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Posté : dim. avr. 02, 2017 3:48 pm
par Gwenael
[center]LE BARON DU CRIME[/center]

[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/06/10/170610074510751122.png[/img][/center]

[url=http://www.youtube.com/watch?v=7JeJqeqNMKA]Musique[/url]

[justify]Peu nombreux en Amarantie étaient ceux qui savaient réellement qui était Eric Bertaud. Il avait l'habitude de se présenter comme un "homme d'affaire" mélonais, désireux d'étendre son activité aux marchés amarantin et dytolien. En règle générale, ses interlocuteurs ne posaient pas davantage de questions, s'agissant d'un profil que l'on pouvait s'attendre à voir représenté en importante proportion au sein de la noblesse movopolitaine, l'unique critère d'intégration au sein de celle-ci étant d'avoir les moyens de payer son titre. Cependant, le commerce auquel se livrait le baron nouvellement adoubé n'avait rien à voir avec l'activité d'un trader ou d'un capitaine d'industrie.
Racket, trafic de drogues, vente d'armes, traite d'esclaves, trafic d'organes... Voilà ce qui faisait la fortune du gang dirigé par Eric Bertaud, dont l'influence, loin de se limiter à la seule Principauté de Mélogne, s'étendait à l'ensemble de l'Empire Luciférien. Néanmoins, le pays algarbien, vaste en superficie mais assez pauvre économiquement, commençait à être un peu trop étroit pour ses activités, qui ne demandaient qu'à s'étendre davantage. Pour cela, les Etats du sud de la Dytolie réunissaient des caractéristiques idéales. En plus d'avoir une position géographique facilitant grandement le transport de marchandises depuis l'Algarbe, les gouvernements locaux semblaient peu regardants à l'égard du développement du crime organisé sur leur sol, voir eux-mêmes corrompus par cette même activité. Les rivalités entre les différentes entités amarantines faisaient par ailleurs de la Confédération une cible de choix, alors que le marché montalvéen était déjà bien occupé par les mafias locales, qui n'auraient probablement pas apprécié de se voir ôter le pain de la bouche.
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[center][img]https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/originals/3b/ec/68/3bec684ddfe94c90bec5382c31560490.jpg[/img][/center]

[justify]Les grandes villes offraient généralement le meilleur terrain d'implantation pour les activités souterraines, alors quoi de mieux pour commencer à constituer un réseau que la capitale de la Principauté elle-même ? Movopolis était par ailleurs une ville littorale, condition indispensable à l'acheminement des marchandises.
La première étape consistait à prendre contact avec les différentes cellules de la pègre locale, à priori désorganisée, afin de les inciter à travailler pour Eric Bertaud. Cela supposait d'aller directement à la rencontre des divers petits trafiquants qui pullulaient dans les rues de Movopolis afin de leur exposer tout ce qu'ils auraient à gagner en se ralliant au noble algarbien, ou, au contraire, ce qu'ils auraient à perdre s'ils refusaient... C'est une mission dont Eric Bertaud aurait aimé s'acquitter lui-même. Il n'oubliait pas qu'il avait fait ses débuts dans les mêmes conditions que ses présumés futurs associés, et était persuadé d'être le plus à même de trouver les mots pour les rallier. Cependant, il semblait plus judicieux pour lui de ne pas s'impliquer trop personnellement dans cette entreprise, sous peine de perdre de sa crédibilité au sein du Conseil Nobiliaire si jamais ses activités parallèles venaient à être découvertes. L'unique lien que le chef de gang algarbien allait conserver avec ses activités économiques sur le sol movopolitain était une entreprise baptisée Smokeed, fondée tout à fait légalement, dont l'activité officielle était la vente de drogues douces algarbiennes, autorisée par la Principauté. Cette vitrine légale allait servir à la centralisation de tous les trafics souterrains dirigées par Eric Bertaud en Amarantie.
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[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/02/170402055214252076.png[/img]
Blaise Roussin, second bras droit d'Eric Bertaud[/center]

[justify]Eric Bertaud avait par ailleurs besoin de quelqu'un pour le seconder et se mouiller à sa place sur le terrain. L'homme le plus sûr et le plus compétent qu'il avait à ses côtés était Charles Creuset, le numéro deux au sein de la mafia algarbienne. Celui-là, Eric l'avait chargé de surveiller ses affaires en Algarbe. C'était donc son numéro trois, Blaise Roussin, qui l'avait accompagné jusqu'en Amarantie.
Comme il le disait lui-même, ce fils de policier orlan n'avait que trois centres d'intérêt dans la vie : « les flingues, les femmes et les bagnoles ». Mais ce qui le motivait par-dessus tout était l'argent, qui lui donnait accès aux trois. Roussin faisait preuve d'une loyauté sans faille à l'égard d'Eric Bertaud, dans la mesure où celle-ci lui avait permis de monter au sommet de son organisation. D'un naturel violent, Blaise Roussin était aussi celui qui présentait le mieux dans les hautes sphères de la mafia, ce qui lui valait de jouer un rôle "d'ambassadeur" auprès des autres organisations criminelles ou des institutions judiciaires et politiques. Son principal atout ici était qu'il maîtrisait quasi parfaitement l'amarantin, chose rare en Algarbe.
Gérant officiel de la première boutique Smokeed implantée à Movopolis, Roussin avait été précédé par deux de ses plus proches collaborateurs. Les deux hommes, Marc Aubert et Luc Tessier, étaient chargés de tous les préparatifs précédant son arrivée en Amarantie. Blaise en était persuadé : sa première journée à Movopolis allait être chargée.
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Posté : dim. avr. 02, 2017 8:11 pm
par Gwenael
Jour 1 : Installation
[url=http://www.youtube.com/watch?v=7JeJqeqNMKA]Musique[/url]

[center][img]https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/originals/3b/ec/68/3bec684ddfe94c90bec5382c31560490.jpg[/img][/center]

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08:00

[justify]Alors que le soleil venait de se lever sur la cité de Movopolis, un cargo approchait du port. Debout sur le pont, Blaise Roussin contemplait la ville. À première vue, l'endroit ne lui déplaisait pas, et le climat, bien qu'un peu plus sec qu'à Mélogne, n'était pas si dépaysant que ça. Une fois son navire arrimé, le gérant de Smokeed mit pied à terre pour aller retrouver ses associés qui l'attendaient sur le quai.[/justify]
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/02/170402035935364029.png[/img]
Blaise Roussin, second bras droit d'Eric Bertaud et gérant de Smokeed[/center]
Blaise Roussin : Salut les gars.
Luc Tessier : Salut, m'sieur Roussin.
Blaise Roussin : J'espère que vous avez bien bossé pendant que je n'étais pas là.
Luc Tessier : Tout est prêt à la boutique, on n'attend plus que la came.
Blaise Roussin : La voilà justement.

Blaise Roussin inclina légèrement la tête pour montrer le cargo par lequel il était arrivé à ses deux interlocuteurs.

Blaise Roussin : Cinq tonne de weed kalunaise, soit environ trois milles plaques.
Marc Aubert : Et c'est tout ?
Blaise Roussin : Vous pensez bien que non, mais on en parlera plus tard. J'espère que de votre côté, vous avez prévu de quoi transporter tout ça ?
Luc Tessier : On a pensé à tout.

Les deux hommes étaient postés devant un semi-remorque portant l'inscription Smokeed.

Luc Tessier : Ça c'est pour Marco, c'est lui qui transportera la weed. Vous et moi on prendra la voiture et on mettra le reste de la came dans le coffre, pour ne pas éveiller les soupçons.
Blaise Roussin : Parfait. Bon, ben au boulot ! On va en avoir pour un moment à décharger tout ça.


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10:00

[justify]Une fois le navire cargo vidé de sa marchandise, le camion conduit par Marc Aubert et la voiture pilotée par Luc Tessier prirent la route du centre-ville, où était située la boutique Smokeed.[/justify]
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/02/170402073702535611.png[/img][/center]
Blaise Roussin : Sinon, Marco et toi, vous avez eu le temps de faire quelques repérages avant que j'arrive ?
Luc Tessier : Oui, et on a trouvé quelques spots de dealers un peu partout dans le centre-ville et dans les environs.
Blaise Roussin : Très bien, on s'occupera de ça cet après-midi.

Parvenus devant la vitrine de Smokeed, les trois hommes commencèrent à décharger les cartons situés à l'arrière du camion pour aller les ranger dans la salle de stockage de la boutique.

Blaise Roussin : Il faut qu'on se grouille, j'ai rendez-vous avec le patron à midi.


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11:30

Blaise Roussin : Eh bien, c'était laborieux. Je vais y aller maintenant, attendez-moi là.

[justify]Roussin se mit au volant de la voiture et prit la route du restaurant auquel Eric Bertaud lui avait donné rendez-vous. Malheureusement, le mafioso algarbien ne connaissait pas encore suffisamment les rues de la capitale movolitaine et tourna en rond pendant plus d'une demi-heure. Il ne parvint à sa destination qu'après avoir daigné pencher la tête hors de l'habitacle pour demander sa route à un passant. Lorsqu'il se gara devant le restaurant, il était midi et quart. Eric Bertaud l'y attendait déjà depuis quinze minutes.[/justify]
Eric Bertaud : Tu es à la bourre.
Blaise Roussin : Excuse-moi, je me suis gouré sur la route.
Eric Bertaud : Allez, grouille-toi. J'ai la dalle.

