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Posté : mar. avr. 18, 2017 5:13 pm
par phiwill61
[center]Cabinet du Premier Ministre de l'Empire d'Eashatri[/center]
Ici se nouent les décisions importantes de l'Empire d'Eashatri, mais également les rencontres entre dirigeants étrangers (qui auront néanmoins place dans le forum scène internationale) .
[center]Premier ministre en fonction : Sadiq Operkh
[img]https://s1.reutersmedia.net/resources/r/?m=02&d=20111223&t=2&i=550332555&r=BTRE7BM0YZW00[/img][/center]
Posté : mar. avr. 18, 2017 10:25 pm
par phiwill61
Rencontre confidentielle du 27 novembre 2032 entre Rayin Akhesh, l'actuel Premier Ministre eashe, et Aidan Sarres, ex Ministre des Affaires Etrangères eashe
[justify]Le Premier Ministre était assis à son bureau, le visage grave. Il a agi trop vite lorsqu'il a renvoyé Aidan Sarres de son gouvernement. Certes, il voulait le renvoyer, mais il l'a fait beaucoup trop vite, avant de ne plus avoir besoin de lui. Cet impertinent homme politique avait le don de se rendre indispensable. Actuellement seules deux personnes connaissaient parfaitement la question shuktène, le leader de l'opposition, M. Sadiq Operkh, un travailliste, que M. Akhesh ne pouvait pas supporter, et M. Sarres, pas assez à droite à son goût, mais qui avait le mérite de ne pas être de gauche. De plus l'article publié dans Brèves Eskhanes la veille montrait aux yeux de tous les électeurs l'erreur de M. Akhesh, erreur qu'il n'aurait jamais accepté d'admettre. Il avait essayé de faire passer le licenciement de M. Sarres pour une démission, mais les médias n'étaient pas dupes, un tel changement de discours montrait qu'il y avait anguille sous roche. Et ils l'avaient trouvée. M. Sarres se présenta exactement à l'heure dite, accompagné d'un assistant parlementaire qui l'avait excorté jusque le cabinet. Rayin Akhesh se leva et s'efforça de paraître souriant:
"M. Sarres, quel plaisir de vous revoir !"
Le libéral n'eut même pas la sympathie d'exprimer quelque sourire au Premier Ministre :
"Il est vrai que je ne m'attendais pas à être reçu dans ce bureau de sitôt. A quoi dois-je cet honneur ? Serais-ce une invitation de courtoisie, à moins que la question soit l'éviction du troisième parti du parlement de votre gouvernement ?
-Mais pourquoi ferais-je cela, vous savez que les libéraux sont l'allié le plus inestimable de mon gouvernement sans lequel il ne pourrait pas tenir!
-Ne nous accordez pas tant d'importance, nous n'avons même pas pu empêcher le vote de votre loi homophobe et ultraconservatrice. (Il dit ça comme une plaisanterie, rendant l'hypocrisie de M. Akhesh) Mais plutôt que de continuer sur cette lancée pourquoi ne pas abattre nos cartes sur table, sans détour ? (La tension monta d'un cran et les deux hommes politiques se dévisageaient comme deux fauves prêts à en découdre)
-C'est vrai qu'il s'agirait d'une méthode de communication beaucoup plus simple. Alors montrons nos jeux. Un journal est prêt à publier un article qui ferait grand mal à votre réputation, et je peux le censurer, si votre parti accepte de voter la loi de censure qui sera proposée la semaine prochaine. Dans un contexte de conflit pouvant s'étendre à notre pays, la censure serait largement explicable, puisqu'il s'agit d'un moyen d'éviter de faire fuiter des informations compromettantes. De même, je peux vous faire arrêter pour divulgation de documents confidentiels à la presse, sans autorisation du gouvernement.
-Mais je n'ai rien à me reprocher M. Akhesh, je n'ai rien divulgué, j'ai juste exprimé une opinion, droit garanti par notre constitution il me semble. Et si je suis venu ici pour que vous obteniez le vote du MPE, vous aurez vos voix sans menaces, mais je n'assure pas qu'elles aillent dans le sens de votre gouvernement.
-Allons, allons, vous êtes un homme raisonnable, vous n'oseriez pas menacer le Premier Ministre tout de même ?
-M. Akhesh, malgré toute l'estime que j'ai pour votre premier mandat, ne comptez pas sur mon soutien. J'étais venu ici, espérant que vous voudriez des informations concernant le conflit en Ashurdabad, mais apparemment cela ne vous intéresse pas.
-En Shukténie, M. Sarres. Les étrangers parlent d'Ashurdabad, mais pas nous ! Du temps précolonial, on appelait déjà la région Shukténie, et ce n'est pas prêt de changer.
-Enfin, il est injuste que les shuktènes donnent leur nom à un territoire qu'ils partagent avec les taktounes, sans que ceux ci n'aient leur nom d'attribué à la région. Mais je suppose que nous ne sommes pas ici pour discuter de noms de régions. Le conflit en Ashurdabad semble t-il sur la voie de la pacification ? Et comment les négociations d'Astapur se sont-elles déroulées ? Mon éviction fut-elle efficace ?
-Pourquoi vous répondrai-je, alors que M. Ediar ou Mme. Ravikhan ont dû tout vous dévoiler ?
-Je vais vous dire pourquoi je suis venu à votre entrevue. Mon sens du devoir dépasse mon sens politique : essayez de renouer le dialogue avec la famille d'Ashurdabad, et abandonnez les poursuites à l'encontre de la famille princière. Ils seront tout de suite plus prompts à répondre aux demandes de négociations, et votre parti, la Ligue Impériale, verra son image de protecteur des aristocrates améliorée. Ensuite, trouvez un ministre des affaires étrangères, ça commence à devenir urgent. (M. Sarres se dirigea vers la sortie, à hauteur de la porte, il se retourna et ajouta, dans un sourire :) Et puis cessez de cacher des informations aux ministres MPE de votre gouvernement, sans quoi ils ne tarderaient pas à démissionner.
-M. Sarres, voulez-vous reprendre votre ministère?
-Vous devez être dans une grande détresse pour me demander ceci. Je devrais peut-être accepter, mais pas tant que notre pays est ouvertement homophobe et qu'il prend des dispositions contre le divorce. Je vous souhaite une bonne journée."
M. Sarres sortit sur ces mots, sans accorder plus de temps au Premier Ministre, qui fulminait. Jamais il n'aurait cru qu'un avorton de la sorte le mépriserait autant et oserait lui donner des ordres. Il appela son secrétaire d'état chargé de la gestion du cabinet, qui décrocha aussitôt, pour se faire hurler dessus qu'il était nommé ministre des affaires étrangères.[/justify]
Posté : sam. juil. 15, 2017 2:18 pm
par phiwill61
[justify]13 août 2033, juste après la réunion ministérielle hebdomadaire.
