Posté : dim. juin 11, 2017 6:57 pm
Odin-des-Mariniers :
[right]3 Mai 2033, Vieux Quartier de Yentsu, Cité-État de Yentsu.[/right]
L'espace valait cher, à Yentsu, c'était le moins que l'on pouvait dire. Ce n'était peut-être pas la plus densément peuplée des anciennes concessions, mais elle l'était bien assez pour que la nécessité de construire des habitations qui pouvaient sans cesse accueillir plus de gens sur un espace qui n'augmentait jamais soit bien sensible. Malgré tout, personne n'avait jamais sérieusement envisagé de démolir le vieux temple d'Odin-des-Mariniers, dans le vieux quartier de la ville. Parce qu'il y avait tout de même un tiers de vonaturiens parmi la population, certes, mais pas seulement. En vérité, le vieux temple faisait partie du folklore de la ville, de ses vieilles traditions, et plus d'un habitant, même sans être d’obédience nordique, était entré dans le bâtiment pour déposer quelques pièces ou une offrande au pied de la vielle statue de pierre qui trônait au fond de celui-ci.
On disait que le Temple d'Odin-des-Mariniers avait été fondé dès l'arrivée des vonalyans dans la région, et que la statue qui se trouvait au fond n'avait pas été faites de main d'homme, mais remonter par les marins dans leurs filets peu avant d'arriver en vue des côtes de ce qui deviendrait un jour un comptoir commercial, puis une concession, avant de revenir dans le giron impérial. Ce qui était certain, c'était que le temple actuel avait plusieurs siècles, et que sa modernisation, à l'époque, avait été l'un des premiers soucis des vonalyans quand ils étaient devenus maîtres de Yentsu. On ne l'avait pas agrandit, pourtant, on s'était contenté de retaper la vieille structure, de remplacer le bois par de la pierre là où s'était nécessaire, ce genre de choses. Quant à la statue, si beaucoup de sceptiques doutaient de son origine fabuleuse, il ne faisait aucun doute qu'elle était ancienne, et qu'elle avait probablement été exécuté au Vonalya pour faire tout le voyage dans le rôle de protecteur de l'équipage qui l'avait amené – si bien sûr elle n'était pas surgie des flots.
En fait de temple, il s'agissait d'une longue nef, qui avait la forme d'un bateau traditionnel scandinave renversé. Jadis, il avait été entièrement en bois, comme si c'était bien un vrai navire viking retourné, mais aujourd'hui ses flancs étaient en pierre recouverte de bois, seul le toit étant entièrement en bois. On y trouvait des torches qui brûlaient le long des murs – une bonne raison pour les « moderniser » jadis en bois – avec entre elles diverses offrandes laissées au fil du temps et conservée par le temple, ainsi que, parfois, des statues d'esprits des océans, parfois venus du grand nord, parfois légèrement déformés depuis le folklore local d'origine, aux pieds desquels on venait parfois déposer une offrande, également. La plupart de celles-ci toutefois finissaient au fond du temple, devant la grande statue de pierre d'Odin.
Il s'agissait d'une représentation particulière, celle du Dieu Borgne avec un filet chargé de poissons sur l'épaule, dans lequel ses corbeaux venaient arracher quelques morceaux de viande, cependant qu'à ses pieds un serpent marin gisait mort, la tête transpercée par la lance du Dieu, sur laquelle celui-ci s'appuyait encore. C'était une représentation plutôt rare, qui lui avait valu son nom. On considérait que c'était une représentation du Dieu terrassant les dangers de la mer et rapportant ses bienfaits à terre, et il était sans doute destiné à l'origine à favoriser la pêche, mais avec le temps il avait pris une importance toute différente. On le considérait comme le protecteur de tous ceux qui prenaient la mer, et on avait d'ailleurs ajouté avec le temps deux fresques sur les murs l'entourant, l'une, à gauche, montrant la divinité en train de barrer sur un drakkar, l'autre, à droite, le montrant en train de pourfendre une vague géante s'apprêtant à s'écraser sur une ville à l'arrière plan.
Odin-des-Mariniers était donc passé d'ami des pêcheurs à protecteur des marins, et puis en était venu à être tenu comme un des protecteurs de la ville. Aujourd'hui, le culte rendu avait encore évolué, pour passer en quelque sorte dans les traditions locales. On venait apporter une offrande au pied de la statue pour des choses aussi vague que « la bonne fortune » ou « la réussite », et ainsi de suite, parfois sans croire forcément au panthéon odinique. Et il était peu probable qu'en dépit de l'inflation immobilière le temple soit jamais détruit, tant il était ancré dans la culture locale. De fait, avec le temps un petit groupe de prêtres s'étaient instaurés, qui vivaient à peu de frais en entretenant les lieux, promettant à de nombreuses générations encore de croyants comme de non-croyants de venir prier ce qui était devenu, dans l'esprit de beaucoup, une sorte d'esprit local dont on pouvait espérer se concilier les bonnes grâces pour décrocher un peu de chance dans la ville.