[justify]Les deux Algarbiens s'installèrent sur la terrasse du restaurant, à l'ombre d'un parasol.[/justify]
Eric Bertaud : Enlève tes lunettes, t'es pas une star.

Roussin commença à lever la main à hauteur de ses yeux pour s'exécuter.

Eric Bertaud : Je déconne, relax. On est comme en vacances, ici.
Blaise Roussin : Moi, j'ai quand même l'impression qu'on a pas mal de boulot.
Eric Bertaud : C'est vrai, mais pour l'instant, il n'y a pas grand monde pour nous déranger. Et puis, en tant que membre du Conseil Nobiliaire, je dois pouvoir nous protéger efficacement.
N'empêche, tu sais ce qui me dérange le plus en étant assis ici face à toi ?
Blaise Roussin : Mis à part le fait de déjeuner avec un type incapable d'arriver à l'heure ?
Eric Bertaud : C'est que les gens autour vont croire qu'on est... tu vois...
Blaise Roussin : Pourquoi ?
Eric Bertaud : Mais ils font tous ça ici ! En tout cas, je peux te dire que, moi vivant, il est hors de question que je passe à la casserole. Ça pourrait même être le Prince qui me le demande, je m'en fous !
Blaise Roussin : Ah ah !

Une heure et demie plus tard, les deux hommes finirent de déguster leur dessert.

Eric Bertaud : J'ai rendez-vous chez le Prince ce soir, avec les autres nobles. C'est là qu'il nous remettra notre titre officiellement. Ce sera l'occasion pour moi d'essayer de me faire des connaissances, et de voir si on ne risque pas d'avoir des concurrents parmis eux. De ton côté, tâche de trouver de nouvelles recrues dans la ville.
Blaise Roussin : Ne t'inquiète pas pour ça, mes gars ont déjà repéré quelques associés potentiels.
Eric Bertaud : Parfait, on s'appelle ce soir et on fait le point.

Eric Bertaud quitta la table, laissant Blaise Roussin seul en tête à tête avec l'addition.


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14:30

[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/02/170402040132890780.jpg[/img][/center]
[justify]Dans une petite ruelle de Movopolis, un jeune homme encapuchonné, adossé à un muret, attendait en jetant des coups d’œil furtifs autour de lui. Au bout de quelques minutes, son rendez-vous, lui aussi encapuchonné, pointa son nez depuis un carrefour. Les deux hommes se rapprochèrent très près l'un de l'autre. Alors que leurs mains se rapprochaient discrètement, Blaise surgit se l'autre côté de la ruelle, accompagné par Luc Tessier. Le jeune homme arrivé en second déguerpit sur le champ, tandis que le dealer fut agrippé par Luc dès son premier mouvement de fuite. Blaise s'approcha de lui et lui parla en espéranto.[/justify]
Blaise Roussin : T'inquiète, on n'est pas des flics. Libère-le, Luc.

[justify]Tessier s'exécuta, lâchant les bras du jeune homme encapuchonné. Un court silence s'installa le temps que Blaise allume son cigare, puis celui-ci arracha un petit sachet en plastique de la main de son interlocuteur.[/justify]
Blaise Roussin : C'est quoi ça, c'est de l'héro ? Tu la trouves où, ta came ?

Le jeune homme, effrayé, restait silencieux.

Blaise Roussin : Tu peux répondre. Je t'ai dit qu'on n'était pas des flics.
Dealer : Su... su... sur... sur le Darknet.
Blaise Roussin : Mmm... et tu te fais une marge de combien avec ça, vingt pourcent ?
Dealer : Euh... en gros, ouais.
Blaise Roussin : Ouais... et qu'est-ce que tu dirais de passer à cinquante ?

Le dealer, visiblement interloqué, ne savait quoi répondre.

[justify]Blaise Roussin : Je t'explique : on représente une grosse organisation qui vient d'arriver sur le marché, et on a besoin de gars comme toi pour refourguer notre came. Voilà le principe : on te file la came gratos, toi tu la revends, et tu nous refiles la moitié du pognon. Comme ça, tu te fais trente pourcent de chiffre en plus, et tu bénéficies de notre protection si tu te fais choper. Et puis surtout, ça t'évitera de figurer parmis nos concurrents, qui, généralement, ne font pas long feu... Alors, qu'est ce que tu en dis ?[/justify]Dealer : Euh... je sais pas trop.
Blaise Roussin : Je comprends, il faut que tu réfléchisses. Tiens, je te donne vingt-quatre heures pour me rappeler à ce numéro. Par contre, passé ce délai, je crains qu'on ne puisse plus faire grand chose pour te protéger.


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23:30

[justify]Assis sur le rebord d'un lit, au troisième étage d'un hôtel de Movopolis, Blaise Roussin était en pleine conversation téléphonique avec Eric Bertaud.[/justify]
Blaise Roussin : Mes gars avaient fait du bon boulot. On a pu choper une douzaine de petits dealers dans l'après-midi. Je leur ai donné vingt-quatre heures pour me rappeler. Trois l'ont déjà fait. Pour les autres, on verra demain matin.
Eric Bertaud : C'est pas dit qu'ils acceptent.
Blaise Roussin : On ne leur a pas vraiment laissé le choix. C'est ça, ou ils arrêtent leur activité.
Au fait, je ne me vois pas passer trois mois à loger dans une chambre d'hôtel.
Eric Bertaud : Ne t'inquiète pas pour ça, j'ai tout prévu. Passe à la maison demain matin, je te filerai les clés de ton nouveau chez toi.
Blaise Roussin : OK, à demain.

Posté : mar. avr. 04, 2017 3:50 pm
par Gwenael
Jour 2 : Implantation

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09:30

[center][img]https://d2v9y0dukr6mq2.cloudfront.net/video/thumbnail/Sf5P8PTin0n4yu1/sports-car-driving-up-to-mansion_riqls2q__S0000.jpg[/img][/center]
[justify]
En cette matinée ensoleillée, les graviers blancs crissaient sous les pneus de la voiture qui venait de faire son entrée dans la cour de la villa citadine nouvellement acquise par Eric Bertaud. L'apparence du véhicule contrastait fortement avec celle des voitures de sport aux couleurs vives stationnées devant la résidence. Au volant, Blaise Roussin portait ses habituelles lunettes noires, qui lui permettaient à la fois de se protéger de l'éclat des rayons du soleil qui reflétaient sur le sol clair, et de masquer ses yeux rougis par la fatigue. Le bras droit d'Eric Bertaud à Movopolis avait en effet passé une mauvaise nuit dans la chambre d'hôtel que lui avaient réservée ses associés. L'important trafic sur la rocade voisine et la mauvaise isolation acoustique du bâtiment avaient eu raison de son sommeil. Une fois garé, Blaise ouvrit la portière et sortit. Il n'eut pas besoin de marcher jusqu'à la porte d'entrée pour actionner la sonnette. Le parrain de la mafia algarbienne, qui l'avait entendu arriver, était déjà sorti pour venir le saluer.
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[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/06/10/170610074510751122.png[/img]
Eric Bertaud[/center]
[justify]Eric Bertaud : Ah, Blaise, te voilà ![/justify]
[justify]Eric Bertaud pouffa légèrement.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Qu'est-ce que c'est que cette épave ? Ça change des bêtes de course au volant desquelles j'ai l'habitude de te voir ![/justify]
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/02/170402035935364029.png[/img]
Blaise Roussin[/center]
[justify]Blaise Roussin : Ne m'en parle pas. C'est la caisse de Marco, j'ai laissé les miennes au pays. Il faudra que je pense à aller faire le tour des concessionnaires pour trouver quelque chose de convenable à conduire.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Oui, et dépêche-toi de le faire. Je ne veux plus de cette horreur dans ma cour ! Tiens, au fait, il faut que je te file les clés de ta nouvelle maison.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Effectivement. Je ne me vois pas passer une deuxième nuit dans l'hôtel miteux que mes gars m'ont réservé. Ces abrutis m'ont collé dans une chambre adossée au périph' de la ville. Eux, ça ne les dérange peut-être pas, mais pour moi, ça a été impossible de dormir.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : C'est vrai que tu as une petite mine. Allez, entre...[/justify]
[justify]Après avoir traversé l'entrée, les deux hommes débouchèrent dans un salon spacieux. De l'autre côté du bar, la maîtresse de maison était en train de ranger les restes du petit-déjeuner.[/justify]
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/04/170404034341544157.png[/img]
Mélissa Bertaud[/center]

