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Posté : dim. avr. 02, 2017 11:41 pm
par Alwine
Installation :

[right]6 Octobre 2032, Abords de la ville de Movopolis.[/right]

On était en plein aménagement, dans la villa en bordure de la capitale princière qui était la nouvelle résidence d'Ottilia d'Urnavuk. En faisant jouer quelques relations, la vonalyanne avait pu récupérer un partie de ses affaires, celles que le « petit prince », comme elle disait, le nouveau Marquis en titre Varwin Serre-de-Faucon, avait voulu liquider en prenant position du tiers de l'ancienne Marche qui était maintenant son fief. Elle avait aussi fait rapatrier certaines affaires qu'elle avait rassemblé pendant qu'elle vivait dans un appartement en Britonnie – une résidence qui de normalement très temporaire était passée à prolongée lorsque la nouvelle de la chute de son frère était venue, et qu'elle n'avait quitter que pour venir maintenant en Amarantie – et pour le reste hé bien, elle continuerait de meubler l'ensemble au fur et à mesure des mois à venir !

Pendant que les serviteurs s'affairaient à aménager le salon, les chambres et les autres pièces, Ottilia recevait ses principaux lieutenants dans son bureau, déjà fonctionnel. La pièce donnait sur la mer toute proche, une mer bien différente de celle qu'avait connu la nouvelle baronne dans son enfance – bien moins agitée et bien plus chaude – mais qui lui donnait tout de même une impression de continuité marquée. Elle avait choisie cette villa pour la tranquillité qu'elle lui procurait, tout en restant tout de même assez proche de la capitale pour y être très rapidement. Il serait temps, plus tard, d'acquérir également un pied-à-terre à l'intérieur même de la cité, au plus proche du pouvoir princier, sans doute, mais pour l'heure elle pouvait opérer d'ici sans risquer d'être trop souvent dérangée.

Comme elle devait opérer en Amarantie, elle avait sélectionné comme principaux lieutenants des hommes : si elle avait aussi des femmes dans son cercle de confiance, celles-ci agiraient pour l'heure ailleurs, surveillant d'autres intérêts. Quelques-uns de ceux présents ici étaient des nobles déchus qui avaient fuit l'Urnavuk avant le châtiment royal, d'autres étaient des partenaires vonalyans de longue date et quelques-uns étaient d'autres nationalités, des partenaires d'affaires qui avaient prouvés leur loyauté. Tous avaient subit avec elle le contre-coup de la chute de sa famille, et tous étaient prêts à s'investir ici, en espérant que leurs efforts permettraient la création d'une nouvelle base économique et pourquoi pas territoriale qui pourrait leur profiter à tous – sans compter ceux qui étaient motivés par la loyauté, surtout parmi les nobles déchus.

Pour l'heure, il s'agissait de centraliser les troupes et de les mettre en ordre de marche, puis de donner l'impulsion nécessaire. Ottilia n'était pas de ces nobles qui n'étaient là que pour faire de la figuration, que du contraire : elle comptait bien agir pour se bâtir un nouvel « empire » économique et pourquoi pas politique en Amarantie, en attendant d'avoir les moyens de retourner dans l'arène vonalyanne enrichie d'un nouveau réseau de contacts.

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Ottilia Renarde-de-Feu, Prétendante au Marquisat d'Urnavuk et baronne movopolitaine.[/center]

Ottilia Renarde-de-Feu : « Bien messieurs, je pense que vous avez compris les grandes lignes de mes projets. C'est maintenant qu'il faut agir, pendant que la situation est encore flottante, et que la plupart des nobles sont encore en train de prendre leurs marques. Certains voudront sans doute nous faire concurrence, et nous avons tout intérêt à être en place les premiers. »

Grognements d'approbation dans la petite pièce, où les hommes se jaugeaient aussi du regard. Tous pressentaient qu'une hiérarchie s'établirait rapidement entre eux, dont surnageraient seulement deux ou trois lieutenants qui sauraient s'imposer comme principaux. Des hommes qui sauraient se rendre indispensables ici, et qui sait, pourraient peut-être asseoir durablement leur position en Amarantie.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Arne, Miesko, Gildwin, c'est vous trois qui porterez les actions les plus importantes, alors faites particulièrement attention. Nous ne pouvons pas nous permettre l'échec à ce stade, je suis sûre que vous le comprenez. »

Le lourd regard qui pesa sur les trois hommes leur tira un acquiescement rapide, après quoi Ottilia en revint à des questions plus générales, et à un doux sourire. Mais l'interaction ne faisait que rappeler qu'en dépit de son joli minois, la Renarde-de-Feu était toujours prête à prendre des « mesures radicales » si jamais un de ses sbires s'avisait de se dresser sur son chemin, ou de la décevoir un peu trop. Après tout, ici, elle disposait en plus d'une certaine immunité judiciaire...

Posté : lun. avr. 03, 2017 1:13 pm
par Alwine
Mettre le fil sur le métier :

[right]8 Octobre 2032, Exploitation agricole du centre de la Principauté.[/right]

Comparé à Ottilia et à la plupart de ses lieutenants, Miesko était né beaucoup moins loin de Movopolis. Il était originaire de l'ouest de l'Arovaquie, d'une famille de classe moyenne, et avait travaillé dur pour pouvoir sortir de son pays, prendre son envol et faire des études à l'étranger. Il avait rencontré la Renarde-de-Feu des années plus tôt, alors qu'ils sortaient tous les deux de leurs formations respectives, et il n'avait depuis pas eut à regretter la chose. Il n'avait guère eu peur pour ses intérêts lors de la chute des d'Urnavuk, faisant confiance à sa patronne pour rebondir avec ou sans sa famille pour la soutenir derrière elle. L'aventure movopolitaine lui semblait risquer mais également pleine de potentialité, et il comptait bien en profiter pour se positionner solidement dans la nouvelle « hiérarchie économique » locale.

En descendant de sa voiture devant l'exploitation agricole qu'il devait visiter ce jour-là, il s'avoua aussi que l'espoir de voir les intérêts de la Renarde s'implanter durablement en Amarantie le séduisait peut-être aussi en grande partie pour le climat local. S'il appréciait de travailler pour Ottilia, il n'avait jamais apprécié les séjours en Urnavuk, dans le froid glacial du nord. Une implantation durable sous des climats proches de ceux de son enfance lui semblait bien plus enviable, et rien que cela était déjà une bonne raison pour se donner du mal pour réussir les objectifs que lui avait fixé sa patronne... ça et le fait que de manière générale c'était toujours une bonne idée de ne pas la décevoir, bien entendu, aussi bien pour son avenir économique immédiat que, éventuellement, pour son avenir tout court.

Le jeune homme chassa ses pensées de son esprit alors qu'il sonnait à l'entrée de l'exploitation. Il était plutôt temps de se concentrer sur la proposition qu'il était venu faire. Il avait fait ses petites recherches, avait contacté l'éleveur hier, et aujourd'hui, venait concrétiser les choses. Cette exploitation serait un bon début pour les projets de la Renarde-de-Feu, du moins celle qui concernait directement Miesko. Bientôt, l'exploitant vint lui ouvrir, lui proposa d'entrer, et en quelques discussions plutôt amicales – Miesko pratiquant l’espéranto avec seulement un léger accent – les deux hommes se retrouvèrent attabler à la grande cuisine de l'exploitation, en compagnie d'un troisième larron qui venait de servir le café, et que l'éleveur présenta comme son compagnon. Quelques échanges plus tard, on en vint à l'objet de la discussion proprement dit.

Éleveur : « Alors, si je résume les choses, vous bossez pour une bonne femme et vous voudriez que je lui vende mon exploitation, c'est ça ? »

Le montalvéen d'origine eut une grimace intérieure, qu'il cacha par un mince sourire à l'extérieur. Il se doutait bien que, de base, les choses seraient vues comme ça par les locaux, et sans doute particulièrement par les hommes de la terre, mais c'était bien pour ça qu'Ottilia n'avait envoyé que des hommes sur le terrain.