[right]3 Mai 2033, Vieux Quartier de Yentsu, Cité-État de Yentsu.[/right]
L'espace valait cher, à Yentsu, c'était le moins que l'on pouvait dire. Ce n'était peut-être pas la plus densément peuplée des anciennes concessions, mais elle l'était bien assez pour que la nécessité de construire des habitations qui pouvaient sans cesse accueillir plus de gens sur un espace qui n'augmentait jamais soit bien sensible. Malgré tout, personne n'avait jamais sérieusement envisagé de démolir le vieux temple d'Odin-des-Mariniers, dans le vieux quartier de la ville. Parce qu'il y avait tout de même un tiers de vonaturiens parmi la population, certes, mais pas seulement. En vérité, le vieux temple faisait partie du folklore de la ville, de ses vieilles traditions, et plus d'un habitant, même sans être d’obédience nordique, était entré dans le bâtiment pour déposer quelques pièces ou une offrande au pied de la vielle statue de pierre qui trônait au fond de celui-ci.
On disait que le Temple d'Odin-des-Mariniers avait été fondé dès l'arrivée des vonalyans dans la région, et que la statue qui se trouvait au fond n'avait pas été faites de main d'homme, mais remonter par les marins dans leurs filets peu avant d'arriver en vue des côtes de ce qui deviendrait un jour un comptoir commercial, puis une concession, avant de revenir dans le giron impérial. Ce qui était certain, c'était que le temple actuel avait plusieurs siècles, et que sa modernisation, à l'époque, avait été l'un des premiers soucis des vonalyans quand ils étaient devenus maîtres de Yentsu. On ne l'avait pas agrandit, pourtant, on s'était contenté de retaper la vieille structure, de remplacer le bois par de la pierre là où s'était nécessaire, ce genre de choses. Quant à la statue, si beaucoup de sceptiques doutaient de son origine fabuleuse, il ne faisait aucun doute qu'elle était ancienne, et qu'elle avait probablement été exécuté au Vonalya pour faire tout le voyage dans le rôle de protecteur de l'équipage qui l'avait amené – si bien sûr elle n'était pas surgie des flots.
En fait de temple, il s'agissait d'une longue nef, qui avait la forme d'un bateau traditionnel scandinave renversé. Jadis, il avait été entièrement en bois, comme si c'était bien un vrai navire viking retourné, mais aujourd'hui ses flancs étaient en pierre recouverte de bois, seul le toit étant entièrement en bois. On y trouvait des torches qui brûlaient le long des murs – une bonne raison pour les « moderniser » jadis en bois – avec entre elles diverses offrandes laissées au fil du temps et conservée par le temple, ainsi que, parfois, des statues d'esprits des océans, parfois venus du grand nord, parfois légèrement déformés depuis le folklore local d'origine, aux pieds desquels on venait parfois déposer une offrande, également. La plupart de celles-ci toutefois finissaient au fond du temple, devant la grande statue de pierre d'Odin.
Il s'agissait d'une représentation particulière, celle du Dieu Borgne avec un filet chargé de poissons sur l'épaule, dans lequel ses corbeaux venaient arracher quelques morceaux de viande, cependant qu'à ses pieds un serpent marin gisait mort, la tête transpercée par la lance du Dieu, sur laquelle celui-ci s'appuyait encore. C'était une représentation plutôt rare, qui lui avait valu son nom. On considérait que c'était une représentation du Dieu terrassant les dangers de la mer et rapportant ses bienfaits à terre, et il était sans doute destiné à l'origine à favoriser la pêche, mais avec le temps il avait pris une importance toute différente. On le considérait comme le protecteur de tous ceux qui prenaient la mer, et on avait d'ailleurs ajouté avec le temps deux fresques sur les murs l'entourant, l'une, à gauche, montrant la divinité en train de barrer sur un drakkar, l'autre, à droite, le montrant en train de pourfendre une vague géante s'apprêtant à s'écraser sur une ville à l'arrière plan.
Odin-des-Mariniers était donc passé d'ami des pêcheurs à protecteur des marins, et puis en était venu à être tenu comme un des protecteurs de la ville. Aujourd'hui, le culte rendu avait encore évolué, pour passer en quelque sorte dans les traditions locales. On venait apporter une offrande au pied de la statue pour des choses aussi vague que « la bonne fortune » ou « la réussite », et ainsi de suite, parfois sans croire forcément au panthéon odinique. Et il était peu probable qu'en dépit de l'inflation immobilière le temple soit jamais détruit, tant il était ancré dans la culture locale. De fait, avec le temps un petit groupe de prêtres s'étaient instaurés, qui vivaient à peu de frais en entretenant les lieux, promettant à de nombreuses générations encore de croyants comme de non-croyants de venir prier ce qui était devenu, dans l'esprit de beaucoup, une sorte d'esprit local dont on pouvait espérer se concilier les bonnes grâces pour décrocher un peu de chance dans la ville.