[justify]Mélissa Bertaud : Tiens ! Salut, Blaise ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Salut, Mélissa.[/justify]
[justify]Mélissa Bertaud : Ton installation s'est bien passée ?[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Laisse Blaise tranquille, Pupuce. Lui et moi, il faut qu'on parle d'affaires. Tiens, sers-nous plutôt un whisky, tu seras mignonne.[/justify]
[justify]Mélissa Bertaud : Un whisky ? À cette heure ?[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Quoi ? Depuis quand y a-t-il une heure pour ça ? Oh, et puis va-t-en, tu m'énerves.[/justify]
[justify]Eric Bertaud fit un geste du revers de la main pour intimer à sa femme l'ordre de déguerpir. Celle-ci s'exécuta, laissant les deux mafiosi seuls dans le salon. Blaise s'installa sur le canapé, alors que son hôte était parti chercher deux verres et une bouteille de scotch. Celui-ci versa un fond d'alcool dans chacun des deux verres, avant de prendre place à son tour sur le sofa.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Alors, c'est quoi ton programme aujourd'hui ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : J'ai donné rendez-vous à nos nouveaux dealers. Je vais les recevoir tout à l'heure à la boutique, histoire de leur expliquer un peu les règles de la maison et de leur filer leur came. Quand à cet après-midi, je ferai le tour des vendeurs d'herbe de la ville, afin de leur expliquer pourquoi il vaudrait mieux qu'ils passent sous l'enseigne Smokeed le plus vite possible.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Bon programme. Cependant, n'hésite pas à ramener plus de gars d'Algarbe pour accélérer la cadence. J'ai fait quelques recherches de mon côté, et il parait que la mafia spongorienne a pas mal de ramifications dans la Principauté. Mieux vaudrait donc que l'on parvienne à s'implanter suffisamment avant qu'ils ne découvrent leur présence, afin d'être en mesure de leur faire face par la suite.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Tu veux faire la guerre aux Daktylos ?[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Pas du tout. Seulement, comment crois-tu qu'ils vont réagir en s'apercevant que des types venus d'un autre continent viennent leur faire concurrence chez eux ? Je te conseille de faire en sorte que nos gars soient capables de se défendre en cas de problème.[/justify]
[justify]Blaise Bertaud : Ne t'inquiète pas pour ça. J'ai amené pas mal de matos en arrivant avec la weed. Que ce soit un sachet de coke ou un chargeur de HK-44, ça passe tout aussi inaperçu à la douane, planqué entre deux sacs de came.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : C'est pour ça que je t'aime bien, Blaise. Tu penses à tout ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Et sinon, pour toi, comment ça se passe au Conseil Nobiliaire.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Couci-couça. Je n'ai pas encore réussi à me faire de réelle connaissance parmi les autres nobles, mis à part un vieux médecin thorvalois incapable de me donner sa branche d'activité. En plus de ça, une Montalvéenne tarée vient de déposer une proposition de loi pour accroitre la surveillance un peu partout en Movopolis, notamment dans les commerces ! Heureusement, les autres nobles y ont l'air plutôt opposés. Tu imagines, une caméra de surveillance dans chaque commerce ? On ne peut plus racketter tranquille !
Mis à part ça, une autre proposition a été déposée par... euh... une Vonalyenne, je crois. Si ça passe ; et je crois que c'est en bonne voie ; on pourra compter sur une baisse de vingt pourcent des taxes de Smokeed. J'ai, par ailleurs, entendu que cette même noble avait commencé à investir dans l'agriculture du pays. Je me suis dit que c'était à creuser, dès fois qu'elle accepterait, plus tard, de nous aider à cultiver notre came directement en Amarantie.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : J'ai l'impression que les courants majoritaires parmis les nobles favorisent nos affaires.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : C'est aussi ce que je me suis dit. Pourvu que ça dure...[/justify]

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11:00
[url=http://www.youtube.com/watch?v=7JeJqeqNMKA]Musique (toujours la même)[/url]

[center][img]http://www.dimensionsinfo.com/wp-content/uploads/2010/07/Dimension-of-a-Storage-Room.jpg[/img][/center]

[justify]Blaise était de retour à la boutique Smokeed.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Salut, Luc. Nos gars sont arrivés.[/justify]
[justify]Luc Tessier : Ils sont avec Marco, à l'arrière de la boutique. Attends, je vais t'ouvrir.[/justify]
[justify]Luc quitta la caisse derrière laquelle il était posté et extirpa de sa chemise le trousseau suspendu autour de son cou. Il fouilla un instant parmis les clés avant d'en insérer une dans la serrure de la porte qui donnait accès à l'arrière-boutique, après avoir jeté un bref coup d’œil par-dessus son épaule, par précaution inutile. Marc Aubert était en compagnie d'une douzaine de dealers dans la salle de stockage.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : L'équipe est au complet ?[/justify]
[justify]Marc Aubert : Il me semble.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Parfait. Bon, les gars, si vous avez pris la peine de venir ici, c'est que vous êtes des gagnants. Si vous avez pris la peine de venir ici, c'est que vous avez compris qu'il n'y a plus d'avenir dans cette ville que pour ceux qui se donnent les moyens de gravir des échelons en s'associant à une organisation puissante et organisée qui les protègera : la nôtre. Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est qu'il vous suffira de passer ici chaque matin pour prendre votre came, puis de revenir le soir pour nous donner la moitié du fric que vous en avez tiré.
Ici, on est comme une famille, et les règles sont simples.
Numéro un : Pas de secret dans la famille. On veut savoir absolument avec qui vous bossez et à qui vous vendez. Rien ne doit nous échapper.
Numéro deux : On n'a qu'une seule famille. Dorénavant, vous bosserez pour nous, et seulement pour nous. Celui qui sera pris en train de revendre de la came pour le compte de quelqu'un d'autre ou pour le sien propre en subira les conséquences.
Numéro trois : On prend soin de sa famille. Dès que vous sentez que quelqu'un met en danger la famille, ou au contraire que quelque chose pourrait nous permettre de faire plus de pognon, vous êtes tenus de nous prévenir le plus vite possible.
Enfin, sachez bien ceci : La famille, c'est peut-être sacré, mais on n'est pas des cathos non plus. Si l'un d'entre vous transgresse l'une de ces trois règles, il n'aura pas de seconde chance, compris ?[/justify]
[justify]L'assemblée acquiesça fébrilement.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Bon, comme je vous l'ai dit, on prend soin de notre famille. Si vous avez des problèmes, vous pourrez compter sur nous. Histoire de vous montrer notre affection, voilà un cadeau de bienvenue.[/justify]
[justify]Marc Aubert ouvrit une caisse face aux dealers. Après avoir soulevé les quelques sachets de cannabis qui recouvraient le dessus, il dévoila une vingtaine d'armes de poing disposées en vrac.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Comme ça, si quelqu'un vous embête, vous aurez de quoi tenir en attendant qu'on arrive. Allez, au boulot tout le monde. Et que Lucifer veille sur vous.[/justify]

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15:00

[justify]Debout sur le trottoir, Blaise baissa un instant ses lunettes de soleil pour contempler l'enseigne de la boutique face à laquelle il se trouvait. Des néons, difficilement visibles sous les rayons éclatants du soleil, dessinaient les lettres qui formaient le nom de l'établissement, Weed Store. Accompagné par Marc Aubert, le caïd de la mafia algarbienne franchit l'entrée du magasin, situé dans une ruelle peu fréquentée de la capitale movopolitaine.[/justify]
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/04/170404052659170493.png[/img][/center]

[justify]Tenancier : Bonjour messieurs.[/justify]
[justify]Assis derrière le comptoir, le propriétaire des lieux semblait être en train de faire ses comptes.[/justify]
[justify]Tenancier : Vous cherchez quelque chose de particulier ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : À vrai dire, nous ne venons pas pour acheter quoi que ce soit, mais plutôt pour vous faire une proposition commerciale.[/justify]
[justify]Tenancier : Voyons donc, celle-là on ne me la fait pas souvent.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Je suis le gérant d'un commerce de stupéfiants qui vient tout juste d'ouvrir ses portes à Movopolis. Smokeed, vous connaissez ?[/justify]
[justify]Tenancier : Vaguement. C'est le truc de l'autre noble, là, rue de la Ligue ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Tout juste. Je viens vous proposer de faire passer vous même votre commerce sous l'enseigne Smokeed. Cela vous permettra d'avoir accès à d'importantes livraisons de marchandise algarbienne à bas coût. Nous ne vous demandons, en contrepartie, que de reverser vingt pourcent de votre chiffre d'affaires à la maison mère, une bien modeste somme en comparaison des bénéfices que votre incorporation vous permettra de réaliser. Nous pourrions par ailleurs vous demander de faciliter le stockage et la vente de produits stupéfiants sortant du domaine légal dans vos locaux.[/justify]
[justify]Tenancier : Si je comprends bien, non seulement vous me demandez de vous remettre vingt pourcent de mon chiffre d'affaires, mais en plus il faudrait que je fasse passer de la came qui me coûterait bien plus que sa valeur si les flics de pinçaient avec ! Mais vous êtes qui, bon sang ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Nous ne sommes pas n'importe qui, justement. Si vous veniez à refuser notre protection, je crains que nul ne soit à même de garantir votre sécurité face aux dangers qui guettent votre commerce.[/justify]
[justify]Tenancier : Bordel, mais de quoi vous me parlez ?[/justify]
[justify]Marc brandit soudainement un pistolet hors de sa veste et tira sur une étagère, causant l'éclatement d'un bocal de verre et le déversement de son contenu sur le sol.[/justify]
[justify]Tenancier : Merde, ma came ![/justify]
[justify]Blaise déposa sa carte sur le comptoir.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Je ne suis pas certain de pouvoir l'empêcher de faire davantage de dégâts la prochaine fois. Ce serait bien dommage, vous avez une très charmante boutique. Je vous laisse vingt-quatre heures pour me rappeler à ce numéro. Passé ce délai...[/justify]
[justify]Il commença à se diriger vers la sortie, suivi par Blaise. Une fois parvenu face à la forte, il fit volte-face et enleva ses lunettes de soleil.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Oh, j'oubliais. Il est inutile de prévenir qui que ce soit, ou même de partir. On vous retrouvera toujours, où que vous alliez.[/justify]
Il remit ses lunettes de soleil et passa la porte avant de disparaitre dans la ruelle voisine.