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Miesko Kovasov.[/center]

Miesko Kovasov : « Allons, nous sommes entre hommes d'affaires, je pense que nous pouvons être réalistes. Moi et mes associés ne travaillons pas pour une femme, disons plutôt que nous manœuvrons habilement une riche héritière. Miss d'Urnavuk a de l'argent, beaucoup d'argent, suite à une querelle entre sa famille et la monarchie vonalyanne, qui a débouché sur le massacre de toute ladite famille, comme cela arrive souvent quand on fait l'erreur de se quereller avec des rois. L'héritage, tout ça, je ne vous la refais pas, et hop, elle se retrouve à la tête d'une fortune. Vous remarquerez d'ailleurs que toutes les noblEs récemment promues sont des héritières, là où les hommes se sont faits tout seuls... comme par hasard hein ?

Mais bref, elle a de l'argent à ne savoir qu'en faire, mais heureusement elle a au moins assez de jugeote pour savoir qu'elle n'est pas de taille à gérer tout ça. Résultat, il n'a pas été trop difficile à coup de flatterie et de bons mots de la mettre dans notre poche. Elle montre son joli minois aux réceptions officielles et autres, elle fournis le nom et l'argent, et nous de notre côté nous faisons tourner la boutique sans trop de heurts. »


Ce discours aurait pu lui valoir de se faire écorcher tout vif, mais il le présenta avec conviction, et avec le sourire. Il savait que le seul moyen de faire passer la pilule au milieu des préjugés amarantins, c'était de présenter Ottilia comme n'étant qu'une marionnette, une prête-nom manipulée par un groupe d'hommes. De toute façon, c'était le seul scénarios auquel l'amarantin de base était prêt à réfléchir, alors cela ne devait pas être trop difficile à faire passer.

Miesko Kovasov : « Pour le reste, nous ne voulons pas vous racheter, simplement disons devenir des investisseurs. Vous le savez, la chèvre ne marche pas fort en ce moment. »

S'il le savait, que la chèvre ne marchait pas fort ! Il ne faisait quasiment que dans ça, la chèvre, sauf sur quelques terres qui ne se prêtaient correctement qu'à faire pousser du blé, et heureusement qu'il avait le blé, mon bon monsieur, pour tirer un peu les choses vers le haut ! Il fallait voir les charges qu'il avait, et ces ouvriers qu'on devait payer trop cher, et puis, le peu de choses que le gouvernement faisait pour eux, par dessus le marché ! Miesko écouta avec une fausse attention, ayant posé la phrase et fait métaphoriquement en arrière pour laisser partir l'agriculteur, qui de toute façon avait le même discours que tous les agriculteurs qu'il avait rencontré, partout dans le monde. Ces gens là râlaient déjà il y a deux milles ans sur la météo, et aujourd'hui ils continuaient de râler sur toutes les autres injustices.

De son côté, le slave était plus philosophe, mais il savait que c'était le genre d'entrée en matière qui générait une ambiance propice à se poser en « sauveur » avec de nouvelles solutions. Bien sûr, dans dix ans, le fils de ce type serait peut-être à la même place à râler sur le compte de Miesko et d'Ottilia, mais ce n'était pas le problème pour le moment. Il laissa l'éleveur vider son sac, jusqu'à en appeler à ses Dieux, relançant, approuvant, s'étonnant, aux moments propices, avant de reprendre.

Miesko Kovasov : « Comme je suis d'accord avec vous ! Le soucis, c'est que ce qui marche dans la chèvre, par ici, tout le monde me le dit, c'est la chèvre de luxe, de celle qui fournis de la laine pour rupin, mais le soucis c'est que ça coûte cher à lancer... n'est-ce pas ? »

L'homme en convint, soutenu par son compagnon. L'angora, ça marchait bien, mais c'était un budget à lancer, et un risque à prendre, aussi, pour être sûr d'écouler la production après. Une objection sur laquelle le slave rebondit avec le sourire.

Miesko Kovasov : « C'est là que nous intervenons, à tous les niveaux. Nous fournissons les fonds nécessaires pour transformer une partie de votre activité caprine, et nous assurons l'écoulement au besoin, grâce aux contacts dans la noblesse et, au besoin, à l'extérieur. En échange nous demandons à devenir disons... des partenaires décisionnaires. »

La proposition était posée, restait à négocier les détails, ce qui prit de nombreuses heures. Néanmoins, les choses étaient bien parties, et après le café les deux hôtes ouvrirent une bouteille de vin pour finir d'établir tous les détails avec Miesko, qui, toujours ouvert, agréable, souriant – et, lui sembla-t-il, ne laissant d'ailleurs pas indifférent au moins un des deux par son charme personnel, ce qui était toujours un atout dans une discussion, même si c'était toujours un peu troublant que ça arrive avec des hommes et qu'il lui faudrait sans doute du temps pour s'y habituer – mais ferme. Au final, il emporta ce qu'il voulait, à savoir la cession de la majorité des parts de l'exploitation à celle qu'il représentait, même si l'image d'Ottilia s'était sans doute effacé dans l'esprit des deux hommes depuis longtemps.

Avec l'argent, l'éleveur moderniserait son exploitation et transformerait une partie de celle-ci pour élever quelques centaines de têtes d'angora. Une opération qui serait à renouveler encore quelques fois avant d'avoir une base suffisante pour lancer véritablement l'activité de production de cette laine de luxe, à une échelle suffisante pour tester le marché, sans vraiment de risque : quand on connaissait autant de riches et de nobles qu'Ottilia, on trouvait toujours à écouler ce genre de marchandise, ne fut-ce même qu'au près de la noblesse vonalyanne, toujours en quête de nouvelles marques de richesses, si vraiment cela ne voulait pas s'écouler en Amarantie...

Posté : lun. avr. 03, 2017 9:18 pm
par Alwine
Les premières briques de l'édifice :

[right]9 Octobre 2032, Entreprise de construction de la côte nord-ouest de la principauté.[/right]

« Non mais du pognon c'est pas ça qui manque vous savez. Alors qu'est-ce que vous pouvez nous offrir, avec votre bonne femme ? »

Arne grimaça intérieurement à cette question qu'il voyait venir. Il était certain qu'il était toujours plus difficile de prendre le contrôle d'une entreprise qui allait bien que d'une entreprise qui n'allait pas, et le gros directeur grisonnant qui lui faisait face en était bien conscient aussi. Mais il avait néanmoins des arguments plein sa mallettes, des arguments peut-être plus convaincants que de simples billets de banque.

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Arne Thorleif.[/center]

Arne Thorleif : « On a jamais trop d'argent, non ? Et puis nous vous offrons surtout des savoirs-faire, et des contacts. De quoi prendre votre essors dans le nouveau marché écolo-bobo-centré. »

Arne avait ce ton calme, professionnel, qui savait plaire à la plupart des gens plus intéressés par leurs bénéfices personnels que par de belles idées. Il était loin d'être une oie blanche dans le domaine des affaires, que du contraire : il avait été au service du vieux Knut III, le père d'Ottilia, pour participer à la gestion de ses affaires, il avait vu avec plaisir le glissement du pouvoir économique de la vieille marche glisser dans les mains de la jeune femme, beaucoup plus versée dans ce genre de choses que son père... ou son frère. Il n'avait pas été surpris par la chute de ce dernier, au fond, et même s'il gardait son opinion pour lui il trouvait que son remplaçant faisait un bien meilleur travail. Mais de son côté il était resté fidèle à Ottilia, ce qui expliquait ce qu'il faisait parmi ces barbares du sud. Une opinion qu'il ne développa pas, bien entendu.