Les trois ministres libéraux du gouvernement Operkh avaient un statut de privilégiés. En effet, sans eux, le Premier Ministre ne pouvait avoir la majorité relative au parlement eashe, c'est pourquoi il comptait beaucoup sur leur soutien. Les ministres du MPE n'abusaient, de manière générale, pas de ce statut. Aussi, quand Mme. Ravikhan demanda à communiquer avec lui, alors que d'autres ministres voulaient lui parler, Sadiq Operkh la fit passer en priorité, dès que la réunion ministérielle fut terminée.
"Mme. Ravikhan, vous vouliez me parler ?
-Oui, mais je n'exige pas d'être seule. Le sujet que j'aimerais aborder avec vous n'a pas lieu d'être confidentiel.
-Je vous laisserai la charge d'en faire part aux personnes que vous souhaitez. Mais puis-je savoir quel est le sujet de votre inquiétude ?
-En tant que Ministre de la Justice, les tribunaux me tiennent au courant de certaines affaires en cours et du déroulé des jugements. L'affaire du trucage des municipales tombe ainsi sous ma juridiction. Sans surprise, le dossier s'alourdit contre Rayin Akhesh, qui peut déjà être certain de ne plus être éligible à vie et d'avoir 30 000 Uars d'amende au minimum, tandis que Zariq Asqa-Ele encourt des poursuites similaires, renforcées d'un an de prison au minimum.
-Je ne comprends pas ce qui vous inquiète Emma. Ce que vous m'annoncez jusqu'à présent, ce ne sont que des bonnes nouvelles, si j'ose dire, non ?
-Oui, pour le moment. Mais cela ne s'arrête malheureusement pas là. Tout d'abord, le MPE a bénéficié de ce trucage. (Devant le visage surpris du Premier Ministre, Mme. Ravikhan précise: ) M. Akhesh et M. Asqa-Ele ont pris leurs précautions pour éviter de tomber seuls, et je peux vous assurer que le MPE n'a pas contribué au trucage. Mais M. Asqa-Ele a demandé dans une directive de donner un point de pourcentage supplémentaire au MPE, dans tous les bureaux de vote. Je soupçonne personellement certains de mes députés d'avoir contribué au trucage, mais la justice n'en est pas là, et souhaite seulement déposer un blâme préventif contre le MPE.
-Qui devra être accepté par votre ministère, donc cela ne posera pas de problèmes, je suppose.
-Non, M. Operkh, vous n'y êtes pas, je ne souhaite pas me dérober à la justice, et j'accepterai ce blâme comme ma morale me l'indique. Je crois qu'un scandale bien pire risque d'éclater.
-Emma, voulez-vous arrêter de faire durer le suspense ?!
-Les éléments de l'enquête tendent à montrer que messieurs Akhesh et Asqa-Ele n'en étaient pas à leur coup d'essai. Lors des dernières législatives, ils auraient probablement truqué les résultats de la circonscription de Tedem, qui pour la première fois en vingt-cinq ans, était passée à droite, avec un score de 61% alors que la coalition MPE-LI n'avait jamais dépassé 30% jusqu'alors.
Sadiq Operkh pâlit en quelques instants. La nouvelle était terrible. Il fallait étouffer cette nouvelle affaire au plus tôt, pour éviter d'assister à une crise de confiance généralisée à l'ensemble du système électoral. M. Operkh sentait comme le poids du monde s'affaisser sur ces épaules.
"Je me charge personnellement de faire taire cette rumeur, pour qu'elle n'apparaisse pas dans les médias durant deux semaines. Pendant ce temps, nous aurons deux semaines pour faire voter une réforme électorale de grande ampleur, vous travaillerez avec le Ministre de l'Intérieur pour cela. Et je veux qu'une enquête en interne détermine dans les plus brefs délais si nous avons eu d'autres trucages d'élections !
-Bien. Je vous tiendrais au courant de la suite des événements."
Sur ces mots, Emma Ravikhan quitta la pièce, sitôt remplacée par Imran Bahari, le Ministre de l'Intérieur. Quand il le vit, Sadiq Operkh s'étonna :
"Mais, Imran, tu n'as pas le temps : tu as du travail ! On prendra le temps de discuter plus tard !"[/justify]
Posté : mar. août 15, 2017 1:07 am
par phiwill61
Conseil de défense, convoqué par les généraux eashes, 14 novembre 2033:
[justify]Trois des cinq pincipaux généraux eashes avaient convoqué l'ensemble des ministres, en pleine campagne électorale, la veille pour parler de la pacification de la région d'Ashurdabad. Du moins, c'était la raison qu'ils avaient invoquée. Aussi tous les ministres avaient mis de côté leur agenda personnel ou électoral pour assister à cette réunion secrète, dont chacun avait déclaré sous serment qu'il ne dévoilerait pas le contenu, à moins qu'il soit divulgué dans la presse par une source extérieure. Les ministres étaient donc inquiets, puisque de tels développements allaient à l'encontre des informations qu'ils avaient eues, à savoir que la pacification de la région d'Ashurdabad était en cours. Sadiq Operkh, le Premier Ministre, fut le dernier à arriver, et à la surprise général, il était accompagné: Damil Vahari, le secrétaire général du PRC le suivait. Les rangs des ministres non affiliés à la GTI s'emplirent de murmures de désapprobation, jusqu'à ce qu'Emma Ravikhan, Ministre de la Justice, prenne la parole:
"M. Operkh, je comprends que vous cherchiez à vous assurer un allié dans cette campagne, mais cette réunion n'est sensée faire intervenir que les généraux et ministres de l'Empire d'Eashatri. Et M. Vahari ne me semble pas quelq'un de très fiable, c'est pourquoi je demande à ce qu'il sorte sur le champ.
-Mme. Ravikhan, c'est moi le Premier Ministre, c'est moi qui décide de qui peut assister à cette réunion, déclara sèchement le Premier Ministre, avant de reprendre: Général Garin, commencez, je vous prie.
-Bien, comme vous le savez tous, la paix en Ashurdabad semble commencer à s'installer, et le climat semble favorable pour que nous puissions calmer durablement le conflit au nord de notre pays. Malheureusement, nous savons tous que l'Etat de Libération Shuktène, je parle des shuktènes terroristes, a reçu une aide extérieure ces dernières années. Après quelques recherches, nous sommes arrivés à la conclusion qu'elle était permanente et en provenance de la région du massif de Tushtuk-Dariya dans le sud du Karmalistan. Il ne fait d'ailleurs aucun doute que le délabrement total de l'autorité dans de vastes régions de notre voisin est propice aux échanges avec les terroristes.