Posté : mer. avr. 05, 2017 9:29 pm
par Gwenael
Jour 5 : Complication

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10:00

[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/05/17040510205157294.png[/img][/center]

[justify]Alors que Blaise Roussin s'apprêtait quitter la boutique principale de Smokeed, Luc Tessier, posté à la caisse, l'interpella.[/justify]
[justify]Luc Tessier : Monsieur Roussin ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Qu'est-ce qu'il y a ?[/justify]
[justify]Luc Tessier : Il faut que je vous parle.[/justify]
[justify]Blaise se rapprocha du comptoir afin d'écouter ce que son associé avait à lui dire.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Je t'écoute.[/justify]
[justify]Luc Tessier : Voilà... Le transport de la came depuis l'Algarbe par bateau commence à nous coûter de plus en plus cher. Ce n'est pas vraiment le coût du transport qui est gênant, mais il y a des à-côtés...[/justify]
[justify]Blaise Roussin : C'est-à-dire ?[/justify]
[justify]Luc Tessier : Eh bien, il arrive parfois que des inspecteurs du service douanier de la Principauté viennent inspecter la cale, et ils ont déjà découvert nos cargaisons illicites à plusieurs reprises. Fort heureusement pour nous, les gens d'ici ne sont pas vraiment d'un naturel scrupuleux, donc on a toujours pu s'en sortir en glissant quelques billets. Seulement, maintenant, les inspecteurs sont au taquet et scrutent l'arrivée de nos cargaisons pour les contrôler systématiquement et toucher des pots de vin. Et je ne vous parle même pas des capitaines de la compagnie de transport AMAR, qui nous demandent de payer des surplus de plus en plus élevés pour compenser les risques qu'ils prennent en acheminant notre came jusqu'ici...[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Je vois. Qu'est-ce que tu suggérerais ?[/justify]
[justify]Luc Tessier : Je ne vois pas trop quoi faire, mis à part baisser les parts de nos dealers, ou vendre notre came plus cher.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Les deux seraient inacceptables. Si nos dealers étaient moins payés, ils risqueraient d'aller voir ailleurs, et si nous augmentions les prix, nous risquerions de ne plus être en mesure de faire concurrence aux revendeurs locaux...[/justify]
[justify]Luc Tessier : Dans ce cas, le problème est sans fin. Après tout, ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça d'essayer de se développer en Dytolie.[/justify]
[justify]Un bref silence s'installa, alors que Blaise était plongé dans une réflexion intense.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : J'ai peut-être une solution... Enfin, à vrai dire, c'est le patron qui l'a. Continuez de faire comme vous faisiez jusqu'à présent. Je vais m'occuper de ça avec lui...[/justify]
[justify]Blaise Roussin mit ses lunettes de soleil et quitta la boutique.[/justify]

[hr][/hr]
10:30

[center][img]https://d2v9y0dukr6mq2.cloudfront.net/video/thumbnail/Sf5P8PTin0n4yu1/sports-car-driving-up-to-mansion_riqls2q__S0000.jpg[/img][/center]

[justify]Blaise, debout face à la porte d'entrée de la villa d'Eric Bertaud, pressa le bouton de la sonnette. Le baron vint lui ouvrir au bout de quelques secondes.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Ah, Blaise, ça faisait un moment. Vas-y, entre.[/justify]
[justify]Il avança de quelques pas avant d'enlever ses lunettes de soleil.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Dis moi, il fait drôlement chaud, ici.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : C'est encore Mélissa qui va nous foutre le feu avec ses brasiers à la con. Éteins ça, je t'ai dit ![/justify]
[justify]La femme du mafioso était assise à la table du salon, les mains positionnées à plat au-dessus d'un brasero posé devant elle. Elle répondit à son mari en gardant les yeux fermés.[/justify]
[justify]Mélissa Bertaud : On n’éteint pas un feu sacré, chéri. Il faut attendre qu'il ait fini de se consumer.[/justify]
[justify]Eric, visiblement agacé, saisit un vase qui se trouvait sur la table, et en vida le contenu sur les flammes, qui s'éteignirent aussitôt. Mélissa Bertaud rouvrit les yeux, et regarda son brasero éteint avec horreur.[/justify]
[justify]Mélissa Bertaud : Mais tu es fou ! Lucifer ne te pardonnera jamais ce que tu viens de faire ![/justify]
[justify]Eric Bertaud : La prochaine fois, tu iras faire tes conneries ailleurs que dans le salon ![/justify]
[justify]Mélissa, furieuse, se leva d'un bond et quitta la pièce, son brasero à la main.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Elle commence à me les briser avec ses rituels de mes deux.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Elle a pourtant raison, Eric. Le feu, c'est sacré.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi ? Si je suis venu dans ce pays de tantouzes, ce n'est pas pour entendre ce genre de conneries ! Enfin bref, assieds-toi. De quoi voulais-tu me parler ?[/justify]
[justify]Blaise fit part au baron des difficultés que lui avait exposés Luc Tessier.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Du coup, je me suis dit qu'il était peut-être temps que tu cherches à t'arranger avec a Vonalyenne dont tu m'as parlé. Si elle avait des parts dans des exploitations sur lesquelles elle acceptait de nous laisser cultiver du pavot, ça nous éviterait de nombreux frais de transport entre l'Algarbe et la Dytolie, en plus d'améliorer notre rendement de manière non négligeable. Les seules terres sur lesquelles nous pouvons cultiver le pavot en Algarbe sont effet situées dans la région de Belphore, où règne un micro-climat favorable. Le climat dytolien, en revanche, même s'il est loin d'être optimal en Amarantie, est déjà plus adapté.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : De toute manière, je ne pense pas que l'on ai réellement d'autre choix. Cependant, la situation actuelle pourrait nous être favorable sous certain points. Ces douaniers, qui essayent toujours de nous coincer dans le port de Movopolis : s'ils ont déjà un pied dans la tambouille, on peut penser qu'il serait facile de les corrompre davantage. Pourquoi ne pas en profiter pour former un premier réseau au sein de la police ? Cela pourrait grandement faciliter nos affaires.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Je n'y avais pas pensé. Je prendrai l'avion pour Mélogne cet après-midi, et je tâcherai de voyager sur le prochain bateau de livraison, histoire de rencontrer moi-même les douaniers au prochain contrôle.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Excellent. N'oublie pas de me tenir au courant.[/justify]

Posté : ven. avr. 07, 2017 1:38 am
par Gwenael
Jour 12 : Infiltration
[url=http://www.youtube.com/watch?v=7JeJqeqNMKA]Musique[/url]

[hr][/hr]
07:30

[center][img]https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/originals/3b/ec/68/3bec684ddfe94c90bec5382c31560490.jpg[/img][/center]

[justify]Un navire de transport venait de s'amarrer dans le port de Movopolis. Portant sur son flan le sigle d'Amaranta Martransporto, le cargo transportait à son bord plusieurs tonnes de cannabis, ainsi que d'importantes quantités d'armes et de stupéfiants divers, dont la consommation et la vente étaient prohibées sur le sol de la Principauté. Sur le pont du navire, Blaise Roussin attendait patiemment l'arrivée des douaniers movopolitains. Son attente fut de courte durée : un duo de policiers avait en effet pointé son nez presque immédiatement après l'abaissement du ponton.[/justify]
[justify]Douanier 1 : Police des douanes. Nous vous demandons de bien vouloir nous présenter votre marchandise pour une inspection.[/justify]

[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/02/170402035935364029.png[/img]
Blaise Roussin[/center]