Arne Thorleif : « Comme je vous l'ai dit, dame Ottilia n'est qu'une jolie figure de proue. Sa famille l'était au Vonalya où ils étaient nobles, elle l'est de nouveau en prenant la noblesse ici. Comme ça nous avons les mains libres pour nous occuper des choses sérieuses. Ces choses sérieuses se sont des techniques d'isolations venues directement du Nord, le top du top pour tout ce qui est économie thermique et par extension acoustique. »

Directeur d'une entreprise de BTP : « Mouai c'est bien joli tout ça, mais qui me dit que ça en vaut la peine ? »

Arne Thorleif : « Ne nous mentons pas, votre entreprise n'est pas la plus grande de la Principauté, loin de là. Elle a de la progression devant elle... et nous nous proposons de lui permettre de progresser. Pourquoi pas de devenir la meilleure d'ici quelques temps. Ce qui veut dire de plantureux bénéfices pour nous tous. De plus, nous apportons aussi des partenaires. »

Directeur d'une entreprise de BTP : « Du genre ? »

Arne Thorleif : « Du genre qui pourrons vous fournir facilement des panneaux solaires, par exemple. De quoi garnir tous les toits, donner plus de boulot aux couvreurs et contenter la clientèle des écolos de tous poils. Additionnez les deux et... »

L'homme d'affaire ne fini pas sa phrase, laissant son interlocuteur imaginer toutes les possibilités. Il était bien content de sa maîtrise correcte de l'espéranto, même s'il ne valait pas tout à fait son briton, qui lui était bien utile pour mener la discussion de front. Une discussion qui se prolongea longtemps, d'ailleurs, car, s'il était appâté, le directeur n'était pas prêt à prendre un partenaire – majoritaire, s'il vous plaît – aussi facilement. Malgré tout, ce que le vonalyan disait était vrai : son entreprise « Joakimo et Fils », où il faisait travailler ses deux fils – obtenus avec deux mères porteuses différentes, s'il vous plaît – peinait à décoller vraiment dans le marché movopolitain assez concurrentiel, et que de nouveaux capitaux, de nouvelles techniques et de nouveaux partenaires dans l'énergie verte ne pourrait que lui faire du bien.

Finalement, après une longue discussion, les hommes topèrent et signèrent le contrat préparé par Arne, amandé de quelques modifications qu'avait demandé l'entrepreneur. De quoi poser la première pierre d'un des projets les plus ambitieux d'Ottilia et de son équipe dans cette « base amarantine » qu'ils voulaient mettre en place, même si Arne aurait encore bien du travail avant de pouvoir réellement mettre en place l'ensemble de ce qu'il avait à faire...

Posté : mar. avr. 04, 2017 11:51 pm
par Alwine
Avoir le beurre, l'argent du beurre et le sourire du vendeur :

[right]12 Octobre 2032, Boutique de vêtements de Movopolis.[/right]

Si la plupart de ses collègues avaient pour tâche d'acquérir un certain nombre d'exploitations, de lieux de productions divers, Gildwin, lui, devait se charger de trouver et de sécuriser des points de vente pour la future « machine de production », quand elle serait en route... et en attendant, des lieux qui pourraient tranquillement générer leur petite marche de profit. Il aimait autant ça, car il aurait été bien incapable de dire dans quel sens devait pousser un légume ou comment on bâtissait des murs en brique. Qu'on lui parle d'une bonne chasse à l'ours, ou à la limite de solides murailles de pierre prises dans les glaces éternelles, et là, d'accord, il s'y collait, mais de là à aller se salir dans les chantiers ou les plantations de navets, ou pire, risquer de se faire manger un élégant manteau par un animal aussi idiot qu'une chèvre, ce n'était vraiment pas son rayon.

Pourtant, Gildwin était loin d'être bête, et surtout, il était loyal. Cela faisait génération que les Barons d'Orvarok servaient les Marquis d'Urnavuk, gardant pour eux le Fort d'Orvarok, qui commandait à la Baie des Ours Blancs, là haut, dans le Nord. Hélas, pour sa fidélité et son refus d'abandonner son seigneur, Gildwin avait été déchu de son titre, et n'avait dû son salut qu'à une fuite peut-être un peu honteuse, mais salutaire. Il ne lui aurait servit à rien de continuer de se battre après que son seigneur fut tombé : il avait plutôt rejoint celle qui était maintenant sa Dame, en emportant avec lui une bonne part du trésor d'Urnavuk, une belle quantité d'or et de pierreries qui avaient été bien utiles à la Marquise. Et il lui restait fidèle, nonobstant le fait qu'ils aient été déchus de leurs titres respectifs et que c'était maintenant Ottilia qui tenait le rang de baronne tandis qu'il n'était ici qu'un roturier, un homme de main.

Qu'importait, en sortant de sa voiture, ce jour-là, il n'en était pas moins déterminé à continuer à servir les buts de sa suzeraine, convaincu que cela ne pourrait que le mener à retrouver lui aussi toute sa gloire passée. Il s'éventa – il faisait si chaud, ici, tout le temps – et entra dans la boutique où il avait prit rendez-vous. C'était une boutique de vêtements haut-de-gamme, et il ne fallait pas être un génie pour voir qu'elle avait connu des jours meilleurs : toute l'incertitude autour de la sortie de la Principauté de la Ligue avait pas mal secoué les choses, et les bonnes gens aisés de la capitale avaient eut autre chose à faire que de renouveler leurs garde-robes. C'était donc le bon moment pour faire main-basse sur le commerce, avant que les affaires ne reprennent ! Le patron laissa la gestion d'éventuels clients à son vendeur et l'invita dans son arrière boutique, où il lui proposa un thé glacé que le noble déchu accepta avec gratitude.

La discussion s'engagea, le vonalyan prêtant une oreille amicale aux malheurs du commerçant, souriant à ses tentatives de séductions et les lui renvoyant lui-même avec un art consommé de la flatterie – celle qui savait garder une apparence de sincérité qui la démarquait de la simple flagornerie. Il fallait dire que Gildwin avait en cela un avantage sur les autres lieutenants d'Ottilia : il n'avait pas à feindre, puisqu'il avait lui-même toujours préféré les hommes. Une particularité assez neutre au Vonalya, tant qu'elle ne perturbait pas la bonne marche de vos devoirs, mais du coup plutôt positive ici, en Amarantie. On en vint finalement aux questions fatidiques, qu'il accueillit en souriant, courtisan averti qu'il était.

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Gildwin Pattes-de-Velours d'Orvarok.[/center]

Gildwin Pattes-de-Velours : « Oh vous savez, Dame Ottilia est surtout une héritière. Son père était un homme brillant et son frère... oh, il avait un de ces charismes ! Hélas, ils sont morts, mais c'est comme ça dans la noblesse, on doit rester fidèle à la lignée. Moi et quelques associés gérons les affaires de la dame pour elle, en attendant qu'un jour elle nous ponde un petit héritier que nous pourrons former pour reprendre tout ça en main. »

Pour le coup, le noble déchu s'en voulait presque de ce mensonge éhonté, qui entachait de plus l'honneur de sa suzeraine, mais il n'avait guère le choix, et en courtisan consommé le mensonge lui venait du reste sans difficulté.

