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Posté : lun. sept. 12, 2016 6:47 am
par Alex Scker
Revolution is over (1)
Bottes cloutées et tunneliers...

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    « Quand après l'esclandre,
    Au détour du chemin, surgissent
    Les paons verts de la gloire. »
    - inconnu, extrait de poésie mayongaise


    Lancé par le précédent gouvernement, le [url=http://www.simpolitique.com/post261909.html#p261909]projet de construction d'un tunnel reliant l'île de Masan au continent[/url], à Nagwon, venait tout juste de se conclure sous de bons auspices. L'affaire inaugurait des carnets de commande pleins à craquer pour l'entreprise wapongaise Cubical, rassurant le secteur touristique en n'enlaidissant pas le paysage, tout en couvrant de gloire Lee Bảo et ses partisans, gargarisés par son achèvement.

    Le progrès technique ouvrait la voie à une foule d'opportunités et de possibilités pour le pays du matin calme, malgré sa sortie de la « Grande alliance ». En des heures troublées, ce grand chantier était un moyen de montrer au reste du monde et à ses protégés que le Mayong était encore capable d'innovation, d'attractivité, de progrès et de vitesse. Avoir fait appel à une entreprise étrangère importait peu, d'autant plus qu'il s'agissait d'un pays austrobeysinois, la volonté de spectacle suffisait. Les leviers de la puissance existaient encore, bien sagement remis entre les mains fermes du Général, proclamé Protecteur de la République et chef de toutes les armées. Limitant les pouvoirs du parlement, réduit à une chambre d'enregistrement, le nouvel homme fort commençait son règne par le musellement des médias et opposants politiques, modelant l'appareil mayongais selon ses propres vues...chantant ses louanges jusqu'au prochain événement d'envergure, à n'en point douter.

    Il fallait observer ces files de chars d’assaut, empruntant en premier le chemin souterrain, suivies de bataillons des Forces auxiliaires, aux côtés enfin des premières voitures civiles s'engouffrant derrière le corps d'armée, ouvrant la voie à un futur radieux, en bouclier protecteur du « peuple ». La rhétorique populiste qui se diffusait dans les discours et mises en scènes officielles pouvait paraître bien éloignée des loges natcaps d'où semblait provenir le Général. Et pourtant, les logiques partisanes avaient favorisé son ascension, le libérant d'une certaine orthodoxie idéologique prônée par un Yoon Shin déjà bien social pour un adepte du national-capitalisme. Ce pouvoir voguait désormais sur des vagues diverses, entre nationalisme ré-affirmé, volonté d'un Etat fort et conservation de certains atouts et politiques nationales-capitalistes, notamment autogestionnaires. Le règne strict de l'idéologie se mourrait pour laisser place à la doctrine d'un seul homme et d'un appareil partisan soumis.

    D'un autre côté, le tableau paraissait moins maîtrisé, les couleurs plus rebelles et floues. La rébellion sévissait toujours en Hau Quang, laissant de multiples groupuscules prendre appui dans des régions difficiles d'accès. Terres de chaos mais aussi de relative liberté, on n'y chantait pas la gloire du Général mais on en louait la perte. Les socialistes les plus radicaux investissaient la région, confrontant les nouveaux corps politiques qui se constituaient sur des bases différentes de-ci de-là, entre intérêts économiques, sociaux et formes démocratiques corrompues. Plus au nord, le vieux royaume s'interroge, sur son avenir, sa possible indépendance et les menaces sudistes qui se profilaient, de mauvais souvenirs de l'époque lindariste se ravivant. Au sud se préparaient les chars, bataillons loyalistes prêts à déferler sur le nord du pays.

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