[justify]Blaise Roussin : Bien entendu, je vous attendais justement. Suivez-moi, je vais vous conduire jusqu'à la cale.[/justify]
[justify]Blaise adressa un bref clin d’œil au douanier, lequel, interloqué, se tourna vers son collègue. Ce dernier, qui paraissait nerveux, ne réagit pas.
Quelques minutes plus tard, les trois hommes se trouvaient dans la cale du navire, rejoints par Marc Aubert qui s'était rendu sur les lieux sur ordre de Blaise.
[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Bon, à présent que nous sommes entre nous, je peux vous montrer ce que vous êtes venus chercher.[/justify]
[justify]Il souleva une bâche, dévoilant aux deux douaniers une pile de fuslils HK-44.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Alors, on procède comme d'habitude ?[/justify]
[justify]Le premier douanier prit un air ahuri, tandis que le second tentait désespérément d'attirer l'attention de Blaise depuis plusieurs minutes en lui faisant des signes de tête.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Qu'est-ce qu'il y a ?[/justify]
[justify]Douanier 1 : Enfin, mais vous êtes fou, Monsieur ? En huit ans de carrière, je n'ai jamais vu ça ! Non seulement vous acheminez des armes de guerre illégalement sur le territoire movopolitain, mais en plus vous nous les montrez comme si c'était normal.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Comment ça, vous n'êtes pas au courant ?[/justify]
[justify]Douanier 1 : Au courant de quoi ?[/justify]
[justify]Son coéquipier lui agrippa fermement le bras.[/justify]
[justify]Douanier 2 : Enfin, réfléchis, Nikos ! On ne gagnera rien à arrêter ces types ! Alors que si on les fait payer, ça peut nous rapporter gros ![/justify]
[justify]Douanier 1 : Ah, je vois. Alors tu es de mèche avec eux, c'est ça ? Je comprends mieux à présent pourquoi tu tenais absolument à ce qu'on inspecte ce bateau. Crois-moi, cette histoire ira très loin ! Des têtes vont tom...[/justify]
[justify]Le douanier n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Blaise avait dégainé le pistolet caché derrière son pantalon et abattu le policier d'une balle dans l’œil. Son coéquipier, choqué, fit trois pas en arrière.[/justify]
[justify]Douanier 2 : Mais qu'avez-vous fait ? Vous venez d'abattre cet homme ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Que vouliez-vous que je fasse ? Il allait nous balancer ! Vous aviez envie d'aller en taule ?[/justify]
[justify]Douanier 2 : Non, mais... mais c'est pire, maintenant. Si quelqu'un le trouve, on est foutus ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Pas de panique, d'accord ? On est des pros, nous. Vous pouvez être assuré qu'on fasse en sorte que personne ne puisse jamais remettre la main dessus. De votre côté, vous n'aurez qu'à dire que votre coéquipier ne s'est pas présenté ce matin, et il sera simplement porté disparu.[/justify]
[justify]Douanier 2 : Ça peut marcher, d'autant plus qu'il venait tout juste d'être affecté à ce poste. C'est d'ailleurs pour ça que je n'ai pas eu le temps de vous prévenir.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Ça n'a plus d'importance, maintenant. Aidez-nous plutôt à charger le corps dans le coffre de notre bagnole. Marco, chope la bâche.[/justify]
[justify]Un instant plus tard, les trois hommes étaient sur le parking du port, portant ensemble le cadavre du douanier enveloppé dans une bâche en plastique. Par chance, le soleil n'avait pas encore fini de se lever, et les opérations purent se dérouler dans une relative pénombre. Après avoir refermé le coffre du véhicule, Blaise, Marc et le douanier, baptisé Georgios, prirent place à son bord.[/justify]
[justify]Georgios Théotokis : Où est-ce que vous nous conduisez ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Surprise. Direction la Rue du Plan.[/justify]

[hr][/hr]
08:30

[justify]La petite ruelle baptisée Rue du Plan était particulièrement sombre, les rayons du soleil étant masqués par les bâtiment étroitement rapprochés. La voiture des mafiosi qui y était stationnée avait tout juste la place de s'y faufiler. Blaise quitta le véhicule en prenant garde à ne pas rayer la portière en la frottant contre un mur. Il s'approcha d'une maison sur laquelle était accrochée une vieille plaque abimée, dont l'inscription était difficilement lisible. Il dut sonner plusieurs fois avant que l'interphone commence à grésiller. La voix d'un homme mal réveillé se fit entendre.[/justify]
[justify]Interphone : Ouais... c'est qui ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : C'est la Famille.[/justify]
[justify]Interphone : Ah, ouais... C'est bon, je vous ouvre.[/justify]
[justify]Le portail automatique commença à s'ouvrir. Blaise Roussin se remit au volant du véhicule et pénétra dans la cour. Un homme chauve, vêtu d'un pyjama sur lequel il avait rapidement passé une blouse de médecin, vint l'accueillir.[/justify]

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/07/170407032510721481.png[/img]
Docteur Yankanis[/center]

[justify]Docteur Yankanis : Vous passez drôlement tôt, dîtes-donc. J'espère que vous m'amenez quelque chose d'intéressant.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Voyez par vous-même.[/justify]
[justify]Blaise ouvrit le coffre et souleva légèrement la bâche, dévoilant le cadavre du douanier au Docteur Yankanis.[/justify]
[justify]Docteur Yankanis : Oh, il a reçu une balle dans l’œil. C'est dommage, les yeux se vendent plutôt bien en ce moment... À part ça, pas de problème foie, de calcul rénal ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Je ne sais pas. On n'a pas vraiment eu le temps de faire connaissance.[/justify]
[justify]Docteur Yankanis : Je vois. Ce n'est pas bien grave, après tout. Je veux bien vous donner, disons... deux mille lires ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Ça me va très bien.[/justify]
[justify]Blaise aida le Docteur Yankanis à transporter le cadavre de la voiture à une salle située à l'arrière de son cabinet médical, où étaient entreposés quelques autres corps, dépouillés de leurs précieux organes. Le médecin sortit une liasse dont il compta rapidement les billets, avant de la tendre à Blaise.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Voilà pour vous.[/justify]
[justify]Le mafioso reprit place à bord de son véhicule et partagea la somme avec ses deux compagnons. Il tendit une liasse de cinq cent lires à Marc Aubert, et une autre à Georgios, en lui adressant quelques mots.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Bienvenue dans la Famille.[/justify]

Posté : sam. avr. 08, 2017 10:27 pm
par Gwenael
Jour 20 : Complications

[hr][/hr]
15:00

[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/02/170402035935364029.png[/img]
Blaise Roussin[/center]

[justify]Adossé au comptoir de la boutique Smokeed de la Rue de la Ligue, Blaise Roussin était en pleine conversation téléphonique.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Une enquête, tu en es sûr ? Non, écoute, ce n'est pas la peine de flipper, Georgios.
Georgios, calme-toi, putain ! Il suffira de faire en sorte de pas se faire chopper, juste le temps que le patron trouve une solution pour s'approvisionner directement en Amarantie. De ton côté, on compte sur toi pour faire en sorte que les douaniers arrêtent de fouiller nos cales quelques temps. Il te suffira de dire aux nouveaux de faire confiance à ton expérience... T'inquiète, tu auras ta thune, de toute façon !
Et surtout, n'oublie pas le reste du plan... Le patron en personne compte sur toi. Allez, je te laisse.[/justify]
[justify]Blaise raccrocha. Luc Tessier se trouvait de l'autre côté du comptoir.[/justify]
[justify]Luc Tessier : Un problème ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Les flics ont ouvert une enquête. Ils en avaient marre de voir leurs douaniers disparaître.[/justify]
[justify]Luc Tessier : Tu m'étonnes... Je vous avait dit que ça allait péter.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Ouais... Mais ce n'est pas si grave. Si le patron réussit à faire en sorte qu'on produise notre came directement en Amarantie, on devrait avoir beaucoup moins de problèmes à la douane. En attendant, essaye de voir si il y a moyen qu'on reçoive notre approvisionnement dans un autre port de la Principauté. Au pire, on fera une partie du trajet en camion, mais ça nous permettra d'être plus safe.[/justify]
[justify]Luc Tessier : Bonne idée. Je vais voir ce que je peux faire.[/justify]
[justify]Blaise sortit ses lunettes de soleil de sa poche pour les poser sur son nez. Il prit ensuite la direction de la sortie. Cependant, il dut faire marche arrière aussitôt après avoir entrouvert la porte de la boutique. Couvert d’œufs et de farine, il retira ses lunettes et saisit son téléphone.[/justify]
[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/285888smokeed.jpg[/img][/center]
[justify]Blaise Roussin : Enculés de manifestants ! Allô, Eric ? Je crois qu'il va falloir faire quelque chose pour les manifestations. On n'a rien vendu depuis deux jours ![/justify]
[justify]Eric Bertaud : Je sais bien, mais qu'est-ce que j'y peux, moi ? Cette bande de cons se plaint que est en train de bouffer ses concurrents sur le marché movopolitains. Mais est-ce que c'est de ma faute si on est meilleurs ? Je ne vais quand même pas fermer la boutique qui vend le plus de weed dans cette ville, tout ça pour faire plaisir aux manifestants ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Ben je ne sais pas, moi. Ils demandent quoi ?[/justify]
[justify]Eric Bertaud : Mais je ne sais pas ! C'est ça le pire, ils ne demandent rien. Ils veulent juste me faire chier ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : En tout cas, il va falloir trouver une solution rapidement. Si ça continue, la situation risque de ne plus être tenable.[/justify]
[justify]Eric Bertaud : D'accord, je vais essayer de voir ce qu'ils veulent.[/justify]

[hr][/hr]
20:00

[url=https://www.youtube.com/watch?v=_xABEpnkht8]Musique[/url]

[justify]Blaise Roussin était finalement parvenu à quitter le magasin de cannabis en passant par la porte de derrière. Il avait du passer chez lui afin d'enfiler un costume propre, mais avait repris le volant aussitôt. Une livraison importante l'attendait en effet sur la Place San Cristobal, dans le nord de la ville. Garé sur la place, Blaise alluma un briquet et passa sa main au-dessus de la flamme afin d'en sentir la chaleur. L'affaire qu'il s'apprêtait à conclure était particulière, le client n'étant autre que le Père Pavlos, qui administrait sa paroisse depuis l'église de San Cristobal. Peu au fait des caractéristiques des différents courants du christianisme, le mafioso luciférien ignorait si son client était catholique, protestant ou orthodoxe. Mais cela importait bien peu, tant qu'il payait.
Blaise Roussin éteignit son briquet et donna un coup de klaxon, comme cela avait été convenu auparavant avec le Père Pavlos. Sitôt après, le prêtre franchit la porte de l'église et courut jusqu'à la voiture. Il s'arrêta net et jeta un coup d’œil autour de lui afin de s'assurer que personne ne l'observait, avant de se pencher sur la fenêtre du conducteur.
[/justify]

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/08/170408115158355590.png[/img][/center]