Gildwin Pattes-de-Velours : « Quant aux gains hé bien... immenses. Nous avons accès à des matériaux de luxes, fourrures du nord, soies d'orient, et bientôt laines haut-de-gamme amarantines, entre autres. Avec le temps, nous vendrons nos propres collections, et en attendant hé bien... nous avons 20%. »

Gérant : « Comment ça, 20% ? Et de quoi au juste ? »

Gildwin Pattes-de-Velours : « Oh ne faites pas celui qui ne sait pas : de taxes bien sûr ! Vous savez sans doute que, inspirée par ses conseillers, dont votre serviteur, Dame Ottilia a co-signée la proposition d'un noble soverove pour exonéré les nobles d'une bonne tranche de taxes. Si ma patronne devient officiellement propriétaire de ce commerce, il économisera 20% de taxes, et nous pouvons aisément partager ce bénéfice supplémentaire... »

Gérant : « Elle n'est pas encore passée, votre loi, là. »

Gildwin Pattes-de-Velours : « Oh allez, un peu de sérieux. À part l'autre excitée montalvéenne qui doit sûrement avoir ses règles en ce moment, quel noble refuserait de signer pour s'exonérer lui-même ? Soyez réaliste, si on vous proposait de voter pour vous exonérer vous-même de plus de la moitié d'un impôt quelconque, vous seriez contre ? »

Gérant : « Dit comme ça, évidemment... »

Gildwin Pattes-de-Velours : « Hé oui, c'est ça, la politique ! »

Les deux hommes discutèrent un bon moment, et Gildwin patienta même pendant que l'homme allait vérifier si tout fonctionnait bien dans sa boutique, plusieurs fois de suite, puis la ferma en fin de journée. Ce furent après la fermeture qu'ils finalisèrent le contrat proposé par le noble, qui rachetait, au nom de sa patronne bien sûr, la majorité des parts du commerce à un prix défiant toute concurrence, grâce au mélange entre la situation peu reluisante de la boutique et la promesse d'une exonération fiscale future qui permettrait de garder la différence en partie dans la poche du gérant. Et sans doute qu'une bonne dose de charme avait agit disons, comme un bon lubrifiant...

Posté : jeu. avr. 06, 2017 12:57 am
par Alwine
Mise au point :

[right]16 Octobre 2032, Villa de la Renarde, Abords de la ville de Movopolis.[/right]

Cela faisait une dizaine de jours que la marquise déchue avait lancé ses opérations activement, et pendant ce temps l'installation de sa villa était terminée. Il lui resterait sans doute à compléter la décoration avec le temps, mais elle avait tout son temps pour cela, justement. Pour l'heure, elle était de retour dans son bureau, en compagnie de ceux qui commençaient déjà à s'affirmer comme ses principaux lieutenants, ainsi que de quelques autres.

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Ottilia Renarde-de-Feu, Prétendante au Marquisat d'Urnavuk et baronne movopolitaine.[/center]

Ottilia Renarde-de-Feu : « Bien messieurs, il est temps de faire le point, je pense. Nous avons eut une dizaine de jours pour commencer à avancer nos pions, tandis que d'autres nobles faisaient de même, et que beaucoup restaient dans l'attente. On voit déjà se dessiner qui seront les acteurs de cette scène, je pense, même si nous aurons peut-être quelques surprises avec les autres, bien entendu.

De mon côté, j'ai fais passé ma première proposition, en mettant en avant la signature de ce bon Aleksy, histoire de ne pas trop troubler les esprits de ces chers amarantins... de votre côté, je gage que la petite histoire de la gentille héritière un peu cruche mais pas trop encombrante est passée sans soucis au près de nos divers... partenaires ? »


Quelques acquiescements dans l'assemblée, où chacun voulait confirmer la chose, sans non plus s'attarder de trop prêt sur ce qui se trouvait derrière. Bien sûr, cette petite histoire avait été approuvée par leur patronne mais tout de même, ils ne tenaient pas à lui donner l'impression qu'ils y croyaient trop eux-mêmes, de peur de lui donner envie de leur rappeler la réalité masquée par celle-ci.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Bien, je me douterais que ça prendrait sans soucis. Bref, comme je le disais, la loi est lancée, et elle devrait passer comme une lettre à la poste. Il n'y a que l'autre allumée de montalvéenne – sans offense Miesko – qui grogne un peu contre, mais je me demande parfois si elle vit sur ce monde-ci ou sur la lune, elle... en voilà une qui incarnerait notre petite fable de façon bien plus convaincante que moi, je dois dire ! Enfin bref, elle fait de l'esbroufe dans son coin, mais ce n'est pas ça qui devrait poser soucis.

La presse réactionnaire fait des siennes, et il paraît que le parlement aussi... le parlement... non mais comment peut-on vivre avec un parlement ! Enfin bref, cela devrait passer sans soucis, et puis ce sera une bonne occasion de voir de quel côté au juste veut réellement se tenir notre petit Prince. Dans tous les cas les choses sont bien engagées... et de votre côté ? Miesko ? »


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Miesko Kovasov.[/center]

Miesko Kovasov : « Les choses avancent bien, madame. J'ai déjà pu mettre la main sur trois exploitations, où on a déjà commencé à faire le nécessaire pour abattre une partie du cheptel en place et le remplacer par des angoras. Pour la prochaine tonte, nous aurons notre laine grand luxe, faites moi confiance. J'aimerais encore un peu élargir notre base, que ce soit en achetant de nouvelles terres où en ajoutant quelques exploitations dans notre escarcelles, mais je pense que c'est déjà un bon début. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Parfais, Arne ? »

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Arne Thorleif.[/center]

Arne Thorleif : « Aucun soucis pour moi non plus. La Joakimo et Fils est entre nos mains, et nous avons commencé à la moderniser. J'ai déjà pris des contacts chez nous, et il ne devrait y avoir aucun problème pour passer des contrats avantageux avec des firmes donnant dans l'énergie solaire. Nous avons aussi fait engagés les petits gars que nous avons amené avec nous et qui sont en train de voir avec eux comment faire au mieux la synthèse de nos méthodes d'isolations respectives.

J'estime qu'avec ces atouts, il ne nous faudra pas longtemps pour occuper des parts de marchés plus importantes. Attendons que votre loi passe et nous verrons les bénéfices pleuvoir, sans compter que nous pourrons songer à commencer à racheter la concurrence, et pourquoi pas en profiter pour mettre notre griffe sur le nom ? »


Ottilia Renarde-de-Feu : « La chose peut s'imaginer, en effet... Gildwin ? »

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Gildwin Pattes-de-Velours d'Orvarok.[/center]

Gildwin Pattes-de-Velours : « J'ai mis la main sur une boutique pleine de potentielle pour écouler de futurs vêtements, et qui en attendant devrait rester en bénéfice sans trop de mal. J'ai aussi commencé à sonder du côté de magasins plus... alimentaires, disons, mais je pense approprié d'attendre de voir comment nos activités agricoles progresserons avant d'investir plus en avant. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « En effet, inutile de nous avancer pour rien. Bien, tout cela prend forme, je vous félicite. Pour l'instant, la plupart de nos efforts devront peser sur toi, Miesko. Nous avons déjà bien entamé notre capital d'investissement, mais ce qui reste, ce sera surtout toi qui devra l'utiliser. Une entreprise ou une chaîne de magasins, ça se lance et ça s'agrandit facilement en tous temps, mais je veux que nous consolidions nos positions de ton côté tant que personne d'autre n'a l'idée d'investir dans le domaine terrien. Et puis la terre ne se multiplie pas toute seule comme par magie.

Arne, regarde tout de même si nous ne pourrions pas racheter ou fusionner une entreprise spécialisée dans la couverture sans trop de frais supplémentaires. Au pire, voit si on peut faire venir des gars de chez nous dans un premier temps... ou un mixte des deux. Je veux que quand les choses démarreront bien, nous puissions assurer sur tous les tableaux. Fait une évaluation des coûts et tout ce qui s'en suit, enfin, tu connais ton travail.

De ton côté, Gildwin, commence à prendre contact avec des créateurs de mode, ici, chez nous, dans les pays voisins... vois ce que tu peux mettre sur pied. Au final, nous gagnerions à disposer de notre propre ligne, et puis ça pourrait être un moyen de remettre un pied au Vonalya à terme... bref là aussi, creuse les choses, prend ton temps, mais que ce soit bien fait. »


Les divers lieutenants acquiescèrent, chacun réfléchissant déjà à la tâche qu'il allait devoir accomplir. Le plus actif tout de suite serait Miesko, mais les deux autres n'en seraient pas moins jugés sur leurs résultats sur le long-terme.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Oh au fait, une dernière chose, j'ai reçu une invitation du luciférien, là... Eric Bertaud. Il a veillé à resté soigneusement évasif dans sa proposition, mais je pense qu'on peut dire que ça a l'air prometteur... »

Posté : mar. avr. 11, 2017 10:22 am
par Zaldora
Lettre de l'Alchimiste, écrite en thorvalois et dans le style d'écriture Gotisk Skrift.