-La prospérité de l'Empire d'Eashatri ne pourra pas se faire sans avoir instauré une paix durable sur l'ensemble de notre territoire, et donc de la région d'Ashurdabad, expliqua le Général Podkar, qui se tenait à droite du Général Garin. Mais la paix en Ashurdabad ne pourra être assurée si nous ne nous assurons pas d'éradiquer le terrorisme, et les diverses aides qu'ils pourraient avoir. Il faut repousser le terrorisme, plutôt qu'à la frontière nord de l'Eashatri, jusqu'au montagnes de la chaîne du Kormal, afin de nous assurer une paix durable dans l'Isthme Shuktène. Pour cela, il faudra attaquer le Karmalistan, ce qui devrait être aisé, au vu de sa situation actuelle.
-En effet, le Karmalistan est actuellement affaibli militairement, au point que j'ai pu prendre la liberté avec mes hommes d'entrer sur le territoire karmal sans la moindre encombre, et sans que les autorités karmales n'en aient été averties, à ce que je vois, dit le dernier Général, le Général Rosiksh, en observant les visages ahuris des ministres. Ne leur laissant pas le temps de répondre, il continua, alors que Mavi Oroshe essayait de prendre la parole : Le Karmalistan subit à la fois les effets d'une situation financière difficile et ceux d'une situation militaire tout bonnement intenable, dans un conflit à cinq parties, aussi si nous nous allions aux communistes et aux sirs, tout en attaquant le sud karmali en prenant la ville d'Ortosundagol et la région portuaire de Daharpur, qui serait ainsi isolée du reste du pays, et le Karmalistan serait forcé de capituler, ainsi pris par surprise. nous aurions ainsi sécurisé l'Isthme Shuktène et éradiqué dans l'oeuf la double menace du terrorisme et d'un potentiel état musulman fort comme voisin immédiat.
-Passons les propos fous que vous avez tenus, que l'on peut éventuellement mettre sur votre fatigue, du moins j'ose espérer que c'est votre fatigue qui vous fait envisager de telles options messieurs ! Briser un accord que nous avons signé avec le Karmilistan !, s'exclama Mavi Oroshe, rouge de colère. Vous pouvez me répéter, ai-je bien entendu? Vous êtes entrés sur le territorire karmali sans avoir ni notre autorisation, ni plus grave encore, celle du Gouvernement Karmali ? Vous savez que cet acte peut être considéré comme un acte de trahison ? Vous savez que la peine pour trahison, lorsqu'on est officier de l'armée, est la peine de mort ? J'ose espérer que cela ne sorte pas de cette salle, sinon je ne donne pas cher de votre peau !
-Si Monsieur Oroshe n'a pas tort sur votre action irréfléchie d'entrer sur le territoire karmali, je ne pense pas que votre proposition soit à rejeter, expliqua le Ministre de l'Intérieur, Ravi Kardeben. En effet, cela permettrait de renforcer la fierté et le sentiment national eashes, sans que nous ayons à fournir trop d'efforts.
-Vous envisagez sérieusement d'attaquer un allié en puissance ? Sans raison ?
-M. Tobephki, vous êtes trop jeune pour comprendre. Laissez parler ceux qui ont connu la guerre, déclara sèchement Damil Vahari. Sérieusement, ne voyez vous pas l'opportunité que cela représente? Nous augmenterions notre influence et supprimerions la menace d'une monarchie dangereuse, tout en aidant ceux qui servent une cause juste et légitime de ceux qui cherchent à libérer leur nation du poids du pouvoir autoritaire qui règne au Karmalistan !
-Est-ce que vous vous rendez compte de ce que cela signifie ? Est-ce que vous mesurez la portée des conséquences d'une telle décision ?, demanda Emma Ravikhan, exaspérée. Qu'en j'en entends, envisager sérieusement un tel conflit, je peux vous dire que je me pose des questions ! D'une part, notre armée est sous-entraînée, et rien ne nous dit qu'une telle alliance soit possible. Imaginez que le conflit résultant soit mal géré et que vous ayez sous-estimé la puissance karmale, qui en subira les conséquences ? Notre pays, à commencer par l'Ashurdabad, et la mégalopole mérebienne ! Deuxièmement, nous nous sommes engagés, dans un accord, avec le Karmalistan, et je me demande qui voudrait le rompre ! Si le fait d'attaquer, sans véritable justification, une nation, ne nous tue pas diplomatiquement, le fait de ne pas honorer nos accords le fera ! Nous pourrons dire adieu à toutes nos ambitions diplomatiques ! et à notre réputation de nation pacifiste disposant d'une riche culture: plus personne ne voudrait la promouvoir ! De plus, quelle est notre prétention à gouverner le Daharpur ? Elle est inexistante ! Je suis outrée, non scandalisée, par une telle proposition, d'autant que, et il s'agit de mon troisième point, si une aide karmale avait existé envers l'Etat de Libération Shuktène, je crois qu'elle aurait justement été faite par les révolutionnaires communistes karmals ou les islamistes radicaux, et en attaquant le Karmalistant, nous ne ferions que de les renforcer, et rendrions alors la région encore plus instable, et la paix plus lointaine ! Non je me refuse à cette idée, et je pense que toute personne douée de bon sens le fera également !
-Bien, je vois que nous n'aboutirons pas à nous mettre d'accord, aussi je propose de lever cette séance et de reposer cette question aux mnistres du prochain Gouvernement, conclut le Premier Ministre, alors que le débat se poursuivait, les ministres du PES ne comprenant pas la nouvelle position de la GTI concernant les conflits armés, et gardant donc un silence notable dans le tumulte de la salle.[/justify]
Posté : lun. août 28, 2017 8:25 am
par phiwill61
[center]RP sans lien: Composition d'une Majorité Gouvernementale[/center]
[justify]Eskha, Restaurant Gastronomique Garvahani, 21 décembre 2033:
Emma Ravikhan, comme les autres candidats au poste de Premier Ministre, était restée dans son bureau de campagne toute la journée, et avait appelé un à un les chefs de partis du parlement. Le premier qu'elle avait appelé, à 15h06, lorsque les estimations donnaient avec certitude le MPE comme premier parti du parlement, avait été Eredin Tobephki. Ils s'étaient donné rendez-vous dans un lieu neutre, ni pro UDP, ni partisan du MPE, à la demande de cette dernière. La cheffe du parti libéral s'était donc rendue à l'heure dite dans ce restaurant, un des meilleurs d'Eskha, et aussi un des plus chers, attendant l'ancien Ministre de l'Education. Elle le connaissait bien, ce jeune loup de la politique, avec qui elle avait des divergences, mais qu'elle respectait.