[justify]Père Pavlos : Alors, vous l'avez ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin sortit du véhicule et s'approcha du coffre pour l'ouvrir. Le prêtre movopolitain, partagé entre l'excitation et l'anxiété, ne cessait de regarder autour de lui, tout en riant nerveusement. Peu avant que le coffre soit ouvert, il tapa des mains.[/justify]
[justify]Père Pavlos : Oh la la, je suis tout excité.[/justify]
[justify]En ouvrant le coffre de la voiture, Blaise dévoila un enfant kalunais de cinq ans allongé sur le côté. Un baillon recouvrait sa bouche et ses mains étaient liées dans son dos par une lourde chaîne. Le Père Pavlos afficha un air ravi en le voyant.[/justify]
[justify]Père Pavlos : Oh, comme il est mignon ! Allons l'installer dans le sous-sol du presbytère.[/justify]
[justify]Le Luciférien prit l'enfant dans ses bras et suivit le prêtre, qui le conduisit jusqu'à son presbytère. Une fois à l'intérieur, le clerc fit glisser une lourde armoire le long d'un mur - non sans difficulté - laissant apparaître une porte de bois, recouverte par de multiples toiles d'araignée. Il souleva le loquet et fit pivoter la porte dans un grincement sourd, dévoilant un escalier sombre qui s'enfonçait dans le sol. Le Père Pavlos alluma une lampe-torche et commença à s'enfoncer dans l'étroit passage.[/justify]
[justify]Père Pavlos : Suivez-moi.[/justify]
[justify]Après avoir descendu une vingtaine de marches, les deux hommes parvinrent dans une pièce encore plus sombre que l'escalier, éclairée seulement par la lampe du prêtre et les faibles rayons issus des lampadaires qui parvenaient à se faufiler à travers une petite ouverture située au niveau du plafond et qui donnait sur la rue. Le sol était recouvert de terre et on pouvait entendre des rats gambader dans les coins les moins éclairés.[/justify]
[justify]Père Pavlos : Attachez-le là.[/justify]
[justify]Blaise Roussin s'exécuta et attacha la chaîne à un anneau de métal qui dépassait du mur.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : C'est le moment de payer.[/justify]
[justify]Père Pavlos : Bien entendu.[/justify]
[justify]Le Père Pavlos sortit une liasse de billets d'une sacoche qui pendait sur son flanc.[/justify]
[justify]Père Pavlos : Cela peut paraitre peu chrétien, mais j'ai réellement de quelqu'un qui m'aide au presbytère. Les tâches à accomplir sont nombreuses, et les mains d'un enfant sont tellement plus petites, précises, expertes...
Mon enfant, toi et moi avons un programme particulièrement chargé ce soir.[/justify]
[justify]Le mafioso dévisagea le prêtre, qui ne quittait pas l'enfant des yeux. Baissant un peu davantage le regard, Blaise constata que l'ampleur de sa soutane de suffisait pas à masquer son érection.

Préférant ne pas rester ici plus longtemps, il retourna sur la place et s'installa au volant de sa voiture. Il resta là un moment, plongé dans une profonde réflexion. Pour la première fois depuis plusieurs années, Blaise avait des remords. Il hésita sérieusement, entre le fait quitter les lieux et reprendre ses activités habituelles, et celui de retourner rapidement là d'où il venait pour tuer ce prêtre qui le répugnait, et sauver le pauvre enfant des sévices qui l'attendaient.
Finalement, il prit une profonde inspiration, suivie d'une expiration plus longue encore, puis mis le contact et démarra en trombe. Il ne fallait pas qu'il y retourne, il ne le fallait pas...
[/justify]

Posté : mar. avr. 11, 2017 6:04 pm
par Gwenael
Jour 25 : Frictions
[url=http://www.youtube.com/watch?v=7JeJqeqNMKA]Musique[/url]

[hr][/hr]
08:00

[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/02/170402035935364029.png[/img]
Blaise Roussin[/center]

[justify]Alors que Blaise Roussin faisait ses comptes derrière le comptoir du magasin principal de Smokeed, il fut interrompu par Marc Aubert, qui entra précipitamment dans la boutique.[/justify]
[justify]Marc Aubert : Monsieur Roussin ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Qu'est-ce qu'il y a ?[/justify]
[justify]Marc Aubert : On a eu un problème au port. L'un de nos conteneurs a été volé pendant que l'on déchargeait le bateau, et remplacé par un autre contenant un tas de cadavres.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?[/justify]
[justify]Marc Aubert : C'est pourtant vrai. Vous devriez venir voir.[/justify]
[justify]Blaise quitta la boutique et monta à bord de la voiture de Marc Aubert.[/justify]

[hr][/hr]
08:30

[justify]Parvenu sur les lieux, les deux mafiosi ouvrirent la porte du conteneur. Blaise retint le haut-le-cœur qui lui vint en voyant les cadavres à moitié décomposés qui jonchaient le sol.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Putain, mais c'est qui, tous ces Noichs ?[/justify]
[justify]Entre les cadavres, une boîte à musique jouait une mélodie qui contrastait avec le spectacle auquel les deux Lucifériens assistaient. Blaise Roussin donna un violent coup de pied dans l'objet. Celui-ci se brisa en plusieurs morceaux qui roulèrent entre les corps sans vie des marins kaiyuanais.[/justify]
[justify]Marc Aubert : Qu'est-ce qu'on va faire d'eux ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Comme d'habitude, tu les amènes au Docteur Yankanis.[/justify]
[justify]Marc Aubert : Peu de chance qu'il en veuille, dans cet état...[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Ça vaut toujours la peine d'essayer. Si c'est le cas, tu les charges dans le prochain bateau et tu t'en débarrasses une fois au large.[/justify]
[justify]Le téléphone portable de Blaise sonna.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Allô ?[/justify]
[justify]Luc Tessier : C'est Luc, Monsieur. Je crois que j'ai trouvé quelque chose à propos du conteneur. Vous devriez passer au magasin.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Encore ? Décidément, c'est la journée des aller-retours.[/justify]

[hr][/hr]
09:00

[justify]De retour à la boutique principale de Smokeed, Blaise alla voir Luc Tessier. Celui-ci était derrière son ordinateur.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Qu'est-ce que tu as trouvé ?[/justify]
[justify]Luc Tessier : Une vidéo mise en ligne sur une plate-forme des Corpos. On y voit notre conteneur en train d'être dérobé par des dockers dans le port de Movopolis.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Effectivement. Ça veut dire que c'est l'administration du port qui nous a fait ce coup ?[/justify]
[justify]Luc Tessier : Ca m'en a tout l'air.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Les enfoirés.[/justify]
[justify]Luc Tessier : Monsieur, qu'y avait-il dans le conteneur ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Surtout de la weed. Mais, d'après Marco, il devait aussi y avoir un peu d'héro. Attends-moi ici, je retourne au port pour tirer ça au clair.[/justify]

[hr][/hr]
09:30

[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/11/170411072836633808.png[/img]
Yanni Nikolaos, responsable du port de Movopolis[/center]

[justify]Blaise Roussin entra en trombe dans le bureau du responsable du port de Movopolis.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : J'ai besoin d'une explication ![/justify]
[justify]Yanni Nikolaos : Qui vous a permis d'entrer dans mon bureau ?[/justify]
[justify]Blaise posa s'appuya sur le bureau et se pencha très près du visage de son interlocuteur, si bien que celui rentra dans son fauteuil.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Moi-même. Expliquez-moi comment cela se fait-il que vos dockers dérobent mes cargaisons ?[/justify]
[justify]Yanni Nikolaos : Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Inutile d'essayer de le dissimuler. Vos employés se sont même amusés à se filmer en train de me voler.[/justify]
[justify]Yanni Nikolaos : Écoutez, si ce que vous dites est vrai, je n'en suis absolument pas responsable. Depuis un certain temps, mes dockers n'en font qu'à leur tête. Ils ne travaillent plus et présentent des revendications inacceptables, sous l'influence de leur "Syndicat". Je ne sais pas grand chose de cette organisation, si ce n'est qu'elle me cause énormément de tort, et que le comportement de ses membres, y compris mes employés, se rapproche de plus en plus du sectarisme. Peu à peu, je commence à ressentir de la crainte en marchant parmis eux sur le quai ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Et vous avez raison. Le conteneur par lequel ils ont remplacé le nôtre était rempli de cadavres.[/justify]
[justify]Yanni Nikolaos : J'en étais sûr. Je savais bien que ces activités louches avaient un lien avec la disparition des douaniers sur le port.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Oui... c'est sûrement cela...[/justify]
[justify]Yanni Nikolaos : Il faut absolument que je prévienne la police.[/justify]
[justify]Nikolaos décrocha son téléphone et commença à saisir le numéro, avant d'être interrompu par Blaise qui posa sa main sur la sienne, le forçant à raccrocher.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Inutile. Ce ne sont pas eux qui vous protègeront. Vous savez bien ce que vaut la police dans cette ville...[/justify]
[justify]Yanni Nikolaos : Mais alors, qui peut m'aider ?[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Nous, nous le pouvons. Je travaille pour l'un des membres du Conseil Nobiliaire. Moi et mon organisation avons largement les moyens d'assurer votre protection. En échange de celle-ci, nous vous demanderons juste de ne pas mêler la police à cela, et de nous aider à faire tomber ce Syndicat.[/justify]
[justify]Yanni Nikolaos : Je crois que je n'ai pas vraiment le choix. D'autant plus que la chute du Syndicat irait plutôt dans mon intérêt.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Parfait. Pour commencer, vous allez me montrer où se trouvent leurs locaux.[/justify]