[quote]Mon enfant,

[justify]Je vous remercie d'avoir pris le temps de m'écrire. Il est vrai que mon projet semble imprécis, je viens d'un pays ou la règle est de produire des Édits généraux et vagues afin de les laisser s'harmoniser avec les coutumes, voir de les influencer plus ou moins. Il ne convient sans doute pas de reproduire pareilles habitudes dans un pays de Droit Romain, au sein duquel tout l'édifice repose sur l'écrit et où les règles non-écrites n'existent que par la grâce de la Loi.

Pour répondre à vos interrogations, le vocable « petite entreprise » désigne les établissements employant un maximum de cinquante salariés et dégageant un chiffre d'affaire inférieur à trois millions de [monnaie de référence]. Aujourd'hui, à cause d'une fiscalité disproportionnée, un nombre important de ces petites structures empruntent le chemin de l'économie souterraine car ce n'est ni dans l'intérêt du maître ni de ses apprentis et compagnons de déclarer leurs activités au Prince tellement l'impôt ressemble à un détroussement en règle, plutôt qu'à un versement légitime à l'autorité publique en vue d'une redistribution sociale. Une fiscalité allégée pour les humbles entrepreneurs, locomotive économique, créera non seulement de l'activité nouvelle mais réduira aussi le besoin de sombrer dans la criminalité. J'imagine que le Prince doit consentir à certains sacrifices, sans quoi les problèmes de la Principauté seront insolubles. Je vais très vite ajouter les précisions au texte déposé devant le Conseil Nobiliaire.

Påske Froskersen d'Oksekors[/justify]
[/quote]

Posté : ven. mai 26, 2017 10:29 pm
par Alwine
Arrivée discrète :

[right]18 Mars 2033, crique discrète de la côte movopolitaine.[/right]

Leur périple avait été discret, non par choix mais par nécessité. Parti des côtes vonalyannes aussi vite que la discrétion nécessaire le permettaient, ils avaient abordé sur l'une des nombreuses petites îles de la Mer Boréale, une dont ils savaient qu'elle disposait à la fois d'autorité locales corrompues et guère recommandables, d'une part, et d'un aérodrome disposant d'appareils leur permettant de gagner le continent, d'autre part. Là, le monnayage d'une partie des richesses qu'ils avaient emporté leur avait permis d'acheter leur billet pour une fuite véritable : une fois au cœur du continent dytolien, ils deviendraient directement beaucoup plus difficiles à récupérer que sur les côtes nordiques, pour la plupart alliées au Vonalya, ou sur une de ces petites îles, où Holger imaginait très bien Patte-de-Foudre faire pression pour qu'ils soient livrés pieds et poings liés.

En soit, s'ils n'avaient voulu que disparaître, cette première étape aurait pu suffire. Ils auraient aussi pu imaginer gagner le Thorval par la terre et là, guère soupçonnable, se faire enterrer et oublier. Mais Holger Verte-Feuille ne voulait pas disparaître, il voulait poursuivre son œuvre. Il n'avait pas prévu que les services secrets seraient capables de remonter jusqu'à lui aussi vite et aussi clairement, il était même persuadé d'avoir efficacement masqué ses traces. Le complot aurait dû réussir : Patte-de-Foudre déstabilisé, les nobles persuadés que les indépendantistes nordiques et les ennemis de la famille de la Reine étaient derrière l'attaque, tout aurait été mûr pour une déstabilisation du pouvoir. Il avait déjà prévu la suite, les autres étapes qui devraient continuer de secouer le pouvoir du Roi tout en mettant en lumière d'autres indépendantistes : les chrétiens du sud, qui seraient apparus comme rêvant de prendre leur indépendance.

En plaçant bien ses pions, il était sûr de parvenir à s'emparer d'au moins une partie du pouvoir, et en tous cas du pouvoir sur son île, celle que sa famille dirigeait depuis des siècles. Une fois la machine lancée, les autres nobles auraient suivit. Mais rien ne s'était passé comme prévu, et il en était réduit à fuir. Cela dit, Holger VII Verte-Feuille n'était pas homme à refaire sa vie en paria : il comptait bien reprendre ses manœuvres depuis l'étranger, et revenir un jour dans toute sa gloire sur son trône, voir pourquoi pas sur le trône royal. Et pour ça il avait une alliée toute trouvée : la dernière « exilée politique en date », Ottilia Renarde-de-Feu d'Urnavuk, devenue baronne dans les terres du sud, dans la lointaine Movopolis. Une terre où, de plus, on assurait qu'il était possible d'acheter la noblesse et surtout l'immunité judiciaire complète à prix d'argent... hors cela tombait bien, ce qui restait à Holger s'était justement son argent.

Lui et son complice de fuite, sur lequel Holger comptait pour l'introduire au près de la marquise déchue, avaient donc avancé lentement à travers les pays sans grand ordre du centre du continent dytolien, avant d'arriver sur les côtes où ils avaient pu contacter un passeur amarantin. Cela leur avait coûté presque tout ce qu'il leur restait de liquidité, mais le Duc était confiant, il avait de gros actifs financiers un peu partout, il saurait réunir les sommes nécessaires pour se refaire ici et reprendre la lutte dans l'ombre pour revenir dans son Duché et dans le Royaume par la grande porte. Et ainsi les deux hommes avaient-ils finalement été débarqués, avec quelques autres clandestins, dans une petite crique discrète de la côte movopolitaine. Une fois qu'ils se furent un peu écartés, le Duc se tourna, avec un sourire, vers son comparse de fuite.

Holger VII Verte-Feuille : « Nous voici finalement à Movopolis, mon petit Einar ! Dieux qu'il fait chaud ici, même par rapport à chez moi... je n'imagine même pas ce qu'il doit en être pour toi ! »

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Einar Loup-d'Or, héritier présomptif du Comté de Svarfragar.[/center]

Einar Loup-d'Or : « Hum... la chaleur n'est pas la principale de mes préoccupations, je vous l'avoue. »

Holger VII Verte-Feuille : « Allons, allons, encore à t'inquiéter pour tout ça ? Tu connais Ottilia non, vous êtes amis d'enfance. Elle va forcément être bien disposée à nous aider. »

Einar Loup-d'Or : « Je la connais assez pour savoir qu'elle sera prudente, je vous l'ai déjà dit. »

Holger VII Verte-Feuille : « Prudente, oui, mais pas folle ! Elle a d'aussi bonnes raisons de vouloir se venger que nous... n'oublie pas que ce vieux briscard de Patte-de-Foudre a tué son frère et sa famille comme il a tué ton père et la sienne ! Avec son appuis et l'aide de ma sœur pour masquer notre présence assez longtemps, je ne doute pas que nous aurons décroché l'immunité avant que l'Œil n'ait eut vent de notre présence... et après, ce sera trop tard ! »

Le plus jeune des deux hommes ne répondit rien et se contenta d'un léger grognement, rajustant sur son épaule le sac contenant leurs dernières richesses matérielles. C'était une conversation qu'ils avaient déjà eut, et il n'était plus temps de changer le cours des événements, hélas. Restait à espérer qu'il avait bien fait de suivre le Duc en fuite aussi loin comme son père lui avait enjoint de le faire lors de leur dernière conversation, certain qu'il était du triomphe de celui qu'il avait choisi de suivre... restait à voir si ce serait à raison ou non.