Il avait été l'assistant parlementaire de l'ancien chef du MPE, Aidan Sarres, de septembre 2029 à octobre 2032, date à laquelle Aidan avait accepté une coalition avec le FPF, pour ne pas diviser le MPE entre son aile dirigeante et son aile plus LI-phile. Ce qu'il n'avait pas vu venir, c'était a vague de démissions qui avaient suivi, démissions de ses soutiens pour la plupart, qui, avec les déçus du PES, avaient fini par se lier derrière Eredin le 1er novembre 2032, pour créer l'UDP. Aidan Sarres l'avait vécu comme une trahison dans les premiers temps, mais s'était raisonné, en se souvenant des nombreuses mises en garde d'Eredin à ce sujet, et de l'indignation de ce dernier lorsqu'il sut que le MPE allait avoir autant de ministres que le FPF dans le Gouvernement Akhesh-II, qui l'avaient convaincu de déposer sa démission. Mais aujourd'hui elle n'avait plus affaire à un jeune politique dont l'influence politique était discutable, mais à un chef de parti qui avait réussi à obtenir 27% des voix aux élections législatives, et sans lequel elle ne pouvait pas espérer gouverner le pays.
Eredin Tobephki arriva à l'heure exacte du rendez-vous, sachant pertinemment que la cheffe du MPE était déjà installée. Un serveur le conduisit à l'étage, jusque la table que Mme. Ravikhan avait réservée. Elle se leva, dans un sourire:
"Bonjour Eredin ! Je t'attendais.
-Bonjour Emma. Il est inutile de vous dire que je ne suis pas surpris de vous voir en avance."
"Pouvez-vous aller nous apporter une bouteille de vin? D'un domaine Montalvéen peut-être?, dit la cheffe du MPE à l'intention du serveur, qui était resté à côté de la table. Dès qu'il fut parti, elle reprit la conversation avec Eredin Tobephki: Je déteste avoir l'impression qu'une conversation privée n'y est pas !
-Il ne fallait peut-être pas choisir un des restaurants les plus protocolaires de la capitale alors..., répondit le leader de l'UDP, les yeux rieurs. Mais de toute façon cette conversation n'est pas que d'ordre privée, à moins que je ne me trompe... Nous avons d'assez bonnes relations, mais ce n'est surement pas notre respect mutuel qui vous a poussée à m'inviter dans un restaurant ce soir...
-Oh, les élections ont toujours la même issue, des discussions plus ou moins animées entre les chefs de partis... Voir un visage amical n'est pas déplaisant dans cette période...
-Visage amical qui est en très bonne position pour participer à ces discussions... On pourrait presque croire que vous attendez quelque chose de moi", dit en souriant Eredin, ne voulant pas brusquer la cheffe du MPE, mais attendant néanmoins d'Emma Ravikhan qu'elle lui donne franchement ce qu'il exigeait d'elle.
"Oui, effectivement Eredin, une question m'occupe l'esprit: lequel de nous deux sera Premier Ministre ces prochaines années ? Car si tu es le leader du troisième parti du Parlement, tu es excellemment bien placé pour faire la pluie et le beau temps de la prochaine majorité, aussi tes prétentions au poste de Premier Ministre seraient très fondées, mais tu pâtis d'une image d'inexpérience que certaines mauvaises âmes voudraient te donner. Et je dois aussi avouer que je n'ai pas renoncé à mes ambitions, mais que je ne souhaite pas diriger de majorité sans t'avoir à mes côtés.
-Il est vrai qu'une femme Premier Ministre serait un véritable symbole dans notre empire, phallocratique par habitude plus que par conviction - je l'espère tout au moins - et que cela pourrait renforcer l'image de démocratie modèle que nous nous efforçons de donner à notre pays, dit calmement Eredin, cachant du mieux qu'il put sa satisfaction. Mais outre ces raisons purement symboliques, pourquoi devrais-je demander aux députés de l'UDP de vous soutenir? Après tout, nous n'avons aucune garantie que ce gouvernement serait différent des autres, ni que vous chercherez à tenir compte de toutes les opinions conciliables. Autrement dit, je veux bien demander à l'UDP de voter pour le Gouvernement Ravikhan, mais il me manque deux garanties...
-Elle te sont d'ores et déjà accordées. Ton mouvement aura autant de ministres que le mien en aura, et je compte faire entrer le parti de Chettur Taviade au Gouvernement. Je voulais t'offrir aussi un titre honorifique, à moins que tu ne sois pas intéressé, au quel cas je comprendrai...
-Avant d'entendre votre offre, j'aimerais m'en tenir à ce qui regarde plus l'action de la nouvelle législature, et cela passe par l'élaboration d'une majorité, ce me semble, que j'espérerais la plus large possible... hors partis extrémistes. Vous aurez déjà le soutien de l'UDP avec votre proposition précédente, qui va dans le sens de ce que je souhaiterais pour l'avenir de l'Eashatri, mais j'aimerais m'assurer que nous ayons le même objectif: souhaitons-nous une majorité allant de la GTI jusque la LI ? Loin de moi de vous demander d'y parvenir absolument, mais d'au moins essayer d'y arriver...
-Comme toujours, tu as le nez fin. Si je réponds par l'affirmative, ce serait ton programme qui serait appliqué, plus que le mien. Quoi de plus logique ceci dit, tu as obtenu plus de voix que moi ! Mais je ne suis pas fondamentalement contre une majorité quintipartite, même si les discussions avec la GTI risquent d'être ardues..."
Le serveur réapparut, apportant une bouteille de vin. [...][/justify]
Posté : jeu. oct. 12, 2017 5:42 am
par phiwill61
Interview officielle de la Première Ministre, télédiffusé le 3 mai 2034 sur GTE :
[justify]L'interview a lieu dans un cadre très solennel, avec un minimum d'effets de décor, si ce n'est que l'enregistrement a été fait dans le bureau même de la Première Ministre, au sein de son cabinet, lieu décoré par l'ensemble des Premiers Ministres depuis 2008. On y voit la Première Ministre, Emma Ravikhan, assise à son bureau, le visage grave, loin des sourires qu'elle offre habituellement.[/justify]
[center][img]http://www.wisdomblow.com/wp-content/uploads/2011/06/sn1.jpg[/img][/center]
[justify]"Bonjour, Madame la Première Ministre. C'est un honneur d'être le premier journaliste à pouvoir vous interviewer dans vos nouvelles fonctions, alors que vous avez refusé depuis quatre mois la traditionnelle interview de début de mandat du Premier Ministre. Très discrète sur votre vie privée aussi bien que sur votre vie professionnelle, il va sans dire que l'annonce du fait que vous alliez accepter une interview a surpris l'ensemble de la sphère politico-médiatique eashate. Aussi, j'aimerais commencer cet entretien par cette question: quelles ont été les raisons qui vous ont fait changer d'avis?"