[hr][/hr]
15:00

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/04/170404052659170493.png[/img][/center]

[justify]Comme on aurait pu s'y attendre, le Docteur Yankanis avait refusé de récupérer les cadavres des Kaiyuanais qui gisaient dans le conteneur situé sur le port. Marc Aubert allait donc devoir se rendre le bateau faisant route vers l'Algarbe le lendemain pour jeter le conteneur à la mer lui-même. En attendant, il accompagnait Blaise Roussin dans l'un des magasins movopolitains passés sous l'enseigne Smokeed, et qui venait de faire sécession vis-à-vis de la firme.
Le tenancier était à plat ventre sur son comptoir, immobilisé par la clef-de-bras que lui faisait Marc. À ses côtés, Blaise Roussin hurlait dans l'oreille du commerçant en lui montrant un bocal rempli de cannabis.
[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Qui t'a filé cette came, sale merdeux ? Réponds ![/justify]
[justify]Tenancier : Je... je ne sais pas qui ils sont ![/justify]
[justify]Blaise Roussin : Bien sûr que si tu le sais.[/justify]
[justify]Blaise fit un signe de tête à Marc. Celui-ci lâcha aussitôt le tenancier, brandit une batte de baseball, et commença à briser tous les bocaux qui se trouvaient sur les étagères du magasin.[/justify]
[justify]Tenancier : Arrêtez, arrêtez, je vais tout vous dire.[/justify]
[justify]Blaise Roussin lui asséna un coup de poing dans le visage et le saisit par le col.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Allez, cause ![/justify]
[justify]Ils... ils se font appeler le Syndicat. J'ignore qui ils sont vraiment, mais je sais juste qu'ils travaillent pour un baron, je ne sais pas lequel. Pitié... ne me tuez pas.[/justify]
[justify]Blaise Roussin lâcha l'homme qui s'écroula sur le sol.[/justify]
[justify]Blaise Roussin : Encore le Syndicat, les enfoirés. Allez, on s'arrache.[/justify]
[justify]Marc Aubert infligea au tenancier un dernier coup de pied.[/justify]
[justify]Marc Aubert : Toi, tu as intérêt à te présenter demain matin à la centrale pour prendre ta came. Sinon, on te bute.[/justify]
[justify]Les deux mafiosi quittèrent la boutique, laissant le commerçant allongé sur le sol, au milieu des locaux brisés.[/justify]

Posté : sam. juin 10, 2017 6:32 pm
par Gwenael
Rencontre au sommet

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11:00

[center][img]https://d2v9y0dukr6mq2.cloudfront.net/video/thumbnail/Sf5P8PTin0n4yu1/sports-car-driving-up-to-mansion_riqls2q__S0000.jpg[/img][/center]

[justify]Assis derrière son bureau, Eric Bertaud consultait les derniers rapports qui lui étaient parvenus concernant ses affaires de narcotrafic. Les nouvelles n'étaient pas particulièrement bonnes : le blocus aminien avait rendu plus difficile l'approvisionnement depuis l'Algarbe, alors même que le Syndicat obtenait des parts de plus en plus importantes du commerce de drogue movopolitain. Cependant, le baron mettait beaucoup d'espoir dans l'accord qu'il venait de passer avec Ottilia Renarde-de-Feu, qui allait peut-être lui permettre de devenir beaucoup moins dépendant du transport maritime. Par ailleurs, les troubles que causait le Syndicat dans le port du Movopolis arrangeaient bien ses affaires, du fait de l'effondrement des tarifs. En effet, la Famille, désormais assez influente en Amarantie pour pouvoir s'offrir la protection de gardes armés, avait décidé de continuer de décharger ses navires dans la capitale.

Le crissement provoqué par le passage d'une voiture dans la cour de sa résidence sortit Eric Bertaud de sa réflexion. Le mafioso algarbien jeta un regard discret par la fenêtre afin de vérifier que son invité était bien arrivé, avant de quitter la pièce pour aller l'accueillir sur le perron. Il se frotta les mains à l'idée de ce que signifiait cette entrevue. Si son invité acceptait effectivement sa proposition, Eric Bertaud n'aurait pu à se soucier ni de la police movopolitaine, ni même du Syndicat, dont les actions se retrouveraient profondément entravées. En effet, les contacts que son bras droit entretenait avec certains membres de la police movopolitaine, notamment le douanier Georgios Théotokis, lui avaient permis d'approcher le préfet de police de la capitale, qu'il s'apprêtait à recevoir dans sa résidence.

Le baron sortit pour aller l'accueillir devant l'entrée.
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[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/08/08/170808010926687125.png[/img]
Kyrillos Vasilakis, Préfet de Police de Movopolis[/center]

Kyrillos Vasilakis : Enchanté de vous rencontrer enfin, Monsieur le Baron.

Eric Bertaud : Tout le plaisir est pour moi.

Kyrillos Vasilakis : Je dois vous avouer que j'ignore de quoi nous nous apprêtons à parler. On m'a seulement dit que vous aviez une proposition intéressante à me faire, sans me préciser de quoi il s'agissait.

Eric Bertaud : Je suis certain que vous ne serez pas déçu. En tout cas, je vous remercie d'avoir répondu positivement à mon invitation. Si vous voulez bien me suivre...

Le baron conduisit Kyrillos Vasilakis à son bureau et l'invita à s'asseoir, avant de lui servir à boire.

Kyrillos Vasilakis : Je vous écoute.

Eric Bertaud : En fait, je souhaiterais vous écouter d'abord. Que savez-vous de mes activités en Amarantie ?

Kyrillos Vasilakis : Honnêtement ?

Le baron hocha la tête.

Kyrillos Vasilakis : Eh bien, je sais de source quasi-certaine que vous êtes à la tête d'un important réseau de narcotrafic s'étendant à la quasi totalité de la surface de la capitale, voir même au-delà. Vous importez votre marchandise depuis l'étranger - l'Algarbe probablement - et dissimulez vos activités derrière des sociétés spécialisées dans la vente légale de drogues douces. Seulement, vous ne risquez rien d'un point de vue judiciaire, votre statut de noble vous garantissant une immunité totale.

Eric Bertaud : En effet, et c'est bien parce que je dispose de cette immunité que je peux vous confirmer que tout cela est exact.

Kyrillos Vasilakis : C'est aussi pour cela que notre travail devient de plus en plus difficile. Chaque fois que la police souhaite effectuer des perquisitions dans le cadre d'une affaire qui touche à vos affaires ou à celles de votre collègue du Syndicat, elle se heurte à cette immunité.

Eric Bertaud : Effectivement, agir contre nous doit être difficile. C'est pourquoi je souhaite vous faciliter la vie, en vous proposant de travailler pour moi.

Kyrillos Vasilakis : Je vous demande pardon ?

Eric Bertaud : Je ne peux pas faire tout cela tout seul, et tous ceux qui travaillent pour moi ne disposent pas de l'immunité dont je dispose, c'est pourquoi ils restent vulnérables si vos hommes découvrent leurs implications dans mes affaires. Par ailleurs, vous parliez à l'instant du Syndicat. Sachez que celui-ci nous mène la vie dure et récupère toujours davantage de parts depuis son arrivée sur le marché movopolitain. Votre aide me serait très précieuse afin de protéger mes collaborateurs d'une éventuelle inculpation, ainsi que pour lutter contre le Syndicat. En collaborant avec moi, les services de police n'auraient pas de mal à démanteler plusieurs de ses réseaux.

Kyrillos Vasilakis : Vous rendez-vous compte des risques que je prendrais si j'acceptais de m'associer avec vous ? J'espère que vous avez quelque chose de solide à me proposer en échange.

Eric Bertaud : Je pense, en effet, que ma proposition pourrait vous satisfaire. Je partage le même objectif que la plupart des nobles de Movopolis, à savoir l'acquisition d'un fief. Seulement, je dois gérer de très nombreuses activités, que ce soit en Algarbe ou, plus récemment, en Dytolie. Au cas ou je viendrais à obtenir un titre foncier, il est évident qu'il me faudrait déléguer son administration. Pour cela, j'ai besoin d'un homme compétent, qui soit capable de gérer ces terres avec autorité, et en qui je puisse placer toute ma confiance.

Kyrillos Vasilakis : Vous pensez à moi ?

Eric Bertaud : Bien évidemment. Votre nomination au poste que vous occupez montre votre compétence et votre capacité à diriger, et si vous veniez effectivement à m'accorder votre aide dans les prochains mois, je saurai que je peux vous faire confiance. Votre poste de Gouverneur vous offrirait assurément davantage de pouvoir que vous n'en avez déjà, ainsi que des revenus bien supérieurs à ceux que votre poste actuel peut vous apporter. Cela ferait par ailleurs de vous mon bras droit, et vous permettrait d'intégrer les hautes sphères d'une organisation dont les ramifications dépassent la Principauté. À l'échelle de Movopolis, je pourrais faire de vous mon vassal, ce qui vous permettrait d'acquérir d'autres titres par la suite.

Kyrillos Vasilakis : Mmm... C'est une proposition qui mérite réflexion. Vous comprendrez que je ne puisse vous apporter de réponse immédiatement.