Posté : ven. mai 26, 2017 11:32 pm
par Alwine
Rencontre entre exilés :

[right]19 Mars 2033, Villa de la Renarde, Abords de la ville de Movopolis.[/right]

Les choses étaient calmes, ces derniers temps, dans la Principauté de Movopolis, du moins à ce qu'il semblait à la Renarde. La plupart des autres nobles semblaient entrer en sommeil, et même le Conseil Nobiliaire végétait quelque peu. Elle en profitait pour avancer ses pions ou, comme ce soir-là, pour profiter simplement des conforts de la vie qu'elle s'était bâtie. Elle était sur sa terrasse, profitant de la chaleur de cette soirée clémente du mois de mars pour y siroter un verre de jus de fruit frais tout en lisant un bon livre quand son téléphone sonna. Elle le décrocha et échangea quelques mots avec l'homme à l'autre bout du fil.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Oui, tu as bien fait. Amène les, laisse les en bas et monte jusqu'à mon bureau. »

Plus troublée que sa voix ne l'avait laissé entendre, elle rentra dans ledit bureau, se servit un verre de scotch, déverrouilla et ouvrit certain tiroir, sans qu'on ne puisse le voir en entrant, but le verre et attendit celui qui l'avait appelé. De fait, une voiture ne tarda pas à se faire entendre sur le parking, en contre bas, et quelques temps plus tard on toquait à la porte. Après qu'elle l'y ait eut autorisé, Gildwin entra dans la pièce, avec une légère grimace.

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Gildwin Pattes-de-Velours d'Orvarok.[/center]

Gildwin Pattes-de-Velours : « J'espère que la décision de les avoir ramassé ne te dérangera pas, mais sur le moment je n'ai pas vu quoi faire d'autre. Avec l'avis de recherche sur leur tête, les laisser filer aurait pu être franchement risqué. »

La belle, qui s'était servie un deuxième verre, eut un léger hochement de tête tout en buvant une nouvelle gorgée, plus mesurée. De quoi bien lui mettre les idées en place, mais pas assez pour lui embrumer l'esprit.

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Ottilia Renarde-de-Feu, Prétendante au Marquisat d'Urnavuk et baronne movopolitaine.[/center]

Ottilia Renarde-de-Feu : « Non, ne t'en fais pas, je te l'ai dis, tu as bien fait. Qu'on choisisse de les aider ou de les condamner, il aurait été stupide de juste refuser de les voir, ça aurait été lu comme une aide, dans le Nord... fais les monter, je vais entendre ce qu'ils ont à dire. »

Le baron déchu hocha la tête et s'éclipsa, tandis que sa suzeraine finissait son verre, rangeait la bouteille et sortait un alcool fruité plus léger. Bien vite, deux hommes se présentèrent en lieu et place de Gildwin, deux hommes qu'elle connaissait : deux exilés, comme elle, mais qui, contrairement à elle, étaient recherchés, avec une coquette somme à la clef. Ottilia ne s'en montra pas moins civile, leur proposa un verre de cet alcool fruité ainsi qu'un siège, et leur fit signe de commencer à parler.

Holger VII Verte-Feuille : « Bien, Ottilia, merci de nous recevoir, je n'en attendais pas moins de vous. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « N'en tirez pas trop vite des conclusions, cher duc. Je suis surtout curieuse, à ce stade. Pourquoi ne décrocherais-je pas mon téléphone pour appeler l'ambassade et vous livrer ? Il y a une jolie somme à la clef. »

Holger VII Verte-Feuille : « Allons, ne vous faites pas plus bête que vous n'êtes. Ma chère sœur a beau ne pas partager toutes mes vues, elle ne livrera jamais son frère sans résistance. Et vous, vous ne feriez que paraître suspecte, surtout que nous pourrions vous impliquer dans nos déclarations futures. Sans compter que je vous crois assez honorable pour ne pas condamner un ami d'enfance. »

La Renarde-de-Feu, avec le sourire et sans relever la menace, lui accorda se point, et l'invita à poursuivre. Holger Verte-Feuille y alla donc de sa petite démonstration d'éloquence. Il exposa les grandes lignes de son plan, et les réaménagements qu'il y avait fait. Comment, grâce à son aide, il pourrait acheter sa propre place de noble et leur garantir l'immunité. Comment, à eux trois, et avec l'aide de sa sœur, l'ambassadrice en place, ils pourraient œuvrer d'ici pour déstabiliser le pouvoir vonalyan et la famille royale, pour éliminer leurs ennemis lointains et reprendre la tête de leurs fiefs légitimes.

Holger VII Verte-Feuille : « Alors, convaincue de ne pas appeler l'ambassade ou la police locale de ce trou surchauffé ? »

Ottilia ne répondit pas tout de suite. Elle s'était levée pendant que son interlocuteur parlait, prenant son verre pour regarder par la fenêtre. La jeune femme vida ledit verre et se rapprocha du bureau pour l'y reposer avant de sourire.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Tu m'as convaincue. Je ne vais pas te faire extrader vers le Vonalya, et je vais même utiliser mon immunité judiciaire pour régler tout ça. »

Holger Verte-Feuille eut un sourire triomphant et fini son verre en riant, alors que la baronne movopolitaine reposait son propre verre. Il adressa son sourire triomphant à son compagnon, qui était resté globalement silencieux, puis revint à leur hôtesse, s'apprêtant à dire quelque chose... qu'il n'eut jamais le temps de formuler.

Remplacé par le bruit de tonnerre d'un coup de feu, puis de deux autres.

La jeune femme avait posé son verre, et tranquillement prit l'arme à feu chargée dans le tiroir qu'elle avait ouvert avant leur arrivée, pour viser posément et, alors que le Duc en fuit se tournait vers elle, avait tiré avec soin, trois fois, en pleine poitrine. Elle pensait l'avoir tué du premier coup, mais elle préférait être sûr, et de fait, ce fut un corps sans vie qui s'affaissa sur la chaise, basculant à demi en avant après avoir tressauté au rythme des tirs.

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Einar Loup-d'Or, héritier présomptif du Comté de Svarfragar.[/center]

Einar Loup-d'Or : « Que... tu... Ottilia ! Pourquoi tu... pourquoi ?! »

Le jeune héritier était paniqué, regardant, choqué, son amie et l'homme avec qui il venait de passer des semaines de fuite. Ottilia le stoppa dans son questionnement d'un geste autoritaire de la main, tout comme Gildwin, qui était brusquement entré en entendant les coups de feu.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Chuuuuuut Einar, tais-toi. Tu mériterais de l'accompagner dans la tombe pour me l'avoir amené ici ! Vous avez vraiment cru que j'allais vous suivre dans ces délires ?! Me mettre tout le royaume à dos en accueillant les meurtriers de Varana ? Sous deux semaines, l'ambassadrice changeait et l'Œil nous envoyait des assassins jusqu'à nous avoir tous éliminés ! »

La colère de la belle semblait éclater après tout et, en partie parce qu'elle n'avait pas posé son arme, Einar comme Gildwin se gardèrent bien de répondre quoi que ce soit, de crainte de diriger cette colère sur eux.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Pour autant, l'extradition était problématique... je suis convaincue que Svaria est parfaitement loyale à Patte-de-Foudre, mais elle n'aurait en effet pas livré son propre frère. Sa carcasse posera moins de soucis, et ainsi aucune possibilité de m'impliquer... »

Einar Loup-d'Or : « Je... et moi ? »

La Renarde-de-Feu regarda longuement ce jeune homme qu'elle avait jadis aimé pour sa fière assurance, et qui semblait aujourd'hui si incertain. Elle sembla hésiter un moment, puis poussa un léger soupir.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Toi... disparais. File. Passe la frontière de la principauté et va te réfugier ailleurs dans le mille feuille qu'est ce pays. Évite Forluno, cache toi. Il y a de quoi faire ici, les mafieux de Spongorie, les religieux de Dorobie... fais-toi oublier. »

Einar Loup-d'Or : « Mais je... »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Pas de mais. File, mon jeune loup, avant que je ne change d'avis. Je leur dirai que Verte-Feuille m'a confié que tu étais mort en route, mais j'ignore s'ils le croiront... fais-toi oublier et l'Œil ne te lâchera peut-être pas un tueur aux basques. »

D'un geste impérieux, elle lui désigna la sortie, visiblement désireuse de le voir évacuer les lieux au plus vite. Einar hésita quelques instants, son regard allant de la jeune femme au baron déchu qui attendait toujours, entré de quelques pas à peine dans la pièce, puis finalement, il sembla se décider, ramassa le sac contenant ce qui était maintenant vraisemblablement toute sa richesse, lâcha un « aurevoir » étouffé et s'en fut hors de la pièce. Ottilia attendit qu'il soit loin, probablement déjà hors de la villa, avant de se laisser aller, s'asseyant sur le bureau avec un long soupir.