"Bonjour Aran Kavesh, je suis également heureuse de pouvoir vous parler. Il est vrai que ma parole s'est faite assez rare dans les médias ces derniers temps, et je m'en excuse. Il serait vous mentir que de vous dire que j'ai accepté cet entretien pour remédier à cette lacune, puisque ma principale motivation a plutôt été l'actualité des derniers jours. En effet, je n’ai pas même changé d’avis, puisque je considère toujours que nous devons nous sortir du modèle de concentration de la voix politique prôné par M. Rayin Akhesh durant ces quatre dernières années, mais je dois bien admettre que ma position a évolué, et alors que beaucoup d’eashates ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux, je me devais de leur donner un signe, afin de montrer que je ne suis pas installée sur une tour d’ivoire, mais qu’au contraire je reste une femme du peuple."
"Certes, et personne ne pourra vous le retirer, mais avant de parler de l’actualité, pouvez-vous nous expliquer comment vous vivez le fait d’être la première femme à avoir été nommée Première Ministre ?"
"Oh, je crois que je vais vous répondre de manière très brève : je n’ai aucune difficulté à mener le pays. Il faut croire que l’Eashatri était prêt à être gouverné par une femme, puisqu’à part quelques voix marginales de l’extrême-droite, vous remarquerez que personne ne critique le fait que je sois une femme au pouvoir, alors que tous ne sont pas pour autant d’accord avec ma politique."
"Même au sein de votre famille?"
"Non, au contraire ! Je me considère très chanceuse de ce point de vue ! Mon mari m’a toujours soutenue dans mon ambition politique, et mes deux fils ont toujours vécu dans un climat familial inversé, où j’avais même tendance à décider à la place de Kavan ! Au final, le fait que je sois une femme Première Ministre ne semble poser de problème à personne, si on oublie les traditionnelles piques sans effet des fondamentalistes hindous et musulmans."
"Ce qui nous amène au principal sujet d’actualité, sur lequel beaucoup a été écrit en quelques jours, et dont on attend encore la réaction de votre Gouvernement… En effe, un de nos alliés de l’Organisation de Coopération de Choenglung a déjoué un attenta sur son sol, qui allait être mené notamment par deux eashates affiliés à l’Emirat Islamique…"
"Oui, et il va sans dire que nous condamnons formellement une telle tentative. Voir que le Lianwa est menacé, parce que cette nation a cherché à ramener la paix en Ashurdabad, est quelque chose qui montre à quel point le terrorisme ne doit pas être combattu dans son coin, et que de véritables actions internationales doivent être prises pour en limiter l’extension. C’est dans ce contexte que Mavi Oroshe avait accepté la proposition de l’actuel Premier Ministre Karmal, de créer un groupe d’action commune pour lutter contre le terrorisme islamiste qui se développe juste au Sud-Est du Karmalistan, à nos portes donc. Notre armée est donc partiellement mobilisée là-bas dans une organisation militaire appelée le General Development for Isthmus, qui mène des actions ciblées contre les factions islamistes depuis déjà plusieurs semaines."
"Lorsque vous parlez d’actions ciblées, parlez-vous d’actions du même type que celles mises en œuvre par le Lianwa, qui a bombardé la ville de Kormalnagar en représailles de la tentative d’attentat qui a failli avoir lieu sur son sol ?"
"Non, bien sûr que non ! Notre armée intervient contre des groupes terroristes armés identifiés, et cherche à éviter à tout prix les dégâts civils. D’ailleurs, nous avons renouvelé le haut commandement de notre armée pour éviter que des fautes soient commises pour des raisons de convictions politico-religieuses comme cela avait été le cas en novembre dernier, lorsque des membres de l’ancienne branche armée du FPF étaient encore au sommet de la pyramide militaire. Maintenant que la loi de non appartenance politique des militaires est appliquée, alors qu’elle avait été votée dès 2021, nous pouvons espérer que de tels débordements n’auront plus lieu. Dans ce contexte, nous cherchons avant tout à libérer les populations locales du joug islamique, en leur permettant un accès aux premiers services, et en s’assurant que leur état de santé n’est pas mauvais, afin d’éviter d’éventuelles hécatombes que l’organisation terroriste islamiste que nous combattons pourrait chercher à provoquer. Il va sans dire que la décision unilatérale du Lianwa de procéder à un bombardement d’une ville potentiellement habitée par des civils, ne nous facilite pas la tâche de pacification de la région et de débrutalisation de la société."
"Enfin, certains vous reprocheront d’agir contre le terrorisme islamiste à l’extérieur de l’Eashatri sans même avoir songé aux menaces internes, que représentent le FAS ou les individus enrôlés par l’Emirat Islamique."
"Je ne peux que vous dire que ce que vous dites est faux. Il ya eu de nombreux votes au Parlement pour voter l’exclusion du FAS, et pour rendre ce parti illégal, alors qu’il a affirmé que l’action terroriste n’était que justice face aux infidèles. Un nouveau texte est encore en préparation et devrait être voté durant le courant du mois par ailleurs. Enfin, pour ce qui est des individus enrôlés par l’Emirat Islamique du Karmalistan - je vous signale qu’un autre au Karavaï est en formation, il est donc important de les différencier – il est important de remarquer que beaucoup préfèrent le FAS à l’Emirat, car ils ne soient pas surveillés par quelque organisme eashate que ce soit. C’est justement peut-être le seul argument valable qui pourrait être présenté pour éviter le placement du parti FAS dans l’illégalité ! Mais passons cette parenthèse, et revenons au sujet. L’appartenance à un groupe terroriste et la radicalisation d’une personne, alors que l’internet n’est pas raccordé à l’ensemble de la Shuktènie et du Darhan, est très difficie à prévoir. C’est ainsi que nous avons eu la surprise de voir qu’un des deux eashates qui ont participé à l’élaboration d’un attentat islamiste sunnite au Lianwa, était taktoune alors que cette ethnie est très majoritairement chiite ou bouddhiste."
"Dernière question : auriez-vous quelques mots à propos de l’actualité internationale, alors que le terrorisme se répand aussi bien chez nos alliés Kaiyuanais et Sengaïais, qu’en Aminavie et au Gombet ?"
