Posté : dim. nov. 06, 2016 9:21 pm
[spoiler="Descriptif HRP"][quote]Quelques tableaux de la vie quotidienne en Libertalia, pour mieux saisir l'ambiance du pays[/quote][/spoiler]
Gasdenborough, 6h du matin
Suri Kankiwake monta la dernière marche glissante. Ses traditionnels mocassins de cuir glissaient un peu sur le béton gelé mais elle sortit sans encombre. Son visage juvénile était encore frais. Une chance. Elle savait que cela n'allait pas durer toujours. La porte claqua brusquement derrière elle.
Son regard encore embrumé par le matin venteux, le visage mordu comme par un renard blanc des légendes anciennes, elle embrassa les faubourgs du haut de l'immeuble ou elle se trouvait.
Avant c'était une plaine, avait dit Grand Mère. Une plaine sauvage et enneigée, livrée aux souffles du vent qui chantaient comme un murmure...Celui des ancêtres ou des dieux.
Mais maintenant....Maintenant....tout était rongé de béton, de gris, de noir. Elle vivait dans un monde en noir et blanc. Et à l'horizon, du rouge. Les fours...Quand elle était petite, son grand frère Hugintin lui disait que "les blancs" y brûlaient les racines du peuple Poliakownies et leur propre dignité. Etait il aussi sage que Grand Mère? Suri ne savait pas....Peut être....elle ne s'en souvenait pas bien de son grand frère....Il est mort il y a longtemps....Accident du travail regrettable avait t-on dit. Une forme de saturnisme.....Il avait avalé trop d'argent.....
Oh au début c'était pas grand chose...Des maux de ventre....qui n'en avait pas? Elle même, en devenant femme, en avait....
Mais pour Hugitin c'était plus violent..."comme des coups de hache"....Et cette ligne argentée à la base des dents.....Puis il est mort....
Bien sur, on avait proposé une compensation....14 000 C£... Le père avait refusé.
Pourquoi...Avec 14 000 C£ ils auraient certes pas pu faire la fête à Derry......Mais au moins améliorer leur vie.....et ne plus dépendre des salaires de misère que leur versaient les "Gris".
Oui...Les Gris....Les Blancs-Noirs.....Blanc de cœur, mais le visage noirci de fumée. Ou les hommes en bleu. Ils avaient tant de surnoms....
Ils travaillaient à l'usine...mais dans des bureaux, à l'abri....ou alors avec des masques, des protections.....Pas les Poliakownies.....Pas Hugintin....
Suri regarda le ciel s'obscurcir, telle une encre qu'on versait dans de l'eau déjà troublée.....A l'est, une pointe de soleil se levait....
Gasdenborough, 6h du matin
Suri Kankiwake monta la dernière marche glissante. Ses traditionnels mocassins de cuir glissaient un peu sur le béton gelé mais elle sortit sans encombre. Son visage juvénile était encore frais. Une chance. Elle savait que cela n'allait pas durer toujours. La porte claqua brusquement derrière elle.
Son regard encore embrumé par le matin venteux, le visage mordu comme par un renard blanc des légendes anciennes, elle embrassa les faubourgs du haut de l'immeuble ou elle se trouvait.
Avant c'était une plaine, avait dit Grand Mère. Une plaine sauvage et enneigée, livrée aux souffles du vent qui chantaient comme un murmure...Celui des ancêtres ou des dieux.
Mais maintenant....Maintenant....tout était rongé de béton, de gris, de noir. Elle vivait dans un monde en noir et blanc. Et à l'horizon, du rouge. Les fours...Quand elle était petite, son grand frère Hugintin lui disait que "les blancs" y brûlaient les racines du peuple Poliakownies et leur propre dignité. Etait il aussi sage que Grand Mère? Suri ne savait pas....Peut être....elle ne s'en souvenait pas bien de son grand frère....Il est mort il y a longtemps....Accident du travail regrettable avait t-on dit. Une forme de saturnisme.....Il avait avalé trop d'argent.....
Oh au début c'était pas grand chose...Des maux de ventre....qui n'en avait pas? Elle même, en devenant femme, en avait....
Mais pour Hugitin c'était plus violent..."comme des coups de hache"....Et cette ligne argentée à la base des dents.....Puis il est mort....
Bien sur, on avait proposé une compensation....14 000 C£... Le père avait refusé.
Pourquoi...Avec 14 000 C£ ils auraient certes pas pu faire la fête à Derry......Mais au moins améliorer leur vie.....et ne plus dépendre des salaires de misère que leur versaient les "Gris".
Oui...Les Gris....Les Blancs-Noirs.....Blanc de cœur, mais le visage noirci de fumée. Ou les hommes en bleu. Ils avaient tant de surnoms....
Ils travaillaient à l'usine...mais dans des bureaux, à l'abri....ou alors avec des masques, des protections.....Pas les Poliakownies.....Pas Hugintin....
Suri regarda le ciel s'obscurcir, telle une encre qu'on versait dans de l'eau déjà troublée.....A l'est, une pointe de soleil se levait....