Gildwin Pattes-de-Velours : « Humm... c'était peut-être une erreur de le laisser partir. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Peut-être... probablement. Mais Holder avait raison sur une chose, je ne me sentais pas capable de le condamner... »

Le noble du grand nord se garda bien de répondre à cela, sachant mieux que le défunt l'histoire de ces deux là. Il garda soigneusement le silence, préférant examiner le cadavre du Duc plutôt que de risquer de croiser le regard de la Renarde. Laquelle, finalement, reprit la parole, de sa voix assurée habituelle.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Bon. On a intérêt à mettre ça au frais et à prévenir directement les autorités au pays, ce sera le plus simple. Avec une photo, comme preuve. De là même Svaria ne pourra plus rien faire même si elle le voulait. Reste à espérer qu'ils croiront que je n'avais rien à voir dans tout ça... »

Posté : sam. juin 03, 2017 10:40 pm
par Alwine
Visite du grand nord :

[right]10 avril 2032, Villa de la Renarde, Abords de la ville de Movopolis.[/right]

La petite cabale montée contre elle au sujet du meurtre de la Reine avait été une surprise pour Ottilia, qui s'attendait à des suspicions dans son pays mais pas ici, où les gens auraient dû, à son avis, se mêler de ce qui les regardait. Hélas, tel n'avait pas été le cas, et elle se retrouvait donc à devoir traiter par la dérision les attaques d'une feuille de chou de petite envergure. Néanmoins, ce n'était pas ce qui allait l'empêcher de continuer son petit bonhomme de chemin, que du contraire : pour l'heure, ses affaires se portaient bien, et elle comptait bien faire en sorte que cela continue. Du moins la nouvelle avait-elle semblé être bien accueillie au Vonalya, redorant un peu son blason, au part avant ternis par l'association avec son défunt frère. Ceci dit, tout « retour au pays » semblait difficile, puisqu'on avait installé un prince dans son palais familial, aussi n'attendait-elle pas grand chose du Vonalya.

Du moins jusqu'à ce matin-là.

En effet, alors qu'elle vérifiait certains documents après son petit déjeuner, un de ses serviteurs était venu l'avertir qu'une vonalyanne la demandait, une vonalyanne à l'air noble et importante. Le serviteur chargé de « filtrer » les éventuelles visites ayant été formé pour évaluer ce genre d'arrivante, elle avait décidé de recevoir celle-ci dans un charmant salon que les larges baies vitrées donnant vers l'est inondaient d'un agréable soleil. Elle accueillit sa visiteuse avec le sourire, mais le perdit soudain quand, en guise de présentation, celle-ci fit glisser sur la table devant laquelle elle venait de s'asseoir, sur un geste d'invite de la baronne, une broche noire magnifiquement sculpté, représentant un corbeau.

[center][img]http://img.xooimage.com/files110/b/8/d/ottilia-51fecb2.jpg[/img]

Ottilia Renarde-de-Feu, Prétendante au Marquisat d'Urnavuk et baronne movopolitaine.[/center]

Ottilia Renarde-de-Feu : « Hé bien voilà une invite... peu commune. Est-ce une plaisanterie, ou bien dois-je en conclure que finalement la Couronne ne croit pas réellement à mon innocence et compte me faire éliminer ? »

Sa visiteuse eut un petit sourire indulgent à cette question, comme si elle trouvait l'une ou l'autre proposition tout aussi amusante. Ottilia, de son côté, songeait déjà à une façon de s'en sortir en cas de brusque attaque, mais son interlocutrice leva ses mains ouvertes en signe d'apaisement.

[center][img]http://img.xooimage.com/files110/6/e/c/hugin-526443d.jpg[/img]

Hugin, chef en second et voix officieuse de l'Œil Borgne.[/center]

Hugin : « Je ne sais pas si c'est le climat qui vous retourne à toutes l'esprit, ou si ma réputation est si terrible que cela. Non, ma dame, si nous avions voulu vous faire éliminer nous aurions envoyé un anonyme, et sans vous prévenir d'un signe de reconnaissance. Je suis venu vous parler, à dire vrai. »

L'argument n'était pas mauvais, il était vrai. Celle qu'Ottilia, comme toute noble l'aurait fait, avait reconnue comme Hugin, ou du moins l'une d'entre elles – la baronne ayant toujours fait partie de celles qui imaginaient que plusieurs « voix » se partageaient ce « titre » issu de la religion – n'aurait probablement pas annoncé la couleur avant de la tuer. Elle lui aurait juste tranché la gorge, ou toute autre méthode homicide. Elle se rasséréna donc quelque peu, tout en restant sur ses gardes.

Ottilia Renarde-de-Feu : « Je vous accorde ce point. Que me vaut l'honneur de voir l'Œil Borgne être incarné dans mon salon, dans ce cas ? »

Hugin : « Parler, je vous l'ai dit. Pour être exacte, parler des suites de votre acte admirable vis-à-vis du duc félon. »

Avant l'arrivée de son invitée, Ottilia avait fait déposer quelques douceurs légères sur la table, et l'espionne en prit une pour la manger tranquillement, laissant un peu mariner son hôtesse pendant quelques instants, sans que celle-ci ne proteste ouvertement, toutefois.

Hugin : « Pour commencer, je suis venue vous confirmer en personne que vous n'étiez plus suspecte dans le complot, en dépit des bruits de couloir amarantins. Nous avons reconstitué le réseau, et vous n'en faites pas partie. Il est probable que le Svarfragar ait agit en partie par solidarité avec le sort de votre frère, mais ils ne vous ont pas impliqués. Comme vous le savez, je parle pour l'Œil, et comme vous vous en doutez l'Œil ne parlerait pas contre l'avis du Roi. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « C'est déjà rassurant, je vous l'accorde. »

Hugin : « Comme conséquence logique du fait que vous ayez livré Verte-Feuille, sans être sa complice, je suis venue vous remettre ceci. »

L'espionne sorti de son manteau une enveloppe qu'elle fit glisser vers Ottilia. Celle-ci l'ouvrit et y découvrit un relevé de compte, qui laissait apparaître un joli montant, de plusieurs millions de dollars. En-dessous étaient indiqués les identifiants dudit compte.

Hugin : « Vous vous souviendrez que la tête du félon était mise à prix, voici ce que la Couronne vous devait. Vous êtes libre de changer les identifiants du compte, ou de transférer le montant sur un autre compte, l'argent est à vous. Avec nos félicitations. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « J'avoue que cela m'était sorti de la tête... mais je m'interroge, les félicitations du Roi, ou de l'Œil ? »

Hugin : « Vous êtes perspicace. Les deux, en fait. Le Roi est heureux qu'il soit mort, même s'il regrette de ne pas l'avoir eut vivant. L'Œil, lui, est particulièrement heureux qu'il soit mort. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Je vois... »

Elle voyait, oui. Le service secret était particulièrement heureux... qu'il ne soit pas tombé vivant dans les mains du Roi. Il aurait sans doute été nécessaire de déployer de beaux efforts pour cacher les tortures que Patte-De-Foudre aurait réservé à Holger s'il lui avait mis la main dessus : en soit, elle avait été miséricordieuse, avec ses trois balles en plein cœur.