"Faisons court, mais soyons complets. Le terrorisme, sous quelque forme que ce soit, est inacceptable. Si en ce moment, la forme de terrorisme dont on entend le plus parler est le fondamentalisme islamiste terroriste, d’autres formes de terrorisme existent, comme le terrorisme d’Etat qu’est l’Appartheid, ou le terrorisme militaire que certaines nations organisent pour se venger d’une attaque sur leur propre sol. Tout ces crimes sont fermement condamnés par mon Gouvernement, et je témoigne de mon soutien à tous ceux qui en sont victimes. Mais il faut bien que les victimes prennent garde à ne pas devenir les oppresseurs, comme le Gombet semble l’avoir fait en détruisant des quartiers entiers de Djuruma en Aminavie, pour affaiblir Force et Islam. En l’occurrence, en s’attaquant à la population, il ne fait pas de doute qu’ils vont renforcer cette immonde organisation terroriste, qui va pouvoir chercher à se légitimer aux yeux des locaux, chose qu’elle ne pouvait pas jusqu’alors. Cette action est donc une véritable honte, et lorsque l’Aminavie répond en déclarant la guerre au Gombet, la réponse est tout aussi inadaptée et inconcevable dans tout gouvernement qui réfléchit aux conséquences de ces actes. Cela ne fait que renforcer la brutalisation et l’extrémisation des sociétés, rendant la zone encore plus instable et dangereuse. Ce n’est certes pas avec des discours d’amour du prochain que nous vaincrons le terrorisme, mais ce n’est pas avec une escalade de la violence que nous y parviendrons non plus. "
"Un message aux multiples destinataires donc. C’est sur ces mots que je vous propose de conclure cette interview, Madame Ravikhan. Et merci beaucoup Madame la Première Ministre, ce fut un honneur d’être accueilli en ces lieux."
"Le plaisir est pour moi."[/justify]
Posté : sam. mars 10, 2018 10:31 pm
par phiwill61
Extraits de la conférence de presse mensuelle, au Cabinet de la Première Ministre, 31 juillet 2035:
[center][img]https://cdn.discordapp.com/attachments/405878397395402754/422148012530466816/unknown.png[/img][/center]
[justify]-Mme. Ravikhan, la gauche derrière le GTI menace de quitter votre gouvernement, si vous n'infléchissez pas votre politique étrangère en leur faveur, la ligne diplomatique de l'Eashatri va-t-elle changer ?
-M. Ragshu, votre question me permet d'éclaircir le véritable contexte derrière la manœuvre politique que certains sont en train d'organiser. Aussi, je pense qu'il faut prendre le temps de répondre à votre question. Tout d'abord je commence par préciser que la GTI seule veut quitter le gouvernement, les écologistes du PES, qui sont eux-aussi de gauche (HRP: actuellement, ils sont au centre-gauche) n'ont pas encore à ma connaissance, cautionné ce type de chantage assez malsain, alors que la situation diplomatique internationale ne le permet pas forcément. En l'occurrence, la GTI voudrait que l'Eashatri s'engage en Aleka pour soutenir les populations opprimées par l'appartheid et la nouvelle forme d'oppression mise en place par M. de Klerk depuis quelques semaines. Il s'agit là d'une réponse logique, qui va dans le sens des valeurs de démocratie que nous portons dans ce gouvernement, et que j'aurais envie de suivre moi aussi, mais dans les faits, le risque pour les oppressés serait augmenté si nous prenons position en faveur des habitants du Zuloland. En effet, regardez un peu l'attitude carnassière du nouveau tyran d'Aleka, et vous comprendrez qu'un envoi de troupes sur le sol alekan pour sécuriser l'émigration des zulolais, aurait été une violation de la souveraineté nationale de cet état, qui aurait pu nous faire entrer en guerre, ce que nous souhaitons éviter à tout prix. De plus actuellement, il est un peu tard pour organiser l'exil de ces personnes, qui sont actuellement réfugiées au Vryheid. Certes nous aurions pu intervenir diplomatiquement, mais je ne pense pas que nous aurions été écouté par ce régime qui n'écoute même pas la nation avec laquelle elle est la plus proche : la Britonnie. Alors soyons pragmatiques et réalistes. La seule chose que nous pouvons faire, est envoyer les moyens d'une aide, chose que M. Oroshe et moi-même sommes en train de préparer depuis trois semaines, pour nous assurer que l'aide que nous allons proposer sera utile. Et éventuellement, nous pourrions proposer un accueil d'une partie des réfugiés, pour délester temporairement le Vryheid d'une partie de la charge que des millions de réfugiés peuvent représenter, si le Vryheid l'accepte, bien évidemment.
-Si jamais la GTI quittait malgré tout votre Gouvernement, une intégration du FPF (nationalistes fondamentalistes hindous) serait-elle envisageable ?
-Dois-je vraiment répondre à cette question ? Croyez-vous qu'avec ce que je viens de proposer, accueillir des étrangers n'étant pas forcément de confession hindoue ou de culture janubienne, M. Maraahni voudra vraiment travailler dans mon Gouvernement ?
-Il y a quatre jours, Mme. Sumalee Kongsawan a nommé au Ministère de la Justice sengaïais Ittniporn Jitnukul, pouvons nous savoir comment vous prenez la nouvelle ?
-Je n'ai pas à me mêler de la politique intérieure d'un autre état. En tant que Cheffe du Gouvernement Eashate, il serait particulièrement malvenu de ma part de m'exprimer à ce propos.
-Pouvons-nous avoir au moins votre sentiment, alors que votre fils a connu des discriminations du FPF dans les années 2000 ?
-Les exactions du bras armé du FPF et celles d'Ittniporn Jitnukul sont différentes, M. Tirdankhu, et je ne compte pas m'exprimer sur le sujet, par respect pour Abhi, qui a vu sa dignité suffisamment atteinte par cette histoire. Donc comme vous vous en doutez, non je ne considère vraiment pas que la nommination d'Ittniporn Jitnukul dans un poste-clef du pouvoir sengaïais soit une bonne nouvelle, maintenant, cette position n'engage pas la diplomatie eashate, et je pense que Mme. Kongsuwan a surement pesé le pour et le contre avant de nommer un tel homme au Gouvernement sengaïais. Aussi, à moins que la situation ne devienne clairement plus envisageable ou qu'elle menace nos concitoyens, les propos que je viens de tenir sont un avis personnel, et non une position diplomatique. [/justify]
Posté : dim. mai 13, 2018 2:57 pm
par phiwill61
Extraits de la conférence de presse du 8 février 2036:
[justify]Emma Ravikhan arrive sur le pupitre, visiblement fatiguée, signe que les dernières heures ont été éprouvantes.[/justify]
[center][img]http://www.dw.com/image/15667904_404.jpg[/img][/center]
[justify]-Mme. la Première Ministre, l'Eashatri va conjointement avec l'OCC mener une opération visant à mettre fin au blocus hachéman sur l'estuaire du Dar, est-ce un acte de guerre ?
-Non, en aucun cas. Il s'agit avant tout de montrer que l'on n'ignore pas l'OCC, en l'occurence, la Hachémanie a négligé le pouvoir de nuisance que son blocus avait sur nos économies, et ne souhaite pas réviser sa position. Charge à nous d'employer des moyens de pression plus forts, afin de la faire étudier la situation. Car si elle...
-Mais faire cesser le blocus hachéman, ce n'est pas prendre part en faveur du Karmalistan ?