Eric Bertaud : C'est tout à fait normal. Recontactez-moi lorsque votre décision sera prise.

Le Préfet de Police allait-il accepter la proposition du baron ? [url=http://www.simpolitique.com/membre1422.html]Dieu[/url] seul peut en décider...

Posté : dim. juin 11, 2017 12:33 am
par Gwenael
Jeune et dynamique

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14:00

Installé dans l'un des fauteuils de son salon, Eric Bertaud attendait que son interlocuteur termine de déballer ses affaires. Tout juste engagé par le baron en guise de conseiller en communication, Pierro Eleudes sortit rapidement de quoi prendre des notes, avant de lever les yeux vers son employeur.

[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/06/11/170611124835364116.png[/img]
Pierro Eleudes, conseiller en communication d'Eric Bertaud[/center]

Pierro Eleudes : Dans un premier temps, peut-être pourriez-vous me faire part de vos attentes ?

Eric Bertaud : C'est bien simple. Comme vous pouvez vous en douter, j'ambitionne, à l'instar des autres nobles, l'obtention d'un fief. Pour cela, j'ai besoin d'accroitre mon influence au sein de la principauté. Cependant, bien que mes activités économiques se portent très bien, je crains de souffrir d'un déficit de popularité au sein de la population. Alors que certains viennent en aide aux dockers lésés ou se déclarent "homme du peuple", je suis surtout vu comme un entrepreneur sans scrupule qui s'enrichit en étouffant la concurrence. J'ai besoin que mon image change, mais cela fait peu de temps que je suis un personnage public et je connais encore très mal les rouages de la communication. C'est pourquoi j'ai besoin de vos services.

Pierro Eleudes : Je vois.

Eric Bertaud : Je pense qu'il faudrait essayer de briser cette image et de me faire paraitre plus... "gentil", en quelque sorte. Peut-être devrais-je faire preuve de davantage d'humilité.

Pierro Eleudes : Mmm... pour être tout à fait honnête avec vous, je pense que c'est tout à fait l'inverse qu'il faut faire.

Eric Bertaud : Vous croyez ?

Pierro Eleudes : J'en suis même certain. Voyez-vous, il y a deux sortes de personnes à Movopolis, deux populations bien distinctes. D'un côté, les classes les moins aisées. Celles-ci seront sensibles au discours social et populaire de vos adversaires, tout en étant les plus attachées aux valeurs traditionnels amarantines. De l'autre côté, les classes sociales les plus aisées seront, au contraire, charmées par votre côté entreprenant, l'image de l'homme qui réussit. Vous pourriez devenir un modèle pour toute une génération de jeunes bourgeois, rêvant de créer à leur tour leur business et d'écraser leurs concurrents. Bien qu'on les entende beaucoup moins se plaindre que l'autre partie de la population, ces gens sont bien plus nombreux qu'on le croit dans la Principauté, et ce sont eux qui occupent les postes de pouvoir.

Eric Bertaud : En fait, vous me demandez juste de continuer de faire ce que je fais, d'être moi-même ?

Pierro Eleudes : Non, il en faut davantage. Cette partie de la population n'inspire pas à quelque chose de différent. Avec eux, tout se joue sur l'image. Il faut que vous parveniez à les charmer, que vous ayez une image jeune et dynamique, que vous paraissiez "cool", si vous voyez ce que je veux dire. Il faut que l'on vous voit pratiquer des activités en vogue, suivre les modes. Mais tout d'abord, nous devons trouver un moyen pour que la presse "people" s'intéresse à vous.

Eric Bertaud : À quoi pensez-vous ?

Pierro Eleudes : Laissez-moi réfléchir un instant...

À ce moment, Mélissa Bertaud, ignorant que son mari recevait du monde, entra dans la pièce. Elle salua de loin l'inconnu.

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/04/170404034341544157.png[/img]
Mélissa Bertaud[/center]

Mélissa Bertaud : Bonjour, Monsieur.

Pierro Eleudes resta un moment bouche bée, tout en fixant la baronne.

Pierro Eleudes : Ce... c'est votre femme ?

Eric Bertaud : Euh... oui... pourquoi ?

Pierro Eleudes : Je crois que nous tenons là votre porte d'entrée dans le monde des peoples amarantins. En plus d'être un entrepreneur jeune et dynamique, vous formerez avec votre femme un couple glamour. Laissez-moi emmener votre femme en séance photo cet après-midi. Je vous promets que les médias vont très vite s'intéresser à elle et, par extension, à vous.

Mélissa Bertaud : Eric, qu'est-ce qui se passe ? Je ne comprends rien.

Eric Bertaud : Pars avec monsieur, il va tout t'expliquer.

Posté : dim. juin 11, 2017 3:04 pm
par Gwenael
Photo !

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14:00

Eric Bertaud attendait impatiemment la visite de son conseiller en communication. Il faut dire que sa femme était rentrée la veille au soir, sans rien lui dire concernant la séance photo que l'avait emmenée faire Pierro Eleudes. "Ce sera la surprise" lui avait-elle dit. À présent, le baron mourrait d'impatience de voir le résultat, et désirait surtout savoir comment son conseiller allait les mettre à profit.

Lorsque la sonnette retentit, Eric Bertaud se précipita vers la porte pour faire entrer son employé. Celui-ci tenait à la main une enveloppe grand format, qu'il agita devant le visage de son patron.


[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/06/11/170611124835364116.png[/img]
Pierro Eleudes, conseiller en communication d'Eric Bertaud[/center]

Pierro Eleudes : J'ai les photos !

Eric Bertaud : Entre vite, et fais moi voir ça.

Il avait tutoyé Pierro sans même y prêter attention. L'homme lui inspirait déjà quelque chose de familier. Le baron s'installa dans un fauteuil, aux côtés de sa femme, et son conseiller prit place face à lui.

Pierro Eleudes : On a essayé de frapper fort dès le départ. Certains clichés pourraient vous paraitre, disons, un peu osés. Mais il faut au moins cela pour que la presse people soit désireuse de les acheter et leur accorder un article, voir une Une.

Le jeune communicant ouvrit l'enveloppe et tendit quatre clichés à Eric Bertaud. Le baron les saisit et les contempla un à un. Ne sachant comment qualifier ce qu'il avait devant les yeux, il se contenta d'une brève expression triviale.

[center][url=http://nsa38.casimages.com/img/2017/06/11/170611042952846175.png][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/06/11/170611042937294894.png[/img][/url][url=http://nsa37.casimages.com/img/2017/06/11/170611043149759805.png][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/06/11/170611042947190166.png[/img][/url][url=http://nsa38.casimages.com/img/2017/06/11/170611043114165923.png][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/06/11/170611042950556936.png[/img][/url][url=http://nsa37.casimages.com/img/2017/06/11/170611043103912631.png][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/06/11/170611042950671208.png[/img][/url][/center]

Eric Bertaud : Beau boulot.

Pierre Eleudes : J'ai demandé au photographe d'insister sur le côté "femme indépendante" de votre épouse. Le caractère ouvertement osé de certaines photos plaira à la catégorie sociale que nous visons. Celle-ci est plutôt progressiste en ce qui concerne la condition féminine, en comparaison des classes plus populaires. L'attitude qui se dégage de ces photos parviendra sûrement à les charmer.

Eric Bertaud : Ça reste quand même très rouge, tout ça.

Pierro Eleudes : Vous venez de l'Empire Luciférien, non ? Nous sommes en Dytolie ici. Bien que le christianisme soit loin d'être majoritaire en Amarantie, la population est imprégnée de certains de ses symboles. Les Amarantins associeront volontiers Lucifer à la couleur rouge qui représente la passion, le désir. Par ailleurs, rappeler ses origines lucifériennes ne fera que mettre en valeur son côté "émancipée". Faîtes-moi confiance, il faut mettre tous vos atouts de votre côté.

Eric Bertaud : C'est vous le communicant, pas moi. Que comptez-vous faire de ces photos ?

Pierro Eleudes : J'ai déjà contacté plusieurs organes de presse, et plusieurs se sont montrés intéressés par l'achat des photos. Certains d'entre eux souhaiteraient même accorder une interview à votre femme. Parmis eux, il y a le fameux Amarantina Folioj, très populaire au niveau national, mais également le magazine movopolitain Axioprépeies.

Eric Bertaud : Eh bien il n'y a qu'à vendre les photos à chacun d'entre eux.

Pierro Eleudes : Ils n'accepteraient probablement pas de les acheter sans avoir l'exclusivité. Et surcharger les médias de l'image de votre femme serait, de toute manière, contre-productif. Il va falloir faire un choix.

Eric Bertaud : Seule l'opinion des Movopolitains m'intéresse, mais il faudrait également que je puisse toucher le plus grand nombre possible de personnes...

Pierro Eleudes : Dans ce cas, je vous conseille d'accepter l'offre d'Amarantina Folioj. Leur version magazine est vendue dans toute l'Amarantie, est elle bénéficie de davantage d'écho que les journaux locaux.

Eric Bertaud : Allez-y, je vous fais confiance.

Pierre Eleudes : Je vais emmener votre femme aux locaux du magazine pour qu'elle y soit interviewée. Le niveau des questions ne volera sûrement pas très haut et il sera facile d'y répondre. Une fois leur article paru, vous devrez vous afficher publiquement avec elle afin que sa popularité reflète aussi sur vous. C'est alors que vous bénéficierez des effets de notre opération.