Hugin : « Enfin, et c'est la raison principale de mon déplacement personnel, je suis venue vous signifier la fin officielle de votre exil... »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Un exil officieux. »

Hugin : « En effet... cela prend fin maintenant. Vous pouvez revenir au pays, rien ne sera fait contre vous par personne. Vos actifs sont définitivement votre. Vous pouvez recommencer à envoyer des représentants ou à venir vous-mêmes aux conseils d'administrations des sociétés dont vous détenez des parts... plus de restrictions. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Mais ? »

Hugin : « Encore une question que tout le monde pose... mais nous aimerions que vous restiez établie ici. Cela évitera les soucis avec ceux qui ont encore mauvais souvenir de vous, et de toute façon nous ne pensons pas que votre intérêt soit de revenir. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Non, en effet. Je préfère rester ici que devenir simple « dame » sans attache dans le nord. Néanmoins je suis contente de pouvoir revenir passer du temps chez nous, je vous l'avoue. Et de pouvoir mener mes affaires sans restrictions. »

Hugin : « Oh, à propos d'attache, il y a une dernière chose... une proposition... »

Posté : lun. juin 05, 2017 2:02 pm
par Alwine
Heureuse proposition ?

[right]14 Avril 2033, Villa de la Renarde, Abords de la ville de Movopolis.[/right]

Avec la nouvelle de la création d'une banque par l'enthousiasme noble aminavien, Ottilia espérait que les échos des rumeurs l'impliquant dans la mort de la reine vonalyanne finiraient par s'estomper peu à peu. Elle ne manquait pas de démolir l'argumentation ridicule déployée contre elle à la moindre occasion, mais elle savait que se serait de peu de poids au final pour convaincre réellement les gens, qui de manière générale croyaient surtout ce qu'ils voulaient croire. Ne restait qu'à abattre ses dernières cartes et à espérer que l'attention finisse par se fixer sur autre chose... comme ledit aminavien, qui remuait beaucoup en ce moment. On lui disait qu'il avait encore d'autres projets dans la manche, et elle n'aurait même pas été étonnée qu'il ait pu influencer son gouvernement pour mettre des bâtons dans les roues du trafic de drogue du Baron Erik Bertaud.

Quoi qu'il en soit, il s'agissait de profiter de tout se bruit pour éviter le grossissement des rumeurs sur son implication douteuse dans le meurtre de Varana... sans se laisser doubler pour autant par le ce très actif et très riche concurrent potentiel. Elle avait déjà sa petite idée de plan d'action à ce sujet, mais néanmoins elle devait tout d'abord régler les autres échos de cette affaire, à commencer par les conséquences vis-à-vis du Vonalya, dont elle était en train de s'entretenir avec ses trois principaux lieutenants.

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Gildwin Pattes-de-Velours d'Orvarok.[/center]

Gildwin Pattes-de-Velours : « Et donc, nous pouvons tous retourner librement au Vonalya, sans être inquiété même par les services secrets ? »

La baronne movopolitaine avait en effet prit soin de faire confirmer que la « grâce » officieuse qui lui était accordée s'étendait aussi à ses collaborateurs, et notamment à Gildwin qui, pour avoir refusé de dénoncer sa fidélité envers son frère, était persona non grata au Vonalya... du moins jusqu'à présent. Elle hocha en effet la tête en signe de confirmation.

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Ottilia Renarde-de-Feu, Prétendante au Marquisat d'Urnavuk et baronne movopolitaine.[/center]

Ottilia Renarde-de-Feu : « En effet, nous pouvons tous aller et venir au Vonalya librement. Si vous songez à abandonner mon service, vous pourrez sans problème y retourner vous-mêmes durablement. »

La proposition fut accueillie par des sourires de la part des trois hommes, qui n'y songeaient guère. Miesko n'avait jamais été vonalyan, quant aux deux autres ils n'auraient pas quitté le pays de prime abord s'ils n'avaient préféré le fait de suivre la jeune femme, avec les perspectives d'enrichissement que cela promettait, au fait de rester au pays. Ce fut d'ailleurs le second homme vonalyan de la pièce, Arne, qui reprit rapidement la parole.

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Arne Thorleif.[/center]

Arne Thorleif : « Bien, donc ce bon Gildwin peut retourner chez lui, pour y être un roturier qui trouvera sans doute un autre sur son trône... et moi-même je pourrai aller voir mes ingrats d'enfants. C'est une bonne chose, mais il y a cette dernière proposition, qui semblait beaucoup plus intéressante... je me trompe ? »

Ottilia Renarde-de-Feu : « C'est une question de point de vue. Il y a certainement des avantages, mais également de possibles inconvénients. »

[center][img]http://img.xooimage.com/files110/6/b/5/foto-4f6c99a.jpg[/img]

Miesko Kovasov.[/center]

Miesko Kovasov : « Si je comprend bien c'est une proposition... de mariage ? Auriez-vous un soupirant dont vous auriez omis de parler, madame ? »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Ne dis pas de bêtise, c'est un simple arrangement. Un mari noble restaurerait une position légitime pour moi au Vonalya, une place de plein droit parmi la haute noblesse, avec un titre vonalyan légitimement reconnu pour compenser celui qu'ils ont donné au neveu du roi. Et une jolie pension versée par mon époux, sans doute. »

Miesko Kovasov : « Sauf que vous n'avez aucune intention d'aller vivre dans le palais d'un nobliau vonalyan, je me trompe ? Excusez-moi, mais j'ai parfois du mal à démêler toutes vos intrigues nordiques, je l'avoue. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Il n'y a pas de mal. En fait, ce mariage serait mieux servit par une épouse lointaine car mon potentiel époux est... hé bien disons que sa sexualité est bien plus adaptée à ce pays-ci qu'au Vonalya. Ici, il serait sans nul doute un vrai étalon. »

Gildwin Pattes-de-Velours : « Je le connais en effet de réputation. Il est totalement incapable de... hé bien d'aller avec une fille. La plupart d'entre nous se forcent au devoir conjugal, pour perpétuer la lignée, mais lui... disons qu'on a toujours su qu'il devrait probablement faire appel à des techniques modernes pour espérer avoir une descendance. »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Le « soucis » étant qu'il vit à proximité des bigots chrétiens du sud, et que ceux-ci verraient d'un mauvais œil un voisin qui afficherait aussi ouvertement son homosexualité. D'où l'attrait d'avoir une femme ayant une raison légitime de vivre loin de lui. Il viendrait en visite conjugal par ici, serait libre d'en profiter pour honorer conjugalement qui il voudra n'ayant pas de sein dans les parages, et de mon côté charge à moi de produire un héritier en temps utile... y compris en utilisant les méthodes locales, sans que ça se sache chez les adorateurs du crucifié par chez nous. »

Les « méthodes locales » incluaient la reproduction in-vitro, mais aussi de faire appel à un géniteur hétérosexuel jugé porteur de gênes sains et prometteurs, ce qui était la méthode amarantine ancestrale pour concevoir une descendance. Personne n'en fit le commentaire, toutefois, et, après un assez long silence, vint seulement une question.

Arne Thorleif : « Et donc... vous compter accepter ? »

Ottilia Renarde-de-Feu : « Pour tout dire je ne sais pas encore. J'ai du temps de réflexion, l'Œil ne souhaite pas que cela se fasse tout de suite, pour ne pas attiser une nouvelle polémique potentielle. Il y aurait des avantages, bien sûr, mais ce serait aussi une acceptation de facto de la perte de mes droits sur la Marche de ma famille... il faut que j'y réfléchisse. Nous verrons bien aussi comment les choses tournent par ici... »