-Non, puisque le Karmalistan va en retour renoncer à empêcher le passage des navires marchands en provenance d'Hachémanie, sur une bande maritime de deux kilomètres de large, au Sud des côtes karmalies. De même, les blocus des détroits de Gharb et de ne sont aucunement remis en...
-Et quand fixez-vous la date de reprise des échanges dans l'Isthme Shuktène ?
-J'aimerais ne pas être interrompue, comme ça vous aurez des réponses complètes à vos questions, et ce sera plus agréable pour tout le monde. Un peu de respect, c'est le minimum. Attendre quelques secondes n'a jamais été une douleur insurmontable. Tant qu'il n'a pas de respect, je ne répondrai pas. Question suivante.
-En repoussant le conflit à l'extérieur de l'estuaire, vous ne ferez que rallonger la durée du conflit et donc perturber le commerce international plus longtemps, il s'agit donc d'une vision court-termiste erronée et dangereuse.
-C'est une question, ou une déclaration fondée sur la vérité absolue révélée à un journal dytolien ce matin ? Car il s'agit peut-être d'une vision court-termiste, mais la vision que vous proposez est éloignée des lieux du conflit. Comprenez bien qu'en Eashatri, depuis hier, l'économie est complètement paralysée. Les ports sont saturés, il n'y a plus d'arrivages, les exportations, même vers la Ventélie, sont extrêmement difficiles... En Ventélie, la situation est à peine meilleure : certaines exportations sont bloquées ici, et les échanges maritimes accusent sinon d'un retard de deux semaines, et les entreprises ont cessé d'investir dans de nombreuses zones. Alors oui, nous agissons pour nos intérêt en cherchant une solution rapide pour que le conflit arrête de bloquer l'estuaire.
Que le conflit dure plus longtemps, ce n'est pas le problème de l'Eashatri : quand les deux plus grosses armées du monde se font la guerre, le conflit n'aurait pas duré deux jours ni deux semaines, mais peut-être deux, quatre ou dix ans. Le seul souci, est qu'à ce rythme, l'Eashatri ne peut tenir économiquement pour deux semaines tout au plus. Alors oui, quitte à choisir entre empêcher le niveau de vie de l'Eashatri de chuter, et prendre le risque de rallonger la guerre, je choisis de prendre ce risque.
-Mais le conflit va être exporté ailleurs, et le commerce international risque d'être bloqué entièrement dans un endroit encore moins approprié. N'avez vous aucune conscience morale ?
-Expliquez-moi comment le conflit pourrait être exporté ailleurs : le Karmalistan n'a plus de marine. Après, certes son armée de terre et son armée de l'air sont encore opérationnelles, mais transporter toutes les troupes karmalies hors du Karmalistan serait un risque immense, qu'aucun stratège militaire ne prendrait. Comprenez, même moi, qui suis avocate de formation, je sais qu'il ne faudrait pas le faire, c'est dire !
-Et les élections karmalies, pensez-vous qu'elles pourront avoir lieu malgré la guerre ?
-C'est au Karmalistan de décider, je connais la passion des politiciens pour ces élections, qui sont d'un enjeu crucial pour notre voisin, et pour notre région du monde, mais je n'ai pas de réponse à vous apporter. Ce qui est sûr, c'est que les ONG qui ont souhaité apporté leur aide à l'organisation et au déroulé d'élections, en s'assurant que celles-ci puissent être menées sans pressions ni contraintes sur les votants et sans trucages, ces ONG, ne vont pas se retirer de leurs engagements tant que les élections n'ont pas eu lieu. Nous avons de nombreux contacts avec elles compte-tenu du fait qu'elles font intervenir des eashates dans un pays en guerre, et lorsque nous avons proposé de rapatrier leurs membres en Eashatri, le week-end dernier, elles ont toutes refusé.
-D'ailleurs, de nombreux partis commencent à s'intéresser de près aux élections karmalies... Pour quel parti voteriez-vous, si vous étiez karmalie ?
-Je suis Première Ministre de l'Empire d'Eashatri, M. Ahmedran. Je ne suis pas karmalie, donc je ne voterai pas. Je suis cheffe de Gouvernement, donc je n'ai pas à me mêler des élections d'un pays tiers.[/justify]
Posté : dim. mai 27, 2018 11:18 pm
par phiwill61
[center]Le téléphone doré[/center]
[justify]Emma Ravikhan, la Première ministre d’Eashatri, était sur le point de craquer. Entre les menaces de grève, de guerre, ou simplement de sécession par certains partis de la majorité, la première ministre n’avait plus une minute de répit. À chaque minute une nouvelle calamité pouvait lui tomber sur le coin du nez. Gérer les citoyens, la politique interne, l’économie, les aléas des investisseurs et les extravagances des divers gus qui se battaient à quelques centaines de kilomètres d’Eskha, non… s’en était trop pour elle. Mais elle avait signé pour ça, et il fallait qu’elle tienne. Après tout ce n’était pas le moment de flancher : les élections municipales allaient avoir lieu en mai, et il valait mieux que son parti conserve son avance à droite, si elle ne voulait pas être sûre d’être pointée du doigt par ses successeurs à la tête du MPE. Ce matin, elle avait quatre nouveaux rapports sur son bureau.
Le premier était dans une pochette orange : dossier sensible. Les deux suivants étaient gris : dossiers ordinaires. Restait le dernier dossier, à la couleur inhabituelle : marron. Elle décida de commencer par étudier le dossier sensible : les aéroports d’Astapur et de Cadra-Emphur qui étaient bloqués par une grève non déclarée, sont encore occupés ce matin, et une partie des manifestants a clairement pour objectif de détériorer les aéroports. Ils espèrent faire changer les choses en coupant l’Eashatri du monde… Emma soupirait. Le rapport lui recommandait d’envoyer l’armée, alors que la police faisait grève elle-aussi, car son Gouvernement refuse que les policiers tirent à balles réelles sur les casseurs. Depuis trois mois, toutes les décisions d’Emma Ravikhan se retournaient contre elle.
« Pff… Pays de merde… »
Allez, pour une décision de plus ou de moins… Elle rédigea un mail à Imran Bahari, le Ministre de l’Intérieur, et à Afka Dolam, le Ministre de la Défense, pour leur faire part de sa décision : l’armée de terre allait faire évacuer l’aéroport d’Astapur cet après-midi, avec le moins de violences directes possible ; et pour Cadra-Emphur, cela attendrait demain.
Le premier dossier gris était les résultats d’un sondage, pour les prochaines élections municipales : les partis du Gouvernement perdaient largement, réunissant à peine 38% des voix. Poussée d’extrême gauche et aussi de l’alliance LI-FPF. Comme quoi, Dolam jouait bien un double jeu : dès la première erreur, elle demanderait à ce qu’il soit congédié. Entre ses interviews toujours orientées contre la ligne du Gouvernement, qui ne se comptaient plus, et sa misogynie, orientée notamment contre elle-même, cela faisait bien longtemps que le chef de la LI n’avait plus sa place au sein du Gouvernement.
