hommes ? Combien en avez-vous du même acabit ? »

« Une vingtaine. »[/justify]

Posté : lun. août 07, 2017 10:42 pm
par Djinndigo
[center]Récit : le bataillon pénal
21 octobre 2033 - SECRET D'ÉTAT[/center]

[justify]Le capitaine Rotelli toussota, puis reprit : « Pour revenir à Ludano Frigo, il correspond exactement au profil que nous recherchons : c'est un sanguinaire, c'est un fait incontestable puisqu'il a lui-même abattu, devant plusieurs témoins oculaires, ses collègues de hold-up, de sang-froid. C'est glaçant. Ensuite, les psychologues professionnels ont confirmé qu'il était complètement sociopathe et atteint du trouble de la personnalité antisociale : il ne ressent clairement aucune émotion et ne partage quasiment aucun point commun avec un être humain lambda sur le plan émotionnel.

Il ne réagira pas à la douleur d'autrui et ne vous viendra pas en aide, il n'aura aucune pitié pour un camarade tombé au combat. Il visera et abattra ses ennemis sans broncher et sans douter. Il tiendra un cadavre dans ses bras sans pleurer et ne verra pas la souffrance dans les yeux d'un enfant agonisant. C'est encore plus terrifiant, vous ne trouvez-pas ?

Pour continuer sur son cas, son dossier est fourni. C'est un fervent catholique persuadé de poursuivre une cause supérieure qui nous dépasse tous. Il suffira de le persuader, c'est pourquoi le prêtre attitré de la prison, le padre Carlo Losco, vient tout juste d'arriver sur l'île après le décès du précédent prêtre. Ce nouveau représentant de la religion catholique aidera nos compatriotes incarcérés à trouver la juste voie, vous ne pensez pas ?

Ludano n'a plus aucune famille, comme la plupart des détenus d'ailleurs. Nous les avons immatriculés pour mieux nous y retrouver. Ludano a pour plaque LF-091, un titre bien trop pompeux pour un si horrible personnage, vous ne trouvez pas ? Regardez donc la photo. »

De l'index, le capitaine Rotelli indiquait au lieutenant une [url=https://i.skyrock.net/6614/60486614/pics/2660694298_1.jpg]petite photographie d'identité adjointe au document[/url]. Vidongo l'observa avec méticulosité tandis que le capitaine reprit son discours.

« Nous arriverons dans peu de temps. Préparez-vous à atterrir dans un lieu inédit. Cet endroit est peut-être l'un des pénitenciers les plus dangereux au monde. Nous l'avons fourni avec des soldats dans tous les coins et les recoins. Ces soldats ont juré devant Dieu de ne pas trahir l'Etat lucanien, et c'est pour cela qu'ils sont ici. Briser leur serment reviendrait à se suicider purement et simplement. Comme vous le savez déjà, il s'agit d'un lieu classé top-secret, toute fuite sera punie par la peine capitale. Compris ? »

Il fit un léger hochement de tête à Vidongo, qui répondit avec le même mouvement. Ce dernier suait légèrement. L'hélicoptère sembla ralentir et adopter un vol stationnaire puis doucement descendre vers le goudron qui recouvrait la piste d'atterrissage pour hélicoptères de la base pénitentiaire de Padori. Le moteur tressauta puis les pales s'arrêtèrent complètement. Quelques gouttes d'eau commencèrent à tomber alors que l'équipage descendait du véhicule. Ils furent accueilli par une escorte lourdement armée venant compléter l'escorte déjà présente dans l'hélicoptère.

Le complexe pénitencier avait une surprenante envergure, au centre de l'île de Padori. Le morceau de terre, de quelques hectares à peine, émergeait au milieu de la mer Tyrrhénienne, entre les deux Lucagnes, la Lucagne insulaire et la Lucagne péninsulaire, perdu au milieu de l'eau entre ces deux morceaux d'une même nation. Tout en scrutant l'horizon, le capitaine parla à Vidongo :

« Vous savez, je risque peut-être de regretter d'être venu ici, car c'est à partir de ce moment où nous ne pouvons pas revenir en arrière. Nous ne pourrons pas repartir avant d'avoir achevé notre mission », dit-il en se tournant vers son subordonné. « C'est une véritable fresque à la folie que nous allons dresser, et pour notre propre santé mentale, nous serons examinés quotidiennement par une équipe de psychologues professionnels chargés de la démence de la plupart des prisonniers de cet endroit. Nous allons faire un rapide tour des lieux. Suivez-moi. »[/justify]