Dans le deuxième dossier gris, l’IESSE, l’agence des renseignements eashates, signalait une brusque augmentation des allers vers l’Horbarash en début du mois. Si le pays avait gagné en activité durant le dernier mois, il était surprenant que déjà, les voyages Horbarash-Eashatri reprennent, surtout qu’ils concernaient essentiellement des familles très modestes du centre de l’Emphur-Argaravi : la région la moins développée du pays, et la plus en retrait des aéroports. L’IESSE comptait donc mener une enquête sur place, et demandait donc la permission à la Première Ministre d’envoyer des agents en Horbarash, afin que la diplomatie eashate puisse prévenir les autorités horbariennes. Et un mail à Mavi Oroshe, en espérant qu’il regardera ses mails avant la fin du mois.
Emma Ravikhan ouvrit enfin le dossier violet, et pâlit d’un seul coup. Elle quitta son bureau précipitamment, le dossier en main, et alla dans la bibliothèque, pièce insonorisée et la plus sécurisée de son Cabinet. « Où était le téléphone doré déjà ? Tout au bout de la pièce, c’est vrai ! » La Première Ministre avait les mains moites par son anxiété, et le téléphone a manqué de lui échapper des mains. Le téléphone sonnait dans le vide. Une fois. Deux fois. Trois fois. On décrocha, c’était une femme, mais qui visiblement ne travaillait pas ici, puisque personne n’avait le droit décrocher le téléphone doré, sauf les deux personnes concernées.
"Vous venez d’appeler le Palais de l’Avènement, mais…
-Je veux parler au Rajaputri. Dites-lui que c’est le téléphone doré, à propos du Berhavi. C'est urgent."[/justify]
Posté : lun. mai 28, 2018 5:05 pm
par phiwill61
[center]Le téléphone doré (2)[/center]
[justify]L'attente parut durer une éternité. Les minutes égrainant, Emma se surprit, elle, la Première Ministre de l'Empire le plus peuplé du monde, à se ronger les ongles. Puis enfin, elle reconnut la voix de Kiran Bravelli-Khôma, extrêmement posée, contrairement à la sienne :
"Bonjour, Madame la Première Ministre, que puis-je faire pour vous ?
-Bonjour, Rajaputri Kiran Ier. Je vous appelle pour une urgence...
-Calmez-vous, Madame. Nous ne trouverons des solutions qu'en restant attentifs, et donc calmes. C'est vous même qui me l'aviez dit lors de notre visite commune du Berhavi, l'an dernier.
-Venkata IV a envoyé un ultimatum. Il veut nous déclarer la guerre. Et je ne peux accepter ses exigences. Il veut que nous faisions libérer les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&t=14374&start=120#p335391]quatorze miliciens[/url] que nous avions arrêtés en novembre dernier pour tentative d'enlèvement, d'ici le 7 avril.
-Bien ça on peut le faire, cela coûterait à chacune de nos images, mais cela semble faisable...
-Excusez-moi, votre Altesse, mais ce n'est pas la seule exigence de Venkata IV. Il exige que la Première Ministre Eashate ET l'Empereur d'Eashatri, soient démis de leurs fonctions, pour la même date...
Kiran manqua de s'étrangler :
"Quoi ?! Non, là c'est impossible. Et il en a encore d'autres ?
-Heureusement, c'est tout.
-Vous ne comptez pas vous plier à ses exigences, si ?
-Pas tout, en tout cas. Je me charge de faire fuiter dans la presse l'ultimatum envoyé par le Berhavi. Et le jour de la parution dans la presse, je ferais amnistier 10 miliciens, conformément aux limites fixées par la constitution pur mon poste, et vous devrez amnistier le restant. Le même jour, je vous demanderai de prendre la tête du Gouvernement. Je pense qu'il faudra ensuite négocier un délai, afin que nous puissions préparer un conflit comme il se doit, car il est hors de question que l'on vous retire votre fonction. C'est pourquoi, dès aujourd'hui, l'Eashatri va engager une deuxième phase d'augmentation des effectifs de ses troupes, par la formation de 35 000 soldats, en espérant que nous pourrons suffisamment avancer leur formation pour en faire de véritables soldats, avant qu'un conflit n'éclate.
-Mais, Mme. Ravikhan, vous n'avez pas un vice-Premier Ministre ? Il peut très bien prendre vos fonctions jusqu'aux prochaines élections..., ou du moins jusque la fin de la crise.
-Non, votre Altesse. Et ce, pour plusieurs raisons : la première est que s'il souhaite être premier ministre, je préfère qu'il ait il préférait probablement un mandat de plus de neuf mois, la deuxième est que la situation est exceptionnelle, et si vous prenez la tête du Gouvernement, nous serons de facto en niveau d'alerte Ys (état de guerre), sans avoir à annoncer publiquement et à causer la panique conséquente. Vous aurez les mains libres, puisque votre seul contre-pouvoir sera le Parlement, qui ne pourra cependant pas même vous congédier de la fonction de Premier Ministre.
-Vous avez donc bien réfléchi pour retarder la guerre, mais je pense que vous avez réfléchi aussi à éviter la guerre, je me trompe ?
-Je suis navrée, Rajaputri, mais je n'ai pas de solution pour le moment. Et ce sera surement votre travail, car actuellement, le rapport de forces est en notre défaveur : nous avons 75 000 soldats, et le Berhavi a environ 175 000 miliciens. Aussi, quand bien même une partie des miliciens désertera probablement à l'annonce de la guerre, du fait qu'ils ne se battront pas pour leur pays, mais pour un pays tiers, il va falloir renverser les rapports de force en un temps record.
-Une transition se fera probablement avec l'échange de dossiers; aussi je vous demanderai de les faire parvenir plutôt qu'au Palais de l'Avènement, au siège du Gouvernement.
-J'y veillerai personnellement, Rajaputri.
-Nous avons l'un comme l'autre, une guerre à éviter, aussi nous devrions nous y mettre sans plus tarder. Je vous recontaterai demain."
Sans attendre la réponse de la Première Ministre, Kiran raccrocha. Il leva les yeux, redécouvrant son "amie", qui avait décroché le téléphone quelques instants plus tôt. Elle aurait dû se tenir à l'écart, mais elle était restée là, à écouter la conversation que Kiran avait eu avec la Première Ministre. Jindan avait bien analysé la situation, et au vu de l'expression qu'elle affichait, Kiran ne pouvait que voir que ce bouleversement ne lui plaisait guère.[/justify]